Salut à ceux qui subsistent ! Me voilà enfin de retour ! Pris par le boulot, la vie perso et compagnie, difficile de prendre du temps pour les fanfictions. Et pourtant, l'envie de poursuivre ne m'a pas quitté. Désolé pour ceux qui commençaient à lire et se sont retrouvés sans rien pendant si longtemps. Je sais à quel point c'est désagréable. Mais enfin ... C'est reparti !

Pour vous remettre un peu dans le bain, petit rappel : Dans le dernier chapitre, Tonks et Marlène McKinnon passaient leur test pour entrer chez les Aurors. Dans les chapitres d'avant, Harry et Remus retrouvaient un Sirius mal en point après l'épisode de la caverne et du médaillon, Harry comprenait que Remus est un loup-garou et on apprenait que Marlène vivait juste à côté du 12, Square Grimmaurd.

Sur ce, bonne lecture !


Tonks patientait nerveusement c'était la fin de sa deuxième journée en tant qu'apprenti Auror et ils allaient apprendre qui avaient passé les examens préliminaires.

« C'est génial. » dit Tonks, en se grandissant légèrement pour pouvoir voir par-dessus la tête des autres apprentis.

Elle avait réussi les examens pratiques avec succès – elle avait passé les deux derniers mois à les réviser – et avait été rassuré par le test psychologique en discutant avec les autres apprentis.

Ils étaient prévus, avait-elle entendu quelqu'un dire, pour placer l'apprenti dans l'embarras – d'où les brusques changements de sujet – pour les placer sous pression – d'où le nombre d'Aurors – et pour déclencher une réaction émotionnelle – d'où les questions personnelles et franchement frustrantes.

« Je crois que je vais être malade. » dit Florence.

Tonks remarqua avec inquiétude que son visage avait l'air plutôt vert.

« Au moins, tu as réussi à tenir ton charme du Bouclier. » lança tristement Ben.

Son Bouclier à lui avait disparu dix secondes trop tôt.

« McKinnon ! »

McKinnon – elle n'avait dit son prénom à personne et personne ne s'en souvenait – s'écarta de la foule et se dirigea vers le côté, où Maugrey attendait. Tonks recula de quelques pas, intéressée d'en apprendre davantage sur cette femme.

« Fol-Oeil. » entendit-elle McKinnon répondre.

Aucun des apprentis ne savait rien sur elle parce qu'elle n'avait rien partagé durant les deux jours. Pourtant, où qu'elle aille, elle avait l'attention permanente de Maugrey. Tonks était presque sûre qu'il allait choisir de la former.

« Comment tu as trouvé ? »

« Bien. »

«C'est difficile ? »

« Oui. » dit McKinnon.

Sa voix était étonnamment émue, et Tonks était incapable de comprendre pourquoi.

« J'ai juste- Je vois Plantes et poisons et je ne peux pas m'empêcher de penser à- à- »

Elle prit une profonde inspiration.

« Je me souviens avoir entendu toutes les histoires sur la formation et maintenant je suis là, alors que je ne devrais pas l'être. Ça devrait être eux. »

McKinnon avait une voix presque hystérique. Maugrey avait l'air impassible.

« Est-ce que- est-ce que ça devient plus facile ? »

« Pas vraiment, répondit Maugrey, en soupirant bruyamment. Tu gères juste mieux. »

« … pas vrai, Nymphadora ? »

Tonks fit volte-face.

« Ne m'appelle pas comme ça, marmonna-t-elle. C'est Tonks. »

« Tu écoutais au moins ? » demanda Ben.

« Chut. » dit-elle, en se retournant vers McKinnon et Maugrey.

« … toi, déjà. Il n'y a rien d'autre que je peux t'apprendre- »

« C'est pas grave, dit McKinnon. Ça ressemblerait sûrement à du favoritisme, de toute façon. »

Maugrey grogna et baissa ensuite la voix, disant quelque chose à propos des tireurs d'élite de baguette.

« Non, répondit McKinnon. Définitivement Auror, maintenant. »

« J'savais que tu étais trop intelligente pour les tireurs de baguette. » marmonna-t-il.

Il lui donna un coup sur l'épaule et s'en alla en boitant. McKinnon le regarda, en souriant légèrement, et repéra Tonks, qui rougit et détourna les yeux, n'osant la regardant que du coin de l'œil. Le visage de McKinnon devint impassible – Tonks se demanda si elle était une Occlumens pour avoir autant de contrôle d'elle-même – et elle rejoignit la foule d'apprentis, en ignorant rapidement les tentatives de Yaxley pour savoir ce que voulait Maugrey.

Alors qu'ils patientaient, trois apprentis furent pointés du doigt par des Aurors et furent invités à partir. Tonks n'en connaissait aucun – ils devaient être dans l'autre groupe – mais elle se sentit un peu désolée pour eux malgré tout. Ensuite, les Aurors commencèrent à appeler des noms.

Yaxley fut associée à un Auror appelé Louisson – elle avait l'air heureuse avec ça – Lori Patel et Mary Wright rejoignirent la sorcière avec le bandeau sur l'œil – elle s'appelait McDuff – Ben fut envoyé vers un Auror à l'air intimidant qui s'appelait Shacklebolt, Florence fut associée avec l'Auror Finch qui était aussi le mentor de Melvin Clarke, McKinnon fit équipe avec Robards, Trixia Dale et Wesley Hill furent adressés à l'Auror Blackburn et Michael Brown fut associé à quelqu'un appelé Hemsley.

De plus en plus d'apprentis étaient répartis – certains avaient un Auror pour eux, d'autres devaient partager – et Tonks devenait de plus en plus nerveuse quand finalement-

« Nymphadora Tonks. » appela une voix grondante.

Tonks n'en croyait pas ses oreilles. Elle était trop surprise pour même s'embêter à dire à Maugrey de ne pas l'appeler Nymphadora.

« Allez, Nymphadora, je n'ai pas toute la journée ! » aboya-t-il.

« Désolé. » dit-elle, en s'empressant d'approcher.

