Hello ! Toujours si heureuse d'avoir vos retours, merci à Aurore Heart et Rome7 pour leur message ! Et bonne lecture pour ce nouveau chapitre !
« Harry ! »
Patmol, qui était en train de faire les cent pas près de la table de la cuisine, leva les yeux, fit un pas en avant et intercepta Harry qui venait de sortir de la cheminée.
« Placard ! » dit-il, en agitant la main en direction d'un Kreattur verdâtre, qui s'inclina de façon instable et disparut avec bien plus de bruit qu'à l'accoutumée.
« Tu es là ? » demanda Harry, en devenant pâle.
Il avait pensé que Patmol ne serait pas encore revenu à la maison. Il avait espéré se débarrasser de Rogue avant qu'il ne puisse y avoir de confrontation entre le narquois professeur et son parrain.
J'ai loupé ma chance, pensa-t-il sinistrement.
« Au nom de Merlin, où es-tu allé ?! » demanda Patmol, l'air franchement énervé, ce qui était une nouveauté pour Harry.
Il attira Harry dans une étreinte serrée, avant de le laisser s'éloigner et de le tenir par les épaules.
« Kreattur ne se souvient de rien – il ne savait même pas que tu étais parti ! Je lui ai fait vérifié les protections pour trouver où tu étais ! Je pensais que tu avais assez de jugeote pour ne pas partir comme ça, surtout sans me laisser aucun mot ! Tu as oublié Hedwige ? »
Harry avait oublié et était sûr que Patmol pouvait le lire sur son visage.
« Tu ne te souviens pas de ce qui est arrivé la dernière fois que tu es passé par la cheminée ? »
« Si, je m'en souviens. » cria Harry.
Sa surprise de trouver Patmol à la maison si tôt – et incroyablement énervé avec ça – avait disparu et sa mauvaise humeur était de retour. Patmol eut l'air décontenancé par son ton et il fronça les sourcils.
« Ne fais pas le grincheux avec moi, Harry. Je t'ai demandé de ne pas quitter la maison, je te faisais confiance pour faire ce que je t'avais dit- »
« C'est n'était pas ma faute ! »
Patmol arqua un sourcil.
« Oh, vraiment ? C'est la faute de qui, alors ? La mienne ? Celle de Lunard ? De Kreat- »
Rogue choisit ce moment-là pour apparaître dans la cheminée. La baguette de Patmol était à son cou la seconde d'après.
« Content de voir que tu es revenu là où tu es supposé être, Black. » dit-il, en le repoussant.
« Toi, grogna Patmol. C'est toi qui a emmené Harry ? »
Les yeux de Rogue se posèrent sur Harry, qui ne voulait rien d'autre que de s'enfoncer dans le sol. Au moins maintenant, Patmol n'était pas en colère contre lui.
« Comment va l'elfe ? » demanda Rogue, en jouant avec sa propre baguette entre ses doigts.
« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » répliqua Patmol.
« Rien de permanent. » répondit Rogue avec un sourire mauvais.
« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda Patmol après un moment de silence.
Harry se laissa tomber sur une chaise, ses yeux passant de son parrain à Rogue.
« Savoir pourquoi tu étais dehors … à marauder … alors que le garçon était ici. »
« Et en quoi ça te regarde ? demanda froidement Patmol. Aux dernières nouvelles, tu ne voulais pas t'impliquer ou aider, Rogue. Pourquoi ce changement ? »
« Parce que quelqu'un doit s'occuper du garçon et ça devient de plus en plus évident que tu n'en es pas capable. »
« Tu ne peux pas t'en empêcher, pas vrai ? demanda Patmol, en grimaçant. Tu dois juste toujours fourrer ton énorme nez dans les affaires des autres. »
Le visage de Rogue devint légèrement rose, mais sa voix n'avait pas perdu son venin.
« Je sais où tu étais la nuit dernière. »
« Félicitations. Rappelle-moi en quoi ça te regarde ? »
« J'ai vu la lune, se moqua Rogue. N'importe qui qui n'est pas imbécile pourrait comprendre ce que tu faisais. »
« Au nom de Merlin, comment tu as fait pour comprendre alors ? » demanda Patmol, l'air sincèrement surpris.
Le visage de Rogue devint encore un peu plus rose.
« Tu devrais être enfermé, grogna-t-il. La seule raison pour laquelle tu n'es pas en prison, c'est que quelqu'un d'autre devrait supporter la progéniture de Potter et c'est bien plus facile de vous laisser vous infliger ça à vous-même plutôt qu'à un innocent membre de la communauté- »
« J'espère que tu ne parles pas de toi quand tu dis innocent. »
« Je ne parlais certainement pas de toi. »
« Ta dernière visite, c'était pour me dire que j'étais innocent, se moqua Patmol. Tu te souviens ? »
Les yeux de Rogue se plissèrent.
« Alors, tu es un menteur, ou juste une girouette ? Parce que je ne trouve aucune autre explica- ack ! »
Rogue s'était avancé d'un pas et avait attrapé Patmol par la gorge.
