Rating : NC-17 (si vous avez moins de 18 ans, passez votre chemin)
Disclaimer : Saint Seiya est la propriété de Masami Kurumada. Pauvre de lui.
Avertissements : yaoi, nawak, lemon, personnages un peu détournés (sans blague ?).
Ce chapitre est la continuation directe du précédent, où nous nous étions suspendus en pleine offensive taurine. Vous remarquerez un titre d'ailleurs plein d'originalité (si vous avez mieux je suis preneuse !)
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Chapitre 3 : Prendre le taureau par les cornes
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« Moi, mélancolique ? C'est mon frère qui est tourmenté, pas moi ! »
« En es-tu bien sûr ? », répliqua Aldébaran en s'attaquant à la tunique qu'il retroussa jusque sous les bras du plongeur.
« Hé mais qu'est-ce que tu fais ! Arrête ça j'ai changé d'avis ! »
Un rire franc et jovial ébranla la poitrine du Taureau.
« Tu sais que tu es encore plus mignon avec ton air apeuré ? Il fait jaillir une petite lueur dans les yeux, comme si tu découvrais enfin ton esprit... »
« Si je veux entendre un pareil tas de conneries, je vais aux séminaires de Shaka ! »
« Très bien alors je me tais. »
A ces mots le Brésilien se baissa, entamant ce qu'on pourrait appeler un pétrissage de torse. Mais rien à voir avec ce que l'on fait à une pâte, il caressait par effleurements la peau caramel dans l'ombre, suivant la carte de son relief tout d'harmonie, les rainures des muscles, les courbes comme polies par la mer, les gouttelettes abandonnées.
« Merde… », siffla Kanon entre ses dents, « ça chatouille… »
Les mains se firent alors plus directes et appuyées, provoquant sur le corps du marina d'étranges soubresauts. Elles furent bientôt rejointes par une langue ; Kanon se scandalisa.
« Taré… », souffla-t-il. « C'est ton truc de lécher les gens… pas vrai ? AAAH ! »
Aldébaran avait arraché ce qui restait de la tunique et s'était attaqué aux tétons de notre viril dragon des mers, les pinçant avec les doigts et leur faisant toutes sortes de choses avec sa bouche. La réaction de Kanon à cette caresse fut inattendue : il se crispa en poussant des gémissements lascifs.
« Hé bien… Je crois que nous avons trouvé un de tes points faibles », constata le Taureau, qui poursuivit jusqu'à sentir le pilier atlantique gagner en concrétion. Puis il remonta dans le cou, et s'étant enfin hissé de toute sa hauteur au-dessus de Kanon, il contempla quelques instants sa large bouche qu'il avait tant de fois rêvé d'embrasser. Ce fut avec passion qu'il s'empara d'elle ; à sa grande surprise, Kanon ne se débattit pas, et quand il sentit sa langue glisser contre la sienne et l'accueillir avec ardeur, le gentil ours de la maison des ours sentit éclore en lui le grizzli sauvage du Canada.
« Oh Kanon… »
Fébriles et avides, ses mains parcoururent à nouveau le corps de l'ancien général, ondulant ses reins et appréhendant ses fesses musclées à travers le pantalon. Et quand Aldébaran constata que la partie antérieure appréciait les caresses qu'on donnait à la partie postérieure, il eut une furieuse envie de le posséder tout de suite avec violence. Mais se retenant avec tout le calme de son signe, il se contenta de frôler, ironique, le renflement conséquent qui se trouvait sous la ceinture de Kanon.
« Tu me le paieras… », articula avec difficulté le Grec, rouge et frissonnant.
« Ah oui ? »
Aldébaran déboutonna le pantalon bleu et en sortit la virilité de son compagnon, qu'il garda dans sa main quelques instants, la considérant intensément, comme s'il cherchait à en enregistrer l'image précise dans sa mémoire.
« Et quoi ? », grogna Kanon. « Je sais qu'elle est belle, mais tu l'admireras une autre fois. Qu'est-ce que t'attends ? Suce-moi ! »
Le Taureau ne pouvait pas ignorer une requête formulée d'une manière si claire et élégante. Il approcha sa bouche du membre déjà fort durci, cet orgueil kanonien qui malgré sa taille plus qu'honnête, avait bien failli être la cause profonde, dans une éternelle rivalité fraternelle, de la fin du monde par la submersion.
Kanon laissa échapper un cri rauque.