Elle trébucha mais par chance, ne tomba pas et lui tendit la main dès qu'elle l'eut atteint.

« C'est un plaisir de travailler avec vous, monsieur- »

« Pas de monsieur avec moi, pas de ces bêtises, gronda-t-il, en lui serrant la main de façon étonnamment douce. Trouve une autre façon de m'appeler. »

« Ok- » dit-elle, hésitante.

« Bien. La formation commence demain. Chez moi à quatre heures. »

« De l'après-midi ? » demanda-t-elle, stupéfaite.

« Du matin. On ira rendre visite à un ami. »

Maugrey ne semblait pas être le genre à avoir beaucoup d'amis, mais elle ne dit rien.

« A quatre heures. » dit-il, avant de s'éloigner en claudicant.

C'est seulement après qu'il soit parti qu'elle réalisa qu'elle n'avait aucune idée de la localisation de sa maison.

« Oh, Merlin. » murmura-t-elle.

Elle regarda autour d'elle, mais la plupart des autres Aurors étaient soit partis, soit occupés avec leurs apprentis. Il va me tuer ! Comment je suis même censée le contacter ? Quelqu'un au Ministère doit sûrement savoir, mais je suis censé deman-

« Désolé ! » dit-elle, en percutant quelqu'un.

« C'est rien. » dit McKinnon, en l'aidant à se relever.

« Désolé. Je suis super malad- Tu parlais à Maugrey tout à l'heure, pas vrai ? » demanda-t-elle, en sentant ses yeux s'éclaircir.

Marlène fronça les sourcils en la regardant.

« Pourquoi ? »

« C'est mon mentor. Je suis Tonks. Tu es une … de ses amis, n'est-ce pas ? »

« Je suppose. »

« Tu sais où il vit ? »

McKinnon cligna des yeux.

« Pourquoi ? »

« Il m'a dit de le rejoindre chez lui demain matin, mais il n'a pas dit où c'était et je pensais que peut-être, puisque tu le connais- »

« Je savais où il le trouver, dit-elle. Mais c'était il y a des années. »

« Où ? » demanda Tonks avec espoir.

McKinnon secoua la tête.

« S'il habite encore au même endroit, alors je suis un Détraqueur. »

« Oh. » dit Tonks, déçue.

« Tes cheveux viennent de devenir bleus. » lui dit McKinnon.

Chose étonnante, elle avait l'air à deux doigts de sourire.

« Ça arrive. » dit-elle, en recommençant à paniquer.

Elle pouvait voir sa frange changer de couleur et devenir étrangement vert-orangée.

« Merci d'avoir essayé- »

« Demande à Dumbledore, répondit soudainement McKinnon. Si quelqu'un sait où le trouver, c'est lui. »

« Merci, dit Tonks, en étreignant l'autre femme. Merci, merci, merci- »

« C'est jaune, dit McKinnon, en attrapant une mèche de ses cheveux. Au nom de Merlin, comment tu fais ça ? »

« Je suis métamorphomage. » dit Tonks, rayonnante.

« Comment tu as dis que tu t'appelais ? » demanda encore McKinnon, les yeux écarquillés.

« Tonks. »

McKinnon cligna des yeux.

« La fille de Ted et d'Andy ? »

« Comment tu sais ? » demanda Tonks.

« Je t'ai gardé une fois. » dit-elle, en rougissant.

Tonks replongea dans ses souvenirs, en essayant de s'en rappeler sans y parvenir elle se souvenait de beaucoup de monde allant et venant dans la maison de ses parents pendant la Guerre. Elle se souvenait bien de Remus Lupin et de James Potter, parce qu'eux deux, en plus de Sirius, venaient le plus souvent. Elle avait aussi de vagues souvenirs d'une femme aux cheveux roux et d'un homme un peu grassouillet, mais pas de McKinnon.

« Désolé, tu ne voulais sans doute pas entendre ça- »

Je parie qu'elle connaissait Sirius Black alors, et probablement Remus Lupin aussi, pensa Tonks. Elle resta silencieuse, cependant – ça n'aurait sans doute pas dérangé Remus Lupin qu'elle parle de lui, il avait été aimable depuis le début – et McKinnon, qui n'avait parlé à personne d'autre qu'à Maugrey pendant deux jours, finit par se détendre un peu. Tonks se força à rire.

« Ça ne m'embête pas. Mais je ferais mieux d'y aller si je veux voir Dumbledore ... » dit-elle, un peu bizarrement.

McKinnon eut l'air un peu soulagé.

« Je suppose qu'on se reverra dans le coin alors, dit-elle. C'était sympa de te revoir. »

« Toi aussi. » dit-elle.

Elle agita la main pour dire au revoir à Florence et Ben et s'empressa de grimper les escaliers et de sortir par le placard à balais. Elle rentra à la maison en passant par une cheminée de l'atrium, se changea rapidement – elle devait rejoindre Keith à Pré-au-Lard à six heures – et rédigea un petit message pour rappeler à Maman et Papa qu'elle ne serait pas à la maison pour le dîner elle leur avait déjà dit, mais Maman avait tendance à oublier et allait sûrement s'inquiéter. Elle perdit cinq minutes à chercher son portefeuille, pour finalement le trouver sous son chat endormi.

« Tu savais que j'en aurais besoin ce soir, pas vrai, sale petit- »

Canis cracha et donna un petit coup ensommeillé à sa cheville.

Elle transplana à Pré-au-Lard et paya un hibou postal pour envoyer une lettre et prévenir Dumbledore de sa visite, avant d'emprunter le chemin sombre qui menait au château. Elle fut agréablement surprise de trouver Dumbledore qui l'attendait aux grilles de l'école.

« Bonjour, professeur. Je suis désolée de venir sans prévenir plus tôt. » dit-elle, en l'apercevant.

« Aucun problème, répondit Dumbledore, rayonnant. Devrions-nous rejoindre mon bureau ? »

« Ça ne prendra pas longtemps. J'ai juste une question. » dit-elle.

Dumbledore pencha la tête.

