Bonjour à tous ! Encore une fois désolé, parce que je suis incroyablement lente pour poster de nouveaux chapitres. J'aimerais être plus rapide, mais c'est compliqué ! Sachez, en tout cas, que je ne vous oublie pas. Promis ! Aussi, un énorme merci pour vos commentaires toujours aussi adorables et appréciés ! Je vous souhaite une bonne lecture et espère que vous apprécierez ce chapitre ! Des nouvelles de Tonks et une bonne manière d'apprendre à connaître et à apprécier Marlène McKinnon ! A très vite ! ;)


« Keith ? » dit Tonks, un peu surprise, en ouvrant la porte d'entrée.

« Salut, dit-il, en passant une main dans ses cheveux soigneusement coiffés. C'est pour toi. »

Il lui tendit une rose pâle.

« Oh ! » dit-elle, en rougissant.

Elle était presque sûre que la couleur de ses cheveux était maintenant assortie à celle de la fleur.

« Merci, dit-elle, en l'enlaçant. Je t'aurais bien fait entrer, mais je suis bientôt prête à partir. »

« A quelle heure tu dois partir ? » demanda-t-il.

Elle vérifia sa montre.

« Dans cinq minutes si je veux être à l'heure, et je ne compte pas être en retard pour mon premier jour. »

« Oh, dit-il, l'air un peu déçu. Et tu finis à quelle heure ? »

« A dix-sept heures aujourd'hui, et ensuite, je rejoins Maman et Papa au studio et on sort dîner. »

« Et demain ? » demanda-t-il.

« De huit heures à dix-sept heures aussi, mais je ne fais rien après. »

« Tu voudrais sortir ? » demanda-t-il avec espoir.

Elle sourit.

« Bien sûr. »

« Pré-au-Lard, ça te dit ? »

« On se rejoint à dix-huit heures ? » demanda-t-elle.

« Parfait. » dit-il, en rayonnant.

Elle vérifia sa montre.

« D'accord, désolé, mais je dois finir de me préparer. »

« On se voit demain. »

« Ouais. Passe une bonne journée. »

« Merci. Toi aussi. »

Tonks rentra à l'intérieur, tandis qu'il s'en allait dans la rue. Elle plaça la rose dans un vase près de l'évier où elle pourrait bénéficier de la lumière du soleil et rejoignit la table de cuisine où – après une seconde de tristesse – elle fit disparaître son petit-déjeuner à moitié mangé.

Étrangement, son appétit semblait augmenter et non disparaître quand elle était nerveuse, et elle l'était ; ses cheveux étaient verts clair depuis des jours. Elle attrapa son sac à dos – qui contenait une bouteille d'eau et un sandwich – y ajouta une pomme et le jeta sur son épaule.

« Salut, Maman ! » s'écria-t-elle.

Elle obtint une réponse ensommeillée depuis la chambre de ses parents – Papa était déjà parti mais Maman n'allait sans doute pas se lever avant une heure – avant de vérifier son apparence dans le miroir de l'entrée et de lancer de la poudre de Cheminette dans la cheminée.

« Ministère de la magie ! »

Les flammes commencèrent à s'estomper et elle s'arrêta également de bouger. Tonks descendit de la cheminée, se prit le pied dans un ourlet et tomba face contre terre dans l'atrium du Ministère. Une bonne façon de commencer la journée, pensa-t-elle, étourdie, laissant un petit sorcier nerveux l'aider à se lever du sol en bois verni.

« Merci. » dit Tonks, en regardant autour d'elle.

Elle était déjà venue plusieurs fois au Ministère, mais c'était différent d'y venir en tant qu'adulte et non plus en tant que petite fille, accrochée à la main de son père.

« Pas de problème, ma chère. » dit le petit sorcier.

Il tendit un badge à la sorcière de la sécurité, elle acquiesça et le laissa passer.

« Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? » demanda la sorcière, en repérant Tonks.

« Je suis une Auror en formation. » dit-elle, en sortant sa lettre d'admission de son sac.

« Tant mieux pour vous, dit la sorcière. Restez immobile, s'il vous plaît. »

Elle passa une longue barre dorée devant Tonks puis derrière elle et acquiesça, satisfaite.

« Baguette, s'il vous plaît. »

Tonks la lui tendit après un moment d'hésitation. Elle se sentait nue sans elle et elle observa nerveusement la sorcière la placer dans un étrange appareil en cuivre. Un instant plus tard, un petit morceau de parchemin en sortit.

« 31,75 centimètres, bois de poirier, avec un nerf de ventricule de dragon. Vous l'avez depuis sept ans, c'est cela ? »

« Oui. » répondit Tonks.

La sorcière copia le parchemin d'un coup de baguette et le planta sur un pic derrière le comptoir. Elle signa le second papier et le tendit à Tonks, avec sa baguette.

« Donnez ça à Scrimgeour. » dit-elle.

« Merci. » dit Tonks, en rangeant les deux éléments dans sa poche.

Elle s'empressa de traverser des portes dorées derrière le comptoir et attendit patiemment l'arrivée d'un ascenseur.

« Niveau Deux, Département de la Justice Magique : Service des usages abusifs de la magie, Bureau des Aurors et Services administratifs du Magenmagot. » dit la voix froide d'une femme.

