Aujourd'hui, mon correcteur m'a fait découvrir ses magnifiques erreurs. Portoricain à la place de portoloin. Cognard, il voulait me le remplacer par … Humff, disons juste que mon correcteur n'est pas très poli ! Bref, c'est pas ce qui vous intéresse ! Bonne lecture à tout le monde ! N'hésitez pas si vous avez des questions et/ou des commentaires !


Sirius frappa doucement à la porte de son ancienne chambre.

« Harry ? »

Il n'obtint aucune réponse.

« Je peux rentrer, gamin ? »

Il patienta un peu sur le pallier et s'impatienta. S'il ne voulait pas que j'entre, il aurait dit quelque chose. Espérons juste qu'il ait la colère intérieure, comme James, et pas expansive comme Lily ... Ou moi d'ailleurs.

« Harry, je rentre. » dit-il, en tendant la main vers la poignée.

Il la tourna, pour la trouver bloquée. Il fronça les sourcils et réessaya, mais cette fois, la tête de serpent le mordit. Au nom des doigts de pied de Merlin, qu'est-ce que ...

« Tu as verrouillé la porte ? Harry ? »

Il essaya à nouveau d'ouvrir la porte.

« C'est pas drôle, gamin. »

En soupirant longuement, il sortit sa baguette et tapota la porte. Il y eut un clic et elle s'ouvrit largement.

Sirius pénétra dans la pièce transformé en Patmol et renifla prudemment. Il sentit la poussière, et une vague odeur de Harry et de la sienne, mais elle datait au moins d'un jour. La fenêtre n'était pas ouverte et un regard indiqua à Sirius que la rouille n'avait pas bougé d'un millimètre. Il vérifia sous le lit et sous le bureau sans grand espoir, et jeta même un œil dans sa vieille armoire et dans le placard.

« Harry ? » appela-t-il, après s'être retransformé.

Il est peut-être allée dans la chambre de Reg, mais je ne suis pas sûr que l'un de nous soit allé là-bas depuis notre arrivée ... Sirius avait à peine posé le pied sur le pallier que la porte de sa chambre se ferma et se verrouilla à nouveau. Il sursauta largement et regarda immédiatement autour de lui pour vérifier que personne ne l'avait vu. Il était sûr que – où qu'il soit – James était en train de rire.

« Kreattur ! » appela-t-il, d'une voix irritée.

CRACK !

« C'est toi qui as fermé les portes ? Et je t'ordonne de dire la vérité. »

« Kreattur était en train de s'occuper de sa maîtresse, coassa Kreattur, en s'inclinant. Kreattur aime sa maîtresse, oh oui, la maîtresse de Kreattur ne pose pas des questions absurdes à Kreattur, oh non. »

« Un oui ou un non, c'est tout ce que je voulais, lui répondit Sirius, avec froideur. Tu as vu Harry ? Je sais qu'il est monté, mais il n'était pas où je pensais le trouver. »

« Kreattur n'a pas vu le morveux. »

« Petit con inutile, marmonna Sirius. Dégage alors, retourne voir ma harpie de mère. »

« Tu ne devrais pas lui parler comme ça. » dit une voix calme.

Définitivement le fils de Lily.

Sirius releva immédiatement les yeux, l'oreille tendue pour trouver l'origine de la voix. Il y eut un CRACK ! tandis que Kreattur disparaissait – Sirius regarda l'endroit d'où il avait disparu – suivi par trois clics bruyants. Il essaya d'ouvrir la porte de sa chambre et vit qu'elle avait été déverrouillée, et que la poignée était juste lisse et argentée. Il y eut plusieurs clics qui résonnèrent en bas – probablement d'autres portes qui étaient déverrouillées – et Sirius reprit la parole.

« Donc c'est toi qui as fermé les portes ? »

« Je n'ai pas fait exprès » dit Harry avec une voix légèrement tremblante.

Mais tu ne voulais évidemment pas être trouvé avant maintenant ... Donc tu as accidentellement fermé toutes les portes de la maison. James serait fier. Avec un petit rire silencieux, Sirius traversa le palier et ouvrit la porte du placard, situé à l'opposé de sa chambre. Assis là, au milieu d'un gros tas de poussière et de plusieurs taies d'oreiller mangées aux mites, se trouvait Harry. Sirius ne s'embêta même pas à cacher son soulagement de l'avoir retrouvé.

« Qu'est-ce que tu fais dans le placard ? » demanda-t-il doucement, en remarquant la mâchoire serrée de Harry – très similaire à celle de James – et l'odeur résigné qui émanait de lui en vagues.

Définitivement une colère intérieure.

« Je voulais m'asseoir », répondit Harry, qui jouait avec son lacet.

« Pourquoi ici particulièrement ? » demanda Sirius, en s'asseyant face à lui.

Harry eut l'air de réfléchir à sa réponse, mais finit par secouer la tête.

« D'accord, dit Sirius. On va passer cette question. Quand est-ce que tu comptes sortir ? »

Harry le regarda étrangement et murmura quelque chose.

« Désolé gamin, j'ai pas compris. »

Les joues de Harry se mirent à rougir doucement.

« J'ai dit que c'était pas moi qui décidais d'habitude. » dit-il, en fixant le sol du placard.

Sirius ferma les yeux lorsqu'une image du petit placard rempli de poussière, d'araignées et – en particulier – d'un petit lit apparut dans sa tête.

« Je vois. »

« Désolé. » s'empressa de dire Harry.

Sirius ouvrit les yeux et fut choqué de voir l'air si anxieux de son filleul.

« Pour quelle raison ? » demanda-t-il, calmement.

