Salut ! Fin du suspens pour ceux qui attendaient, suite de la traduction pour ceux qui ont triché et ont jeté un œil à la fiction en anglais ! ;) Une bonne lecture et une belle semaine à tous !


Harry sursauta et regarda l'encadrement de la porte, mais Patmol n'était pas là. Les sourcils froncés, il reporta son attention sur le médaillon et le lâcha par surprise. Il y avait un œil à chaque fenêtre, sombre et attentif, qui le regardait.

Les yeux lui firent sentir un étrange picotement au niveau de sa cicatrice. Harry était immobile. L'œil se tourna, devint rouge et mince, et repéra Harry. Il le regarda et sortit lentement sa baguette de sa poche.

« N'essaye pas. » siffla le médaillon.

« Quoi ? » demanda Harry, sous le choc.

« Le mieux que tu puisses espérer, c'est de me lancer des étincelles dessus, gamin, peut-être même pas. »

« Petrificus Totalus ! » lança-t-il avec un air de défi.

Rien ne se passa.

« Je t'avais dit de ne pas t'embêter. »

Un instant plus tard, la tête de Patmol sortit du médaillon et son corps suivit. Il était trop solide pour être un fantôme, mais il n'était pas non plus transparent. Harry était toujours relativement novice en matière de magie, mais il était complètement sûr que ce n'était pas normal.

« Tu es faible. » lui dit le Patmol du médaillon.

« Je- quoi ? » dit Harry, confus.

« Même pas capable de se défendre contre un médaillon. Je ne sais pas pourquoi je m'embête. »

« T'embêter avec quoi ? »

« Avec toi, idiot. Je t'ai juste emmené pour tenir une promesse que j'avais faite à ton père. Ça ne vaut pas le coup. J'aurais mieux fait de te laisser avec ta tante. Je choisirais même Azkaban plutôt que ça. Au moins, là-bas, je n'avais pas à supporter des enfants et des elfes de maison. »

Harry fronça les sourcils.

« Je t'ai blessé, gamin ? Laisse-moi deviner, ton père et ta mère te manquent ? Moi aussi. Et je les connaissais, moi. A cause de toi, ils sont morts. Tu les as tués. Tu es la raison pour laquelle ils sont morts. »

Harry frissonna et sa cicatrice le picota à nouveau.

« Qui es-tu ? » demanda-t-il au Patmol du médaillon.

« Je suis ton parrain, Harry Potter. »

Harry frissonna de nouveau. Le Patmol du médaillon ouvrit les bras.

« Viens ici. » dit-il.

Harry recula d'un pas.

« Harry, viens ici. »

Harry secoua la tête.

« Harry, maintenant. »

« Non. » dit Harry, en reculant encore.

« Je veux juste un câlin. » dit Patmol avec une voix douce.

« Patmol ! » cria Harry par-dessus son épaule.

« Arrête de m'appeler ! Je suis juste là ! »

Si le Patmol du médaillon n'aimait pas ça, Harry pensa qu'alors, il avait d'autant plus de raisons de continuer de le faire.

« Patmol ! »

« Tais-toi ! »

Le Patmol du médaillon se rapprocha de Harry qui lui jeta un autre sortilège d'Entrave. Le sort lui passa à travers, comme si c'était de la fumée, même s'il paraissait bien trop solide. Le Patmol de médaillon leva la main vers Harry, qui se précipita vers la porte et la claqua derrière lui. Il y eut un bruit de l'autre côté. Harry appuya sur la porte de tout son poids, espérant désespérément de garder la chose à l'intérieur. Il y eut un nouveau coup, le renversant presque. Un autre coup, et la porte se mit à craquer. Des pas. Harry se tendit.

Il y eut un cri très fort – presque assourdissant – qui sortit du salon et tout devint ensuite silencieux. Harry attendit quelques secondes et jeta un œil sous la porte. Il ne pouvait rien voir et c'était toujours silencieux, alors il se recula un peu. Il attendit et puisque les choses étaient toujours calmes, il ouvrit la porte.

Le médaillon était innocemment posé au milieu du salon, à quelques centimètres de l'endroit où il l'avait lâché, et il était toujours ouvert, les yeux noirs observant le moindre de ses gestes. Il frotta sa cicatrice machinalement et s'avança encore, la baguette levée et ensuite, soudainement, le médaillon se referma et souffla la pièce. Il fut jeté au sol, jusque sur le palier, et perdit conscience quelques instants.

Un moment après, Patmol était penché sur lui, le visage blanc.

« Gamin ? »

La cicatrice de Harry le fit grimacer et sans y penser, il libéra son bras et roula sur le côté, la baguette levée.

« Harry ? Qu'est-ce qu'il se passe ? J'ai entendu crier et- »

« Le médaillon, dit Harry, en se frottant le front. Je ne sais pas comment ou pourquoi, mais il s'est ouvert. Tu en es sorti, tu me parlais, mais ce n'était pas toi ... »

Ils fixèrent tous deux le salon, qui avait été détruit. C'était comme si une bombe avait explosé, mais sans feu, si l'on ne tenait pas compte des traces de brûlures dues aux lampes cassées.

Les choses avaient été soufflées des murs, les fenêtres avaient été brisées, tout comme les miroirs des armoires. La tapisserie des Black reposait sur le sol en un tas froissé, les canapés avaient été retourné – l'un avait été affublé d'un gros trou, avec du rembourrage qui en sortait – et le sac-poubelle avait explosé en une masse de papiers, de métal et de petits morceaux de bois.

Le verre s'écrasa sous les chaussures de Patmol tandis qu'il entrait dans la pièce. Il essaya d'attraper le médaillon, jura bruyamment et retira sa main.

« Quoi ? » demanda Harry, en se précipitant, la baguette levée.

« C'est chaud. »

Patmol souleva le médaillon avec sa baguette et le fit léviter jusqu'à eux.

« Qu'est-ce que tu faisais exactement ? » demanda-t-il, en examinant le médaillon avec des yeux plissés.

Il était intact.

« Je ne sais pas ! J'étais juste en train d'essayer de l'ouvrir ! »

« Comment ? »

« Je ne sais pas ! cria Harry, de nouveau. J'essayais mais ça ne s'ouvrait pas, alors ça m'a agacé et je lui ai dit de s'ouvrir et à l'intérieur- à l'intérieur- »

Harry écarquilla les yeux.