« Où vit l'Auror Maugrey ? On m'a dit que vous sauriez sûrement- »

« Tu n'as pas tort, répondit Dumbledore, en riant un peu. Puis-je te demander pourquoi tu veux le savoir ? »

« Oh, bien sûr, désolé. C'est mon mentor- »

« Félicitations, ma chère ! » dit Dumbledore, rayonnant.

« Merci. » dit Tonks, en lui rendant son sourire.

« J'en informerais Pomona. »

« Je lui ai envoyé un hibou pour lui dire que j'avais commencé les admissions, mais pas que j'avais réussi les tests préliminaires, dit Tonks. Si vous pouviez aussi l'en informer, ça serait merveilleux. »

« Considère que c'est fait. Maintenant, concernant Alastor : connais-tu Brighton ? »

« Oui. » répondit Tonks.

Papa avait fait un reportage là-bas l'été passé et elle y était allée avec lui.

« Après Albion Hill, il y a une rue qui s'appelle Phoenix Rise. Tu trouveras Alastor là-bas. »

« Comment je sais quelle est sa maison ? »

« Il y a une grande quantité de poubelles devant l'entrée, dit Dumbledore avec une drôle d'expression. Un simple sortilège d'Entrave devrait suffire. »

« Génial. » dit joyeusement Tonks.

Elle n'était pas trop sûre de la raison pour laquelle il avait parlé de sortilège d'Entrave mais bon, Dumbledore avait toujours été un peu étrange.

« Merci beaucoup, monsieur. » dit-elle avec joie.

« Pas de problème, pas de problème, dit gentiment Dumbledore. Puis-je te proposer de rester pour dîner ? »

« J'ai déjà prévu de manger avec un ami, en fait, s'excusa Tonks. Merci encore, monsieur. »

« Je passerai le message à Pomona. Profite bien de ton dîner. »

Après ça, Dumbledore repartit en direction des grilles de l'école, les referma d'un coup de baguette et prit congé en agitant la main. Tonks, qui n'avait pas envie de s'embêter à marcher pour retourner à Pré-au-Lard, transplana.

Elle se matérialisa en face des Trois Balais dans un petit pop et regarda autour d'elle. Des discussions bruyantes lui parvenaient de l'intérieur et la lumière des lampes se reflétait à travers les vitres, mais elle ne pouvait repérer Keith nulle part. Un regard à sa montre lui indiqua qu'il était tout juste dix-huit heures. Il arriva une minute plus tard, juste au moment où Tonks commençait à stresser.

« Salut ! » dit-elle, en agitant la main.

« Hey, dit-il, en l'enlaçant. Tu as l'air différente. »

« Je suis toujours différente. » lança-t-elle, sur un ton joyeux.

« Exact. »

« Alors, comment était ta journée ? »

« Ennuyeuse. Et la tienne ? »

« Géniale, dit-elle, avec un grand sourire. J'ai réussi les tests, et tu devineras jamais qui est mon mentor ! »

« Qui ? »

« Maugrey Fol-Oeil ! dit-elle, avec enthousiasme. Je viens de passer l'après-midi à essayer de trouver où il habite je dois y être demain à quatre heures du matin. »

« C'est horrible ! » lança Keith.

Tonks haussa les épaules.

« Les Aurors peuvent être appelés à n'importe quelle heure, alors il vaut mieux que je m'y habitue. »

Il lui adressa un regard dubitatif.

« Si tu le dis. Où tu veux manger ? Je pensais à Mme Pieddodu. »

« Cet endroit rose, avec les lutins ? » demanda-t-elle.

« Des angelots, en fait. »

« Oh. »

Jusqu'à ce moment-là, elle n'avait pas été très sûre si elle et Keith se fréquentaient ils étaient sortis plusieurs fois ensemble depuis la fin de l'école, mais elle n'avait jamais été capable de dire s'ils étaient amis ou quelque chose d'autre, comme la fleur qu'il lui avait donné hier semblait l'indiquer. Cette invitation, elle en était certaine, confirmait ses hypothèses. Elle n'avait jamais été chez Mme Pieddodu et même si Charlie lui avait raconté plein d'histoires horribles – ne lui donnant absolument aucune envie de s'approcher de cet endroit – Keith semblait impatient et elle ne pouvait pas refuser.

« Ouais, je suppose- »

« Super. »

Ils discutèrent tout le long de la route Keith travaillait toujours pour son équipe de Quidditch locale et avait pas mal de problèmes avec les enfants en-dessous de douze ans.

« Après toi. » dit Keith, en ouvrant la porte alors qu'ils arrivaient.

« Merci. » répondit Tonks, en trébuchant dans la pièce.

L'intérieur était chaleureux, au moins, bien qu'elle n'était pas fan de la décoration tout était recouvert de rose et de fushia et était soit fleuri, plein de dentelles ou plein de cœurs. Des bougies brûlaient sur chaque table, émettant des nuages de fumée en forme de cœur qui sentaient les fleurs. Charlie avait raison, pensa-t-elle sombrement, en s'efforçant de sourire en direction de Keith. Des angelots flottèrent pour les mener jusqu'à une table vide et ensuite, une femme corpulente vêtue d'une robe rouge étincelante s'empressa de débarquer avec des menus.

Elle parcourut le menu et choisit un plat avec nom italien ça semblait être le choix le moins niais, même s'il s'agissait d'un plat de pâtes en forme de cœurs. Keith commanda quelque chose à base de poulet, ils demandèrent aussi une sorte de boisson à la fraise et Pieddodu s'en alla.

« C'est pas mal, non ? » dit Keith, avec enthousiasme, en regardant autour de lui.

« Ça ressemble vraiment à aucun endroit dans lequel je suis déjà allé, dit-elle. J'imagine que t'es déjà venu ? »

« Une fois en cinquième année avec Dawn, dit-il. Elle avait vraiment eu l'air d'aimer. »

Tonks ouvrit la bouche pour répondre et reçu une poignée de confettis en plein visage. Keith se mit à rire tandis que Tonks crachait dans sa serviette et fusillait l'angelot du regard.

