Salut à tous ! Toujours des super reviews ! Vous me faites sourire derrière mon écran et parfois même rougir ! A la fin de ce chapitre, vous allez avoir très envie d'avoir la suite et promis, juré, craché, je vais essayer de vous la poster rapidement ! Ce week-end si je peux. A très vite et bonne lecture !
Ostendere me omnia, pensa Harry. Sa vision changea et il y eut un flash de couleur, avant que sa vision ne change à nouveau et redevienne normale.
« Le morveux ne s'en approche pas du tout. » couina Kreattur.
Il était revenu à son habituelle aversion de Patmol et sa tolérance de Harry, après avoir aidé Patmol à trouver Harry plus tôt dans le mois ; les protections de Grimmaurd étaient si étendues qu'elles traçaient quiconque quittait la maison par des moyens magiques et Kreattur avait été capable de les lire à la demande de Patmol.
Patmol était bien plus gentil avec l'elfe depuis – et parce qu'il avait recommencé à cuisiner et nettoyer – et tolérait même son obsession pour le salon.
« Pas du tout ? » demanda Harry.
« Pas du tout, répondit Kreattur. L'incompétence du Maître est clairement contagieuse. Kreattur espère simplement que Kreattur ne va pas l'attraper aussi- »
« J'essaye, d'accord ? » cria Harry.
« Transplaner est difficile, l'avait prévenu Patmol, quand Harry avait évoqué l'idée quelques semaines plus tôt. Certains sorciers adultes n'y arrivent pas, mais les elfes de maison peuvent transplaner avant même de savoir marcher. »
Patmol les regardait maintenant, avec une expression excessivement maussade ; Harry lui avait demandé d'avoir l'air énervé à propos de ça pour garder Kreattur de bonne humeur, parce que la seule façon qu'il avait trouvée pour convaincre Kreattur de l'aide avait été de lui dire que Patmol pensait qu'il s'agissait d'une mauvaise idée.
Patmol pensait en réalité que c'était une très bonne idée, parce que, tandis que lui était limité par les protections, Kreattur ne l'était pas et Patmol espérait qu'il pourrait transmettre cette compétence à Harry. Patmol avait essayé de convaincre Kreattur de lui apprendre à repérer les protections et à transplaner malgré elles – pour qu'il puisse ensuite l'apprendre à Harry – mais ça s'était terminé en dispute, et l'animosité avait grandi de jour en jour jusqu'à ce que Harry, qui en avait assez de voir Patmol de mauvaise humeur et d'entendre les murmures de Kreattur, les força à arrêter.
« Le morveux insiste et veut faire continuer à faire perdre du temps à Kreattur. » marmonna Kreattur.
Les sourcils froncés, Harry serra sa baguette – les elfes de maison n'en avaient pas besoin contrairement aux sorciers – et murmura à nouveau l'incantation ; s'il voulait transplaner au Square Grimmaurd, il avait besoin de voir les protections. Les elfes de maison, d'après Kreattur, pouvaient les voir naturellement, mais les humains avaient besoin de prononcer une formule et il avait fallu presque une semaine à Harry pour la trouver.
Finalement, il l'avait découverte dans un livre qu'ils avaient trouvé dans la chambre de Regulus, titré Traces et auras : repérez la magie autour de vous. C'était une lecture intéressante d'après Harry, et aucune incantation n'exigeait une baguette, seulement de la concentration et une capacité magique innée. Jusque-là, c'était surtout avec la concentration que Harry se débattait.
« Essaye en parlant à haute voix. » suggéra Patmol.
« Le livre dit de penser les mots. » cria Harry.
« Essaye. » poursuivit Patmol avec patience.
« Ostendere me omnia. » dit Harry, en roulant les yeux vers son parrain.
Sa bouche s'ouvrit. La pièce entière était venue à la vie et rayonnait de lumière et de magie.
« Ça marche ? » demanda Patmol.
Sa magie, remarqua Harry, était d'une couleur rouge brillante, et elle ressemblait à la mer un jour de tempête, bougeant constamment autour de lui, déferlant et se concentrant à certains endroits avant de s'en aller et de faire pareil à un autre endroit. Kreattur était légèrement vert, si pâle que c'en était presque blanc, et fragile, pensa Harry, même s'il n'aurait pu expliquer pourquoi ou comment s'il avait essayé. Sa magie ne bougeait pas beaucoup, mais était très concentrée.
Harry lui-même était rouge et or, plein de minuscules étincelles, comme celles qui étaient sorties de sa baguette le jour où il l'avait acheté. Même les murs scintillaient de magie ; il pouvait y voir un entrelacement complexe de vert sombre et de magie noire, pareil à des fils reliés entre eux qui correspondaient à Orion Black, de filaments rouges de Patmol et ici et là, le rouge et l'or de Harry, qui témoignait probablement de la présence du sortilège de Fidelitas.
Les protections bougeaient comme une entité unique, avec des pulsations. Harry comprenait maintenant ce que Kreattur avait dit à propos de protections vivantes, mais il ne comprenait pas comment, au nom de Godric, il allait pouvoir y trouver une faille.
« Finite. » dit-il.
La couleur s'estompa et la salle d'entraînement revint à son état normal – et maintenant, franchement terne.
« C'est génial, dit-il. Et désolé d'avoir crié. »
Patmol sourit.
« Ça- »
Mais ce que Patmol allait dire, Harry ne le découvrit pas. Au même moment, il y eut un pop bruyant à l'extérieur et un individu encapuchonné, tout de noir vêtu, apparut dans la rue. La personne rejeta sa capuche, ce qui révéla un homme avec des cheveux noirs longs jusqu'aux épaules – presque comme ceux de Patmol – et un visage cireux. Ses autres caractéristiques n'étaient pas visibles, mais la mâchoire de Patmol tomba.
