Bien le bonsoir ! Rien de mieux qu'un peu de traduction et de lecture pour oublier un peu l'actualité. Bonne lecture à vous et encore merci pour tous vos commentaires très agréables et très encourageants !
Patmol et Harry se tenaient devant une porte couverte d'une peinture noire écaillée. Du moins, Harry pensait que c'était une porte ; il y avait un heurtoir en forme de serpent argenté et une sonnette mais pas de poignée. Patmol donna un coup de baguette et elle s'ouvrit.
« C'est la maison. » annonça Patmol d'une voix sinistre.
Maison, pensa Harry, en souriant alors qu'il entrait – le plancher craqua sous le tapis – et jetait un œil. C'était très sombre ; il n'arrivait pas à voir plus loin que le rayon de lumière que diffusait la baguette de Patmol. L'endroit empestait d'une odeur de vieux papiers journaux, de moisissures et de poussière et chaque pas que faisait Harry ou Patmol faisait craquer le parquet de manière horrible. Je préfère quand même ici que chez les Dursley, pensa-t-il, plissant les yeux devant un range-parapluie tout bosselé.
Des portraits recouvraient la tapisserie décollée et leurs yeux semblaient suivre Harry et Patmol. Harry avait l'impression de les entendre murmurer, mais il pensait plutôt que c'était le bruit de ses baskets sur la poussière. Ils passèrent devant une double porte sur leur gauche, aux poignées tâchées semblables à des serpents d'argent, puis devant une autre porte avec une poignée assortie.
« Kreattur a dû mourir » murmura Patmol avec entrain, en jetant un œil aux traces de pas qu'ils laissaient derrière eux.
« Kreattur ? » demanda Harry.
« Le vieil elfe de maison de ma mère. »
Ils sursautèrent tous les deux en entendant l'escalier craquer.
« Cette maison est une épave » souffla-t-il en regardant autour de lui.
« C'était quand la dernière fois que tu es venu ? » chuchota Harry, en pensant que ce n'était pas surprenant que la Tante Pétunia passe son temps à nettoyer si les maisons pouvaient faire dans des états pareils.
Patmol prit un moment pour réfléchir.
« J'avais seize ans, je crois, dit-il en passant une main sur son visage. Je n'aurais jamais pensé revenir. »
« Pourquoi pas ? »
« Je détestais cette maison, expliqua-t-il avec un petit rire. Ça ne t'ennuie pas de dormir en bas cette nuit ? Je ne sais pas dans quel état sont les chambres et ... »
« En bas, c'est bien » murmura Harry.
« La cuisine sera sûrement le meilleur endroit, souffla Patmol, en guidant Harry jusqu'au bout du hall. Fais attention à la marche. »
Ils descendirent un petit escalier qui craquait et menait jusqu'à une cuisine caverneuse. Il y avait une énorme table au milieu de la place, et quelques chaises. A l'instant où ils entrèrent, quelque chose de petit et de gris parcourut précipitamment la pièce pour aller se cacher sous une chaise. Patmol agita sa baguette, il y eut un petit cri aigu et un petit nuage de poussière.
« Qu'est-ce que c'était ? » l'interrogea Harry.
« Un doxy, dit Patmol. La maison en est sûrement infestée. »
« C'est dangereux ? »
« Seulement si tu es un tapis. »
Patmol agita sa baguette en direction du fond de cuisine et il y eut un autre petit cri. Patmol jeta un nouveau coup d'œil autour de lui et marcha à grands pas jusqu'à une petite armoire qui reposait contre le mur près des escaliers.
« Tu peux tenir ma baguette, s'il te plaît ? »
Harry la leva comme une torche de façon à ce que Patmol puisse voir quelque chose ; il bougea plusieurs choses dans l'armoire et en sortit finalement un vieux journal et un long morceau de bois.
« Par ici. »
Harry suivit son parrain jusqu'à une grande cheminée.
« Tu as des allumettes ? » demanda Harry, en le regardant déchirer le journal.
« J'ai une baguette » répondit Patmol, en agitant la main.
Harry la lui tendit immédiatement, impatient de voir un peu plus de magie. Un instant plus tard, un feu bien chaud crépitait dans le foyer. Patmol utilisa sa baguette pour nettoyer le sol proche de la cheminée et ensuite, au plus grand bonheur de Harry, fit apparaître une paire de sacs de couchage rouges.
« Tu veux quelque chose ? demanda Patmol tandis que Harry retirait ses chaussures et se glissait dans l'un des sacs de couchage. A manger ou à boire ? »
« Non, merci. »
Ils avaient eu droit à des sandwiches et du chocolat chaud dans le Magicobus sur le chemin du retour.
« Patmol ? » demanda Harry timidement.
« Ouais, petit gars ? »
« J'étais ... Est-ce que ... Est-ce que c'est plus tard maintenant ? »
Patmol observa les flammes dansantes dans le foyer.
« J'imagine que oui » dit-il, d'un air sinistre, en se mettant à jouer avec un fil qui pendait de son sac de couchage.
Harry s'assit plus droit, les yeux fixés sur son parrain.
