Bonjour à tous ! Merci pour vos retours et n'hésitez pas à en écrire encore ! Ça ne fait jamais de mal et ça ne prend pas longtemps ! Dans ce chapitre, je pense que vous allez beaucoup aimé Matt ! Mais bref, je me tais. Bonne lecture ! A bientôt !


« Remus ! s'exclama Matt, l'air à la fois inquiet et soulagé. Qu'est-ce qu'il se passe ? Où- »

« Sirius. » dit Remus en s'enfonçant dans la chaise la plus proche.

« Tu l'as trouvé ? » demanda Dirk en jetant un œil au visage de Remus.

« Je l'ai trouvé. » confirma Remus.

« Où est Théodora ? demanda Arabella. Elle n'a pas été blessé, n'est-ce pas ? Pas pendant son premier jour ? »

« Elle ne se sentait pas bien, alors je l'ai renvoyé à la maison. »

Les yeux de Remus se posèrent sur Matt quand il dit ça Matt était un loup-garou depuis suffisamment longtemps pour savoir comment détecter un mensonge, mais par chance, soit il ne remarqua rien, soit il pensait ramener le sujet sur la table quand ils seraient seuls.

« J'étais près de King's Cross – je pensais que j'aurais pu te trouver, Dirk, et qu'on serait revenu ensemble. »

Un autre mensonge, mais Matt ne réagit pas à ça non plus.

« Et là, à la gare, un garçon qui ressemblait beaucoup à Harry et un homme qui ressemblait à Sirius sont apparus. »

« Tu as alerté le Ministère ? »

« Ils étaient déjà là, dit Remus. Mais étant donné ce qu'il s'est passé la dernière fois, je n'étais pas particulièrement heureux de travailler avec eux. »

Tout le monde connaissait l'histoire avec Scrimgeour et Matt se mit même à rire.

« Alors tu les as attrapé ? » demanda Matt avec curiosité.

« Avec tous les moldus autour ? demanda Remus avec un rire amer. Non. Je les ai suivi, par contre. Ils étaient en train d'acheter des billets de train quand Harry a dit quelque chose à propos de toilettes. Ils sont entrés et j'ai attendu à l'extérieur – un homme en est sorti, mais c'est tout. J'ai attendu quelques minutes avant de décider d'aller jeter un œil, mais quand j'ai vérifié, c'était vide. »

Le visage d'Arabella s'affaissa. Matt, cependant, avait un regard rusé.

« Et tu es revenu ici ? »

Remus acquiesça et soupira.

« Alors Théodora a dit qu'elle était malade et elle est partie, quelques minutes avant que tu vois Sirius Black ? » demanda Dirk.

Arabella laissa échapper un soupir étouffé.

« Tu ne penses pas qu'elle pourrait l'aider- ? »

« Non. » dit Remus platement.

« C'est un peu suspect cela dit, tu ne trouves pas ? » insista Dirk.

Arabella acquiesça.

« Elle semble être une jeune femme adorable et ça peut n'être qu'une coïncidence, mais ça vaut le coup d'y jeter un œil, tu ne crois pas, Remus ? »

« Si Remus pense qu'elle est digne de confiance, elle l'est probablement. » dit Matt.

« Oh, mais- » commença Arabella.

« Je lui en parlerais. » dit Remus après un moment.

« Sois prudent, dit Arabella. Si elle est avec Sirius Black, elle pourrait devenir mauvaise. »

Remus lutta pour garder une expression sérieuse – l'idée d'une mauvaise Nymphadora lui donnait envie de rire – et il hocha la tête. Arabella et Dirk semblèrent s'apaiser.

« Qu'est-ce qu'on devrait faire pour le reste de la journée alors ? »

« Sirius pourrait être n'importe où maintenant- »

Ce n'était pas un mensonge non plus il empruntait sûrement un détour pour rejoindre la maison de Remus.

« -le Ministère a sûrement pris le relais et ils font ce qu'ils peuvent. »

Arabella renifla pour montrer ce qu'elle pensait de cela.

« Ils ne voudraient pas de nous dans leurs pattes et si nous commençons à interférer dans les recherches sorcières, alors Malefoy … Eh bien, je suis sûr que Malefoy aura sûrement quelque chose à en dire. »

« C'est un euphémisme. » marmonna Matt.

Dirk se mit à rire.

« Alors qu'est-ce qu'on devrait faire ? » demanda Dirk.

Remus vérifia sa montre.

« Retournez où vous étiez ce matin et recommencez à patrouiller jusqu'à trois heures. Si vous n'entendez rien, rentrez chez vous. »

« Et demain ? »

« On se rejoint ici comme d'habitude. »

« Tu vas bien, Remus ? » demanda Arabella.

« Euh … Secoué. » dit Remus.

« Tu as l'air d'avoir besoin d'un verre. » dit Matt en lui frappant l'épaule.

« C'est une bonne idée, dit Arabella. Rien de trop fort, par contre. Il a besoin de se détendre, pas de s'endormir. »

Matt lui sourit largement et fouilla dans sa poche pour trouver des pièces.

« Vous restez tous les deux ? »

« Non, dit Dirk. S'il était à King's Cross, il pourrait revenir. »

Il leur fit un petit geste et s'en alla. Arabella secoua la tête et le suivit, après avoir reprit la parole.

« Tu prends soin de lui, Matthew. »

Matt sourit de nouveau et rejoignit le bar, laissant Remus assis seul à espérer que tout le monde l'ait cru et que Sirius et Harry étaient tous les deux en sécurité.

« Bièraubeurre ? » demanda Remus en souriant.

« Ouais, dit Matt. Ce n'est pas de ma faute si Arabella a compris que je parlais de whisky Pur-Feu quand j'ai proposé de boire un coup. Tom va venir avec des sandwiches, mais je les ai mis sur ton compte. »

« Merci. » dit Remus, que ça ne dérangeait pas.

Il mourrait de faim.

« Alors tu as trouvé Sirius ? »

Remus soupira et hocha la tête, en prenant une gorgée de sa boisson.

« Tu étais inquiet ? »

« Terrifié. » murmura Remus.

Pour lui. Matt pencha la tête d'une manière pensive.

« Ça n'a pas de sens. » dit-il finalement, en passant le doigt sur les lignes humides de sa tasse.

« Quoi ? »

« Tu étais terrifié, dit Matt en fronçant les sourcils. C'est vrai. Mais- »

« Mais quoi ? » demanda prudemment Remus.

Matt fronça le nez.

« Tu sens la forêt. La boue et la sève. Et une personne qui n'est pas Théodora. D'après ton histoire pourtant, tu n'as jamais quitté King's Cross, jamais parlé à un des Aurors – à aucune autre personne d'ailleurs. »

Remus soupira et prit une nouvelle gorgée de Bièraubeurre.

« Je ne comprends pas pourquoi tu as menti. »

« Je n'ai pas menti. » dit Remus.

« Par omission. »

Remus, incapable de le contredire, pencha la tête.

« Tu es en colère ? » demanda-t-il.

L'expression de Matt était fermée – ce qui était inhabituel chez lui – et son odeur était indescriptible.

« Non. C'est juste que je ne comprends pas. »

Remus réfléchit rapidement, en construisant un mensonge dans sa tête.

« La personne que tu peux sentir, c'est- »

« Black. » murmura Matt en s'approchant de lui.

Remus hésita.

« Quoi ? Non- »

Matt fronça les sourcils et leva une main.