« Oh bordel… Bordel… »
Honoré dans sa plus extrême extrémité, goûté, léché, aspiré, embrassé, le Grec se tordait de plaisir sur les draps, avec une exquise grimace de satisfaction.
« Oh là… Oui… Ici… Aldébar…! »
Aldébaran releva la tête, étonné. De son chevet, Kanon se contenta de lui dédier un regard railleur où luisait cependant une pointe d'admiration.
« T'as appris ça où… ? », murmura-t-il. « Tu t'débrouilles mieux qu'une nana… »
« L'avantage d'être un homme… », expliqua Aldébaran en ôtant le pantalon qui le gênait. Puis il se releva et fit quelques pas en arrière, loin du lit.
« Hé qu'est-ce que tu fais… Tu m'as oublié ou quoi ? »
Aldébaran sourit. Il savait que s'il lui donnait satisfaction tout de suite il lui serait ensuite difficile de parvenir à ses fins.
« Non je ne t'ai pas oublié », répondit-il, en enlevant à son tour son propre pantalon, puis son slip, se présentant dans l'habit simple mais étonnant que lui avait fait la Nature.
Kanon considéra néanmoins le membre taurin d'un air sceptique.
« Et t'as l'intention de mettre tout ça où ? Au cas où tu l'aurais pas remarqué, je suis pas le tunnel du Mont Blanc ! »
« Ne t'inquiète pas, j'ai tout ce qu'il faut. »
Le chevalier d'or sortit un tube de lubrifiant de sa table de nuit.
« Mets-y le paquet », marmonna Kanon avec méfiance, « j'ai pas envie de ressembler aux anneaux de Saturne… »
Aldébaran réprima un sourire – en bon pâtissier il savait fort bien beurrer les moules (1). De plus, tout étant à l'échelle chez le Taureau, un doigt puis deux suffirent à emmener Kanon aux portes du Paradis ; trois le firent se tordre sur le matelas en poussant des cris et en réclamant plus.
Il n'y eut néanmoins pas de quatrième invité : le chevalier d'or, que la vision ô combien lascive d'un Kanon nu et ivre de plaisir et la contraction des muscles autour de ses doigts avaient rendu fou de désir, ne put se retenir un instant de plus et exauça le beau chevalier qui réclamait qu'on l'achevât. Agrippant le corps chaud de son compagnon, il s'enfonça en lui de moitié avec un gémissement de satisfaction. Il ramena sur ses épaules les deux jambes longues et musclées du dragon des mers, dont les yeux étaient fermés et le visage crispé.
« Kanon… Je ne te fais pas trop mal… »
Les deux yeux fins et sombres se rouvrirent.
« Femmelette », dit l'ex-futur maître du monde avec un demi-sourire diabolique dont on ne savait s'il était de machiavélisme ou d'excitation. « Si tu ne viens pas tout de suite cogner le fond de mon temple au lieu de jouer à l'infirmière… je t'envoie moi-même dans le Triangle des Bermudes, et sans passer par la case "Butte Monsceau". »
Il fallut un effort de volonté surhumain au Taureau pour se contrôler et ne pas exploser tout de suite dans l'intérieur chaud de cette kanaille (2).
Mais il était dit que l'exigeant Dragon des Mers ne demeurerait pas insatisfait, même si cela devait aboutir à décrocher quelques lattes d'un lit qui en avait pourtant vues d'autres.
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Le lendemain matin, Marine invitait Aiolia à prendre le petit déjeuner à l'extérieur de sa maisonnette en granit tout confort.
Mais ce fut un homme rongé par le remords qui prit place à la table de rondins, la crinière triste et la queue basse (3).
Depuis ses folles galipettes avec Aldébaran, Aiolia ne pouvait plus regarder le visage de sa douce compagne sans sentir le terrible poids de la Culpabilité l'étreindre. Quel misérable il était, quel Judas, il avait trompé son éternel amour, et par la faute de quoi ? Par la faute d'une simple tartelette aux fraises ! Pourtant, un chevalier tel que lui savait brider passions et instincts pour les mettre au service d'une Cause plus Noble ! N'avait-il donc aucun « self-control » qu'il s'était d'abord laissé caresser le cheveu, touché la nuque, puis dénoué les lacets qui tenaient fermement emprisonné sous la toile de sa cuirasse ses muscles solides et ambrés ?! Tout semblait s'être passé en moins d'un instant, et il s'était retrouvé palpé sur tous les bords telle une viennoiserie gonflée et dorée par le four. Il n'avait même pas su dire non, comme la plus innocente des jeunes filles. Il s'était laissé submerger par des sensations inconnues et d'une puissance qu'il ne devinait pas. Il s'était laissé coucher sur le lit et…
« Aiolia, t'en fais une tête… Tu penses à quoi ? »
Le chevalier de l'Aigle le regardait de son énigmatique visage en fer blanc, une clope passant par le trou de la bouche.