Tonks passa tout son trajet en ascenseur à essayer de faire ressembler ses cheveux à autre chose qu'au cactus que sa mère gardait sur le rebord de la fenêtre. Elle ne rencontra pas un grand succès ; elle réussit à passer de vert à un blond doré, mais les pics refusèrent de changer. Elle ne s'embêta pas à changer ses yeux et leur laissa leur couleur verte.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Tonks en sortit – en veillant à ne pas trébucher – pour arriver dans un couloir plein de portes. Elle jeta un œil aux fenêtres par lesquelles elle pouvait voir une tempête de neige plutôt violente. Il lui fallut un moment pour se souvenir que cette partie du Ministère se trouvait sous terre et que ça ne pouvait donc pas être réel.

Elle suivit le couloir jusqu'à un angle, passa une double-porte en chêne et débarqua dans une section déconseillée aux claustrophobes. Il devait y avoir une cinquantaine de personnes qui se pressaient dans un tout petit espace ; environ trente d'entre eux étaient des apprentis, une autre dizaine avaient l'air d'être des Aurors en poste et le reste semblait simplement être au mauvais endroit, au mauvais moment.

« En rang ! » grogna une voix forte.

Un homme, pas beaucoup plus grand que Tonks, boitait à côté d'elle, la baguette levée. Elle aperçut un œil très bleu et pas mal de cheveux emmêlés, poivre et sel, avant qu'il ne lui tourne le dos.

« En rang ! » cria-t-il, en lançant des étincelles dans les airs avec sa baguette.

Le babillage cessa immédiatement.

« Une seule rangée, contre le mur ! Maintenant ! »

Tonks s'empressa de faire ce qu'on lui disait, comme tous les autres ; la trentaine d'apprentis s'aplatirent contre le mur, dégageant l'entrée et permettant aux Aurors d'accéder à leurs boxes respectifs.

« J'ai les choses en mains, merci, Alastor. » dit d'un air pincé un homme avec des sourcils broussailleux, une crinière de fauve et des yeux sévères et un peu jaunes.

L'Auror qui avait crié se tourna pour le regarder. Pour la première fois, Tonks put le détailler, et s'en trouva franchement intimidée ; il boitait parce qu'il lui manquait une jambe et qu'il en avait une en bois, grossièrement sculptée, à la place. Son visage avait plus de cicatrices et de creux que de peau lisse et sa bouche n'était pas beaucoup plus qu'une ligne sinistre au-dessus de son menton.

Sa caractéristique la plus remarquable, cependant, était son œil d'un bleu éclatant qui semblait bouger dans son orbite de son propre chef ; son autre œil était petit et sombre et balayait les alentours d'un air méfiant, et ce fut seulement à ce moment-là que Tonks se dit qu'il ne pouvait s'agir que de Maugrey Fol-Oeil, un des Aurors les plus célèbres de Grande-Bretagne.

« Les apparences sont décevantes, n'est-ce pas, Scrimgeour ? » grogna-t-il.

Tonks observa l'homme aux yeux jaunes, qui devait être Rufus Scrimgeour, le Directeur du Bureau des Aurors. Une expression mauvaise passa sur le visage de Scrimgeour.

« Maintenant, l'entendit-elle crier. Quand nous appellerons votre nom, vous suivrez les Aurors Blackburn et Finch - »

Un homme blond et costaud avec une barbe épaisse et une petite femme aux cheveux noirs leur adressèrent un signe de tête.

« -jusqu'au bout du couloir et ils vous donneront des explications. Des questions ? »

« A qui on doit donner ça ? » demanda une femme, en montrant son parchemin d'identification de baguette.

« Vous les donnerez à l'Auror Maugrey une fois que vous serez là-bas. » dit-il, en faisant un geste de la tête en direction de Maugrey.

« Allen, Jeanette. » dit Maugrey.

Une femme forte avec des cheveux courts et bruns sursauta et s'écarta du rang.

« Brown, Michael. »

Un homme dégingandé avec une moustache pointue.

« Bulkes, Burt. »

Un petit homme sans menton.

« Clarke, Melvin. »

Un homme avec de grands yeux bleus et des cheveux ternes, qui donnait l'impression d'avoir encore sa place à Poudlard.

« Dale, Trixia. »

Une femme blonde qui portait une robe rose.

« Edwards, Nicole. »

Une très grande femme avec une longue tresse noire.

« Gaspar, Jerimiah. »

Un homme avec des dreadlocks.

« Hill, Wesley ... »

Et ils partirent.

Maugrey semblait avoir déjà fait ça avant ; il savait exactement combien de temps attendre entre chaque nom et il hésita une seule fois en donnant un nom, il s'agissait de 'McKinnon, Marlène'. C'était une grande femme, avec des cheveux courts, lisses et bruns. Il n'y avait rien de particulièrement remarquable chez elle, mais Maugrey ne fut pas le seul à relever la tête ; plusieurs autres Aurors s'étaient redressés au-dessus de leurs boxes pour lui adresser un regard.

Les yeux de McKinnon balayèrent la pièce et ensuite, sans montrer qu'elle avait remarqué cette animation, elle suivit 'Lowesly, Travis'. Maugrey – qui avait l'air d'avoir vu un fantôme – se reprit et continua.

« Moore, Hector. »

Tonks faisait partie des quatre dernières personnes qui restaient. Ce fut un soulagement quand son nom fut finalement appelé et elle trébucha vers le couloir. A part deux portes, c'était sans issue ; l'une des portes disait Service des usages abusifs de la magie, où le père de Charlie travaillait, et l'autre était un placard à balais.

« Tonks, c'est ça ? » demanda la femme Auror.

« Oui. » répondit Tonks, en lui tendant la main.