« Je- »

« S'il te plaît, laisse-moi parler. »

Remus prit une inspiration profonde, incapable de croire ce qu'il se passait.

« D'accord. » dit-il avec prudence.

« Je connais l'odeur de Potter – Harry – depuis que je t'ai apporté ces robes de rechange à Ste Mangouste. »

Remus resta silencieux.

« Et ensuite, il s'est échappé. Black l'a aspiré avec ses pouvoirs maléfiques ou peu importe ce qu'a dit la Gazette du Sorcier. Toujours d'après la Gazette, aucun d'eux n'a été repéré depuis. »

« Sirius a toujours été malin. » marmonna Remus.

« Pas assez malin apparemment, dit doucement Matt. Parce que depuis Ste Mangouste, tu sentais comme Harry et quelqu'un d'autre, et je pourrais parier sur ma magie que c'est Sirius Black. »

Remus ne savait pas quoi dire. Il ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois.

« Je- » commença-t-il, mais Tom choisit ce moment-là pour venir déposer une assiette de sandwiches entre eux deux.

Il leur adressa un sourire joyeux et retourna vers le bar, mais les mots de Remus avaient disparu. Un regard vers l'assiette lui fit dire que son appétit aussi.

« C'est rien. » dit Matt en souriant.

Remus cligna des yeux, stupéfait de voir ce qui semblait être un sourire sincère sur son visage. Il avait une odeur sincère également.

« Je sais mieux que quiconque que les choses peuvent être compliquées parfois. J'imagine que si j'avais besoin de le savoir, tu me l'aurais déjà dit. »

« Quand- quand as-tu … grandi ? » demanda Remus.

Le Matt que Remus avait regardé grandir avait toujours été facile à vivre, mais avait aussi toujours détesté être exclu, même de la chose la plus banale.

« Pourquoi tu ne … eh bien, demandes pas d'explication ? »

« Tu veux que je le fasse ? » demanda Matt en souriant largement.

« Pas particulièrement, non. » admit Remus, toujours surpris.

« C'est ce que je pensais, dit Matt, riant en voyant le visage de Remus. Tu vois, tu détestais Black. Je le sentais à chaque fois que son nom était mentionné. C'était comme si l'air prenait feu. Ça brûlait, Remus. Je n'avais même pas besoin d'essayer de sentir – tu sais à quel point c'est agaçant – parce que c'était accablant. Je sais que tu es un bon menteur, mais quand même, tu n'aurais pas pu inventer ça. »

« Et ? » demanda Remus sur un ton fatigué.

« Ça a disparu. Je parle de Black et si je ne cherche pas d'odeur, je ne trouve rien. Si j'essaye, tu as l'odeur de quelqu'un … de content. Je ne sais pas ce qu'il t'a dit – et je ne le demande pas – mais apparemment, les choses ne sont pas ce qu'elles ont l'air d'être. Si tu le crois … eh bien … je te crois. Je veux dire, t'es vivant, pas vrai ? »

« En effet, je le suis. » dit Remus en riant un peu.

« Une bonne chose. Je me suis attaché à toi en grandissant. Tu es comme l'oncle que je n'ai jamais eu – non pas que je voulais l'oncle que j'aurais pu avoir. » ajouta-t-il avec hâte.

Remus, qui avait connu Evan Rosier, ne pouvait qu'être d'accord.

« -tu es bien mieux. »

Remus sourit et attrapa un sandwich.

« Merci. » dit-il.

Matt sourit largement et l'imita.

« Alors, qu'est-ce que tu fais là ? »

Remus cligna des yeux à l'étrange question.

« Je déjeune avec un ami beaucoup trop observateur. »

« C'est pas ce que je voulais dire. Je voulais dire, pourquoi est-ce que tu t'embêtes toujours avec Malefoy ? Si j'étais toi, j'aurais foutu le camp aussi vite que possible. Je veux dire, pourquoi perdre ton temps à chercher quelqu'un que tu sais où trouver ? »

« Et me dénoncer ? demanda ironiquement Remus. Si j'avais arrêté les recherches pour Harry après cette étrange évasion de Ste Mangouste, Malefoy aurait compris mon implication. »

« Il n'aurait pas eu tort non plus, pas vrai ? » demanda Matt avec un sourire malicieux.

« Je suis certain de ne pas savoir de quoi tu parles. » dit Remus avec dignité.

Il ne put s'empêcher de cligner de l'œil cependant. Matt se mit à rire et Remus sentit son cœur s'alléger Dumbledore et Matt étaient les deux personnes auxquelles il était le plus difficile – moralement et littéralement – de mentir à propos de toute cette histoire. Qu'un d'eux connaisse la vérité – ou une partie – et qu'il ne le condamne pas pour ça était, eh bien, merveilleux.

« Mais tu comprends pourquoi je ne peux pas juste démissionner. »

Matt acquiesça de manière pensive.

« Alors tu vas continuer à jouer le jeu ? »

« Pas vraiment, dit Remus avec un petit sourire. Il a prévu de me remplacer. »

« Quoi ?! »

« C'est pour ça que Théodora est là. »

Matt s'étouffa avec sa gorgée de Bièraubeurre et fit signe à Remus de continuer.

« Malefoy a prévu qu'elle prenne ma place – après que je lui ai appris suffisamment de choses, bien sûr. »

« Et il t'a dit tout ça ? » demanda Matt, sceptique.

« Non. Elle me l'a dit. »

« Quoi ? »

« C'est une fille bien. » dit Remus, en haussant les épaules.

Matt secoua la tête.

« Apparemment. Bordel, quand les choses sont devenues si compliquées ? »

« On peut remercier notre ami commun pour ça. » dit Remus de manière sarcastique, en levant son verre.

La tasse de Matt heurta la sienne.

« Puisse l'horrible couillon brûler en enfer. »

Ils prirent tous les deux une gorgée.

« En parlant de Greyback, dit Remus en avalant une bouchée de son déjeuner. Je pars après Noël. »

« Pareil. Jusqu'à février, de nouveau ? »

« Tu penses que tu peux supporter deux mois ? » demanda Remus en observant la réaction de Matt.

« Ouais, je pense. Tu penses que ça vaut le coup de demander à Debbie ? »

« J'allais te poser la même question. »

Ils soupirèrent tous les deux.

« Je n'attends pas cette conversation avec impatience. » dit Matt d'un air piteux.

« Je n'ai pas hâte d'expliquer à Malefoy où la moitié de son équipe de recherche est partie. »

« Si tu fais en sorte que Tock soit à la hauteur, on peut prétendre que c'est un effet secondaire de ta mise à pied. »

Remus repoussa cette pensée pour la considérer plus tard. Matt avala le reste de sa Bièraubeurre et se leva.

« Bon, je vais patrouiller. Où je dois aller ? »

Remus se mit à sourire.

« Où tu veux. »


« Alors, tu as aimé Paris ? »

Tonks serra les dents.

« Paris, dit-elle platement. Oui. »

« Qu'est-ce que ton mentor te faisait faire ? Il ne l'a pas dit. »

Keith lui souriait derrière son menu et elle lui retourna son sourire, même s'il était un peu forcé.

« Oui, dit-elle sombrement. Il est un peu obsédé par le secret. »

Elle avait dit la même chose à Maugrey, quand ils avaient parlé quelques temps plus tôt. Enfin, crier pourrait être un mot plus exact il avait été plutôt mécontent qu'elle ait éteint son Sidekick avant qu'il n'ait fini de parler et son propre caractère lui avait répondu de la même façon.

