Bonjour à tous ! Il est plus que temps d'en savoir plus sur l'Animagus de Harry, pas vrai ? Encore merci pour vos commentaires et bienvenue aux nouveaux lecteurs ! Bon chapitre et à très vite, j'espère !


« Tiens. » dit Patmol en lui tendant une tasse.

Harry avala son contenu, grimaçant en sentant le goût amer. Mars était arrivé et sa potion révélatrice de forme était finalement achevée. Ils l'avaient dilué – Patmol avait dit quelque chose à propos de l'esprit des enfants et Harry s'était souvenu de la conversation que Dumbledore avait eu avec Fudge et Ombrage à Sainte-Mangouste quand ils parlaient de Véritaserum – ce qui empêcherait normalement de causer le moindre dommage à Harry.

Ce qui voulait dire, également, que ça lui prendrait plus longtemps pour trouver sa forme. Ou pour sa forme le trouve. Patmol comparait cela aux baguettes. Pour lui, la forme choisissait le sorcier et pas l'inverse.

« A tout à l'heure, quand je me réveillerais. » dit Harry, sentant déjà la potion l'attirer dans le sommeil.

« Dors bien, gamin. » dit Patmol.

Harry sentit une main dans ses cheveux avant de s'assoupir.

Il faisait sombre, où qu'il soit. Il attendit que sa vision s'ajuste et quand ce fut le cas, il put voir des arbres. Harry crut apercevoir une forêt – une forêt était un bon endroit pour trouver des animaux.

Ou pour être trouvé par des animaux. Il n'était pas emballé par aucune de ces idées et se sentait idiot en pyjama. Il s'assit sur une racine d'un grand arbre et patienta. Patmol l'avait averti que plusieurs animaux viendraient le voir avant que ce ne soit le bon. Harry s'attendait à voir beaucoup d'animaux à cause de la faible dose de potion. Patmol lui avait aussi dit qu'il était possible qu'aucun animal ne le choisisse dès sa première visite. Harry s'était résigné à l'idée de passer une long nuit.

Le lièvre fut le premier à se montrer. Il était noir, avec des marques grises autour des yeux et une tâche blanche entre les oreilles. La marque blanche ressemblait étrangement à la cicatrice gravée sur le front de Harry. Le lièvre bondit en avant, les oreilles tournées et le nez frémissant. Il apparut à Harry que ce devait être un jeune lièvre ses oreilles étaient relativement courtes et il était plus petit et plus duveteux qu'un adulte ne le serait. Harry se tourna légèrement et tendit la main, mais cela le surprit et il s'enfuit.

Tout resta calme pendant un moment après ça et Harry se demanda s'il avait réussi à faire peur à sa forme. Et s'il était supposé être un lièvre et qu'il ne revenait pas ? Et s'il l'avait choisi et que Harry ne l'avait pas réalisé ? Tout ce que Patmol avait dit, c'est qu'il saurait le moment venu. Et si ce n'était pas le cas ?

L'animal d'après était un hibou, posé sur un trou dans un tronc d'arbre. Il ignorait de quelle race il s'agissait, mais comme le lièvre, il était noir avec une marque blanche – une plume entre ses grands yeux – où sa cicatrice devait être. Il était plus petite que Hedwige l'était lorsqu'ils l'avaient acheté et Harry se demanda même s'il était capable de voler. Il secoua ses plumes et claqua le bec dans sa direction. Harry se demanda si cela voulait dire qu'il l'avait choisi.

Un hibou serait une forme correcte, même si ce n'était pas celui qu'il avait anticipé ils semblaient trop sages pour lui. Il ne se plaindrait pas, cependant il serait capable de voler quand il le voudrait et ce serait un bon déguisement. Harry passa un moment à réfléchir à ce qu'il pourrait faire s'il était un hibou, mais quand il regarda à nouveau la branche, le hibou était parti.

Harry sauta sur ses pieds et s'approcha pour jeter un œil, mais rien n'indiquait sa présence. Pas une plume ou même le trou près duquel il était posé. Confus et sentant qu'il allait probablement souffrir d'une grosse migraine quand cette aventure serait finie, Harry se rassit et patienta.