« Tout a commencé à Poudlard, là où les élèves apprennent la magie. J'ai reçu ma lettre à onze ans, comme tous les enfants sorciers, et comme ta mère, ton père, Remus Lupin et Peter Pettigrow. »
Ses mains se serrèrent pour former des poings lorsqu'il prononça le dernier nom.
« J'ai rencontré ta mère, ton père et Remus dans le train, et Peter après la répartition – on a tous été réparti dans la même maison. Nous – les garçons – sommes devenus amis, on se faisait appeler les Maraudeurs. Pendant notre scolarité, un sorcier nommé Voldemort a commencé à prendre du pouvoir. Il était malveillant et il a décidé de débarrasser le monde de tout ce qui n'était pas assez magique à ses yeux. D'abord, c'était juste des murmures. De la propagande contre les nés-moldus et des histoires sur un groupe – les mangemorts – qui recrutait. Un de mes professeurs en faisait partie. Un con, soupira-t-il. Les choses ont commencé à empirer à la fin de ma sixième année ; les gens disparaissaient, Voldemort recrutait des étudiants et tuait des moldus pour s'amuser ... C'était un vrai désastre. »
« Des moldus ? » demanda Harry avec un frisson, remontant un peu la capuche de son pull.
« Des gens sans pouvoirs magiques, comme ta tante et ton oncle. Enfin bref, Dumbledore, l'homme dont on a parlé sur le Chemin de Traverse, a constitué une organisation, l'Ordre du Phénix, pour les combattre. Je l'ai rejoint en septième année, tout comme ta mère et ton père, Remus et Peter. Tes parents se sont mariés, Lily a commencé une formation de guérisseuse, James et moi sommes entrés en formation d'aurors – les aurors traquent les mages noirs, l'équivalent pour les moldus des policiers, j'imagine – et pendant notre temps libre, on se battait contre Voldemort. Environ un mois avant ta naissance, Dumbledore était en entretien d'embauche quand une voyante a fait une prophétie ... Sur toi. »
« Sur moi ? demanda Harry. Qu'est-ce qu'elle dit ? »
« Demande-moi ça dans un an ou deux, répondit Patmol de manière évasive. L'un des espions de Voldemort a entendu la prophétie, ou le début du moins, et Voldemort s'est mis à te rechercher. »
« Il me cherchait, moi ? »
« Ta mère et ton père ont commencé à se cacher en août, pour essayer de te protéger. Nous – moi, Lunard et Peter – leur rendions visite presque tous les jours ou James serait devenu fou, en restant cloîtré tout le temps. Vous étiez plutôt en sécurité – vous avez habité à Poudlard pendant un moment, jusqu'à ce que ta mère en ait assez. Elle disait qu'elle voulait trouver un endroit où vous pourriez vivre en sécurité, mais sans les allers et venus des gens. Dumbledore, Lunard et moi avons trouvé une maison à Godric's Hollow, une maison de campagne, et ils ont déménagé là-bas avant que tu ne fêtes ton premier anniversaire. Aucun de nous n'avons été autorisé à les visiter pendant un bon moment, pour ne pas attirer l'attention sur l'endroit, mais les choses sont redevenues un peu plus normales et on a pu recommencer à venir tout le temps. Il y avait toujours des membres de l'Ordre dans le coin – moi, Lunard la plupart du temps, mais d'autres aussi – pour sécuriser la maison. En même temps, Dumbledore craignait que quelqu'un ne parle ou qu'ils soient même torturés pour avouer la localisation de la maison ; nous savions tous qu'il y avait un espion parmi nous, même si personne ne voulait accuser les autres. C'était juste une question de temps avant que l'information ne sorte. A la fin du mois d'octobre, Dumbledore a suggéré de placer la maison sous le Sortilège de Fidelitas. »
« Le quoi ? »
« C'est un sort qui permet de cacher un secret au cœur d'un être unique. Je devais être le Gardien du Secret, le seul qui aurait su où ils étaient. J'avais prévu d'aller me cacher aussi, mais tout ça m'a fait penser que j'étais un choix trop évident. Je savais que dès que Voldemort aurait entendu parler du sortilège, il serait venu me chercher et je savais aussi, que s'il me torturait, il aurait peut-être obtenu l'information qu'il cherchait. »
Il laissa échapper un rire sans joie.
« J'ai décidé d'être plus malin, cracha-t-il. J'ai convaincu Lily et James de changer de Gardien du Secret à la dernière minute et de prendre Peter à ma place. Il était faible, la dernière personne à laquelle Voldemort aurait pensé. Il a accepté et nous avons lancé le sort. D'après le plan, Voldemort était supposé venir me chercher malgré tout, mais s'il m'attrapait, j'aurais été incapable de lui dire où vous étiez. La nuit qui a suivi, Peter s'est précipité chez Voldemort pour lui dire où trouver Lily et James. J'étais chez Remus cette nuit-là – il était ... malade – et j'ai eu un pressentiment. Je suis allé vérifier chez Peter et j'ai trouvé l'endroit vide, mais sans signe de lutte. Je suis arrivé chez vous tout de suite après et tout était détruit. James ... »
Il perdit sa voix quelques secondes.
« ... était – mort – dans l'entrée – Lily – tu étais assis dans ton lit de bébé – à regarder ta mère et ... »
Patmol laissa échapper un souffle tremblant, son visage se fermant avant qu'il ne se concentre sur ses lentes et profondes respirations, les yeux absents.