« Alors, qu'est-ce que t'as dû faire pendant ces tests ? »

Tonks lui répondit avec joie, en parlant sur un ton excité des tests physiques – elle avait perdu une mèche de cheveux en transplanant et l'avait rapidement fait repousser avant que l'examinateur ne le remarque – des étranges questions qu'ils avaient posé et des miroirs.

« Je pense qu'ils ont inspiré Blanche-Neige. » dit-elle, pensive.

« Pardon ? » dit Keith.

« Blanche-Neige, répondit Tonks. C'est un conte moldu, et il y a ce miroir- »

« Je n'ai aucune idée de ce dont tu parles. » s'excusa-t-il.

« C'est rien, dit-elle. Je te prêterais mon vieux livre de contes moldus- »

« Je ne lis pas de contes moldus, répliqua-t-il en riant. Je vais juste te croire sur parole. »

« D'accord. » dit-elle, un peu éteinte.

« Je t'ai parlé de l'équipe des moins de douze ans ? »

« Oui. » répondit-elle, mais il lui raconta de nouveau malgré ça.

Leurs plats et leurs boissons arrivèrent peu de temps après les boissons étaient si sucrées qu'elle ne put en avaler plus qu'une gorgée, mais les pâtes étaient bonnes, même si elle fut un peu déconcertée par la sauce rose pâle.

Ils discutèrent de Quidditch tout en mangeant – Tonks était une grande fan des Harpies, tandis que Keith préférait les Tornades – et subirent les angelots Tonks était sûre qu'elle avait dû avaler par accident plusieurs poignées de confettis avant la fin de son repas, et sa boisson était recouverte d'une couche de papier mouillé. Finalement, elle perdit patience et stupéfixa la petite créature dorée.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Keith, l'air horrifié.

« Je lèverai mon sort avant qu'on parte. » dit-elle, en fourrant l'angelot dans le pot de sucre.

Il lui adressa un regard pensif, mais ne dit rien d'autre sur le sujet.

Quelques temps plus tard, Madame Pieddodu leur apporta des cafés et des bols de glace à la fraise. Tonks relâcha finalement l'angelot et se leva, en fouillant son sac à la recherche d'un gallion.

« Nymph- désolé, Tonks – pourquoi tu payes ? »

« Pour le repas. » dit-elle, en posant un gallion sur la table.

Il le saisit et le remit dans sa main.

« Je paye. »

« Ne sois pas idiot, dit-elle. Je vais payer pour mon repas. »

« Mais je veux payer. » dit-il, l'air blessé.

« Désolé, quoi ? » demanda-t-elle, perplexe.

Il saisit l'occasion pour jeter ses deux gallions sur la table et l'attirer vers la porte.

« Un gentleman paye toujours pour la dame. » dit-il, tandis qu'elle enroulait son écharpe autour de son cou.

Tonks renifla.

« Je suis loin d'être une 'dame', Keith. »

« J'étais poli. » insista-t-il.

Elle leva les yeux au ciel et rangea son gallion dans sa poche.

« Merci alors, soupira-t-elle. Mais la prochaine fois, je paye. »

Il se mit à rire comme si elle avait raconté une blague absolument hilarante.

« Qu'est-ce que tu veux faire maintenant ? » demanda-t-il.

Elle vérifia sa montre.

« Je crois que je devrais rentrer à la maison, en fait. »

« Quoi ? demanda-t-il, le visage défait. Pourquoi ? »

« Eh bien, il est dix heures, dit-elle avec raison. Et je dois être chez Maugrey à quatre heures. »

« Tu ne peux pas rester encore une heure ? »

« Pas si je veux dormir cette nuit, dit-elle, en dissimulant un bâillement. Et si je ne dors pas, je vais être épouvantable demain, ce qui ne va pas aider Maugrey à m'apprécier. »

« D'accord, dit-il à regret. On se voit demain, alors ? »

Ses sourcils se levèrent.

« Demain ? »

« Tu ne fais rien, n'est-ce pas ? »

« Eh bien, non, admit-elle. Je suppose que non. Qu'est-ce que tu voudrais faire ? »

« Je connais un endroit sur le Chemin de Traverse, dit-il avec enthousiasme. Tu veux qu'on se rejoigne au Chaudron Baveur à six heures ? »

Tonks vérifia sa montra à nouveau et acquiesça – elle devait vraiment partir si elle ne voulait pas que l'incident des B.U.S.E. ne se répète elle avait été si grincheuse qu'elle avait jeté un maléfice à pas moins de sept camarades en une seule journée et avait reçu trois retenues, de trois professeurs différents.

« Six heures, c'est bon, dit-elle. C'était sympa de te voir ce soir. »

« J'attends demain avec impatience. » dit-il.

Elle l'enlaça pour lui dire au-revoir.

« A plus tard. »

Elle transplana directement dans sa chambre.

« Nymphadora ! » cria Maman.

« Ne m'appelle pas Nymphadora ! » cria-t-elle en retour.

« Qu'est-ce que je t'ai dit à propos de transplaner dans la maison ?! »

« De ne pas le faire, dit-elle sur un ton fatigué, en ouvrant la porte de sa chambre pour tomber sur Maman qui la regarda en coin. Désolé. »

« Ne me fais plus répéter. »

Tonks hocha machinalement la tête, mais était sûre que ça ne serait pas la dernière fois.

« Comment ça s'est passé ? » demanda Maman.

« J'ai réussi ! » dit-elle, en rayonnant.

Maman la serra fortement dans ses bras.

« Et je fais équipe avec Maugrey- »

« Fol-Oeil ? demanda Maman, l'air pensive. Il a formé S- quelqu'un que je connaissais. »

Tonks remarqua son hésitation, mais ne dit rien.

« J'ai entendu qu'il était un peu ... »

Maman eut l'air de ramer un peu, en essayant de trouver le bon mot.

« Étrange. » dit-elle finalement, en ayant l'air satisfaite d'elle-même.

« Il a l'air bien. » répondit Tonks, en haussant les épaules.

