Rating : PG pour ce chapitre, NC-17 pour la fic.
Disclaimer : Saint Seiya est la propriété de Masami Kurumada. Mille pardons à lui
Au menu de ce chapire, le réveil de Kanon après sa nuit de folie ;)
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Chapitre 4: Le psychanalyste du Sanctuaire
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Kanon reposa le petit mot aux côtés du bol de chocolat fumant. « Je t'ai préparé ton petit-déjeuner. Si tu me cherches, je suis aux arènes où j'entraîne des apprentis argent. …Tu me manques déjà. Ton taureau qui t'aime. »
Suivait un petit dessin semblant représenter Kanon en train de faire du rodéo sur une selle à cornes.
« Non mais je rêve ! », pesta le Gémeaux. « Ce sale type abuse de moi en me mettant en état d'ébriété, et il est déjà en train de se faire tout un roman-photo avec petits mots sur le réfrigérateur ! D'ailleurs, heureusement qu'il n'y a pas de frigo ici… »
Muni de sa mauvaise foi proverbiale, le chevalier d'or se dirigea vers la salle de bains.
« Alors beau gosse, quels sont les ravages de la nuit ? », se demanda-t-il en adressant un regard cerné à la glace couverte de petites taches de rouille.
Mais il ne se donna pas de réponse, car un autre post-it était accroché au miroir.
Quand y'en a marre,
Y'a malabar 3
[ndla : voir la fausse pub de l'Aphrozine, hé hé !]
Des sueurs froides se mirent à parcourir l'ex-Mesrine de l'Attique à la vue de ce petit cœur.
Qu'il reste encore une minute de plus dans cette maison et il risquait de voir revenir le Taureau, prêt à lui dégrafer une nouvelle fois la tunique. Et à ce moment-là, il ne pourrait plus prétendre avoir forcé sur l'Ouzo ou le gâteau à la crème. Sa réputation était en jeu, merde. Il voyait déjà son frère et Masque de Mort se gondoler en apprenant qu'il s'était laissé emboutir par Aldébaran. Certes, il était connu que le Cancer trompait régulièrement son ennui avec Aphrodite et que Saga ne rêvait que de ça, mais ça, ça n'avait rien à voir justement ! Coucher avec Aldébaran, c'était se transformer en tapette !
D'ailleurs, comment avait-il bien pu en arriver là ? Cette armoire à glace n'avait rien de bien ragoûtant. S'il essayait de se souvenir… Il avait été embauché pour faire la plonge, avec les gants en plastique, la petite éponge et le tablier. Et c'est là que tout avait dérapé… Dans son dos, sournoisement, Aldébaran était venu se coller à lui, tel le chapeau chinois gluant à la roche polie, n'en pouvant plus de saliver devant le délicieux Coraya qu'il était. Comment avait-il pu oser ? Alors que sa virilité et son machisme glorieux étaient connus de tous dans le Sanctuaire ? Mais oui, il lui avait demandé, et Aldébaran lui avait répondu…
Ikki m'avait dit que tu étais gay.
De la terrasse du temple on pouvait apercevoir, si on savait où les chercher, la caravane d'occasion, le transat défoncé, et la Harley en cours de réparation.
Kanon se retourna brusquement, les yeux écarquillés, les cheveux emportés par un vent soudain, tandis que sonnaient derrière lui d'effrayantes cithares.
« Phénix, tu es un homme mort. »
* * *
Il fit comme s'il n'avait rien vu en croisant Shina en nuisette dans le temple du Bélier, puis descendit les dernières volées de marche le plus vite possible pour arriver à l'endroit où se trouvait le repaire du Phénix, une enclave de roches exposée plein soleil où poussait une poignée de pins miteux.
Le phénix en question était assis à lire un épais et large volume devant sa caravane. Il portait son éternel maillot bleu marine et ne semblait pas avoir pris de douche depuis un certain temps. Sur la table en ferraille s'accumulaient des boîtes de sardines et de corned beef vides, mais il s'était tout de même installé un parasol qui selon toute apparence avait été « emprunté » à un cafetier du coin.
Il leva à peine les yeux de son livre quand Kanon vint à son abord.
« Salut Kanon… », fit-il de sa voix grave. « Tu m'as ramené mes revues ? …Ça c'est bien passé la soirée d'hier ? »
Le ton était bien sûr plein d'ironie, prononcé par un Ikki flamboyant comme un paon qui fait la roue. Mais cette ultime pique eut le don d'être l'étincelle qui fait exploser un ballon de gaz ; le transat sur lequel Ikki reposait fut éjecté, tandis que son propriétaire se retrouva enfoncé cinq centimètres à l'intérieur de la tôle de la caravane, soulevé d'une seule main par Kanon des Gémeaux.
« Ça te fait rire tes gamineries ?? »
« Mmm… Toi tu reviens de chez Aldébaran… Je me trompe ? »
« Ouais connard et il m'a tout dit… Tu lui as fait croire que j'étais gay !! »
Ikki le regarda dans les yeux, de son profond regard ardoise.
