Salut tout le monde ! Merci pour vos retours ! Voilà encore un nouveau chapitre (que j'aime beaucoup, d'ailleurs !). En vous souhaitant une très bonne lecture ! Comme toujours, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire ! C'est toujours intéressant de savoir si vous avez appréciez ou si vous vous êtes ennuyés, si quelque chose vous a gêné ou au contraire, si quelque chose vous a plu particulièrement ! Merci d'avance et bonne lecture !


« Alors le vieux croûton est entré chez moi, m'a réveillé en sursaut à cinq heures et demi du matin un jour de pleine lune et m'a demandé – arrête de rire, Sirius, c'est pas drôle ! - un petit-déjeuner ! »

Patmol n'était pas le seul à rire du pauvre Lunard Harry était tordu de rire au-dessus de son assiette, ses lunettes menaçants de glisser et de tomber dans sa purée.

« C'est drôle. » dit Patmol, en essayant des larmes de ses yeux.

Harry trouvait que c'était agréable de le voir rire de nouveau il avait été plutôt maussade dernièrement et même si Lunard avait assuré à Harry que c'était juste à cause de la potion du Détraqueur, Harry n'était pas sûr que ce soit seulement ça Patmol avait eu l'air pensif, pas déprimé, et avait pris l'habitude de s'asseoir dans le bureau du rez-de-chaussée, à fixer la fenêtre.

« Tais-toi et bois ton chocolat chaud. » répliqua Lunard.

Ils échangèrent un regard et alors, la bouche de Patmol se pinça.

« D'accord, dit-il. Ce n'est pas drôle du tout. »

Harry renifla doucement il pensait toujours que c'était une des choses les plus drôles qu'il avait entendu.

« Qu'est-ce qui s'est passé après ? »

« Fol-Oeil m'a interrogé sur tous les éléments de la recherche de Malefoy sur vous deux, soupira Lunard, en jouant avec ses petits pois dans son assiette. Tu te souviens de Nymphadora, la fille d'Andy ? »

« Bien sûr, dit Patmol, en levant les yeux au ciel. Andy est ma cousine, tu sais- »

« C'est une apprentie Auror- »

« Quoi ?! » cria Patmol.

Sa fourchette tomba sur la table avec un grand bruit.

« Mais elle n'a que dix- »

Il s'arrêta de parler et commença à compter sur ses doigts.

« Oh, par Merlin. »

« Elle a fini l'école en juin, dit doucement Lunard. S'il te plaît, bois ton chocolat. »

Patmol frissonna et s'exécuta ils avaient découvert que les conséquences néfastes et physiques de la potion du Détraqueur disparaissaient après un peu plus d'une semaine de soins – des tonnes de chocolat chaud et pas mal de chocolat – mais que certains effets perduraient, comme des sentiments de culpabilité, de tristesse et de nostalgie et cachaient les émotions joyeuses. Même ça, cependant, n'était basé que sur l'observation Patmol n'en parlait pas.

« C'est bizarre comme le temps passe quand tu es à Azkaban. » dit Patmol.

Il reposa sa tassa et réussit à afficher un léger sourire.

« Oui, répondit sèchement Lunard, après une pause tendue. J'imagine que ça t'a fait un choc de sortir et de découvrir que le temps ne s'était pas arrêté. »

Lunard et Harry attendirent tous deux de voir comment Patmol allait répondre à ça. Une ombre passa sur son visage et il resta silencieux pendant un moment avant de s'obliger à rire.

« Alors, dit-il, en affichant ce que Harry définirait comme un sourire forcé. Que faisait Dora chez toi ? »

« Elle va se joindre aux recherches de Malefoy. » dit Lunard.

« Fol-Oeil laisse son apprentie traîner près de Malefoy ? » demanda Patmol, en faisant de nouveau tomber sa fourchette.

Lunard sourit légèrement.

« Aucun d'eux n'en a parlé alors c'est juste une hypothèse, mais je dirais que Fol-Oeil n'aime pas le fait qu'il n'y ait aucun Auror dans ces recherches. »

Il s'arrêta pour tremper un morceau de bœuf dans sa sauce, tandis que Patmol hochait la tête d'un air pensif.

« Ils voulaient que je la recommande – en disant que c'est ma nièce ou quelque chose comme ça – mais Malefoy n'est pas très content de moi après tout ce que j'ai dit à Ste Mangouste et mon soutien sera sûrement une raison suffisante pour qu'il la refuse … Elle doit l'approcher demain matin par ses propres moyens. »

« Je parie que ça a énervé Fol-Oeil. »

« Il l'a bien mérité après être entré comme ça. » dit Lunard, en plantant sa fourchette dans un morceau de bœuf.

Harry et Patmol échangèrent un regard et retournèrent rapidement les yeux sur leur assiette.

Ils terminèrent leur dîner dans un silence relatif – l'expression de Lunard devenait de plus en plus douloureuse et c'était facile pour Harry de se souvenir qu'il allait se transformer en loup dans quelques heures. L'air de Patmol devint étrangement sérieux, comme s'il réfléchissait à quelque chose de grande importance. Harry jouait avec ses pommes de terre.

« Est-ce qu'il va bien ? » demanda Harry à Patmol, après que Lunard ait disparu par la cheminée après le dîner.

« Il est toujours un peu éteint avant la pleine lune, lui assura Patmol. Un autre chocolat chaud, merci, Kreattur. »

Une tasse fumante lévita jusqu'à lui presque instantanément.

« Tu es sûr que tu devrais y aller ? » demanda Harry.

« Hmm ? » dit Patmol, un peu ailleurs.

« J'ai demandé si tu étais sûr que tu devrais y aller ? » soupira Harry.

