Luna Vs Snape
Auteur-ice : SaraStarchild (écrit en février 2012).
Résumé : Il y a des années de ça, Xenophilius Lovegood avait tenté d'engager la discussion entre Severus Snape avec un Nargole. Des années plus tard, sa fille s'assied dans sa salle de classe, bavassant sur ces mêmes créatures. Cette histoire est l'occasion d'une leçon : parfois, on ne peut pas croire que ce qu'on voit.
Premières années. Serdaigle et Gryffondor. Severus Snape se tient en face de son miroir. Il fixe ses pupilles sombres et se convainc qu'il s'efforcera de déduire une grande quantité de points de Harry Potter et de sa petite brigade cette année. C'est un loisir qu'il l'aide toujours à se sentir mieux à propos de son approche de la vie. Il n'avait jamais pu retirer des points à James et à ses petits amis quand ils étaient à l'école ensemble – quel était leur nom déjà ? Les Malveillants ? Les Meurtriers ? Oui, Les Meurtriers, c'était bien ça.
Il sortit de son bureau et vit tous les petits premières années, assis sur leurs sièges, discutant calmement.
« Silence », ordonna Snape, avançant à grands pas jusqu'à son bureau. Presque immédiatement, tout le monde se tut. Bien, pensa-t-il. Ils ont écouté leurs aînés…
Avec un peu d'espoir, Snape commença son discours de début d'année. Il avait tout juste commencé à parler de mettre la gloire en bouteille quand soudain –
« Oh regardez – des Nargoles », annonça l'une des premières années. Tout le monde se tourna vers l'élève qui venait de parler. C'était une fille de Serdaigle – elle avait des cheveux blond pâle et de grands yeux bleus-argent. Elle pointait du doigt dans la direction des ingrédients. « Vous devriez vous occuper de vos yeux de cafards, Monsieur. Ils pourraient tomber », indiqua-t-elle à son enseignant. Snape suivit son regard, mais – il n'y avait rien. Quelques étudiants avaient également remarqué cela, et ils commencèrent à rire doucement.
« Silence », ordonna Snape. Il observa la fille. « Comment vous appelez-vous ? demanda-t-il.
— Luna Lovegood, Professeur Snape. » Elle marqua une pause. « Ça alors, votre cape a l'air très menaçante aujourd'hui – est-ce que c'est toujours comme ça ? »
Quelques ricanements parcoururent à nouveau les premières années, mais Luna semblait très sérieuse.
« Je n'ai pas de temps à perdre avec des jeux aussi idiots, Miss Lovegood. Vous êtes dans mon cours pour apprendre l'art des potions ; pas celui des nagoles ou peu importe comme,nt vous les appelez… –
— Nargoles, le corrigea Luna. Et si vous ne vous dépêchez pas, vos ingrédients pourraient tomber, l'informa-t-elle.
— Je me moque de comment ils s'appellent, Miss Lovegood. Je m'en moque parce qu'ils n'existent pas. Et vous feriez mieux de vous en souvenir. » Il se tourna, pensant que c'était la fin de cette conversation, mais Luna continua.
« Papa dit qu'ils sont réels. »
Snape se retourna.
« Et qui est donc votre père, Miss Lovegood ? demanda-t-il.
— Xenophilius Lovegood, Professeur Snape. Il édite le Chicaneur. »
Oh Merlin, non.
Snape se souvenait trop bien de Xenophilius Lovegood…
ϟ ϟ ϟ
Severus était à la bibliothèque, occupé à étudier les potions – Lily était douée pour cette matière, et il voulait lui faire bonne impression. Le véritable talent de Severus résidait dans la Défense Contre les Forces du Mal, mais Lily n'était pas là, donc il ne pouvait pas l'impressionner. Bien sûr, Lily l'aimait tel qu'il était à cette époque (ce n'était que leur seconde année), mais ça ne l'empêchait pas d'essayer de faire en sorte qu'elle l'aime encore plus. La bibliothèque était calme de manière générale ce jour-là – la seule autre personne que Snape avait remarquée était Xenophilius Lovegood, qui se parlait à lui-même dans un coin.