« Non. » lâcha-t-il, le souffle coupé, courant jusqu'à la fenêtre pour pouvoir mieux voir.
« Qui c'est ? »
Harry voulait savoir et suivit son parrain jusqu'à la fenêtre.
L'homme regarda le Numéro treize, puis le Numéro onze. Ensuite, il se tourna et fixa le Numéro douze. Il serait capable de le voir, bien sûr, puisque le sortilège de Fidelitas ne cachait pas la maison ; habituellement, le sortilège de Fidelitas était jumelé avec d'autres sorts qui s'occupaient de dissimuler les bâtiments, mais Patmol avait dit que faire disparaître le Numéro douze attirerait d'autant plus l'attention, et Harry était plutôt d'accord.
Ce que le sortilège de Fidelitas cachait, c'était Harry et Patmol ; quelqu'un pouvait entrer dans la maison et parcourir toutes les pièces sans jamais les trouver, parce que tant que Harry et Patmol étaient à l'intérieur de la maison, le sortilège dissimulait leur existence. Patmol avait dit que Dumbledore lui-même aurait pu se tenir dans la même pièce qu'eux et ne pas savoir qu'ils étaient là.
« Ça, grogna Patmol. C'est Servilus. »
Harry le fixa.
« C'est lui ? Qu'est-ce qu'il fait là ? »
Patmol siffla bruyamment ; après avoir écouté la vendeuse du Chemin de Traverse, Sirius avait tenté de dresser Hedwige dans le but de prouver que les chiens étaient de meilleurs compagnons. Elle avait appris à venir quand on l'appelait, mais dédaignait – en privé, Harry ne pensait pas qu'il était nécessaire pour une chouette d'apprendre à hululer sur commande ou bouger la queue – les autres tours que Patmol avait essayé de lui apprendre. Il avait crié victoire pendant des jours.
Un moment plus tard, elle volait dans la salle d'entraînement et alla se poser sur le rebord de la fenêtre. Patmol fit venir de l'autre bout de la pièce tout ce qu'il fallait pour écrire et rédigea une note. Harry y jeta un œil lorsqu'il le passa à la chouette.
Que veux-tu ? disait la note, écrite de l'écriture fine et soignée de Patmol.
Harry ouvrit la bouche pour demander si confirmer qu'ils étaient là – même s'il ne pouvait pas les trouver tant qu'Harry ne lui avait pas dit où ils étaient – était une bonne idée, mais il pensa que c'était un peu trop tard pour ça ; Servilus – Rogue était son véritable nom, se souvint Harry – regardait le Numéro douze avec un air étrange mêlé de joie et d'aversion, et semblait hésiter à rentrer à l'intérieur ou non.
« Envoie une plume aussi. » suggéra Harry.
Patmol acquiesça brusquement et donna la plume à Hedwige. Harry ouvrit la fenêtre et elle s'envola, faisant sursauter Rogue. Il écrivit quelque chose et la renvoya.
Patmol ouvrit la note rapidement et Harry tendit le cou pour la lire.
Parler, avait écrit Rogue, dans un gribouillis désordonné. Alors parle, écrivit Patmol.
A l'intérieur.
Entre, alors.
Harry pouvait entendre le challenge dans ces mots.
En suis-je capable ?
Essaye.
Rogue regarda le papier pendant presque une minute avant de rédiger quelque chose d'autre. Je crois que je vais demander une escorte.
« Qu'en penses-tu ? » demanda Patmol à Harry, ses yeux ne quittant pas l'homme dans la rue.
« Euh ... Je ne sais pas – on peut lui faire confiance ? »
Patmol renifla, mais ensuite, son expression se fit pensive. Envoie ta baguette avec la chouette, écrivit Patmol sur le dos du morceau de parchemin.
« Tu le laisses entrer ? » demanda Harry.
« Il sait où nous sommes, dit Patmol. Mais il n'est pas lié au sortilège de Fidelitas alors il ne pourra pas dire où nous sommes. Personne ne sera capable de nous trouver, mais je ne veux pas qu'ils viennent même chercher. Si nous lui disons le secret, il sera lié par lui et ne sera pas capable de dire quoi que ce soit. »
« Oh. »
Harry regarda à nouveau Rogue par la fenêtre, dont le regard passait de la note de Patmol à la maison.
Un instant plus tard, Hedwige revint avec une longue baguette faite de bois rouge. Casse-la et je te tuerais à mains nues, disait la note qui l'accompagnait.
« Chêne rouge, murmura Patmol, en écartant le parchemin. Et ventricule de dragon, je crois. »
« Comment tu sais ? »
Il renifla, en la rangeant dans sa poche.
« Le nombre de fois où Cornedrue et moi avons volé cette chose ... Je te raconterais plus tard. Notre ... invité ... attend. »
Harry et Patmol se dirigèrent vers la porte d'entrée.
« Obscuro. » dit Patmol calmement.
Un bandeau apparut, couvrant les yeux de Rogue. L'homme sembla ennuyé, mais ne fit aucun geste pour s'en débarrasser. Patmol et Harry sortirent, attrapèrent chacun un bras de Rogue et le menèrent par les escaliers, jusque dans la maison. Ils le conduisirent jusqu'au bureau, Patmol verrouilla la porte avec un sort et ferma les rideaux.
Seulement là, il lui retira le bandeau. Les yeux noirs et froids de Rogue balayèrent la pièce du regard, s'arrêtant sur la porte fermée, les fenêtres couvertes et finirent par se poser sur Patmol, avec répugnance. Ils passèrent à Harry l'instant d'après. L'homme eut l'air d'avoir été giflé. Harry lui rendit son regard, défiant. Le regard de Rogue se posa sur ses yeux plutôt que son visage et ses cheveux, avant qu'il ne déglutisse et ne détourne le regard.