« Hagrid t'a emmené loin de moi, déclara finalement Patmol, qui semblait bien trop calme. Il avait l'ordre de Dumbledore de t'emmener chez ta tante. La seconde après qu'il soit parti, j'ai commencé à chercher Peter. Je l'ai traqué pendant deux jours avant de le trouver.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda Harry.
Patmol avait commencé à trembler.
« Il s'est mis à crier que j'étais celui qui avait trahi ta mère et ton père, que j'étais celui qui les avait vendu à Voldemort et quand j'ai levé ma baguette pour lui jeter un sort, il a fait exploser la rue. Il a tué treize moldus – j'ai seulement survécu parce que j'ai lancé le charme du Bouclier à temps – et au milieu de ce chaos, il s'est transformé en rat et il a disparu dans les égouts. La brigade d'élite des tireurs de baguette magique est arrivée dans les minutes qui ont suivi. Ils m'ont trouvé là, à genoux, en train de rire face à ce trou dans le sol. »
« Et ils t'ont emmené en prison ? » demanda Harry.
« Oui » répondit Patmol, en frissonnant.
« Qu'est-il arrivé à Voldemort ? Tu n'as jamais dit ... »
« Il a disparu. Je ne sais pas comment tu as fait mais tu l'as stoppé. Les gens disent qu'il est mort, mais je ne pense pas que ce soit vrai - »
« Alors il va revenir ? »
« Un jour, je pense » répondit Patmol, qui fixait le feu presque éteint.
Harry digéra cela en silence.
« Et Peter ? Il va revenir aussi ? »
« Pas s'il est intelligent » grogna Patmol, ses yeux brillant dangereusement.
« Pourquoi il s'est transformé en rat ? » demanda Harry.
« Il est ce que les sorciers appellent un animagus. Ça signifie qu'il peut se transformer en animal quand il le souhaite. »
« Oui, mais pourquoi il a choisi de se transformer en rat ? »
« Il n'a pas choisi. Tout ça est basé sur la personnalité. Je ne comprendrais jamais comment on ne l'a pas vu arrivé » murmura Patmol et Harry eut l'impression qu'il ne s'adressait pas à lui.
« Tu es aussi un animagus ? » demanda Harry, en baillant.
« Oui » répondit Patmol avec un petit sourire.
« C'est vrai ? Quel animal ? » lança Harry, en se redressant.
« Je vais te montrer. »
Harry observa son parrain, curieux du moindre changement. Tandis que Patmol souriait, ses dents se mirent à grandir, ses oreilles s'élargirent, de la fourrure noire poussa sur son visage, ses doigts se rétractèrent dans ses mains et ensuite ...
« Génial » lança-t-il, en fixant son parrain.
Patmol aboya et sauta en avant, en remuant la queue, pour aller lécher le visage de Harry. Celui-ci se mit à rire et caressa sa tête. Patmol finit par reprendre sa forme originelle.
« C'est toi de nouveau ! » s'exclama Harry.
« Qui veux-tu que ce soit ? » demanda Patmol.
« Je veux dire tes cheveux, expliqua Harry. Et tes yeux. Tu es de nouveau comme tu étais à l'aire de jeux, pas comme tu étais sur le Chemin de Traverse. »
« Conséquences de la transformation, précisa Patmol, en haussant les épaules. Ça défait tous les sorts que j'ai lancés tout à l'heure parce que je dois reprendre ma forme normale. »
Cela n'eut pas beaucoup de sens aux yeux de Harry, mais il était trop fatigué pour s'attacher aux détails. Il laissa échapper un bâillement, luttant pour garder les yeux ouverts. Patmol se glissa dans son sac de couchage.
« Tu aimes bien explorer ? » demanda-t-il, une fois qu'ils furent tous les deux allongés là, à regarder le feu.
Harry haussa les épaules, en laissant ses yeux se fermer. Il avait toujours été doué pour trouver des cachettes à l'école et à la maison, principalement pour avoir quelque part où aller quand Dudley décidait de lancer la « chasse à Harry ».
« Pourquoi ? » demanda-t-il d'une voix endormie.
« On va explorer la maison demain, répondit Patmol. Je ne suis pas venu ici pendant dix ans donc je ne sais pas à quel point les choses ont changé et ensuite, nous aurons besoin de nettoyer pour rendre cet endroit habitable ; on ne peut pas dormir dans la cuisine tous les soirs. »
Patmol ajouta quelque chose mais Harry bascula dans le sommeil avant même qu'il n'ait fini de parler.
Quelque chose toucha Harry. Il fronça les sourcils sans ouvrir les yeux. Tante Pétunia n'entre jamais dans mon placard, pensa-t-il, en se retournant. Quelque chose le toucha à nouveau.
« D'accord, je me lève », marmonna-t-il, en se forçant à ouvrir les paupières. « Aargh ! »
Devant lui se tenait une forme pâle à des yeux gigantesques et des oreilles plus grandes encore. Harry s'écarta en rampant, ses mains à la recherche de ses lunettes.
« Qu'est-ce qui est arrivé dans la maison de ma maîtresse ? » demanda la chose d'une voix qui ressemblait à un coassement de crapaud.
