Hello !... Je suis absolument navrée d'un tel retard.

J'ai failli à mon challenge de ponctualité.

Et aucune raison ne sera valable.

(musique dramatique)

La vie, Halloween, la préparation de mon concours, les quelques jours de repos que je me suis accordés... et tout simplement, c'est sorti de ma tête une fois, ça l'a été une deuxième...

Mais ça ne le sera pas une troisième (fois consécutive) !

(mouahaha (flèche vers la droite) rire démoniaque)

Il y aura 10 chapitres pour la première partie de cette fanfiction, et ils peuvent se suffirent à eux-mêmes si par le plus grand malheur je n'arrive pas à écrire les trois autres parties que j'ai en tête, Titou Douh ! J'ai écrit la moitié de la partie 2, mais je ne la mettrai en ligne que si je parviens à la finir (ce qui ne sera certainement pas le cas avant les mois d'été car les chapitres sont presque deux fois plus longs pour l'instant). Donc, après ce chapitre, tu auras encore 3 chapitres niais pour le mois de novembre et décembre hihi. J'espère que tu tiendras d'ici là ! Merci pour tes commentaires, ils me vont droit au coeur à chaque fois (coeur)

Et voilà le chapitre 7 (presque 5k hihi) ! Bonne lecture :)

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Chapitre 7, Morceaux de peurs – Juillet discuté

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Aristote pourrait passer toutes ses soirées et tous ses samedis avec Mademoiselle Ambuela. Elle avait le don de le faire quitter le monde et entrer dans un autre, le sien. Elle lui faisait tout oublier pour ne plus penser qu'à l'instant présent et à elle.

Elle avait le don de repeindre sa vie en rose : en vichy rose et blanc. En couleur. Elle mettait de la lumière et de la couleur dans sa vie.

« Aristote, es-tu avec nous ? s'impatienta Frida.

— Bien sûr, tu ne me vois pas ? » demanda-t-il avec étonnement à sa petite sœur.

Il vit les ailes du nez de Frida s'écarter légèrement, comme toujours lorsque son humour pince-sans-rire l'agaçait. Sa sœur lui offrit néanmoins son sourire patient le plus faux – le seul qu'elle savait faire… – avant de reprendre :

« Je te demandais pourquoi tu avais préféré te charger d'un petit vin gallois plutôt que de Whiskey-Pur-Feu ou même d'hydromel. Le Fortarôme monte peut-être en gamme, mais il est loin de représenter la Grande-Bretagne à l'échelle européenne. »

Il haussa un sourcil perplexe face au commentaire de Frida et au hochement de tête approbatif de son mari, Edmond Bulstrode. Ses parents firent cette mine équivoque qui signifiait clairement « c'est ce que nous avons dit hier soir » et il se trouva plus désabusé qu'agacé face au snobisme des Parkinson. Ils n'avaient rien compris, une fois de plus. Au moins ne se posaient-ils même pas la question sur un éventuel faible pour la fille du vigneron qu'il avait invitée à dîner le samedi midi pour parler affaires…

« Apporter du Whiskey-Pur-Feu et de l'hydromel est certes essentiel, mais ce sont les particularités de nos pays qui plairont davantage, répondit-il patiemment en pensant au sourire de Mademoiselle Ambuela. Les vins du domaine de Fortarôme méritent d'être connus, et je ferai sensation auprès des dynasties balkaniques en proposant autre chose que Pelagius Slughorn.

— Mais où avez-vous trouvé cette idée ? insista Edmond.

— Je me suis rendu compte vendredi que je n'étais jamais allé au Pays-de-Galles, ce que je trouvais fâcheux pour mon futur rôle d'Ambassadeur de Grande-Bretagne. J'ai donc décidé de m'y rendre, broda-t-il intelligemment. Je suis revenu le lendemain en constatant que la cave de Fortarôme était fermée, et je me suis renseigné. J'ai goûté ce qu'on me proposait et l'idée m'a semblé bonne. La fille des propriétaires m'a aidé dans mes choix, et j'ai passé ma commande. Tout sera prêt pour mon départ. »

