Bonne année à tout le monde ! Pleine de magie et d'autres choses sympas, on en a tous bien besoin ! Je vous remercie encore et toujours pour toutes les petites - ou grandes - reviews que vous laissez. C'est toujours ultra motivant ! N'hésitez donc pas à prendre quelques secondes pour écrire quelques petits mots. En attendant, à très bientôt ! Et bonne lecture aussi !


« Théodora ? Euh … Tock ? »

« Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ? » demanda Tonks, un peu endormie.

Elle connaissait la voix elle appartenait à Remus, mais elle n'avait aucune idée de ce qu'il faisait là. Quelqu'un se mit à rire bruyamment.

« Et ne m'appelle pas comme ça. »

« Dora, dit Remus, sur un ton amusé. Tu ferais bien de te réveiller. Tu écrases Arabella. »

Tonks ouvrit les yeux. Tout était flou et sombre, mais ses yeux s'ajustèrent rapidement. Elle était au Chaudron Baveur, à l'heure du déjeuner – si la foule présente était un indice suffisant. La chose qu'elle avait pris pour son oreiller était en fait l'épaule d'Arabella, et elle avait le cou penchée dans un drôle d'angle pour s'y poser.

« Oh. » dit-elle en se frottant le cou.

Elle passa en revue les visages autour de la table – Dirk et – pour une fois – Debbie, toujours si fuyante, pour tomber sur celui de Remus.

« Et tu m'as appelé Dora. »

« Je n'étais pas sûr de quel nom tu parlais quand tu as demandé à ce que je ne t'appelle pas 'comme ça'. » expliqua Remus en haussant les épaules.

« Mmm. Tu peux m'appeler Dora si tu veux. »

Elle bailla, se frotta les yeux avant de regarder les chaises vides près d'elle.

« Où Matt est-il allé ? »

« Il rigolait trop. Il est allé se calmer. » dit Debbie, presque affectueusement.

Elle semblait aimer Matt et Remus plus qu'Arabella, Dirk ou Tonks.

« 'Laisse-moi tranquille, Helga' était déjà très drôle pour lui, mais quand tu as fait ce commentaire sur la chambre, on lui a dit de sortir. »

« Qu'est-ce que j'ai dit à propos de Helga ? » demanda Tonks prudemment.

« Tu lui disais de te laisser tranquille, dit Dirk en haussant les épaules. Tu m'as presque eu, en essayant de taper sur quelque chose. »

« Bon, dit Remus. Maintenant que nous sommes tous éveillés, on peut continuer ? »

Tonks se mit à rougir et dut faire un effort pour empêcher ses cheveux de faire de même.

Remus donna ses instructions – Debbie devait attendre Matt et lui transmettre les siennes quand il aurait fini de rire – et ils partirent.

« Je suis vraiment désolé, déclara Tonks sur un ton abattu. Je ne voulais pas- »

« La formation est exigeante, dit Remus avec un sourire apaisant. Je connais des gens qui l'ont faite et qui s'endormaient dans des endroits pires qu'au Chaudron Baveur, je peux te l'assurer. »

« Où ça ? » demanda-t-elle, curieuse malgré elle.

Remus réfléchit un moment.

« Le pire, c'était probablement la cheminée – bon, il faut dire que c'était après presque trois nuits sans dormir à cause de la formation et aussi de la guerre. Sirius s'est endormi dans la cheminée alors qu'il allait à l'entraînement, il a manqué le Ministère et il a fini dans la maison d'une vieille sorcière dans le Somerset. On était tous paniqués – James en particulier, parce qu'ils avaient l'habitude de se retrouver dans l'atrium pour aller ensemble à l'entraînement – on pensait qu'il avait été intercepté par des Mangemorts ou quelque chose comme ça- »

« C'était peut-être le cas. » suggéra Tonks.

En secret, elle admirait Remus pouvoir parler de quelque chose comme ça sur un ton amusé, voir même affectueux, était quelque chose d'étonnant. En général, elle maudissait le nom de Sirius quand elle parlait de lui, si elle parlait de lui. Quand elle confia ça à Remus, il se mit à sourire.

« Ce n'est pas admirable, pas du tout, dit-il en lui adressant un autre petit sourire. J'ai parfois du mal à me souvenir que je suis supposé le détester. Ça peut être très déroutant. »

« Tu t'es déjà réveillé dans un endroit bizarre ? »

« Plus de fois que je ne saurais les compter. Il y a deux semaines, je me suis réveillé dans la forêt derrière ma maison. »

Elle sourit largement.

« Tu es somnambule ? »

« Quelque chose comme ça. » acquiesça-t-il, en lui retournant son sourire.

« Comment va ta clavicule, au fait ? »

« Très bien, dit-il. Par chance, j'ai un ami qui est très bon avec les sorts médicaux, il a réussit à tout remettre en ordre. »

Il lui adressa un sourire désabusé.

« Extrêmement douloureux, mais c'est à ça que servent les potions contre la douleur … Je peux te demander quelque chose ? »

« Bien sûr. » dit-elle en haussant les épaules.

« C'est qui, Helga ? »

« Oh, dit Tonks avec une grimace. J'aurais du me douter que tu aurais voulu savoir ça. C'est la chouette de Keith. »

Remus connaissait un peu Keith – il était passé au Chaudron Baveur un matin et elle s'était cachée au cas où il la reconnaîtrait. C'était peu probable, compte tenu qu'il était incapable de la reconnaître quand elle n'avait pas les cheveux colorés et éclatants, mais elle préférait être prudente.

« Vous ne vous parlez pas en ce moment ? » demanda Remus.

« Si, on se parle, répondit-elle rapidement. Mais j'ai arrêté de répondre à ses chouettes après onze heures le soir, parce que Fol-Oeil me demande de me réveiller tôt pour le rejoindre plusieurs fois par semaine. Keith n'a pas l'air de comprendre que j'ai besoin de dormir, ou alors je m'endors et je me mets à crier sur tout le monde. Et quand je ne laisse pas la chouette entrer après onze heures, elle tape à ma fenêtre et quand je la laisse entrer, elle me harcèle jusqu'à ce que j'écrive une réponse. »

« Et une fois que tu réponds, tout ça recommence, dit Remus d'un air piteux. C'est ça ? »

« Je te jure, je pense que Keith ne dort jamais, plaisanta-t-elle. Il s'assoit, éveillé toute la nuit, à attendre des lettres. Peut-être que c'est juste moi. Une copine normale resterait éveillée toute la nuit, pour pouvoir répondre. »

Remus laissa échapper un rire amusé.

« S'il voulait une copine normale, ce n'était pas toi qu'il fallait choisir. » dit-il avec un sourire, tandis qu'ils traversaient la route.

« Tu me traites d'anormale ? » demanda-t-elle en essayant de combattre un sourire.

« Tu n'es pas quelqu'un que je qualifierais d'ordinaire. » dit-il sur un ton d'excuse.

« Non, probablement pas. » confirma-t-elle en souriant largement.

Elle jeta un coup d'oeil rapide autour d'elle et – puisqu'il n'y avait aucun moldu – s'empressa de faire clignoter ses cheveux. Remus rit à nouveau.

« Quand as-tu commencé à l'appeler Fol-Oeil, au fait ? » demanda-t-il.

Tonks fronça les sourcils, en essayant de se souvenir.

« Je ne suis pas trop sûre. C'est arrivé comme ça … dit-elle en souriant. Peut-être que je passe trop de temps avec toi. »

« Peut-être. » acquiesça Remus en se pinçant les lèvres.