Ça parle ! pensa Harry, ses doigts se renfermant sur ses lunettes. Il les plaça sur son visage et la cuisine dégoûtante de Patmol devint plus nette, tout comme la créature plantée devant lui. C'était peut-être une des choses les plus laides qu'il n'ait jamais vu. Elle n'était pas vraiment formée comme un humain – sa taille faisait la moitié de celle d'un humain normal – mais avait des longs bras et des longues jambes, une tête trop large pour être naturelle et un nez bombé en forme de museau. Des plis de peau recouvraient sa silhouette maigrichonne et il était nu, à l'exception d'un pagne gris. Harry jeta un œil vers le sac de couchage vide de Patmol, en sentant sa peur s'amplifier. Il était habitué à être seul, mais pas dans des endroits inconnus.
« Q ... Qui es-tu ? »
« Le morveux veut savoir le nom de Kreattur ! dit la chose, l'air révolté. Kreattur ne parle pas aux morveux, oh non. La pauvre maîtresse de Kreattur ne pardonnerait pas à Kreattur. »
La créature leva ses grands yeux injectés de sang vers Harry, qui avait sauté sur ses pieds et reculait. Harry la regarda avec méfiance, se positionnant de l'autre côté de la table poussiéreuse. Il était presque sûr qu'il pourrait le semer s'il le fallait, mais il n'avait jamais vu ça avant, ce qui voulait dire qu'il était probablement magique.
« Patmol ! » appela-t-il, en espérant que son parrain ne soit pas loin.
« Il y a un autre morveux ici ? Kreattur ne l'a pas entendu, mais les petits monstres peuvent être silencieux ... »
La chose marmonna quelque chose que Harry ne put comprendre et laissa ensuite échapper un cri à glacer le sang.
« Voleurs ! hurla-t-il. Voleurs dans la demeure des Black ! »
Harry se rapprocha des escaliers. Il entendit un CRACK ! bruyant et du coin de l'œil, vit la chose disparaître. Harry se retourna et se lança dans les escaliers. Une petite partie de son esprit se demanda si la chose avait fait quelque chose à son parrain mais il écarta cette pensée de son esprit avec un frisson. Patmol était un sorcier. Il était en sécurité. Harry dérapa dans l'entrée, qui était également vide, et vit que la couche de poussière menant aux escaliers du haut n'avait pas bougée.
« Patmol ? » appela Harry.
« Qui est là ? » hurla la voix d'une femme.
Harry sursauta, en réussissant à retenir un cri tandis que les rideaux sur le mur en face de lui s'ouvrirent d'eux-mêmes.
« Qui ose pénétrer dans la Noble et Ancienne Maison des Black ? Présentez-vous ! »
« Ha ... Harry » dit Harry, ses yeux balayant les alentours pour repérer la source du bruit.
« Quel est ton nom de famille, Harry ? » demanda-t-elle, de manière hautaine.
« Mon nom de- »
« Le nom de ton père. »
« James. »
« James comment ? »
« Potter. James Potter. »
« Oh. Lui. »
« Euh ... Oui ? »
« Harry Potter, as-tu dit ? demanda la voix, curieuse désormais. Le garçon qui a vaincu le Seigneur des Ténèbres ? »
« Euh ... Je crois » dit-il au couloir vide.
« Viens ici, Harry Potter » dit-elle impérieusement.
Harry s'approcha de l'origine de la voix.
« Il n'y a pas grand-chose de toi, renifla-t-elle. Tu n'es qu'un enfant. Que fais-tu dans ma maison ? »
Harry trouva enfin la personne qui parlait. C'était le portrait d'une vieille femme avec des cheveux gris et des yeux noirs et froids. Il cligna plusieurs fois des yeux, pour vérifier que le portrait était réellement en train de lui parler.
« Comment es-tu entré ? demanda la femme, en bougeant sur sa chaise. Je vais devoir demander à Kreattur d'améliorer la sécurité. »
« Par la porte » répondit Harry, sans comprendre la question.
« Menteur ! cria-t-elle, faisant sursauter et trébucher Harry. Seul un Black peut ouvrir la porte de la maison de mes ancêtres ! Comment es-tu entré ?! »
« Eh bien, je crois que le nom de Patmol, c'est Black - » expliqua Harry, qui était au sol désormais.
La femme émit un hurlement de pure rage.
« Lui ! Oh, oui, ça doit être lui ! Traître à son sang ! Abomination ! Honte de ma chair et de mon sang ! »
Harry n'osa pas bouger.
« Kreattur ! cria-t-elle. Kreattur ! »
Il y eut un CRACK ! bruyant et la chose de la cuisine apparut à côté de Harry, qui ne pouvait rien faire d'autre que le fixer.
« Kreattur est là, Maîtresse, dit la chose, en caressant le portrait hurlant. La maîtresse n'a pas besoin de s'inquiéter. »
La porte de l'entrée s'ouvrit et il y eut ensuite un petit craquement. Patmol se tenait là, blond à nouveau, un sac en papier dans les mains.
« Par Merlin, qu'est-ce qui se passe ici ? » demanda-t-il.