« Comment tu nous as trouvés ? » demanda Patmol.
« J'ai fait un rêve. » dit Rogue sur un ton brusque.
Les yeux de Harry se posèrent sur son nez crochu et ses cheveux gras. Les deux éléments étaient exactement comme Patmol les avait toujours décrits.
« Tu as rêvé de la maison ? » dit Patmol platement.
« De ton frère, en fait, répondit Rogue. Je suis celui qui a dit à votre mère qu'il était mort. Tu savais ça ? »
Patmol montra les dents.
« Apparemment pas. Je me suis souvenu de ton elfe et de cette maison. Comment auriez-vous pu duper la Trace sinon ? Tu n'es pas stupide, Black, mais tu n'es pas assez compétent pour placer des protections qui pourraient déjouer un sort de contrôle du Ministère, ni suffisamment compétent pour t'en sortir sans magie- »
« Oui, mais comment tu as su ? »
« Tu as ouvert la fenêtre. » lança Rogue.
« Non, je t'ai demandé- »
« Je t'ai entendu la première fois que tu as demandé, Black, répliqua Rogue impatiemment. J'écoute, tu vois. C'est une compétence plutôt utile- »
Patmol ricana et fit un pas vers l'autre sorcier.
« Alors aide-moi, Servilus- »
« J'ai suspecté que vous pourriez être là, dit Rogue, avec un sourire mauvais. Mais rien de plus, du moins pas avant que tu n'envoies ton oiseau. On m'a répété tant et tant de fois, assuré que tu haïssais beaucoup trop cette maison pour y remettre les pieds. »
L'expression de Rogue devint acide.
« J'ai suggéré que tu aurais pu être attiré par la maison, ou du moins par les voisins, mais Dumbledore m'a assuré que ce n'était pas le cas, que la maison avait été vérifié avant que tu ne prennes le garçon- »
Les yeux de Rogue se posèrent de nouveau sur Harry.
« -et qu'elle avait été surveillé depuis. »
« Par les voisins ? » demanda Patmol, confus.
« Je suis sûr que tu sais. » lança Rogue.
Patmol et Harry échangèrent un regard stupéfait. Rogue les dévisagea avant d'arquer un sourcil.
« Fascinant. Il semble, Black, que ton sens de l'observation est aussi ridiculement limité qu'il ne l'était la dernière fois qu'on s'est rencontré- »
« Pourquoi tu es venu ? demanda froidement Patmol. Pourquoi seul ? J'aurais pensé que tu aurais amené une centaine de Détraqueurs, Dumbledore et le Ministère. »
« Ne me tente pas, dit Rogue, ses yeux sombres brillants. Il n'y a toujours rien qui me ferait plus plaisir que de te rendre aux Détraqueurs, Black. »
« Alors pourquoi ne l'avez-vous pas fait ? » demanda Harry, tandis que Patmol fulminait.
Rogue le regarda curieusement.
« Il se trouve que je connais la vérité. »
« Toi ? » ricana Patmol.
« Moi, répliqua Rogue, avec un sourire mauvais qui découvrait ses dents jaunes. Je ne t'ai jamais pris pour un traître, Black- »
« Je suis touché. » répondit Patmol, sur un ton qui indiquait tout le contraire.
Rogue le regarda de haut.
« Un meurtrier, oui – comment pourrais-je ne pas le penser ? - mais pas un traître. Pas envers Potter, en tout cas. Et ensuite, il se trouve que j'ai rencontré un vieil ami d'école. Que je croyais mort. »
« Peter. » siffla Patmol.
Une des lampes accrochées au mur explosa.
« Où ? Où était-il ? »
« Il pourrait être n'importe où maintenant, je pense, dit Rogue après un regard vers la lampe. C'était il y a deux semaines. »
« Reparo. » murmura Harry.
La lampe se répara toute seule, même si elle ressemblait plus à une mosaïque qu'à un verre lisse. Rogue le regarda un moment avant de se retourner vers Patmol.
« Alors tu as compris. » dit Patmol.
Il fit venir un fauteuil d'un coin et se laissa tomber dessus.
« Qui d'autre sait ? »
« Personne. » répondit Rogue.
« Et je suis supposé croire ça ? demanda Patmol, incrédule. Après tout ce qui s'est passé entre nous à l'école, je suis censé croire que tu nous ferais une faveur, Servilus ? »
Les yeux de Rogue passèrent sur Harry.
« Crois ce que tu veux. » dit-il brusquement.
Patmol se débattit un peu avec ses pensées pendant un moment, grogna une fois avant d'avoir l'air plutôt agacé.
« Pourquoi ? »
« Pour les mêmes raisons qui t'ont poussé à ne rien dire, expliqua Rogue. Il n'y a pas de preuve sinon ma parole ou la tienne. Dumbledore pourrait me croire, ou peut-être Lupin, mais ça ne sert à rien. Ils ne pourraient pas te faire innocenter. Même si le Ministère finissait par croire que tu n'étais pas le Gardien du Secret, ils t'accuseraient sur tout ce que tu as fait d'autres. Si tu veux avoir un espoir de liberté, il va falloir qu'ils se rendent compte par eux-même qu'ils ont tort. Seulement là, ils pourraient accepter de s'excuser. »
Il avait l'air d'espérer que ce jour n'arrive jamais.
« Et pour qu'ils réalisent qu'ils ont tort, j'ai besoin de Peter. » murmura Patmol.