« Euh ... commença Harry, qui semblait perdu. Je ne suis pas trop sûr. D'habitude, 'désolé' suffit. »

Sirius soupira.

« Tu n'as aucune raison de t'excuser, gamin. C'est pour ça que tu ne trouves pas de raison. »

« Oh. » fut tout ce que Harry souffla.

Ils restèrent assis en silence pendant plusieurs minutes, Sirius essayant de décider comment parler de ce qui avait bouleversé son filleul, et Harry fixant ses chaussures.

« Alors, je peux sortir d'ici ? » demanda Harry finalement.

« Bien sûr, répondit Sirius, en riant un peu. Je ne suis toujours pas trop sûr de la raison pour laquelle tu es entré là en premier lieu. »

Harry sourit pendant un instant, mais son expression se transforma rapidement en un air confus.

« L'habitude, j'imagine. » marmonna-t-il, en se levant.

Sirius acquiesça.

« Dès que la salle de bain sera en état, on essayera de t'arranger une chambre. Comme ça, si tu veux être seul, tu n'auras pas besoin de t'asseoir dans un placard. »

Il ne put empêcher ses lèvres de frémir en disant ça, même si c'était loin d'être drôle.

Harry le regarda avec curiosité.

« Alors tu ne me ramènes pas chez les Dursley ? »

« Non, répondit Sirius, en fronçant les sourcils. Pourquoi je ferais ça ? »

« Dans la cuisine ... Tu as dit que t'aurais mieux fait de me laisser là-bas. » expliqua Harry, en regardant ses pieds de nouveau.

Aha.

« Je ne voulais pas dire que je ne voulais pas te garder, répondit Sirius, en passant une main dans les cheveux poussiéreux de son filleul. Je voulais dire que tu méritais mieux que d'être coincé dans cette vieille maison lugubre, avec moi et Kreattur pour seule compagnie. »

Harry le fixa, bouche bée.

« Tu ne penses pas ? »

Harry secoua la tête avec vigueur, déplaçant la poussière et faisant Sirius éternuer.

« Tout ce qu'on a fait pendant trois jours, c'est nettoyer, dit Sirius, en fronçant les sourcils alors qu'ils descendaient les escaliers. Kreattur est grossier avec toi et je n'ai aucune idée de comment être une sorte de figure parentale. Comment ça pourrait être mieux ? »

Harry riait désormais.

« Quoi ? » demanda-t-il.

Harry rata la dernière marche et s'effondra au sol.

« Harry ?! »

« Je vais bien. » répondit Harry, en riant encore.

Sirius grommela un peu pour lui-même, se sentant un peu mis à l'écart de la blague de Harry. Celui-ci se releva et – avec un immense sourire sur le visage – poursuivit vers les escaliers.

« Qu'est-ce qui est si drôle ? » pleurnicha à moitié Sirius, alors qu'ils atteignaient le premier étage.

« Ce n'est pas vraiment drôle. » dit Harry.

« T'es en train de rire » pointa Sirius.

« Il vaut mieux rire que pleurer, je crois. » dit Harry en haussant les épaules.

Il déclara ça avec une maturité inhabituelle pour un enfant de huit ans et demi et Sirius dut se forcer à garder la bouche fermée.

« Je pense qu'il est grand temps qu'on discute. » dit lentement Sirius.

Les yeux de Harry brillèrent et il retrouva une expression bien plus appropriée pour son âge.

« Vraiment ? demanda-t-il sur une voix excitée. De quoi ? »

« De la façon dont s'est passé ton enfance. » déclara Sirius habilement.

Le visage de Harry passa d'ouvert et impatient à impassible avant que Sirius ne puisse le comprendre.

« C'était ennuyeux, répondit prudemment Harry, en s'arrêtant sur le haut de la suivante volée de marches. Comme je l'ai dit, je suis bien plus heureux ici. »

Sirius aurait pu être convaincu s'il n'avait pas dit quelque chose de très similaire à Remus dix-sept ans plus tôt ; au début de leur seconde année, après que la vérité à propos des petits problèmes de fourrure de Remus ait éclaté, Sirius lui avait demandé ce que ça avait été de grandir avec sa condition. Remus avait répondu et avait retourné la question à Sirius, par rapport à sa sombre famille.

Sirius avait fini par lui raconter – après que Remus ait considérablement insisté – et il s'était senti mieux, même s'il avait été embarrassé d'apprendre que James s'était réveillé à la moitié de l'histoire de Remus et avait entendu toute la sienne. Au final, cela les avait rapprochés – lui, Remus et James. Par Merlin, ils me manquent. Il se retourna vers son filleul, qui avait toujours cet air évasif.

« Qu'est-ce que tu penses de ça : tu me racontes comment c'était de grandir chez les Dursley et ensuite, tu pourras me demander quelque chose. »

« C'était comme je l'ai dit, murmura Harry, en évitant son regard. Ennuyeux. »

« Je serais le seul juge de ça, répondit Sirius, sur un ton approprié pour quelqu'un qui essayait de gérer un loup pris au piège. Tu n'as pas l'air de quelqu'un qui partage tout avec quelqu'un juste parce qu'il a demandé et ce n'est une mauvaise- »

« Alors, où est le problème ? » demanda Harry.

« Tu ne peux pas tout garder pour toi non plus, dit Sirius, doucement. Peut-être que tu as dû le faire jusque-là, mais puisqu'on est plus que tous les deux pour un certain temps, ce serait aussi bien qu'on soit sur la même longueur d'onde. »

Confiance, ajouta-t-il silencieusement, en regardant Harry qui réfléchissait. Tu n'as jamais eu personne pour te faire confiance ... ou même quelqu'un à qui faire confiance, pas vrai ?