Harry plongea en avant en essayant de se placer entre eux, mais Rogue agita sa baguette et Harry fut projeté en arrière. Quand il essaya de bouger, il réalisa que sa chaussure était collée au sol. Il s'agenouilla pour défaire ses lacets mais ils étaient rigides, comme des câbles, et ne pouvaient être défaits. Il découvrit également qu'il ne pouvait plus parler. Pendant ce temps là, la main de Rogue était de retour autour de la gorge de Patmol et la baguette de Patmol était dirigée sur le cou de Rogue.
« Donne-moi une raison, Black. 'Innocent' ou pas, je le ferais. »
Rogue pressa sa baguette contre le cou de Patmol.
« Me tuer ruinerait ton innocence, par contre, dit Patmol, sa voix aussi forte que possible compte tenu de ses voies respiratoires étranglées. Ensuite, tu devras prendre des dispositions pour Harry. Et ensuite bien sûr- »
Patmol se mit à tousser.
« -viendront les questions sur la façon dont tu as su où nous trouver, Harry et moi, et sur les circonstances de ma mort. »
« Des prétextes peuvent être trouvés. »
« Certainement, confirma Patmol sur un ton étonnamment courtois. Mais à quelle vitesse ? Quand ils verront qu'il y a plusieurs heures entre l'heure de ma mort, inscrite sur le registre des naissances et des décès au Département des archives magiques, et ton arrivée, ils vont se méfier. »
La main de Rogue se resserra.
« Et ils seront encore plus méfiants quand ils verront ton nom sur mon testament. »
« Quoi ? »
« A Servilus Rogue, dit Patmol, les yeux brillants. Je lègue le livre Les sortilèges de mort pour que la prochaine personne qu'il tuera puisse avoir une mort plus excitante que celle qui m'a donné. Commutatio Donum Mortis. »
Une étoile argentée sortit de sa baguette, très proche du visage de Rogue.
« Annule ça. » grogna Rogue, en relâchant Patmol et en le poussant en arrière.
Plusieurs chaises tombèrent au sol et Patmol s'effondra contre la table, en laissant échapper un soupir douloureux.
« Non. » dit-il calmement.
« Maintenant. »
« Va te faire voir, Servilus. Quand t'ai-je déjà écouté ? »
« Tu ferais mieux de m'écouter, dit Rogue. Je pourrais ne pas te tuer, mais je peux toujours t'amener aux Détraqueurs. »
Patmol frissonna, l'air absent. Un moment plus tard, il souriait.
« Tu n'oserais pas. » dit Patmol.
Rogue avait l'air aussi confus que Harry.
« Oh, je n'oserais pas ? »
« Non. » dit-il, en se relevant.
Il se plaça entre Rogue et Harry.
« Parce que je leur raconterais tout sur toi. »
« Tu n'en auras pas l'occasion. »
« Ah non ? Je pense plutôt qu'ils voudraient que j'ai un procès. Ça redonne confiance dans le système, tu vois. Et ils voudront m'interroger. Tu ne penses pas vraiment qu'ils me renverront à Azkaban avant de comprendre comment je me suis échappé, n'est-ce pas ? Et ils voudront savoir où je vivais et comment je les ai évité pendant aussi longtemps. Je suis sûr que je pourrais trouver une façon de laisser échapper ton nom dans la conversation. »
« Je t'amènerais directement aux Détraqueurs. Tu seras embrassé au moment où ils te verront. »
Le sourire de Rogue n'était plus qu'un alignement de dents jaunies.
« Ce serait malheureux. Pour toi. Je ne sais pas si tu sais ça, Servilus, mais une personne qui a reçu le Baiser est considéré comme morte. »
Le sourire de Rogue glissa de son visage.
« Si je reçois le Baiser, mon testament sortira et tu seras impliqué. »
Patmol souriait agréablement désormais.
« Si tu agis contre moi, Servilus, ta vie sera détruite. »
Patmol n'avait pas l'air particulièrement bouleversé par cette idée. La baguette de Rogue cracha des étincelles noires et vertes. Harry aurait reculé si ses chaussures n'étaient pas collées.
« Et Lupin ? demanda doucement Rogue. Je ne peux pas t'attaquer directement, Black, mais tu t'es toujours montré très protecteur envers ton animal de compagnie. »
Maintenant, c'était de la baguette de Patmol que sortaient les étincelles.
« Je pourrais le faire tomber pour avoir comploté avec toi. »
Les yeux de Rogue brillaient d'une joie réprimée. Harry pensa voir de la terreur sur le visage de Patmol, mais elle disparut rapidement et il ne pensa pas que Rogue l'avait même remarqué.
« Comploté avec moi ? demanda Patmol, l'air ébahi. Remus ? »
« Ne me dis pas qu'il n'est pas- » commença Rogue avec impatience.