L'animal qui émergea ensuite était celui auquel il s'était attendu. Il redoutait à la fois d'être choisi par lui et ne pas être choisi. C'était un jeune cerf avec une fourrure sombre et seulement quelques centimètres de bois qui commençait à pousser sur sa tête. Malgré ça, il trotta vers lui avec une tête bien droite. Il secoua doucement la queue et plaça son museau dans la main tendue de Harry, mais Harry ne sentait pas qu'il avait été choisi. Il pensa que le jeune cerf voulait juste des caresses. Plus près, Harry pouvait voir un coin de fourrure décoloré en forme d'éclair.

Finalement, le cerf sembla se lasser de lui et s'en alla en sautant – après avoir jeté un œil en arrière et Harry eut l'impression qu'il était à la recherche de ce qui semblait être de l'admiration. Il lui fit un petit signe de main et il disparut avec un petit hochement de tête satisfait.

Harry s'attendait à quelque chose de grand – puisque les animaux qui arrivaient n'avaient fait que grandir – et il fut surpris lorsqu'il sentit quelque chose glisser sur son pied nu. C'était un serpent noir – une vipère, pensa-t-il – et il se figea immédiatement Dudley avait une fois trouvé une couleuvre dans le jardin et la Tante Pétunia avait hurlé de ne pas bouger jusqu'à ce qu'elle s'en aille. Le serpent siffla et s'enroula autour de sa cheville. A nouveau, Harry ne sentit pas qu'il avait été choisi il pensa qu'il voulait l'énerver, mais Harry savait qu'il ne pouvait pas être empoisonner dans un rêve et n'était donc pas si inquiet.

Il semblait aussi chercher l'attention, parce que sa langue ne cessait de toucher la jambe de Harry couverte par son pyjama et qu'il continuait de bouger, juste pour s'assurer que l'attention de Harry était complètement attiré par lui. Comme le cerf, cependant, il sembla se lasser et glissa finalement au sol après quelques instants de plus.

Après le serpent vint un oiseau noir qui – comme le lièvre – prit peur au moment où Harry bougea. Après cela, ce fut un chat, qui le jaugea avec de grands yeux verts avant d'agiter la queue et de s'enfuir. Il y eut même un chien qui ressemblait vaguement à la forme de Patmol, avec sa fourrure noire, son allure élancée et une énergie visiblement illimitée le chien avait bondi, sauté et avait commencé à lécher le visage de Harry, avant de commencer à tourner autour de lui pour jouer. Le chien disparut comme le hibou l'avait fait, lorsque Harry ne regardait pas.


« Tu veux bien rester tranquille ! dit Remus en lançant un morceau de pain sur Sirius. Honnêtement, si t'es si inquiet, va juste vérifier comment il va- »

« Je ne veux pas- »

« Déranger le processus, dit Remus, levant les yeux au ciel. Tu l'as déjà dit. »

Sirius fit la grimace et continua à faire les cents pas. Harry avait pris la potion avant d'aller au lit la veille au soir pour ne pas perdre de temps. En théorie, du moins Sirius avait été réveillé à six heures – comme à peu près tous les matins – et il s'était attendu à ce que Harry se réveille peu de temps après. Remus était arrivé à neuf heures et Harry dormait toujours, ou du moins Sirius le pensait puisqu'il n'était pas descendu pour partager la nouvelle.

Sirius attrapa le pain que Remus avait jeté, le fit disparaître et continua de marcher.

« Sirius ! dit Remus, exaspéré. Assis ! »

Sirius s'assit et se maudit pour l'avoir fait. Il sauta sur ses pieds à nouveau – faisant encore plus rire Lunard – et alla s'asseoir sur sa chaise, le fusillant du regard.

« Je suis tellement heureux que tu réagisses toujours comme ça. » dit Remus en essayant des larmes rieuses de ses yeux.