Xenophilius était en première année à Serdaigle, et pourtant tout le monde semblait le connaître. Il était l'un des plus bizarres premières années que Poudlard avait jamais eues. Ses cheveux étaient longs et blonds, et ses yeux – eh bien, personne ne regardait jamais ses yeux – ils foutaient les jetons à une bonne portion du corps étudiant de Poudlard. Il avait l'habitude de parler tout seul ou de s'écrier à propos d'étranges créatures dont personne n'avait jamais entendu parler. Severus n'avait encore jamais été témoin de ces comportements, cependant ; ce n'était là que des rumeurs.
Malheureusement, le livre que Severus avait besoin de trouver sur la culture du sisymbre se situait sur une étagère à même pas un mètre de cet énergumène.
Snape se leva et commença à se diriger vers l'étagère ; n'osant pas poser les yeux sur lui, de peur que s'il le faisait, Xenophilius commence à entamer la discussion.
Il semblait que Xenophilius donnait une interview… dans le vent ? Severus risqua un coup d'œil vers le première année. On aurait dit qu'il parlait dans le vide juste à côté de l'étagère devant laquelle il était assis. Peut-être qu'il parlait aux livres… Severus détourna le regard en atteignant l'étagère. Il leva la main vers le livre – Plantes pour Potions – sur l'étagère quand tout à coup –
« Salut, Severus. »
Sa main se figea et forma un poing en signe de défaite. Il s'était fait avoir par nul autre que Xenophilius Lovegood.
« Salut, Xenophilius… dit-il, baissant la main.
— Je t'en prie, appelle moi Xeno. Comment vas-tu aujourd'hui ?
— J'ai connu mieux. » Severus haussa les épaules. Je me sentais beaucoup mieux il y a trente secondes de ça… Il baissa les yeux, et remarqua que Xenophilius ne se contentait pas de parler, mais qu'il écrivait également. Il devait avoir au moins cinq bons mètres de parchemin devant lui – tous recouverts de son écriture peu soignée, en pattes de mouches. « Qu'est-ce que tu écris ?
— C'est pour Le Chicaneur », annonça fièrement Xenophilius.
Oh Merlin – le complot. Tout le monde avait entendu les complots complètement fous de Xenophilius. Depuis qu'il avait appris à écrire, il prévoyait de publier un magazine sur l'existence de créatures qui n'existaient pas et que l'évolution ne permettrait jamais (contrairement aux éléphants de la taille d'un bébé chien – l'évolution était déjà au travail sur ce dossier). Ce magazine s'appellerait Le Chicaneur (Severus n'avait pas la moindre idée de la signification de ce titre, mais il s'en foutait).
« Ceci est un Nargole, Severus, présenta Xenophilius en désignant d'un geste l'espace vide avec laquelle il conversait. Je l'interview. Est-ce que tu veux lui dire bonjour ? »
Severus prit à cet instant la décision qu'il ne deviendrait pas plus fou que Xenophilius Lovegood. Il saisit Plantes pour Potions, et fonça jusqu'à sa table. Il pouvait toujours entendre Xenophilius expliquer au "Nargole" qu'il était timide et n'avait pas beaucoup d'amis.
En fait, pensa Severus, j'ai Lily – et ça fait toujours un ami de plus que toi.
Le jour suivant fut… en un mot : terrible. Apparemment, quelqu'un avait vu Severus avec Xenophilius et décidé de le raconter aux pires personnes possibles…
« Hé ! Servilus ! »
Severus et Lily se retournèrent. James Potter, Sirius Black, Remus Lupin et Peter Pettigrow se dirigeaient vers eux. Sirius et James se tenaient côte à côte, arborant tous les deux le même sourire arrogant. Peter était juste derrière James, discutant de quelque chose avec excitation – Severus pouvait l'entendre prononcer son nom – et Remus était à l'arrière, comme s'il était coupable de quelque chose.
Lily soupira.
« Pas encore ces gars… » murmura-t-elle. Elle fit un pas en avant. « Qu'est-ce que vous voulez, bande de connards ? »
James se figea ; Snape devinait aisément qu'il avait toujours eu un truc pour Lily, mais Lily était sa meilleure amie. James avait bien assez d'amis comme ça ; il n'avait pas besoin de prendre la sienne en plus. Sirius fit un pas en avant.