« La dernière fois que je l'ai vu, dit Patmol sur un ton incrédule. Il aurait pu me tuer avec joie, sans même se sentir coupable. »
« Vraiment ? demanda Rogue. Alors explique, Black, où tu étais cette nuit, sinon accroupi derrière une porte renforcée, à murmurer des paroles de consolation à ton ami à fourrure. »
« Tu penses que j'irais près de lui pendant une pleine lune ? demanda Patmol, l'air surpris. Je pense que les vapeurs de tes potions t'ont fait fondre le cerveau ! »
« Tu n'as pas répondu à ma question. » le menaça Rogue.
« Pas que ça te regarde, marmonna Patmol. Mais vu que tu n'as pas l'air prêt à laisser tomber cette histoire ... »
Il déglutit, jeta rapidement un coup d'œil en direction de Harry comme pour lui demander de jouer le jeu.
« Je m'occupais de mes propres … problèmes. » murmura-t-il.
« Et de quels problèmes tu parles, Black ? » se moqua Rogue.
Patmol releva l'une des chaises tombées et s'assit dessus.
« Quelques nuits avant l'anniversaire de Harry en juillet, je suis sorti pour lui acheter un cadeau. C'était le soir – je ne voulais pas que Harry devine où j'étais – et je sortais du Chaudron Baveur quand j'ai été attaqué. »
Il leva les yeux vers Rogue.
« Tu as entendu parler de Greyback, je pense ? »
Rogue, qui avait l'air incertain, acquiesça. Patmol tira sur le col de son tee-shirt pour révéler une vilaine cicatrice sur son cou.
« Impressionnant, pas vrai ? J'ai été capable d'arrêter le saignement, mais cette sorte de morsure ne peut pas être soignée. »
« Tu es un loup-garou ? »
Rogue avait l'air un peu effrayé maintenant, mais aussi sceptique.
« Oh oui. » dit Patmol.
Il découvrit ses dents et Harry aurait juré qu'elles étaient plus longues et plus pointues qu'à l'habitude et que ses yeux s'étaient légèrement assombris. Rogue recula légèrement.
« C'est pas si terrible la plupart du temps. Les pleines lunes sont bien pires. »
« Menteur. » dit Rogue.
« Tu es un Legilimens, non ? demanda Patmol. Regarde. Regarde ma transformation. »
Les yeux de Rogue se plissèrent et Patmol grimaça, mais semblait concentré sur quelque chose. Après un moment, Rogue cligna des yeux et inclina la tête, tandis que Patmol s'affaissait sur sa chaise.
« Le garçon vient avec moi. » dit Rogue.
« Tu ne peux pas faire ça, dit fermement Patmol, en sautant sur ses pieds. Je suis son tuteur- »
« Ton espèce est incapable d'obtenir la garde des enfants qui ne sont pas les siens. » siffla Rogue.
« Je ne suis pas un danger pour lui. J'ai tué le dernier loup qui s'est approché de lui ! »
Rogue avait l'air surpris.
« Tu sais qu'il a été à l'hôpital, non ? dit Patmol. Greyback a envoyé quelqu'un après Harry. Ce n'était pas la pleine lune, cela dit. Ils étaient seulement supposés le capturer. On leur a resisté un peu plus qu'ils s'y attendaient. »
Patmol souriait, avec ses grandes dents de nouveau.
« Harry a été blessé, alors je l'ai envoyé chez Remus par Portoloin- »
« Alors tu admets qu'il t'a aidé ? Ton espèce aime se rassembler, si je me souviens- »
« J'avais des options limitées comme tu peux l'imaginer, et même si Remus me détestait, je lui faisais confiance pour faire ce qu'il fallait avec Harry. Pour ce qui est de se rassembler … J'ai traqué le loup qui nous a attaqué jusqu'au camp où il vivait, je l'ai tué et j'ai fait échappé Harry de Ste Mangouste. Après Azkaban, un hôpital n'était rien. »
Patmol sourit et Rogue s'écarta de lui.
« J'étais inquiet pour ce soir après tout ce qu'il s'était passé, alors j'ai laissé Harry ici avec Kreattur et je me suis éloigné pour me transformer. Il s'avère que je n'avais pas besoin de m'inquiéter. Personne ne m'a attaqué. »
Ses yeux s'assombrirent.
« Il semble que le danger était ici, finalement. »
« Le garçon n'est pas en sécurité. » dit Rogue, très pâle.
« Ce n'est pas vrai, le railla Patmol. Je m'éloigne pendant les pleines lunes et je suis inoffensif le reste du temps. »
Ses yeux se posèrent sur Rogue.
« A moins qu'on me provoque. »
Rogue agita sa baguette en direction de Harry, qui découvrit qu'il pouvait de nouveau bouger et parler.
« Un nouvelle maison peut être arrangée pour toi, Potter, si tu le souhaites. »
« Et où est-ce qu'il irait ? demanda Patmol. Si tu pensais qu'il était mieux avec sa tante qu'il ne l'est avec moi, tu aurais essayé de l'emmener la dernière fois que tu es venu. Et à moins que tu veuilles t'en occuper, ce qui n'est pas le cas, j'en suis sûr- »
« J'ai demandé au garçon, Black, pas à toi. »
« Je ne veux pas de nouvelle maison, répondit Harry avec froideur. Mes parents faisaient confiance à P- Sirius pour s'occuper de moi. Je lui fais confiance aussi. »
« C'est la seule fois que je proposerais mon aide. » dit Rogue, ses yeux noirs ennuyés plantés dans ceux, verts, de Harry.