« Et ça t'a plu ? »
« T'es mort ! »
Le Phénix ne parut pas le moins du monde impressionné. Il ferma les yeux, ses épais sourcils dessinant un pli sarcastique. Son dédain suprême semblait tournoyer autour de lui en d'élégantes et tristes volutes de violons.
Il eut un petit rire.
« Kanon… Tu oublies que le Phénix renaît toujours de ses cendres. »
« C'est pour ça que j'vais t'cramer ! »
« Pff… Toi, Aiolia… Vous êtes vraiment pitoyables. Toujours tellement aveugles sur vous-mêmes… On est bien obligés d'employer les grands moyens pour vous faire comprendre quelque chose. »
Il ponctua cette déclaration d'un puissant coup de pied dans l'estomac de son adversaire, ce qui lui permit de se dégager. Mais un poing géminesque ne tarda pas à heurter de plein fouet son visage, dont la joue et l'œil se teintèrent de violet.
« C'est vrai que toi tu n'es vraiment pas pitoyable, Phénix. Toujours à faire la leçon à tout le monde, avec ton petit discours anarchiste à deux balles. »
Kanon haletait. L'expédition vengeresse s'était muée en partie de ping-pong à mains nues. Ikki répliqua immédiatement, une main sur son œil qui commençait déjà à enfler.
« Quoi ? Tu m'en veux de t'avoir éclairé les tendances, Dragon des mers ? Quand je lance mes illusions, j'en vois des choses, et certaines que j'aurai préféré ne pas voir ! D'ailleurs, tu ne serais pas si énervé si tu ne cherchais pas à cacher que tu as apprécié ce que t'as fait ! Et encore, pas besoin de Phenix Genmaken pour deviner que t'as un gros problème avec ton frère ! »
« Laisse mon frère en dehors de ça ! »
« Il te fallait un mec comme Aldébaran parce qu'au fond, ce que tu tu aimes, c'est être en-dessous ! »
« Ah oui ?! »
Magouillage de l'espace-temps ou vitesse de la lumière ? Ikki n'eut pas le temps de le contrer qu'il se trouvait plaqué au sol par l'ancien général, dont les yeux flambaient d'une lueur démoniaque.
« Lâche-moi, pervers ! »
« Alors comme ça, t'as une dent contre Aiolia aussi ? Tu t'es pas frité avec Hyoga la semaine dernière également ? »
« Il a qu'à arrêter de pleurer sa mère une bonne fois pour toutes ! »
« Et Aphrodite ? »
« Sa beauté n'est que superficielle. Au fond de son cœur tout est laid et noir ! »
« Mais bien sûr, Ikki… On sait qu'on te file tous des ulcères. Tous les êtres humains te semblent risibles ou pourris, rien ne te va, faudrait être une bonne sœur pour trouver grâce à tes yeux. La vérité, c'est que sous tes dehors cyniques tu ressembles à ton frère : t'es qu'un pauvre idéaliste raté. »
« Laisse mon frère en dehors de ça ! »
« Tu vis à l'écart des autres en te permettant de nous décerner des médailles… Mais si on t'agace autant, qu'est-ce que tu fous ici avec ta caravane, depuis trois semaines ? »
« Je surveille Shun qui fait son entraînement à la maison de la Vierge », siffla le Japonais en essayant de se libérer. « Bande d'invertis que vous êtes, tu crois que j'allais laisser mon frère seul au milieu de tout ce sanctuaire d'homosexuels ? »
« Ton pauvre petit frère, hein ? »
Le phénix ne répondit pas, mais Kanon sentit qu'il tenait le fil d'Ariane.
« Tiens Ikki, et si on t'appliquait tes propres méthodes ? On raconte que ton grand amour avorté… c'était ton frère en blonde. Pas très orthodoxe pour un hétéro pur et dur. »
« Je ne te permets pas de parler d'… »
« Alors ma conclusion de Psychanalyste, c'est qu'il te faudrait pas grand-chose pour virer de bord… Juste croiser un double de ton ingénu de frangin qui soit assez convainquant et qui n'ait pas trop de poil aux pattes. »
« T'en as d'autres comme ça ? »
« Non. Maintenant je vais te donner une bonne correction. Œil pour œil, corne pour corne. »
* * *
« QUOI ?! »
Aiolia semblait avoir été frappé par la foudre, encore abasourdi par la révélation que venait de lui faire sa désormais ex-compagne.
« Je suis consciente que cela doit être un choc pour toi, mais… Une minute Aiolia, je crois qu'on devrait vraiment intervenir. Kanon vient de plaquer Ikki au sol !! »
« Mais non, regarde, c'est pour lui rouler un gad… Argh mais ce Sanctuaire est rempli de gays ma parole !! »
Marine avait beau porter son masque, le Lion fut foudroyé du regard.