« Le message ! Le message de Regulus ! »

« Tu l'as trouvé ? » demanda Patmol, les yeux grands ouverts.

« Non- oui- peut-être- »

« Harry, ce que tu dis n'a aucun sens. »

Pourtant, tout semblait avoir du sens pour Harry.

« Et si le message était dans le faux médaillon ? »

« Bien sûr. » souffla Patmol.

« S'il devait juste prendre le médaillon, dit Harry, en prononçant les mots alors qu'ils se formaient à peine de son esprit. Il ne se serait pas ennuyé à faire un échange. Il voulait que Voldemort le trouve. »

« Il faudra qu'on y aille. » dit Patmol.

« Y aller ? »

« Dans cette caverne. Peut-être que Voldemort n'a pas encore trouvé la note- »

« Ça fait neuf ans. » dit Harry, dubitatif.

« Oui, mais il était mort la plupart du temps. »

« Mais ... Si c'est aussi important- »

« Il ne voudrait pas attirer l'attention dessus, dit Patmol. S'il s'était pointé dans une caverne au milieu de nul part toutes les semaines, quelqu'un l'aurait remarqué. Même les mangemorts ne sont pas si bêtes. Et même s'il l'a vérifié, qui dit qu'il l'a ouvert ? Même s'il n'y a qu'un mot ou deux là-dedans ... C'est quelque chose. Ça doit valoir le coup. »

« Et si ce n'est pas le cas ? S'il est déjà venu et qu'il l'a lu ? »

« On ne peut pas le savoir sans y aller, dit Patmol. Il doit y avoir un moyen de voir si le médaillon est là avant de boire la potion du Détraqueur. Si on peut voir que le médaillon n'est pas là sans toucher la potion, on devrait pouvoir partir sans rien déranger. »

« Et s'il est là ? »

Patmol sourit d'un air sinistre.

« J'ai passé sept ans de ma vie avec des Détraqueurs, dit-il. Je peux gérer ça. En plus, Kreattur y a été plusieurs fois, et nous avons les connaissances de Regulus ... Ce n'est pas comme si nous improvisions. »

« Nous ? Je peux venir ? » demanda Harry, incapable d'en croire ses oreilles.

« Personnellement, je préférerais que tu restes ici, dit-il. Mais ... »

« Mais quoi ? »

Patmol repoussa la frange de Harry, révélant sa cicatrice.

« Mais, soupira-t-il. Tu as sûrement encore plus de légitimité à y aller que moi. »

« Alors je peux venir ? » répéta Harry, stupéfait.

« Il y aura des règles, l'avertit Patmol. Tu resteras sur la rive. Tu ne viendras pas avec moi sur le bateau, ou sur l'île. »

Harry ouvrit la bouche pour protester, mais l'expression de Patmol n'invitait pas à la négociation et c'était suffisamment rare pour que Harry ferme la bouche et se contente d'acquiescer.

« Il faudra que tu apprennes certains sorts dont tu pourrais avoir besoin. »

« Quels sorts ? »

« Je ferais une liste, dit Patmol. Et au final, si les choses tournent mal, comme pour Reg et Kreattur, et que je te dis de foutre le camp, tu écouteras. »

« Et quoi, te laisser là-bas ? »

« Si c'est nécessaire. » dit Patmol, avec un air assuré.

« Mais- »

« Harry, si tu ne peux pas gérer ça, tu n'iras pas. » dit Patmol.

Harry finit par acquiescer lentement.

« Magnifique. » dit Patmol, en claquant ses mains comme si Harry avait accepté de laver la vaisselle, plutôt que de le laisser face à sa mort.

L'ambiance s'allégea si rapidement que Harry se sentit un peu perdu.

« Maintenant, aide-moi à nettoyer ce bazar. »

Ils passèrent le reste de l'après-midi à réparer le salon et à trouver un endroit sûr pour le médaillon. Au final, Patmol restaura un meuble du salon et envoya Harry chercher d'autres objets de la maison pour qu'ils puissent y placer le médaillon sans qu'il ne se démarque de ces bibelots.

Une fois fini, Patmol lança un bon nombre de sorts sur le meuble pour garder le médaillon en sécurité ; il y avait un sortilège d'alarme qui se déclencherait si quelqu'un touchait le meuble, un charme du Bouclier pour protéger le meuble et ces objets contre un éventuel dommage, un sortilège Collant pour empêcher le meuble de bouger, d'être déplacé ou volé, un sort de Verrouillage complexe sur la porte de l'armoire, et un charme de Détournement d'attention pour rendre le meuble insignifiant aux yeux de ceux qui le regardaient.

Même avec tout ça, Harry ne l'aimait pas beaucoup et était impatient de pouvoir trouver ce dont il s'agissait et comment le détruire.


Deux jours plus tard, Harry était dans la bibliothèque, à méditer sur l'ancien exemplaire du Livre des sorts et enchantements, niveau un, de Regulus – Harry avait appris que celui de Patmol avait été détruit trois jours après son arrivée à Poudlard dans un incident qui avait impliqué des feux d'artifice et le hibou de James, et ses parents avaient refusé de lui en acheter un autre – quand Patmol entra dans la pièce. Il s'assit en face de Harry et le fixa avec un regard gris et rigide.

« Tu vas bien ? » demanda Harry.

« Assez bien, répondit Patmol, en soupirant. Tu es sûr que tu veux venir avec moi dans cette caverne ? »

Harry hésita un peu, mais hocha la tête.

« Sûr. »

Patmol soupira encore, mais n'eut pas l'air surpris et sortit un morceau de parchemin de sa robe.

« Avant que tu n'ailles où que ce soit, tu dois savoir faire tout ça, dit-il. D'accord ? »

Harry baissa les yeux sur ce qui s'avéra être une liste détaillée :

- Sortilège de Feu

- Sortilège d'Allumage de baguette

- Sortilège de Découpe

- Maléfice du Pot de Colle

- Sortilèges d'Entrave

- Maléfice du Croche-Pied

- Transplanage

« Tout ça ? demanda Harry, les sourcils levés. Je dois être capable de transplaner ? »

Patmol le fixa avec un regard soutenu et Harry s'enfonça dans son siège.

« Je vérifiais juste. »

« Tu devrais pouvoir en apprendre certains par toi-même, dit Patmol. Tu en connais déjà plusieurs, comme le sortilège d'Allumage de baguette et les sortilèges d'Entrave. »

Harry se réjouit un peu à cette pensée, mais il savait que le transplanage allait être la chose la plus difficile. Il se débattait toujours avec l'incantation informulée de vision de la magie, par Merlin !