Harry lui rendit son regard. Rogue fut le premier à détourner les yeux.
« Idiot. »
« Ne lui parle pas comme ça. » grogna Patmol.
Rogue lui adressa un regard de pure haine. Il attrapa une poignée de poudre de Cheminette avec une expression supérieure, comme s'il lançait le défi à Patmol de commenter, et il disparut dans une bouffée de flammes vertes.
« Nom d'un Poufsouffle. » dit Patmol, l'air décontenancé.
Harry s'assit sur la chaise la plus proche, incapable de croire ce qu'il venait de se passer.
« Rogue pense que je suis un loup-garou. J'ai dit à Rogue que j'étais un loup-garou ! »
Patmol rit faiblement et passa une main dans ses cheveux. Harry laissa également échapper un petit rire surpris.
« Je l'ai presque cru aussi. »
Patmol avait l'air plutôt fier de lui-même.
« Qu'est-ce que c'est la Legi-chose ? »
« Legilimancie. Les moldus appellent ça de la télépathie. »
« Il a lu tes pensées ?! » s'exclama Harry.
« Seulement ce que je lui ai montré, gamin. »
« C'était quoi ? »
« Ma première transformation en Animagus, grimaça Patmol. C'était … désagréable. »
« Ça fait mal ? »
« Oh oui. Seulement la première fois, cela dit, dit Patmol. Après ça, ta magie et ton corps sont habitués. Les loups-garous ne sont pas aussi chanceux. »
« Et la cicatrice ? » demanda Harry.
« James était caché et Peter était malade- »
Le visage de Patmol se crispa brièvement.
« -ou du moins, c'est ce qu'on croyait à ce moment-là. J'ai rejoins Remus, seul. Il était en train d'essayer une potion faite par Belby, un type qu'on a connu à l'école. La potion était supposé le calmer, mais ça a eu l'effet opposé et je ne pouvais pas le laisser seul ou il commençait à s'attaquer lui-même. »
Il fit la grimace.
« Quand on est revenu le matin, on était tous les deux bien amochés. Ta mère et ton père nous ont réparé, mais les soins sont arrivés trop tard et la cicatrice est restée. »
Patmol passa la main dans son cou.
« C'est plutôt impressionnant, mais c'est la première fois que quelqu'un me croit quand je dis que c'est un loup-garou qui me l'a fait. »
« Et tes dents ? Elles étaient plus pointues. »
Patmol sourit et Harry vit les dents s'allonger.
« Je suis un Animagus depuis des années. » dit-il.
Ses dents continuèrent à s'allonger.
« Les organes vitaux et la colonne vertébrale doivent être transformés en une fois, mais les choses comme les oreilles, les yeux, les dents et la fourrure peuvent apparaître individuellement avec un peu d'entraînement. »
Il se mit à sourire.
« Ton père avait réussi à faire pousser ses bois à peu près un mois avant Halloween. Il trouvait ça terriblement drôle jusqu'à ce que Lily se mette à accrocher des choses dessus. »
Harry se mit à rire, mais son rire se transforma en un bâillement. Patmol le remarqua.
« Combien de temps tu as dormi cette nuit ? »
« Euh ... »
« Je suppose que Servilus t'a assis sur un de ces horribles tabourets de la salle de potions et est parti se coucher ? » demanda Patmol, avec colère.
« Non, dit Harry. Il a fait apparaître un lit de camp. Je ne voulais juste pas dormir … au cas où … ouais. »
« Oh, gamin. »
Patmol soupira. Il ouvrit les bras et Harry s'y glissa.
« Tu peux dormir aujourd'hui, si tu veux. »
Harry haussa les épaules. Patmol le regarda attentivement pendant un moment et le laissa s'éloigner, avant de s'étirer et de se diriger vers la cuisinière.
« Tu as faim ? »
« Je meurs de faim. » admit Harry.
« Du porridge, ça te va ? »
Harry acquiesça, en étouffant un autre bâillement. Il commença à somnoler, tandis que Patmol fouillait dans les placards, en marmonnant pour lui-même.
« Où est la poêle ? » demanda-t-il, un instant après.
« Quoi ? »
Harry força ses paupières à s'ouvrir elles s'étaient doucement fermées.
« La grande poêle. » dit Patmol, en examinant le crochet vide avec des yeux plissés.
Harry sourit d'un air penaud.
« Kreattur l'avait. Elle est sur le palier du deuxième étage. »
« Ah, c'est vrai, dit Patmol, en claquant des doigts. J'ai trébuché dessus quand je te cherchais. »
Harry grimaça.
« Je peux demander ce qu'elle fait là ? »
Harry haussa les épaules.