Il n'était néanmoins toujours pas certain qu'Ambuela avait compris qu'il partait pour plus longtemps qu'un voyage d'affaires… Il avait décidé de faire une commande parce que, oui, les vins étaient vraiment bons, et aussi d'en faire une ici plutôt qu'ailleurs parce que le père d'Ambuela était venu la chercher pour le repas… et qu'il avait paniqué. Il avait proposé ceci en regardant Mr Fortescue avec inquiétude (Mr Fortescue qui semblait plus surpris qu'autre chose) et avait laissé Ambuela dire à son père qu'elle se chargeait de tout, que Mr Parkinson l'avait invité à venir discuter du tout autour d'un repas, qu'ils allaient à l'auberge, et qu'ils auraient fini ce soir, qu'elle arrangeait tout.

Et il est vrai qu'en regardant Mademoiselle Ambuela parler à son père avec légèreté, il avait compris combien Mr Fortescue n'était pas du même bois que les Parkinson, en quoi il était conciliant et pourquoi c'était Ambuela qui semblait s'occuper des clients : Mr Fortescue ne semblait ni très causant ni bon vendeur. C'est à peine s'il avait serré la main à Aristote avant d'aller déjeuner chez lui, laissant Ambuela s'occuper de tout sans même une recommandation.

Ambuela qui l'avait regardé avec des yeux ronds de stupeur lorsqu'elle avait fermé la porte derrière son père.

« Mère me disait que tu n'étais pas rentré pour le dîner vendredi soir, commenta Frida dans la très nette idée qu'il lui fournisse des explications.

— C'est exact », en convint-il simplement.

Si elle voulait des potins, qu'elle vienne les chercher. Il n'en donnerait que si elle les lui demandait explicitement.

« Tu as dîné à Fortarôme également ? » demanda-t-elle en pinçant les lèvres.

Il avait réussi à la contrarier. Merveilleux. Edmond aussi dut le sentir puisqu'il fronça les sourcils pour lui-même, sans doute certain qu'il en entendrait parler lorsqu'ils partiraient de Flaglet-le-Haut.

« Oui, concéda-t-il.

— Tu as dîné seul ? » demanda enfin Frida.

Voilà ce qu'elle voulait savoir. Entre ses absences de lundi soir et vendredi soir, il était logique que la question leur chatouille à tous le bout de la langue. Il jeta un coup d'œil aux yeux avides de sa mère, à ceux curieux de son père, à ceux perplexes d'Edmond et à ceux incisifs de sa sœur. Frida avait très bien compris qu'il ne répondrait qu'à des questions précises. Elle devait encore une fois maudire le diplomate qu'il était.

« Oui, concéda-t-il encore avec amusement en voyant la respiration de ses parents, sa sœur et son beau-frère se relâcher avec déception.

— Et qu'as-tu fait au Pays-de-Galles, si ce n'est pas indiscret ? » demanda-t-elle entre ses dents.

C'était fou comme Frida recherchait en permanence la confrontation, comme elle essayait de déstabiliser son locuteur pour une raison ou pour une autre – ou sans raison. C'était un plaisir de la voir perdre de sa superbe lorsqu'on ne perdait pas sa maîtrise de soi. C'était fou comme rien n'avait changé depuis vingt ans : il avait toujours autant envie de la faire tourner en rond et de l'ennuyer pour la pousser à parler sans sous-entendu.

Il adorait jouer aux échecs avec sa sœur.

Surtout lorsque les parties duraient plusieurs jours.

C'était une façon comme une autre de se montrer de l'affection, non ? Tout chercher pour déstabiliser l'autre et le sortir de ses habitudes ?

« Mais non ce n'est pas indiscret, dit-il avec amusement. Avant de monter dans le Magicobus, je suis passé à la boulangerie du Chemin de Traverse m'acheter un sandwich et des chouquettes, et je me suis promené à Fortarôme. J'y ai passé la soirée pour m'imprégner de l'atmosphère avant de revenir dormir. J'habite de façon permanente en Angleterre depuis deux ans, et mon départ prochain me fait réaliser que je ne pourrai bientôt plus visiter mon propre pays. J'en profite tant qu'il est encore temps. Voilà, tu sais tout. »

Tout… Presque tout. Il avait soigneusement omis les baisers et les caresses de Mademoiselle Ambuela, leur badinage merveilleux, le brin d'herbe, le vin blanc, le vichy et le bonheur.