Sa comparaison avec le loup pris au piège sembla soudainement encore plus appropriée ; Harry partageait étrangement la même expression que Remus pendant sa première année. Cela semblait naturel que son processus de pensées suive la même ligne ; il pouvait apprécier certaines personnes et les considérer comme des amis, sans leur faire confiance pour autant. Et Sirius ne savait que trop que l'attitude de Remus avait été causé par le fait de ne pouvoir compter que sur lui-même, et uniquement lui-même jusqu'à ce que ça en devienne un véritable instinct. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? pensa-t-il, en observant son filleul.

« Tu as dit que j'aurai droit à une question si je réponds aux tiennes ? » demanda Harry.

« Une question, une faveur, peu importe. »

« Et ça peut être n'importe quoi ? »

« Exactement. »

Harry fronça les sourcils, l'air pensif. Sirius aurait pu parier qu'il était en train d'évaluer si ça valait le coup.

« Je peux la garder pour plus tard ? »

« Si tu veux », répondit Sirius.

« Ok. » finit par dire Harry.

« Ok. » répéta Sirius, un peu surpris.

Il s'était attendu à ce que Harry ait besoin de plus de temps pour se faire à l'idée de partager.

Harry s'assit sur le tapis du pallier et rapprocha ses genoux de sa poitrine.

« Qu'est-ce que tu veux savoir ? » demanda-t-il avec méfiance.

Sirius suivit son exemple et s'assit, en appuyant son dos contre la rampe qui surplombait le hall d'entrée.

« Qu'est-ce que tu es prêt à raconter ? »

Harry haussa les épaules, un geste que Sirius commençait à reconnaître comme une tentative de fuite.

« Et si tu commençais avec ton cousin ? »

La bouche de Harry frémit.

« Dudley et moi, on ne s'entend pas très bien. Je pense que ça allait quand on était petit ; je me souviens d'avoir joué avec lui à cache-cache dans la maison et je me souviens qu'on avait l'habitude de construire des châteaux de couvertures dans le salon. Dudley était déjà mieux traité, cela dit. Il n'avait jamais de travail à faire dans la maison et il avait toujours des cadeaux pour ses anniversaires et pour Noël ... »

Sirius se demanda si cela voulait dire que Harry n'avait jamais eu de cadeaux. Harry était si petit quand il était arrivé chez Pétunia. Sirius se dit – sinistrement – qu'il n'en avait sûrement jamais eu.

« Il était autorisé à regarder la télévision et pas moi ... Ce genre de choses. »

« Je sais ce qu'est une télévision. » déclara Sirius, avec fierté.

Harry lui adressa un regard étrange. Sirius cacha un sourire, en se demandant combien de temps il faudrait à Harry pour comprendre que les sorciers ne pouvaient pas utiliser l'électricité comme les moldus.

« Dudley avait des nouvelles choses, alors que toi, tu avais des choses d'occasion, dit Sirius, en se rappelant leur conversation à l'aire de jeux. C'est ça ? »

Harry hocha la tête.

« Et si je le frappais, j'avais des problèmes, mais si lui me frappait, il n'en avait pas. Je ... Lui ... A l'école, il ... dit Harry, en s'arrêtant, l'air pensif. Euh ... Patmol ? Est-ce que je vais retourner à l'école ? »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Eh bien, Saint Gregory est à Little Whinging et nous sommes ... Euh ... Eh bien, à Londres. »

« Bordel. » lâcha Sirius.

Il avait complètement oublié que Harry, qui avait élevé comme un moldu, allait à l'école moldue.

« Euh ... Tu veux aller à l'école ? »

« Euh ... Eh bien, pas vraiment. » dit-il.

« Tes amis ne vont pas te manquer ? »

Une étrange expression passa sur le visage de Harry et il secoua la tête. Sirius s'interrogea à propos de ça, mais choisit de ne rien dire. Pas encore.

« C'est plus simple alors. Plus d'école. »

Pendant un moment, Harry parut ravi, mais un air horrifié finit par apparaître sur son visage.

« Mais à propos de Poudlard ? »

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Ils me laisseront quand même y aller ? Je vais être en retard sur tout le monde. »

« Je pourrais te donner des leçons, dit Sirius. C'est ce que font les enfants de sang-pur et aucun d'eux n'a de problème. »

Harry sembla soulagé.

« Maintenant, tu disais quoi sur l'école ? Cette école Sainte Gargouille. »

Harry se mit à rire.

« Saint Gregory, précisa-t-il. Euh ... Eh bien, Dudley et son groupe avaient quelques problèmes avec moi. »

« Comment ça ? »

Harry haussa les épaules. Les yeux de Sirius se plissèrent.

« Ils t'ont déjà frappé, toi ou tes amis, ou essayé de te noyer dans les toilettes ? »

« Non, ils n'ont jamais essayé de me noyer. » répondit Harry, avec un rire nerveux.

« Des coups ? » insista Sirius.

« Parfois. » répondit Harry, en haussant les épaules.

« Tes copains aussi ? »

Ses joues prirent une teinte rose.

« Juste moi. »

Aha.

« Parle-moi de tes amis. » demanda Sirius, en regardant Harry avec attention.

Harry triturait ses doigts.

« Il ... Euh ... Il n'y a pas grand chose à dire. » dit-il finalement.

Sirius aurait voulu poser plusieurs questions, mais il se retint ; il préférait les garder pour une autre fois.

« Il y avait des professeurs que tu aimais bien ? » demanda-t-il, à la place.