« Va te faire foutre, Lunard. » dit Sirius en levant deux doigts vers lui.

Sans hésitation – Sirius se demanda s'il ne l'avait pas anticipé – Remus agita sa baguette et les doigts de Sirius se collèrent l'un à l'autre. Sirius les remua un peu et se débrouilla pour sortir sa baguette, murmurant 'Finite Incantatem'. Étrangement, ça ne marcha pas et ses doigts restèrent collés.

« C'est dans ce livre de sortilèges parentaux que je t'ai acheté à Noël, dit Remus, tandis que Sirius essayait de décoller ses doigts. Si tu veux le contre-sort, va le chercher. »

« Tu pourrais le faire pour moi. » dit Sirius avec espoir.

« Je pourrais, confirma Remus. Mais je ne vais pas le faire. Ça va t'occuper quelques minutes au moins. »

Il se servit un nouveau toast. Sirius le foudroya du regard, mais Remus ne sembla pas s'en soucier, s'il l'avait même remarqué.

« Bien. » grogna Sirius, avant de s'en aller.

Il grimpa à l'étage au lieu de simplement le faire venir avec sa baguette – Remus avait raison en disant que c'était un bon moyen de tuer le temps – mais il ne resta pas dans la bibliothèque. Il porta les livres à l'étage et s'installa au bureau de Harry, près de son lit. Harry était toujours allongé et immobile, laissant échapper de temps à autres de petits sons indéfinissables. C'était troublant car Harry – comme James – était habituellement un dormeur très agité et très bruyant.

Sirius passa l'introduction du livre – les sorts pouvaient être intéressants, mais il n'avait pas besoin de connaître la vie de la sorcière qui l'avait écrit – ainsi que plusieurs chapitres ménagers, plusieurs recettes avant qu'il arrive au chapitre dédié aux enfants.

« Sortilège de dénigrement des brocolis ? » murmura Sirius dans sa barbe.

L'illustration montrait un enfant attaqué par ses légumes – ça ne semblait pas limité aux brocolis – jusqu'à ce qu'elle abandonne et les mange. Une petite note demandait aux parents de rester prudent le sort était annulé par la salive sur le légume, pas par sa véritable consommation et les enfants malins pouvaient le découvrir. Il secoua la tête et continua de parcourir le livre jusqu'à avoir trouver la page correspondante.

« Maléfice d'irrespect digital. Oh. »

Apparemment, l'habituel Finite n'avait pas marché, car le sort était destiné aux enfants plus âgés – ou aux maris, d'après l'auteur – qui seraient donc capables de s'en défaire trop facilement. Sirius ne pouvait qu'admirer cette logique et trouva le contre sort au bas de la page. Il grimaça et sortit sa baguette de sa poche.

« Irrespect digital : déconseillé. » dit-il, se sentant comme un idiot fini.

Cela marcha cependant et il prit le temps de jeter un œil au livre avant de le fermer et de déplacer quelques affaires pour faire de la place et le poser sur la table de chevet de Harry. Sirius regarda sa montre – celle que Regulus avait reçu pour ses dix-sept ans. Celle de Sirius – offerte par Charlus et Dorea – était probablement enfermée dans un entrepôt du Ministère avec le reste des choses qu'il possédait avant Azkaban.

Il était maintenant onze heures, ce qui voulait dire que Harry était endormi depuis presque treize heures. Sirius ne pensait pas que quoi ce soit se soit mal passé avec la potion – il avait supervisé toutes les étapes – mais il ne se souvenait pas que ça ait pris tant de temps pour James ou Peter de trouver leur forme. Peter avait mis seulement trois heures et demi et James quatre heures. Sirius ne savait pas exactement combien de temps il lui avait fallu personnellement, mais il savait qu'il avait eut besoin de plus de temps que Peter, mais beaucoup moins que Harry.

« Tout va bien là-bas, gamin ? » demanda Sirius.

Il y eut du bruit derrière lui et Remus entra. Sirius agita ses doigts vers lui.

« Le contre-sort est idiot, t'as vu ? » dit Remus en riant.