« Je t'apprendrais le reste. Des questions ? »

Harry secoua la tête.

« Excellent. Et, commença Patmol. Mettons-nous tout de suite d'accord sur le fait qu'aucun de nous ne va s'énerver avec ça. Nous irons là-bas quand nous serons prêts, pas avant. »

Harry acquiesça, en pensant intimement que ça pouvait représenter des années si Patmol ne changeait pas d'avis concernant la liste.

« Je ne veux pas que tu t'empêches de dormir, ou que tu te stresses pour ça. Ça vaut pour moi aussi. Si j'ai l'air inquiet – et ça pourrait être juste parce que nous avons le Ministère entier sur le dos – n'hésite pas à me donner un coup ou à me lancer un sort ou quoi que ce soit. Et si à un moment ou un autre, tu sens que tu n'arrives pas à gérer tout ça, dis-le moi. On est d'accord ? »

Patmol tendit la main. Harry la serra.

« D'accord. »

« Génial. »

Patmol se leva, parcourut un peu la bibliothèque – tout en grommelant sur le manque d'organisation des étagères – et sélectionna un gros livre, qui titrait 'Quand les morts marchent'.

Il frémit en voyant l'illustration sur la couverture et l'ouvrit, parcourant son contenu avec des sourcils froncés. Harry ferma son livre et se rapprocha de son parrain pour pouvoir lire également. Patmol feuilleta le livre jusqu'à la page qu'il cherchait et plaça le livre entre eux.

Les Inferi sont des cadavres, réanimés pour réaliser les souhaits d'un sorcier. Contrairement aux zombies, ils n'ont aucune capacité à penser par eux-mêmes, même s'ils partagent le même état de décomposition, la même peau grise, la même inaptitude à articuler correctement et la même apparence plus ou moins humaine. Les Inferi sont territoriaux et peuvent donc être d'excellents gardiens, leur créateur étant la seule personne en sécurité à leur approche.

Ils sont agressifs s'ils se sentent provoqués, mais sélectionnent souvent leurs victimes, choisissant d'attaquer en premier la menace qui leur paraît la plus grande. Ils sont aussi résistants à de nombreux sorts et maléfices en raison de la détérioration de leur système nerveux. Les Inferi sont des créatures nocturnes et ne sont que très rarement observables en journée ; la lumière du soleil, tout comme le feu, est l'une des seules choses capables de faire obstacle à ces créatures humanoïdes.

En dessous du texte, il y avait une photo – mobile – particulièrement représentative d'une sorcière attaquée par un grand Inferius. Harry frissonna, se sentant malade, et même Patmol eut l'air révolté. Le passage se poursuivit, mais Harry ne comprenait pas ce qu'il racontait, alors il abandonna la lecture et retourna à son propre livre.

Il jeta un œil au sommaire et chercha les sortilèges de Feu. Il y avait un chapitre entier sur la magie élémentaire et bien que la magie en lien avec l'eau, les plantes et la glace ne lui semblait pas terriblement utile, Harry pensa que la magie liée au vent pourrait certainement être intéressante à connaître, tout comme celle liée au feu. Il continua de lire la théorie pendant presque une heure et s'en alla pour s'entraîner dans la cheminée du salon puisque celle de la bibliothèque était déjà allumée.

Faire du feu, Harry l'avait vite appris, était remarquablement facile, mais le contrôler était une autre affaire. Patmol avait réussi à sauver les canapés du salon et Harry avait promis, l'air penaud, qu'il utiliserait la salle d'entraînement à l'avenir. Curieusement – ou peut-être pas, étant donné tout ce qu'il avait fait durant sa propre enfance – Patmol ne lui en voulait pas du tout.

« Je suis juste déçu. » avait-il dit, en examinant les rideaux légèrement brûlés.

Harry avait senti son cœur descendre dans ses chaussettes. Il aurait largement préféré qu'il soit en colère.

« La prochaine fois que tu veux mettre le feu à quelque chose, commença-t-il, sévèrement. Essaye au moins de t'en prendre à cette foutue tapisserie. »

Harry cligna les yeux et il laissa échapper un petit rire incrédule. Patmol lui fit un clin d'œil, ébouriffa ses cheveux et retourna à l'étage, laissant Harry le fixer.


« Salut, Lupin. » dit une voix joyeuse.

Remus se tourna, en souriant.

« Bonjour, Nymphadora- désolé, Tonks. »

« Beaucoup mieux, dit-elle, ses cheveux revenants au violet d'aujourd'hui, avant qu'elle n'hésite un peu. J'ai lu dans la Gazette du Sorcier que tu avais trouvé Harry Potter. »

Il est en vie, il est en vie, il est en vie ... Il s'était répété ces mots dans sa tête depuis ce jour à Londres.

« Et qu'il s'était échappé ? » demanda Remus, avec un air triste.

« Oui, ça aussi. C'est vrai alors ? »

Remus acquiesça, sa bonne humeur disparaissant.

« Pauvre enfant. »

« Si le Ministère avait été là cinq minutes plus tôt, nous les aurions eu tous les deux. » soupira Remus.

Il était toujours incroyablement contrarié par cela et même s'il avait essayé de ne pas le montrer, sa voix le trahit. Nymphadora lui adressa un regard malicieux.

« C'est la raison pour laquelle tu as frappé cet Auror ? »

Remus lui adressa un coup d'œil en biais et sourit légèrement.

« C'est remarquable que tant de gens sachent ça. »

Et ça l'était, étant donné que la Gazette n'avait pas publié cette partie de l'histoire.

« Papa travaille avec le Ministère, dit-elle, en haussant les épaules. Aux relations moldues. Il était l'un des premiers là-bas après qu'ils t'aient emmené. »

« Je vois. »

« Tu es toujours volontaire pour les recherches, ou tu n'en as plus le droit ? »

« Non, je cherche toujours, mais il est de plus en plus difficile d'obtenir des ordres de Lucius Malefoy. »

Il avait commencé par refuser de laisser Remus entrer au Manoir et quand Remus lui avait demandé pourquoi, il avait répondu sur un ton mielleux qu'il ne voulait pas se faire casser le nez comme le pauvre Rufus Scrimgeour. Dernièrement, ils avaient donc mené leurs entretiens à travers les grilles du Manoir.