« J'ai entendu dire que tu traînais avec Xenophilius Lovegood, Servilus ! » Sirius rit. « Est-ce que vous discutez avec les murs tous les deux ?
— La ferme, Black, marmonna Severus.
— La ferme ! C'est Xenophilius qui lui a parlé, d'abord ! s'exclama Lily (Severus lui avait expliqué ce qui s'était passé la veille).
— Ce n'est pas ce que dit la rumeur, Evans. On a entendu dire que Servilus était allé vers Xenophilius, n'est-ce pas, Servilus ? lui demanda James.
— Ouais, Servily ? répéta Peter.
— J'avais besoin d'un livre et il était juste à côté, insista Severus.
— Oui – et Xenophilius a commencé à lui parler ! Severus n'est pas un rustre – il ne pouvait pas se contenter l'ignorer ! » Bien sûr, elle savait que Severus avait fui quand Xenophilius lui avait demandé de parler à l'espace vide nommé Nargole, mais James n'avait pas besoin de savoir ça.
« Eh bien, peu importe ce qui s'est passé, ça n'a plus d'importance – tout le monde pense que toi et Xenophilius êtes les meilleurs amis du monde !
— Vois ça du côté positif, maintenant tu as deux amis ! Je veux dire, en dehors de tes livres… sourit Sirius.
— Allez, Lily. Allons nous en… » dit Severus, se détournant. Lily le suivit, se tournant seulement pour jeter un dernier regard réprobateur aux Maraudeurs.
« Amuse-toi bien avec ton nouveau meilleur ami, Servilus ! » James les salua de la main.
« Ouais, Servilus ! Amuse-toi avec Xenophilius ! répéta inutilement Peter.
— C'est tellement des connards stupides, lui dit Lily pour essayer de le réconforter. Et ils disaient probablement n'importe quoi, l'école tout entière ne pense pas que tu es ami avec lui, Sev. Et même si ce n'était pas le cas, je ne pense pas qu'ils – »
Juste à cet instant, ils virent Xenophilius. Il se tenait au bout du couloir presque vide, les fixant du regard.
« Oh oh, soupira Severus. Je vais aller lui parler… » Il commença à s'avancer, laissant Lily au croisement des couloirs – ils étaient censés aller à gauche, en Métamorphose, mais lui avança tout droit, vers Xenophilius.
« Je sais, dit Xenophilius une fois que Snape fut assez proche.
— Tu sais quoi ? demanda Snape.
— Les Nargoles m'ont dit. Tout le monde pense qu'on est amis.
— Oui – à propos de ça –
— Ils ont des Joncheruines plein la tête – tu ne m'aimes pas beaucoup. Je peux voir ta patience s'amenuiser dans ton regard, l'informa Xenophilius.
— Je… Je suis désolé, Xeno.
— C'est compréhensible. Bonne journée à toi, Severus. »
Et puis il repartit.
Et ils ne se reparlèrent plus jamais.
ϟ ϟ ϟ
… Et maintenant Snape avait sa fille sous les yeux.
« Les Nargoles n'existent pas », asséna-t-il. Il tourna les talons et retourna à son bureau. Il fit à nouveau face à sa classe. « Aujourd'hui, je vais vous donner une potion assez simple que vous préparerez tous. Si qui que ce soit échoue à terminer sa potion correctement, cette personne devra écrire soixante centimètres de parchemin au sujet de chacun des ingrédients. Est-ce que c'est bien compris ? »
La classe acquiesça.
« Oui, Professeur Snape, dirent-ils en chœur.
— Bien. Maintenant, si vous avez encore des questions, débrouillez-vous par vous-même. » Les instructions pour un remède contre les furoncles apparurent sur le tableau. Tandis que les élèves se massaient dans le placard à ingrédients, et que Snape prenait place à son bureau, il y eut un fracas soudain. Avec un soupir impatient, le professeur se releva. Il se dirigea furieusement vers l'armoire. « Écartez-vous de là – vous ne savez pas comment gérer un bocal brisé – vous ne savez pas ce que son contenu pourrait vous faire. » La masse d'élèves s'écarta pour ne révéler rien de plus qu'un bocal de sisymbre brisé.