Il se dégagea un peu de place sur le bureau de Harry et s'y assit. Sirius ajusta sa chaise de façon à pouvoir les voir tous les deux.

« Carrément ridicule, confirma Sirius. Quand c'était nous, combien de temps j'ai- ? »

Il montra Harry, qui cria. Tous les deux le fixèrent, mais il ne montra aucun signe de réveil.

« Quatre heures et trois minutes. » répondit Remus.

Sirius leva les yeux, impressionné.

« Tu te souviens de ça ? »

« Tu t'en souviendrais aussi si tu avais du supporter James qui comptait toutes les secondes passées les quatre heures. » dit Remus, l'air exaspéré, mais avec une certaine tendresse.

« Abruti. » dit Sirius avec un grand sourire.

Personne ne lui avait jamais dit ça. Remus sourit également et tourna les yeux vers Harry.

« Pourquoi est-ce qu'il n'est pas encore réveillé ? »

« Probablement à cause du dosage et de son âge, dit Sirius à contrecœur. Mais il y a si peu de recherches là-dessus que c'est dur à dire. »

« Le dosage ? »

« Je lui ai donné une potion diluée. Je me suis dis que c'était mieux de ne pas donner à un enfant une dose importante de quelque chose qui allait affecter son esprit. »

« Je dois dire que je suis fier que tu aies pensé à ça. »

« Va te faire foutre. » dit Sirius pour la deuxième fois de la matinée.

Remus se mit à sourire largement.

« Et l'âge ? »

« C'était juste une supposition, lui dit Sirius. Mais parce qu'il est jeune, je pense que sa personnalité n'est peut-être pas complètement formée … Il se développe toujours. Alors peut-être – si ma théorie est bonne – qu'il y a plus de formes possibles. »

Remus hocha la tête.

« C'est juste théorique, cela dit, soupira-t-il. Et même si j'ai raison, treize heures, ça reste long. »


Après une souris noire et tremblotante que Harry avait effrayé rien qu'en la regardant, Harry commençait à s'inquiéter, même s'il avait été soulagé que ça ne soit pas la souris ça aurait été bien trop proche de Queudver à son goût.

Il n'avait aucune idée du temps qu'il avait passé ici, mais il savait qu'il avait observé les animaux pendant très longtemps et qu'il n'avait toujours pas trouvé sa forme. Et s'il avait déjà été choisi – le cerf, le chien et le serpent l'avaient tous approché et étaient restés un moment – et qu'il ne l'avait pas réalisé ?

Harry aurait souhaité pouvoir se réveiller et en parler à Patmol, mais ça n'était pas en option, car la potion était enchantée pour le garder endormi jusqu'à ce qu'il trouve sa forme.

Harry patienta, de plus en plus nerveux à chaque seconde, quand finalement, un autre animal entra dans son champ de vision. C'était un loup, un jeune comme les autres animaux il était mince, avec des grandes oreilles et de grandes pattes qui ne demandaient qu'à grandir encore et de la fourrure noire aussi ébouriffée que les cheveux de Harry.

Il tendit la main et le loup la considéra un long moment avant de s'approcher pour la renifler. Harry lui gratta l'oreille – de la même façon que Patmol aimait – et il fut récompensé par la queue du loup qui commença à battre. Ensuite, sans avertissement, il se recula et s'en alla.

Harry soupira et le regarda disparaître dans les bosquets.

Après un long moment, un faucon plongea depuis la cime des arbres. Il était brillant, avec des plumes noires et des grands yeux sombres, et il vint se percher sur une branche basse comme le hibou et l'oiseau noir l'avaient fait. Il baissa son bec aiguisé vers Harry, le jaugeant avant de crier. Harry sursauta, mais il ne bougea pas. Doucement, il se leva et s'approcha. Le faucon l'observa pendant tout ce temps et l'autorisa à caresser sa tête emplumée.