« Précisément. Et si c'était moi qui parlais au Ministère, ou quiconque qui leur parlait en mon nom, ils se débrouilleraient pour remonter à moi et je serais forcé d'expliquer pourquoi je te défends. Le Ministère est franchement incompétent, mais même eux ne pourraient pas croire un ancien mangemort qui exonère un autre prétendu mangemort ... dit-il, en secouant la tête. J'ai travaillé dur pour me racheter après la guerre et je mourrais avant de tout abandonner pour toi. »
Patmol regarda Rogue comme un chien prêt à sauter sur un chat ; Rogue était clairement une proie mais Patmol ne voulait pas non plus recevoir des coups de griffe.
« Alors pourquoi es-tu même venu ici ? demanda-t-il finalement. Pourquoi ne pas être resté silencieux et continuer de prétendre que tu ne sais rien ? »
Les yeux de Rogue se tournèrent vers Harry à nouveau.
« Je devais jeter un œil au garçon. »
« Depuis quand est-ce que tu t'intéresses au fils de James ? » demanda Patmol.
Il y eut un silence. Les yeux de Rogue rencontrèrent de nouveau ceux de Harry.
« Je me fiche de la progéniture de Potter, dit-il finalement, en détournant le regard. Même si tu n'es pas coupable d'avoir tué Potter et- »
Il s'éclaircit la voix.
« -les Potter, tu as commis d'autres crimes. Je ne voudrais pas qu'un enfant – aucun enfant – se retrouve dans un environnement où il est mal à l'aise. »
« Je le suis, dit Harry tout à coup, tandis que Rogue le regardait. A l'aise, je veux dire. »
« Tu apprécies la compagnie de Black ? »
« Il est bien mieux que les Dursley. »
Un soupçon d'irritation traversa le visage de Rogue à la mention des Dursley, mais il avait disparu un instant après.
« Très bien, répondit-il, avant de regarder de nouveau Patmol. Est-ce qu'il ira à Poudlard ? »
« Bien sûr ! » répondirent ensemble Harry et Patmol.
« Alors, j'ai fait ce que j'avais à faire. » dit Rogue, en retirant de la poussière de sa robe.
Il se tourna vers Harry.
« Sache maintenant que je te traiterais comme n'importe quel élève. »
Harry acquiesça. Avertissement reçu. Il me détestera comme il déteste Patmol et Papa. Rogue tendit la main. Pendant une seconde, Harry crut qu'il voulait que Patmol la serre, mais il prit la parole.
« Ma baguette. »
« Tu ne diras rien de ce qu'il s'est passé ici ? » demanda Patmol, en sortant la baguette de sa poche.
« Comme je l'ai dit, je n'ai aucune envie de m'impliquer. »
Patmol agita sa propre baguette et la porte s'ouvrit.
« Cela veut aussi dire que si tu gaffes et te retrouves à Azkaban, ne t'attends pas à recevoir de l'aide de ma part. »
« Je ne voudrais pas de ton aide, de toute façon. » répliqua Patmol.
Harry était d'accord, mais il donna un coup de coude à son parrain malgré tout. Patmol le fusilla du regard. Ils raccompagnèrent Rogue jusqu'à la porte d'entrée et Patmol lui rendit sa baguette.
« Petit con, murmura Patmol, en fusillant la silhouette de Rogue du regard, avant d'imiter plus ou moins la voix de Rogue. 'Ne t'attends pas à recevoir de l'aide de ma part.' »
« Je pensais que t'avais dit que tu n'en voulais pas. » dit Harry, les lèvres frémissantes.
Patmol souffla.
« Je n'en veux pas. Mais il n'avait pas à le dire. »
Il fronça le nez.
« Tu sais, je ne crois pas qu'il se soit lavé les cheveux depuis la dernière fois que je l'ai vu. »
« Et après, disait Patmol, avec des larmes dans les yeux. Cornedrue a marché directement vers Servilus et l'a aspergé de shampoing ! »
Harry éclata de rire. La visite de Rogue, la veille, semblait donner à Patmol envie de raconter tous les souvenirs où il était présent. Pas que Harry en soit ennuyé le moins du monde ; il était heureux d'entendre toutes les histoires à propos de son père, son parrain et – s'il pouvait en croire les dires de Patmol – l'homme qui était sa 'marraine', Remus Lupin – qui n'était pas du tout comme celui qu'il avait rencontré à Londres, lui avait assuré Patmol.
Cela le troubla un peu d'entendre comme ils avaient été cruels envers Rogue, mais – après l'y avoir poussé – Patmol lui avait aussi révélé que Rogue était capable de rendre les coups, parfois de façon bien pire. Malgré ça, après avoir entendu tout ça, il ne trouvait pas difficile de comprendre pourquoi Rogue avait détesté Patmol et son père, ou pourquoi ils l'avaient détesté lui.
« Tiens. » dit Patmol.
Harry, qui était en train de parcourir la tapisserie de la famille Black – et avait abandonné à trouver un sens aux noms inconnus et avait plutôt commencé à compter le nombre de membres (ils devaient être environ cinq cent) – leva les yeux.
« Euh ... merci ? » dit Harry, en regardant la paire de lunettes cassée.
Patmol laissa échapper un petit rire.
« Considère ça comme un cadeau d'anniversaire en avance. »
« Je sais exactement où les ranger. » dit Harry, en les laissant tomber dans la poubelle.
« Tu ne les gardes pas ? » demanda Patmol sur un ton faussement blessé.
Harry renifla.
« Je préfère les miennes, merci. »
« Je crois qu'elles étaient à ma grand-mère, expliqua Patmol, en haussant les épaules. Elles doivent probablement mordre ou quelque chose comme ça. Une femme horrible. »
« Je crois que c'est une caractéristique courante dans la famille, répliqua Harry. Sauf peut-être Regulus. »
« Ouais- Hey ! » lança Patmol.