« Alors, d'autres hiboux agaçants dans ta vie ces derniers temps ? » demanda-t-elle.

« Non, merci Merlin, dit-il avec un sourire. Tante Catherine passe de temps en temps, par contre. »

Tonks, de ce que Remus lui avait dit, avait compris qu'il n'était vraiment fan de sa tante. Il n'avait pas détaillé les raisons, mais elle avait supposé que c'était plutôt personnel et n'avait pas insisté.

« Je crois que je préfère Helga. » dit Tonks avec ferveur.

« Bon sang, répondit Remus. J'allais proposer un échange. »

Tonks lui adressa un regard, rieuse.

« Quoi ? » demanda-t-il.

« Tu es plus heureux dernièrement. » dit-elle.

Comme pour confirmer ce qu'elle venait de dire, il sourit largement.

« C'est les petites choses, expliqua-t-il. Un ami était malade et maintenant, il va mieux. Ma clavicule est réparée. Bientôt, je n'aurais plus à fréquenter Malefoy. J'ai un emploi d'enseignant à mi-temps … Toutes ces choses. »

« La partie concernant Malefoy semble particulièrement agréable. » observa-t-elle avec envie.

« Oui, dit-il en souriant encore. Merci beaucoup pour ça, d'ailleurs. »

« Tu devrais être extrêmement reconnaissant, dit-elle, en secouant la tête. Pour la nouvelle année, tu seras débarrassé de lui. »

« Au nouvel an ? » demanda Remus, immédiatement déçu.

« Ouep, dit-elle. Pourquoi ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Rien … répondit-il. Je m'attendais à ce que ça arrive plus vite. »

Il sourit, mais quelque chose s'était éteint.

« Je pensais me débarrasser de Malefoy avant ça ... »

Les yeux de Tonks se posèrent sur un garçon et son père. Nope, pensa-t-elle. C'est pas Sirius. Elle retourna son attention sur Remus, qui fronçait les sourcils d'un air pensif.

« Il a parlé du nouvel an quand j'ai discuté avec lui … Tu es sûr que tout va bien ? »

Il soupira.

« J'avais prévu de voyager après Noël, mais je vais devoir rester dans le coin un peu plus longtemps. Pas de quoi s'inquiéter. Il faudra juste que je m'en débrouille. »

« Où vas-tu ? »

« Rendre visite à une vieille connaissance. Je vais le voir tous les ans. »

« Tu as l'air si impatient. » dit-elle pour le taquiner.

« Il est horrible, déclara Remus, tandis qu'ils évitaient un groupe de moldus qui attendait à un arrêt de bus. Mais ça lui fait plaisir et c'est ça l'important. Qu'est-ce que vous faites en formation, ces temps-ci ? »

« Subtil. » lui répondit-elle.

Il grimaça et elle décida de répondre malgré tout.

« Nous avons fait cette course d'obstacles l'autre jour, pour augmenter nos capacités sportives et après, il a fallu apprendre comment lancer les sorts de Diagnostic ... »

Remus, en fin de compte, était familier des sorts de Diagnostic et ils passèrent une partie de l'après-midi à discuter de ces différents types de sorts, avant d'élargir aux sortilèges de soin. C'était un point faible pour Tonks, elle l'écouta donc avec attention elle et les autres apprentis allaient couvrir cette sorte de magie le vendredi suivant et elle voulait bien faire, d'autant que Scrimgeour avait fait allusion à une évaluation toute proche.

Après cette journée avec Remus, occupée par les recherches – il n'y avait toujours aucun signe de Sirius, malheureusement – elle transplana à la maison pour préparer son sac pour la nuit elle allait dormir chez Fol-Oeil, car ils commençaient tôt le lendemain et il voulait avoir du temps pour la briefer avant ça il y avait une chance pour qu'ils s'occupent de loups-garous le lendemain et même si la pleine lune n'avait lieu que dans une semaine et demi, Fol-Oeil pensait qu'il y avait des choses dont elle devait être consciente.

« Nymphadora ! »

« Désolé ! » lança-t-elle à travers la porte de sa chambre.

Elle avait vraiment besoin de s'entraîner à transplaner silencieusement.

« Et ne- »

« Keith est là ! »

« Il- quoi ? »

Tonks arrêta de chercher son t-shirt préféré et son pantalon de pyjama – elle était sûre de les avoir poser sur sa chaise de bureau le matin même … – lorsque quelqu'un frappa à sa porte.

« Une seconde, dit-elle. Je … euh … Je me change. »

« Oh, désolé. » dit Keith.

Tonks enfila les premiers vêtements propres qu'elle trouva – une jupe, un tee-shirt et une veste en cuir – et effaça le visage de Tock, s'affublant de cheveux bleus éclatants, d'yeux marrons et d'un long nez. Elle lança la robe traditionnelle de Tock sous le bureau.

« Tu peux entrer. » dit-elle, tout en sortant de longues chaussettes bien chaudes et un paire de bottes.

Keith entra, avec Canis sur ses talons son chat maléfique l'avait étrangement pris en affection cette dernière semaine.

« Désolé pour le désordre. Je ne savais pas que tu venais. » dit-elle, avant de l'embrasser.

Si elle avait su, elle aurait sûrement fourrer quelques vêtements qui traînaient dans son placard ou quelque chose comme ça. Ou elle aurait juste éviter de l'emmener dans sa chambre.

« Ça fait longtemps que tu attends ? »

« Ta mère m'a fait entrer quand elle est arrivée, dit-il. Un peu plus d'une heure peut-être ? Je ne suis pas sûr. On a pris le thé. »

« D'accord, dit-elle faiblement, avant de se secouer. Alors, qu'est-ce qu'il se passe ? »

« Rien. Je voulais juste te voir. »

Elle lui sourit et écarta Canis d'un jean qu'elle porterait sûrement le lendemain. Il lui cracha dessus et s'éloigna pour aller s'asseoir près de Keith, qui s'était posé au bout de son lit défait.

« Tu vas où ? » demanda-t-il.

« Chez Fol-Oeil, dit-elle sur ton absent. Ça veut dire que je vais gagner une heure de sommeil ce soir, ce dont j'ai vraiment besoin je me suis endormie aujourd'hui ! »

« Je trouve qu'ils vous font trop travailler dans cette formation, dit-il. Tu n'es jamais à la maison- »

« J'apprends beaucoup. » dit-elle en haussant les épaules.

Elle s'arrêta, en essayant de se souvenir où elle avait laisser son portefeuille, avant d'abandonner et de lancer un sortilège d'attraction. Elle fit la même chose pour son tee-shirt.

« Et c'est intéressant. »

« Alors si tu vas chez Fol-Oeil ce soir, tu n'es pas libre ? »

« Non, j'y suis attendue dans- »

Elle regarda sa montre.

« -dix minutes. »

« Peut-être que je t'enverrais un hibou ce soir. Où vit-il ? »

« Je ne sais pas si j'ai le droit de te dire ça- »

« Pourquoi pas ? »

« Parce que Fol-Oeil ne m'a même pas dit à moi où il habitait. J'ai du me débrouiller pour trouver. Il est paranoïaque. »

Elle ferma son sac et alla s'asseoir près de lui sur le lit. Canis lui adressa un regard mauvais et écarta sa queue. Keith soupira.

« Et tu ne peux pas me dire ce que tu faisais aujourd'hui non plus ? »

« Non, dit-elle sur un ton d'excuse. J'étais sous couverture. »

« Et demain ? »

« On enquête sur un loup-garou. » dit-elle, soulagée de pouvoir lui dire quelque chose.