« Oh, dit Patmol, en revenant à lui. Ouais, tout ira bien pour moi, gamin. »

Il se mit à sourire comme pour lui offrir une preuve.

« Et je ne peux pas venir ? » proposa Harry.

« Non, dit Patmol sur un ton ferme. Cette nuit sera assez difficile sans un humain dans le coin. »

« Alors, la prochaine fois ? »

« Bien essayé, gamin. » dit Patmol, en lui ébouriffant les cheveux.

« Ça coûte rien d'essayer. » dit Harry, en haussant les épaules.

Patmol secoua la tête, en souriant.

« Toi, ça ira ? Je ne t'ai jamais vraiment laissé seul - »

« Tu m'as laissé seul après la caverne. » dit Harry.

Patmol grimaça et fit signe à Harry de le suivre à l'étage.

« Oui, et tu as fini à Ste Mangouste pour une semaine. »

« Il n'y a pas d'Inferi dans le coin, dit Harry, alors qu'ils rejoignaient l'escalier principal. Les têtes d'elfes qui pendaient là étaient effrayantes, mais je ne les ai jamais vu attaqué personne. »

Patmol se mit à rire.

« Mon oncle Alphard disait que la mère de Kreattur était un sacré cas. »

« C'était laquelle ? » demanda Harry, tandis qu'ils passaient devant la bibliothèque.

« Celle avec les oreilles de travers. »

Harry éclata de rire.

« Non, vraiment. »

« Je suis sérieux, dit Patmol, en riant. De toutes les façons possibles. »

Harry grimaça.

« Aucune des têtes d'elfes n'avait des oreilles de travers. »

« Bien sûr que si. » dit Patmol, en poussant la porte de sa chambre.

« Bien sûr que non. »

Harry le suivit à l'intérieur et s'installa au bout du lit. Patmol sortit un sac de sous le bureau et traversa la pièce jusqu'à la commode.

Il plia une tenue de rechange avec soin et sortit ensuite un oreiller et une couverture du placard dans le coin – ils avaient dû trouver un nouvel espace pour ranger le linge de lit après que Kreattur ait emménagé dans le placard sur le pallier. Patmol plia la couverture aussi bien que possible, rétrécit l'oreiller et quitta ensuite la pièce pour aller chercher sa brosse à dents.

Harry prit le miroir de Patmol sur la table de chevet.

« James Potter. » murmura-t-il.

Le visage souriant de James apparut.

« Salut. » dit Harry.

James agita la main dans sa direction et dit quelque chose à quelqu'un que Harry ne pouvait pas voir.

« Salut, Maman. » ajouta-t-il, parce que même s'il ne l'avait jamais vu, il était presque sûr que c'était elle qui était avec James.

James rayonnait.

« Patmol m'a raconté l'histoire de l'Acromantule à la pleine lune, Papa, dit-il, un peu timidement. J'ai trouvé que c'était très drôle, mais Lunard a dit que tu étais furieuse quand tu l'as découvert, Maman. »

James se mit à rire et dit quelque chose à la personne derrière son épaule.

« C'est la pleine lune, ce soir. »

« Tu vas manquer quelque chose, Cornedrue. » lança Patmol, en revenant avec sa brosse à dents, son dentifrice et de la nourriture qu'il avait apparemment volé dans la cuisine.

Il plaça tout ça dans son sac-à-dos bien plein.

« Salut. » murmura Harry, en passant le miroir à son parrain.

James agita de nouveau la main.

« Je dois y aller, Cornedrue, pas le temps de discuter malheureusement, mais je sais que tu nous regardes de là où t'es, alors garde un œil sur ton gamin-, dit Patmol en souriant à Harry. -ce soir. Fais en sorte qu'il reste sur le bon chemin et tout ça. Je dirais bonjour à Lunard de ta part, ok ? »

La voix de Patmol vacilla légèrement et il marmonna un au-revoir avant de fourrer son miroir dans sa poche.

« Tais-toi. » murmura-t-il.

« Quoi ? » demanda Harry.

« Rien, rien … Bon, dit Patmol, en plaçant son sac sur son épaule. S'il te plaît, comporte toi bien ce soir. Pas de potions si ça t'ennuie pas. Tu peux t'entraîner aux sortilèges si tu veux, mais seulement dans la salle d'entraînement, et rien d'inflammable ou d'explosif, d'accord ? »

Harry leva les yeux au ciel – les Dursley croyaient aussi que Harry ne pouvait pas être laissé seul sans détruire quelque chose – mais il acquiesça. Cela semblait juste, surtout que Harry était toujours susceptible d'enflammer des choses pendant son sommeil Patmol avait placé un sortilège de Gèle-Flamme sur sa chambre.

« Garde toujours ta baguette sur toi, ne réponds pas à la porte – Lunard est le seul à sonner à la porte, de toute façon et il ne sera pas disponible ce soir – ne quitte pas la maison, et si quelque chose se passe mal, envoie un message avec Hedwige – elle sera capable de couvrir la distance en une heure. »

« Ok. » dit Harry, en haussant les épaules.

« Bien, dit Patmol. Il y a de la nourriture si tu as faim, des livres si tu t'ennuies ou tu peux convaincre Kreattur de jouer à la bataille explosive ou à Vif-d'or-et-Attrapeur- »

C'était la version sorcière du cache-cache, avait appris Harry.

« -ou lui faire raconter une histoire ou- »

« Patmol, dit Harry, en riant. Ça va. »

« Oh, et assure-toi de te coucher à une heure raisonnable. Kreattur peut te faire un petit-déjeuner si tu te réveilles tôt, mais je devrais être la maison vers sept heures de toute façon- »

« Patmol. » dit Harry.