« Auror Finch. » dit-elle.

« Auror Blackburn. » dit l'homme.

Elle lui tendit également la main.

« Vas-y. »

Tonks pénétra dans le petit placard à balais et regarda par-dessus son épaule. L'Auror Finch hocha la tête dans sa direction. Tonks continua à marcher, et juste au moment où elle allait heurter le mur d'en face, elle se retrouva sur un pallier, en haut d'une volée de marches. Elle descendit lentement, en faisant un effort pour ne pas trébucher, et se retrouva dans une large pièce, où les autres apprentis étaient regroupés, discutant tranquillement.

Il y avait deux portes, sur lesquelles était inscrit Salle de conférence 1 et Salle de conférence 2, et en face une porte Salle d'examen et une autre Salle commune. Sur le mur du fond, il y avait sept autres portes : Combat défensif et offensif, Filature et tapinois, Protection et enchantements défensifs, Droit et relations magiques, Plantes et poisons, Dissimulation et déguisement et Fitness et soin.

Tonks se joignit aux autres apprentis au milieu de la pièce et écouta les discussions nerveuses – c'était comme si elle avait onze ans et était de nouveau en train d'attendre la Répartition. Maugrey descendit les escaliers en boitant derrière les derniers apprentis, flanqué des Aurors Finch et Blackburn.

« Vigilance constante ! cria-t-il, en faisant sursauter la plupart d'entre eux. C'est ce que nous allons vous apprendre ici – Range ça. »

Son œil bleu s'était tourné vers l'une des apprentis, qui avait sorti un morceau de parchemin et une plume. Elle couina et les fourra dans sa poche.

« Ce n'est pas une formation facile, poursuivit-il, de sa voix grondante. Certains d'entre vous ne seront pas diplômés. Certains d'entre vous ne s'en sortiront pas le monde réel. »

Pas moi, pensa Tonks. Je vais devenir Auror. Une bonne Auror.

« De Allen à Lewis, dit Maugrey. Vous irez là, pour commencer par le test physique. Scrimgeour sera là dans un moment. De Lowesly à Yaxley, ce sera le test psychologique, avec moi. »

Un garçon laissa échapper un rire discret en entendant la dernière partie. Tonks leva les yeux au ciel et alla rejoindre le groupe de droite pour le test psychologique. Maugrey les rejoignit un instant après et les guida jusqu'à la porte où était inscrit Salle d'examen. La salle était aussi plutôt grande avec une seule porte sur la gauche, et un immense écran – visiblement enchanté – sur la droite.

« Yaxley, c'est à toi. »

Yaxley était une femme avec de longs cheveux blonds et des yeux bridés. A Poudlard, elle était à Serpentard dans la même année que Tonks et avait toujours aimé se moquer de Charlie à propos de ses robes et de ses livres d'occasion. Tonks ne l'appréciait pas beaucoup. Yaxley adressa un sourire brillant à Maugrey qui l'observait, impassible. Le sourire disparut légèrement et elle passa de l'autre côté de l'écran, à travers les rideaux.

« Attendez jusqu'à ce que vous soyez appelés. » dit Maugrey au reste d'entre eux, avant de disparaître également derrière les rideaux.

Les murmures n'attendirent pas plus pour s'élever du groupe.

« Vous pensez qu'on va devoir passer quel genre de tests ? » demanda un homme avec des dents de travers.

« Tu n'as pas lu la brochure ? dit une femme, en levant les yeux au ciel. Ils font passer une série de tests et posent des questions pour définir nos personnalités. Une fois qu'on a passé ça, on passe à l'examen physique. Au fait, je suis Florence Prewett. »

Elle agita la main pour les saluer. Une femme à la droite de Tonks – était-ce MacDonald ? Makiller ? - lui adressa un regard sévère, mais ne rajouta rien. Une seconde après, elle était retournée à son observation du mur opposé.

Tonks connaissait le nom – Prewett était en septième année à Serdaigle lorsque Tonks était en cinquième année – mais son visage ne lui était pas familier. Sans le nom, elle ne l'aurait pas du tout reconnu ; ses cheveux sombres étaient plus longs, sa peau plus pâle, comme si elle n'était pas sortie depuis longtemps. Ses yeux étaient un peu hantés.

« Hector Moore. » dit un homme de l'autre côté de Tonks.

« James Thompson. » dit un Serdaigle que Tonks avait connu à Poudlard.

Il était exactement comme elle s'en rappelait, jusqu'à sa verrue dans le cou.

« Mary Wright. » dit une femme qui avait été dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor, trois ans plus tôt.

« Lori Patel. » dit une femme que Tonks n'avait jamais vu avant.

« Tonks. » dit Tonks, en haussant les épaules.

La femme qui avait regardé Florence Prewett releva de nouveau la tête. Tonks l'observa curieusement et elle détourna les yeux, pâlissant à vue d'œil.

« Tonks ? demanda Lori Patel, étonnée. C'est ton prénom ou ton nom de famille ? »

« Nom de famille. » dit-elle.

Ceux qui étaient allés à Poudlard avec Tonks se mirent à sourire, avant de retourner aux présentations.

Alors que Benjamin 'sans baguette' Wellington, qui avait été préfet pendant les premières années de Tonks à Poudlard, expliquait son surnom – une longue histoire farfelue impliquant un dragon, un vampire et une tasse à thé mordeuse que Tonks n'était pas sûre de croire – Yaxley ressortit, l'air secoué, et Maugrey appela Mary à le rejoindre dans le petit espace.