« Ma foi, je ne demandais pas à tout savoir, se moqua Frida avec son sourire calculé. Je m'inquiète seulement de ta solitude. Renora me disait hier que Pollux se faisait du souci pour toi. Il lui en a apparemment parlé vendredi soir lorsque tu as refusé de te rendre au théâtre avec eux, la sœur, l'épouse et le cousin de Pollux.

— J'ai dit à Pollux qu'il s'inquiétait pour rien, répondit Aristote en levant les yeux au ciel pour montrer l'ineptie de la chose.

— Tu reconnaîtras que refuser une soirée entre amis pour se promener seul dans un petit village du Pays-de-Galles a de quoi surprendre, pointa Frida avec un éclat victorieux dans la voix et le regard.

— Je n'avais pas prévu de rester seul : je comptais me rendre à la cave du domaine mais je suis arrivé trop tard, ils avaient fermé.

— Tu as réponse à tout, répliqua Frida avec impatience.

— Frida, Aristote part bientôt pour Sarajevo en tant qu'Ambassadeur, et il ressent le besoin de connaître le pays avant de…

— Je vous en prie, il devrait davantage avoir envie de profiter de ses amis et sa famille avant de partir, s'agaça pour de bon Frida.

— Je vois Pollux lundi midi au Ministère, et là, je suis avec vous, Frida », répondit-il pour calmer le jeu.

Peut-être devrait-il faire moins le malin s'il ne voulait pas que sa famille le surveille et le surprenne avec Mademoiselle Ambuela.

« Veux-tu faire une partie d'échecs avec moi, Frida ? demanda-t-il en souriant avec affection à sa petite sœur.

— Pas aujourd'hui », refusa-t-elle en se resservant une tasse de thé.

Sa baguette virevolta dans l'air pendant que la théière remplissait sa tasse. Ouch. Il l'avait vraiment vexée.

« Frida… soupira-t-il.

— Nous sommes inquiets pour toi, pour ta solitude, pour tes manies étranges et toi tu… argh, tu te moques de moi à chaque fois que j'essaie de m'intéresser à ta vie. Tu ris au nez de Mère lorsqu'elle s'inquiète à son tour. Tu n'es pas avec nous, tu ne prévois même pas de date pour revenir nous voir à Noël, tu… »

Il jeta un coup d'œil à son père qui lui fit le même regard noir qu'un mois plus tôt lorsque sa mère s'était lamentée à son propos. Misère. Il était touché par leur inquiétude à tous, mais il n'y avait pas de quoi en faire autant et…

« Le mois dernier tu ne mangeais plus, tu as pris des cheveux blancs en pagaille depuis ton retour en Angleterre il y a deux ans, tu ne vois jamais personne, tu n'as jamais fréquenté personne non plus, tu ne souris jamais, tu… »

Oh Merlin.

« Mais non, tu considères comme normal d'être… d'être… tu es un misanthrope, Aristote ! Et nous ne sommes rien pour toi ! C'est à peine si tu daignes nous informer de tes lubies… »

Morgane. Frida comptait pour lui, c'était juste que…

« Viens Frida, allons faire un tour », proposa-t-il en se levant.

Son ton lui parut bien trop froid à ses oreilles, il essaya d'adoucir sa proposition en souriant mais il sentit ses lèvres offrir plus une grimace qu'autre chose. Frida dut comprendre qu'elle était allée trop loin, ou bien qu'il ne voulait pas en entendre davantage devant leurs parents et Edmond puisqu'elle se leva sans faire d'histoire et le suivit vers le fond du jardin du manoir de ses parents.

« Aristote, je… »

Il la laissa prendre son bras en repensant aux quatre dernières années qu'il avait littéralement passées au bord de la bouche de Melania, à attendre qu'elle l'embrasse avec amour et non seulement interdit. Il repensa aux deux dernières années qui avaient broyé son cœur qui s'était départi chaque jour un peu plus de tout espoir.