« Je sais que j'oublie quelque chose. » murmura Patmol, en passant la porte.

« Oublier quelque chose ? demanda Harry, en le suivant. Je pense que tu viens juste de réciter tout un manuel d'éducation ! »

Patmol ignora ça et reprit la parole.

« Aha ! Ne t'approche pas de la cheminée ou de ce fichu médaillon. »

« Je ne le ferais pas, lui assura Harry. Dis salut à Lunard pour moi. »

« Je le ferais. » dit Patmol.

Il reprit ensuite la parole, comme s'il se parlait à lui-même.

« Voilà. C'était pas mal comme leçon d'autorité ça, non ? »

« Étonnamment, oui. » offrit Harry.

« Je te vois demain matin. » dit Patmol avec un sourire satisfait.


Patmol poussa la porte de l'arrière de la maison et parcourut lentement le petit chemin de pierre qui menait jusqu'à la forêt. Un léger vent ébouriffa sa fourrure et l'herbe sous ses pattes était encore plus agréable qu'il ne s'en souvenait, après passé tant de temps à l'intérieur. La simplicité du monde quand était comme ça lui avait aussi manqué il avait eu beaucoup de choses en tête dernièrement, mais aucune de ces choses ne semblait plus avoir d'importance à cet instant. C'était particulièrement agréable de ne pas ressentir les effets de la potion du Détraqueur, qui se rappelaient à lui constamment.

Il laissa échapper un soupir joyeux et se mit à trotter. Il n'était plus qu'à quelques mètres des arbres quand une large masse de poils châtains en émergea et se mit à grogner doucement. Patmol aboya comme pour l'encourager, refusant de laisser la douleur lancinante de Lunard ruiner sa superbe humeur, et les oreilles du loup frémirent.

Il s'avança et approcha son nez froid de l'épaule de Patmol. Patmol sortit la langue, bouscula le cou du loup et lui pinça un peu l'oreille. Lunard renifla. Patmol se recula un peu Lunard était plus grand qu'il ne l'était des années plus tôt et probablement plus très habitué à avoir de la compagnie.

Lunard se rapprocha pour le renifler de nouveau et alors, ses oreilles se dressèrent et sa queue commença à s'agiter doucement il avait reconnu Patmol et était heureux de le voir. Patmol pouvait le sentir Lunard sauta plus près et excité, donna un petit coup à Patmol. Il lui pinça l'oreille de la même façon qu'avait fait Patmol plus tôt. Patmol aboya et le loup lui répondit de la même façon.

Lunard resta surexcité – il poursuivit Patmol et Patmol le poursuivit également, pendant plusieurs minutes – avant qu'il ne s'arrête soudainement. Patmol le percuta, mais il ne le remarqua pas. Lunard tourna sa large tête pour regarder Patmol. Ses yeux marrons – qui semblaient remarquablement humains – se posèrent sur les yeux gris de son ami. Lunard lâcha un léger aboiement et aplatit ses oreilles.

Patmol aboya en retour, en reconnaissant là un signe de potentiel danger grâce à son instinct, mais aussi à ses souvenirs des anciennes pleines lunes. Lunard n'attaqua pas, cependant. Il aboya de nouveau et se plaignit avant de regarder autour de lui, sa queue tombant un peu. Patmol ne comprit qu'après que Lunard ait regardé plusieurs fois autour de lui.

Il cherchait Cornedrue.

Cela ruina la bonne humeur de Patmol assez rapidement, même s'il n'était pas de mauvaise humeur, juste d'une humeur triste. Patmol aboya une fois, doucement, et s'assit, en posant sa tête sur ses pattes. Lunard gémit à nouveau. Patmol laissa échapper un soupir et gémit une fois. La queue de Lunard était bel et bien entre ses pattes maintenant et tout son corps semblait s'être affaissé.

Il se rapprocha et et donna un petit coup sur les côtes de Patmol avec son nez, avant de laisser sa tête tomber en arrière et de hurler vers la lune et les étoiles d'une façon puissante et forte, parce que le cerf n'était pas là, parce que le cerf ne le serait plus jamais.

Il n'y avait pas de colère cette fois, comme il y en avait eu les autres fois, lorsque l'un d'eux ne pouvaient pas le rejoindre. Le loup savait que c'était différent. Patmol pouvait le sentir, la peine, le regret et la douleur. Lunard hurla encore. Patmol se leva et se blottit contre le loup avant de se joindre à ses lamentations.

Quelques temps après ça, quand le hurlement s'arrêta, le loup commença à regarder autour de lui à nouveau, regardant cette fois au niveau de leurs pattes et non de leur tête. Il cherchait Queudver.

Patmol découvrit ses crocs et laissa échapper un long grognement. Lunard le regarda curieusement mais après un moment, il sembla comprendre. Il découvrit aussi ses crocs – bien plus longs et pointus que ceux de Patmol – et grogna une fois avant de se tourner et de se diriger vers les sous-bois, le museau au sol.

Il cherchait Queudver, le traître. Celui qui avait détruit leur meute. Patmol suivit avec impatience, excité à l'idée d'une chasse, même si l'humain en lui savait que le traître n'était pas là. Ses crocs restèrent découverts, prêts à réduire le rat – ou n'importe quel autre rat qu'ils croiseraient – en miettes.


« Y'a-t-il des nouvelles, Albus ? » murmura Minerva.