« Comment ça s'est passé ? » demanda impatiemment Florence Prewett.

« Tous ceux qui me posent la question recevront un refus immédiat. » dit Yaxley, en s'agitant un peu.

Après ça, elle fut rejetée, mise à l'écart du groupe et elle sembla plutôt agacée par cela.

Quand Wright sortit, Yaxley lui attrapa le bras et l'écarta du groupe. Tonks se demanda vaguement si elle savait que Wright était née-de-moldus et une Gryffondor, par-dessus le marché. Elles formèrent leur propre petit groupe et discutèrent – apparemment, puisque personne ne pouvait ou ne voulait entendre ce qu'elles disaient – à propos des tests psychologiques. Wellington ressortit et Tonks n'eut même pas le temps de stresser avant d'être appelée à son tour.

« Bonne chance ! » murmura Florence.

Tonks réussit à lui adresser un rapide sourire et se dirigea avec raideur – par chance, elle réussit à tenir debout – vers l'arrière de l'écran. Elle poussa les rideaux et s'arrêta.

La moitié du Bureau des Aurors était assis là, à la regarder. Ils étaient assis en demi-cercle face à une simple chaise de bois.

« Salut. » dit-elle nerveusement.

« Assieds-toi. » grogna Maugrey, en boitant pour aller refermer les rideaux.

« Tu es Nymphadora Tonks ? » demanda une femme qui portait un bandeau sur l'œil.

« Oui. » répondit-elle, en se laissant tomber sur la chaise.

Ses pieds ne touchaient pas le sol, alors elle força ses jambes à s'allonger un peu ; elle n'avait aucune envie de s'asseoir là avec les jambes ballantes comme une enfant.

« Identification de baguette. » dit un sorcier à qui il manquait trois doigts, en tendant la main vers elle.

Elle fouilla dans son sac et en sortit le parchemin qu'on lui avait donné dans l'atrium. Il était un peu froissé mais toujours lisible.

« Bois de poirier et ventricule de dragon. 31,75 centimètres. Tu l'as depuis sept ans ? »

« Oui. » répondit-elle, à nouveau.

« Tu te souviens du jour où tu l'as acheté ? » demanda-t-il, avec une voix plutôt nasale.

« Oui. »

« Peux-tu décrire ce qu'il s'est passé quand elle t'a choisi ? »

« Des étincelles en sont sorties. » dit-elle nerveusement.

« De quelle couleur étaient les étincelles ? »

« Arc-en-ciel. » dit-elle.

Le sorcier écrivit quelque chose sur un calepin et le transmit à l'Auror suivant – une sorcière.

« Tu as obtenu cinq A.S.P.I.C., c'est bien ça ? »

« Oui. » dit-elle.

« Des O en botanique, métamorphose et potions et des E en défense contre les forces du mal et en sortilèges. C'est exact ? »

« Oui. »

« Ta note en métamorphose est la seconde plus élevée que nous ayons jamais eu. » dit la sorcière, en consultant le parchemin qu'elle tenait.

Tonks sourit largement.

« Très impressionnant, vraiment très impressionnant. »

Elle passa le calepin au suivant. Celui-ci, un homme énorme avec des cheveux noirs et bouclés qui donnaient l'impression d'une serpillière, se leva et apporta un grand miroir qui était derrière sa chaise. Tonks ne reconnaissait pas le langage, mais les mots tidn ih ebla mina ehtt ube cafru oyt on wohsi étaient inscrits sur le cadre doré.

« Que vois-tu ? » demanda-t-il avec une voix grave qui correspondait parfaitement à son apparence.

« Moi ? » dit-elle, timidement, en regardant son pâle reflet.

Elle ajouta un peu de couleur à ses joues.

« Regarde plus près. »

Tonks s'exécuta et rien ne changea.

« Je ne vois rien- »

« Rien ? » demanda sèchement une sorcière avec un nez en forme de bec.

« Eh bien, non, rien, dit-elle, tandis que les Aurors échangeaient des regards éloquents. Je me vois, mais vous n'avez pas dit que je suis supposée- »

L'homme qui tenait le miroir renifla et le tourna vers lui. Il acquiesça une fois, le tourna vers la sorcière avec le nez crochu et elle fronça les sourcils, en hochant la tête.

« Que vois-tu ? » demanda-t-il, en le retournant vers Tonks.

« Moi. » dit-elle platement.

« Proudfoot. » aboya Maugrey, en penchant la tête vers l'arrière de la pièce.

Un autre Auror se leva et apporta un autre miroir, tandis que l'Auror aux cheveux bouclés se rasseyait, l'air lugubre.

« Que vois-tu ? » demanda l'Auror – Proudfoot -, en tenant un miroir bien plus petit.

Celui-là faisait seulement la taille de l'avant-bras de Tonks, de son coude aux bouts de ses doigts. Il était inscrit ees ottna wu oye caf ehtu oy wohsi sur le cadre aussi richement décoré. Tonks jeta un œil à la surface vitrée.

« Moi ? » dit-elle.

« C'est une affirmation ou une question ? » demanda-t-il.

« Une affirmation. » répondit-elle, avec un peu plus d'assurance.

« Il n'y a rien de différent ? Tu n'as pas l'air plus âgée ou plus jeune, ou avec des cheveux ou des yeux différents ? » demanda-t-il habilement.

« Non, dit-elle. Je suis identique. »

« Tu es vraiment honnête ? »

« Bien sûr ! dit-elle, scandalisée. Peut-être que si vous me disiez ce que je suis supposée voir- »

« Es-tu une Occlumens ? » demanda soudainement un sorcier en robe de guérisseur.