« J'avais Mme Baddams l'année dernière et ça allait. Elle me préférait à Dudley, je veux dire. La Tante Pétunia a parlé à Mme Peterson avant que l'année ne commence. »

Il fronça le nez.

« Elle ne m'a jamais aimé. »

« C'est celle avec la perruque bleue, c'est ça ? »

« Ouais. » admit Harry, l'air penaud.

Sirius ne s'embêta pas à cacher son sourire.

« T'es un sacré sorcier, gamin. T'as huit ans et demi et t'as déjà lévité, transplané, changé la couleur de cheveux d'une de tes profs, presque aveuglé Privet Drive et fermé toutes les portes de la maison. »

« T'es beaucoup mieux. »

Il se renfrogna, mais quand il tourna la tête, sa bouche avait frémit.

« Et à la maison ? »

« A la maison ? »

« Ta tante était comment ? »

Harry haussa les épaules.

« Mes cheveux l'agaçaient. »

« Elle se plaignait des cheveux de James aussi, dit Sirius, faisant briller les yeux de Harry. Elle ne l'a autorisé sur aucune de ses photos de mariage parce que ses cheveux étaient 'aussi monstrueux que lui'. Lily était énervée après elle à propos de ça. Je pense que Vernon a été autorisé sur une seule des photos de mariage de Lily, tout au fond et c'est uniquement parce que Lily était trop gentille pour le faire disparaître complètement. Et ton oncle alors ? »

« Tu as vu comment il est. » répondit Harry avec un nouveau haussement d'épaules.

« Il ne t'a jamais maltraité, n'est-ce pas ? » demanda Sirius avec précaution, en repensant à l'image de Vernon Dursley secouant son neveu.

Harry secoua vigoureusement la tête.

« Il ne m'a jamais aimé, mais il ne m'a jamais, je ne sais pas, battu ou quoi que ce soit. »

Harry hésita et reprit la parole.

« Dudley me tapait dessus de temps en temps. »

« Sérieusement ? »

« Quelques bleus. »

« Jamais rien de cassé ? »

Harry secoua la tête. Sirius laissa échapper un souffle qu'il n'avait pas eu conscience de retenir.

« C'était l'idée de qui le placard ? »

« Je ne sais pas. » répondit Harry.

« Pourquoi tu n'avais pas une chambre en haut ? »

Sirius était resté au Numéro quatre plusieurs fois, quand la maison appartenait encore aux parents de Lily, et il savait qu'ils avaient au moins deux chambres en haut et une en bas.

« J'aurais été sur leur chemin, dit Harry avec une expression étrange. Je suis toujours sur le chemin. »

« Pas ici, non, dit Sirius avec fermeté. Alors tu dormais dans le placard ? »

L'expression de Harry se fit pensive, comme s'il essayait de décider comment formuler ce qu'il voulait dire.

« Tu ferais mieux de ne pas me mentir. » le prévint Sirius.

L'expression de Harry et son odeur se firent coupables.

« J'étais pas supposé en parler. » dit-il pour s'expliquer.

Sirius patienta.

« Ouais. » lâcha finalement Harry.

« Tu dormais là ? »

« Je passais la plupart de mon temps là-dedans, admit-il. Si je n'étais pas en train de faire les tâches ménagères ou à l'école. »

Sirius n'était pas sûr de savoir ce que son visage exprimait, mais Harry reprit la parole.

« Je n'avais pas à leur parler et ils n'avaient pas à me parler. »

« Ça semble être un bon système. » répondit Sirius, après une pause.

Harry haussa les épaules.

« Ça marchait. »

« Tu as parlé de tâches ménagères ? »

« Cuisine, ménage et jardinage, mais juste dans le jardin derrière la maison. »

Sirius arqua un sourcil. C'était un geste que Remus avait utilisé contre lui et James, et un geste qui semblait obtenir des résultats.

« La Tante Pétunia ne voulait pas que les voisins parlent. »

Sans raison particulière, cela fit rire Sirius. Ce n'était pas drôle, et ce n'était pas qu'il ne croyait pas les voisins dignes de confiance. C'était surtout, malgré tout ce qui était arrivé, le fait que Pétunia Evans – Dursley désormais – était exactement la même femme que Sirius avait terrorisé lors de leur première rencontre.

« Tu as gagné beaucoup d'argent de poche ? » demanda-t-il, avec un sourire.

Le silence de Harry suffit à lui donner une réponse. Le sourire de Sirius commença à disparaître, mais il s'efforça de le garder en place.

« Non ? Eh bien, à partir de maintenant, tu auras un gallion par semaine. »

« Mais- Pourquoi ? »

Harry avait l'air abasourdi.

« Parce qu'on a pas mal de ménage à faire et que tu mérites une récompense pour avoir participé. »

A voir l'expression sur son visage, Sirius put voir que c'était un concept complètement nouveau pour son filleul.

« Ça sera bien pour toi ; tu apprendras à gérer ton argent et à économiser pour certaines choses. »

« Un gallion, c'est top, s'empressa de dire Harry. Gurbock a dit que ça valait cinq livres ! »

« Je sais ce que vaut un gallion, gamin. » répondit Sirius, tout sourire.

« Mais- »

« Mais rien. » répondit Sirius, qui souriait toujours.

Harry continua à marmonner sa désapprobation.

« Ou alors je passe à deux gallions par semaine. »

Cela fit taire son filleul. Cela lui rappela quelque chose qu'il avait momentanément oublié.

« En parlant de gallions, il va falloir qu'on les cache. »

« Les gallions ? » demanda Harry.

« L'argent qu'on a retiré mardi soir. On ne peut pas laisser une fortune dans ton sac à dos, dit Sirius. On en laissera un peu là, évidemment, mais on devrait placer le rester un peu partout. »

« Pourquoi ? » l'interrogea Harry.