« Toi ! hurla la femme du portrait. Toi ! Comment oses-tu montrer ton visage de traître ici ?! Honte de ma chair ! Ingrat ! Traître à son sang ! Monstre ! »
Patmol, qui avait d'abord été surpris par l'agitation qui régnait dans l'entrée, laissa tomber le sac qu'il tenait et courut pour aller fermer les rideaux qui encadraient le portrait. Le hurlement cessa dès lors que le portrait fut couvert.
« Le maître est revenu, coassa Kreattur.
Kreattur s'inclina devant Patmol, s'aplatissant presque contre ses pieds.
« Le maître a brisé le cœur de sa mère, marmonna-t-il. Le maître n'a rien à faire ici, oh non, et Kreattur ne veut pas servir un mauvais maître. »
« Ça suffit, Kreattur, cria Patmol. Va dans ton placard et restes-y jusqu'à ce que je vienne m'occuper de toi. »
La chose lança un regard furieux à Patmol mais disparut avec un autre CRACK ! Harry fixa un moment l'endroit d'où il venait de disparaître.
« Qu'est-ce que c'était ? » demanda-t-il.
« Kreattur » expliqua Patmol.
Il avait l'air agacé.
« Le portrait de ma mère – oh, les portraits ! s'exclama Patmol, en ouvrant de grands yeux. Kreattur ! »
Kreattur revint avec un autre CRACK ! et un regard mauvais.
« Le maître est encore plus instable que ce dont Kreattur se souvenait. Fais ça, dit le maître, avant de changer d'avis juste après, oh, oui, quel petit capricieux- »
« Tais-toi, dit-il, tandis que Kreattur leur adressait à tous les deux un regard outragé. Dans une des chambres en haut, il y a un portrait de Phineas Nigellus – il était directeur de Poudlard. Je veux que tu le brûles. Maintenant. Et tous les autres portraits qui pourraient aller dire que nous sommes ici. Avant qu'ils n'aient la possibilité de le dire à quiconque. Je t'interdis de leur dire pourquoi. Et je t'interdis de dire quoi que ce soit à propos de moi ou de Harry. Compris ? »
L'elfe lui adressa un regard haineux et disparut à nouveau. Harry dévisagea son parrain.
« Phineas Nigellus a un portrait dans le bureau du directeur. Mes parents l'utilisaient pour garder un œil sur moi. La dernière chose dont on a besoin, ce serait qu'il aille dire à Dumbledore où nous sommes avant même que nous ayons pu mettre en place des mesures de sécurité. »
« Tu veux dire que tous les portraits peuvent parler ? »
« Dans le monde sorcier » dit Patmol.
Harry cligna des yeux, en essayant de trouver un sens à tout ça.
« Ce n'est pas un problème tant qu'ils ne quittent pas la maison. Et si on allait dans la cuisine ? suggéra Patmol. Je n'ai pas envie de provoquer ma mère de nouveau. »
Harry approuva fermement, en observant le portrait du coin de l'œil. Patmol attrapa le sac et tous les deux se dirigèrent vers la cuisine.
« Alors qui est Kreattur ? » demanda Harry, alors que Patmol rallumait le feu de la veille.
« C'est un elfe de maison » répondit Patmol en se redressant.
Derrière lui, le feu crépitait chaleureusement.
« Sale petit crétin – ils ne sont pas tous comme ça, juste celui-ci. Je pensais qu'il était mort quand j'ai vu l'état de la maison. Je suis sorti pour aller chercher à manger – je pensais que tu aurais faim. Kreattur a dû m'entendre partir et est venu faire son enquête. »
« Que font les elfes de maison ? »
« Les vieilles familles de sorciers en ont pour cuisiner et nettoyer, certaines pour s'occuper des enfants, expliqua Patmol, en regardant la cuisine sale avec dégoût. Je ne pense pas que Kreattur ait fait quoi que ce soit pendant toutes ces années. Tu aimes les pommes ? »
Harry acquiesça et Patmol fouilla dans le sac.
« T'es sûr ? J'ai aussi acheté des oranges et des poires, au cas où- »
« Des pommes, c'est bien » répondit Harry, un peu choqué.
Habituellement, il mangeait simplement ce qu'on lui donnait. Il en accepta une avec un sourire timide.
« Merci. »
Il traça des petits motifs sur la peau verte de la pomme avec son ongle sale, avant de relever les yeux.
« Pourquoi le portrait a parlé ? Il est en vie ? »
« Je dirais plutôt que la méchanceté de ma mère s'est infiltrée dans les murs quand elle vivait ici » dit Patmol, en retroussant les lèvres.
Harry regarda autour de lui, s'attendant presque à voir apparaître le fantôme de la mère de Patmol.
« Cette aura est restée quand elle est morte et quelqu'un a apparemment décidé de l'incruster dans le portrait pour rendre Kreattur heureux. »
« Tu détestes vraiment être ici, pas vrai ? » dit Harry, avec douceur.
Patmol soupira.
« Ma mère était une harpie qui ne me trouvait jamais assez bien, et j'ai aimé mon frère mais nous étions des personnes très différentes. Kreattur avait l'habitude de me suivre partout et de me répéter à quel point ma mère me détestait. Mon ... Père n'était pas souvent à la maison mais quand il l'était, il était généralement saoul ... »
Harry grimaça. Il avait vu l'Oncle Vernon saoul une fois et ce n'était pas quelque chose qu'il était près d'oublier.