Son visage s'affaissa.

« Tu es juste une apprentie, murmura-t-il. Tu n'es pas prête pour ça. »

« Si je n'étais pas prête, Fol-Oeil ne m'emmènerait pas. » dit-elle en croisant les bras.

C'était un sujet de dispute qu'ils avaient eu plus de fois qu'elle ne pouvait compter.

« En plus, je dois faire mes expériences. Je sais que tu n'aimes pas ça- »

« Alors pourquoi le fais-tu ? »

« Euh ... »

Elle se demanda s'il s'agissait d'une question piège ou s'il demandait ça sans arrière-pensée.

« Parce que c'est mon travail ... »

« Je veux dire tout ce truc d'Auror. » dit-il en lui embrassant la joue.

Elle se rapprocha un peu de lui et lui prit la main.

« Explique le moi. »

« Pourquoi toi tu joues au Quidditch ? demanda-t-elle en souriant. Je le fais parce que c'est intéressant, que j'aime le faire et que je peux aider les gens. »

« Mmm, dit-il en traçant un petit cercle sur sa main avec son pouce. Je suppose qu'on se voit demain, alors ? »

« Je dois aller au Ministère demain après-midi. Ils pensent qu'on est suffisamment habitués maintenant pour nous entraîner d'autres jours que le vendredi. C'est juste pour une heure, s'empressa-t-elle de dire en observant son expression. Et après on pourra se voir ? Vers sept heures et demi ? Juste au cas où ça durerait plus longtemps ? »

« Sept heures et demi ? »

« Ils doivent mettre les séances soit tôt, soit tard pour que tout le monde puisse venir, expliqua-t-elle en haussant les épaules. Ça te va ? »

« Ouais, je te rejoins au Ministère, d'accord ? » dit-il, apparemment soulagé.

« Parfait. »

Elle grimaça en regardant sa montre et attrapa son sac à dos.

« Il faut vraiment que j'y aille maintenant ou je vais être en retard. »

Elle l'embrassa et ils marchèrent ensemble jusqu'à la porte d'entrée – elle cria un au-revoir à Maman au passage. Elle l'embrassa à nouveau et ils se quittèrent là.

Elle balança son sac sur son épaule et transplana, en priant pour que le jardin de Fol-Oeil la laisse tranquille la dernière fois qu'elle y était allée, ses poubelles l'avaient attaqué – elle se souvint du conseil que Dumbledore lui avait donné en septembre et les bloqua à l'aide d'un sortilège d'Entrave – et la fois d'avant, son gazon s'était enroulé autour de ses chaussures et l'avait fait trébuché. En représailles, elle avait mis le feu à son jardin.

Elle passa la boîte aux lettres sans incident et se dirigea vers le chemin. Il n'essaya pas d'envelopper ses pieds, comme il l'avait déjà fait, ce qu'elle prit pour un signe positif. Les poubelles restèrent à leur place et le gazon soigneusement coupé ne commença pas à pousser de manière alarmante.

Oh, merci Merlin, pensa-t-elle, en atteignant la porte d'entrée. Elle frappa une fois, attendit et leva la main pour frapper à nouveau quand elle sentit quelque chose attraper son pied.

« Bordel. » siffla-t-elle en essayant de libérer ses jambes du tuyau qui s'enroulait autour d'elle comme un boa constrictor.

« Fol-Oeil ! » appela-t-elle, irrité.

Elle était certaine qu'il se tenait de l'autre côté de la porte, l'observant avec son œil magique.

« Relashio ! »

Le tuyau était arrivé au niveau de sa poitrine à présent et lui avait coincé l'un de ses bras.

« Relashio ! » essaya-t-elle encore.

L'embout se redressa, comme un serpent aurait pu lever sa tête. Si cette chose avait des yeux, elle serait en train de la fixer.

Elle eut un terrible pressentiment de ce qui allait arriver.

« Oh non, tu- » commença-t-elle, quand un jet d'eau glacé atteignit son visage.

Elle cracha, toussa et après quelques secondes d'aspersion, réussit à donner un coup de baguette au robinet. Le jet d'eau s'arrêta, par chance.

« Finite Incantatem. » dit-elle entre ses dents serrés.

Le tuyau tomba, inerte, et elle se débrouilla pour s'en écarter et se remettre sur pieds.

Fol-Œil se tenait dans l'encadrement de la porte, un œil sur la grosse flaque proche de son perron et sur le tuyau immobile, l'autre œil sur elle. Elle le foudroya du regard.

« Tu es en avance. » grogna-t-il en hochant la tête, visiblement approbateur.

Elle laissa échapper un grognement.

« Tu sais où se trouve la douche, n'est-ce pas ? »

« O- oui. » dit-elle en tremblant.

Il s'écarta pour la laisser entrer. En trébuchant, elle le suivit et manqua de tomber au moment où ses bottes mouillées touchèrent le sol de la maison. Elle se rattrapa au mur et – sans un regard pour Fol-Oeil, qui était très certainement en train de rire d'elle – se dirigea avec une immense précaution jusqu'à la salle de bain.


« Ça t'ennuie si je reste là … avec toi ? »

« Je t'en prie. » répondit Tonks avec neutralité.

Wellington lui adressa un sourire hésitant et jeta un œil vers Marlène, qui hocha la tête. Prewett lui lança un regard plutôt froid, mais si elle avait un problème avec sa présence, elle ne le mentionna pas.

« J'étais à Serpentard, dit Clarke sur un ton détaché. Ça ne … t'ennuie pas ? »

« Un peu. » répondit Wellington.

Marlène sourit face à l'honnêteté du Gryffondor.

« Mais j'y travaille. »

Clarke sourit et lui tendit la main. Wellington la serra sans hésitation.

« Bonsoir. » lança Taure en débarquant dans la pièce à grandes enjambées.

Ils se trouvaient en classe de Dissimulation et déguisement aujourd'hui, ou du moins c'est ce qu'elle avait conclu – c'était la salle qui s'appelait ainsi. Quinze chaudrons étaient alignés contre un mur et des étagères pleines d'ingrédients, de potions et de livres couvraient le mur adjacent.

Sur le mur opposé aux chaudrons se trouvaient deux rangés de vingt cabines, apparemment prévues comme vestiaires. Des étagères de vêtements entouraient la porte d'où Taure venait d'arriver. Le milieu de la pièce, où les apprentis étaient rassemblés, était un grand espace vide.

« Bienvenue à votre première leçon de Dissimulation et déguisement. Je suis l'Auror Taure – la plupart d'entre vous m'ont rencontré lors de l'entretien d'admission j'étais celui avec le miroir animal. »

« Pourquoi le cours a lieu ce soir ? » demanda Dale en levant une main aux ongles rosés.

« Pour ne pas affecter vos habitudes avec vos mentors. Le cours a lieu aujourd'hui, parce qu'aujourd'hui nous sommes mercredi et que les cours de Dissimulation et déguisement ont lieu le mercredi. Les jeudis seront réservés au cours de Filature et tapinois … Bref, vous avez compris l'idée. Les vendredis sont toujours réservés aux entraînements complets ils couvrent vos compétences générales ou l'une des sept spécialités, avec plus de détails que ce que nous allons voir dans ces sessions. Il y aura aussi deux heures chaque vendredi dédiées au développement d'une compétence de votre choix – ils vous en diront davantage là-dessus plus tard. Vos mentors ont une copie du programme des vendredis, donc demandez-leur si vous êtes intéressés. Sinon, contentez-vous de vous montrer et de faire comme les autres. »

Plusieurs personnes se mirent à rire.