Du sisymbre.
Snape scruta la foule du regard, cherchant Luna.
« Lovegood », appela-t-il prestement. Tous les regards se tournèrent vers un point sur sa droite – Luna était là, agrippée à un bocal d'épines de porc-épic.
« Oui, professeur ? demanda-t-elle innocemment.
— Est-ce que c'est vous qui l'avez renversée ? » Il désignant le sisymbre d'un geste. « Juste pour essayer de prouver que ces Nargoles existent ?
— Non, professeur – commença Luna, mais Snape l'interrompit.
— Retenue, Miss Lovegood. Et dix points de moins pour Serdaigle. » Les camarades de maison de la jeune fille grognèrent et la fusillèrent du regard. Snape désigna la jarre d'œil de cafards en morceaux. « Nettoyez-moi ça avant de commencer votre potion, Miss Lovegood. »
Bien sûr, cela aurait pour conséquence que Luna prenne du retard pour la préparation de sa potion, mais Snape ne s'en inquiétait pas du tout. Malheureusement pour ses plans, cependant, Ginny Weasley décida d'aider Luna avec sa potion, et elle fut sauvée de la rédaction.
Mais rien ne pouvait la sauver de la retenue.
ϟ ϟ ϟ
Après avoir eu une journée difficile de première année, Luna redescendit dans les cachots. Il y avait beaucoup de Serpentards dans le coin et il semblait qu'ils avaient tous entendu la raison pour laquelle Luna se trouvait là.
« Hé, regardez ! C'est Loufoca Lovegood ! » beugla Adrian Pucey. Ses amis se mirent à rire, et l'un d'eux bouscula même Luna. Bien sûr, Luna ne comprenait pas pourquoi les gens la poussaient et prononçaient mal son nom, mais elle ne dit rien.
« Oh ! Regardez là ! » Pansy Parkinson pointa le plafond du doigt. « Un Nargole !
— Oh non ! » Draco Malfoy se joignit à elle, et ils éclatèrent de rire tandis que Luna sur des yeux ce qu'ils désignaient.
« Il n'y a rien à cet endroit, » informa-t-elle obligeamment, les faisant partir dans un nouveau fou rire. Toujours confuse, Luna continua son chemin. Bien sûr, elle réalisa qu'elle n'était allée qu'une seule fois dans la classe de Snape, et elle n'était pas sûre de pouvoir retrouver son chemin. Elle essaya de demander à plusieurs élèves de Serpentard qui traînaient dans les couloirs, mais ils lui rirent tous au nez.
En définitive, cependant, Luna trouva son chemin jusqu'au bureau de Snape.
Aussitôt qu'elle entra, le professeur leva les yeux de son exemplaire de la Gazette du Sorcier.
« Vous êtes en retard, commenta-t-il avec mépris.
— Les Dabberblimp du coin sont très utiles », l'informa-t-elle, souriante. Snape se passa la main sur le visage avec consternation, essayant de déterminer si elle était un minimum intimidé par lui. « Donc, qu'est-ce que vous aimeriez que je fasse pour vous aujourd'hui ? demanda Luna.
— Je souhaiterais que vous écriviez des lignes pour moi.
— Vous voulez dire dessiner des lignes, professeur ?
— Non, Miss Lovegood. Sortez un parchemin et une plume. »
Luna s'assit et obéit. Il semblait que ses parchemins étaient personnalisés – chaque pied était décoré de trois étoiles bleues dans un coin. S'approchant de plus près, cependant, il pouvait voir que Luna avait dessiné elle-même chacune des étoiles dans les coins.
« Et maintenant, professeur ? demanda-t-elle d'un ton léger.
— Je veux que vous écriviez la phrase suivante une centaine de fois. » D'un petit coup de baguette vers le tableau, les mots "Les Nargoles n'existent pas" apparurent.
« Mais – commença Luna.
— Pas de mais, Miss Lovegood. Commencez à écrire », ordonna-t-il et Luna s'exécuta, recopiant les mots tellement redoutés avec réticence, encore et encore.