« Je ne parlais pas pour toi. »
* * *
Ikki s'attendait à tout sauf à ça ; son cosmos s'enflamma de répulsion aux contact des lèvres de son ancien adversaire.
Kanon se redressa et s'essuya la bouche.
« T'embrasses mal », conclut-il, l'air soudain songeur.
« Je t'ai pas embrassé, enfoiré. C'est toi qui m'a collé ta bouche baveuse sur le bec ! »
« Ça t'apprendra à me vendre comme objet sexuel à Aldébaran. »
« Il t'a pas violé que je sache ! »
« Il a abusé de moi car j'étais ivre ! »
Point n'était besoin pour Phénix de souligner une fois de plus la mauvaise foi du Dragon des mers. Il ressentait sur lui tout le poids de sa large ossature, et son aîné ne semblait pas décidé à relâcher son emprise.
Il est arrivé à totalement m'immobiliser grâce à son cosmos… C'est comme s'il avait décuplé sa puissance depuis qu'il a revêtu l'armure des Gémeaux et retrouvé Saga… Il faut pourtant que je parvienne à me libérer. Qui sait quelles humiliantes mutilations il serait capable de vouloir me faire subir.
« Ikki, tu es en mon pouvoir à présent. Et tu vas connaître l'étendue de l'ire vengeresse du Dragon des mers. Quand j'en aurai fini avec toi, le Phénix flamboyant ne sera plus qu'un vulgaire chapon à la voix de… »
« MON FRERE ! »
« Shun, c'est toi ? …Au secours !! »
Le chevalier d'Andromère accourut, prêt à dégaîner ses chaînes.
« Laisse mon frère tranquille ! »
Kanon lâcha Ikki et se releva. Pour couler un regard ironique sur la robe bleue de Shun, qui tenait entre ses mains une brassée de fleurs roses, telle une jeune mariée.
« Mais qu'il est mignonne en robe… »
« Ce n'est pas une robe », répondit Shun, gêné. « C'est un sari que Shaka m'a prêté. Nous avons cueilli des fleurs ensemble dans son jardin. »
« Cueillir des fleurs dans son jardin ? Tiens donc, Ikki, tu ne m'avais pas dit que tu le surveillais ? »
« Shun n'a rien à craindre de Shaka. C'est une personne vertueuse. Pas comme certains qui succombent après avoir bu deux gouttes d'alcool. »
« N'empêche, un sari c'est un vêtement pour femmes. »
« Qu'est-ce que tu es en train d'insinuer sur mon frère ? »
« Je n'insinue rien du tout », railla Kanon en croisant les bras derrière la tête.
« Shun, je veux que tu t'habilles décemment. Je suis sûr qu'ils vont tous te courir après si tu passes la journée dans cette tenue. »
« Mais c'est un cadeau de Shaka, grand frère. C'est lui qui avait insisté pour que nous t'apportions des fleurs en plus. »
« Pour que nous… ? »
Ikki ne termina pas sa phrase et Kanon tourna la tête en direction du nouvel arrivant. Shaka venait de terminer de monter la côte, vêtu d'une simple toge blanche ; il portait lui aussi des fleurs dans ses mains ; et surtout, la brise soulevait les courts cheveux blonds devant ses petites oreilles. L'air irrité, Ikki détourna les yeux.
« Bonjour Ikki. »
« Bonjour », répondit le Phénix d'une voix froide.
« Nous avons cueilli des fleurs, moi et Shun, et nous avons pensé que nous pourrions t'en apporter. »
« C'est très aimable de ta part, mais je n'aime pas les fleurs. »
Shaka le dévisagea de ses grands yeux d'un bleu pur, fixes et brillants, puis baissa les paupières de moitié.
« Tant pis… »
« Grand frère, nous pourrions proposer un thé ou un café à Shaka ? »
« Le réchaud ne marche pas », répondit Ikki, dont le teint, après avoir pâli, était devenu grisâtre.
« Tu vas bien Ikki ? », demanda Kanon.
« Grand frère, tu as les mains moites, on dirait que tu as de la fièvre. »
« Je vais très bien », démentit le Phénix.
Et il alla s'enfermer dans sa caravane en claquant la porte.
Shun toqua.
« Ikki ? Tu es fâché ? »
« Laissez-moi tranquille. Tous. »
« Je crois qu'il déprime en ce moment », expliqua Shun à Shaka, alors que ce dernier soulevait du bout des doigts, le regard interrogatif, une des boîtes de conserve qui peuplaient la table.
Kanon se gratta le front, les neurones en pleine agitation. Il avait l'impression que son cerveau était envahi par les différentes pièces d'un puzzle, et qu'elles étaient sur le point de s'emboîter toutes… Il ne manquait que le fil qui les connectait… Ses yeux accrochèrent la couverture du livre jaune et noir qu'Ikki était en train de lire sur son transat avant qu'il ne débarque. Il brûlait, mais la conclusion lui échappait toujours...
Quel était le titre de ce livre ?
« LE BOUDDHISME POUR LES NULS »
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à suivre