« Bien, bien, dit Maman, distraite. Et comment c'est passé ton rendez-vous avec ce garçon – Kevin ? Quand est-ce que je le rencontre ? »

« Keith, dit Tonks. Et ce n'était pas un rendez-vous. »

Enfin, ça l'était, s'avoua-t-elle, mais Maman n'a pas besoin de savoir ça. Elle laissa délibérément la dernière requête de Maman sans réponse.

« Bien sûr que non, chérie, dit Maman, en souriant. Je te vois demain matin, alors. »

« En fait, non, s'excusa-t-elle. Maugrey a dit d'être chez lui à quatre heures. »

« C'est déjà suffisant que mon mari soit en vadrouille à toute heure pour faire son travail, dit Maman, en levant les mains en l'air. Mais maintenant, toi aussi. »

« Désolé. » répondit Tonks, l'air penaud.

Maman se renfrogna un peu.

« Je suppose qu'on te verra au dîner alors, Nymphadora. »

« Ne m'appelle pas comme ça ! Et non, tu ne me verras pas. »

« C'est ton nom- Qu'est-ce que tu veux dire, non ? »

« C'est un nom stupide. »

Maman croisa les bras, les yeux prêt à fusiller n'importe qui.

« C'est un beau nom. »

« C'est un nom de Sang-Pur. Tu l'as choisi pour embêter ton horrible famille- »

« Je n'ai pas fait une chose pareille, s'écria Maman. Je l'ai choisi parce que je l'aimais, Nymphadora, et pour aucune autre raison. »

« C'est un nom stupide, murmura-t-elle. A propos du dîner- »

« Oui, dit Maman avec sévérité. A propos du dîner ? »

« J'ai dis à Keith qu'on se verrait. » dit Tonks, en s'attendant à une explosion.

« Oh. » dit Maman, sur un ton auquel elle ne s'attendait pas du tout.

Elle aurait presque préféré se faire crier dessus plutôt que ce fin sourire qui s'était installé sur le visage de Maman.

« Très bien, alors. Mais je veux le rencontrer bientôt. »

« Très bien ? répéta-t-elle, incrédule. C'est tout ? »

« Contrairement à ce que tu as l'air de croire, Nymphadora- »

Tonks lui montra les dents.

« -je ne cherche pas toujours à me disputer avec toi. »

« Je sais ça. » marmonna Tonks.

Maman passa un bras autour d'elle et lui serra les épaules. Tonks ne put retenir le petit sourire qui apparut sur son visage et elle plaça un bras autour de Maman, la serrant également contre elle.

« C'est quand même un nom stupide. »

Maman prit une longue inspiration par le nez.

« Admets-le. » dit Tonks, en lui donnant un petit coup d'épaule.

Maman se leva et embrassa son front.

« Bonne nuit, Nymphadora. »

« Admets juste- »

« Je pensais t'avoir dit de ranger ça. » dit Maman, en pointant un doigt accusateur en direction de la pile de vieux livres qui traînait sur le sol.

« J'en avais besoin besoin pour les tests d'Auror. » dit-elle.

« Qui sont terminés, maintenant. »

« Eh bien, ouais, maintenant ils sont terminés. »

« Je veux que tu les ranges- En fait, toute cette chambre aurait besoin d'un bon netto- »

« Bon, je suis épuisée, alors je vais aller me coucher maintenant. Bonne nuit. »

Maman secoua la tête et sortit de la chambre.

« Je t'aime. » lança Tonks.

« Moi aussi. » répondit Maman, en ayant l'air ... amusé ?

Tonks se laissa tomber sur son lit et une terrible révélation s'imposa à elle Maman avait parlé de sa chambre en bazar pour la distraire de leur dispute à propos de son nom. Et ça avait marché.

« Maman ! » cria-t-elle, outragée.

« J'ai dit bonne nuit, Nymphadora. »

Ça doit être là, pensa Tonks, en regardant la maison devant laquelle se trouvait pas moins de quatre larges poubelles alignées. Elle vérifia sa montre – cinq minutes avant d'être en retard – et se retrouva à souhaiter être restée au lit cinq minutes de plus. Elle leva sa baguette et emprunta le chemin, impressionnée par la coupe nette du gazon elle s'était imaginé Maugrey comme étant plutôt désordonné.

Un léger son derrière elle attira l'attention de Tonks. Elle se tourna, la baguette levée et à son grand étonnement, découvrit qu'elle était suivie par une boîte aux lettres moldue, une boîte aux lettres qui jusque-là était innocemment installée sur le bord de l'allée. Elle sautillait vers elle, en grinçant bruyamment.

« Au nom de Merlin, qu'est-ce que- Ah ! »

La boîte aux lettres la percuta et la fit tomber au sol. Elle jeta un œil à la maison, en se demandant si Maugrey était derrière ça, mais les fenêtres de la maison étaient toujours sombres. La boîte aux lettres faisait maintenant de son mieux pour la clouer au sol sur le petit chemin. Elle se traîna en arrière et lança un 'Impedimenta !', mais le sort ne sembla avoir aucun effet.

Sans autre choix, elle roula de côté, tandis que la boîte aux lettres se jetait au sol, atterrissant avec un gros bang. Tonks sauta rapidement sur ses pieds et agita sa baguette vers la boîte aux lettres, en essayant de la repousser dans la rue où elle devait se trouver, mais elle s'avéra résistante.

Elle abandonna les tentatives physiques pour la repousser hors du jardin quand la boîte aux lettres essaya de la mordre seules ses compétences de métamorphomage sauvèrent ses doigts en les rapetissant d'un centimètre. Agacée, elle lui donna un coup avec sa baguette et la métamorphosa en bouton. Il tomba sur le sol, avec un petit bruit, et essaya de rebondir vers elle. Elle le ramassa et même s'il essayait de se tordre violemment, le bouton ne pouvait s'échapper de son poing. Alors, elle poursuivit son chemin vers la maison.

Elle leva la main pour frapper à la porte, mais celle-ci s'ouvrit avant que sa main ne touche le bois.

« Tu es en retard. » grogna Maugrey, en s'écartant pour la laisser entrer.

Elle vérifia sa montra, qui indiquait qu'elle n'avait que quelques secondes de retard. Elle adoucit son irritation.