« Je me demandais… Miel ou confiture ? »
J'ai si honte… Je ne peux pas garder ça pour moi… Dire que je me suis fait # comme une gonzesse… Mais qu'est-ce qui m'est arrivé ??
« Y'a que de la margarine », précisa Marine en jetant son mégot qu'elle désintégra en tendant l'index. Puis elle réajusta ses gants.
La pauvre… Je ne peux pas lui faire ça… Mais pourtant je l'ai fait… Je n'en dors plus la nuit… Je me revois… Euh non je regrette en fait !! Je regrette tellement !
« Faudra qu'on parle tout à l'heure », dit-elle nonchalamment.
« Ah… ah bon ? »
Oh mon dieu ça y'est, elle sait, quelqu'un a dû lui dire !! Ou elle s'est aperçu d'un changement dans mon comportement… Je suis cuit… Mieux vaut que je lui avoue moi-même ! Oui, c'est ça, je vais tout lui avouer, ça vaut mieux !
« Oui. C'est très important. »
« Ça tombe bien Marine. Moi aussi j'avais quelque chose à te dire. »
« Ah ? Mais tiens regarde là-bas… C'est pas Kanon ?? »
Aiolia se leva à l'imitation de sa fiancée. En contrebas, on pouvait apercevoir Kanon qui se dirigeait, nimbé d'un cosmos électrique, en direction de la caravane d'Ikki, Ikki qui était étendu sur une chaise longue à lire quelque bouquin.
« Mais si ! Qu'est-ce qui se passe ? On dirait que Kanon l'a pris par le col ! »
Remarque, il l'a bien mérité… C'est à cause de lui si…
« On devrait peut-être intervenir… On ne va pas laisser Ikki se laisser enquiquiner par ce type. »
« Non Marine, je crois que nous devrions ne pas nous en mêler. »
« Mouais… si tu le dis. Au fait, t'avais pas quelque chose à me dire ? »
« Je t'en prie, à toi l'honneur. »
Marine détourna la tête, et ses cheveux furent un instant emmêlés par le vent.
« Je crois qu'il vaut mieux que tu t'assois d'abord. »
Inquiet et sentant que la décapitation approchait, Aiolia suivit son conseil.
Marine parla.
« J'ai quelque chose à t'avouer Aiolia. Tu es quelqu'un qui compte beaucoup pour moi, tu es également peut-être mon meilleur ami, et nous avons passé des moments merveilleux ensemble, mais… Je… Mon cœur bat pour quelqu'un d'autre. »
L'esprit d'Aiolia éclata de colère et d'une étrange excitation. Mais oui, il le savait depuis le début ! C'était ça ! Ikki lui avait fait du charme. Et c'était pour cela qu'il avait essayé de le détourner d'elle en l'envoyant vers Aldébaran, et c'était pour ça que Marine s'inquiétait pour lui en voyant Kanon qui l'attaquait ! Ah le traître, il allait le réduire en bouillie, en faire du faisan grillé, accrocher sa tête à l'entrée de son temple, écr…
« Cela fait quelques années déjà, mais j'avais préféré garder ça pour moi. Enfin je crois que tu ne pourrais pas comprendre. Ce que j'éprouve pour cette personne est différent de ce que j'éprouve pour toi, c'est certain. Et je ne peux pas supporter l'idée de devoir te mentir plus longtemps, et de mentir plus longtemps à cette personne. »
Aiolia eut un rire froid qui sonnait étrangement sur lui.
« Tu peux dire son nom tu sais, j'ai compris depuis longtemps. »
Marine avait pâli derrière son masque.
« Ah bon ? Tu savais que j'aimais Shina ? »
« QUOI ?! »
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à suivre
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(1) il s'agit bien sûr d'une métaphore, mais l'auteur nie toute responsabilité quant à votre interprétation des choses.
(2) un nouveau mot a été inventé exprès pour lui ;)
(3) et pour cause.