« Je l'ai rencontré quelques fois – c'est mon oncle, tu savais ? »

Remus, qui le savait, acquiesça.

« Un vrai salaud, et ma tante est une snob, ou du moins, je crois. Maman ne semble pas trop savoir que penser et Papa est assez intelligent pour garder ses pensées pour lui. »

Remus sourit légèrement.

« Tonks ! »

Nymphadora et Remus se tournèrent pour faire face à un garçon en uniforme de Serpentard. La main de Remus se referma sur sa baguette, juste au cas où, mais elle ne semblait pas du tout inquiète.

« Salut, Tom ! » s'exclama-t-elle.

« Salut- Vous êtes qui ? » demanda-t-il, en apercevant Remus.

Il semblait hésiter sur le fait d'attraper sa baguette.

« C'est Remus Lupin. » répondit rapidement Nymphadora, en remarquant la méfiance de Tom.

Étrangement, il ne demanda rien de plus que ça ; Remus supposa qu'il faisait confiance au jugement de Nymphadora, et pensa que peut-être la rivalité entre les Maisons avait un peu diminué ... Ou peut-être que Tom n'était qu'une exception.

« Tu as vu Weasley ? »

« Lequel ? » demanda Nymphadora, l'air malicieux.

Tom la fusilla du regard.

« Pas Joseph. La raison pour laquelle quelqu'un pourrait chercher ce crétin me dépasse. »

Nymphadora émit un petit son que Remus prit pour une confirmation.

« Tu veux dire Roger ? » demanda-t-elle, avec des yeux grands ouverts qui donnaient à Remus l'impression qu'elle mijotait quelque chose.

Tom laissa échapper un bruit agacé, ce qui confirma sa théorie.

« Non ? Bon, essayons les cousins alors ... Percy ? »

« Charlie. » soupira Tom.

« Oh ! Tu voulais notre Weasley. »

Tom serra les lèvres.

« Il est avec les filles, dit Nymphadora. Je ne sais pas où. »

« Très utile, marmonna Tom, en roulant des yeux. Merci ... Nymphadora. »

Et il s'en alla sans rien dire d'autre.

« Durban ! » cria Nymphadora.

Tom lui adressa un sourire par-dessus son épaule et poursuivit son chemin.

« Les Serpentard ! » souffla-t-elle.

« Tu peux aller avec lui, si tu veux. » dit Remus, en recommençant à marcher.

« Je le trouverais plus tard. » répondit-elle, en haussant les épaules.

« D'accord. » dit-il.

Nymphadora laissa échapper un drôle de bruit, comme pour indiquer que Remus marchait droit vers un mur et décida de se retenir.

« Tu es là pour voir Dumbledore ? » demanda-t-elle, à la place.

« Oui, c'est ça. » dit-il, en soulevant une tapisserie qui révéla un escalier qui semblait mené deux étages plus haut.

Le bureau de Dumbledore changeait de place chaque année – Remus suspectait que c'était pour garder les élèves et les enseignants en alerte – et cette année, il était au troisième étage.

« Je n'ai jamais su qu'il y avait ça, ici. » dit-elle, ses yeux sombres grand ouverts.

Curieuse, elle le suivit à travers, mais trébucha sur la première marche. Elle se redressa aussi vite, les cheveux roses pâle, avant même que Remus ne puisse lui proposer son aide.

« Je suis horriblement maladroite, soupira-t-elle. Je tiens ça de ma mère. »

Avec intérêt, elle balaya l'endroit du regard.

« Où est-ce que ça mène ? »

« Au troisième étage. Près de cette armure qui insulte tout le monde. » dit Remus.

Nymphadora se mit à rire.

« Charlie a appris tout ce qu'il sait de cette armure. »

« Il peut remercier James et Sirius, expliqua Remus, en souriant faiblement. Ils ont tout appris à Paul. »

« Sirius ... comme ... Black ? » demanda Nymphadora, avec hésitation.

« Oui. » répondit Remus, amèrement.

« Et James ... Pas James Potter ? » demanda-t-elle.

« Si, un autre de mes amis. » dit Remus, en souriant maintenant.

« Je pense que je me souviens de lui, dit-elle, pensive. C'est le père de Harry Potter ? »

« Oui. »

Elle acquiesça, l'air pensif.

« Et Paul ? » demanda-t-elle.

« C'est plutôt explicite. » répondit Remus, ses lèvres frémissantes.

« Je ne ... Paul ? »

« Parce qu'il est malpoli, expliqua Remus, en grimaçant un peu. Sirius a toujours eu une sorte de fascination pour les jeux de mots. »

« Il aurait probablement de quoi faire avec mon nom, dit-elle sombrement. Pas que je compte rencontrer le cousin de Maman, mais bon ... »

« Il avait l'habitude de dire que tu étais une enfant 'adorable'. » dit Remus, en se souvenant tout à coup.

Sa bouche s'ouvrit largement et ses yeux devinrent jaunes comme le soleil tandis qu'elle éclatait de rire.

« Dora ... adorable ... C'est nul ! » lança-t-elle.

« C'est vrai. Mais quand ton propre nom, c'est Sirius ... »

« C'était quoi ton jeu de mots ? » demanda-t-elle.

« Je n'avais rien qui était 'adorable', moi, mais il s'est débrouillé pour trouver une rime quand on était en première année. »

Elle le regarda attentivement jusqu'à ce qu'il laisse échapper un soupir.

« Lupin, le turlupin zinzin. »

Nymphadora se mit à rire.

« C'est un des préférés de Peeves ! »

Étrangement, cela ne surprit pas Remus.

« De la faute de James, ça, dit-il, en souriant malgré lui, avant d'anticiper la question suivante. Le jeu de mots de James avait un lien avec la poterie. »

Cette blague s'était arrêtée en sixième année quand James avait décidé que cela pouvait diminuer ses chances avec Lily, mais elle avait mérité une place dans le discours de Sirius au mariage de James.

« Vous aviez l'air drôle tous les trois, dit-elle, en souriant. Même Black. »

« On était quatre, en fait. Peter Pettigrow était aussi notre ami. »

« Le garçon- l'homme que Black ... ? »

« Oui. » répondit doucement Remus.

« Je suis désolée. » dit Nymphadora.

« Ça fait des années. » répondit Remus.

C'est comme si c'était hier, pourtant. Remus posa la main sur le mur – qui semblait si solide – et il s'ouvrit.