Tout à coup, l'oiseau leva sa patte crochue et lui donna un coup sur le nez. Harry recula, se protégeant le visage du sang – pas une quantité inquiétante, mais assez pour savoir qu'il y aurait une cicatrice si c'était une vraie blessure et pas une blessure rêvée – coula sur ses mains.

« Pourquoi tu as fait ça ? » demanda-t-il.

Mais le faucon était parti.

« Danger public. » murmura-t-il en essayant son visage avec sa manche.

Il se tourna avec l'idée de retourner s'asseoir, mais trouva son siège occupé. Le loup était de retour, le regardant avec ses yeux brillants et bruns-verts. Harry se demanda s'il allait aussi l'attaquer et s'assit là où il se trouvait, à distance. Le loup s'assit également.

Ils s'observèrent prudemment pendant un moment et alors, quelque chose tomba sur le sol, près des pattes du loup. C'était du sang, qui coulait d'une longue coupure sur le museau du loup.


« Danger public. » murmura Harry en bougeant un peu.

C'était son premier son cohérent et Sirius sauta sur son siège. Remus sembla aussi surpris il sursauta et fit tomber une chaussure du bureau de Harry – Merlin seul savait ce qu'elle faisait là en premier lieu. Harry saignait d'une méchante coupure sur le nez.

« Ça doit être une tradition de Potter. » soupira Remus.

James avait été blessé en essayant de trouver Cornedrue apparemment, Cornedrue l'avait choisi en le chargeant et James, en courageux idiot qu'il était, n'avait pas bougé. Il s'était ouvert le front et s'était réveillé avec un mal de tête terrible, même si par chance, Remus et Sirius avaient été capables de réparer les dommages.

« Tu veux que j'aille chercher du Dictame ? »

« Nan. Kreattur ! »

Kreattur apparut avec un bruyant CRACK et s'inclina face à eux, avant de laisser échapper un cri à la vision de Harry. Il n'eut même pas besoin qu'on lui dise d'aller chercher le Dictame il disparut et réapparut quelques secondes plus tard avec dans ses bras maigres, l'ensemble des potions de soins que Sirius conservait dans le placard.

« Le pauvre morveux de Kreattur, croassa Kreattur, en maintenant les fioles avant que Sirius puisse même ouvrir la bouche. Kreattur va- »

« Pose ça, dit Sirius, luttant pour éloigner une potion décongestionante de Kreattur. Il est blessé, pas malade. Tout ce dont il a besoin, c'est quelques gouttes de Dictame- »

Kreattur, comme la plupart des elfes de maisons, était doué pour traiter les maladies les plus courantes, mais était complètement incompétent pour soigner des blessures plus grave qu'un simple bleu. La seule exception que Sirius avait rencontré était Noddy, l'elfe de maison qui vivait avec les Potter quand James était petit. Elle savait soigner les écorchures, les brûlures et même les membres cassés, bien que Sirius supposait qu'elle n'avait pas eut le choix sachant qu'elle aidait à élever James.

« Kreattur, je ne pense pas que ça soit nécessaire. » dit gentiment Remus, alors que Kreattur avait sortit un énorme bandage et s'approchait du lit.

« Sérieusement. » dit Sirius en levant les yeux au ciel.

Il lança le Dictame à Remus, qui l'attrapa, mais ne l'appliqua pas de suite – il valait mieux attendre que Harry se réveille – et arracha le bandage de son elfe de maison particulièrement nerveux. Aussi drôle que ça aurait pu être de regarder Kreattur enrouler le visage de Harry dans des bandages – ce que Sirius imaginait comme son intention – ce serait une perte inutile de bandage. Quelqu'un – probablement Remus – en aurait davantage besoin que Harry.

« Merci Kreattur. » dit Sirius sèchement.

Il replaça tout dans les bras de Kreattur.

« Emmène ça, d'accord ? »

« On va s'occuper de Harry. » lui assura Remus, juste avant que Kreattur s'en aille.

« Il est fou, dit Sirius affectueusement, en secouant la tête vers l'endroit d'où Kreattur venait de disparaître. Pas aussi dingue qu'il l'a été, mais toujours aussi bizarre- »

« Je crois que Harry se réveille. » dit Remus, et Sirius se précipita près de lui.