« Et … euh … il m'a fait enquêté sur une Vélane. »

« Une Vélane ? Ça ne devrait pas être laissé au Département de régulation et de contrôle des créatures magiques ? »

« Eh bien oui, je suppose. Il y avait un type des Relations avec les Vélanes avec moi et une femme du Ministère français- »

« C'est probablement une bonne chose que tu aies été à Paris. »

« Pourquoi ? »

« Le Sorcier du soir a dit que Black avait été repéré à Londres vers midi. »

« Je sais. » grogna-t-elle.

Elle était toujours furieuse à propos de ça.

« Et alors ? »

« Tu étais loin de Black. »

« Je sais, répéta-t-elle, tandis que la frange qu'elle portait devenait rouge. Comment est-ce que ça pourrait être une bonne chose ? »

« Eh bien, dit Keith en jetant un coup d'œil méfiant à ses cheveux. Ça veut dire que tu étais en sécurité. »

« Ça veut aussi dire que j'ai manqué une chance de l'attraper. » dit-elle, son irritation envers Maugrey de retour.

« Je préfère autant, dit doucement Keith. Je ne veux pas que tu sois en danger. »

« C'est mignon, dit Tonks en lui offrant un sourire sincère cette fois. Mais irréaliste. Je suis une Auror. Je suis destinée à faire des choses dangereuses tôt ou tard. »

« Mais tu auras d'autres personnes avec toi, non ? Des gens qui veilleront sur toi ? »

« J'aurais des gens pour m'aider, dit-elle. Mais je n'ai pas besoin de baby-sitter. Je peux prendre soin de moi. »

« T'es nouvelle chez les Aurors, dit lentement Keith. Tu ne sais presque rien par rapport aux autres. »

« Alors si on suit cette logique, tu ne sais presque rien sur le fait d'être batteur parce que tu n'es pas un joueur de Quidditch professionnel. » s'écria-t-elle.

Keith sembla irrité.

« J'ai de l'expérience ! Je- »

« Et moi je n'en ai pas ? J'ai participé à plein de duels à l'école, tu te souviens ? »

Keith se laissa tomber contre sa chaise, l'air surpris.

« Quoi ? » demanda-t-elle, agacée.

« C'est notre première dispute. » dit-il doucement.

Non, ce n'est pas la première … Oh. Peut-être qu'il veut dire … en tant que couple ? C'était une étrange pensée. Tonks soupira.

« Ce n'est pas une dispute, dit-elle. C'est moi qui suis grincheuse parce que la journée a été longue. »

Keith tendit le bras par-dessus la table pour lui prendre la main et la serrer un peu.

« Désolé. » dit-elle d'une petite voix.

« C'est rien, dit-il, avant de prendre l'air inquiet. Mais- tu n'es pas de mauvaise humeur à cause de moi, pas vrai ? »

« Non, dit-elle. Ça va. »

« Bien. » dit Keith, soulagé.

Il garda sa main dans la sienne et attrapa son menu avec son autre main.

« Qu'est-ce que tu veux manger ? »

« J'sais pas. »

Elle attrapa son propre menu, le scanna brièvement et le reposa.

« Juste un hamburger, je pense. »

Keith fit signe à quelqu'un pour venir prendre leur commande – il demanda un fish and chips et ils réclamèrent tous les deux des Bièraubeurres – et le serveur finit par repartir, faisant penser à Tonks que cet endroit était bien plus simple – et à ses yeux, bien plus sympa – que chez Madame Pieddodu, où ils étaient allés quatre fois au total il n'y avait pas de trace de tapisserie rose ou de coussins en dentelle sur les sièges. Il n'y avait pas un seul cœur en vue et la meilleure chose dans tout ça était l'absence de ces stupides angelots et leurs confettis.

« Nymphadora ? l'appela Keith. Nymph- »

« Tu sais que je préfère Tonks. » dit-elle en sortant de ses pensées.

« Pourquoi d'ailleurs ? demanda-t-il. Je ne pense pas que tu l'ai déjà dit. »

« Parce que Nymphadora est un prénom stupide. »

« Je trouve que c'est beau. »

Tonks soupira.

« Toi et ma mère allez vous entendre merveilleusement bien. »

« Tu penses ? demanda Keith, l'air nerveux tout à coup. Et ton père ? »

« Papa s'entend bien avec tout le monde. »

« Qu'est-ce qu'il fait comme travail ? Ce n'est pas un Auror, pas vrai ? »

Il avait l'air positivement terrifié à cette pensée.

« Relations moldues au Ministère, dit Tonks en cachant son sourire. Et il travaille aussi pour une station de télévision moldue. »

« Alors il aime les moldus ? »

« Il est né-moldu, dit Tonks en haussant les épaules. Sa famille entière – sauf moi et Maman – sont des moldus, alors ouais, il les aime. »

« Alors, tous tes proches- »

« Sont des moldus. Du côté de Papa, du moins. Du côté de Maman, ce sont … euh … des Sang-Purs. On ne les voit pas beaucoup. »

« Pourquoi pas ? Vous ne vous entendez pas ? »

« Non. » dit brusquement Tonks.

Keith lui serra un peu la main.

« Et ta famille à toi ? »

Si Keith avait réalisé qu'elle détournait leur conversation de la famille de sa mère, il ne fit pas le moindre commentaire.

« Ils n'ont rien de spécial, dit-il. Maman était guérisseuse, mais elle a arrêté de travailler quand je suis né. Papa travaille chez Brossdur – il fabrique des balais. Les deux étaient des enfants uniques donc je n'ai pas de cousins, mais je vois beaucoup mes grands-parents ils sont tous sorciers. »

La conversation prit fin après ça, mais ce n'était pas trop grave parce que leurs plats et leurs boissons étaient arrivés. Keith n'avait visiblement aucune envie de lui lâcher la main, mais dût abandonner quand ce devint trop difficile de manger. Ils rirent tous les deux à ce propos, avant de parler de leurs précédentes histoires sentimentales Tonks avait eu le béguin pour un garçon de son école primaire moldue et ils s'étaient assis pour manger ensemble tous les jours pendant une semaine avant qu'il ne décide qu'il préférait manger avec Ashley White. Keith, Tonks le savait déjà, était sorti avec Dawn Carter pendant trois mois en cinquième année, avant qu'ils ne décident de rester amis.

Keith avait rit à l'idée de Tonks dans une école primaire moldue et ces histoires les divertirent jusqu'à la fin du repas.

« Je n'ai jamais été dans une de ces écoles primates. » dit-il, une fois qu'elle eut fini de lui raconter la fois où elle avait trébuché et renversé trois autres personnes à la cérémonie de remise de diplômes de son école primaire.

« Primaires. » corrigea Tonks en souriant largement.

« Oui, ça. Maman m'a fait l'école à la maison et quand Alfred a emménagé à côté, il m'a rejoint. Ma mère et la sienne ont partagé la responsabilité. »

« Pas étonnant que vous soyez si proches, dit Tonks, tandis que Keith haussait les épaules. Comment va Alfred, au fait ? »

« Il est occupé. Il est entré au Département pour les Enfants Sorciers ou je ne sais quoi, alors il apprend à s'y débrouiller. Je suis surpris que tu ne l'ai pas vu d'ailleurs, puisque vous êtes tous les deux au Ministère. »

« Le Ministère est grand, dit Tonks. Et en général, je suis les cours au Bureau des Aurors ou je ne suis pas là-bas du tout. »

« Vrai. »

Keith se pencha lorsque leurs assiettes se mirent à léviter vers la cuisine.