« Désolé, dit-elle, en lui tendant le bouton sauteur. J'ai été ralenti. »

Il boitilla jusqu'à la porte d'entrée et lui rendit sa forme originelle, avant de le replacer à la bonne place, tandis qu'elle attendait dans l'entrée.

« Pas mal, dit-il, en revenant. La prochaine fois, ça ne sera pas si facile. »

« C'était- c'était un test ? »

Maugrey sourit légèrement et la guida dans la maison. Tonks eut l'impression qu'il venait juste d'emménager il y avait des boîtes contre les murs du hall, qui était déjà petit, et empilées dans tous les coins possibles. Ils finirent par entrer dans le salon c'était une petite pièce qui donnait l'impression de n'être qu'à moitié fournie il n'y avait que deux canapés, une table basse délabrée et une bibliothèque chargée avec plus de boîtes que de livres.

« Assieds-toi. » dit-il.

Hésitante, elle s'assit sur un bout de canapé.

« Pas de ça. Allonge tes jambes, ou couche-toi. »

Elle le dévisagea.

« Puisque tu es mon apprentie, tu pourras considérer cette maison – ou toutes les maisons dans lesquelles je vais vivre – comme la tienne. Tu peux choisir une des chambres d'invité et l'utiliser quand tu veux. Tu peux utiliser ma buanderie et ma cuisine, mais si tu manges quelque chose, tu le remplaces. »

Elle acquiesça, stupéfaite.

« Vous me faites confiance ? »

Tout ce qu'elle avait entendu sur Maugrey suggérait qu'il était incroyablement réservé, incroyablement paranoïaque.

« On va travailler ensemble pendant les trois prochaines années. » dit-il, sans tourner autour du pot.

Elle remarqua qu'il n'avait pas dit oui.

« Je ne veux pas qu'on marche sur œufs quand on est ensemble. Tu as une question, tu la poses. Tu veux dire quelque chose, tu le dis. Je suis clair ? »

« Oui. » dit-elle, en se rappelant de ne pas l'appeler 'monsieur' au dernier moment.

Elle avait le sentiment que si Fol-Oeil était vraiment comme il le paraissait, ils allaient très bien s'entendre.

Il quitta la pièce et revint en portant deux boîtes en carton. Sur la première était inscrit Photos de bébé et sur la deuxième Nourriture pour chien / Jouets. Elle se demanda si elle était censée l'aider à défaire ses cartons.

« Tiens. » dit-il, en plaçant la boîte Photos de bébé dans ses mains.

« Je- Merci ? »

« Ouvre. »

Elle s'exécuta. A l'intérieur – comme le nom sur la boîte le suggérait – il y avait une collection d'albums photos, de cadres et une pile de photos de bébés.

« C'est qui ? » demanda-t-elle.

« Aucune idée. » dit-il.

Elle cligna des yeux, confuse. Maman avait raison. Il est bizarre.

« Passe l'album photo. »

Elle l'attrapa et toute la couche de cadres, d'albums et de photographies vint avec elle. Tout était collé ensemble, comme une sorte de sculpture bizarre. Dessous, cependant, se trouvait une collection de dossiers – des dossiers du Ministère si l'on pouvait en croire les cachets – et de coupures d'articles de différents journaux et magazines. Fascinée, elle écarta l'album-sculpture et après avoir jeté un œil à Maugrey qui ne semblait pas s'en offusquer, elle se mit à parcourir les dossiers.

« Ils parlent tous de Harry Potter et de Sirius Black. » dit-elle après un moment.

« C'est ça, gronda-t-il. Un jour sur deux, c'est ce que tu feras. Donc mardi, jeudi et- »

« Samedi, dit-elle. J'ai compris. »

« J'aime bien avoir des apprentis intelligents, dit-il, l'air presque fier. Il y a des recherches, actuellement gérées par Lucius Malefoy. Ça te dit quelque chose ? »

« Bien sûr. »

Elle suivait les recherches Potter-Black depuis des mois.

« Tu vas rejoindre les recherches. Tu feras tout ce qu'il te dit de faire, expliqua Maugrey. Et ensuite, tu viens me faire un rapport. Si quoi que ce soit de bizarre arrive, je veux le savoir. Si tu entends quoi que ce soit à propos de Potter ou de Black, je veux le savoir à la seconde. S'ils sont attrapés, je veux savoir où et quand, et si tu les attrapes, tu me les amènes directement. »

« Alors, je suis une sorte d'espionne ? » dit Tonks, les sourcils levés.

« J'aime bien avoir des apprentis intelligents, dit-il en se penchant vers elle. Je ne fais pas plus confiance à Malefoy qu'à ma vision, et à mon âge, je ne vois pas très loin. »

Tonks acquiesça avec enthousiasme.

« Si je suis une espionne, à quel point ça doit rester secret ? Est-ce que je dois utiliser un faux nom ou- »

« Tu te présenteras sous le nom de Théodora Tock. C'est suffisamment proche pour que tu y répondes. Pour ce qui est du secret, ça doit rester entre nous. Si quelqu'un demande, tu ne fais pas partie des recherches. Les mardis, jeudis et samedis, tu fais ma lessive et défais les cartons ici. »

« Mais le Ministère- »

« Lucius Malefoy a placé le Ministère entier dans sa poche, juste à côté de son mouchoir en dentelle, et je n'aime pas ça, aboya Maugrey. Tant que je n'ai pas décidé qu'il n'a pas d'arrière-pensées, j'ai besoin que des gens gardent un œil sur lui, et c'est une bonne façon pour toi d'acquérir de l'expérience sur le terrain. Tu penses que tu peux gérer ça ? »

Tonks acquiesça vigoureusement.

« Les vendredis seront entièrement dédiés à ta formation. Ça aura lieu à l'endroit où on était les jours derniers. »

Elle remarqua qu'il n'avait pas donné de localisation précise et se demanda s'il pensait qu'elle n'écoutait même pas. Maugrey poussa la boîte Nourriture pour chien / Jouets vers elle.