Et il repensa surtout aux derniers jours où il sentait à présent son cœur vivre enfin.

L'herbe s'écrasa sous ses chaussures vernies avec quelque chose de malheureux. Il n'avait pas pensé que même sa sœur avait vu combien il avait été triste et seul pendant deux ans. Il ne pensait pas non plus combien sa réputation de solitude lui offrait à présent un rempart contre les yeux curieux mais un chemin vers l'inquiétude pour les yeux de sa famille.

Il jeta un coup d'œil vers ses parents et son beau-frère qui prenaient toujours le thé sur la terrasse. Une rangée d'arbres les séparait.

« J'ai quitté ma maîtresse le mois dernier, avoua-t-il après être revenu regarder sa sœur.

— Pardon ? bafouilla Frida avec des yeux ronds de stupeur.

— J'ai fréquenté une femme mariée pendant quatre ans, et j'ai décidé d'arrêter le mois dernier parce que ça ne m'apportait rien de bon, précisa-t-il plus bas en les arrêtant. Je savoure enfin ma solitude, je n'ai pas envie que quiconque s'en mêle.

— Aristote, je… »

Il entendit à peine ses excuses puisqu'elle les prononça en le prenant dans ses bras, la tête contre son torse. Il posa maladroitement sa main sur ses cheveux blonds, plus surpris qu'autre chose par le contact.

« C'est à cause de cela les cheveux blancs ? bafouilla Frida en revenant le regarder lui, avec toujours autant d'inquiétude mais plus aucune contrariété.

— Sûrement, reconnut-il en passant une main nerveuse sur le côté droit de sa tête, parsemé de mèches blanches.

— C'était à cause d'elle que tu ne souriais vraiment plus ?

— Sûrement aussi, reconnut-il en grimaçant.

— Et à présent, tu vas mieux ? s'inquiéta-t-elle encore.

— Mais oui je vais mieux depuis que j'ai pris ma décision », la rassura-t-il.

De froide et distante comme un glaçon, Frida redevenait attentive et inquiète dès qu'ils étaient en tête à tête. C'était bien mais c'était un peu épuisant tout de même.

« Et donc à présent tu profites d'avoir l'esprit libre ? insista Frida.

— Voilà, approuva-t-il en pensant à nouveau à Mademoiselle Ambuela.

— Dis-moi quand est-ce que tu seras prêt à rencontrer quelques-unes de mes connaissances alors », lui répondit-elle avec son sourire calculé.

Le regard noir qu'il lui retourna et le bref éclat de rire de Frida le laissèrent désabusé. Frida redevenait attentive et inquiète lorsqu'ils étaient en tête à tête, mais elle ne perdait rien de son attrait pour les potins.

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Il pensait encore à Ambuela lorsqu'il reçut une réponse à la lettre enflammée qu'il lui avait envoyée samedi soir. Il s'excusa auprès de ses parents, de sa sœur et de son beau-frère pour rentrer lire la lettre seul au salon. Frida ne lui fit pas un reproche pendant que sa mère le priait de ne pas travailler le dimanche.

Mon cher Damoiseau Aristote,

Les folies de vos lettres me donnent tant et tant de rougeurs que j'ai dû attendre dix minutes avant de descendre petit-déjeuner ce matin. Si ma bouche a le goût du bonheur, la vôtre a le goût du paradis… Si mes mains ont la douceur du plaisir, les vôtres ont la douceur du désir… Si ma voix roule de béatitude, la vôtre m'enrobe de sérénité… Je me suis sentie si faible à la lecture de vos mots, que…

Aristote dut s'asseoir dans le premier fauteuil qu'il vit à la lecture de la lettre d'Ambuela. Il s'était certainement laissé emporter dans ses déclarations, mais jamais il n'avait pensé qu'elle en ferait de même !

… me suis sentie si faible à la lecture de vos mots, que je dus m'asseoir expressément sur mon lit au risque de perdre l'équilibre.

Ah bah voilà !

Je ne doutais pas que vous saviez manier la langue, mais je m'en émerveille un peu plus chaque jour, et à chaque baiser que nous échangeons…

Il avait soif d'un coup.