« Tu as eu des nouvelles d'autres personnes de l'école ? »

« Eh bien toi, bien sûr, dit Tonks, en faisant sourire Keith. Et j'ai vu Charlie et Tom, mais pas depuis notre déjeuner avant mes tests d'admission. Je pense que je vais dîner avec eux demain soir. »

« Je voulais te voir demain. » dit Keith, l'air contrarié.

« On fera quelque chose un autre soir. » lui assura-t-elle.

« Ils s'en vont toujours ? »

« Je ne sais pas – ces deux-là sont sans espoir quand il s'agit de garder contact. »

« Tu n'es pas la meilleure non plus, dit-il, en arquant un sourcil. J'attends toujours que tu me renvoies Helga. »

Helga était la chouette de Keith, qui faisait – si Tonks devait compter – au moins quatre voyages jusqu'à sa maison chaque jour.

« J'étais déjà au lit quand elle est arrivée. » soupira Tonks.

« Tu l'as sûrement vu ce matin, non ? »

« Ouais, mais je devais partir tôt. J'avais prévu de te répondre ce soir. »

« Je pensais que quelque chose était arrivé. »

Tonks ne répondit pas. Keith vérifia sa montre.

« Tu es prête à y aller ? Je pensais qu'on aurait pu aller chez toi ? »

« Chez moi ? »

« Ouais. J'aimerais bien rencontrer ta mère et ton père. »

Tonks était un peu surprise.

« Si ça te va, bien sûr- »

« Ça devrait aller, dit-elle, en clignant des yeux. Ouais. Euh … On paye et on y va, alors ? »

« Je vais payer. » corrigea-t-il.

« Keith- »

« Je suis poli, insista-t-il. Dis juste merci. »

« Merci, dit-elle. Mais je me fais un bon salaire en tant qu'apprentie. La prochaine fois, je veux payer. Pour nous deux. »

« Tu sais que je ne te laisserais pas faire. »

« La prochaine fois. » promit-elle en se levant.

Malheureusement, elle trébucha sur sa robe et recula un peu.

« Ça va ? »

« Bien, dit-elle, en se redressant. Parfaitement bien, je suis juste maladroite. »

C'était un petit prix à payer, vraiment, pour sa capacité à changer de taille et de poids en un instant. En réalité, elle pensait qu'elle tenait plutôt bien debout pour une fille qui avait plusieurs tailles de jambes chaque jour.

« J'aime ta frange, au fait, dit-il. Ça te va bien. »

Tonks le fixa, étonnée par le changement brusque de sujet.

« Merci, dit-elle, hésitante. Alors, on y va ? »

« Ouais. »

Keith laissa une poignée de pièces sur leur table – Tonks le fusilla des yeux – et ils sortirent dans la rue froide.

Tonks avait toujours pensé que le Chemin de Traverse était effrayant la nuit et cette nuit n'était pas différente c'était sombre, avec seulement quelques lampes qui brûlaient, silencieux puisque tous les commerçants étaient rentrés chez eux et les larges panneaux – qui étaient d'habitude si colorés en journée – laissaient de longues ombres en pic sur le sol pavé.

« C'est bizarre, non ? Lugubre. » dit-elle en sortant ses gants de sa poche.

Keith s'arrêta, alors qu'il était en train de mettre son écharpe, et sourit largement.

« Je te protégerais. » dit-il.

Tonks roula des yeux, ne s'embêtant pas à dire quoi que ce soit.

« Tu n'as pas vraiment peur, pas vrai ? » demanda-t-il avec espoir.

« Non, dit-elle, amusée. Pourquoi ? »

« Je pensais juste que ça pourrait être une bonne excuse pour te tenir la main. » murmura-t-il en rougissant.

« Pourquoi as-tu besoin d'une excuse ? » demanda Tonks en tendant la main pour attraper sa main gantée.

Il sourit. Tonks hésita et se lança, en se disant que quoi qu'il répondrait, elle saurait où s'en tenir.

« Je veux dire, on est ensemble, non ? »

« Ouais. » dit Keith en hochant la tête.

Il n'y a aucune chance pour que ça ruine notre amitié alors, pensa-t-elle. c'était la seule raison qui l'avait retenu de le dire pendant si longtemps, autrement elle l'aurait dit depuis des semaines.

« Je t'aime assez, tu sais. » poursuivit-elle.

Étrange que ses cheveux soient restés blonds alors qu'elle avait dit quelque chose comme ça, quand on savait qu'ils prenaient une teinte rose brillante lorsqu'elle trébuchait ou criait sur Maugrey.

« Je t'aime vraiment aussi. » dit-il.

Ils se fixèrent un moment, avant que Keith ne s'éclaircisse la gorge et détourne le regard.

« Alors … euh … on y va ? »

« Ouais, dit Tonks en regardant le sol pour cacher son sourire. Tu veux qu'on fasse un transplanage d'escorte ? »

« Non, ça me rend malade, admit-il. Je sais où c'est. Je- on peut … euh … juste se rejoindre là-bas ? »

« Si tu préfères, bien sûr. » dit-elle.

Keith hocha la tête. Tonks, sur un coup de tête, se pencha en avant et l'embrassa. Il sembla surpris et leva les yeux.

« On se retrouve dans une minute. » dit-elle en souriant largement.

Avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit d'autre que la regarder, elle se mit à tournoyer. Elle transplana dans le jardin – Maman serait si contente qu'elle n'ai pas débarqué directement dans la maison – les joues roses et les cheveux probablement de la même couleur. Elle s'éloigna du parterre de fleurs de Maman – pour ça, Maman ne serait pas si contente – et se dirigea vers la porte d'entrée. Elle frappait tout juste lorsqu'un Keith nerveux apparut.

« Salut. » dit-il.

« Salut. » répondit-elle en souriant.

La porte s'ouvrit et Papa apparut, l'air confus. C'était sans doute à cause de son utilisation de la porte d'entrée.

« Dora ? »

Ses yeux se posèrent sur Keith et il sourit poliment.

« Salut Papa, dit-elle. Voici Keith. »

« Bonjour, dit Keith, l'air nerveux. Ça fait plaisir de vous rencontrer. »

Papa lui tendit la main et Keith la serra.

« Toi aussi. Poufsouffle, c'est ça ? »

« Oui, monsieur. »

« Pas de ça. Je m'appelle Ted. J'étais aussi à Poufsouffle. »

« Qui c'est ? »

C'était Maman, qui arrivait du salon. Elle repéra Keith avant Tonks et s'approcha pour se présenter elle-même.

« Andromeda Tonks. » dit-elle en lui tendant la main.

Keith la serra et Maman se tourna vers Tonks, en souriant malgré le fait d'avoir été à l'écart des cercles de Sang-Purs depuis tant d'années maintenant, Maman avait retenu certaines de leurs mondanités et s'était probablement attendue à ce que Keith lui fasse un baise-main – elle avait une fois dit à Tonks que c'était la façon traditionnelle de se saluer pour une sorcière et un sorcier qui ne se connaissaient pas.

« Heureux de vous rencontrer, Mrs Tonks. »

Contrairement à Papa, Maman ne lui demanda pas de l'appeler par son prénom.

« De même. Je dois dire qu'il était temps je demande à Nymphadora de t'inviter depuis des semaines. »

« Vraiment ? » demanda Keith en adressa un regard en coin à Nymphadora.