« Alors, ce que nous faisons ici, dans cette pièce, s'explique assez simplement si vous avez lu l'écriteau sur la porte en entrant. Nous allons vous enseigner une variété de techniques moldues et magiques. Celle que vous préférez, cela vous regarde – elles ont toutes leurs avantages ou nous ne vous les apprendrions pas – mais nous attendons de vous un certain niveau dans chacune d'elles. Aujourd'hui, nous allons commencer simplement. Vous avez accès à tout ce qui se trouve dans cette pièce toutes les potions, tous les chaudrons et les ingrédients – je ne vous recommande pas de préparer quoi que ce soit cela dit, car je ne vous donne que dix minutes – tous les vêtements et les bijoux, tous les cosmétiques moldus et les colorations pour cheveux … Tout ce qui se trouve dans cette pièce. Pas de baguette, par contre. Votre objectif est de devenir méconnaissable. Quand les dix minutes seront terminées, vous serez alignés et un par un, vous vous présenterez devant les autres apprentis. Ils ont trois chances pour deviner qui vous êtes et donner une raison pour justifier leur pensée. Dans cet exercice, vous voulez que vos camarades se trompent. Rejoignez une cabine et préparez-vous. Si vous avez fini avant la fin des dix minutes, restez où vous êtes. Ça commence maintenant. Tempus Admonius. »

Marlène fut un peu surprise que les consignes s'arrêtent si vite. Elle se secoua, s'empressa de rejoindre une cabine et ferma la porte. A l'intérieur se trouvait un grand miroir, plusieurs crochets à vêtements, ainsi qu'un évier et une boîte de maquillage moldu.

Marlène sortit sa baguette pour lancer un sort de changement d'apparence avant de se souvenir que Taure leur avait demandé de ne pas utiliser leur baguette. Elle marmonna dans sa barbe, posa sa baguette sur la tablette de sa cabine et en ressortit. Elle prit un moment pour passer en revue les étagères de vêtements, attrapa plusieurs choses – plus que consciente que son temps était précieux – et les ramena à sa cabine. Cependant, elle n'y resta pas et se dirigea vers les étagères de potions.

Chaque bouteille portait une étiquette avec le nom de la potion, ses effets et combien de temps ils duraient. Se sentant prête à embrasser la personne qui avait pris le temps d'écrire ça, elle attrapa une potion qui lui donnerait les cheveux blonds, une qui la rendrait plus petite, une qui la ferait prendre un peu de poids, une qui lui donnerait l'air d'être cinq ans plus jeune – puisqu'elle se trouvait être une des apprentis les plus âgés – et une qui changerait la forme de son nez.

Elle les plaça avec précaution dans ses bras, retourna à sa cabine, ferma la porte et commença à les avaler. Tandis qu'ils changeaient son apparence – ce qui était étrange, car beaucoup de choses changeaient en même temps – elle revêtit une longue jupe, une chemise à fleurs et un cardigan en tricot, car c'était des vêtements qu'elle ne porterait jamais. Elle ajouta quelques touches de maquillage – ce qui s'avéra bien plus difficile qu'elle l'imaginait – et s'appuya contre la tablette pour attendre.

Il ne fallut pas plus de dix secondes pour qu'une alarme stridente se déclenche – la personne dans la cabine voisine de celle de Marlène cria – et Taure les appela.

Marlène sortit de sa cabine au même moment que tous les autres. Plusieurs personnes étaient facilement reconnaissables Dale avait peint ses habituels ongles roses en bleu et avait foncé ses cheveux, mais à part ça, tout était pareil, tandis que Gaspar avait tout changé sauf ses dreadlocks. D'autres avaient l'air complètement différents quelqu'un s'était transformé en une petite vieille dame et une autre personne ressemblait beaucoup à un homme qui avait joué pour les Canons de Chudley.

Marlène rejoignit le groupe, tandis que Taure appelait une fille mince avec de longs cheveux blonds, de grands yeux bleus et un sourire éclatant à se tenir devant la classe.

« Patel. » lança quelqu'un.

Le visage de la fille s'affaissa, elle acquiesça et fut renvoyée parmi les apprentis. La personne suivante s'approcha – la petite vieille dont personne ne devina l'identité – puis la suivante.

« McKinnon. » dit quelqu'un, quand une femme aux cheveux noirs, aux yeux verts et au nez proche de celui de Rogue approcha.

Non, pensa Marlène tandis que la sorcière secouait la tête.

« Prewett. » proposa un autre apprenti.

« Non. » dit la sorcière avec une voix un peu haletante.

C'était la première personne à parler – tous les autres avaient juste secoué la tête – mais sa voix n'était pas familière.

« Edwards. »

La sorcière sourit, révélant plusieurs de ses dents manquantes, et secoua la tête.

« Pas de chance. » lâcha-t-elle, en agrippant son châle tandis qu'elle rejoignait le groupe. Elle vint se placer près de Marlène.

« Qui es-tu ? » murmura Marlène.

« Ça serait de la triche, répondit la sorcière avec un autre sourire édenté. Respecte les règles, McKinnon. »

« Je ne suis pas McKinnon. » souffla Marlène.

La sorcière se contenta de sourire gaiement, tandis que Marlène s'avançait.

« Wright. » dit quelqu'un.

Elle secoua la tête.

« McKinnon. » dit une petite femme accroupie, en première ligne.

Les yeux de Marlène se plissèrent et elle acquiesça. La femme semblait satisfaite alors qu'elle s'avançait vers l'avant de la classe.

« Je te l'avais dit. » murmura la sorcière aux dents manquantes lorsque Marlène la rejoignit.

Personne ne découvrit l'identité de la petite femme, mais le grand homme qui suivait s'avéra être Bulkes – ce que la petite femme découvrit aussi. Elle identifia également la personne suivante, qui se trouvait être Edwards.

« Clarke. » dit Marlène en se saisissant de la troisième et dernière chance d'identifier l'homme qui ressemblait à un joueur de Quidditch.

Il sourit largement et leva les pouces dans sa direction, avant de venir se placer près d'elle.

La séance dura quinze minutes de plus que ce qui était prévu, mais cela ne dérangeait pas Marlène. La petite femme qui avait deviné tant d'autres personnes s'avéra être Prewett, tandis que la sorcière aux dents manquantes était Tonks.

« Comment vous avez deviné que c'était moi ? » leur demanda Marlène à toutes les deux, alors qu'elle utilisait sa baguette pour retirer le maquillage de son visage.

Prewett se contenta de hausser les épaules. En revanche, Tonks répondit.

« Tu avais les mêmes yeux, dit-elle en haussant les épaules. La même forme, la même couleur, le même regard. Et tu te tenais pareil. Très droite. »

« Comment tu remarques ces choses ? » demanda Marlène, épatée.

Les effets des potions commençaient à se dissiper et elle se sentit grandir de quelques centimètres. Près d'elle, Prewett s'amincit, mais ne grandit pas du tout.

« J'ai prétendu être beaucoup de monde. » dit Tonks.

Son visage se modifiait en même temps qu'elle parlait.

« Si tu veux t'en sortir, tu dois faire attention à ce genre de choses. »

« A quoi est-ce que tu ressembles vraiment, au fait ? » demanda Prewett à Tonks, avec curiosité.

« Je ne sais pas vraiment. » répondit-elle.