J'ai tant hâte de vous retrouver et de partager toujours plus avec vous… Je me sens si faible à me languir de vous depuis hier soir alors que nous avons passé toute la soirée de vendredi et la journée de samedi en tête à tête…

Très soif.

Mardi soir me paraît si lointain…

Et lui donc…

Je vous souhaite une bonne fin de week-end et je vous attends avec impatience à Pré-au-Lard mardi à dix-huit heures trente…

Je vous embrasse,

Votre Ambuela

Son Ambuela… Tant de bonheur, tant de douceur, tant…

Tant de désir aussi.

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Les mots de Pollux tournaient encore dans sa tête mardi soir.

« Viens dîner Au 12, Square Grimmaurd samedi soir, il n'y aura que nous. »

Il avait accepté. S'il n'y avait que Pollux, Irma et leurs enfants, la soirée promettait d'être tranquille et reposante. Et depuis qu'il avait discuté avec Frida, il voulait tâcher de rassurer Pollux et de passer du temps avec lui avant de partir à Sarajevo.

Puis il s'était méfié.

« Quand tu dis, que nous…

— Irma, les enfants, Arcturus et Melania. »

Ah. Nous, c'est-à-dire leur petit groupe, le même que depuis deux ans. Irma, Pollux, Melania, Arcturus et lui.

Pollux ne savait pas que Melania avait été sa maîtresse… Mais Aristote n'avait pas envie de la revoir. Même si Melania lui importait peu à présent, il aimait bien trop Ambuela pour passer une soirée avec son ancienne maîtresse sans se sentir mal à l'aise. Mais il ne pouvait refuser au risque de mettre la puce à l'oreille de Pollux. Et pourtant, il ne pouvait se résoudre à y aller sans en informer Ambuela.

Il devait plutôt demander à Ambuela. Lui demander ce qu'elle en pensait, si elle en serait vexée. Lui demander même sa permission.

Ce n'était pas comme s'il avait quitté Melania il y avait longtemps et dans de bonnes conditions. Ce n'était même pas comme s'il avait voulu continuer d'avoir de l'amitié pour elle ou qu'il n'avait jamais espéré une issue éternelle à cette relation.

Ce n'était pas non plus comme s'il allait à une grande réception avec des centaines de personnes dont Melania.

Il était invité à une petite soirée entre amis proches.

Il devait au moins en parler à Ambuela, au moins…

« Vous… Quelque chose ne va pas, Aristote ? retentit la voix tremblante de Mademoiselle Ambuela.

— Pourquoi quelque chose n'irait pas ? » s'inquiéta-t-il à son tour.

Ils étaient assis face à face aux Trois-Balais depuis une heure et demie et il avait à peine touché à son assiette.

« Je… vous êtes très silencieux.

— J'aime vous écouter, reconnut-il.

— Non, vous ne m'écoutez pas, vous… Si vous regrettez, vous n'êtes pas obligé de faire semblant, vous…

— Faire semblant ? bafouilla-t-il. Regretter ? Mais non je… »

Merlin, il n'arrivait pas à penser à autre chose que la soirée de samedi qui aurait lieu au 12, Square Grimmaurd, au fait qu'il fallait qu'il parle de Melania à Ambuela mais… Qu'en penserait-elle ? Se vexerait-elle qu'il ose même se poser la question ?

« J'ai besoin de vous demander quelque chose, souffla-t-il en expirant tout l'air de ses poumons. Pouvons-nous nous isoler ? »

Les yeux ronds d'Ambuela et ses joues qui rougirent aussitôt le firent froncer les sourcils. Qu'est-ce…

« Vous n'avez pas envie de badinage ce soir, c'est cela ? » dit-elle en riant nerveusement.

Il fronça un peu plus les sourcils lorsqu'elle remit son châle mauve avec fébrilité sur ses épaules. Les raisins sur sa robe se plissèrent légèrement au niveau de ses bras lorsqu'elle vint ranger sa main sous la table.

« J'ai simplement besoin de vous demander quelque chose et ce sera rapide. Nous pourrons badiner à nouveau ensuite », lui promit-il en avançant sa main.