ϟ ϟ ϟ
Après avoir passé environ une heure et demie à regarder Luna lever les yeux vers le tableau, et écrire ce qu'elle y voyait, et recommencer la même série d'actions, elle se leva avec son parchemin dans les mains, et sautilla jusqu'au bureau de Snape. Elle lui tendit le parchemin, souriante, comme si les lignes n'avaient pas du tout affecté son humeur.
Snape lui prit le parchemin des mains et le parcourut en diagonale, s'assurant que Luna avait obéi.
« Miss Lovegood, commença-t-il, essayant de ne pas crier.
— Oui, professeur ?
— Ceci – » Il désigna les cinquante dernière lignes. « Ce n'est pas ce que je vous ai demandé de recopier », l'informa-t-elle. Luna regarda les lignes.
« Mais, monsieur, c'est ce qu'il y a d'écrit sur le tableau.
— Quoi ?! » asséna-t-il, se relevant. Il se retourna soudainement pour faire face au tableau et vit – « Les… Nargoles… existent… bien… » lit-il à voix haute, sa colère bouillonnant. Il se tourna vers Luna. « Vous – vous avez écrit ça ! Comment osez-vous manquer de respect à votre professeur – commença-t-il, mais Luna l'interrompit.
— Mais ce n'est pas moi, cependant », lui dit-elle calmement. N'importe quel autre élève aurait déjà été réduit en larmes. Mais, cette fois encore, aucun autre élève ne se serait pas retrouvé là, à recopier cette phrase. « Vous m'avez observée tout du long – est-ce que j'ai sorti ma baguette à un seul instant ? »
Elle marquait un point. Mais Snape n'allait pas abonder en son sens.
« Vous avez fait quelque chose – comment sinon –
— C'était le Nargole, Monsieur. Il semble aimer beaucoup cette pièce ; il ne part jamais. Son nom est Ezernack.
— Le – quoi ? demanda Snape.
— Ezernack vit dans votre salle de classe, professeur. Il dort là – » Elle pointa la bibliothèque du doigt – où il y avait une petit espace sombre entre deux livres. « – et il aime bien les doigts de grenouilles. »
Oh c'est là que – commença à penser Snape, mais il s'arrêta juste à temps.
« D'où tenez-vous cette histoire ? demanda-t-il, furieux.
— Ezernack me l'a racontée, professeur. Il m'a rendu visite avant que je descende ici ce soir. Il était surpris que je puisse le voir ; c'est assez rare, vous voyez et –
— Et laissez-moi deviner, railla Snape. Ezernack a réécrit la phrase au tableau, n'est-ce pas, Miss Lovegood ?
— Oui, c'est ce qu'il a fait. » Luna acquiesça, contente de voir que le Maître des Potions comprenait enfin.
Snape faillit grogner de frustration, sortant sa baguette et la pointant vers le tableau. La phrase originale reparut, et celle écrite par "Ezernack" disparut immédiatement.
« Ceci est ce que vous devez écrire, Miss Lovegood, commença-t-il, rangeant sa baguette. Ceci – » Il désigna le tableau. « – est ce que vous devez penser. Vous devez penser comme tout le monde, et non pas comme Xenophilius Lovegood. » Il cracha ce nom. « Il corrompt votre esprit – vous faisant croire à des choses farfelues. » Dans un élan de rage, rendu fou par le fait que Luna gardait toujours une expression sereine, Snape se jeta sur elle, la tenant par les épaules. « Les Nargoles n'existent pas, Miss Lovegood ! Ils n'existent pas, et ils n'existeront jamais ! »
BAM !
Luna et Snape détournèrent leur attention. Le professeur la laissa partir et se retourna. Il y avait un vocal de sisymbre brisé au sol, à quelques pas d'eux. Snape observa la jeune fille. Il savait tout ce qu'il y avait à savoir sur la magie accidentelle – lui et Lily en avaient eu leur compte en grandissant – mais au point de lancer un bocal de sisymbre (une part essentielle de la relation de Snape avec son père) à travers la pièce ? Quelque chose ne collait pas. Et tandis Snape réalisait cela, une fiole de jus de scarabée lui arriva en pleine poire. Il esquiva juste à temps et se tourna vers Luna.
« Qu'est-ce qui se passe ? s'écria-t-il.