Elle grandit légèrement – jusqu'à ce que sa tête atteigne le nez de Marlène – son nez devint plus court avec quelques tâches de rousseur et son visage était en forme de cœur, comme Marlène se souvenait de celui d'Andy. Ses cheveux changèrent en plusieurs couleurs, comme si elle n'arrivait pas à décider laquelle était la bonne, et ses yeux faisaient pareil.

« Un peu comme ça. » dit-elle, avec ses cheveux et ses yeux qui changeaient toujours.

Elle avait le sourire de Ted.

Marlène remarqua qu'elle conserva le sourire et le visage en forme de cœur, mais qu'elle changea de nouveau ses autres caractéristiques. Prewett avait l'air absolument fasciné.

« Tu pourrais te changer en animal ? demanda Prewett. Tu pourrais être un Animagus avec des centaines de formes ! »

« Je ne serais jamais un Animagus, dit Tonks. Le miroir pendant l'entretien d'admission n'a pas marché pour moi. Mais je pense que je pourrais me transformer en chat ou quelque chose comme ça … Ça serait difficile, par contre. Je dois tout changer de façon individuelle, alors ça ne marcherait probablement pas bien. »

« Mais tu peux changer plusieurs choses à la fois, dit Prewett. Tu changes souvent plusieurs choses en même temps. »

« Oui, des choses extérieures, expliqua Tonks. Et parfois des os, si je veux que mes bras ou mes jambes grandissent, mais devenir un animal, ça voudrait dire changer des centaines de choses en même temps ... »

« Peut-être que ça pourrait être ta compétence, suggéra Marlène. D'apprendre à faire ça. C'est un peu inhabituel, mais je suis sûre qu'ils pourraient s'arranger … Ce serait une compétence utile à avoir. »

Les yeux de Tonks se mirent à briller. Marlène sourit, avant de se rendre dans une cabine pour se changer. Prewett et Tonks firent la même chose. Elles continuèrent leur conversation malgré ça.

« Qu'est-ce que tu comptes faire, McKinnon ? » demanda la voix de Prewett.

« De la magie sans baguette, ça serait cool. » admit-elle.

Elle avait toujours voulu apprendre à faire ça.

« Toi ? »

« L'Occlumancie. » répondit immédiatement Prewett.

« Quelque chose à cacher ? » demanda Marlène depuis sa cabine.

« Quelques histoires de Poudlard. » dit Prewett.

Elle devait sourire si on pouvait se fier à son ton. Elle se tut un instant, avant de reprendre.

« J'aime juste l'idée du contrôle. »

L'esprit de Marlène pensa directement à la situation avec Neville et Augusta et se demanda si c'était ce qu'elle voulait dire.

« Florence ? »

C'était Clarke.

« Ici. » répondit Prewett.

« Désolé ! dit-il. L'Auror Finch veut nous voir quand tu auras fini. »

Marlène enroula son écharpe autour de son cou et sortit de sa cabine, en surprenant Wellington qui attendait avec Clarke.

« Par Godric ! dit-il, en plaquant une main sur sa poitrine. Préviens la prochaine fois, si tu veux bien. »

« Vigilance constante ! » lança Tonks depuis sa cabine.

Les trois autres échangèrent un regard perplexe, mais Marlène comprit et se mit à rire. Tonks sortit un instant plus tard et partagea un petit sourire avec Marlène.

« Je suis partie. » annonça-t-elle.

Sa frange verte tombait sur son visage et elle la foudroya du regard jusqu'à ce qu'elle se raccourcisse. Marlène secoua la tête, amusée, tandis que Tonks les saluait de la main et s'en allait, réussissant à trébucher sur une paire de bottes que quelqu'un avait laissé traîné sur le sol.

« On ferait mieux d'y aller. » dit Prewett en se faufilant en dehors de sa cabine.

Elle sourit à Clarke.

« Où est Finch ? »

Il rougit et lui montra le chemin. Wellington les suivit de près – apparemment attendu par Shacklebolt – mais pas sûr d'être suffisamment pardonné pour avoir le droit de marcher avec eux.

Marlène jeta un œil à sa cabine pour s'assurer qu'elle n'avait rien oublié et sortit de la salle de Dissimulation et déguisement en passant par la sortie, ou plus précisément le placard à balais.


Des mains rugueuses attrapèrent la chemise de Matt et le traînèrent dans une petite ruelle sombre avant qu'il comprenne ce qui lui arrivait. Il essaya de repousser les mains et quand cela ne fonctionna pas, tendit la main pour attraper sa baguette qui se trouvait dans sa poche arrière.

« Du calme, mon garçon. » déclara une voix rauque et grondante.

L'homme lui souffla son haleine fétide au visage et Matt eut presque un haut-le-coeur en partie à cause de l'odeur affreuse et en partie parce qu'il venait de reconnaître la personne.

« Monsieur. » dit-il en arrêtant de lutter immédiatement.

Il pencha même légèrement la tête. Greyback le relâcha et se recula.

« Est-ce que tout va bien ? »

« Maintenant oui. » dit-il avec un sourire féroce.

Matt n'aimait pas du tout cet air et Greyback le remarqua sûrement à son odeur, car son sourire s'agrandit.

« Je suis suivi. »

« Par qui ? » demanda Matt.

« Des Aurors. Saletés de sorciers, 'pensent qu'ils sont mieux qu'nous, 'pensent qu'ils ont le droit de me suivre, d'interférer avec la cause. »

Matt resta silencieux.

« C'est ton jour de chance, mon garçon. »

« Pourquoi ? » demanda Matt, avec prudence.

« Parce que tu vas aider. »

Les yeux de Greyback brillèrent à la lumière d'un restaurant moldu.

« Fais quelque chose pour moi, en retour de tout ce que je t'ai donné. »

Matt adressa un regard dur à Greyback, espérant secrètement que Remus fut avec lui Remus avait été là toutes les fois où il avait eu affaire à Greyback et – plus important – il savait comment le gérer.

« C'est un boulot facile, vraiment. »

« Je ne veux aucun problème avec les Aurors. » déclara Matt.

« Moi non plus. C'est pourquoi tu interviens. Change un peu mon visage avec ta baguette et ensuite, accompagne moi au Chaudron Baveur. »

« Pourquoi tu ne transplanes pas ? »

« Pas de baguette, répondit Greyback en haussant les épaules. Je ne voudrais pas qu'elle me soit retirée, pas vrai ? »

« Pourquoi es-tu ici d'ailleurs ? » osa demander Matt.

Greyback le dévisagea un moment, comme pour jauger s'il était digne de confiance ou non.

« Je rendais visite à tes frères et sœurs. »

« Lesquels ? » demanda prudemment Matt.

« L'une est moldue. » répondit Greyback.

Debbie. Matt lutta contre une forte pulsion de protection. Au final, il rangea ses mains dans ses poches pour s'empêcher d'étrangler Greyback. Ça pourrait finir très mal.

« Une femme plus âgée à qui j'ai offert notre don en juin. Elle a été trouvé et emmené à Ste Mangouste avant que je puisse la ramener au camp. Ça m'a demandé beaucoup de temps pour la retrouver. Elle passe du temps avec Lupin. »

Les lèvres de Greyback se retroussèrent quand il prononça le nom de Remus. Matt sentit sa haine envers Greyback augmenter encore – si c'était même possible. Greyback se mit à rire, un son étrange qui ressemblait à un grognement.