C'était simple, finalement. Il suffisait qu'il lui pose la question, et elle lui donnerait sa réponse, et il ferait en conséquence. Il pourrait peut-être même l'inviter à l'accompagner ?... Il lui sourit avec émerveillement. Oh oui, Pollux serait surpris qu'il arrive avec une femme. Surtout une femme aussi belle, lumineuse et vive que Mademoiselle Ambuela. Si elle n'avait pas peur, et si elle pensait à lui de la même manière qu'il pensait à elle, comme une lumière et une évidence, elle accepterait peut-être…

Il perdit son sourire lorsqu'elle ne lui donna pas sa main et que son visage se crispa dans l'ébauche d'un faux sourire.

« Vous voulez donc faire ça vite ? demanda-t-elle en refaisant ce rire nerveux qu'Aristote trouva entièrement contraire à elle.

— Non bien sûr, je veux juste que vous me disiez ce que vous en pensez, et j'agirai en conséquence, la rassura-t-il assez perplexe de sa réaction. Je vous prie de m'excuser si je suis ailleurs ce soir, mais une fois que je vous aurais parlé, vous comprendrez, ajouta-t-il lorsqu'elle fronça les sourcils.

— Attendez, qu'est-ce que vous voulez me demander ? demanda-t-elle en cessant de rire nerveusement.

— Pouvons-nous nous isoler, s'il vous plaît ? Je n'aimerais pas que quelqu'un nous entende.

Assurdiato, lança distraitement Mademoiselle Ambuela aux deux hommes qui occupaient une table peu loin de la leur. Allez-y, personne ne nous entendra », lui assura-t-elle en venant lui proposer ses mains.

Il reconnut facilement le sortilège d'assourdissement qu'il avait appris durant ses premières années de formation et lui sourit avec soulagement. Il vint prendre ses mains gantées dont il caressa consciencieusement les phalanges. Ses grands yeux bruns brillaient de douceur et sa bouche lui offrait à nouveau un sourire serein et plein de bonheur.

Ce soir-là, il osa lever la main pour remettre la mèche échappée de son chignon derrière l'oreille.

Lorsqu'il frôla sa peau et qu'il la sentit frissonner sous ses doigts, il trouva le courage et l'honnêteté de lui parler.

« Pollux m'invite samedi soir à dîner au 12, Square Grimmaurd, souffla-t-il avant de déglutir brusquement.

— Oh, soupira avec soulagement Ambuela. Donc vous ne pourrez pas dîner avec moi ? C'est tout ? Et moi qui pensais…

— Il y aura également mon ancienne maîtresse », reconnut-il très vite en se raccrochant à ses mains.

Il observa attentivement sa réaction. Elle cligna d'abord des yeux avec surprise, fronça ensuite les sourcils en ouvrant la bouche pour parler, puis la referma en souriant avec hésitation.

« C'est un grand dîner alors ! dit-elle avec un faux entrain. Je ne connais pas bien ces choses-là. Ma mère n'aime pas beaucoup les réceptions bon chic bon genre, et si je m'y rends parfois, c'est uniquement pour faire plaisir à ma Grand-mère Fortescue ou à ma Grand-mère Greengrass. La réception de Mrs Bulstrode où nous nous sommes rencontrés par exemple. Mrs Bulstrode est la sœur de Grand-mère Sionach et…

— C'est un dîner d'amis, l'interrompit-il à contrecœur.

— Un dîner…

— Je vais vous dire qui est cette ancienne amie, mais promettez-moi de ne pas vous emporter ou d'aller lui chercher querelle, s'il vous plaît, la pria-t-il.

— Mais…

— Son mari est vraiment cinglé, et je n'ose imaginer ce qu'il pourrait vous faire en représailles, insista-t-il.

— Aristote, un instant », l'interrompit-elle à son tour.

Il se tut pour la laisser reprendre ses esprits. Elle ouvrit plusieurs fois la bouche avec hésitation avant de parler d'une voix douce et réconfortante.

« Vous n'avez pas besoin de me dire de qui il s'agit.