« Juste au cas où on devrait partir rapidement. »

« Mais on est en sécurité ici, non ? »

Sirius se demanda s'il devait être honnête ou rassurant. Il vient de passer je-ne-sais-combien de temps à être honnête avec moi. En plus, j'ai été honnête jusque-là, pensa-t-il, et il survit très bien.

« Je ne sais pas, répondit-il. Ceux qui me connaissent savent que je détestais cet endroit, mais quand ils auront fini de chercher dans les endroits que j'appréciais, ils commenceront à rechercher tous les endroits qui me sont associés. Après ça, ce ne sera qu'une question de temps avant qu'ils arrivent ici. »

« Qu'est-ce qu'on doit faire ? » demanda Harry.

« Rendre l'endroit plus sûr. »


Peu de temps après leur conversation sur le pallier, Patmol et Harry retournèrent dans la cuisine. Patmol se dirigea tout de suite vers le sac à dos de Harry – qui était resté sur une chaise près de la table depuis leur arrivée – et en sortit les sacs de pièces.

« T'es partant pour les cacher ? » demanda-t-il.

Les yeux de Harry s'agrandirent.

« Moi ? »

« Non, le gamin derrière toi, répondit Patmol, avec un sourire narquois. Oui, toi. »

Il ébouriffa un peu les cheveux de Harry.

« Je suppose. » dit Harry.

« Excellent. Essaye d'en placer une part égale à chaque étage pour- »

« Patmol, il y a deux mille gallions dans chaque sac. » dit Harry.

« Cinquante gallions et quelques billets moldus sont suffisants. Tu pourras laisser ce qu'il reste ici et je m'en occuperais plus tard. »

L'expression de Patmol changea, montrant qu'il réfléchissait à quelque chose.

« Et ne cache pas chaque pièce séparément. »

Harry se mit à rire.

« Tu as tout ? demanda Sirius, tandis que Harry hochait la tête. Bien. Je serai dans la bibliothèque si tu as besoin de moi. »

« La bibliothèque ? »

« C'est un endroit avec des livres, dit Patmol sérieusement. Des livres plein de poussière, je dois dire, et ... »

« Je sais ce qu'est une bibliothèque » répondit Harry, exaspéré.

« Encore heureux. »

Harry fit une grimace.

« Je vais faire des recherches, expliqua Patmol. Je veux m'assurer qu'on ne va pas se retrouver avec des visiteurs surprises. »

Il fallut plus de temps que prévu pour Harry cache toutes les pièces dans la maison, mais il se trouva satisfait du résultat. Il avait même eu la bonne idée de dégoter un morceau de parchemin et une plume dans le bureau du rez-de-chaussée pour y inscrire toutes les cachettes.

« Tout fini ? » demanda Patmol, quand Harry entra dans la bibliothèque.

Harry se rapprocha du grand canapé courbé où son parrain était assis, entouré de poussière et de livres, et lui tendit le morceau de parchemin. L'une des manches du pull de Patmol était recouverte de poussière ; il l'avait apparemment utilisé pour nettoyer la table sur laquelle il travaillait.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Une liste des endroits où j'ai tout caché. » répondit Harry, en s'asseyant sur le bras du canapé.

Il n'aurait jamais osé faire ça chez les Dursley.

« Petit malin. » dit Patmol, l'air satisfait.

Il marqua la page du gros livre qu'il était en train de lire et jeta un œil au parchemin.

« Boîte en fer dans le cellier, se mit-il à lire. Meuble à tiroirs dans le bureau du rez-de-chaussée, vase sur l'étagère dans le salon, commode dans la chambre d'ami, table de nuit dans la chambre principale et une taie d'oreiller dans le placard du quatrième. »

Patmol sourit à la dernière réflexion.

« C'est bien ? »

« Très, confirma Patmol, en hochant la tête. Une suggestion quand même : déplace l'argent de la commode de la chambre pour le mettre ici. Ce sera plus facile d'y accéder de cette façon. »

Harry haussa les épaules.

« D'accord, répondit-il, avant de froncer les sourcils. Pourquoi ? »

« Il y a une cheminée ici, expliqua Patmol, en la montrant de la main. Et celle-ci et celle du salon ne sont pas connectées au réseau, mais elles sont connectées à la cheminée de la cuisine, qui elle-même est connectée au réseau des cheminées. Si on doit partir- »

« C'est quoi le réseau des cheminées ? »

« J'imagine que c'est un peu comme le métro moldu, expliqua Patmol, après un moment de réflexion. Sauf qu'on utilise des cheminées, pas des stations. »

« Comment les trains peuvent passer dans une cheminée ? » demanda Harry.

Patmol se mit à rire.

« Ils ne passent pas. »

« Alors qu'est-ce qui te transporte ? »

« Le feu. »

« Mais ... Tu ne ... Je veux dire, le feu est chaud. » indiqua Harry, sans conviction.

Patmol ne rit pas comme Harry s'y attendait à moitié et un petit sourire reconnaissant s'afficha sur son visage.

« C'est vrai, acquiesça-t-il. Nous utilisons de la poudre de cheminette pour rendre le feu inoffensif. C'est toujours chaud, évidemment, mais ça ne peut pas te brûler. Tu le jettes dans la cheminée, tu dis où tu vas et le feu ... t'emmène là-bas ... C'est un peu dur à expliquer. »

« Est-ce qu'on a de la poudre de cheminette ? » demanda Harry, avec enthousiasme.

« Non, répondit Patmol. J'ai tout jeté il y a quelques jours. »

Le visage de Harry se défit.