Il essaya de l'attraper, mais Harry l'avait anticipé et s'écarta.
« Sale petit- » marmonna Patmol.
« Petit quoi ? » demanda innocemment Harry.
« Garçon. Sale petit garçon. »
Harry se mit à sourire.
« Tiens- Aïe ! » dit Patmol, en lâchant une tabatière argentée qui venait de le mordre.
Il examina sa main, avec une expression curieuse ; ils purent voir sa peau se recouvrir de croûtes et devenir brune.
« Ça doit être de la poudre à verrue là-dedans. » dit-il finalement, en tapotant sa main avec sa baguette.
Il fit voler la boîte jusqu'à la poubelle. Un Ordre de Merlin, première classe, qui récompensait le grand-père de Patmol, la rejoint un instant plus tard.
« Services rendus au Ministère ? » demanda Harry.
« Il leur a donné beaucoup d'or. » répondit nonchalamment Patmol, en faisant signe à Harry de le remettre dans le sac-poubelle.
Il y avait un autre exemplaire de Noblesse par nature : une génération de sorciers.
« Combien il y en a de ces trucs ? » demanda Harry.
Jusque-là, ils en avaient trouvé un dans la chambre de Regulus, un dans le bureau du rez-de-chaussée, un dans la bibliothèque et un autre ici.
« Qui sait, répondit Patmol, en haussant les épaules. Mais toutes les chances que ma mère avait pour se rappeler de sa lignée parfaite- Aïe ! »
Une petite chose argentée venait de sortir du placard et essayait de planter l'une de ses jambes pointues dans la peau de Patmol. Il l'écrasa avec le livre ; il y eut un petit couinement avant que Patmol ne le récupère avec précaution pour le jeter dans la poubelle. Le livre le suivit.
Kreattur laissa échapper un gémissement.
« Il y a deux autres exemplaires dans cette maison. » dit-il, en adressant à l'elfe un regard irrité.
Kreattur avait passé la majorité de sa matinée debout dans l'encadrement de la porte à observer ce qu'ils jetaient. Il avait essayé de sauver certaines choses ; certaines, comme une photo de Walburga Black, que Patmol ne l'avait pas autorisé à garder (« Il y en a une énorme au rez-de-chaussée ! » avait-il dit avant d'ordonner à Kreattur de sortir de la pièce), mais d'autres, comme une bague dorée qui portait le blason des Black, que Harry convint Patmol de lui laisser. Kreattur avait sangloté pendant presque cinq minutes quand il avait appris qu'il allait pouvoir la garder pour lui pour toujours et il s'était même incliné devant Harry avant de se précipiter en bas pour aller la ranger dans sa tanière derrière la chaudière.
« Eurk, lâcha Patmol. Regarde ça. »
Un lourd médaillon doré reposait sur ses genoux. Harry frissonna sans savoir pourquoi. Il y avait un large 'S' fait d'émeraudes sur le dessus, mais à part ça, il était complètement lisse.
Harry essaya, mais ne réussit pas à l'ouvrir. Il fronça les sourcils et le rendit à Patmol.
« Ça ne s'ouvre pas. »
« Il n'y a sans doute qu'une photo de ma mère ou de ma grand-mère dedans, dit Patmol, mais il n'arriva pas non plus à l'ouvrir. Bon. »
Harry lui ouvrit le sac-poubelle et Patmol le jeta dedans. Kreattur se mit à hurler.
« Quoi ? » demanda Patmol, agacé.
« Le- le médaillon. » réussit à souffler Kreattur.
Il se rapprocha en titubant et ressortit le médaillon de la poubelle.
« Pose ça. » dit Patmol.
Kreattur lâcha la chose immédiatement, mais cela semblait être douloureux pour lui.
« Kreattur pourrait-il ... garder le médaillon ? » demanda-t-il à Harry.
« On t'a déjà donné une bague. » répliqua Patmol.
« Kreattur rendra la bague, répondit Kreattur, en rampant pour aller agripper le jean de Patmol. Kreattur rendra le livre et la photo de Maîtresse Cissy et de Maîtresse Bella si Kreattur peut avoir le médaillon. »
« Non, dit Patmol. Le médaillon va à la poubelle. »
Kreattur reprit l'objet et le serra contre sa poitrine. Patmol lutta pour le lui retirer et Kreattur éclata en sanglots.
« Arrête ça. » dit Patmol, irrité, en jetant à nouveau le médaillon dans la poubelle.
Kreattur le fixa avant de tourner les yeux vers Harry, avec un air suppliant.
« Tu ne l'auras pas. » lâcha Patmol.
L'elfe laissa échapper un sanglot horrible.
« Pourquoi tu le veux ? demanda Harry. Pourquoi il est mieux que la bague ? »
« Kreattur a promis. » répondit-il d'une voix rauque.
Harry fronça les sourcils et adressa un regard incertain à Patmol, qui fronçait également les sourcils.
« Promis quoi ? demanda Patmol. Réponds-moi.»
L'elfe frissonna, mais ne put désobéir.
« De le détruire. Kreattur a promis au Maître, oui, il l'a promis, mais maintenant, il a échoué, oui, il a échoué, et le méchant Maître, le vilain Maître ne laissera pas Kreattur le garder ! »
L'elfe se jeta sur le sol en hurlant.
« Quel Maître ? demanda Patmol. Kreattur, arrête de pleurer. »
Kreattur s'assit, en reniflant.
« M- Maître Regulus. » hurla le vieil elfe.
Une larme coula d'un de ses yeux globuleux et il se jeta sur le sol en criant à nouveau.