« C'est difficile de ne pas voir les choses telles qu'elles l'étaient avant, expliqua Patmol, en haussant les épaules. Cette cheminée, par exemple, c'est là où j'ai perdu ma première dent parce que j'avais glissé en en sortant. Ma mère m'avait frappé sur la tête pour avoir saigné sur le tapis qui était là et j'ai passé le reste de la journée dans ma chambre. »
Il fit un geste de la main.
« Cette table, c'est là où mon père m'a battu devant toute ma famille pour avoir été réparti à Gryffondor plutôt qu'à Serpentard ... dit Patmol, en souriant tandis qu'il se tournait pour regarder l'armoire toute proche de la cheminée. Cette armoire, c'est là où j'ai dû cacher Remus et James parce qu'ils avaient voulu me faire une surprise pour mon anniversaire et que toute ma famille avait débarqué. »
« Mon père est venu ici ? »
« Plusieurs fois » confirma Patmol, faisant sourire Harry.
« Combien de temps ils ont dû se cacher ? »
« Quatre heures et demie, je crois, répondit Patmol, en ricanant. Heureusement qu'ils étaient tous les deux minces, sinon ils n'auraient jamais tenu là-dedans. Bon, plus un mot avant d'avoir fini nos pommes. »
Harry baissa les yeux sur le fruit intact dans sa main, perplexe. Il avait oublié qu'elle était là.
« Qu'est-ce qu'on fait après avoir mangé ? » demanda Harry.
« Tu poses beaucoup de questions » dit Patmol.
« Désolé » s'empressa-t-il de dire.
« Je n'ai jamais dit que c'était une mauvaise chose. »
Patmol avait l'air amusé, ce qui soulagea Harry.
« On va aller explorer, ajouta-t-il, avant de froncer les sourcils soudainement. Et je croyais avoir dit d'arrêter de parler. »
Le visage de Harry s'éclaira.
« Ah, Minerva ! Que me vaut le plaisir ? » demanda Albus Dumbledore, en rangeant dans un tiroir une lettre inachevée de refus du poste de Ministre.
Millicent avait prévu de prendre sa retraite à la fin de l'année et elle souhaitait qu'il reprenne sa place. Il leva les yeux, son sourire quittant son visage.
« Quelque chose ne va pas ? »
Son professeur de métamorphose, à l'air habituellement austère, avait plutôt l'air troublé ; des cheveux noirs s'échappaient de son chignon impeccable et sa robe était froissée.
« Harry Potter n'était pas chez Arabella Figg aujourd'hui » annonça-t-elle brusquement.
« Je vois », répondit-il, les lèvres frémissantes. Voulez-vous un bonbon au citron ? »
Elle repoussa le bol de bonbons.
« Il n'était pas dans la voiture quand ils sont partis et il n'est pas revenu avec eux non plus » dit-elle en croisant les bras.
« Êtes-vous ennuyée qu'il ait été laissé livré à lui-même, demanda gentiment Dumbledore. Ou parce que vous n'avez pas pu le voir chez Arabella ? »
Elle fit apparaître une chaise et prit place.
« J'ai vérifié la maison, expliqua-t-elle, avec défiance. Il n'y était pas. Albus, j'ai le sentiment que quelque chose ne va pas ; s'il n'était pas là et qu'il n'était pas avec sa famille ... »
Ses yeux tombèrent sur l'article de journal posé sur le bureau, celui avec la photo de Sirius Black.
« Sirius n'aurait pas pu emmener le garçon, dit-il, en voyant enfin ce qui l'avait bouleversé. Les protections- »
« Sont en train de disparaître, dit-elle. Je pouvais à peine les sentir, même transformée en chat. »
Les sourcils d'Albus se levèrent. Les animaux avaient de meilleurs sens que les humains et étaient proportionnellement meilleurs pour détecter les activités magiques.
« Vous êtes sûre ? » demanda-t-il, en sachant que Minerva ne serait pas venue le voir sans être parfaitement certaine de ce qu'elle avançait.
« Bien sûr que je le suis. »
Albus s'assit en silence, laissant quelques minutes passer. Il avait relâché sa vigilance après la guerre, et n'avait plus eu besoin de prendre des décisions excessivement autoritaires depuis un long moment. Finalement, son esprit réussit à combattre sa stupeur. Il se tourna vers Minerva.
« J'ai besoin que vous alliez chez Augusta Longdubat dès que possible. Mettez-les, elle et Neville, en sécurité jusqu'à ce que j'arrive. »
« Et les autres ? »
« Ils sont en sécurité pour le moment, je pense. »
Minerva hocha la tête avec rigidité.
« Que dois-je dire à Augusta ? Elle ne va pas être ravie quand je me présenterais à sa porte. »
« Dites-lui que je cherche des réponses et que je la tiendrais informé quand je les aurais obtenu. Elle pourra soulever chaque problème quand j'arriverais. »
Minerva acquiesça à nouveau et disparut du bureau. Albus se leva et se dirigea vers la cheminée. Les raisons pour lesquelles les protections pouvaient avoir faiblies se mélangeaient dans sa tête, et l'inquiétude se répandait en lui. Sirius n'avait pas pu emmener le garçon ... Mieux valait-il s'en assurer, cependant ...