« Accio poêle. »
Il y eut un bruit métallique depuis les étages et ensuite, un bruit sourd avant que la poêle ne descende les escaliers, jusque dans la cuisine. Patmol l'attrapa, murmura un rapide sort pour la nettoyer et s'enfonça dans le cellier. Harry retira ses lunettes pour se frotter les yeux. Il passa le doigt sur les traits du bois de la table pour rester éveillé …
« Harry ? »
Le ton moitié amusé moitié exaspéré de Patmol fit penser à Harry que ce n'était pas la première fois qu'il l'appelait.
« Désolé, quoi ? »
« Je disais que j'étais désolé de t'avoir crier dessus. »
« Oh. C'est rien. » dit Harry, en baillant.
Patmol lui sourit et se retourna vers la cuisinière.
« J'aurais été en colère, bien sûr - »
La voix de Patmol semblait venir de très loin.
« -mais la potion du Détraqueur- »
La dernière chose que Harry remarqua, c'était qu'il tombait. Il laissa échapper un petit cri de surprise, mais il ne trouva rien pour se raccrocher. Le sol de la cuisine était remarquablement doux, ou peut-être était-il trop fatigué pour s'en préoccuper. Il essaya de se relever avant que Patmol ne le remarque – il aurait rit en le voyant, c'était sûr – mais étrangement, Patmol était déjà là, le repoussant contre quelque chose de doux.
« Le porridge est prêt ? » marmonna Harry.
Patmol se mit à rire et lui retira doucement ses lunettes.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Harry tendit la main pour les rattraper, mais sa main n'attrapa rien d'autre que de l'air.
« Tu peux dormir, gamin. » dit Patmol.
Il se rétrécit pour se transformer en une boule de poils noirs qui s'installa sur la couverture – Harry se demanda d'où elle sortait – qui recouvrait les jambes de Harry. Il n'était pas sûr de savoir comment cela était même possible – parce qu'il était encore sûr d'être allongé sur le sol de la cuisine – mais il n'avait aucune envie de parler. Peut-être que Patmol l'avait déplacé. Patmol laissa échapper un petit aboiement, mêlé à une sorte de plainte, et un museau froid et humide se glissa contre la main de Harry.
Il s'endormit en caressant la fourrure douce des oreilles de Patmol.
Allongé sur son canapé, les pieds dépassant car il était un peu trop grand pour lui, Remus essuya ses yeux humides. Durant les huit années depuis que c'était arrivé, il s'était plus ou moins remis de la peine que lui avait causé la perte de Lily et James.
La partie de lui qui était un loup, en revanche, n'avait pas accordé la moindre pensée au cerf depuis cette nuit d'Halloween, à l'exception peut-être d'une interrogation sur son absence ou d'un espoir de le voir la fois d'après. Et finalement – même si Remus, l'homme, le savait déjà – Remus, le loup, avait appris de l'ancien membre de sa meute que le cerf avait disparu.
C'était comme perdre James de nouveau.
Il avait réussi à se retenir pendant que Sirius lui pansait l'épaule et l'avait forcé à avaler un petit-déjeuner, accompagné d'un thé qui contenait un Mélange Réconfortant qui diminuait les douleurs de la transformation. Au moment où Sirius avait disparu par la cheminée – après avoir ordonné à Remus de se reposer – Remus s'était laissé tomber sur le canapé et avait enfoncé son visage dans ses mains.
Il pensa s'être endormi à un moment, mais tout le bien qu'avait pu lui procurer le sommeil fut annulé par ses pleurs. Ses yeux étaient douloureux et gonflés, sa voix était rauque et il avait maintenant aussi mal à l'intérieur qu'à l'extérieur. Sirius avait dit que lui et Harry le rejoindraient pour le dîner, mais il restait encore plusieurs heures avant ça et Remus se retrouva à fixer les nuages par la fenêtre.
Deux petits 'pop' détournèrent son attention d'un nuage en forme de Vif d'or. Il vit deux silhouettes apparaître et marcher à pas feutrés de la lisière de la forêt en direction de la maison. Remus ne savait pas si la promesse d'une visite le rendait heureux – il n'avait pas vraiment beaucoup de visiteurs – ou si cela lui donnait encore un peu plus envie de pleurer.
Ses sens étaient plus développés que ceux des sorciers moyens et l'étaient encore plus les jours qui précédaient et suivaient la pleine lune. Par conséquent, il pouvait facilement voir la masse de cheveux rouge vif de Nymphadora et le bleu vif de l'œil de Fol-Oeil. Il pouvait aussi entendre les instructions murmurées de Fol-Oeil qui parlaient de cordes et de cheminée.
En grognant, Remus attrapa sa baguette, tapota sa gorge et pensa Sonorus. Il s'appuya sur les coussins pour s'asseoir.
« SI TU ESSAYES DE PASSER PAR MA CHEMINÉE, FOL-OEIL, JE JURE DEVANT MERLIN QUE JE VAIS ALLUMER UN FEU ! »
Il entendit le charmant rire de Nymphadora et le murmure d'un juron de Fol-Oeil.
« LA PORTE EST OUVERTE. » ajouta Remus d'une voix rauque, avant de penser Finite.