« Méchant Kreattur ! » couina-t-il, en frappant sa tête contre le sol.
« Kreattur, assieds-toi et ne bouge pas ! ordonna Patmol. Plus de punitions jusqu'à ce que je te le dise ! »
Kreattur se figea et les regarda tous les deux avec des yeux rougis.
« Qu'est-ce que Maître Regulus t'a dit ? »
« De détruire le médaillon, marmonna Kreattur, en sortant le médaillon du sac. Maître Regulus- »
« Lâche ça. Oui, on sait, le médaillon appartenait à Maître Regulus, dit Patmol avec impatience. Je veux que tu me dises tout ce que tu sais sur ce médaillon et ce que Regulus faisait avec. »
« Maître, dit Kreattur avec une voix faible. Était un méchant garçon. Maître a brisé le cœur de sa mère quand il s'est enfui pour vivre avec des traîtres à leur sang. Maître Regulus était un bon garçon, et fier et heureux et il savait ce qu'il devait à sa lignée et au noble nom de Black. »
« Oui, répondit Patmol, en levant les yeux au ciel. On sait. »
« Maître Regulus a observé le Seigneur des Ténèbres pendant des années. » dit Kreattur, avec respect.
Harry grimaça, en pensant à tous les articles de journaux qu'ils avaient retiré des murs.
« Quand Maître Regulus avait seize ans- »
« Dix-sept. » murmura Patmol.
Kreattur et Harry lui lancèrent tous les deux un regard noir.
« Maître Regulus a rejoint le Seigneur des Ténèbres et il était heureux, il était fier de le servir. Et un jour, un an après qu'il l'ait rejoint, Maître Regulus est descendu dans la cuisine pour voir Kreattur et Maître Regulus ... Maître Regulus a dit que le Seigneur des Ténèbres avait besoin d'un elfe. »
« Un elfe ? » dit Patmol, en fronçant les sourcils en direction de Harry, sans que ses yeux ne soient fixés sur lui.
« Un elfe, confirma Kreattur avec pitié. Et Maître Regulus avait proposé Kreattur. Maître Regulus avait dit que c'était un honneur, pour Kreattur et pour Maître Regulus, et que Kreattur devait faire tout ce que le Seigneur des Ténèbres lui ordonnait de faire, et ensuite, il devait revenir à la maison. »
Kreattur commença à se balancer, ses bras maigrichons serrés autour de ses jambes décharnées, son souffle sortant par à-coups.
« Alors Kreattur est allé rejoindre le Seigneur des Ténèbres. Le Seigneur des Ténèbres n'a pas dit à Kreattur ce qu'ils allaient faire, mais Kreattur et le Seigneur des Ténèbres sont allés dans une grotte. Une grotte près de la mer, et derrière la grotte, il y avait une caverne et dans la caverne, il y avait un lac. Un grand lac noir. Il y avait un bateau, et le Seigneur des Ténèbres et Kreattur sont montés sur le bateau pour rejoindre une île. »
Harry se sentait nauséeux. Patmol avait l'air mal à l'aise.
« Et après ? » demanda Patmol sur un ton calme, presque doux.
« Il y avait une- une v- vasque pleine de potion sur l'île, dit Kreattur en tremblant. Le Seigneur des Ténèbres a demandé à Kreattur de la boire ... Kreattur l'a bu et Kreattur a vu des choses terribles. Le corps de Kreattur brûlait Kreattur. Kreattur a pleuré Maître Regulus et Maîtresse Black, mais le Seigneur des Ténèbres a juste ri et a fait tout boire à Kreattur ... Kreattur a bu la potion ... Le Seigneur des Ténèbres a lâché un médaillon dans la vasque vide ... Il l'a rempli avec une potion. Et ensuite, le Seigneur des Ténèbres a repris le bateau, en laissant Kreattur sur l'île. »
Kreattur renifla et essuya son nez qui coulait.
« Kreattur avait besoin de boire, il a rampé au bord de l'île et il a bu dans le lac noir ... et des mains ... des mains froides et mortes sont sorties de l'eau et ont attiré Kreattur sous l'eau. »
« Des mains ? demanda sèchement Patmol. Quelles mains ? »
« Des mains ! sanglota Kreattur. Des mains froides et mortes ! »
« Juste des mains ? »
« Des gens. Des sorcières et des sorciers. » murmura Kreattur, avec des yeux embués.
« Des Inferi. » souffla Patmol, sa bouche se tordant un peu.
« C'est quoi des Inferi ? » demanda Harry.
« Des corps réanim- des morts qui peuvent marcher et attaquer les gens. »
La bouche de Harry s'ouvrit avec horreur.
« C'était des Inferi, Kreattur ? » insista Patmol.
« Kreattur ne sait pas. Kreattur n'a jamais su ! »
« D'accord ! répliqua Patmol. Comment tu t'en es sorti ? Tu as transplané ? »
Kreattur hocha la tête.
« Maître Regulus avait dit à Kreattur de revenir à la maison, alors Kreattur est revenu à la maison. »
« Qu'a fait Reg ? »
« Maître Regulus était inquiet, très inquiet. Il a dit à Kreattur de se cacher et de rester dans la maison. Une nuit, c'était un peu plus tard, Maître Regulus est revenu voir Kreattur. Maître Regulus était perturbé, Kreattur pouvait le voir. Maître Regulus a dit à Kreattur de- de- »
Kreattur renifla et arrêta de parler.
« De quoi ? » demanda Patmol.
« Kreattur a promis. Kreattur a promis à Maître Regulus ... Personne dans la famille ... Maître ... famille. »
Harry était perdu, mais Patmol sembla comprendre.
« Raconte à Harry. » dit-il à l'elfe.