« Il y a une date de péremption et j'ai vu des conséquences graves chez des personnes qui l'avaient utiliser sans s'en rendre compte. »

« Comme quoi ? »

« Pire qu'être désartibulé. » dit Patmol, d'un air sinistre.

« Désartibulé ? »

« Quand les gens transplanent – disparaissent d'un autre et apparaissent presque instantanément dans un autre, répondit-il, en anticipant la question suivante de Harry. Parfois, s'ils ne sont pas assez concentrés, ils laissent des morceaux de leur corps derrière eux. »

Harry sentit une expression dégoûtée apparaître sur son visage, tandis qu'il imaginait une paire de jambes abandonnées au milieu d'une rue qui ressemblait à Privet Drive.

« C'est pas beau, confirma Patmol, sinistrement. J'en ai vu un peu quand j'étais auror ; on poursuivait des gens qui étaient si désespérés de s'enfuir qu'ils ne se concentraient pas assez et ... Eh bien ... »

« Eurk. » fit Harry, en fronçant le nez.

Patmol grimaça et fronça les sourcils brusquement, avant d'écrire quelque chose sur son morceau de parchemin.

« Je me souviens d'une protection. » dit-il en réponse à l'air confus de Harry.

Il écrivit quelque chose d'autre.

« Et nous aurons besoin d'acheter de la poudre de cheminette. » ajouta-t-il, avec un sourire, avant que Harry ne puisse demander.

Il soupira ensuite.

« Je pense que nous devrons retourner sur le Chemin de Traverse bientôt. »

« Vraiment ? » demanda un Harry tout excité.

Patmol hocha la tête.

« On pourra regarder un peu plus cette fois ? »

« J'aimerais bien t'emmener au magasin d'accessoires de Quidditch, répondit Patmol, d'un air pensif. Huit ans et demi et tu ne sais sans doute pas ce qu'est un cognard. »

« C'est mal ? » demanda Harry, timidement.

« James est probablement en train de se retourner dans sa tombe, répondit Patmol, les lèvres frémissantes. Et Lily serait furieuse que nous vivions ensemble depuis presque une semaine et que je ne t'ai toujours rien appris. »

« Tu m'as appris plein de choses ! »

« Pas vraiment, dit Patmol. Je t'ai appris des choses que n'importe quel enfant sorcier sait dès la naissance. Tu étais juste en retard ... Tu sais quoi ; on va placer des protections et peut-être même un sortilège de Fidelitas aujourd'hui ou demain et après ça, je commencerais à te donner des leçons. »

« Des leçons de magie ? » demanda Harry, surexcité.

« Parmi d'autres choses. Tiens, tu auras besoin de ça. »

Harry attrapa la baguette de son parrain avec un sourire impatient et résista à son envie de l'agiter et de voir ce qui allait se passer.

« Pour faire quoi ? »

« Le sortilège de Fidelitas. » murmura Patmol, en tournant les pages du gros livre.

« Le sortilège que mes parents ont utilisé ? » demanda-t-il, en toussant.

« C'est celui-là- Aha. »

Patmol commença à parcourir les petites inscriptions.

« Comment ça marche ? »

« C'est comme un serment inviolable, dit Patmol, avant de soupirer. Un serment inviolable, c'est- »

« Assez clair, je dirais. » répondit Harry.

Patmol sourit.

« Il y a besoin de trois personnes. Il y a le Secret – la personne ou les personnes que le sortilège protège -, le Gardien du Secret et il y a un – eh bien, pour le serment inviolable, on les appelle les enchaîneurs, mais ce n'est pas le bon mot dans ce cas. Disons plutôt ... Un témoin. Il part à la moitié du processus pour qu'il ne soit pas dans le secret. »

« Alors qui est qui ? » demanda Harry.

« Tu es le Secret, expliqua Patmol. Je serais le Gardien du Secret et Kreattur peut être notre témoin. »

Harry déplaça l'un des livres qui entouraient Patmol et s'assit sur le rebord de la table.

« Il a le droit de l'être ? »

« Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas. »

« Est-ce que ça protège seulement la maison ? Le sortilège, je veux dire. »

« Malheureusement, oui. Une fois que nous – ou toi, dans ce cas – sortons des limites – je pense que ça doit être les marches de l'entrée – on revient dans le jeu de nouveau. »

« Alors on est coincé ici ? » demanda Harry.

Il avait rarement été autorisé à sortir du 4, Privet Drive et il préférait évidemment la compagnie de Patmol à celle des Dursley, donc il ne pensait pas que ce serait trop difficile. Patmol venait de mentionner un voyage sur le Chemin de Traverse en plus, et Harry était impatient d'y aller. Son visage s'éclaircit cependant quand Patmol répondit.

« Non. Je pense qu'il faudra juste être prudent, dit-il. Ça implique des déguisement quand nous sortons et il faudra prévoir un plan de secours si l'un de nous est reconnu. »

« Mais tu ne peux pas transplaner comme Kreattur ? »

« Moi si. Toi non. »

« Je vais juste rester à côté de toi alors » répondit Harry, en haussant les épaules.

« Ça risque de ne pas être toujours possible. Et si nous étions séparés d'une façon ou d'une autre, ou s'il y avait un duel ? »

« Je ne sais pas, dit Harry. Je ne pourrais pas aider ? »

« Pas encore. Mais nous devons ajouter ça à la liste des choses que je dois t'apprendre : le duel, sourit Patmol. On peut nettoyer la salle à manger – c'est pas comme si on allait recevoir du monde, de toute façon – et l'utiliser comme salle d'entraînement ... Tu auras aussi besoin d'une baguette. »

Les yeux de Harry se mirent à briller à cette pensée. Une baguette ! Patmol sortit un autre livre et lut quelques paragraphes.