« J'avais oublié que tu étais l'un de ses petits chouchous. »

« Qui sont les autres ? »

« Tu les connais probablement mieux que moi. »

« Je voulais dire … Les frères et sœurs que vous veniez rencontrer. »

« Continuons la liste alors, répondit Greyback en plantant un doigt pourvu d'un long ongle dans la poitrine de Matt. Le deuxième est un jeune sorcier que j'ai récompensé en août dernier. Il est un peu plus jeune que toi. Ses parents ont essayé de le garder. »

Matt tritura sa baguette, essayant de se rappeler les sorts que Remus lui avait appris pour ces choses-là. Greyback se mit à rire à nouveau.

« Ils ont changé d'avis depuis. La troisième est une fille que j'ai transformé il y a un an. Une sorcière – qui m'a combattu- »

Greyback avait l'air impressionné.

« -mais pas suffisamment pour m'avoir. Aucune idée de qui elle est et où elle se trouve. »

Tant mieux pour elle, pensa Matt en réprimant un sourire. Il agita sa baguette et affubla Greyback d'une chevelure rousse et d'yeux bleus. Greyback inspecta un mèche de ses cheveux et hocha la tête.

« Peut-être ne veut-elle pas être trouvée. » dit Matt avec audace.

« Tôt ou tard, elle va déraper. Alors, je la trouverais et je la ramènerais avec ses frères et sœurs. Maintenant, accompagne moi. »

« Je dois- »

« Marche. » dit Greyback.

Matt ressentit l'étrange besoin de s'incliner et de se soumettre – il le ressentait toujours lorsque Greyback utilisait sa voix d'alpha. Ils quittèrent l'allée ensemble et Matt prit instinctivement la tête après toutes les recherches, il pourrait probablement trouver son chemin dans le Londres moldu avec les yeux fermés.

« C'est eux. » dit Greyback en montrant de la tête le couple assis à un arrêt de bus de l'autre côté de la rue.

C'était dur de donner leur taille étant donné qu'ils étaient assis, mais les deux semblaient solidement bâtis et avaient la chevelure noire.

« 'M'ont suivi jusqu'ici. Essayant de trouver les camps, mais ils ne peuvent pas. »

Évidemment qu'ils ne peuvent pas, pensa Matt, sans surprise. Aucun des loup-garous loyaux à Greyback – la plupart d'entre eux – ne le trahirait pas et ceux qui étaient neutres avaient plus à gagner en le gardant dans les parages. En dernier lieu et si besoin, ils pourraient bénéficier d'un abri, de nourriture et de compagnie. Ceux qui détestaient Greyback – comme Matt, Remus et Debbie – auraient pu le dénoncer, mais ne le faisaient pas, car ils auraient été coupables par association ou jugés pour être complices des nombreux et horribles crimes de Greyback. Cela voulait aussi dire condamner tous les autres.

Quelques années plus tôt, alors que Matt envisageait de le dénoncer, Remus lui avait dit que ça n'en valait pas le coup. Matt faisait confiance au jugement de Remus, tout comme ses parents, et ils étaient donc restés silencieux, tout en continuant à faire ce qu'ils pouvaient pour empêcher Greyback de mordre d'autres personnes ils avaient eu du succès dans cette affaire ou plus exactement, ils en avaient eu avec seulement une ou deux victimes chaque année.

Cette année, il y avait déjà eu trois victimes – et probablement d'autres dont Matt n'avait pas entendu parler il l'avait juste appris de Remus qui l'avait appris quand la victime avait été emmené à Ste Mangouste et avait voulu quelqu'un à qui parler. Étonnamment, peu de personnes le souhaitaient.

« Tu sais où tu vas ? » demanda Greyback en passant un bras autour des épaules de Matt.

Les Aurors regardaient dans leur direction.

« Oui. » répondit Matt, irrité.

Il faudrait qu'il brûle ce pull une fois à la maison et c'était l'un de ses préférés.

« Le Chaudron Baveur est juste là. »

« Bon garçon. » dit Greyback.

« Tu retournes tout de suite au camp ? » demanda Matt.

Greyback lui adressa un regard amusé.

« Ça dépend. » répondit-il.

« De quoi ? » l'interrogea prudemment Matt.

« Eh bien, je pourrais me perdre ... »

Matt grogna. La pleine lune n'était que dans une semaine et demie, mais Greyback était quand même capable de faire des dégâts quand il était dans sa forme humaine. Il n'avait jamais mordu personne dans sa forme humaine – à la connaissance de Matt, du moins – mais il avait kidnappé des gens et les avait séquestré jusqu'à la pleine lune – soit pour nourrir les personnes du camps, soit pour les mordre – ou il les avaient battu, juste pour prouver qu'il pouvait le faire.

« Retourne juste au camp, dit Matt. Considère ça comme un service que tu me rendrais, pour t'avoir aider à passer devant eux. »

Il inclina la tête en direction de l'arrêt de bus et en profita pour repousser le bras de Greyback.

« Un service que je te rendrais ? grogna Greyback. Je ne te dois rien ! Je t'ai créé ! »

« Ouais, merci. » répondit Matt avec sarcasme, en oubliant un instant à qui il parlait.

« Où est passé ton respect ? » demanda Greyback en le saisissant par le cou.

Ce n'était pas un geste inhabituel c'était un signe de domination qu'il utilisait au camp.

« Sans moi- »

« Sans moi, tu n'aurais pas pu te débarrasser d'eux, dit Matt en lui coupant la parole. Alors, laisse-moi, que je puisse t'accompagner jusqu'au pub et que tu puisses prendre la Cheminée pour rentrer à la maison. »

Il n'était pas sûr de savoir ce qu'il avait mal fait – enfin si, il le savait, mais il n'était pas sûr de savoir si c'était les mots ou son ton qui avait énervé Greyback – mais la main de Greyback se resserra et tout à coup, Matt ne pouvait plus respirer. Il tira sur un doigt de Greyback et eut la satisfaction de l'entendre craquer et d'entendre Greyback lâcher un petit grognement de douleur. Des étoiles se mirent à flotter devant les yeux de Matt, tandis qu'il tirait sur un autre doigt, mais il était impossible qu'il réussisse à tous les lui casser avant de s'évanouir.

« Tu ferais bien de te rappeler que Lupin n'est pas ton maître je le suis et je ne laisserais personne me traiter avec irrespect. »

« S'il te plaît. » haleta Matt.

Greyback se mit à rire et Matt réalisa qu'il allait mourir.

« Monsieur, je- »

« Oh, tu es désolé maintenant, je suis sûr. » dit Greyback en serrant encore un peu plus.

Quelque chose – sûrement le poing de Greyback – frappa fortement la joue de Matt.

« Pas assez désolé, d'après moi, malheureusement. »

Matt lutta contre les ténèbres – il y mit vraiment toute sa force – mais il échoua.


« Remus ! Remus, réveille-toi ! »

Remus grogna et ouvrit un œil. Sa chambre était bien plus lumineuse qu'elle ne devrait l'être – il consulta sa montre, qui était sur la table de chevet – deux heures quarante du matin. Il referma son œil et enfonça son visage dans son oreiller.

« Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre ? » demanda-t-il.

L'ironie de la situation ne lui échappa pas c'était cette exacte question qu'elle avait posé … deux jours plus tôt, quand elle s'était endormie pendant le déjeuner.

« Lève-toi ! dit Nymphadora en lui secouant l'épaule. Remus, s'il te plaît … Fol-Oeil a fait ce qu'il pouvait- »

Quelque chose n'allait pas dans sa voix. Elle était tremblante et il sentait qu'elle était … bouleversée.