Dumbledore secoua la tête et Fumseck laissa échapper un cri peiné. Severus réussit à ne pas lever les yeux au ciel, mais à peine cela faisait une semaine que le garçon avait disparu de sa chambre à Ste Mangouste. Severus avait pensé que Lupin en était responsable, mais il était chez lui lorsque Dumbledore lui avait rendu visite à peine cinq minutes après. Il était en train de nettoyer la vaisselle de son dîner tardif, ce qui indiquait qu'il était chez lui depuis un moment, au lieu d'être à l'hôpital, occupé à voler le fils de James Potter.

Ça l'avait un peu irrité. Severus aurait aimé pouvoir blâmer quelqu'un pour l'inquiétude incessante de Dumbledore. L'analyse des résidus magiques avait été inutile les protections de Ste Mangouste détruisaient les résidus magiques puisqu'ils pouvaient affectés les patients avec des troubles magiques. Ainsi, il n'y avait aucun moyen de savoir quand et comment Potter s'était échappé, ou si quelqu'un l'avait aidé.

Severus avait abandonné l'idée d'essayer de comprendre ce qu'il s'était passé et décida que Black avait encore organisé quelque chose de supposément impossible – comme son évasion d'Azkaban. Que quelqu'un d'aussi médiocre que Black puisse accomplir quelque chose d'aussi … non médiocre … ennuyait encore plus Severus qu'il ne voulait bien l'admettre.

« Je suis sûr que le garçon va bien, dit Severus avec impatience. Il était vivant la semaine dernière, ce qui montre que Black n'est pas aussi déterminé à le tuer que nous le pensions. »

Minerva lui adressa un regard qui suggérait qu'il se montrait délibérément borné.

« Depuis que je vous connais, vous n'avez jamais eu la moindre chose positive à dire sur Sirius Black, Severus, dit-elle fortement. Et de tous, vous choisissez ce moment pour commencer ? »

« Ce n'était pas vraiment une chose positive, dit Severus d'un air pincé. Je suis juste profondément fatigué d'entendre d'anciennes informations annoncées comme si elles étaient nouvelles. »

Minerva montra son agacement.

« Il y a un enfant qui a disparu, Severus. Sûrement que même vous- »

« Minerva. » dit doucement Dumbledore, même s'il semblait troublé.

Severus retroussa les lèvres. Les enfants disparus n'étaient pas un sujet à prendre à la légère, même si cet enfant en particulier semblait avoir pour habitude de disparaître de là où il était supposé être. Un emmerdeur comme son misérable père, pensa Severus d'une manière cinglante.

Il avait, bien sûr, pensé à se rendre au Square Grimmaurd. Ce serait la chose la plus responsable à faire, étant donné les circonstances, mais trois éléments l'avaient retenu. D'abord, Black et Potter – faisant partis du top dix des personnes que Severus détestait le plus (Pettigrow, Potter, Black, le Seigneur des Ténèbres, Lupin, Tobias Rogue, le garçon Longdubat, Bellatrix, le rejeton de Potter et Pétunia Evans) – habitaient là.

Ensuite, ce n'était pas ses affaires de s'assurer que le fils Potter était en sécurité – enfin, si l'on pouvait parler de sécurité avec Black comme tuteur. Il n'avait aucune raison valide d'y passer si ce n'était pour soulager sa propre et exaspérante conscience, qui continuait de lui rappeler qu'il avait promis à Dumbledore – et plus tard, sur la tombe de Lily – qu'il protégerait le garçon.

Troisièmement, si quelque chose n'allait pas et que le fils Potter n'était pas là ou qu'il était blessé, il deviendrait le problème de Severus, du moins pour le futur immédiat. Cela n'était pas non plus acceptable. Il peut aller se faire voir, pensa Severus avec irritation tandis que Dumbledore et Minerva parlaient à voix basse et anxieuse. Ils peuvent tous les deux aller se faire voir.


Harry était en train de retirer ses lunettes avant d'aller se coucher quand la cloche résonna dans la maison. Le portrait de Mrs Black se mit à se plaindre depuis le placard à linge sur le palier, mais il semblait qu'elle s'était adoucie depuis qu'elle avait été déplacé là – Kreattur était le seul avec qui elle était en contact et apparemment, cela lui réussissait – parce que Harry ne l'avait pas entendu hurler depuis son retour de Ste Mangouste.

Il replaça ses lunettes et agrippa sa baguette.

« Kreattur ! » siffla Harry.

Kreattur apparut un instant après, au milieu de la chambre sombre de Harry.

« Ne réponds pas à la porte. » lui dit Harry.

« Maître Sirius a donné ses ordres à Kreattur, dit Kreattur. Le Maître a été spécifique comme toujours. »

Sa voix s'éteignit et il se mit à marmonner – moitié pour lui-même, moitié pour Harry – sur un ton mi-réticent, mi-admiratif.

« Si spécifique, en vérité, que Kreattur ne peut même pas aller au rez-de-chaussée ce soir, même si Kreattur est sûr que le Maître a ses raisons. »

« Oui, il a des raisons. » lui assura Harry.

La cloche se fit de nouveau entendre et Mrs Black appela Kreattur pour lui demander d'y répondre. Kreattur frémit, comme s'il voulait faire ce qu'on lui disait avant de se restreindre lui-même il était seulement autorisé à suivre les ordres des portraits après avoir demandé la permission à Patmol. La cloche sonna une troisième fois. Kreattur partit pour aller calmer sa pauvre Maîtresse et Harry s'approcha de la fenêtre pour essayer de voir de qui il s'agissait.

Il plissa les yeux, en essayant de distinguer la silhouette dans le faible éclat de lumière de la rue. Il ne pouvait pas dire s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, l'âge que la personne pouvait avoir, ou quelle taille elle faisait. Il ne pouvait même pas dire ce qu'elle portait il ressemblait juste à une ombre. Probablement juste un vendeur moldu, pensa-t-il, en essayant de se calmer.