« Qu'est-ce que vous foutez ici ?! demanda Paul, en faisant craquer son armure. Ne m'ignorez pas, salauds ! Je vous ai demandé ce que vous foutiez là ! »

Il secoua son bouclier dans leur direction.

« Et toi, traînée ! Ramène-toi et regarde-moi quand je te parle, bordel ! »

« Ça semblait drôle, à l'époque, murmura Remus tandis qu'ils tournaient à un angle de couloir. Mais il ne donne pas vraiment un bon exemple aux premières années. »

« Il a fait pleurer quelqu'un chaque année depuis que je suis arrivée, dit joyeusement Nymphadora. Et il ennuie terriblement Rusard, mais Dumbledore dit qu'il fait parti de l'histoire de l'école et tout ça ... »

Remus secoua la tête, pas surpris pour un sou.

« Alors, comment ça se passe à l'école ? »

Il l'avait vu en dernier au début du mois d'avril, mais maintenant, les A.S.P.I.C. étaient imminents, s'ils n'étaient pas déjà en cours ; il se rappelait la première semaine de juin comme extrêmement stressante.

« J'ai eu mon examen de potions hier, dit-elle en souriant. Je pense que ça s'est bien passé ; il y avait le choix alors j'ai fait les quatre premières étapes de la potion Tue-loup. J'étais partie pour faire les quatre premières étapes du Véritaserum, mais trois personnes de ma classe avaient choisi ça, alors j'ai essayé de faire quelque chose de différent. »

« Impressionnant, dit Remus, faiblement. Je- J'ai entendu dire que c'était plutôt complexe. »

« Ce n'est pas si dur, dit-elle, en réfléchissant. La cinquième étape est sans doute la plus difficile et je n'ai pas eu à la faire. »

Remus se débrouilla pour déglutir.

« Qu'est-ce qu'il reste comme examen ? »

« Sortilèges demain, expliqua-t-elle. Métamorphose le jour d'après – qui sera facile, merci Merlin ! - et Défense et Botanique vendredi. »

« Alors tu ne fais que réviser aujourd'hui ? »

« Procrastiner, plutôt, soupira-t-elle, en agitant la main vers Remus. J'ai dit à Alfred que je le rejoindrais à la bibliothèque juste après le petit-déjeuner pour réviser les sortilèges, mais me voilà, à te parler. »

« Dis à Alfred que je m'excuse. » dit Remus, avec un air désolé.

« Il ne va même pas remarquer. Il doit être en train de rêver de Jaquiline Gamp, mais tout le monde sait qu'elle préfère Pius Thicknesse. »

« Je vois. » répondit Remus, qui n'avait aucune idée de qui pouvaient être ces personnes.

« Honnêtement, je pense que c'est ridicule, faire un chaudron à propos de qui plaît à qui comme si nous avions de nouveau onze ans. »

Elle leva ses mains en l'air et ses cheveux passèrent à une étrange couleur – un mélange entre le vert et l'orange.

« Si quelqu'un aime quelqu'un d'autre, il devrait juste le lui dire. »

« Franche. » observa Remus.

« Je veux être Auror, pas politicienne. » dit-elle, en haussant les épaules.

« Tu es sûre ? demanda Remus, en souriant. Tu sembles avoir des idées bien arrêtées. »

« C'est vrai, dit-elle, en haussant de nouveau les épaules. Et je ne pense pas que j'ai des 'idées bien arrêtées'. Je pense juste que les gens devraient se comporter d'une façon normale pour leur âge. »

« Tu te comportes comme quelqu'un qui a bien plus que dix-sept ans. » dit Remus.

« Non, dit-elle, ses cheveux devenus roses. Ça en donne l'impression parce que tous les autres s'efforcent d'agir comme des premières années. »

Remus n'était pas d'accord, mais ne put se permettre de la contredire, car ils avaient atteint la gargouille de pierre qui annonçait l'entrée du bureau de Dumbledore.

« Lupin, dit la gargouille. Le mot de passe ? »

« La gargouille de Dumbledore t'appelle par ton nom ? » demanda Nymphadora, impressionnée.

« Ne demande pas, répliqua Remus, en rougissant un peu. C'est plus à cause de James et Sirius qu'à cause de moi. »

« Je me souviens de Potter et Black ! Dis-leur bonjour de ma part, d'accord ? » demanda la gargouille.

« Euh ... » commença Remus, ses yeux dirigés sur l'expression inconfortable de Nymphadora. Bien sûr. »

« Je te vois plus tard. » dit Nymphadora, en lui tendant la main.

Il la serra, lui lançant un sourire chaleureux – et essaya d'ignorer la façon dont ses yeux s'écarquillaient alors qu'elle remarquait ses cicatrices. Cependant, elle s'abstint de tout commentaire et elle s'éloigna dans le couloir, trébuchant un peu dans le bas de sa robe.

« Est-ce que je dois t'attendre toute la journée ? » se plaignit la gargouille.

« Non, désolé. Sorbet citron. »

« Tu m'as fait attendre pour rien. Et en plus, je pensais que tu ne connaissais pas le mot de passe ... »

« Tu m'aurais laissé entrer, de toute façon. »

La gargouille lui adressa un clin d'œil et s'écarta. Le mur derrière elle se sépara, révélant un escalier plus que familier. Remus y grimpa, et un instant plus tard, se retrouva debout devant la porte du bureau de Dumbledore. Il leva le bras pour frapper, mais une voix profonde se fit entendre avant qu'il n'ait pu le faire.

« Entrez ! »

Secouant la tête, Remus entra dans le bureau.

« Bonjour, Monsieur. » dit-il en fermant la porte.

« Ah, Remus ! Je me suis dit que vous vous étiez peut-être perdu ! »

« Non, j'ai juste été distrait. »

Dumbledore sourit largement.

« Asseyez-vous, mon cher. »

Remus fit apparaître un fauteuil et prit place.

« Je peux vous proposer une douceur ? »

« Non, merci. Je viens juste de déjeuner. »


« Drago. » dit Mère, doucement.

Drago arrêta de suite de jouer avec les boutons de son gilet.

« Désolé, Mère. » dit-il, en laissant sa main tomber le long de son corps.

Elle lui adressa un sourire doux.

« Fais un effort ce soir. »

« Oui. » répondit-il, en attendant qu'elle se soit tournée pour grimacer.