Alarmé, il roula sur le côté et se redressa sur son coude. Il plissa les yeux pour distinguer son visage, qui était flou mais devint finalement plus clair. Ses cheveux étaient ébouriffés et d'un brun terne, si foncés qu'ils étaient presque noirs. Ses yeux étaient bleus-gris, noyés de larmes et son visage était d'une pâleur de mort.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il en posant les pieds par terre.

Ils n'ont sûrement pas attrapé Sirius … Peut-être quelque chose avec Fol-Oeil ou Andy ou Ted …

« M-Matt- » haleta Nymphadora.

C'était le dernier nom que Remus s'attendait à entendre. Non. Non, non, non … Remus attrapa sa baguette et était presque arrivé à la porte de sa chambre quand Nymphadora prit la parole.

« Il est en vie. » dit-elle.

Remus s'arrêta et ferma les yeux, reconnaissant au-delà des mots qu'elle ait commencé par ça. Il eut envie de pleurer de soulagement, mais il s'en empêcha. Il se contenta de la regarder avec impatience. Elle comprit le message.

« Fol-Oeil l'a emmené à Ste Mangouste, mais … sa famille- j'ai pensé- Fol-Oeil a dit que tu- »

« Je dois me changer. » dit Remus en laissant son instinct prendre le dessus.

Il n'avait pas eu de réveil tel que celui-ci depuis les années de l'Ordre, mais les vieilles habitudes revenaient au galop. Il s'en félicita, tandis qu'elle s'empressait de sortir de la pièce pour attendre dans le couloir. Remus se força à s'habiller.

« Qu'est-ce qui est arrivé, N- Dora ? »

Il y eut un petit sanglot de l'autre côté de la porte.

« Nous traquions quelqu'un. Un loup-garou nommé Greyback. Il a été dans le journal. »

« Je connais Greyback. » dit Remus, platement.

« Il a- Oh ! »

Elle sursauta et recula d'un pas en voyant Remus sortir. Apparemment, il l'avait surprise en train de pleurer.

Bordel. Remus avait toujours été terrible avec les gens qui pleuraient. Même quand Harry pleurait quand il était bébé – rarement, il fallait le souligner – cela le rendait mal à l'aise et il le tendait à Lily, James ou Sirius Peter le faisait encore plus pleurer, en général.

« Hé, dit-il maladroitement, en lui tapotant l'épaule. Tout … euh … Tout va bien. »

Elle laissa échapper un nouveau sanglot et jeta ses bras autour de son cou. Remus se figea, avant de recommencer à tapoter son dos.

« Tout va bien. » dit-il encore, parce qu'il ne savait pas quoi dire d'autre.

Il était capable de donner des conseils dans toutes les situations, à l'exception de celles où les larmes étaient présentes.

« Il a failli mourir ! dit-elle. Ils étaient juste en train de marcher … Greyback a du le menacer ou quelque chose comme ça – c'est pour ça que nous ne sommes pas intervenus tout de suite, parce que Matt semblait en sécurité et nous ne voulions pas qu'il soit blessé à cause de nous – mais après ça, il l'a attaqué ! Fol-Oeil s'est occupé des moldus qui étaient là et j'ai lancé un sort à Greyback- »

« Bien. » dit sombrement Remus.

Nymphadora leva les yeux et lui adressa un petit sourire triste.

« Lequel ? »

« Diffindo, répondit-elle en essuyant ses yeux avec le revers de sa main. Ça lui a coupé les doigts, il l'a lâché et il s'est enfui. »

Elle s'écarta, tapotant ses joues avec sa manche.

« Je suis désolée … C'était si horrible … et je suis si fatiguée. »

Personnellement, il était juste soulagé qu'elle ait arrêté de pleurer.

« Viens. » dit Remus en l'attirant vers le salon.

Il la fit s'asseoir sur un fauteuil et la laissa là, tandis qu'il mettait la bouilloire en marche. Tandis que l'eau chauffait, il écrivit une lettre à Robin et Cornelius, expliquant ce qui s'était passé et qu'ils les retrouveraient à Ste Mangouste. Nymphadora se servit un thé et l'avait fini le temps qu'il accroche la lettre à la patte de Strix. Elle s'était considérablement calmée et semblait embarrassée par sa petite crise de nerfs.

Il la mena jusqu'au jardin et les fit transplaner tous les deux dans une allée proche de l'entrée de Ste Mangouste. Nymphadora le mena jusqu'au service où se trouvait Matt – ironiquement, il était au premier étage, dans le service des blessures infligées par des créatures magiques – où ils rencontrèrent un Fol-Oeil sinistre et un Matt joyeux. Fol-Oeil lui adressa un signe de tête et emmena Nymphadora avec lui, laissant Remus et Matt seuls.

Les larmes emplirent les yeux de Remus – même si Matt souriait, il était pâle et avait l'air fragile dans sa blouse d'hôpital. Cela rappela à Remus la première fois qu'il l'avait rencontré Matt avait seulement onze ans alors et venait d'être mordu. Remus se précipita pour l'étreindre. Matt lui rendit l'accolade et – même s'il était maintenant en blouse d'hôpital – Remus pouvait toujours sentir Greyback sur lui.

« Est-ce que tu vas bien ? » demanda-t-il en tirant la chaise que Fol-Oeil avait laissé libre.

« J'ai jamais été aussi bien, lâcha Matt en souriant. T'as vu l'oeil de cet Auror ? »

Sa bonne humeur était presque trop difficile à supporter pour Remus.

« N- L'Auror a dit que tu étais presque mort, dit Remus avec éloquence. Comment- Pourquoi est-ce que tu souris ? »

« Sortilège d'Allégresse, dit Matt, tout sourire. Ils m'ont forcé. »

Il sourit d'autant plus.

« C'est une horreur. »

Remus ne put s'empêcher de rire.

« Comment tu te sens vraiment ? »

« Joyeux, répondit Matt avec toujours un énorme sourire sur les lèvres. Sans le sortilège, je pense que j'aurais … des envies de meurtre, en fait … mais je ne suis pas sûr. Je sens juste que je suis obligé de sourire. C'est horrible. »

« Finite. » dit Remus, le prenant en pitié.

« Merci Godric, dit Matt en perdant immédiatement son sourire. Mon foutu visage commençait à me faire mal. »

Il fut silencieux pendant un instant, avant de reprendre la parole.

« Ouais, je confirme, des envies de meurtre. »

Remus rit encore.

« Je vais réduire Greyback en bouillie la prochaine fois que je le verrais … sale bâtard- Ils t'ont dit ce qui s'était passé ? »

Il semblait presque saoul, mais ça devait probablement être à cause des potions anti-douleurs elles avaient tendance à rendre les gens vaseux.

« Il t'a attaqué. » dit Remus.

Il commençait à se demander si retirer le sortilège d'Allégresse était une si bonne idée, après tout.

« Il est venu me trouver, a demandé à ce que je l'aide et ensuite, je lui ai demandé un minuscule petit service- »

« Qui était ? »

« Qu'il rentre directement au camp et ne s'arrête pas pour attaquer quelqu'un sur le chemin du retour. Et- »

La voix de Matt s'éteint. Il s'éclaircit la gorge et but une gorgée du verre posé sur la table de chevet.

« Et alors, ce fils de cognard m'a attrapé à la gorge comme si j'étais un lapin ou un truc comme ça ! Je veux dire, j'étais en train de l'aider. Pas volontairement, mais je n'étais pas irrespectueux. Enfin bon, peut-être un peu, mais ce n'était pas une raison pour essayer de me tuer, bordel ! »

Matt secoua la tête.