Drôle d'heure pour venir, mais c'est rien. La silhouette bougea devant les yeux de Harry et tendit le bras. Harry pensa qu'il allait de nouveau tirer sur la chaîne de la cloche. Il s'en ira s'il n'obtient pas de réponses.

Le son de la porte qui s'ouvrait, et le bruit de quelqu'un qui marchait sur le plancher craquant juste derrière la porte, résonna dans les escaliers. Harry pensa qu'il allait être malade. Serrant sa baguette si fortement que ses jointures devenaient blanches, il courut vers le palier et regarda par-dessus la rampe de l'escalier, d'où il pouvait voir un bout de l'entrée illuminé par les lampes qui s'étaient allumées à cause de la personne entrée dans la maison.

Une silhouette noire apparut dans la vision de Harry. La personne regarda vers les escaliers du bas qui menaient à la cuisine, puis elle commença à lever la tête. Harry se jeta au sol. Sa présence devait être cachée par le sortilège de Fidelitas, mais il ne voulait pas prendre de risques. Il compta jusqu'à cinq et se redressa, regardant entre les barreaux cette fois au lieu de regarder par-dessus, mais l'intrus avait disparu.

La lampe du rez-de-chaussée s'éteignit et plongea de nouveau la maison dans l'obscurité. Il y eu un sort jeté à voix basse dans la cage d'escalier et ensuite, un léger éclat de lumière illumina le deuxième étage.

Harry ouvrit la porte du placard de Kreattur, attrapa l'elfe sans autre explication que 'Shh !' et le tira jusqu'à sa chambre. Il ferma la porte autant qu'il pouvait sans la faire claquer, dans l'espoir que ça étoufferait le bruit, et se mit à tournoyer.

Ils atterrirent dans le noir, mais il faisait chaud et le discret gargouillis de l'eau fit dire à Harry qu'il les avait amené au bon endroit. Kreattur claqua des doigts et une petite bougie s'alluma au-dessus du chauffe-eau.

« Il y a quelqu'un dans la maison. » souffla Harry.

« Un intrus dans la Maison des Black ! » coassa Kreattur, l'air accablé.

Il claqua de nouveau des doigts et un lourde poêle en cuivre apparut dans sa main. Harry le fixa.

« Le Maître Harry doit rester ici, en sécurité. » coassa-t-il.

« Où tu vas ? » murmura Harry.

L'expression menaçante dans les yeux de Kreattur suffit pour lui répondre. Il tendit la main vers la porte et elle s'ouvrit.

« Tu ne peux pas y aller seul ! » dit Harry, en sortant de l'ancien repaire de Kreattur derrière lui.

Kreattur, contrairement à Harry, n'était pas protégé par le sortilège de Fidelitas.

« Kreattur est capable de protéger sa maison et son Maître. » dit Kreattur, en levant la poêle.

Il avança d'un pas vers les escaliers de la cuisine et laissa échapper un petit cri. Harry sursauta et se cogna contre une chaise, la renversant.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda Harry.

« De la magie, coassa Kreattur. Envoyée pour nous trouver. »

« Il sait où on est ? demanda Harry, alarmé. Mais le sortilège de Fidel- »

Les doigts maigrichons de Kreattur se serrèrent autour de l'avant-bras de Harry et ils se retrouvèrent de nouveau dans la chambre de Harry. Les lampes sur les murs étaient allumées. Harry frissonna l'intrus avait dût les laisser allumer.

« Kreattur, qu'est-ce que- ? » murmura-t-il.

« Doucement, Maître Harry. » dit Kreattur, en s'approchant de la porte.

Harry le suivit sur la pointe des pieds et sortit sur le palier. Il était vide, et ils s'approchèrent tout deux du haut des escaliers. Une silhouette noire bougeait au troisième étage, commençant à descendre. Kreattur leva la poêle d'un air déterminé et descendit silencieusement l'escalier. Harry le suivit, la baguette levée.

Ils avançaient plus vite que l'intrus, qui semblait vérifier chaque pièce tandis qu'il descendait. Kreattur s'arrêta d'un coup au milieu de l'escalier – Harry lui percuta le dos.

« Ooh ! Désolé ! »

Il regarda vers le virage suivant dans les escaliers.

L'intrus, une grande silhouette, était sur le palier du premier étage en train de vérifier le salon. Sans hésiter, Kreattur claqua des doigts et l'intrus tomba sur le sol avec un bruit sourd. La lumière de sa baguette s'éteignit, plongeant le palier dans l'obscurité.

« Tu ne l'as pas tué, pas vrai ? » murmura Harry.

Kreattur laissa échapper un étrange son qui aurait pu ressembler à un rire – seulement, Harry n'était même pas sûr que les elfes de maison pouvaient rire – et se lança en avant pour aller toucher le corps allongé du bout du pied, l'air satisfait. Soudain, la poêle tomba. Elle atterrit étrangement près de la tête de l'intrus et sonna d'une manière sourde en percutant le tapis.

Kreattur s'effondra en lâchant un petit gémissement aiguë et en s'agrippant la tête. Harry s'approcha d'un pas, incertain de ce qui arrivait, du moins jusqu'à ce que le corps rigide de l'intrus se détende. Il s'assit et leva sa baguette.

« Digitum Moverum ! » cria Harry et les doigts de l'intrus se mirent à bouger de manière incontrôlable.

La baguette tomba en silence sur le tapis et Harry plongea pour l'attraper, avant de se faire bousculer – plutôt durement, loin de sa cible. Il ne pouvait pas voir l'intrus – il lui tournait le dos – mais il savait qu'un sort pourrait être efficace.

« Lumos Maxima ! » cria-t-il.