« Drago, je le pense, le prévint-elle, en se retournant vers lui. Je ne veux pas d'une répétition de la dernière fois. Je n'ai pas pu regardé Audra Crabbe en face pendant des semaines. »

« C'était un gâteau, protesta-t-il faiblement. Je n'avais pas prévu de le faire exploser- »

Mère croisa et tint son regard.

« Oui, Mère, dit-il, en jouant avec son gilet, brodé d'argent. Je suis désolé. Ça n'arrivera plus. »

« Je ne pense pas, non. » répondit-elle froidement.

« Allons, allons, Narcissa. » dit Père, en entrant dans le salon.

Il était habillé comme Drago, pantalon noir, un gilet noir brodé d'argent et une longue cape noire. Hydrus venait après lui, habillé exactement comme Drago, mais en vert, comme la robe de Mère.

« Les accidents arrivent aux meilleurs d'entre nous. »

Ses yeux croisèrent ceux de Drago, identiques aux siens.

« N'est-ce pas, fils ? »

« Oui, Père, dit Drago, soulagé. Je promets que ça n'arrivera plus. »

« En parlant de promesses, Père, je sais que Bosworth se tiendra bien. » gémit Hydrus, en caressant le rat qui était à sa place habituelle, sur son épaule.

« J'ai dit non, répondit Père avec irritation. Emmène-le en haut et laisse-le là-bas. »

Hydrus lâcha un bruit de colère et piétina jusqu'à l'étage.

« Va et arrange tes cheveux. » dit Père à Drago.

« Oui, Père. » murmura Drago, avant de s'en aller.

Il marcha rapidement – n'osant pas courir puisque Père n'était pas de bonne humeur – pour sortir du salon. Il passa le couloir de l'entrée, grimpa le large escalier, longea un autre long couloir et rejoignit sa chambre. Il traversa la pièce, ignorant les couinements de Roquefort depuis l'intérieur de sa cage, et entra dans sa salle de bain.

Son reflet le regarda ; un visage fin avec un menton pointu et les yeux gris de Père. Le visage de son père, exactement ce qu'avait dit Tante Bella lors de leur dernière visite, même s'il n'était pas aussi impassible. Je m'améliore, cela dit, pensa-t-il avec fierté. Plus que Hydrus, en tout cas.

Il attrapa un petit pot gris sur le marbre et prit un peu de gel.

« Un peu trop, non ? » demanda son miroir.

« Non. » répliqua Drago, en remettant une mèche de cheveux en place.

Quand il eut fini, il ressemblait exactement aux photographies qu'il avait vues de son père au même âge. Même son expression lui ressemblait ; calme et satisfait, un peu ennuyé. Bien, maintenant- CRACK !

« Dobby ! souffla Drago, après avoir sursauté en s'écartant du petit elfe. Ne fais pas ça ! »

« Dobby est désolé, jeune Maître, couina l'elfe, en s'inclinant tellement que ses oreilles touchèrent le sol. Mais Maître envoie Dobby chercher le jeune Maître et lui demande de se dépêcher, monsieur. »

« Je vais aussi vite que je peux. » répondit Drago, agacé.

« Maître dit maintenant, jeune Maître. » dit Dobby, ses yeux verts écarquillés tandis qu'il tordait son pagne sale.

« D'accord. » cria Drago.

Il attrapa le bras maigre de l'elfe et la salle de bain s'étira, se tordit et disparut pour être remplacé par le salon. Drago vacilla, en essayant de reprendre une respiration normale, mais une main puissante dans le dos de sa robe l'empêcha de tomber. Dobby disparut aussitôt.

« Et vous vous rappelez de mon plus jeune fils ; Drago. » dit Père, en serrant son épaule au point que ça en devint douloureux.

Drago cligna des yeux, réajustant sa vision.

« Oui, mais plus si jeune ; joyeux anniversaire, Drago. » dit le vieux et gros Roderick Crabbe, en grattant sa barbe pointue.

« Merci. » dit Drago poliment.

Il n'était pas supposé ajouter 'Monsieur' quand il parlait aux Crabbe ou aux Goyle parce qu'ils n'étaient pas des Sang-Purs, même s'ils s'en revendiquaient. Audra hocha la tête.

« Il est le responsable de l'incident avec le gâteau, n'est-ce pas ? »

Les joues de Drago s'enflammèrent, mais la main de son père ne l'autorisa pas à bouger d'un millimètre. Mère se mit à rire bruyamment. C'était un son aigu, comme de la glace brisée.

« J'avais oublié cet événement. » dit-elle en souriant à Audra.

L'autre femme lui rendit son sourire avant de reporter son attention sur Cyril, deux ans. Mère adressa à Drago un regard éloquent – sans colère, cela dit.

« Tu te souviens de mon Vincent, Drago ? » demanda Roderick.

« Oui. » répondit Drago, en tournant les yeux vers son frère et le garçon trapu qui portait une coupe au bol.

Ils s'étaient rencontrés plusieurs fois dans le passé ; Drago n'était pas très fan du garçon, mais il s'était toujours plus intéressé à Hydrus alors ce n'était pas un problème.

Le feu de la cheminée devint vert et grossit. Ernest Parkinson, un homme à la mâchoire carrée, en sortit, suivi par sa femme Sonja, fine avec un air maladif, et sa fille Pansy qui avait des cheveux noirs comme son père, de grands yeux marrons comme sa mère et un nez retroussé qui ne venait d'aucun des deux.

Ils avaient juste terminé les salutations que les Greengrass arrivaient ; le rondelet et petit Marius, sa magnifique femme Parmenia et leurs filles ; Daphné était l'aînée – du même âge que Drago, blonde avec un visage long et ses sœurs, des jumelles, Astoria et Vivienne, étaient un an plus jeunes. Elles avaient toutes les deux des cheveux sombres, mais leur ressemblance s'arrêtait là ; Astoria était menue et petite tandis que Vivienne était plus grande – presque aussi grande que Daphné – avec des yeux aussi bleus que ceux d'Astoria étaient noisettes.

Les Nott débarquèrent juste après ; Léopold, vieux, grisonnant, la jeune Eléanor aux cheveux bruns et leur fille Catherine. Théodore n'était pas le fils d'Eléanor – sa mère était morte quelques jours après sa naissance – mais il était là aussi ; c'était un garçon grand et maigre avec des dents en avant, il avait quelques mois de plus que Drago.