« La Tête de lard. » lança-t-il fermement, en s'approchant des flammes vertes.
« Albus ? »
« Bonsoir, Abelforth, dit Albus, en passant près de son frère. Je sais que c'est très impoli de ma part, mais les bonnes manières doivent passer en seconde position, ce soir. »
« Quo- »
Aussitôt qu'il fut sorti, Albus dessina l'image de la maison de Pétunia Dursley dans son esprit et transplana. Il chancela un peu en arrivant devant l'allée des Dursley, mais ne laissa pas ce détail le ralentir ; il s'empressa de parcourir le jardin et appuya sur la sonnette, tout en préparant son esprit. La porte s'ouvrit.
« Quoi que vous vendiez, nous ne sommes pas intéressés. » dit un homme épais à la moustache fourni et au cou presque inexistant.
« Bonsoir, Vernon. » dit Albus, poliment.
Les petits yeux de l'homme se plissèrent en regardant la robe violette d'Albus.
« Que voulez-vous ? »
« Puis-je entrer ? »
« Non. »
« Vernon ! Qui est à la porte ? »
Albus vit Pétunia apparaître dans l'entrée derrière son mari et pâlir en le reconnaissant.
«Vous. » dit-elle.
« Moi, dit Albus, en souriant aimablement. Harry est-il là ? »
« Qu'est-ce que vous voulez au garçon ? » demanda-t-elle, en pinçant les lèvres.
« Parler avec lui. » dit Albus, en remarquant qu'elle venait de pâlir encore un peu plus.
« Vous ne pouvez pas. » dit-elle.
« Il n'est pas là. » indiqua Vernon, avec joie.
« Je vous demande pardon ? » dit Albus calmement, en réajustant son chapeau.
« Il n'est pas là. »
« Où est-il ? » demanda Albus, craignant la réponse.
« Son parrain l'a emmené. »
Une sensation glacée, maladive, s'insinua dans l'estomac d'Albus, soulagé de ne pas avoir mangé.
« Quand ? » demanda-t-il, la voix tremblante.
« La nuit dernière, répondit Pétunia. Je vous ai envoyé une lettre ce matin, pour vous dire qu'il était parti et que nous ne voulions plus rien à voir à faire avec lui, vous ou une autre personne de votre espèce. »
« Je garderai un œil sur le courrier, indiqua Albus. Et je ferais en sorte de ne plus vous déranger à l'avenir, mais pour le moment, je suis là et j'ai quelques questions à vous poser. »
Les deux Dursley laissèrent échapper quelques sons de désapprobation.
« Pouvez-vous décrire l'homme ? »
« Grand, cheveux noirs. » répondit Vernon.
« Sale. » ajouta sa femme pour toute contribution.
Albus sortit sa baguette, faisant siffler les deux moldus.
« S'agit-il de cet homme ? »
Il agita sa baguette, dessinant entre eux le visage de Sirius Black dans un écran de fumée.
« C'est lui, répondit Pétunia. Plus maigre, cela dit. »
« Et vous l'avez juste laissé partir avec le garçon ? »
« Il voulait s'en occuper, dit Vernon, en haussant les épaules. Pas nous. »
« C'est son parrain, ajouta la Tante Pétunia. Il a un droit légal sur ce garçon et le garçon avait l'air heureux de partir avec lui. »
Elle s'arrêta de parler un instant, en le jaugeant avant de balayer les environs des yeux pour vérifier qu'ils n'étaient pas observés. Avons-nous terminé maintenant ? Je ne veux pas que les voisins viennent poser des questions demain. »
Albus ferma les yeux et prit une longue inspiration. Il n'y avait pas grand intérêt à demander s'ils avaient cherché à rester en contact avec Harry.
« Oui » dit-il.
La porte lui claqua au nez. Il se tourna et s'éloigna du pallier. D'une façon ou d'une autre, les protections avaient failli, ou Sirius avait trouvé un moyen de les contourner. Et maintenant, il avait Harry.
Albus parcourut la rue à la recherche de la moindre trace de magie. Il y avait plusieurs traces de sortilèges, de changement d'apparence tout particulièrement, de ceux qui sont enseignés en formation d'auror. Sirius, qu'as-tu fait ... ? Un peu plus loin de Privet Drive, il trouva des marques laissées par un sortilège de lévitation et un sort d'allumage de baguette, et tout près, l'équivalent de traces de pneus magiques. Sans hésitation, Albus agita sa baguette.
BANG.
« Bienvenue à bord du Magicobus. Mon nom est Je- Professeur Dumbledore ?! »
« Bonsoir Jeremy, lança Albus, adressant à son ancien étudiant un sourire tendu. J'ai besoin d'aide et je pense que tu pourrais m'aider. »
« Ouais, euh ... Bien sûr, répondit-il, un peu surpris. Nous pouvons vous amener- »
« Londres, s'il te plaît. Au Ministère. » dit Albus, en glissant un gallion dans sa main.
« Le réseau de cheminées ne marche plus ? demanda-t-il, déclenchant un rire chez Albus. Je suis sérieux ! »
« Non, je suis simplement d'humeur à utiliser un type de transport alternatif. »
Jeremy lui adressa un regard sceptique.