« Non, dit Tonks, en rougissant. J'ai essayé d'apprendre quand j'avais quatorze ans, mais je n'avais pas la patience- »

« Miss Tonks, dit une sorcière aux yeux brillants tandis que Proudfoot s'asseyait. Ces miroirs font partie d'un ensemble de sept miroirs magiques, assemblés par un sorcier très puissant appelé Narcisse. Le miroir que l'Auror Taure vous a montré est enchanté pour montrer votre Animagus. Celui de l'Auror Proudfoot a été ensorcelé pour susciter la confiance en montrant votre visage tel que vous souhaiteriez qu'il soit. »

Je me demande si c'est ce qui a inspiré Blanche-Neige, pensa Tonks, avec désinvolture.

« Si vous ne voyez rien, alors cela veut dire que vous êtes parfaitement heureuse avec votre apparence actuelle – ce qui défit la nature humaine – et que vous n'avez aucune forme potentielle d'Animagus. Pour une élève aussi brillante que sembliez l'être en métamorphose- »

« Oh ! s'exclama bruyamment Tonks. Je pense que je sais pourquoi ça ne marche pas. »

Vingt-trois – Tonks avait fait le calcul – paires d'yeux se posèrent sur elle.

« Je suis métamorphomage. »

Un sorcier – elle aurait parié son Comète 260 que c'était un Serdaigle – se pencha sur son siège et la regarda intensément, l'air rayonnant.

« Peux-tu nous montrer ? »

Tonks crispa son visage et rendit ses cheveux noir de jais, puis oranges, avant de revenir au blond.

« Impressionnant, dit Maugrey. Mais je n'avais pas conscience que nous étions en train de tester sa compétence à se déguiser. »

Tonks rougit et résista à ses instincts qui essayaient de faire rosir ses cheveux à cause de son embarras.

Les autres Aurors avaient l'air d'avoir été grondé.

« Eh bien, dit la sorcière avec le bandeau sur l'œil, l'air gêné. Ça explique la chose. Oui. Nous allons juste- Oui- Savage ? »

« Es-tu capable de lancer un Patronus ? » demanda un Auror, qui avait une cicatrice qui commençait sur sa tempe gauche et se terminait sur sa joue droite.

« Je peux obtenir une protection plutôt pathétique, dit-elle en grimaçant. Rien qui tiendrait contre un Détraqueur ou un Moremplis, je pense. »

« Quel souvenir utilises-tu ? »

Eh bien, c'est un peu personnel, pensa-t-elle, un peu offensée.

« Le jour où j'ai reçu ma lettre de Poudlard. »

Un des Aurors se mit à écrire.

« Pourquoi ? Vous n'étiez pas bien à la maison ? »

Tonks cligna des yeux.

« Si, j'adorais être à la maison. » dit-elle, sincèrement.

« Alors pourquoi être si heureuse de partir ? »

« J'étais heureuse de pouvoir apprendre la magie. » dit-elle.

« Es-tu restée en contact avec tes parents pendant que tu étais à l'école ? »

« Bien sûr ! J'écrivais chaque semaine, parfois plus selon ce qu'il se passait. »

« Des frères et sœurs ? »

« Non. »

« Juste toi et tes parents, alors ? »

« Oui. »

Les questions venaient de toutes les directions et c'était plutôt perturbant.

« Qui est ton préféré ? »

« Excusez-moi ? »

« Ton parent préféré ? Ta mère ou ton père ? »

« Aucun- »

« Alors, tu ne les aimes pas ? »

« Laissez-moi finir, dit-elle avec irritation, tandis qu'ils la regardaient avec attention. Je les aime de façon égale- »

« Foutaises- »

« Ce n'est pas des foutaises ! »

« Tu dois en aimer un plus que l'autre- »

« Non, pas du tout ! »

« Si tu devais en tuer un, lequel ce serait ? »

« Excusez-moi ?! »

Personne ne répondit.

« Au nom de Merlin, pourquoi est-ce que je voudrais faire ça ?! »

« C'est purement théorique. »

« Aucun. » dit-elle, en croisant les bras.

« Mais disons que tu devais- » insista l'un des Aurors.

« Pourquoi je devrais ? » demanda-t-elle.

« Disons qu'ils ont fait quelque chose d'horrible- »

« Comme quoi ? »

« Ils ont enfreint la loi. »

« Alors ils méritent un procès, pas la mort. » s'écria-t-elle.

Maugrey la regarda curieusement.

« Que sais-tu à propos de la guerre ? » demanda soudainement un sorcier.

« Suffisamment. » dit-elle, confuse par le changement brutal de sujet.

« Tu sais ce que sont les mangemorts ? »

« Bien sûr. »

Ses tantes et ses oncles avaient été des mangemorts. Et Sirius, le cousin de sa mère.

« Disons que tes parents sont des mangemorts, alors … Lequel tu tuerais ? »

« Mais ce ne sont pas des mangemorts. » dit Tonks, en levant les yeux au ciel.

Tout le monde continuait d'attendre sa réponse.

« Après la guerre, tous les mangemorts ont eu des procès. »

Tous, sauf Sirius.

« Mes parents en auraient aussi. »

« Mais s'ils ne pouvaient pas. » dit l'un d'eux.