Tonks rangea avec soin la boîte de Photos de bébé – Maugrey hocha la tête avec approbation – avant d'attraper l'autre boîte. Celle-là contenait une pile de boîtes de conserve, un vieux collier et un canard en peluche qui couina quand elle le toucha. Elle attrapa le canard et de nouveau, le premier niveau se leva pour faire apparaître des dossiers. Un rapide regard dessus et elle vit qu'ils parlaient de loups-garous, et plus spécifiquement de Fenrir Greyback.

« C'est l'affaire sur laquelle je suis actuellement, dit-il. Et la raison pour laquelle je ne peux pas surveiller Malefoy aussi bien que je le voudrais. Pendant les jours libres, tu travailleras avec moi là-dessus, ou avec les autres apprentis à apprendre tout ce que t'as besoin de savoir dans ce boulot. »

« Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? » demanda-t-elle.

« On est quel jour ? » demanda Maugrey, l'air irrité.

« Jeudi- »

« Alors ? »

« Alors je m'occupe de l'affaire Potter-Black ? demanda-t-elle. Déjà ? »

« Rien de mieux que l'instant présent. Je te donne une demi-heure pour trouver une apparence pour Tock, quelques petites manies et ensuite, on te trouvera une place dans les recherches de ton oncle. »

Une demi-heure plus tard, Tonks sortait de la petite salle de bain que Maugrey lui avait montré. Elle jeta un œil dans les coins du couloir Maugrey lui avait sauté dessus deux fois en criant 'Vigilance constante !' alors qu'elle se préparait et elle se sentait un peu sur les nerfs.

Maugrey, cependant, l'attendait dans le salon et hocha la tête quand elle entra. Elle était un peu plus grande que ce qu'elle choisissait habituellement, avec des yeux marrons et des cheveux auburn. Son nez était droit et pas très long, son visage n'était ni fin ni rond, elle n'était ni grosse ni mince. Au contraire, elle était très banale.

Elle avait aussi changé de vêtements Maugrey possédait plusieurs garde-robes pleine de vêtements de toutes tailles et de tout styles – moldu ou sorcier et pour les deux sexes - 'juste au cas où'. Elle ignora l'évidente paranoïa et se fit une raison, choisissant une robe bleue marine.

« Nom ? » dit Maugrey.

« Théodora Tock. » dit-elle d'une voix un peu plus grave que la sienne.

« Statut de sang ? »

« Sang- non, attends - Née-de-moldus. »

« Couleur préférée ? »

« Tu penses que quelqu'un va demander ça ? » demanda Tonks avec sa propre voix.

« Sois prête pour tout. »

« Ok, euh … bleu. »

« Bleu ? Pourquoi bleu ? »

« Parce que … euh … je suis allée à Beauxbâtons. »

« Can you speak French ? » grogna-t-il.

« C'est du français ? » demanda Tonks, en faisant la grimace.

« Au moins, tu as remarqué, soupira Maugrey. Tu ne peux pas te passer du français à Beauxbâtons, alors contente-toi de Poudlard. Ta couleur préférée peut être le bleu parce que tu es allée à Serdaigle. »

« Bien. »

« Tu jouais au Quidditch ? »

« Non, j'étais trop occupée à étudier.

« Un peu cliché, mais ça ira. »

Il lui posa d'autres questions – le nom de ses parents, quelles matières elle avaient choisi, combien d'A.S.P.I.C. elle avait obtenu – avant de sembler satisfait.

« Souviens-toi juste de rester dans le personnage. »

Elle acquiesça.

« Il est temps d'y aller alors. »

Il la guida rapidement à travers la maison jusqu'au jardin qui était derrière et lui tendit le bras. Elle le prit avec hésitation.

« Souviens-toi, vigilance constante. Si on est attaqué à notre arrivée, fais apparaître un Bouclier et rentre à l'intérieur. Si l'un de nous est tué- »

« Je croyais que t'avais dit qu'on allait voir un de tes amis ? » dit Tonks, alarmée.

« On est jamais trop prudent. » dit Maugrey.

Il se mit à tournoyer, l'attirant avec elle.

Il atterrit avec aisance, mais Tonks perdit l'équilibre et termina le dos dans l'herbe, les yeux fixés sur le ciel noir et étoilé et la lune presque pleine. Ils se trouvaient à la lisière d'une forêt, mais en regardant mieux, elle réalisa qu'ils étaient tout prêts d'une petite maison.

Des buissons soigneusement taillés s'alignaient contre les murs extérieurs, et une sorte de vigne grimpait contre la pierre, bien qu'elle ait été taillé autour des fenêtres. Des pierres rondes et blanches formaient un chemin dans l'herbe qui menait de la forêt – séparée de la maison par une clôture basse – jusqu'à l'entrée de la maison. La porte d'entrée en elle-même était protégée par une petite extension du toit, supportée par de fines poutres en bois.

« Tu es sûr qu'ils nous attendent ? » demanda-t-elle, en observant la maison.

Il semblait que les occupants étaient endormis. Maugrey l'ignora et se mit à boiter jusqu'à non pas la porte, mais la fenêtre.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle, en le voyant agiter sa baguette.

La fenêtre s'ouvrit sans bruit.

« Il y a une porte- »

« Ne fais jamais ce qu'on attend de toi. » murmura Maugrey.

Il agita sa baguette plusieurs fois, en fredonnant entre ses dents, avant de renifler.

« Fais attention aux buissons. »

Avec une agilité surprenante, il passa par la fenêtre et atterrit de l'autre coté sans un bruit. Je dois être dingue, pensa Tonks, avant de grimper à son tour.

« Lumos. » murmura-t-elle, une fois à l'intérieur.

Il y avait une grande bibliothèque sur sa droite, bien fournie, et une cheminée sur sa gauche, avec des photographies. Deux canapés, un fauteuil et une table basse se trouvaient au milieu tandis qu'il y avait un plan de travail et une table à manger avec quatre chaises à l'opposé de la pièce. C'était très bien rangé.