— C'est Ezernack, professeur. » Bordel, comment fait-elle pour rester aussi calme ?! pensa Snape, perdu. « Il n'aime vraiment pas ça quand vous affirmez qu'il n'existe pas. Je peux comprendre son point de vue – » Snape manqua de justesse un autre projectile bocal d'ingrédients. « – Si quelqu'un me disait que je n'existais pas, je serais en colère moi aussi – » Snape ne pouvait pas s'empêcher de penser que rien au monde ne pourrait la troubler – sa voix n'avait jamais changé de ce ton serein, curieux.
« Arrêtez ça ! » cria-t-il plutôt, éludant un autre truc immonde.
Luna se tourna vers le placard à ingrédients.
« Ezernack ? Pourrais-tu arrêter de jeter des ingrédients sur le professeur de potion, s'il te plaît ? demanda-t-elle gentiment. J'aimerais bien ne pas le perdre », ajouta-t-elle, ce que Snape pensa être très délicat. Il avait été des plus grossier avec elle, et pourtant, elle tenait à lui ?
Elle se retourna vers lui.
« Ezernack voudrait que vous fassiez quelque chose pour lui, d'abord, insista-t-elle.
— Tout ce qu'il voudra ! répondit Snape sans réfléchir, juste au moment où une autre fiole le manquait de peu.
— Dites qu'il existe, ordonna Luna.
— Tout ce qu'il voudra sauf ça ! cria Snape, et un autre bocal vola en direction de son visage.
— Ezernack dit qu'il vous laissera tranquille seulement si vous admettez que les Nargoles existent, promit-elle.
— Mais –
— S'il vous plaît, professeur Snape. » Et juste au moment où il détourna son attention, Ezernack lança une autre fiole sur lui. Elle l'atteignit au torse – le verre fin se brisa, et soudainement, il y avait du sang de dragon partout sur sa cape. « Oh non, dit tristement Luna. Il ne va plus être menaçant, plus du tout.
— BIEN ! explosa Snape. LES NARGOLES SONT RÉELS ! ILS ÉTAIENT RÉELS QUAND XENO ÉTAIT À L'ÉCOLE AVEC MOI ; ILS ÉTAIENT RÉELS QUAND J'AI DIT QU'ILS NE L'ÉTAIENT PAS ; ET IL Y EN A UN DANS MA SALLE DE CLASSE À L'INSTANT ! EZERNACK, S'IL VOUS PLAÎT, ARRÊTEZ DE ME LANCER DES TRUCS DESSUS ! »
Et tout à coup le calme revint.
Luna, souriante, regarda Ezernack avant de se tourner vers Snape.
« Il dit merci, l'informa-t-elle.
— Je… Je crois que j'ai entendu, Miss Lovegood, murmura Snape, surpris, les yeux écarquillés.
— C'est ce qui se passe quand vous croyez, professeur.
— Re… retournez dans votre dortoir, ordonna-t-il.
— D'accord. Mais nettoyez vite cette cape avant de perdre toute votre menace, indiqua-t-elle. » Elle sautilla jusqu'à la porte. « Au revoir, professeur Snape. »
Et puis elle était partie.
Snape scruta le reste de la pièce, et vit une traînée d'une couleur de bronze aller du placard jusqu'au coin sombre que Luna avait désigné un peu plus tôt.
ϟ ϟ ϟ
Des rumeurs selon lesquelles Snape croyez aux Nargoles se propagèrent rapidement dans Poudlard – certains septièmes années de Serpentard avaient entendu Snape hurler cette nuit-là – mais les rumeurs décédèrent rapidement, dès que Snape fusilla du regard tout élève qu'il prenait à discuter de cet incident.
Mais, parfois, pendant une longue nuit passée à corriger des copies, du coin de l'œil, Snape pouvait voir une lueur, ou, quand il écoutait à peine, il pouvait entendre un petit rire. Et il n'y eut plus jamais de catapultage spontané d'ingrédients de potion.
Note du traducteur : J'ai jamais eu autant envie d'assassiner une mise en page. 200 passages distincts en italique dans la version originale. Je n'avais pas fait attention à la première version, après quoi j'ai effectué les 200 modifications, et puis je me suis rendu du compte que ça avait un impact mitigé. Alors j'ai re-corrigé les 200 modifications.