Elle lui adressa un petit sourire.

« Eh bien, je suis content d'être là, finalement. »

« On va juste rester debout dans l'entrée ? demanda Tonks. On peut entrer, hein ? »

« Bien sûr, dit Maman en se reculant d'un pas pour les laisser passer. Comment était la formation, chérie ? »

« Intéressante, dit Tonks. Je … euh … suis allée à Paris. »

« Paris ? répéta Papa. Au nom de Merlin, qu'est-ce que tu es allée faire là-bas ? »

« Une affaire avec une Vélane, soupira Tonks. Pendant ce temps-là, Sirius a été repéré à Londres et tous les Aurors ont été appelé au bureau pour le chercher. »

« Où étais-tu à Paris ? » demanda Maman, avec curiosité.

« Euh ... »

Maman claqua la langue.

« Peu importe les yeux que tu utilises, tu ne vois rien, n'est-ce pas ? »

« J'utilise mes yeux, se défendit-elle. Vigilance constante et tout ça. Tu sais ce que j'ai vu ? »

« Quoi ? » demandèrent ensemble Papa et Keith.

« Un chien rose, dit Tonks. C'était génial. Comme mon âme-sœur animalier- »

« Du thé ? » demanda Maman, l'air soudainement fatigué.

« Oui, si vous en faites. » dit Keith.

« J'en prendrais un, Dromeda. » dit Papa.

« Non merci, dit Tonks joyeusement, en attrapant le bras de Keith. En attendant que Maman prépare ça, je vais te montrer la maison. »

Elle le mena jusqu'au hall d'entrée, désignant les portes sur le chemin.

« C'est le salon … La salle de bain … La cuisine est juste là … C'est le bureau de Maman … La deuxième salle de bain … La chambre de Papa et Maman … Ma chambre … La chambre d'ami … et cette porte va jusqu'au jardin de Papa. »

Un hurlement bruyant suivit ses derniers mots.

« C'est ton chat ? » demanda Keith, qui avait connu Canis à l'école.

Tonks tapota la porte avec sa baguette pour la déverrouiller, avant de l'ouvrir. Canis s'approcha, la queue en l'air, et s'arrêta. Ses yeux s'assombrirent et ses oreilles se penchèrent en arrière lorsque lui et Tonks se mirent à se fixer. Il siffla – sans surprise – et se faufila dans la maison, sans accorder la moindre attention à Keith.

« Ces derniers temps, il est encore plus grincheux que d'habitude. » dit Tonks en le regardant partir.

Canis avait rejoint la cuisine, d'où la voix de Maman se faisait entendre.

« Tu penses que l'école lui manque ? »

« J'sais pas. Pouvoir vagabonder où il veut lui manque sûrement. Je pense que Charlie lui manque aussi. Et probablement Hagrid et Rusard. »

« Rusard ? » demanda Keith, surpris.

Tonks haussa les épaules.

« Le gars aime les chats désagréables et les chats désagréables l'aiment bien. »

« Nymphadora ! Toi et Keith, venez, le thé est prêt ! »

« Si elle m'appelle comme ça une fois de plus, marmonna Tonks. Je jure devant Merlin que- »

« Hmm ? » dit Keith.

« Rien, soupira-t-elle. C'est par là. »


Les lumières sont allumées. C'est un bon signe, pas vrai ?

Patmol rôda autour de la maison, en écoutant prudemment. Il entendit le rire tendu de Remus, suivi par un petit son amusé qui venait de Harry. Il n'y avait aucune autre odeur et aucune autre voix, alors Patmol conclut qu'il pouvait entrer.

Il aboya une fois, en sachant que Remus allait l'entendre, et sauta en avant pour aller gratter contre la porte d'entrée. Il y eut des bruits de pas à l'intérieur, avant que la porte ne s'ouvre lentement. Des yeux marrons apparurent. Patmol passa la tête dans l'ouverture et se leva sur deux pattes, comme Sirius, en aboyant à nouveau.

« Il était temps. » murmura Remus, mais il souriait et le soulagement émanait de lui par vagues.

Il se recula et Patmol retomba au sol, avant d'entrer. Les bruits de pas furent le seul avertissement qu'il reçut avant que deux bras ne l'attrapent par le cou et que Harry ne lui rentre dedans avec force.

« Je suis désolé ! Je n'ai jamais pensé- J'ai juste- C'est de ma faute ! C'est tout de ma- »

Sa faute ? Au nom de Merlin, où a-t-il été chercher ça ? Patmol secoua la tête et gémit pour montrer son désaccord, avant de lécher le visage de son filleul. Il leva même la patte pour tapoter bizarrement le dos de Harry – les câlins n'étaient vraiment faciles à retourner en tant que chien.

Finalement, Harry le lâcha et Patmol se transforma en Sirius. Une ombre tomba sur son esprit – c'était la potion du Détraqueur – mais il la repoussa. Harry le fixa, les yeux écarquillés et il recula vers le feu, surprenant Hedwige qui était perchée sur le manteau de la cheminée. Elle s'en alla se poser sur une des chaises de la cuisine et leur adressa un regard désapprobateur.

Il a peur de moi, murmura une voix qui ressemblait à la sienne.

Tais-toi, s'écria Sirius, en sachant que c'était la potion qui lui faisait penser ça. Il a probablement une bonne raison.

« Harry ? » demanda Sirius.

« La magie. » dit Harry en reculant encore.

Ses yeux se posèrent sur le petit bol de poudre de Cheminette que Remus gardait là.

« Tu viens de- la Trace ! »

Je te l'avais dit, dit Sirius à la voix.

« Du calme, gamin. Ça ne va pas l'activer. »

« Tu es sûr ? » demanda Harry.

Il regardait la porte d'entrée comme s'il s'attendait à ce que des Aurors débarquent à tout moment.

« Oui, promit Sirius. C'est une magie indétectable, c'est pour ça que tu es censé te déclarer. »

« Ou alors les Animagi pourraient faire des choses stupides et dangereuses, comme traîner avec des loups-garous. » dit Remus sombrement.

Sirius fit la grimace et s'assit dans le canapé, en feignant de ne pas voir le clin d'œil que Remus adressa à Harry.

« Je suis désolé. » dit Harry en regardant le sol.

« Pourquoi ? » demanda Sirius en échangeant un regard confus avec Remus.

« Je t'ai dis de partir plus tôt. Si je n'avais pas- »

« J'y serais allé de toute façon. » lui dit Sirius.

Les lèvres de Remus se pincèrent, mais il semblait lutter contre un sourire.

Oui, confirma la voix. Parce que tu es stupide, égoïste-

« Tais-toi. »

Harry lui lança un regard surpris.

« Désolé. Tu ne m'as forcé à aller nulle part, gamin. J'ai tout fait de mon plein gré. »

Harry ouvrit la bouche pour argumenter, mais Sirius leva une main.

« Je ne veux rien entendre de plus là-dessus. Ce n'est pas ta faute et nous sommes tous en sécurité. D'accord ? »

« D'accord. » répéta Harry, sans grande conviction.

Il adressa un nouveau regard méfiant à Sirius et s'approcha pour s'asseoir à côté de lui.

« Bravo pour être arrivé ici, d'ailleurs. » ajouta Remus.

Harry lui offrit un petit sourire.

« Comment ça s'est passé après qu'on se soit séparé ? demanda Sirius à Remus. Ils t'ont cru ? »

La sombre expression de Remus n'était pas fausse, cette fois-ci.