« Vous avez demandé qui je tuerais, leur dit-elle. Je n'ai prévu d'en tuer aucun tant que vous ne pouvez pas me donner de raison adéquate. »

« Disons que tu es devenue Auror, dit un homme avec une longue queue de cheval. Et que ton directeur de Département t'ordonne de tuer l'un d'entre eux. Lequel ce serait ? »

« Si je suis susceptible de recevoir ce genre d'ordres, alors je ne sais pas si je suis toujours intéressée pour devenir Auror. » dit-elle, avec irritation.

Plusieurs personnes hochèrent la tête. Maugrey arborait un petit sourire.

« Purement théorique, lui rappela-t-il. Mais disons qu'on te donnait l'ordre- »

« Je ne le ferais pas. »

« Tu désobéirais à un ordre ? » demanda-t-il, sur un ton bourru.

« Si une vie est en jeu. » dit-elle platement.

« L'insubordination n'est pas une qualité que nous recherchons. » lui dit-il.

« Je ne pensais pas non plus que vous cherchiez à tuer des gens. » s'écria-t-elle.

« Attention. » menaça une sorcière dans le fond.

Tonks leva les yeux au ciel.

« D'autres questions ? »

« On vous donne une baguette, dit l'un d'eux avec habileté. Et elle est juste capable de jeter l'un des trois Impardonnables. »

« D'accord. » dit-elle, nerveusement.

Par la barbe de Merlin, ils sont morbides, non ?

« Face à vous, il y a un ennemi- »

« Pas mes parents ? » demanda-t-elle, sarcastiquement.

« Non, dit la sorcière avec le bandeau sur l'œil, en étouffant un rire. Juste un ennemi. Lui ou elle – peu importe – a une baguette également. Vous êtes tous les deux dans une pièce fermée. Tu ne peux pas passer par la cheminée ou transplaner, et ta baguette – évidemment – ne permet pas de créer un portoloin. Pour t'échapper, tu dois maîtriser ton adversaire. Comment t'y prends tu ? »

« Ma baguette ne peut lancer que des Impardonnables ? » demanda-t-elle, en fronçant le nez.

« C'est ça. »

« Je le maîtriserais d'une autre façon, dit-elle. En le frappant, peut-être. »

« C'est une agression. »

« Ce n'est pas idéal, dit-elle. Mais c'est une alternative préférable à l'utilisation d'un de ces affreux sortilèges. »

« Tu es Auror, en mission, quand ton partenaire tombe inconscient. Il ne répond à aucun sort et il n'y a personne pour t'aider. Sans aide immédiate, ton partenaire va mourir, mais si tu pars, la mission est compromise et la cible va s'échapper. Que fais-tu ? »

« Je ramène mon partenaire. » dit-elle.

« Pourquoi ? »

« Parce que si un Auror meurt, alors les autres en seront affectés d'une façon ou d'une autre et ne pourront plus travailler du mieux qu'ils peuvent. En plus, il faut trois ans pour former un remplaçant, alors qu'il ne faudra sans doute pas trois ans pour retrouver la personne – la cible. »

Tonks patienta avec appréhension que l'un d'entre eux ne conteste, mais Taure – celui qui avait tenu le premier miroir – passa à autre chose.

« Tu es approchée par des criminels reconnus alors que tu n'es pas en service. Ils veulent passer un marché : une immunité officielle contre des informations sur une autre cible. Que fais-tu ? »

« Je fais en sorte de leur faire rendre leurs baguettes, dit-elle. S'ils veulent réellement aider, alors ils n'en auront pas besoin. A partir de là, je les amènerais en lieu sûr – peut-être les cellules du Ministère. Si j'étais impliquée dans l'affaire, je les interrogerais moi-même. Si non, je trouverais la personne adéquate pour le faire. »

« As-tu un casier judiciaire ? »

« Est-ce que les retenues comptent ? » demanda-t-elle, inquiète tout à coup.

Plusieurs personnes se mirent à rire.

« Non. Tes parents sont Andromeda Black Tonks et Théodore Tonks, c'est exact ? »

« Oui. »

« Est-ce que l'un d'entre eux a un casier judiciaire ? »

« Pas que je sache. » répondit-elle honnêtement.

« Est-ce qu'un membre de ta famille a un casier judiciaire ? »

Tonks ferma brièvement les yeux.

« Oui. » dit-elle.

« Qui ? »

Ils n'avaient pas l'air surpris, remarqua-t-elle. Alors ils savent, pensa-t-elle d'un air triste. Ils veulent juste me le faire dire.

« Ma tante Bellatrix Lestrange. Son mari, Rodolphus Lestrange. Le cousin de ma mère, Sirius Black. »

« Ce sont les seuls ? »

« Les charges contre les Malefoy n'ont jamais abouti. » dit-elle, en haussant les épaules.

Maugrey souriait malicieusement.

« As-tu eu des contacts récents avec ta famille ? »

« Je n'ai jamais rencontré les Lestrange, dit-elle. Et je n'ai pas vu Sirius Black depuis mes dix ans. Je suis rentrée dans les Malefoy sur le Chemin de Traverse, il y a un moment, par contre. »

« Dis la première chose qui te vient à l'esprit. Moldu. »

« Grands-parents-. »

« Sorcière. »

« Sorcier. »

« Poudlard. »

« École. »

« Balai. »

« Quidditch. » dit Tonks.

« Vif d'or. »

« Attrapeur. »

« Attrapeur. »

« Charlie. »

« Azkaban. »

« Détraqueur. »


« McKinnon. » appela Fol-Oeil.