« As-tu pris un homme et un garçon ici hier soir ? » demanda Albus, tout en s'installant au bout d'un lit à baldaquin.
« Ouais, répondit Jeremy, en fronçant les sourcils. Ouais, ils sont montés ici. Comment vous savez ça ? »
« Une histoire pour un autre jour. Peux-tu les décrire, s'il te plaît ? »
« Blonds tous les deux, commença Jeremy. Avec des yeux bleus, je crois. L'homme était ... Plutôt grand – pas aussi grand que vous, mais pas loin – avec un visage rond et le garçon était maigrichon avec des lunettes. »
« En effet. Et où les avez-vous déposé ? »
« Au Chaudron Baveur la première fois, répondit Jeremy, se tenant au lit d'Albus lorsque le bus démarra. La deuxième fois, on les a repris au Chaudron Baveur pour les déposer à la gare de King's Cross. »
« Ils sont entrés dans la gare ? »
« Je ne crois pas, non, indiqua lentement Jeremy. Ils ont traversé la route dès qu'ils sont descendus. »
Mais ils ont pu retraverser ... Ou ils ont pu continuer à marcher ... Tu as toujours été trop malin pour ton bien, Sirius.
« He- Heureux ? Le garçon, était-il heureux ? »
« Il avait l'air. Ils riaient quand ils sont montés et quand ils sont descendus, à chaque fois. »
Jeremy jeta un œil par la fenêtre.
« Nous y sommes, monsieur. »
« Merci, Jeremy, dit Albus, observant la cabine téléphonique. Passe une bonne soirée. »
« Vous aussi, professeur » répondit Jeremy, perplexe, alors que Albus descendait du bus.
Dix minutes plus tard, la ministre Millicent Bagnold se laissait tomber sur son fauteuil et se mit à fixer Albus avec un regard stupéfait. C'était une sorcière âgée – même si elle était encore jeune comparée à Albus – avec des cheveux blonds qui commençaient à blanchir et des lèvres très fines constamment serrées.
« Le Ministère fera tout ce qui est en son pouvoir, dit-elle de sa voix brusque. J'envoie immédiatement des aurors chez Mme Pettigrow et chez Mme Longdubat plus tard ce soir. »
Elle écrivit quelque chose et s'arrêta.
« Vous êtes sûr pour les autres ? »
« Ils sont tous les deux capables de se protéger eux-mêmes, mais je leur proposerais quand je leur rendrais visite. »
Millicent transmit la note à un petit hibou perché sur le bord de la fenêtre et celui-ci s'envola en dehors du bureau.
« Allez vous participer aux recherches vous-même ? »
« Quand j'aurais le temps. » répondit Albus.
Il devait au moins cela à Harry, et à Lily et James également ; il savait que c'était la faute de Sirius s'ils étaient morts, mais que s'il avait insisté davantage pour être leur Gardien du Secret ... Il secoua la tête pour se vider l'esprit.
« Le département des archives magiques vérifie la liste des morts, indiqua-t-elle doucement, tandis qu'Albus fermait les yeux. Et le département de régulation et de contrôle des enfants sorciers va rechercher la Trace de Harry Potter. Ça pourrait prendre un moment, sachant qu'ils ne s'embêtent habituellement pas avec les dossiers des enfants de moins de onze ans, mais des exceptions peuvent être et seront faites ... Black est-il capable d'installer des protections pour bloquer la Trace ? »
« C'est possible, répondit Albus d'une voix fatiguée, mais l'espoir commençait à se réveiller en lui. C'était un étudiant doué, mais cela me surprendrait s'il y avait pensé si vite. Il a déjà utilisé la magie près du garçon. »
« Alors, il a déjà commencé à gaffer. Espérons qu'il le fera de nouveau et nous pourrons ramener Potter à sa famille avant le matin. Je vais demander une enquête approfondie, déclara Millicent, faisant acquiescer Albus. Et je ne peux pas le faire sans explication. Quelle serait la version publique ? »
Albus soupira et se baissa quand une chouette, porteuse d'une enveloppe verte, traversa la pièce.
« La vérité. Que Harry Potter a été kidnappé par Sirius Black. Jeremy Phillips, le conducteur du Magicobus, les a vu. »
« Ils étaient dans le Magicobus ? C'est une action audacieuse de la part de Black. »
« Cachés à la vue de tous, soupira Albus. Il a toujours été malin. »
« Mais téméraire. »
« Avec un peu de chance, ce sera grâce à cela qu'on l'attrapera, dit Albus. Il était à Gryffondor, après tout. »
« Vraiment ? J'aurais imaginé Serpentard pour lui. »
« Je crains que ce côté de sa personnalité n'ait été enterré trop profondément en lui pour que notre Choixpeau ne puisse le voir. » dit Albus, avec tristesse.
Il se leva, sortant une partie de sa barbe de sa ceinture.
« Je suis désolé de devoir m'en aller, Millicent. Il y a d'autres personnes à qui je dois parler des événements de la nuit dernière. »
« Bien sûr, dit-elle en se levant pour aller ouvrir la porte du bureau. Vous restez disponible, n'est-ce pas ? »
« Attendez mon hibou dans la matinée. Et si les aurors trouvent quelque chose d'ici là - »
« Je vous tiendrais informé. » promit-elle.