Sa baguette s'illumina largement, aveuglant Harry mais également l'intrus il y eut un juron et un bruit de mouvement derrière lui. Il se tourna, prêt à utiliser un autre sort, mais son estomac se serra et il se retrouva à regarder le tapis. Kreattur gémissait toujours au sol.

« Personne ne t'a informé que c'était malpoli d'attaquer les visiteurs ? » demanda une voix narquoise.

Les lampes accrochées aux murs s'allumèrent et Harry se retrouva à fixer les yeux d'un Rogue rouge et mécontent.

Harry n'était pas sûr de savoir s'il était soulagé ou terrifié.

« Nous … euh … n'avons pas beaucoup de visiteurs. Monsieur. » ajouta-t-il rapidement.

« Après un accueil si chaleureux, on peut comprendre pourquoi. » dit Rogue d'une voix emplie de sarcasme.

Harry replaça ses lunettes sur son nez – la gravité essayait de son mieux de les lui enlever – et essaya d'avoir l'air aussi serein qu'il le pouvait, étant donné qu'il était pendu par la cheville à presque deux mètres du sol sa chaussette touchait le plafond.

C'est pas non plus très poli de s'aventurer dans la maison de quelqu'un sans s'annoncer, pensa-t-il, sans oser le dire à voix haute.

« Je suppose que ton troglodyte de parrain est en train d'attendre pour me tendre une embuscade à l'étage en-dessous ? » poursuivit Rogue, d'une voix ennuyée.

« Euh … non, promit Harry, bien qu'il n'ait aucune idée de ce que pouvait signifier 'troglodyte'. Votre sortilège l'aurait remarqué, non ? »

Rogue eut l'air surpris, puis pencha la tête.

« Pouvez-vous me faire descendre, s'il vous plaît ? Monsieur. »

Rogue se baissa pour examiner la poêle avec laquelle Kreattur s'était armé et se redressa pour croiser le regard de Harry.

« Est-ce que je peux vous faire confiance à toi et ton elfe pour ne pas m'agresser ? »

Harry jeta un œil à Kreattur, qui était toujours allongé et souffrait visiblement, mais qui était aussi silencieux.

« Oui. »

Rogue agita sa baguette et Harry tomba sur le sol, pas doucement mais pas aussi lourdement qu'il aurait dû. Il s'empressa de s'approcher de Kreattur.

« Qu'est-ce que vous lui avez fait ? » demanda-t-il.

« Rien. » dit Rogue, l'air impassible.

« Ce n'est pas rien ! » dit Harry, en regardant les yeux de Kreattur vaciller derrière ses paupières, comme s'il était en train d'avoir un cauchemar particulièrement mauvais.

L'elfe gémit.

« Vous lui avez fait du mal ! »

Les yeux de Rogue s'agrandirent juste assez pour que Harry ne le remarque, mais il reprit le contrôle rapidement.

« Je n'ai rien fait de tel. »

Menteur, pensa Harry, en le fixant. Il serra un peu le bras de Kreattur et les yeux de l'elfe s'ouvrirent. Ils se posèrent sur Harry et se refermèrent à nouveau, mais il était calme désormais. Harry prit un moment pour s'assurer qu'il respirait et finit par se détendre. Il jeta un autre regard sévère à Rogue, dont le visage était imperturbable.

« J'aimerais dire un mot à Black. »

« Il n'est pas là, dit Harry. Monsieur. »

« Et où est-il ? »

Les yeux, froids et sombres, de Rogue plongèrent dans ceux de Harry.

« Dehors. » dit Harry, en lui rendant son regard.

« Je vois, dit Rogue, son expression passant de légèrement agacé à presque furieux. Et quand doit-il te faire l'honneur de sa présence ? »

« Demain matin. » dit Harry.

Les lèvres de Severus se retroussèrent.

« Il t'a laissé seul toute la nuit ? »

« J'ai Kreattur. » se défendit Harry.

Les yeux de Rogue se posèrent sur le corps immobile de Kreattur et il n'eut rien besoin de dire pour que Harry sache ce qu'il pensait. Plusieurs expressions passèrent sur son visage pâle, avant qu'il ne reprenne la parole.

« Prépare un sac. »

« Quoi ? » demanda Harry.

« Tu vas retourner à Poudlard avec moi, dit Rogue. Je te ramènerais demain matin quand je viendrais parler à Black. »

« Je ne peux pas aller à Poudlard ! dit Harry. Je n'ai pas l'âge et les gens pourraient me reconnaître ! Et si Patmol revient et que je ne suis pas là ?! Je- »

« Je ne vais pas te laisser rester ici tout seul. » dit Rogue sur un ton qui n'invitait à aucune réponse.

Harry répondit malgré tout.

« Me laisser ? » demanda-t-il, en plissant les yeux.

Rogue tressaillit. Harry se demanda pourquoi, mais il ne demanda pas.

« Avec tout le respect que je vous dois, monsieur, je ne pense pas que ce soit à vous de décider. »

Sa voix était un parfait mélange entre le sarcasme de Patmol et le scepticisme poli de Lunard. Harry était plutôt fier de lui.

« On m'a dit de ne pas quitter la maison- »

« Tu as neuf ans. Tu n'es pas assez âgé pour passer la nuit seul. »

« J'avais Kreattur. » s'écria Harry.

« Plus maintenant. »

Et à cause de qui ? pensa Harry d'une manière cinglante.

« Fais ton sac. » répéta Rogue.

« Vous allez … Vous promettez de me ramener demain matin ? » demanda Harry avec hésitation.