Marlène se dirigea vers les rideaux, soulagée. Le garçon qui essayait et échouait à discuter avec elle s'affaissa, mais elle l'ignora. Fol-Oeil lui adressa un regard curieux et la laissa passer. A l'intérieur, il y avait vingt-trois Aurors, qu'elle connaissait de vue ou de nom pour la plupart. Elle s'assit sur le siège au centre de la pièce et croisa les chevilles.

« Identification de baguette. » demanda un sorcier.

Elle lui tendit le parchemin qu'on lui avait donné lorsqu'elle avait passé la sécurité.

« Sapin et ventricule de dragon. 35,56 centimètres. Vous l'avez depuis dix-sept ans ? »

« C'est ça. »

« Comment avez-vous su que la baguette vous avait choisi ? »

« Du rose et de l'or en sont sortis. »

« Sous quelle forme ? »

« Des rubans. »

« Vous avez obtenu six A.S.P.I.C., c'est ça ? »

« Oui. » dit-elle.

« O en défense contre les forces du mal, sortilèges et potions, E en métamorphose, botanique et études des moldus, c'est exact ? »

« Oui. »

Augustus Taure – Marlène était sortie avec lui quand elle était en quatrième année et lui en troisième année – se leva et alla récupérer un miroir derrière sa chaise. Marlène fronça les sourcils, en essayant de lire les mots tidn ih ebla mina ehtt ube cafru oyt on wohsi, mais s'efforça de les inscrire dans son esprit. Elle pourrait les traduire plus tard.

« Que vois-tu ? » demanda-t-il.

Marlène fronça les sourcils. Ce n'était pas son reflet dans le miroir. C'était énorme, son museau et ses yeux de fauve étaient dirigés vers elle. Il avait une fourrure brune et mat – peut-être un peu plus sombre que la normale et des longues pattes terminées par des griffes à l'apparence mortelle.

« Un- un lion. Une lionne. »

Plusieurs Aurors se mirent à murmurer entre eux, mais quand Marlène tenta un regard vers Fol-Oeil, il souriait. Il agita une main vers un autre Auror – Marlène reconnut Proudfoot et se souvint vaguement des plaintes de Sirius à propos de son nom, qui était trop proche de son surnom de Maraudeur – qui apporta un autre miroir, bien plus petit.

« Qu'est-ce que vous voyez ? » demanda Proudfoot.

A nouveau, elle ne comprit pas les mots sur le cadre mais les mémorisa, dans l'espoir de les traduire plus tard.

« Moi, dit-elle, en regardant le miroir. Mais je suis différente. Plus jeune. »

Ses cheveux étaient plus courts, comme ils l'étaient à la période de l'Ordre, plus soignés, et ses yeux brillaient davantage. Sa peau n'était pas si pâle – elle jouait encore au Quidditch, à cette période-là – et les lignes autour de ses yeux et au coin de sa bouche, qu'elle avait commencé à remarquer l'année précédente, étaient inexistants.

L'avait-elle imaginé, ou Fol-Oeil venait juste de lui adresser un regard de pitié ? Désormais, plus que jamais, elle avait envie de découvrir les capacités du miroir.

« Es-tu capable de lancer un Patronus ? » demanda Savage.

Marlène cligna des yeux ; il avait une nouvelle cicatrice sur le visage, qu'il n'avait certainement pas la dernière fois qu'elle l'avait vu. Il fallait dire que cette rencontre avait eu lieu lors d'une réception au Ministère, voilà neuf ans – Sirius l'avait forcé à y aller – alors ce n'était pas fou de supposer qu'il avait changé.

« Je n'ai pas essayé depuis des années. » admit-elle, avec honnêteté.

« Tu te souviens de sa forme ? »

« C'était un chien. » dit-elle.

Elle l'avait toujours associé à Sirius, sans trop savoir pourquoi, peut-être parce que son Patronus était aussi un chien.

« Je pense que ça a du changé depuis, par contre. »

« Peux-tu nous montrer ? » demanda Savage.

Marlène chercha un souvenir heureux et ne fut pas surprise de constater qu'elle n'en avait pas beaucoup.

« Spero Patronum. » murmura-t-elle, en agitant sa baguette.

Une fumée argentée sortit du bout de sa baguette, mais rien d'autre. Elle se concentra davantage sur son souvenir, mais ça n'eut pas de conséquence. Les Aurors échangèrent un regard. C'est juste embarrassant, pensa-t-elle, en rougissant légèrement.

« Ça n'a pas d'importance, Miss McKinnon- »

Pas d'importance ? pensa-t-elle avec irritation. Je ne crois pas, non.

« Spero Patronum. » s'écria-t-elle.

La lionne qu'elle venait de voir dans le miroir apparut et rugit – silencieusement – avant de vaciller et de disparaître.

« Très bien. » dit une sorcière avec un bandeau sur l'œil.

Marlène ne l'avait jamais vu avant, mais elle reconnaîtrait certainement son nom quand elle l'entendrait ; elle n'avait pas l'air beaucoup plus âgé que Marlène et avait sûrement été formé en même temps que James et Sirius. Marlène tenta un nouveau regard vers Fol-Œil et son expression était vraiment emplie de pitié. Elle lui tourna le dos et croisa de nouveau les jambes.

« Quel était le souvenir ? »

« Le jour de la naissance de mon petit frère. » dit-elle.

« Tu t'en souviens ? »

« J'avais huit ans. »

« Tu as d'autres frères et sœurs ? »

« Oui. »

Mais tu ferais mieux de parler au passé.