« J'imagine qu'il y a toujours la cheminée, dit-il, plus à lui-même qu'à Harry. Mais tu devras encore trouver une cheminée et dire '12 square Grimmaurd'. »

Son parrain renifla et referma le livre.

« A la réflexion, peut-être que non. »

« Est-ce que ça romprait le sortilège de Fidelitas ? »

« Ça voudrait dire qu'ils sauraient où nous trouver- » dit Patmol.

Il glissa la main dans sa poche, fronça les sourcils et tendit la main vers Harry. Celui-ci lui rendit sa baguette et Patmol l'agita, faisant voler un livre depuis une étagère pour le faire atterrir sur la table avec un petit bruit sourd. Ils toussèrent tous les deux en raison du nuage de poussière qui s'en dégagea.

« -mais je ne pense pas qu'ils seraient capables de nous attraper. Ils bloqueraient sans doute le réseau de cheminée et nous tomberaient dessus dès que nous sortirions à nouveau. Je suppose qu'il y a toujours les portoloins ... »

La dernière partie de sa déclaration avait été marmonné, davantage pour lui-même que pour Harry.

« C'est quoi un portoloin ? »

« Un portoloin, commença Patmol. C'est une sorte de transplanage, mais tu as besoin de toucher quelque chose. Malheureusement, si quelqu'un trouvait le portoloin, ça l'emmènerait droit à l'endroit enregistré ... Il y en a avec des mots de passe, mais ils sont plutôt fait pour éviter que le portoloin ne se déclenche avant que tu ne le veuilles. »

« Mais s'ils ne connaissent pas le mot de passe, ils ne peuvent pas l'utiliser. »

« Non, mais ils pourraient trouver où il mène. »

« Comment ? »

« Quand tu créés un portoloin – tu es supposé les déclarer, déjà, même si personne ne le fait – tu dois imaginer l'endroit où tu veux qu'il t'emmène. Ça ressemble pas mal au transplanage à ce niveau-là. Et puisque tu as mis tant d'énergie à penser à cet endroit, n'importe qui avec un peu d'entraînement – un auror par exemple – pourrait voir où c'est et ça pourrait rompre le sortilège de Fidelitas, puisque je serais celui qui aurait fait le portoloin. »

« Donc on est piégé, en gros ? »

« Tant que personne ne nous voit quand on sort, tout va bien. »

« Et si on nous voit ? »

« Alors, on est piégé, répondit Patmol, sur un ton maussade. Mais si on ne fait pas ça, c'est juste une question de temps avant que quelqu'un ne réalise que c'est le seul endroit avec lequel je suis lié qui n'a pas été vérifié, et malheureusement, il n'existe aucune protection suffisante pour empêcher les aurors d'entrer quand ils viendront chercher. »

Harry prit le temps de digérer ces informations, avant de froncer les sourcils d'un air pensif.

« Hey, Patmol ? »

Patmol leva un sourcil.

« Tu ne penses pas que je pourrais être le Gardien du Secret ? On pourrait échanger- »

« Non ! Non ! Non, absolument pas ! » cria Patmol, en sautant sur ses pieds, les yeux hagards et le regard perdu.

« Désolé, fit Harry d'une petite voix. J'étais juste- »

« Je sais. » répondit Patmol, qui semblait se souvenir où il était.

Il inspira longuement et se laissa tomber sur le sol, exactement là où il se trouvait, malgré le canapé tout proche.

« Désolé, dit-il d'une voix blanche. Désolé, je n'aurais pas dû crié. »

« Ça va. » répondit Harry, un peu nerveux.

« Non, ça ne va pas. Ce n'est pas ta faute ... finit-il par lâcher. Je n'aurais pas du ... Je veux dire ... C'est juste ... »

« Juste quoi ? » tenta Harry.

Patmol leva des yeux gris hantés.

« L'échange ne s'est pas très bien passé la dernière fois. » dit-il d'une voix un peu tremblante.

Soudainement, la réaction de Patmol sembla bien plus compréhensible.

« C'est vrai, dit Harry, se sentant incroyablement coupable d'avoir même suggéré l'idée. Désolé ... Je ne pensais pas à ça. »

« Je sais ... Ce n'est pas ta faute. C'est juste- Argh ! »

Il donna un coup de pied dans le canapé.

« Peter, quel abruti ! Et moi ... Quel idiot d'avoir même proposé tout ça, dès le départ ! »

Les étagères tremblèrent et Harry put sentir quelque chose vibrer dans l'air autour d'eux.

« Je suis désolé, d'accord ! cria Patmol vers le plafond. Je suis désolé de ne pas être arrivé avant et je suis désolé de lui avoir fait confiance ! Je suis d-désolé de vous avoir convaincu de le croire ! »

Tout autour de Harry – les livres, le parchemin, les encriers – s'envola de la table et alla s'écraser contre les étagères. Les chaises et le bureau alignés contre le mur près de la porte tombèrent bruyamment et la cheminée se mit à gronder.

« Patmol ? » demanda Harry.

Les yeux de Patmol se concentrèrent sur lui et sa lèvre inférieure trembla un peu. La bibliothèque arrêta de trembler.

« Je suis si désolé, Harry. » gémit-il.

Quelque chose dans son ton fit penser à Harry qu'il ne s'excusait pas pour avoir crié. Une larme coula sur la joue de Patmol. Il l'essuya, l'air sidéré. Patmol baissa les yeux sur sa main mouillée et ferma les yeux. Plus de larmes se mirent à couler et ses épaules tremblèrent, mais il n'y eut pas un son.