Visiblement, Harry commençait à s'étirer. Il bougea un peu et murmura quelque chose à propos de sang, avant d'ouvrir la bouche et de s'asseoir brusquement. Il sembla d'abord confus – rien d'étonnant à cela – mais Sirius lui tendit ses lunettes et cela sembla aider considérablement.

« Tu es venu plus tôt ? » demanda-t-il à Remus, l'air surpris.

« Il est midi, gamin. » lui dit Sirius, et Harry cligna des yeux.

« Allonge-toi un moment, ajouta Remus. Je vais m'occuper de ton nez. »

« Mon- Je pensais que j'avais juste rêvé de ça ! »

Sirius le rallongea doucement et Remus laissa tomber du Dictame sur la coupure.

« Merci. » dit Harry, tandis que Sirius faisait disparaître le sang.

Une légère cicatrice resta sur le nez de Harry, un peu plus bas que ses lunettes. Remus ajouta une goutte de Dictame, mais la cicatrice ne bougea pas. Ils haussèrent tous deux les épaules, tandis que Harry louchait en essayant de voir le bout de son nez.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-il en se rasseyant.

« Petite cicatrice. » lui dit Sirius.

« Je pensais que tu avais fait disparaître mon nez ou quelque chose comme ça. » dit Harry en se détendant.

Harry passa la main dessus, juste pour être sûr. Sirius ricana.

« Je suis peut-être pas aussi doué que Sirius pour les sortilèges de soin, mais c'est difficile de se tromper avec du Dictame. » dit Remus en riant.

Harry lui adressa un regard d'excuse, que Remus accepta avec un large sourire.

« Alors ? » demanda Sirius, s'asseyant sur le lit de Harry.

« Alors quoi ? » fit Harry en penchant la tête.

« Alors, ta forme ? » continua Sirius en levant les yeux au ciel.

« Oh ! »

Sirius attendit, visiblement impatient, et Harry se mit à sourire largement.

« Devine. »

« Quels sont les choix ? » demanda Remus, tandis que Sirius marmonna quelque chose à propos de petits monstres et de filleuls maléfiques.

Harry lui tira la langue, les yeux amusés, et prit un moment pour répondre.

« Lièvre, loup, chat, hibou, cerf, oiseau noir, souris, chien, faucon et serpent. » dit Harry très rapidement.

Sirius, qui s'était attendu à sentir la réponse, se demanda s'il l'avait fait exprès.

« Pas une souris. » dit Remus, et Harry secoua la tête.

Sirius était soulagé. Il l'aurait accepté s'il avait du, bien sûr, mais il était heureux de ne pas avoir à le faire. C'était trop proche de Queudver.

« Pas un lièvre non plus, dit Sirius. Ils sont trop timides. »

« Comme l'oiseau noir. » dit Harry.

« C'est ton Animagus qui t'a attaqué ? » demanda Sirius.

Harry secoua la tête.

« Pas un hibou, ni un faucon, alors. »

« Ah non ? » dit Harry.

« Ce sont les seuls qui pourraient t'avoir fait une coupure si nette, dit Remus, suivant apparemment la ligne de pensée de Sirius. Et je te vois pas en chat. »

« Ce qui laissent le loup, le cerf, le chien ou le serpent, dit Sirius, pensif. T'es trop chaud pour être un serpent. »

Harry et Remus lui adressèrent un regard surpris.

« Quoi ? demanda Sirius. C'est vrai. En plus, tu penses qu'il pourrait avoir une touffe comme ça- »

Il montra les cheveux ébouriffés de Harry.

« -et ne pas avoir de fourrure ? »

« Tu es un serpent ? » demanda Remus.

« Non. » dit Harry.

Sirius leur adressa un regard satisfait et Remus leva les yeux au ciel.

« Alors loup, cerf ou chien ... » dit doucement Sirius.

Il leva les yeux, croisa le regard de Remus et sourit.