L'instant d'après, Fol-Oeil débarquait par la porte – Remus fut plutôt surpris qu'il ait écouté – et commença à crier à propos de la dangerosité de ne pas verrouiller les portes. Nymphadora le suivait, l'air ennuyé, mais pas par Fol-Oeil ou lui, d'après l'avis de Remus.
« Salut. » murmura-t-elle, par-dessus la voix de Fol-Oeil.
Remus hocha la tête dans sa direction et se tourna vers l'Auror.
« Fol-Oeil. » dit Remus d'une voix fatiguée, en essayant de le faire taire.
Crier n'allait pas aider sa migraine.
« Fol-Oeil ! »
« … vraiment une question de sécurité élémentaire de s'assurer de l'identité de la personne avant de la laisser entrer ! N'importe qui pourrait entrer, en prétendant être moi et- »
« Silencio. » s'écria Remus, en agitant sa baguette vers le vieil Auror.
Fol-Oeil se tut, l'air révolté.
« Vigilance constante, Fol-Oeil. Et si ça avait été un sortilège dangereux ? Et si je n'étais pas Remus Lupin ? Tu es juste entré – en emmenant ton apprentie, en plus – dans une maison apparemment non protégée et tu n'as même pas pensé qu'il pouvait s'agir d'un piège- »
Fol-Oeil agita sa baguette d'une manière complexe et s'éclaircit la voix il avait visiblement brisé le sortilège de Mutisme.
« Je peux te dire que j'ai lancé tous les sorts de détection que les Aurors connaissent – et même certains qu'ils ne connaissent pas – avant de faire entrer la moindre écharde de cette jambe dans cette- »
« Maugrey ! » dit fortement Nymphadora, ses cheveux passant de rouge à un rouge encore plus vif avec des reflets orangés.
Remus et Fol-Oeil se tournèrent tous les deux vers elle. Une petite mèche de rose apparut – de l'embarras peut-être ? - mais ses yeux les regardaient avec défiance.
« Tais-toi ! »
« Ça fait un bon moment que personne ne m'a parlé comme ça. »
Nymphadora avait l'air de vouloir disparaître dans le plancher de Remus.
« Ça m'avait manqué. »
Elle cligna des yeux. Remus avait du mal à lutter contre son envie de rire.
« L'honnêteté te mènera loin avec moi, jeune fille, poursuivit-il. Je pense que je t'ai déjà dit ça avant … Vigilance constante ! »
Remus connaissait Maugrey depuis trop longtemps pour être surpris – même si le bruit fit réapparaître la douleur de sa tête – mais la pauvre Nymphadora sursauta et manque de tomber.
« Exact. » marmonna-t-elle, le visage et les cheveux roses vif.
Elle ne semblait plus capable de les regarder dans les yeux.
« Eh bien, euh … Nous sommes venus pour parler à Lupin- »
Ses yeux se posèrent sur lui avant de se tourner vers Fol-Oeil.
« -pas se chamailler avec lui, alors … euh … peut-être qu'on devrait faire ça ? »
« Parler de quoi ? » demanda Remus d'une voix fatiguée.
« Eh bien- » dit Nymphadora.
Le feu de la cheminée devint vert et pendant une horrible seconde, Remus pensa que Sirius et Harry allaient apparaître.
« Tu attends quelqu'un ? » demanda-t-elle.
Il vérifia sa montre et secoua la tête ils ne devaient pas arriver avant un moment encore. Quelques secondes après, les flammes disparurent. Confus, Remus fixa la cheminée et secoua de nouveau la tête.
« Ça doit être cassé. »
« Foutu Ministère. » grogna Maugrey.
Remus et Nymphadora échangèrent un regard et décidèrent silencieusement de ne pas faire remarquer à Maugrey qu'il travaillait pour le Ministère en question.
« Voilà, s'empressa de dire Remus. Alors, vous vouliez parler ? »
« La fille vient d'aller voir Malefoy. » dit Maugrey, en agitant sa baguette en direction d'un fauteuil de Remus.
Il n'y eut aucune réaction et Fol-Oeil sembla juger que c'était suffisamment sûr pour s'y asseoir. Le cuir usé craqua doucement. Nymphadora les regarda tous les deux et s'assit au bout du canapé de Remus qui était le plus proche de Fol-Oeil.
« Oh. » dit Remus.
Il avait oublié cela à l'approche de la pleine lune.
« Comment ça s'est passé ? »
Fol-Oeil et Nymphadora échangèrent un regard sinistre. Remus laissa échapper un rire sans joie.
« Si bien que ça ? demanda-t-il ironiquement. Tu as au moins réussi à obtenir une place ? »
« Oui, soupira Tonks. J'ai obtenu exactement ce que je voulais, en fait. »
Remus regarda Fol-Oeil, mais son visage était impassible.
« Alors où est le problème ? Et, ajouta-t-il, se sentant un peu nerveux tout à coup. En quoi est-ce que ça me concerne ? »
Nymphadora grimaça.
« Il veut que je te remplace. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda doucement Remus.