— Si, insista-t-il, et je dois aussi vous demander si cela ne vous gêne pas de me savoir toute une soirée avec elle.

— Aristote, rien que le fait de m'en parler me montre que vous avez des scrupules à me cacher cela et que vous tenez à être honnête avec moi alors que nous nous voyons depuis quatre jours et que nous ne nous sommes rien promis », souffla-t-elle avec la même hésitation mais un sourire un peu moins tremblant.

Mais… Ces quatre jours représentaient donc si peu pour elle ? Et toutes leurs lettres ? Et tout ce bonheur qu'elle insufflait en lui par sa simple présence ?

« Aristote, ne…

— Je vous aime, Ambuela, souffla-t-il simplement en entendant son cœur exploser à l'intérieur de lui et battre à mille à l'heure à ses oreilles. Et je… Et je ne pense plus qu'à vous matin, midi et soir depuis un mois, avoua-t-il en se sentant si pathétique qu'il en rougit. Et je… Je me sens si niais, j'ai l'impression d'être à nouveau adolescent, d'être pour la première fois amoureux, que je n'avais ressenti qu'une forme d'attirance par le passé pour trois ou quatre femmes, rien de plus. Vous… Dès notre première rencontre vous avez comme allumé les étoiles dans l'obscurité de ma triste vie et… »

Il cessa de s'emmêler dans ses propos lorsqu'elle plaqua sa bouche contre la sienne par-dessus la table. Il cessa de chercher à lui dire ce qu'il ressentait lorsqu'elle lui exprima ses sentiments à son tour dans un baiser tout aussi audacieux que ceux de vendredi et de samedi. Il cessa même de penser lorsqu'elle murmura quelques mots contre sa bouche entre deux baisers.

« Oh Aristote, je… je crois aussi que je vous aime, ne vous inquiétez pas ainsi et… isolons-nous juste un peu… Je… Je vais demander à Rufus s'il lui reste une chambre, si… »

Oh Merlin non. Là, il n'était vraiment pas sûr que ce soit une bonne idée.

« Vous ne voulez pas rester ici ? » lui demanda-t-il en s'éloignant un peu d'elle.

Il essaya de se calmer parce qu'il avait bien trop chaud. Il jeta un coup d'œil aux autres clients, mais il se rendit compte que les deux hommes soumis à l'Assurdiato étaient partis, et que seul un groupe de jeunes sans doute encore à Poudlard traînait dans un coin de la salle. L'œil du barman – Rufus – le détailla en secouant la tête avec désapprobation et ceci le calma aussi sûrement que lorsque le père de Mademoiselle Ambuela était entré samedi matin à la cave du domaine.

« Vous n'avez pas envie… d'un peu de tranquillité ? demanda-t-elle et ses joues rougirent encore.

— Beaucoup trop, confessa-t-il sans y penser. Mais j'ai encore plus envie de savourer votre badinage », se reprit-il.

Et c'était vrai. Après cette discussion, il ne voulait que savourer le badinage d'Ambuela. Et puis il ne voulait pas que tout se passe trop vite. Il voulait ce que Melania ne lui avait jamais donné. Il voulait le badinage illimité qu'Ambuela avait tout de suite accepté de lui offrir sans rien exiger en retour.

« Oh, vous voulez du badinage… se moqua-t-elle et il retrouva son pouffement complètement dépaysant. Mais vous savez, on peut badiner en se touchant aussi… »

Il la regarda se lever avec assurance et déplacer sa chaise pour venir s'asseoir non plus en face de lui, mais à côté. Lorsqu'elle se rassit, qu'elle prit ses mains et vint coller ses jambes aux siennes, il se sentit complètement fondre sous ses yeux chocolat et sa bouche framboise.

« Quant à cette ancienne maîtresse… Je vous remercie de m'en avoir parlé et d'avoir été honnête avec moi, ajouta-t-elle plus bas avec un sourire empli d'hésitation. Elle fait donc partie de vos amis ?