« Loup. » dit Harry en se grattant le nez d'un air absent.

Sirius sourit largement. Remus eut l'air surpris, mais heureux.

« Un loup noir, ajouta Harry. Il te ressemble un peu, Patmol. »

Les yeux de Sirius brillaient. Il enlaça Harry et prit le temps de cligner jusqu'à ce que le picotement disparaisse. Remus l'enlaça ensuite et quand il le relâcha, Harry passa une main dans ses cheveux.

« Vous croyez que Papa est déçu ? »

Remus et Sirius échangèrent un regard, se demandant silencieusement qui voulait se charger de la réponse.

« Pourquoi tu penses ça ? » demanda Sirius en fronçant les sourcils.

Harry murmura quelque chose à propos du fait de ne pas être un cerf.

« Ah. » dit Sirius.

Il donna un coup à Harry, qui sursauta et le regarda comme s'il avait perdu la tête.

« Sois pas idiot. » dit Sirius en plaçant ses bras autour des épaules maigres de son filleul.

Harry se rapprocha un peu.

« James serait très fier – est très fier. Je suis sûr qu'il est en train de pleurer comme une madeleine là où il est. »

Remus se mit à rire et Harry sourit sans entrain.

« Alors ça ne le dérangerait pas que je ne sois pas comme lui ? » demanda Harry.

« Absolument pas. » dit fermement Sirius.

Harry aurait pu être une limace, James aurait quand même été ravi.

« Je pense qu'il aurait été heureux que tu sois un peu différent. Tout comme ta maman un James Potter lui suffisait, je pense. »

Remus rit encore. Même si Harry partageait beaucoup de traits avec son père, il était aussi très différent il était bien plus mature que James ne l'était à onze ans (c'était à ce moment-là que Sirius l'avait rencontré et il ne pouvait pas d'autre point de référence) et il avait un ego dix fois plus petit. Il n'était pas non plus aussi désobéissant, Sirius en était incroyablement reconnaissant.

« Tu n'aimes pas ton Animagus ? »

« Si, je l'aime, dit Harry en souriant, avant de perdre ce sourire après un moment. Vous êtes tous les deux des chiens et des loups et maintenant, j'en suis un aussi, c'est juste … Papa- »

« -serait très satisfait de son choix de parrain, dit Sirius en souriant grandement. Et de marraine. »

Il jeta un œil à Remus, qui tira la grimace.

« La seule chose à propos de laquelle il serait déçu, c'est de ne pas être là pour te le dire lui-même. Il est fier de toi, gamin, fais-moi confiance. »

Harry avait l'air soucieux, mais Sirius pensait qu'ils avaient réussi à le convaincre, du moins pour quelques temps nul doute qu'il allait y réfléchir encore et qu'il trouverait une inquiétude qu'il n'avait pas contredit, mais Harry n'était pas très bon pour garder ses sentiments cachés, alors ils sauraient quand et s'il pensait à quelque chose d'autre.

« Est-ce que je pourrais prendre mon petit-déjeuner ? demanda Harry, avant de regarder sa montre. Ou mon déjeuner. »

« Tu as faim ? » demanda Remus, tout sourire.

« Je suis affamé. » admit Harry.

« Kreattur est probablement en train de préparer quelque chose maintenant, dit Sirius. Allez. »

Il se leva pour que Harry puisse sortir du lit. Celui-ci s'exécuta et bondit hors de sa chambre, Sirius et Remus sur ses talons.

« Tu me dois un gallion. » murmura Sirius.

Remus avait pensé que la possibilité était grande que la forme de Harry serait un cerf. C'était facile de voir pourquoi il avait pensé cela et Sirius aurait probablement été d'accord avec lui, mais c'était sans compter la différence de confiance en soi entre le père et le fils.