« Par Merlin, je déteste la médecine sorcière. Je ne sens pas mon cou … Tu te rends compte à quel point ça peut être bizarre ? C'est comme si j'étais deux personnes ... »

« Qu'est-ce que tu faisais avant ça ? » demanda patiemment Remus.

« Il y avait cette fille. » dit Matt en grimaçant.

Remus arqua un sourcil.

« On s'est parlé quand je riais à cause de Théodora l'autre jour et on s'est mis d'accord pour se revoir. »

« Et ? » demanda Remus.

Matt fronça le nez.

« Et elle travaille au Département de Régulation et de Contrôle des Créatures Magiques, parce qu'elle pense sérieusement que les créatures magiques sont inférieures aux autres en tout point et qu'elles devraient être remises à leur place. »

« Ça a l'air d'être une fille adorable. » soupira Remus en tapant sur l'épaule de Matt.

Matt renifla.

« Ouep, unique en son genre. »

« Et pas ton genre. »

« Nope. »

Matt s'affaissa dans ses oreillers. Ils furent silencieux un instant, avant que Matt ne reprenne la parole.

« Alors. Janvier et février vont être sympa. »

« Tu ne comptes pas y aller quand même ? » demanda Remus, stupéfait.

« Bien sûr que si. Toi et Deb- »

L'odeur de Matt, que Remus n'avait pas cherché à analyser jusque là, s'emplit tout à coup de panique. C'était si fort que ça le fit éternuer.

« Est-ce que Deb va bien ? »

« Debbie ? demanda Remus en faisant apparaître un mouchoir. J'imagine que oui. »

Il essaya son nez, avant de faire disparaître le mouchoir.

« Pourquoi ? »

« C'était ça qu'il faisait, dit Matt en baissant la voix. Rendre visite à nos 'frères et sœurs'. Je crois que l'un d'eux était Deb. Il a dit qu'elle était une de tes chouchous- et si- ? »

« Est-ce que ça va ? » demanda Remus en se levant.

Matt acquiesça vivement.

« J'ai envoyé un hibou à tes parents- »

La lèvre de Matt se mit à trembler.

« Merci. » dit-il, très faiblement.

« -ils seront là bientôt, je pense. Je t'enverrais un hibou dès que j'en saurais plus concernant Debbie et je reviendrais te voir demain, d'accord ? »

« D'accord, répondit Matt. Hé, Remus ? »

« Oui ? »

« Merci d'être venu. » dit Matt, avec sincérité.

Il souriait, mais ce n'était pas son habituel sourire insolent. Remus n'avait plus vu ce sourire depuis le jour où il avait dit à Matt qu'il allait lui apprendre comment utiliser la magie.

« Il n'y a pas de raison de me remercier. » dit Remus.

« Je t'ai réveillé. »

« En fait, c'est une Auror qui a fait ça. »

Matt ouvrit la bouche à nouveau, mais Remus lui coupa doucement la parole.

« De rien. »

L'habituel sourire de Matt était de retour. Remus sortit de la pièce. Le couloir était vide – il supposa qu'il devait être trois heures du matin – mais il tomba sur Fol-Oeil et Nymphadora qui attendaient dans un couloir adjacent. Nymphadora avait encore une odeur bouleversée, mais semblait plus calme. Il se demanda si elle utilisait ses capacités de Métamorphomage pour cacher ses émotions.

« Merci. » dit Remus aux deux personnes.

« Pas de problème, grogna Fol-Oeil. Ça a l'air d'être un bon garçon. »

« C'est vrai, répondit Remus, avant d'hésiter. Ça ne vous ennuierait pas d'attendre avec lui que ses parents arrivent ? Juste au cas où ? »

Fol-Oeil secoua la tête.

« Non, ça ne me dérange pas. Nymphadora, tu pourrais aller me chercher une tasse de thé ? »

« Ne m'appelle pas comme ça ! » s'écria-t-elle.

Ses cheveux devinrent rouge éclatant – le plus éclatant que Remus ne les ait jamais vu – avant de changer en rose, une seconde après.

« Désolé ! dit-elle, l'air mortifié. Je vais juste- Désolé ! »

Elle adressa à Fol-Oeil un regard d'excuse, mais il ne semblait pas dérangé.

« On se voit samedi, Remus. » dit-elle, avant de s'éloigner rapidement, à la recherche d'un ascenseur.

« Stressée. » dit Fol-Oeil à personne en particulier.

Remus acquiesça.

« Je ne t'ai pas demandé jusque là, commença Fol-Oeil. Mais après ça … J'ai besoin de tout savoir à propos de Greyback. Où vit-il ? Comment choisit-il ses victimes ? »

« J'en sais beaucoup sur Greyback, dit Remus. Et je serais heureux de te dire tout ce que tu voudrais savoir sur son histoire, mais pas ce soir- enfin ce matin. Ses victimes sont choisies au hasard. Qu'elles soient moldues ou sorcières n'a pas d'importance, tout comme leur genre. Il essaye de les mordre jeunes pour pouvoir les élever loin de leurs familles, mais il est aussi connu pour mordre des personnes plus âgées. »

« Et où vit-il ? »

« Je ne te dirais pas ça. »

Fol-Oeil fronça les sourcils, mais Remus ne s'excusa pas.

« Je sais que tu n'es pas du genre à discriminer, dit-il. Mais pourrais-tu dire la même chose de tes collègues ? Le camp est suffisamment loin des zones d'habitation pour que les loup-garous qui y vivent ne soient pas une menace à la pleine lune, à moins de se positionner volontairement. Ils sont en sécurité et les autres sont en sécurité, s'ils restent où ils sont. »

La bouche de Fol-Oeil était pincée en une ligne sévère, mais il hocha la tête.

« Et Greyback ? Tu ne pourrais pas nous mettre sur une piste ? »

« J'aimerais bien, mais je ne peux pas, dit Remus. Pas après ce soir. Il penserait que Matt est responsable- »

« Nous pouvons le protéger. »

« Pas assez bien, déclara Remus, sans prendre de gants. Laisse cette affaire se tasser et après ça, je verrais ce que je peux faire. Je pense qu'il vaut mieux que vous vous éloigniez un peu. Plus vous insistez, plus Greyback deviendra imprévisible et dangereux. »

« Alors, on ne fait rien ? »

« Vous attendez. » dit Remus.

Fol-Oeil le jaugea du regard.

« Il faut vraiment que j'y aille, dit Remus. Il y a quelque chose que je dois vérifier pour Matt. »

Fol-Oeil eut l'air de vouloir demander, mais il se retint.

« Si je peux t'offrir un autre conseil … ? »

« Vas-y. » grogna Fol-Oeil.

« Ne laisse pas Nymphadora retourner dans cette pièce si tu ne veux pas que son rôle de Tock soit découvert. »

Ce n'était qu'une question de temps avant que quelqu'un jette un œil aux fichiers médicaux de Matt et découvre sa dernière hospitalisation – huit ans plus tôt, après avoir été mordu – et Fol-Oeil serait discret, tout en utilisant cette information. Il acquiesça une fois, pour montrer qu'il avait compris, et Remus finit par s'en aller.

Il avait prévu de vérifier comment allait Debbie – il espérait avec ferveur qu'elle allait bien – et ensuite, avec un peu de chance, il aurait encore le temps de retourner au lit pour quelques heures.