« Il semble que la stupidité de Black soit contagieuse, commenta Rogue, avant de poursuivre plus fortement. Je l'ai déjà dit assez clairement, Potter. »

« Et Kreattur ? » demanda Harry obstinément.

Rogue jeta un œil à l'elfe de maison endormi.

« Il aura mal à la tête quand il se réveillera. »

« Mais il ira bien ? » insista Harry.

Rogue lui adressa un regard qui suffit à Harry pour le faire monter à l'étage et préparer son sac.


« Je pensais que la plupart des enfants dormait la nuit. » commenta Rogue depuis son coin.

Harry leva des yeux fatigués. Ils avaient utilisé la cheminée pour rejoindre directement les appartements de Rogue dans les donjons de Poudlard – d'abord, Harry avait pensé que Rogue allait l'y enfermé jusqu'au matin – voilà six heures. Harry, malgré sa culpabilité à l'idée d'avoir enfreint l'une des règles de Patmol, l'avait enfreinte sans se perdre ou se blesser.

Les appartements de Rogue étaient sombres et simples une moquette verte (sur laquelle Harry avait mis de la cendre) recouvrait le sol et les murs de pierre étaient ternes et gris, même si l'un d'entre eux était décoré avec une bannière de Serpentard et l'autre était recouvert d'étagères, contenant des livres.

Il y avait un canapé en cuir noir près de là, un lit à moitié défait dans un coin, une porte à l'opposé qui menait dans une petite salle de bain et un bureau dans l'autre coin. Il y avait aussi deux portes – l'une près de l'armoire et du bureau, et l'autre contre le mur recouvert de livres (les étagères passaient au-dessus) – dont Rogue n'avait pas parlé à Harry et il avait préféré ne pas demander.

Rogue avait fait apparaître un lit de camp près de la porte de la salle de bain et y avait immédiatement mené Harry, avant de s'installer sur son canapé. Il n'avait visiblement aucune intention de dormir pendant que Harry était dans la pièce et Harry pensait la même chose.

Il ne pouvait rien imaginer de pire que d'avoir un cauchemar et de devoir expliquer pourquoi il avait mit le feu à Rogue, ou accidentellement parler à Rogue des Horcruxes (quoi qu'ils soient) ou de devoir être réveillé par Rogue à six heures et demi pour rentrer à la maison.

Harry jouait avec les pièces du puzzle en forme de serpent de Regulus, heureux d'avoir pensé à l'amener.

« Je ne suis pas fatigué. »

Ce mensonge aurait pu trompé Rogue – même si Harry en doutait – mais le bâillement qui suivit le trahit bel et bien.

Il rangea le puzzle dans son sac et sortit le livre qu'il avait amené pour avoir quelque chose derrière lequel se cacher. Rogue ricana et retourna aux copies qu'il corrigeait avec une expression irritée.

« Dis-moi, Potter- » dit-il soudainement.

Harry sursauta – Rogue ne lui avait quasiment pas parlé de la nuit – et leva les yeux.

« -pendant combien de temps doit infuser le Polynectar ? »

Harry cligna des yeux. Il n'avait jamais entendu parler de Poly-quelque-chose avant.

« Je ne sais pas, monsieur. » dit-il, en regardant par-dessus son livre.

« Si je te dis que c'est une potion délicate et extrêmement complexe ... » insista Rogue.

« Alors pendant un long moment, je suppose. » dit Harry, en hésitant.

Rogue se mit à sourire d'une manière mauvaise et écrivit un large 'T' sur le parchemin qu'il tenait.

« Tu as neuf ans, c'est ça ? »

« Oui, monsieur. » dit Harry, avec nervosité.

Rogue ajouta un commentaire sous la note et attrapa un autre parchemin. Ses yeux sombres le parcourut et il finit par inscrire un nouveau 'T' sur le parchemin.

« Qu'est-ce que ces lettres veulent dire ? laissa échapper Harry. Je ne les ai jamais vu utilisés comme notes- »

« Les sorciers ont un système de notation différente des moldus. » dit Rogue.

« Oh. »

Ceci expliquait cela.

« Et qu'est-ce qu'elles veulent dire ? »

« Optimal, Efforts exceptionnels, Acceptable, Passable, Désolant et Troll. »

« Troll ? » demanda Harry.

« C'est un synonyme de Gryffondor. » commenta Rogue, en écrivant quelque chose sur le parchemin qu'il tenait.

Les yeux de Harry se plissèrent.

« Vous dites que les Gryffondor sont des trolls ? » demanda-t-il prudemment.

Rogue nota un parchemin avec un 'A' et leva les yeux.

« Pas du tout. » dit-il lentement.

Il fixa Harry avec un regard que Harry était incapable de décrire, mais il se sentit insulté malgré tout.

« Je dis simplement que leur compétence dans ma matière pourrait rivaliser celle d'une créature avec un cerveau aussi petit que ton poing. »

Harry serra le poing et le fixa pendant quelques secondes.

« Ils ne peuvent pas être aussi mauvais. »

La lèvre de Rogue se retroussa.

« Les étudiants doués en potions ne sont pas nombreux et la seule que j'ai connu qui venait de Gryffondor a fini l'école avant même que tu sois né. »

« Si vous pensez que les élèves sont stupides, pourquoi est-ce que vous enseignez ? »

Rogue gratta une autre note – un 'E' cette fois – sur un devoir. Harry patientait.

« Si tu t'attends à ce que je te justifie mes choix, Potter, alors tu es aussi fou que ton père et ton parrain. »

Harry fronça les sourcils et retourna à son livre il parlait des Détraqueurs, quelque chose que Harry avait choisi de lire pour essayer de trouver une solution autre que le chocolat qui pourrait soigner complètement Patmol.