Tout le monde lui souhaita un joyeux anniversaire avec différents degrés de sincérité et Drago acquiesça poliment et les remercia tous. Les Gamp – la plus grande famille de Sang-Pur, à l'exception peut-être des Weasley – ne devaient pas venir, et Drago en était reconnaissant ; là où les Weasley avaient des fils, les Gamp avaient des filles et elles étaient toujours en train de glousser, elles étaient ennuyeuses et Drago ne les voulait pas à son dîner d'anniversaire. Hamish était le seul homme Gamp, il était plus âgé que Drago et il préférait la compagnie de ses sœurs et de ses cousines.

Les derniers à arriver furent les Goyle – qui n'avaient jamais été à l'heure, depuis que Drago les avait rencontré.

Les Bulstrode ne venaient pas non plus, mais c'était bien accepté car Millicent terrifiait Drago ; elle était assez grande pour pouvoir le manger si elle le voulait, mais elle était aussi beaucoup plus maligne que les gens ne le pensaient. Elle lui avait dit qu'elle était plus Serpentard que lui, et Drago, de colère, avait accidentellement fait exploser son gâteau. Le pire, c'est qu'il pensait qu'elle pouvait bien avoir raison, même si aucun de ses parents n'avait été des mangemorts comme Père.

« Terriblement désolé, Lucius. » dit Aloysius, en sortant de l'âtre.

C'était un homme fin, bien rasé, avec peu de cheveux sur le crâne.

« Clémentina était encore en retard. Comment allez-vous, Roderick, Ernest, Léopold ? »

Il y eut un murmure général de 'bien'.

« Oh ! Et Marius ! Comment vas-tu ? Je ne te voyais pas là-bas. »

« Je vais bien, merci, Aloysius. » répondit Marius, en inclinant la tête.

« Mère arrive, grogna le grand et costaud Gregory, en sortant de la cheminée, avant de se tourner vers Hydrus. Bon anniversaire. »

« Ce n'est pas mon anniversaire, répondit Hydrus, en roulant des yeux. C'est celui de Drago. »

« Bon anniversaire. » dit Gregory, en se tournant vers Drago, qui hocha simplement la tête.

Aloysius regarda son fils en grimaçant.

« Ne devrions-nous pas rejoindre la salle à manger ? Clémentina trouvera son chemin jusque-là, je pense. »

Tout le monde retint son souffle.

« Tu ferais bien de te rappeler qu'il s'agit de ma maison, dit dangereusement Père. Et donc, c'est à moi – et non à toi, Aloysius – de faire ce genre de propositions. »

Il régnait un silence de mort dans la pièce. Aloysius ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Gregory secoua la tête une fois, et il la referma.

« Ne devrions-nous pas rejoindre la salle à manger ? » proposa Père, d'une voix mielleuse.

« Oui, répondit Parmenia, avec un sourire agréable qui diminua la tension. Venez, Marius, les filles. »

« Hydrus, tu montres le chemin. » dit Mère avec un sourire tendu.

« Oui, Mère. » dit Hydrus, en souriant avec un air charmant.

« D'accord, vérifie si Dobby respecte le planning. »

« Oui, Mère. »

Drago se dirigea vers la porte de droite tandis que tous les autres passaient la porte de gauche. Il traversa l'entrée sombre et descendit les escaliers qui menaient dans la cave. Il y pénétra – Drago ne pensait pas qu'il y avait déjà vu des bouteilles de vin, cela dit – et passa rapidement une porte accolée, ne souhaitant pas s'attarder, car il y avait quelque chose dans cette cave qu'il n'avait jamais aimé ; il faisait très froid ici, et il faisait toujours plus sombre que dans n'importe quel autre endroit du Manoir. Il marcha – puisque les Malefoy ne courent pas, avait dit Père – le long d'un autre couloir et poussa la porte de la cuisine.

« Jeune Maître ! » s'exclama Dobby, en s'inclinant, tandis que Drago s'installait à la table de bois du centre de la pièce.

« Mère a dit de vérifier que tu respectes le planning. » dit Drago, en reniflant curieusement.

Le four brillait d'une lumière orangée et il pouvait sentir du pain frais, des pommes de terre et de la viande. Il y avait une cocotte qui frémissait délicieusement sur la cuisinière et plusieurs couteaux étaient en train de découper des carottes, de la laitue, des concombres et d'autres choses du même genre sur le plan de travail.

« La Maîtresse aurait pu appeler Dobby, dit Dobby, en secouant la tête. Le jeune Maître ne devrait pas se fatiguer. Dobby sait que le jeune Maître n'aime pas la cave. »

« Je n'ai pas peur de la cave. » grogna Drago.

Le petit elfe tapota son genou avant de trotter vers la cuisinière pour surveiller la soupe.

« Le jeune Maître peut dire à la Maîtresse que Dobby sera prêt à temps, monsieur. » couina Dobby, en faisant claquer ses doigts pour envoyer les couteaux à légumes dans l'évier (qui était rempli d'eau savonneuse).

« Bien. Et débarrasse-toi des tomates. Je n'en mange pas. »

Dobby laissa échapper une sorte de petit sanglot et s'empressa de rejoindre le plan de travail.

Drago fut capable de se glisser dans la salle à manger sans se faire remarquer, exactement comme devait le faire un bon hôte. La seule personne qui sembla remarquer son arrivée était Hydrus, qui leva les yeux au ciel et retourna à son laïus sur les balais. Théodore avait l'air vraiment intéressé, mais ni Vincent, ni Gregory ne semblait avoir la moindre idée de ce dont il parlait. Drago s'approcha et s'assit sur la chaise vide entre son frère et Daphné.

« Nous avons tous les deux des Comètes 360, se vanta Hydrus, en regardant tous les autres enfants. Père veut nous préparer pour l'équipe. »

« A Poudlard ? » demanda Gregory, en fronçant les sourcils.

« Bien sûr à Poudlard, idiot ! » répliqua Drago.

« Ou Durmstrang, dit Hydrus. Père essaye toujours de convaincre Mère. »

Drago était certain que là-dessus, Père ne réussirait pas. Mère ne se disputait pas souvent avec lui, mais quand elle le faisait, elle gagnait.

« Je ne pensais pas que les premières années étaient autorisées dans les équipes. » lança Théodore, hésitant.

« Ils le sont, à Durmstrang. » répondit Hydrus.