Harry, sans réfléchir, se leva et alla s'asseoir sur le tapis près de son parrain, qui tenait sa tête dans ses mains. Patmol ne bougea pas.

« Ce n'est pas- Je ne t'en veux pas. » dit Harry.

« Tu devrais. » répondit Patmol, sans lever les yeux.

Je ne pense pas qu'il ait eu l'occasion d'être triste depuis leur mort ... réalisa Harry, dans un petit sursaut. Il a traqué Peter et a ensuite été envoyé à Askaban ... Et d'après ce qu'il m'a dit de la prison, il était trop occupé à essayer de se rappeler de son innocence pour être vraiment triste pour eux. Et il n'a pas pleuré ici ... Nous sommes toujours tous les deux dans la cuisine la nuit et je ne l'ai jamais entendu.

« Je ne me souviens pas de mes parents, mais d'après ce que tu m'as dit d'eux, ils ne voudraient pas que tu t'en veuilles. » dit Harry sur le même ton, essayant d'être aussi calme que Patmol l'avait été quand il l'avait trouvé dans le placard à linge.

« Probablement pas, dit Patmol, d'une voix étouffée. Lily m'aurait frappé et m'aurait dit que ça suffisait maintenant. Et Cornedrue ... »

Patmol rit légèrement, mais ça ne semblait pas forcé.

« Cornedrue m'aurait dit que j'étais un crétin et aurait fait ou dit quelque chose pour me faire rire. »

Il finit par relever les yeux et ses sourcils se levèrent lorsqu'il remarqua l'état de la pièce.

« Oups. » dit-il, l'air penaud, en prenant conscience des dégâts.

Harry éclata de rire.

« Je suis désolé d'avoir crié. » dit Patmol.

« C'est pas grave. » répondit Harry, en haussant les épaules.

« Si, ça l'est. » dit-il, en essuyant ses yeux avec le revers de sa main.

Il renifla une fois et cligna des yeux.

« Je suis désolé, dit-il en offrant un petit sourire à Harry, que celui-ci lui retourna. Je crois que je me ramollis. »

Il secoua la tête, stupéfait.

« Si Cornedrue et Lunard étaient là, ils n'auraient plus jamais arrêté d'en parler. » dit-il, avant de s'arrêter comme s'il s'attendait à les entendre parler.

Le silence était presque insupportable.

« Alors, commença Harry, d'un ton hésitant, avec une petite voix qui semblait bien trop, trop bruyante. Euh ... Gardien du Secret ? »

« Oui, répondit Patmol, en gardant sa voix régulière, même si Harry perçut le petit effort derrière cet exercice. Pourquoi tu penses que ça devrait être toi ? »

Harry ouvrit la bouche pour dire 'parce que je suis la dernière personne qu'on suspecterait', mais il la referma rapidement.

« Eh bien, commença-t-il, sérieusement. En fin de compte, c'est pas moi qui ait besoin de protection. »

Patmol fronça les sourcils.

« Je ne suis pas sûr que ce soit exact, gamin. »

« Ça l'est, insista Harry. Le pire qu'ils puissent me faire, c'est me renvoyer chez les Dursley ou m'envoyer dans une famille sorcière. Je survivrais – je n'aimerais pas ça, mais je serais en sécurité et on s'occupera de moi jusqu'à ce que j'aille à Poudlard. Si tu te fais prendre, tu vas retourner à Askaban. De cette façon, même s'ils m'attrapent, tu seras toujours en sécurité. »

« C'est une énorme responsabilité pour toi » fit remarquer Patmol.

Harry haussa les épaules.

« Je peux garder un secret. »

« Vraiment ? » demanda Patmol, en arquant un sourcil.

« Eh bien, ouais, confirma Harry. Je le fais tout le temps. »

« Quels secrets ? » l'interrogea Patmol.

« Pas pour toi, dit Harry, en souriant et en roulant des yeux. Je voulais dire pour les Dursley- »

« Comme quoi ? » insista Patmol, curieux à présent.

« J'avais l'habitude de sortir de mon placard pour voler à manger, ou regarder la télévision quand ils sortaient. » répondit Harry, en haussant les épaules.

« Le fils de James de la tête au pied, déclara fièrement Patmol. C'est un gros secret, cela dit, pas quelque chose comme voler de la nourriture. Tu es sûr qu'on peut te faire confiance ? »

« Bien sûr ! Et même si on ne pouvait pas, ce n'est pas comme si j'avais quelqu'un à qui raconter ça, pas vrai ? »

Patmol acquiesça d'un air pensif.

« D'accord, dit-il finalement, l'air sérieux. Tu seras le Gardien du Secret, jusqu'à ce que tu commences l'école du moins et après, on reconsidérera la question ... Tu es vraiment sûr ? »

Harry hocha la tête.

« D'accord. Tu vois le livre là – le gros vert ? »

« Ouais ? »

« Chapitre sept. Commence à lire. »

« Oui, Maître ! » dit Harry, sur un ton qu'il pensait ressembler à une imitation convenable de Kreattur.

« Ne m'appelle pas 'Maître' ... Attrape. »

Harry leva les yeux juste à temps pour attraper le livre vert.

« Mesures défensives pour les paranoïaques ? » lu Harry, en riant.

« Tu n'as jamais rencontré mon père, déclara Patmol, sombrement. Bien sûr, il n'aurait jamais dit 'paranoïaque'. 'Préparé' était son mot préféré. Bref, le chapitre sept pour le Gardien du Secret. »

Harry ouvrit le livre et commença à lire.