« Nymphadora et Debbie n'étaient pas là et Dirk et Arabella m'ont cru, mais Matt sait. »

« Explique. » grogna Sirius, la peur s'immisçant dans sa poitrine.

Il t'a trahi, murmura la voix.

« Maintenant. »

« Il a pu le sentir, soupira Remus en s'asseyant sur le canapé en face de celui où Sirius et Harry étaient assis. Il ne connaît pas les détails. Juste que nous sommes en contact et que tu n'es apparemment pas un mangemort qui entraîne Harry pour remplacer Voldemort. »

Sirius fronça le nez.

« Ce n'est pas lui qui ira tout raconter à la Gazette ou à qui que ce soit d'autre. »

« C'est qui ? »

« Matthew Rosier. »

Sirius renifla.

« Un rapport avec Evan ? »

« Son neveu. » répondit Remus sur le même ton.

Il se leva et retrouva une photographie de lui et d'un jeune garçon qui ressemblait beaucoup à Evan Rosier, même si Sirius ne pensait pas que Rosier ait déjà sourit aussi sincèrement. Il y avait d'autres petites différences qu'il remarqua, comme le nez et la mâchoire du garçon et le fait qu'il porte des vêtements moldus. Sirius supposa que c'était comme comparer Andy et Bella.

« Ils ne se sont jamais rencontrés cela dit, poursuivit Remus. Le père de Matt était un traître à son sang et Matt a été mordu par Greyback en conséquence. »

« Attends. » dit Sirius, en reconnaissant le visage.

Il était plus jeune la dernière fois qu'il l'avait vu.

« C'est le gamin loup-garou à qui tu enseignais ? Celui qui n'est pas allé à Poudlard ? »

Remus hocha la tête. Sirius s'arrêta pour réfléchir. Logiquement, il savait que le garçon n'était probablement plus un garçon – tout comme Nymphadora et Harry n'étaient pas restés à l'âge qu'ils avaient avant Azkaban – mais il sentit quand même qu'il devait demander.

« Quel âge il a maintenant ? »

« Dix-neuf ans. »

Sirius reposa la photographie, en essayant de ne pas montrer à quel point cette réponse pouvait l'ébranler parfois, il pensait qu'il s'était bien remis d'Azkaban. Il était toujours mince, mais il était au moins en bonne santé, son visage n'était plus cireux ou jaune et Harry – en étant simplement présent – était capable de lui offrir une compagnie et une distraction lors de ses mauvais jours – ceux-là se faisaient de plus en plus rares. D'autres fois, quelque chose lui rappelait de manière brutale que – même si son monde s'était arrêté pendant qu'il était en prison – le monde à l'extérieur avait poursuivi son chemin de façon habituelle.

« Qui est Greyback ? » demanda Harry.

Sirius se demanda s'il avait demandé ça pour le distraire ou s'il était vraiment curieux. Il pensait que ça devait être un peu des deux.

« Tu as mentionné son nom devant Rogue, dit-il en regardant Patmol. Et vous parliez de lui dans la cuisine l'autre jour. »

« Greyback est un loup-garou, Harry, dit Remus. Sûrement le plus sauvage en vie actuellement. C'est lui qui m'a attaqué quand j'étais enfant. D'abord, j'ai pensé que c'était un accident, qu'il avait juste perdu le contrôle. Plus tard, j'ai appris qu'il l'avait fait pour punir mon père. Mon père était haut placé au Département de régulation et de contrôle des créatures magiques, tu vois et Greyback voulait qu'il fasse passer une loi- »

« Quelle loi ? » demanda Harry.

Et voilà la patience de Lily, pensa Sirius affectueusement.

« J'y arrivais. » répondit Remus en souriant.

Sirius soupçonna qu'il devait penser la même chose que lui. Harry rougit.

« Une loi qui lui donnerait la garde de tous les enfants loups-garous. Mon père a refusé. Pour ce que ça a donné ... Greyback mord quand même les enfants et quand leurs parents ne peuvent plus supporter la lycanthropie, Greyback les emmène et les élève dans son camp pour détester et craindre les sorciers. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu'avec suffisamment de loups-garous qui le suivent, il pourrait renverser la population sorcière ou du moins, c'est ce qu'il croit. »

« Renverser- Il- Pourquoi ? »

Harry semblait véritablement avoir du mal à comprendre.

« Tu n'as pas été assez dans le monde sorcier pour comprendre l'importance des préjugés et à quel point ils sont incrustés, dit Remus à Harry, avec douceur. Mon espèce – les loups-garous – sont détestés et craints. On pourrait dire que c'est à cause de Greyback et ses adorateurs, mais beaucoup de ces préjugés existaient déjà bien avant lui. »

Sirius remarqua que Harry était toujours blanc. Remus jeta un œil à Sirius, qui lui fit signe de continuer, et il soupira.

« Greyback pensait que les loups-garous étaient traités injustement et que quelque chose devait être fait pour ça. Étrangement, il a commencé avec une bonne idée, bien que c'est la seule qu'il ait jamais eu il pensait que s'il infectait suffisamment de personnes, il pourrait forcer le monde sorcier à voir que les deux espèces n'étaient pas si différentes. Nous avons – comme tu l'as dit l'autre jour, Harry – un 'petit problème' tous les mois, mais nous sommes humains le reste du temps. Il pensait que s'ils créaient de nouveaux loups-garous, il pourrait le prouver. Certains étaient d'accord. D'autres l'ont détesté pour ce qu'il leur avait fait. Il est parti du mauvais pied dès le début bien sûr, mais quand il a essayé de mordre le Ministre de l'époque – un homme nommé Nobby Leach – tous ses progrès ont été réduit à néant. Il a passé un mois à Azkaban – il n'avait pas vraiment blessé le Ministre, après tout – et quand il a été relâché, il avait changé. Ce n'était pas le manque de compréhension le problème, c'était les gens eux-mêmes. »

« Au nom de Merlin, où est-ce que tu as entendu tout ça ? » demanda Sirius.

« Au camp, soupira Remus. Par un homme, l'une des premières victimes de Greyback. Il est complètement taré, toujours en train de raconter comment son 'pauvre' père a dû passer un mois à Azkaban. »

« Un mois, dit Sirius avec amertume. Oui, pauvre con de Greyback. »

Remus sourit sans joie et Harry était pâle.

« Qu'est-ce qui est arrivé après ? » murmura Harry en se rapprochant très légèrement de Sirius.

Sirius leva la main, passa le bras autour de lui et la chaleur douce du chandail de Harry l'aida à chasser une partie de son agacement. Il n'était même sûr de ce qui l'avait agacé, même s'il soupçonnait que cela pouvait être un effet de la potion du Détraqueur.

« Greyback a commencé à construire son armée, dit Remus. Quand Voldemort est arrivé, il a offert des victimes à Greyback en échange de services- »

« Des services ? »

« Empêcher ses partisans et ses ennemis de sortir du rang. Les gens avaient peur de Greyback et la peur, malheureusement, est une motivation efficace. Peu de personnes n'étaient enclines à défier Voldemort, parce qu'elles avaient peur qu'il envoie Greyback sur leur famille. Ses partisans étaient extrêmement loyaux, car ceux qui ne l'étaient pas courraient le même risque. »

« Comment ça se fait que Greyback ait pu aimer Voldemort ? »

« Pour la protection qu'il offrait, en partie, mais- »

« Nourriture gratuite. » murmura Sirius en fronçant le nez.