« Dans les recherches, dit Nymphadora, ses cheveux devenant sombres et tirant un peu vers le bleu-violet. Il gère les recherches dans le monde magique, évidemment, et tu gères celles du monde moldu, c'est ça ? »
« Oui, confirma Remus. Mais seulement parce que personne d'autre ne voulait le faire. »
« Jusqu'à maintenant. » dit-elle sur un ton d'excuse.
Remus leva un sourcil et l'histoire complète sortit enfin.
« Je ne pouvais pas lui dire que j'étais de Sang-Pur. Il aurait compris tout de suite que ce n'était pas le cas parce que je suis presque sûre que le type pourrait réciter par cœur ce stupide libre – Nobles par nature et tout ça – et je ne voulais pas dire que j'étais de Sang-Mêlé au cas où il poserait des questions sur Maman, alors j'ai dit que j'étais née-de-moldus. Et les nés-de-moldus en connaissent beaucoup sur le monde moldu. »
« Ah. » dit Remus.
« Le petit con m'a bien fait comprendre qu'il me méprisait, poursuivit Nymphadora en pinçant les lèvres. Mais apparemment, les nés-de-moldus sont un moindre mal- »
Remus oublia un instant de respirer. Non, s'il lui avait dit, elle ne serait pas assise ici. Et Fol-Oeil m'aurait sûrement prévenu …
« Il a expliqué pourquoi ? » demanda Remus d'un air pincé.
« Non, dit Nymphadora en fronçant les sourcils. Maintenant que tu en parles, non, il n'a pas expliqué. »
Elle sourit largement et poursuivit.
« Alors, qu'est-ce que tu as fait pour qu'il t'en veuille comme ça ? T'es tombé sur ses paons ? T'as dit merci à son elfe de maison ? »
Elle rit à sa propre plaisanterie, mais ni Remus, ni Fol-Oeil ne se joignit à elle.
« Quelque chose comme ça. » dit Remus, en lui faisant signe de continuer.
Elle eut l'air un peu déconcertée.
« Alors. Euh … Eh bien, puisqu'il se montrait si généreux en m'accordant un poste dans les recherches, il a pensé qu'il pouvait me demander un petit service en retour. Il veut que je te remplace – en fait, il veut que tu disparaisses complètement. »
Elle lui lança un regard d'excuse.
« Il veut que je disparaisse complètement des recherches ? » répéta Remus.
« Pas tout de suite, dit Tonks, l'air attristée. Il m'a dit de te demander de m'apprendre tout ce que tu sais et me transmettre tes contacts. Il a dit que tu avais un mois ou deux, mais pas plus. »
Remus essaya de ne pas avoir l'air trop heureux. Il en avait profondément marre de Lucius Malefoy et de ses stupides préjugés, et il n'avait pas non plus vraiment envie de gaspiller trop de temps à chercher des gens qu'il savait exactement où trouver.
« Nous, dit Fol-Oeil avec force. Pensons autrement. »
Remus cligna des yeux.
« Quoi ? »
« Théodora Tock a été inventé en quelques heures, fiston. Elle peut disparaître aussi rapidement. »
« Mais alors ton boulot- » commença Remus, en regardant Nymphadora.
« Quel boulot ? » aboya Fol-Oeil.
« Son boulot d'espionne, dit Remus. Tu ne seras plus capable de le faire ? »
« Boulot d'espionne ? grogna Fol-Oeil. Qui a parlé d'un boulot d'espionne ?! A qui as-tu parlé, Lupin ? »
Remus haussa les épaules.
« C'est juste logique que si tu l'envoies sous-couverture, tu ne veux pas qu'elle soit reconnue ou tracée jusqu'au Bureau des Aurors. A moins que le Ministère ait passé une sorte de marché avec Sirius et que tu envoies Nymphadora pour t'assurer qu'il ne soit jamais trouvé- »
Fol-Oeil renifla.
« -alors c'est plutôt évident qu'elle va là-bas pour trouver des informations sur Malefoy. »
Fol-Oeil sembla s'affaisser à vue d'œil. Les cheveux de Nymphadora devenaient de plus en plus roses.
« J'ai raison, pas vrai ? »
Fol-Oeil grogna.
« Ça m'économise une explication, au moins. Tu es impliqué, maintenant, que tu le veuilles ou non. J'attends une complète coopération, compris ? »
« Qu'est-ce que je dois faire ? »
« Je sais ce que retrouver Potter signifie pour toi, dit Fol-Oeil sur un ton presque doux. Je ne compte pas t'enlever ça. »
Remus se sentit étrangement reconnaissant, malgré que ça n'avait pas d'importance.
« Mais nous avons besoin que Nymphadora- »
Nymphadora s'éclaircit bruyamment la gorge.
« -soit dans une position qui la rapproche de Malefoy. »
« Et … ? »
« Tu n'aimes pas mon oncle, n'est-ce pas ? » demanda Nymphadora.
« Pas particulièrement, non. »
Elle sourit.
« Alors, qu'est-ce que tu dirais de ne plus rien avoir à faire avec lui ? »
Avant que Remus ne puisse lui demander ce qu'elle voulait dire par là, ses cheveux prirent la même couleur que ceux de Remus, ses yeux devinrent marrons et elle grandit de quelques centimètres.