« Par ici. » dit Maugrey, en se tournant à droite, où il y avait une porte qui semblait mener à un couloir. Sa jambe était presque silencieuse sur le sol en bois et même si elle fit un peu de bruit – elle avait trébuché contre un range-parapluies près de la porte – ils sortirent de la pièce principale sans trop d'ennuis.

« Et éloigne cette lumière. »

« Ils nous attendent, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle, un peu nerveuse, tandis que Maugrey longeait le couloir.

Elle trouva une réponse à sa question lorsque Maugrey poussa une porte et la mena dans une chambre sombre, où un léger ronflement sortit du lit.

Non, réalisa-t-elle, en grimaçant. L'ami de Maugrey n'est pas du tout au courant de notre venue.

L'occupant du lit était un homme – pas la petite vieille qu'elle s'était attendue à voir après une fine observation de la maison et du jardin si soignés – mais il était si bien entouré par ses couvertures qu'elle ne pouvait pas en dire beaucoup plus.

Maugrey marcha jusqu'au lit, se pencha et se mit à rugir.

« VIGILANCE CONSTANTE ! »

Cela effraya Tonks, alors elle ne pouvait même pas imaginer comment le pauvre ami de Maugrey devait se sentir il se réveilla et sursauta si violemment qu'il tomba du lit. Il réussit à attraper sa baguette dans sa chute et lança un sort qui manqua Maugrey de quelques centimètres et laissa une trace dans le plafond.

« Putain. » dit-il faiblement.

Tonks avait l'impression que sa voix lui était vaguement familière et elle se demanda s'il s'agissait d'un autre Auror.

« Fol-Oeil ? »

« Tu te rends compte à quel point il est facile d'entrer ?! » beugla Maugrey.

« Il y a quelque chose qui ne va pas ? » demanda l'homme, en baillant.

« Oui ! Tu n'as aucune protection ou défense d'aucune sorte ! J'aurais pu te tuer et tu ne l'aurais même pas su ! »

« Oh, eh bien, si c'est tout ... » dit-il, en grimpant de nouveau dans son lit.

Maugrey tira sur les couvertures et l'homme lâcha un petit grognement de protestation.

« Bon sang ! dit-il. Quoi ? »

« Toast. » déclara Maugrey.

« Toast ? » demanda l'homme, comme s'il n'avait jamais entendu parler d'une telle chose.

Oui, c'est clair, je le connais, pensa Tonks, en plissant les yeux vers lui, mais elle ne parvint pas à voir grand-chose.

« Et des œufs brouillés, dit Maugrey. Dépêche-toi. »

« Va te faire voir, Fol-Oeil. » dit-il, en roulant contre ses oreillers.

Maugrey agita sa baguette et les lampes de la pièce s'allumèrent. L'homme s'assit, complètement décoiffé, et cligna des yeux, surpris.

« Qui êtes-vous ? » demanda-t-il, en fronçant les sourcils en direction de Tonks.

Tonks fut incapable de faire autre chose que de le fixer. C'était Remus Lupin.

« Théodora Tock. » dit-elle, en réussissant à retenir un joyeux 'Salut' au dernier moment.

Théodora ne disait pas ça.

« Remus Lupin. » dit-il, en soupirant.

Il jeta un œil à Maugrey.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Je te dirais ça une fois que j'aurais mangé. » dit Maugrey.

« Des toasts et des œufs, tu as dis ? » demanda Lupin, en réalisant apparemment qu'il n'allait pas pouvoir retourner au lit de si tôt.

Il sortit de son lit en soupirant et sortit de la chambre, uniquement vêtu d'un pantalon de pyjama. Maugrey renifla et le suivit en boitant. Tonks lui emboîta le pas, incapable de parler, incapable de réaliser ce qui venait de se passer.

Elle et Maugrey s'assirent à la petite table à manger de Lupin et le regardèrent allumer la cuisinière. Il repartit vers le couloir l'instant d'après.

« S'il est reparti au lit- » grogna Maugrey pour lui-même.

Mais il ne termina pas sa phrase, car Lupin revint, un fin tee-shirt sur le dos, adressant à Maugrey un regard qui fit penser à Tonks qu'il l'avait entendu.

« Il s'est passé quelque chose ? » demanda Lupin, en agitant sa baguette pour déposer trois verres de jus d'orange sur la table.

« J'avais juste besoin de te parler à propos des recherches de Malefoy. »

« Et ça ne pouvait pas attendre une heure plus décente ? »

« J'espérais que tu serais un bon exemple pour mon apprentie, grogna Maugrey. Toi, Potter et Pettigrow étiez toujours les plus vigilants et je ne peux pas aller les voir pour des raisons évidentes. »

Lupin se tourna vers la cuisinière.

« J'étais un bon exemple ? » demanda-t-il un moment après, en frottant machinalement une large cicatrice sur son bras.

« Oui, de ce qu'il ne faut pas faire. »

« Heureux de rendre service. »

Les yeux de Lupin se posèrent sur Tonks.

« Félicitations pour être entré en formation. » dit-il avec un sourire ensommeillé, mais authentique.

« Merci. » dit-elle avec la voix de Tock.

« Fol-Oeil est un bon mentor. Il m'a beaucoup appris. »

« On dirait pas. » grommela Maugrey.

Tonks l'entendit à peine, mais Lupin sembla l'avoir entendu et un petit sourire avec quelque chose de malicieux apparut sur son visage quand il se retourna.

« Je suis curieux, par contre. » poursuivit Lupin d'une voix légère.

« A quel propos ? » demanda Tonks.

« Tu détestes autant Théodora que Nymphadora ? »

« Je suis désolée, quoi ? » couina Tonks.

Lupin lui adressa un regard éloquent. Elle jeta un œil vers Maugrey pour lui demander de l'aide, mais il ne la regardait pas il affichait une étrange expression – presque attendrie, mais surtout irritée.

« J'avais oublié ça. » dit Maugrey, en fusillant Lupin du regard.

Celui-ci semblait lutter contre son sourire. Lupin se retourna vers la cuisinière et remplit une assiette d'œufs.

« Oui, dit-il. Eh bien, vigilance constante, Fol-Oeil. »