Patmol croisa le regard de Harry.
« Si ça te va d'écouter le reste ? »
Harry hocha la tête et Patmol quitta la pièce.
« Alors ... euh ... ensuite ? »
Kreattur s'approcha, sa voix couinante presque inaudible.
« Maître Regulus a dit à Kreattur de l'emmener à la grotte, la grotte où Kreattur était allé avec le Seigneur des Ténèbres. Kreattur l'a fait et Maître Regulus a bu la potion ... Il avait d'abord ordonné à Kreattur d'échanger les médaillons et de remplir de nouveau la vasque ... Maître R- Regulus avait un médaillon identique à celui du Seigneur des Ténèbres ... Et il avait dit à Kreattur que le médaillon devait être détruit ... Fait promettre à Kreattur ... Alors Maître Regulus a bu la potion, toute la potion et a ordonné à Kreattur de partir ... sans lui ... de ne jamais dire à Maître ... et Kreattur a regardé quand Maître Regulus a été attiré ... sous l'eau ... et ... et ... »
Kreattur hurla et se jeta au sol, en tapant le tapis de ses poings.
« Kreattur, assieds-toi, dit Harry. Qu'est-ce qui s'est passé quand tu es rentré ? »
« Maîtresse était malade de chagrin. Maîtresse ne savait pas pourquoi Maître Regulus ne revenait plus à la maison – tout ce que Maîtresse savait, c'était qu'il ne revenait pas – parce que Kreattur n'avait pas le d- d- droit de le dire, Kreattur avait promis de ne jamais raconter à personne dans la famille ce qui c'était passé dans la g- grotte. »
Kreattur et Harry se tournèrent tous les deux vers le médaillon, qui reposait innocemment sur le sol près de la poubelle.
« Kreattur a essayé de détruire le médaillon, Kreattur pouvait sentir qu'il était diabolique, mais rien de ce Kreattur a essayé n'a laissé de marques. Kreattur était sûr qu'il fallait ouvrir le médaillon pour le détruire, mais rien de ce que Kreattur a fait ... Tellement de sorts puissants ... Rien n'a marché ... Kreattur a échoué ! »
« Tout va bien, répondit rapidement Harry. Nous n'allons pas jeter le médaillon, je le promets, d'accord ? »
Kreattur s'arrêta au milieu d'un sanglot et leva les yeux.
« Tu sais pourquoi Regulus voulait détruire le médaillon ? »
« Kreattur ne sait pas. Kreattur sait seulement que Maître Regulus voulait le détruire. Kreattur a essayé ! »
« Je sais ! lança Harry, en essayant de le calmer. Tu as, euh ... très bien fait. Je vais, erm ... Peut-être que je vais parler à Patmol – à Maître Sirius – pour voir s'il peut essayer de le détruire. »
Kreattur se jeta aux pieds de Harry avec un hurlement. Harry lui caressa bizarrement la tête jusqu'à ce que Patmol revienne et renvoie, gentiment, mais fermement, Kreattur dans son placard pour se calmer.
Une fois que Kreattur fut parti, Harry expliqua tout ce qui s'était passé dans la caverne. Patmol semblait particulièrement morose et une fois que Harry eut terminé, il s'assit sur le canapé et se mit à se masser les tempes.
« Kreattur connaît le nom de la potion qu'il a bu ? »
« Je ne crois pas, répondit Harry. Pourquoi ? »
« J'espérais trouver un antidote. »
« Pour Kreattur ? C'est un peu tard, tu ne- »
« Pour moi. »
« Pour toi- ? demanda Harry, en clignant des yeux. Tu ne vas pas l'essayer ? »
« Je veux savoir ce que Reg voulait faire en volant le collier de Voldemort. » expliqua Patmol, en haussant les épaules.
« Peut-être qu'il l'aimait bien ? »
« Il est moche. »
Ils tournèrent tous les deux les yeux vers le médaillon.
« Apparemment, il est important. Kreattur a dit qu'il était maléfique, et je ne sais pas si tu as remarqué, gamin, mais tu as frissonné quand tu l'as touché. »
« J'ai frissonné ? »
Patmol acquiesça d'un air sinistre.
« Je n'en pensais rien, mais maintenant ... Enfin, quoique ce soit, c'est assez important pour que Reg en soit mort, et si Kreattur a essayé de le détruire, c'est qu'il y a certainement une sorte de magie noire qui le maintient en vie. »
« C'est vivant ? » cria Harry.
« Pas vivant comme toi ou moi, mais ce n'est pas juste un morceau de métal noirci non plus. Ce n'est pas naturel. »
Une des émeraudes brilla lorsque Harry pencha la tête.
« Pourquoi est-ce que c'est si important ? » demanda Harry, en l'attrapant.
« Voldemort l'a caché dans une caverne, sur une île gardée par des Inferi, dans la pire potion qu'il pouvait trouver. Il pensait apparemment que toutes ces protections étaient nécessaires ... Reg savait pourquoi, mais il n'aurait jamais laissé ce type de renseignements traîner. »
« Mais il l'a fait, répondit lentement Harry. Il y avait ce livre – celui qui avait la page sur la potion du Détraqueur marquée. »
Patmol fronça les sourcils.
« Je pourrais te parier que c'est la potion que Kreattur a bu. Et l'autre livre, celui qui parlait du médaillon, tu te souviens ? Tu voulais que je me renseigne sur cette bague. »
Patmol se leva et sortit de la pièce. Quand il revint, il tenait une pile de livres – Harry pouvait seulement imaginer comment il les avait retrouvées, étant donné l'état de désordre de la bibliothèque – dont Harry se souvenait du jour où ils avaient nettoyé la chambre de Regulus. Harry attrapa celui avec le médaillon et Patmol feuilleta le livre de potions jusqu'à ce qu'il trouve la potion du Détraqueur.