La bouche de Remus se tordit.

« En effet. L'autre raison, c'est que leurs objectifs se rejoignaient. Merci Merlin, ça n'a jamais atteint ce niveau, mais si Voldemort avait gagné, j'aurais été intéressé de voir combien de temps la 'paix' aurait duré Greyback se serait retourné contre Voldemort au moment où son … soutien … serait devenu inutile et Voldemort se serait retourné contre Greyback au moindre signe de trahison. »

Harry frissonna contre Sirius.

« Est-ce que- »

Harry se mordit la lèvre, hésitant, avant de finir par se lancer.

« Le camp dont tu parlais … Est-ce que tu … Quand tu n'étais pas à Poudlard, tu étais … ? »

« Je restais avec mes parents – dans cette même maison, en fait. »

Harry tiqua, apparemment surpris, et regarda autour de lui de nouveau.

« Ils étaient … aussi compréhensifs qu'ils pouvaient l'être. Ma mère était guérisseuse, elle s'est occupée de moi et mon père, comme je l'ai dit, travaillait au Département de régulation et de contrôle des créatures magiques et avait donc accès à beaucoup d'informations sur les loups-garous. Il était en contact avec beaucoup de sorciers et de sorcières qui développaient des traitements. »

Remus rit un peu.

« Le nombre de choses qu'ils m'ont fait essayé toutes ces années ... »

Sirius se mit à gratter la cicatrice qu'il avait dans le cou. Remus remarqua le geste et grimaça.

« L'une de ces choses marchent ? »

« Aucun des traitements. Par contre, il y a une potion appelée Tue-Loup- »

« Je connais celle-là. » dit Harry.

Sirius le dévisagea. Lui ne connaissait même pas, mais il savait qu'un homme nommé Belby avait travaillé sur une potion du même nom.

« Un type l'a inventé pour sa femme, pour qu'elle garde ses esprits pendant les pleines lunes. »

Sirius et Remus échangèrent un regard surpris, mais également impressionné.

« Comment- ? » demanda Sirius.

« Je savais que Lunard n'était pas un Animagus, alors j'ai cherché les autres choses qui pouvaient le transformer en loup, dit Harry, en haussant les épaules. Les potions semblaient être une bonne idée. Je veux dire, tu peux changer la couleur des cheveux de quelqu'un, alors pourquoi pas changer tout le reste ? C'était la seule potion qui concernait les loups. »

« Alors Belby a finalement réussi ? » demanda Sirius.

Il avait été présent lors de quelques essais infructueux.

« Oui, confirma Remus. C'est ridiculement cher et c'est compliqué, mais ça marche. J'imagine que c'est la même chose que d'être un Animagus, mais comme je n'en suis pas un, difficile d'être sûr. »

« J'ai l'argent. » dit Sirius immédiatement.

Alors, tu dois acheter tes amis ?

« Sirius- »

Je ne t'écoute pas.

« Lunard, tu ne protesterais pas si tu voyais combien j'ai. »

« C'est vrai. » confirma Harry.

« Ta présence a le même effet, dit Remus. Enfin, ça pourrait être différent cette fois si je suis en colère à propos de James, au lieu d'être triste. »

« Eh bien, l'offre tient toujours. » dit Sirius.

Remus sourit.

« Alors, le camp ? » demanda Harry.

« Désolé Harry. Non, pour répondre à ta question. Je n'ai pas été dans le camp avant de rejoindre l'Ordre. »

Il sourit à nouveau.

« J'ai été vraiment chanceux que mes parents puissent gérer ma condition et qu'ils aient été prêts à le faire. Tes parents, Harry, l'auraient aussi fait sans sourciller et tes grands-parents – de chaque côté, en fait, même si les parents de Lily étaient des moldus, se seraient fait à l'idée, je pense – mais toutes les familles ne le font pas. »

« La mienne ne l'aurait pas accepté. » dit Sirius.

Non, et pourquoi l'auraient-ils accepté ? Tu es inutile, un gaspillage de place-

James ne le pensait pas, pensa Sirius, avec fermeté. Ce qu'ils considéraient comme sa vraie famille – les Potter – l'auraient, comme Remus l'avait dit, accepté. Pour ce qui étaient des Black – moins Regulus – c'était une autre histoire.

« Ils étaient heureux de me voir partir. En fait, ils auraient probablement- »

« Sirius, Harry n'a pas besoin d'entendre parler de désagréables- »

« Il sait déjà quasiment tout, dit Sirius en agitant une main. Il a rencontré le portrait de ma mère. Et il a fréquenté Kreattur depuis qu'on a emménagé. »

« Quand même, dit Remus, en pinçant les lèvres. C'est probablement mieux qu'il n'entende pas- »

« Je ne suis pas un bébé. » dit doucement Harry en regardant Remus.

Si Sirius n'avait pas eu son bras autour de Harry, qu'il n'avait pas eu une preuve physique que Harry était là, il aurait juré – sur sa vie – que celui qui avait parlé était James. Remus eut également l'air ébranlé, mais se reprit rapidement.

« Harry, si je croyais ça, je ne t'aurais pas parlé de Greyback, dit-il. Je dis juste que Sirius ne devrait pas tout te raconter – à ce propos, du moins. »

« Pourquoi pas ? » demanda Harry.

« Parce qu'en tant que parrain, c'est son boulot de te protéger d'histoires comme ça. »

« Alors tu penses que je ne devrais pas entendre parler d'enfants qui ont faim, mais qu'on envoie au lit parce que leurs proches ne les aiment pas ou à qui ont dit de ne pas poser de questions- »

Le pire n'était pas ce que Harry disait. C'était la façon dont il le disait pas de manière furieuse ou amère, mais calmement – avec un soupçon d'exaspération qui fit penser à Sirius qu'il se souciait plus de l'impact de ses mots sur Remus que sur les choses qui étaient arrivées. Cela donna envie à Sirius de casser quelque chose.

« -ou qu'on enferme dans un placard pendant une semaine- »

La tête de Remus se tourna brusquement.

« Je n'ai jamais su ça, dit-il en fixant Sirius. Pourquoi- pourquoi tu n'as jamais rien dit ? »

« Il ne parle pas de moi. » dit Sirius à travers ses dents serrés.

Tu l'as laissé là-bas, tu as laissé ça arriver …

« Et il n'a pas raconté qu'on lui avait dit que James et Lily étaient morts dans un accident de voiture et qu'il ne savait pas qu'il était un sorcier. » dit Sirius, en faisant de son mieux pour ignorer la potion.

Tout sembla devenir silencieux. Ça n'était pas particulièrement bruyant avant – ils ne faisaient que parler – mais d'une façon ou d'une autre, l'absence de bruit semblait plus prononcée.

« Non ... » dit Remus en se tournant pour regarder Harry, qui haussa les épaules mais soutint son regard.

Remus déglutit bruyamment, sans avoir l'air certain de savoir que dire. Ses yeux étaient devenus très brillants.

« Si la façon dont les Dursley m'ont donné à Patmol était une indication, murmura Harry. Alors je pense qu'ils m'auraient donné à Greyback même si je n'étais pas un loup-garou. »

Remus s'enfonça dans le canapé.

« Je suis vraiment, vraiment désolé. Je ne savais pas. » murmura-t-il en secouant la tête.

Harry haussa les épaules.