Rogue lui adressa un regard supérieur et attrapa un autre rouleau de parchemin. Après un moment, Harry releva la tête et fixa Rogue avec un air pensif.

« Oui, Potter ? » demanda Rogue, l'air résigné.

Harry rougit et baissa les yeux.

« Rien. »

« Incroyable comme tu ressembles à ton père, Potter. Il semble que ce penchant pour me faire perdre mon temps soit génétique. »

Harry étouffa une réponse grossière.

« Désolé. » marmonna-t-il, à la place.

Ses yeux se posèrent de nouveau sur Rogue.

« Quoi ? » demanda Rogue, l'air irrité.

« Est-ce que- est-ce que je peux vous demander quelque chose ? »

« Exactement comme ton père, en effet, dit Rogue, avec un rictus. Toujours à penser que je n'ai rien de mieux à faire que de te divertir av- »

Harry se mordit la langue pour s'empêcher de dire à Rogue de se taire et d'arrêter de parler de son père.

« Est-ce que vous pouvez me parler des Détraqueurs ? » demanda Harry.

Le visage de Rogue perdit toute couleur.

« Je vous demande pardon ? » demanda-t-il, en ayant l'air stupéfait.

« Eh bien, je suis en train de lire sur eux, mais je pensais que peut-être si m'expliquiez, je pourrais mieux comprendre- »

Il apprenait toujours plus rapidement quand il avait la possibilité de pratiquer – si c'était un sort ou une potion – ou quand Patmol lui en parlait. Il enviait un peu Patmol d'être capable de lire quelque chose et de juste le retenir.

« -et je ne peux pas demander à Patm- Sirius- »

Il ne pouvait pas, bien sûr, mentionner Lunard.

« -alors j'ai pensé que peut-être vous- ? »

« Il n'y a rien que je puisse te dire que tu ne trouveras pas dans ton livre, dit Rogue d'un air pincé. Et pour ce qui est de demander à Black, je ne vois pas de raison pour laquelle tu ne pourrais pas lui demander. C'est sûrement un expert depuis le temps. »

Harry fronça les sourcils.

« Enfin, si je me souviens bien, les compétences de mémorisation de Black ont toujours … manqué. »

Ce fut la remarque de trop.

« Pourquoi vous êtes si horrible avec eux ? » demanda Harry.

Il ne souvenait pas l'avoir attrapé, mais sa baguette était dans sa main, crachant des étincelles.

« Je sais que vous ne vous entendiez pas avec Papa et Patmol à l'école, mais- »

« Comme c'est touchant, dit doucement Rogue. Le fils de James Potter a prit la place de son père comme premier défenseur de Black. »

Harry le fusilla des yeux. Rogue croisa son regard, roulant le parchemin qu'il tenait et posant sa plume. Il se leva et s'approcha du lit de camp de Harry, s'agenouillant de façon à ce que lui et Harry soit à la même taille.

« Permets-moi de contredire toutes les idées délirantes que tu as, Potter Black est un monstre. Il était capable de commettre un meurtre à l'âge de seize ans et ton précieux père n'était pas mieux. »

« Patmol ne tuerait per- » protesta Harry.

« Il ne tuerait personne ? se moqua Rogue, en découvrant ses dents jaunes. Black, Potter et Lupin – que tu t'es mis à adorer à Ste Mangouste, d'après ce que m'a dit le directeur – ont comploté pour me tuer en cinquième année. Ils auraient dû être renvoyé. Ton parrain a peut-être été emprisonné à tort pour ce fiasco de Gardien du Secret, mais il n'y a aucun doute que sa place est là-bas. »

« Vous avez tort. » dit furieusement Harry.

Il essaya de se retenir. Dans peu de temps maintenant – Je peux retourner à la maison dans dix minutes. Je dois juste rester-

« Je t'assure que non, dit Rogue en souriant d'un air mauvais. La vérité fait mal, n'est-ce pas, Potter ? »

Rogue se redressa et lui tourna le dos pour se diriger vers le canapé.

« Je pense que vous êtes jaloux. » dit Harry en le fixant.

Le rictus de Rogue vacilla juste assez pour faire comprendre à Harry qu'il avait touché un point sensible.

« Évidemment. Comment as-tu deviné que j'avais toujours aspiré à devenir un petit con insupportable ? »

« Patmol n'est pas un petit con insupportable ! » cria Harry.

« Je ne parlais pas ton parrain. » dit Rogue avec un autre sourire méchant.

« Mon père n'était pas comme ça non plus ! »

« De ce que je sais, Potter, tu n'as jamais vraiment rencontré l'homme. Tu ne peux pas croire sérieusement que tu le connais mieux que ceux qui ont eu le … plaisir … dit Rogue, la lèvre retroussée. De le fréquenter. »

Mais- mais Papa était un homme bien. Papa était membre de l'Ordre.

« Patmol a dit- »

« Ton parrain vénérait le sol sur lequel ton père parfait marchait, continua Rogue, sans aucune pitié. Il ne serait pas capable de voir un défaut chez James Potter, même si c'était un cognard qui lui volait en plein dans sa tête disproportionnée. »

« TAISEZ-VOUS ! » hurla Harry.

Plusieurs grimoires explosèrent sur les étagères et la banderole de Serpentard se balança. Les papiers que Rogue était en train de corriger s'envolèrent de leur pile soignée et s'éparpillèrent partout.

« Je dis- » s'exclama le portrait d'une femme au visage cireux, depuis le bureau de Rogue.

Harry fourra son livre dans son sac-à-dos et se leva.

« Potter, qu'est-ce que- »

Harry l'ignora, fonça vers la cheminée, attrapa une poignée de poudre de Cheminette et disparut.