-D'après Isaac il y a un problème.

Isaac tendit l'oreille. Est-ce qu'il allait s'en prendre plein la gueule ? Erica s'approcha de lui, se collant à lui pour essayer d'entendre également. Même si la querelle était résolue, ils avaient vraiment vraiment envie d'entendre le fin mot de l'histoire. Vraiment.

Isaac sentit une présence derrière lui et Boyd se colla aussi à son dos. Ils étaient "innocemment" assis sur le canapé du salon le plus proche du bureau.

-Isaac ferait mieux de se mêler de ses oignons.

-Là je te trouve parfaitement injuste, Sourwolf.

Un blanc.

-Donc tu me redonnes du surnom après m'avoir boudé pendant presque un mois ? Après t'être volontairement mis en danger juste parce-que tu sais que ça me fais enrager ?

-Parlons en de ça, Derek. J'ai peut être pas signalé que j'avais pas bu de sang depuis un moment avant la chasse à l'Oméga, mais c'est quand même sacrément hypocrite de parler de mise en danger volontaire. T'as un putain de complexe du héros et il faut que tu l'assumes, merde !

Il y eut un murmure, et les trois compères se penchèrent encore plus dans la direction de la porte, tentant de capter une bribe de la phrase.

-Qu'est ce que t'as dit ?

Il y eut un petit rire -très certainement de Stiles- avant la réponse.

-T'as très bien entendu ! Mais je vais répéter pour tout le salon dehors, ce serait bien que t'assumes aussi ce qui se passe dans ta tête.

Il y eut de nouveau un blanc, puis des pas furieux en direction de la porte. Lorsqu'elle s'ouvrit à la volée, Isaac et Érica tentèrent de disparaître derrière le dossier, tandis que Boyd saisissait un livre.

Derek les aperçut, et fit un geste vague et agacé en direction de la porte.

Ils se levèrent et partirent, entendant de suite la porte claquer.

Isaac ralentit le pas, tentant de capter encore une bribe de conversation.

-Tu savais qu'ils étaient là.

-Oui. Mais tu prends toujours tout trop au sérieux. Ils ne cherchent pas une putain de faiblesse dans ton armure de grognements ils sont juste curieux !

-Tu vois Stiles, c'est ça le problème, tu prends toujours tout avec trop de légèreté !

-Ah c'est moi le problème maintenant ? s'écria Stiles.

Boyd et Erica se figèrent, à deux pas de la sortie.

-Excuse moi si tu peux pas comprendre que c'est une blague quand je te dis que ma bite fais 25 centimètres, DEREK PUTAIN DE HALE.

Scott sortit de la cuisine, abasourdit.

-Est ce que j'ai bien entendu ?

Erica ouvrit la bouche, tentant de trouver une explication. Plus personne ne savait ce qu'il se passait, et même Scott semblait aussi perdu qu'eux.

Alors Boyd chopa Erica par la manche, Isaac alpaga Scott et ils sortirent du loft, les laissant seuls avec leurs cris.

Derek secoua la tête, déçu.

-Je ne parle pas de ça, Stiles. Je parle du fait que t'es incapable de prendre un sujet au sérieux. C'était quoi, l'autre jour, la blague sur le fait d'être dépressif ? Je sais comment tu marches, et je sais que c'était très sérieux. J'essaye d'être sérieux avec toi, et à chaque fois tu te défiles avec une putain de blague Stiles. Est ce que je suis une blague pour toi ?

Stiles haussa les épaules, s'adossant à la porte et se laissant glisser au sol.

-Derek, c'est ma façon de fonctionner les blagues. Je suis ça. Je suis sarcastique et ironique parce que c'est plus facile de faire passer un message sérieux comme ça. Et tu confonds tout. Je ne me défile jamais. On a peut être pas la même façon de parler, mais je ne me suis jamais défilé, moi, dit-il, ses yeux lançant des éclairs.

-J-je n'ai pas-

Derek recula, cherchant à fuir l'accusation, mais heurta le bureau, et renversa quelques objets. Il tourna le dos à Stiles pour tout remettre en place.

-Derek ça fait des semaines que je drague sans relâche. Je sais que c'est pourri. Mais j'essaie. Tu m'as jamais vraiment repoussé. Tu m'as jamais encouragé. Même quand c'était terrible je me suis pas défilé parce que j'ai du courage moi. J'ai essayé de te faire passer un putain de message clair à travers des blagues pour que ça passe mieux ! Et toi qu'est ce que tu fais ? Tu fuis à la première occasion.

-Non, c'était pas--

-Si. T'as fait un putain de rêve érotique, tu t'es bourré la gueule pour essayer de trouver du courage -d'ailleurs, est ce que c'est Deaton qui t'as fourni une telle quantité d'alcool loup-garou ? Il est dangereux ce type-, et tu m'as embrassé. Je sais que c'était pas ouf parce que j'étais aussi bien entamé, mais de là à déclarer devant toute la meute que c'était une décision que tu regrettes ? Et m'éviter comme ça ? Parfois, j'ai l'impression que tu compenses ta lâcheté en te jetant au devant de l'ennemi à chaque fois qu'il y a du danger, et putain que ça m-

Derek se retourna, le fixant enfin. Mais il leva le nez, semblant chercher quelque chose dans l'air.

-Est ce que ça sent...?

Stiles se leva, ouvrant brusquement la porte, pour qu'une douce odeur de cramé envahisse ses poumons.

Il courut à la cuisine, maudissent Scott qui avait oublié son plat...

Stiles s'arrêta, tentant de chercher ce qui n'allait pas. Derek le contourna et s'approcha de la poêle avec l'omelette cramée.

Ils soupirèrent tous les deux.

-Tu crois qu'il faut le mouiller ?

Derek haussa les épaules.

Portefeuille était roulé en boule sur l'omelette, tout feu tout flamme, la poêle encore allumée, et il se tapait sa meilleure sieste.

Finalement, le problème fut résolu avec une bassine d'eau -tiède, on n'est pas des sauvages- et Portefeuille s'enfuit en courant, probablement pour aller bouder dans un coin. Le rafut attira ses deux frères, mais l'omelette fut jetée et la poêle lavée, ne leur permettant pas plus de bêtises dans la cuisine.

Quel bordel.