« Je savais qu'ils étaient désagréables, mais … Harry, je jure que si j'avais eu la moindre idée de ça, j'aurais fait … eh bien, quelque chose. Je t'aurais probablement kidnappé moi-même, avant que cet imbécile ait pu le faire. »

Il adressa un sourire à Patmol pour lui montrer qu'il n'y avait aucune rancœur derrière les mots, mais son sourire n'atteint pas ses yeux il était visiblement toujours secoué. Sirius ne pouvait pas le blâmer. Il l'avait aussi été.

Harry haussa les épaules.

« Ça n'a plus d'importance maintenant. Pas vraiment. »

Il adressa un large sourire à Sirius et celui-ci lui pressa l'épaule.

« Mais- » commença Remus, mais Sirius croisa son regard et secoua la tête.

Harry avait haussé les épaules à plusieurs reprises et Sirius le connaissait suffisamment pour savoir que c'était un signal d'alerte. Remus déglutit de nouveau.

« Tu lui as raconté la nuit où tu t'es enfui ? » dit-il finalement d'une voix rauque, en regardant Sirius.

Sirius hocha la tête.

« Mais pas dans les détails. »

S'il parlait un jour de cette nuit-là à Harry, ce ne serait pas avant qu'il soit bien, bien plus âgé. Remus acquiesça et sembla soulagé.

Tous les trois se turent. Remus ne fixait rien de particulier et ouvrit plusieurs fois la bouche pour dire quelque chose avant de changer d'avis. Harry regardait les photographies sur la cheminée de Remus avec une expression indescriptible. Sirius pensait, de façon plutôt morbide, à quel point lui et son filleul pouvaient tous les deux être perturbés – tous les trois, en fait.

Mais on guérit. Doucement, mais on y arrive. Et Harry est jeune. Assez jeune pour que les années de sa vie dont il se souviendra le mieux soient de bonnes années. Sirius se promit silencieusement de s'en assurer.

Remus s'éclaircit la gorge et regarda Harry. Harry le regarda curieusement.

« Tu sais, dit-il. J'avais aussi une tante terrible. »

Harry leva la tête et Remus sourit d'un air piteux.

« Tante Catherine. Je pense qu'elle est 'morte' au moins vingt fois pendant mes années à Poudlard pour me fournir une excuse pour mes absences mensuelles. C'était mesquin, mais la façon dont elle me traitait valait bien ça. Elle n'approuvait pas vraiment que je sois un loup-garou, tu vois. »

Harry souriait doucement et semblait réaliser que Remus était en train d'essayer de se faire pardonner pour avoir suggérer que Harry était trop jeune pour entendre certaines histoires. Sirius supposa aussi que Harry – dont les proches n'approuvaient pas non plus qu'il soit un sorcier – pouvait se sentir concerné.

« Et maintenant, c'est qui qui partage ses traumatismes d'enfance ? » murmura Sirius.

« J'ai toujours été un hypocrite. » dit Remus avec ironie.

« Elle a mérité toutes les 'morts' que Remus lui a donné. » dit Sirius à Harry.

Il avait rencontré la Tante Catherine de Remus pendant les vacances de Pâques lors de leur troisième année. Lui et Remus avaient lancé un petit sort sur ses œufs en chocolat pour les rendaient impossible à croquer ils s'étaient amusé pendant plusieurs minutes à la regarder essayer de mordre dans l'œuf – à sa plus grande irritation – et l'avaient fait exploser, la recouvrant de gelée collante et parfumée à la fraise.

« Sale garce. »

Harry murmura quelque chose qui ressemblait à « Tante Marge ».

« Hmm ? » demanda Sirius.

Harry haussa les épaules.

« Rien. »

Rien, mes fesses. Je demanderais plus tard, quand tu penseras que j'ai oublié. Sirius cacha son sourire. Attends juste un peu.

« Catherine a déménagé en France, il y a quelques années, dit Remus de façon plutôt joyeuse. Je ne l'ai pas vu depuis. »

« Comment vont tes parents ? » demanda Sirius.

Tout en le disant, il réalisa que Remus vivait seul ici et que ses parents n'étaient pas assez riches pour acheter une autre maison sans vendre celle qu'ils possédaient. Remus n'était pas non plus assez riche pour la leur acheter. Sirius grimaça.

« Je suis désolé, Lunard- » commença-t-il.

Tu vois, tu ne peux même pas ouvrir ta bouche sans être insensible.

Tais-toi !

« C'est rien – tu ne savais pas, dit Remus, en prenant une longue respiration. Ma mère était malade, à la fin. »

Il se mit à rire amèrement.

« Un cancer. C'est une maladie moldue, mais elle était née-moldue, alors ... »

Il s'éclaircit la gorge.

« Elle est morte, il y a trois ans. Mon père n'était plus le même. Matt – le Matt qui sait maintenant, Sirius, ajouta-t-il. M'a aidé à m'occuper de lui jusqu'à ... »

« Je suis désolé. » dit Sirius en se sentant comme un parfait abruti.

« C'est rien. » lui assura Remus.

Le silence retomba de nouveau. Pendant ce temps, Sirius réfléchissait à des moyens pour extirper une histoire à propos de la Tante Marge de la bouche de son filleul quand il avait réussi à obtenir la vérité sur la famille de la sœur de Lily, Harry avait été plutôt ému et s'était donc montré enclin à parler. Ça et Sirius lui avait promis une histoire ou un souhait en retour – ce que Harry n'avait pas encore demandé, réalisa Sirius – mais il ne pensait pas que ça marcherait cette fois.

Il regarda autour de lui Harry fronçait les sourcils en regardant ses baskets et avait une odeur soucieuse. Sirius ne pouvait identifier aucune odeur plus forte que celle-là, mais ce n'était pas surprenant parfois – mais certainement pas toujours – quand une personne était si profondément perdue dans ses pensées, les émotions qu'elle ressentait ne devenaient pas toujours physiques, parce que la personne était très concentrée mentalement.

Ce qui intéressait Sirius, c'était que Harry avait partagé avec Remus quelques-uns des pires détails à propos des Dursley, de façon presque volontaire. Il ne pensait pas que Harry s'était soudainement ouvert – il était toujours raisonnablement privé. Peut-être que Harry s'était senti sentimental ? Il avait eu une grosse journée, après tout. Ou peut-être qu'il commençait à faire confiance à Remus. Remus était quelqu'un en qui il était facile d'avoir confiance et il connaissait Harry depuis plusieurs semaines maintenant. Ou peut-être-

« Le placard. » dit doucement Remus, en rompant le silence.

« Quoi ? » demandèrent ensemble Harry et Sirius.

« Tu as dit qu'il serait dans un placard, murmura Remus en regardant Sirius. C'est pour ça, n'est-ce pas ? »

« Oh, dit Sirius, en comprenant enfin. Euh, ouais. »

« Tu avais raison, tu sais, ajouta Remus. Il était dans la chambre d'ami. »

Sirius sourit et se tourna pour regarder Harry, qui s'était soudainement immobilisé il n'y avait aucun doute qu'il était embarrassé. Il cligna des yeux et son sourire disparut. Le visage de Harry n'était pas rouge, mais de la couleur d'un parchemin.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Sirius, en bougeant pour pouvoir mieux le dévisager.

Harry déglutit et ses yeux passèrent de Sirius à Remus.

« Je- euh ... »

Il déglutit encore et passa une main dans ses cheveux d'une façon un peu nerveuse, plutôt que de la façon habituelle de James. Harry s'éclaircit la gorge et se leva.

« Il y a … euh … quelque chose que je pense que vous devriez voir. »