— Si elle accepte de se comporter dorénavant seulement en amie et que vous n'y trouvez rien à redire, j'imagine qu'elle restera dans le cercle de mes amis, oui, reconnut-il. Mais sinon, je lui dirai que je ne veux plus la voir par respect pour vous, répondit-il en levant ses mains pour les embrasser amoureusement.

— Par respect pour moi ? répéta-t-elle en pouffant. Il faudrait aussi m'embrasser un peu plus pour me respecter convenablement, Damoiseau Aristote. »

Sa pomme d'Adam s'emballa dans sa gorge lorsqu'elle se recula légèrement de lui en renversant la tête en arrière pour dégager son cou. De là où il était assis, la peau hâlée de son cou et de l'échancrure de sa robe lui parut aussi savoureuse qu'une chouquette. Il céda aussitôt et vint nicher un baiser derrière son oreille. Elle rit encore.

« Vous êtes très obéissant, Aristote, se moqua-t-elle pendant qu'il apposait un deuxième baiser.

— Votre voix est un Impero à mes oreilles, se moqua-t-il en retour.

— La vôtre un sortilège de Confusion, ajouta-t-elle de la même manière.

— Je vous rends confuse ? demanda-t-il en sentant la victoire s'avancer à lui.

— Vous me faîtes tourner la tête », avoua-t-elle.

Il se recula pour la regarder. Son sourire lumineux éblouissait à nouveau l'air sombre alentour.

« Voulez-vous m'accompagner samedi ? » lui demanda-t-il avec émotion.

Ce serait la première fois qu'il arriverait accompagné à un dîner. La première personne qu'il présenterait à ses amis. La première… La première personne de sa vie.

« Vous accompagner ? s'étonna Ambuela avec de grands yeux. Mais… euh… nous nous fréquentons depuis quatre jours, nous… Vous désirez rendre cela officiel ? Si vous… Je… Non, si je fais ça à Zoely, elle va me tuer – une fois qu'elle vous aura tué.

— Pardon ? bredouilla-t-il sans comprendre.

— Elle… Je lui ai déjà parlé de vous, avoua Mademoiselle Ambuela en rougissant à nouveau. Elle veut vous rencontrer pour s'assurer que vous êtes correct et pas trop stupide mais je… J'ai un peu peur de la confrontation…

— Rencontre ? proposa Aristote en sentant une goutte de sueur froide glisser dans son dos.

— … Confrontation, insista Ambuela avec un rire nerveux. Zoely est formidable mais elle euh m'aime tellement et elle aime tellement peu les hommes que euh elle est très méfiante et donc euh il faudra que vous la convainquiez, dit-elle avec hésitation. Mais ne vous inquiétez pas, je ne lui ai dit ni votre nom ni votre prénom ! »

Ce n'était pas le plus angoissant dans l'histoire – le fait qu'elle ait pu connaître son nom et son prénom. Non, le plus angoissant était le portrait de Zoely Zabini qui habitait si peu loin de l'Auberge des Trois-Balais, à Pré-au-Lard… Confrontation… la convaincre

« Vous me quitteriez déjà si j'échouais à la convaincre dans la confrontation ? demanda-t-il avec horreur.

— Vous n'échouerez pas, dit-elle en pouffant. Et si vous échouez, vous devrez simplement subir la mauvaise humeur de Zoely parce que je vous garderai tout de même auprès de moi. »

Lorsqu'il vit ses yeux lumineux de vie, lorsqu'il sentit sa bouche sur la sienne, lorsqu'il sentit ses lèvres s'emparer ensuite d'un morceau de la peau de son cou, il cessa de respirer pour savourer la morsure d'amour qu'elle était en train de lui offrir. Il vint glisser ses doigts amoureux dans sa nuque, frissonna en même temps qu'elle, et fit glisser son autre main de son dos à ses épaules dénuées.

Lorsqu'elle releva la tête vers lui pour sourire de bonheur et badiner encore, il comprit qu'il avait vraiment trouvé quelqu'un fait pour lui. Quelqu'un avec qui il s'imaginait déjà passer le reste de sa vie.

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Ouais ouais ouais je sais Aristote est trop in love de son Ambuela et il va à toute vitesse, mais il est heureux, alors qu'y pouvons-nous, hihi ?

Bonne journée !