« Son nez est plus long, dit Fol-Oeil, en la regardant. Et son visage plus fin. »
Remus fixa Nymphadora, qui désormais lui ressemblait parfaitement.
« J'ai une cicatrice sur ma joue droite. » réussit-il à articuler.
« Hmm, dit-elle, en crispant son visage. Mieux ? »
« Tu veux être moi ? » demanda-t-il.
« Ça me donne une excuse pour me rapprocher de Lucius Malefoy. » dit-elle avec sa voix à lui.
Remus pensa qu'il devrait soit trouver ça très drôle, soit mortellement vexant, mais il ne semblait déjà pas capable de dépasser sa surprise.
« Il ne t'aime pas, mais il te tolère. Je peux lui mentir, gagner sa confiance. Je peux lui dire tout ce qu'il veut entendre. Tu peux toujours chercher Harry Potter et Sirius Black. Tu ne peux juste pas t'approcher de Malefoy. Intéressant, non ? »
« Je suis allé à l'école avec lui, dit Remus. C'est plus que possible qu'il comprenne que tu n'es pas moi et si tu réussis à lui faire croire le contraire, tu devras supporter toutes sortes de préjugés avant de pouvoir le convaincre de te faire confiance. Ce qui est impossible. Ses raisons de me détester ne sont pas causées par ma personnalité ou mes opinions. »
Nymphadora sembla curieuse, mais ne dit rien.
« Même si je n'aime pas ça, je pense que mon remplacement est une meilleure option. »
« Tu es sûr, fiston ? » demanda Fol-Oeil.
Remus feignit d'être tiraillé et finit par acquiescer.
« Vous pourriez … peut-être … me tenir informé ? Si vous entendez quoi que ce soit sur Harry … ? »
« Bien sûr qu'on peut faire ça ! » s'exclama Nymphadora.
Remus cacha un sourire maintenant, il pourrait avertir Sirius si les recherches se rapprochaient trop.
« Mais tu es toujours impliqué pour le moment. J'ai besoin que tu me parles des recherches et des personnes impliquées. »
« On peut commencer demain. » dit-il.
Nymphadora jeta un œil à Fol-Oeil.
« Demain, c'est samedi. »
« En effet. »
Pour quiconque d'autre, cela n'aurait pas eu beaucoup de sens. Remus, cependant, cacha un sourire Fol-Oeil avait utilisé ce même système avec James et Sirius.
« Ok, dit-elle à Remus, avec un sourire. Où est-ce qu'on se rejoint ? »
Ils discutèrent des détails pour le lendemain. Remus apportait du thé et des biscuits lorsqu'il y eut un fort coup contre la fenêtre. Une magnifique – mais petite – chouette des neiges était perchée sur le rebord de la fenêtre de la cuisine. Remus la trouva vaguement familière, mais sans savoir d'où.
Il se leva pour la laisser entrer et un morceau de parchemin tomba rapidement dans sa main. La chouette s'envola pour rejoindre la cage du hibou de Remus et y boire un peu d'eau. Strix était parti livrer des lettres à Arabella et Dirk pour les informer que Remus ne se sentait pas bien et leur demander s'ils pouvaient se charger de la patrouille à Londres ce soir-là.
« Je ne t'ai donc rien appris ?! beugla Fol-Oeil, tandis que Remus dépliait le parchemin. Ne jamais ouvrir quoi que ce soit avant d'avoir vérifié s'il n'a pas été ensorcelé. »
Remus l'ignora, les yeux parcourant l'écriture enfantine et tremblante.
Lunard,
Patmol ne se réveille pas. Désolé de te déranger, mais je ne sais pas à qui d'autre demander de l'aide.
Harry.
Il fallut un moment à Remus pour se rappeler comment respirer.
« Lupin ? dit Nymphadora, en échangeant un regard inquiet avec Fol-Oeil. Tout va bien ? »
« Non. » répondit Remus.
Il leva le parchemin, mais ne l'immobilisa pas au cas où Fol-Oeil essayerait de le lire.
« Un de mes amis … euh- »
Remus dit la première chose qui lui passa à l'esprit.
« -a eu une nuit difficile. »
« Il y a quelque chose qu'on peut faire pour aider ? » demanda Nymphadora.
« Poufsouffle. » marmonna Fol-Oeil.
Nymphadora lui lança un regard agacé.
« Non, merci. » dit Remus.
La chouette des neiges hulula dans sa direction.
« Il faut que j'y aille. Demain tient toujours, j'ai juste besoin de gérer ça- »
« Tu es sûr qu'il n'y a rien- »
« Laisse-le se débrouiller, Nymphadora. On a fini, de toute façon. Je ne veux pas que mon apprentie soit en retard. Scrimgeour passerait son temps à me le reprocher. »
Il la pressa pour sortir et il y eut deux petits bruits. Remus jeta un regard rapide par la fenêtre pour s'assurer qu'ils étaient partis.
Le cœur battant, il attrapa une poignée de poudre de Cheminette.
« 12, Square Grimmaurd. » coassa-t-il.