« Qui ? »

« Un grand frère. »

« Qui est ton préféré ? »

« Je les aimais autant l'un que l'autre. »

« Aimais ? »

« Ils sont morts. » dit-elle, platement.

« Des parents ? »

Marlène acquiesça d'un air pincé et fixa ses mains.

« Tu es contente ? »

Sa tête se releva rapidement.

« Pardon ? »

« Es-tu contente qu'ils soient morts ? »

« Non. » s'écria-t-elle.

« Ils te manquent, alors. »

« Évidemment. »

« As-tu un mari ? »

Marlène secoua la tête.

« Un ami ? »

« Tu es intéressé, Glade ? » demanda-t-elle froidement.

Glade se mit à rougir. Ils ne s'étaient jamais fréquentés, mais il n'avait pas manqué d'essayer. Il lui avait cassé les pieds pendant toute la septième année et elle avait pu comprendre ce que Lily avait traversé pendant ses six premières années à Poudlard.

« Des enfants ? »

« Non. »

« Personne ? » demanda Fol-Œil.

La mâchoire de Marlène se serra.

« Quelques amis. » dit-elle brusquement.

« Alice et Frank. Mary. Neville. »

« Lequel d'entre eux- »

« On te donne une baguette. » l'interrompit bruyamment Fol-Œil.

Les autres le regardèrent, surpris.

« Elle ne peut lancer que l'un des trois Impardonnables. »

« C'est même possible ? Une baguette ne peut pas être limitée à trois sorts. »

« Celle-ci peut. Un ennemi te fait face. Lui ou elle – peu importe – a une baguette également. Vous êtes tous les deux dans une pièce fermée. Tu ne peux pas passer par la cheminée, ou transplaner, et ta baguette – évidemment – ne permet pas de créer un portoloin. Pour t'échapper, tu dois maîtriser ton adversaire. Comment tu t'y prends ? »

« Magie sans baguette. »

« Tu peux faire de la magie sans baguette ? »

« Non. » dit Marlène.

« Tu ne peux pas utiliser quelque chose que tu n'as pas. » dit Proudfoot.

« Je n'ai pas de baguette limitée aux Impardonnables. » dit-elle.

« C'est théorique- »

« Tout comme ma capacité à utiliser la magie sans baguette. »

« Tu es Auror, en mission, quand ton partenaire tombe inconscient. Il ne répond à aucun sort et il n'y a personne pour t'aider. Sans aide immédiate, ton partenaire va mourir, mais si tu pars, la mission est compromise et la cible va s'échapper. Que fais-tu ? »

« Créer un portoloin pour envoyer mon partenaire à Ste Mangouste, dit-elle. J'enverrais un message aux personnes en charge de l'opération ou de la mission ou comme vous voulez l'appeler, pour les informer de ce qu'il s'est passé et demander du renfort. Ensuite, je m'occuperais de la cible. »

« C'est risqué. »

« La seule vie que je risquerais, c'est la mienne. » répondit-elle.

« Tu es approchée par des criminels reconnus alors que tu n'es pas en service. Ils veulent passer un marché : une immunité officielle contre des informations sur une autre cible. Que fais-tu ? »

« Prendre leur baguette et les amener au Ministère pour interrogation. »

« As-tu un casier judiciaire ? »

« Non. »

« Où sont les papiers ? demanda la sorcière avec le bandeau sur l'œil, en parcourant ses documents. Madame Bones a dit qu'elle les enverrait- »

« Tes parents sont Patricia Macmillan McKinnon et Curtis McKinnon, c'est exact ? » demanda Fol-Œil, avant qu'elle les ait retrouvé.

« Oui. »

« L'un d'eux a-t-il un casier judiciaire ? » demanda la sorcière avec le bandeau sur l'œil, en adressant un regard méfiant à Fol-Œil, tout en arrêtant ses recherches.

« Non. »

« Quelqu'un dans ta famille a-t-il un casier judiciaire ? »

« Quelle famille ? » demanda-t-elle.

« C'est quand la dernière fois que tu as vu Sirius Black ? » demanda Fol-Œil.

J'aurais dû savoir que ça allait sortir dès que je t'ai vu, pensa-t-elle, en regardant Fol-Œil d'un air lugubre.

« Ce matin, dit-elle sur le ton le plus glacé dont elle pouvait faire preuve. Il était dans le journal. »

Par chance, aucun d'eux n'insista.

« Dis la première chose qui te vient à l'esprit. Moldu. »

« Harold et Heather. » dit-elle, avec une moue triste.

« Sorcière. »

« Magie. »

« Poudlard. »

« Dumbledore. »

« Balai. »

« Nimbus. »

« Vif d'or. »

« James. »

« Attrapeur. »

« Davey. »

« Azkaban. »

« Sirius. »

Plusieurs Aurors échangèrent des regards. Marlène pouvait sentir les yeux de Fol-Œil – ses deux yeux – sur son dos.

« Gryffondor. »

« Lion. »

« Vert. »

« Lily. »

Fol-Œil la regarda, puis détourna les yeux.

« Sortilèges. »

« Flitwick. »

« Forces du mal. »

« Voldemort. »

Plusieurs Aurors laissèrent échapper des cris de surprise et le sorcier qui lui avait parlé de sa baguette tomba de sa chaise. Savage consulta le parchemin en face de lui, refroidi par sa dernière réponse, et choisit un mot plus sûr.

« Chocogrenouilles. »

« Cartes. » dit-elle, sans réfléchir.