« Tout est autorisé à Durmstrang. » dit Daphné, en roulant des yeux.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda Drago.

« Juste que Karkaroff est bien plus souple que Dumbledore. » expliqua Daphné, en plaçant ses cheveux derrière son épaule.

« Vous allez vraiment à Durmstrang ? » demanda Pansy, avec tristesse, en regardant Drago puis Hydrus.

Drago haussa les épaules.

« Où que nous irons, nous jouerons au Quidditch. »

« Clarice dit que les premières années n'ont pas le droit d'avoir de balais. » dit Astoria, obligeamment.

Hydrus renifla.

« Père est très influent à l'école. Si nous allons à Poudlard, il postulera pour une place au conseil d'administration. »

« Il peut faire ça ? » demanda Théodore, l'air impressionné.

« Bien sûr, répondit Drago, en agitant la main. Toutes ses recherches pour Harry Potter l'ont placé dans les petits papiers de Dumbledore. Je parie que j'aurais une place dans l'équipe avant d'avoir déballé mon balai. Et qui est Clarice ? »

Pansy leva les yeux au ciel et entama une discussion tout à fait différente avec Hydrus.

« Notre demi-sœur, répondit fièrement Daphné. Elle et Bertram sont nés du premier mariage de Mère. »

Drago jeta un œil à Parmenia Greengrass, qui caressait la main de son mari tandis qu'elle riait à une blague de Clémentina.

« Ils ont quel âge ? »

« Ils auront quatorze ans le 25 juin, dit Astoria. Clarice va devenir une langue-de-plomb et Bertram va être un joueur professionnel de Quidditch. »

« Quel poste ? »

« Poursuiveur, dit Vivienne. Et s'il n'y arrive pas, il sera journaliste pour la Gazette du Sorcier. »

« Peut-être qu'il travaillera avec Père pour les recherches de Harry Potter. » dit Drago.

Vivienne jeta un œil à Père et fronça les sourcils.

« Peut-être. » dit-elle.

« Tu penses qu'ils vont le trouver ? demanda Astoria, l'air nerveux. Ils disent qu'il est mort. »

« Quoi, Harry Potter ? La Gazette dit qu'il est mort, dit Drago, en roulant des yeux. Ça montre à quel point ils ne savent rien. Je ne pense pas qu'il soit mort et Père non plus. »

« Mère et Père disent qu'il est puissant. » murmura Daphné, tandis que Vivienne acquiesçait.

« Il l'est, dit Drago. Père pense qu'il sera le prochain Seigneur des Ténèbres. »

« C'est la raison pour laquelle Sirius Black l'a enlevé ? » demanda Daphné.

Drago haussa les épaules, certain qu'il n'était pas censé en savoir autant sur Sirius Black.

« A ton avis, je ressemble à Sirius Black, à Harry Potter ? » demanda-t-il, à la place.

« Non. » répondit Daphné.

« Alors, au nom de Merlin, comment pourrais-je le savoir ? » répliqua-t-il froidement.

« Il n'y a pas besoin d'être impoli, dit Astoria, en croisant les bras. Elle ne faisait que demander. »

Drago l'ignora.

« Qu'est-ce qui te fait penser que je le saurais ? » demanda-t-il, à nouveau.

« Eh bien, ton père est impliqué, répondit Daphné, avec condescendance. N'importe qui avec l'intelligence d'un troll des montagnes pourrait se douter que tu sais quelque chose. »

« Eh bien, non. » répondit Drago, en utilisant sa voix glaciale pour couvrir son mensonge.

« Aïe ! Greengrass. »

Les trois filles se tournèrent.

« Laquelle ? » demanda Astoria.

« Daphné. Tu espères Serpentard, n'est-ce pas ? » demanda Hydrus.

Elle haussa les épaules.

« Soit Serpentard, soit Serdaigle. »

« Je t'avais dit. » marmonna Théodore.

« Comment tu l'as su ? » demanda Vivienne, intéressée.

Il s'affaissa sous le regard de tout le monde.

« Ce n'est pas dur- Tout le monde ici veut la même chose. »

« Je ne veux pas être à Serdaigle. » lança Hydrus.

« Je veux Serpentard. » confirma Drago, en hochant la tête.

« Il n'y a rien de mal avec Serdaigle, répliqua Vivienne, et Astoria acquiesça avec colère. Mère pense que je serais à Serdaigle. »

« Et je suppose que tu espères y aller aussi ? » demanda Pansy à Astoria, l'air complètement révoltée.

Elle n'avait jamais beaucoup aimé les jumelles.

« Je n'irais pas à Gryffondor ou à Poufsouffle, dit froidement Astoria. Je serais heureuse avec n'importe quelle autre maison. Tu penses à Serpentard, toi, Théodore ? »

« Oui, répondit-il, avant d'hésiter et de poursuivre. Mais Serdaigle n'est pas une mauvaise alternative. »

Les jumelles rayonnèrent. Drago roula des yeux ; si Père l'avait vu faire ça, il aurait été soumis à des leçons sur les façons de contrôler ses expressions. Clairement, la famille Greengrass n'avait plus autant de valeur qu'avant.

« Vincent, Gregory ? »

« Serpentard. » répondirent-ils, tous deux.

« Moi aussi, dit fortement Pansy, qui ne voulait pas être ignorée. Mère était à Serdaigle, mais je détesterais être placée là. »

Elle adressa un regard mauvais à Astoria et Vivienne.

« Les Serdaigle sont faibles. »

Les trois filles Greengrass et Théodore lâchèrent des bruits de désaccord.

« Ils le sont. » dit Pansy, en regardant sa mère avec des yeux plissés.

Sonja Parkinson venait juste de revenir de la salle de bain, plus pâle qu'à l'habitude et un peu transpirante.

« Ils sont faibles. »

Les autres échangèrent des regards – la mère de Pansy était malade et il n'y avait rien que les guérisseurs puissent faire pour elle – et restèrent silencieux.

« Eh bien, dit Daphné en regardant Pansy avec méfiance. Je suppose que ce petit groupe ne va pas se quitter. C'est bien, n'est-ce pas ? »

« 'C'est bien, n'est-ce pas ?' lança Drago, en l'imitant. Tu es sûre que tu ne préfères pas Poufsouffle, Greengrass ? »

Les autres – à l'exception de Daphné, qui rougit – se mirent à rire. Drago s'appuya contre le dossier de sa chaise, suffisant et complètement satisfait.