« Ça ne dit rien sur le fait que le médaillon soit maléfique, dit Harry. Ça dit juste qu'il appartenait à Serpentard. »
« Alors il a été modifié. » songea Patmol.
« Regulus pourrait avoir laissé un autre indice, dit Harry. Ou peut-être Kreattur- »
« Si Reg avait voulu laisser des indices, il les aurait laissé avec le reste. Il a sûrement pensé que c'était trop dangereux. »
« Mais il a laissé toutes ces choses, répliqua Harry, en refusant de se décourager. Il pourrait- »
Patmol secoua la tête.
« La potion du Détraqueur n'est pas si inhabituelle – elle était souvent utilisé comme sédatif à Azkaban avant qu'ils aient décidé de ramener de vrais Détraqueurs. Son utilisation a été interdite au début des années soixante-dix parce que ses effets sont plus puissants que ceux d'un Détraqueur normal, mais beaucoup de mages noirs l'ont utilisé pendant la guerre. Et Regulus aimait lire, alors un bouquin sur les vieux artefacts sorciers n'a rien d'anormal ici, et ceux-là non plus. »
Patmol désigna les livres sur les protections et la défense magique. Harry s'affaissa.
« Alors il l'a gardé secret ? Ce qu'était le médaillon ? Il ne l'a dit à personne ? »
Patmol secoua doucement la tête.
« Ce n'est pas ... Non, je ne pense pas. »
Patmol se leva soudainement et commença à faire les cent pas.
« De ce que Kreattur en a dit, je ne pense pas que Reg avait prévu de s'en sortir vivant ... »
Harry frissonna en entendant cela, essayant d'imaginer ce que c'était de marcher vers sa mort en connaissance de cause.
« Pourquoi d'autre aurait-il pris Kreattur avec lui, mais ne lui aurait pas fait boire la potion ? Non, il devait savoir ou du moins penser que c'était une possibilité et il voulait que quelqu'un comprenne pourquoi il l'avait fait ... »
« Qui ? »
Patmol garda le silence pendant un long moment.
« Voldemort. »
« Très drôle. »
« Non, vraiment, répondit lentement Patmol. A qui d'autre pouvait-il le dire ? Les personnes en qui il avait confiance seraient en danger et pourquoi l'aurait-il dit à quelqu'un dont il doutait ? »
« Mais Voldemort ? Si ce médaillon est aussi important que tu le penses, Voldemort l'aurait tué aussitôt qu'il aurait su ! »
Patmol fronça les sourcils.
« Peut-être qu'il ne lui a dit qu'après – qu'il a retardé le message d'une façon ou d'une autre ... »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Si tu avais un secret important et que tu devais le partager, mais ne pouvais le dire à personne, comment tu t'y prendrais ? »
« Je l'aurais écrit ? dit Harry après quelques secondes. Il avait un journal ou quelque chose comme ça ? »
« Non. Je ... euh ... J'avais l'habitude de le prendre et de le lire et au bout d'un moment, il a abandonné. Même s'il en avait eu un, je doute qu'il ait voulu que Voldemort le lise. »
Ils frissonnèrent tous les deux.
« Et un message ? Dans un endroit sûr, où seul Voldemort pourrait le trouver. »
« Et une information sur l'endroit où il aurait laissé le message ne serait pas trop dangereuse à laisser traîner, dit Harry. Pas vrai ? Il a peut-être laissé quelque chose – une autre note, une photo, n'importe quoi. »
« Je vais jeter un œil, lança Patmol, en se levant immédiatement. Nous n'avons rien jeté d'intéressant ou d'inhabituel, alors il y a des chances pour que ça soit toujours quelque part ici. Tu pourrais peut-être passer en revue ce qu'on a trié aujourd'hui, juste pour être sûr. »
Harry se tourna vers le sac des choses qu'ils avaient enlevé du placard et se mit à fouiller. Rien ne lui parut un tant soit peu intéressant et il replaça tout à l'intérieur, déçu. Il fixa le médaillon.
« Qu'est-ce que t'es ? » demanda-t-il.
Il ne prit pas la peine de répondre. Curieux, Harry décida d'essayer de le regarder de façon magique – après son succès de la veille, il avait regardé toute sorte de choses d'un point de vue magique.
« Ostendere me omnia. » murmura-t-il, et il sentit sa vision changer.
La pièce prit vie autour de lui – la tapisserie sur le mur se mit à briller d'un vert pâle, le sac-poubelle était coloré d'argent, de bleu et de marron. Harry pouvait voir ses propres étincelles rouges et or.
Et il y avait le médaillon. Noir, comme une ombre, mais ce n'était pas comme si la lumière y était bloquée, c'était comme s'il aspirait la lumière à l'intérieur. Du vert et de l'argenté clignotèrent au milieu du noir, si faiblement que c'était presque invisible, et jamais au même endroit plus d'une seconde. Harry le lâcha, en sentant sa peau fourmiller. Kreattur avait raison, même s'il n'en avait pas douté. C'était maléfique.
« Finite. » murmura-t-il.
La magie disparut – elle était toujours là, mais invisible pour ses yeux.
« Qu'est-ce que tu es ? » demanda-t-il encore.
Les émeraudes brillèrent méchamment. Harry décida de le reprendre, en le tenant délicatement à distance de son bras, tandis qu'il essaya de l'ouvrir de nouveau. Ça ne marcha pas. Il fronça les sourcils.
« Ouvre-toi, dit-il, frustré. Ouvre-toi. Ouvre-toi. »
Il s'ouvrit, tout comme la porte.