L'assurance de James était proche de l'arrogance sans en être véritablement et il avait été fier de ses bois, les avait porté comme une couronne cela, tout comme la taille de ses bois, expliquait d'où venait le surnom de Cornedrue. L'assurance de Harry était plus discrète que celle de James et bien plus difficile à voir – et occasionnellement, elle était même absente – et Sirius imaginait que si la l'Animagus de Harry avait des bois, il aurait passé son temps à se demander s'il tenait bien sa tête et si c'était possible de les cacher ou les enlever. Les bois tout simplement étaient trop visibles pour convenir à Harry.

Et donc Sirius avait parié contre Remus, disant que non seulement Harry ne serait pas un cerf, mais qu'il ne serait pas non plus un chien bien que Harry partage plusieurs traits canins, il n'était pas assez … joueur pour être un chien. Un loup était un peu plus sérieux qu'un chien – même s'ils avaient quand même un côté joueur. Sirius n'avait pas deviné qu'il serait un loup – d'ailleurs, il n'avait même pas considéré la question – mais il pensait que ça lui allait plutôt bien.

« Je te paierais demain. » murmura Remus en souriant.

Harry sauta sur les dernières marches de la cuisine, où Kreattur l'attendait et lui sauta dessus pour lancer des sortilèges de diagnostic, avant de le juger suffisamment en bonne santé et de lui tendre une assiette pleine.

Remus reçut une tasse de thé et prit le siège opposé à Harry. Sirius resta au bas des escaliers, prenant le temps d'observer son filleul qui jouait avec sa nourriture, l'air soucieux. Il sentit le regard de Sirius, leva la tête et sourit, avant de reprendre son repas avec plus d'enthousiasme. Sirius continua de le regarder, un sourire triste et fier sur le visage.

J'espère que tu peux le voir, Cornedrue.


Cette fois-ci, Drago avait du réorganiser les étagères d'ingrédients de Severus. Drago s'était plaint, mais Severus avait été inflexible – en fait, il avait demandé à Drago de le supplier et Drago était trop fier pour le faire, même si ça lui aurait évité de faire le travail.

« Vous voulez que ce soit fait d'une certaine façon, monsieur ? »

« Je veux que tu sois capable de trouver n'importe quoi en une seconde. » dit Severus, retournant à ses corrections de devoirs.

Drago grogna dans sa barbe et commença à retirer des choses.

« Est-ce que tout va bien ? » demanda Severus.

Il y avait un bon nombre de choses que Drago aurait pu répondre, mais il se mordit la langue et hocha la tête.

« Alors je ne vois pas pourquoi tu aurais besoin de faire du bruit. »

Le poing de Drago se serra autour de la fiole de venin de serpent qu'il tenait dans la main. Il explosa. Le verre lui coupa la paume et s'écrasa contre le sol de pierre, tandis que le venin se mit à couler sur son bras jusque sur ses chaussures.

« Désolé. » murmura-t-il, tandis que Severus s'affairait à nettoyer les dégâts.

En un coup de baguette, tout avait disparu et il attrapa le poignet de Drago pour inspecter sa main. Il fit venir deux petites bouteilles de son placard à gauche de la pièce. Le contenu de l'une des bouteilles fit apparaître une araignée fantomatique qui sortit de sa coupure et courut le long du bras de Drago avant de disparaître, tandis que l'autre était juste du Dictame et guérit la plaie instantanément.

« On ne voudrait pas que tu t'empoisonnes, pas vrai ? demanda Severus, passant sa baguette sur la peau douce. Merlin sait que tu as déjà une santé fragile. »

Drago arracha sa main.

« Vous me traitez de faible ? »

« Si rapide à croire à l'insulte, lança Severus, mais ses yeux étaient brillants. Je faisais à peine allusion à- »

« Les guérisseurs ont dit que j'allais bien, dit-il défensivement. Je n'y ai pas été depuis deux semaines maintenant. »

« Et je suis suppose que tu penses que c'est admirable ? railla Severus. Je n'ai pas été à Sainte-Mangouste depuis des années. »

« Vous êtes venus me voir, dit Drago. Le jour avant qu'ils me laissent sortir. »

Severus laissa échapper une petite toux. Drago sourit largement.

« J'avais oublié. » dit-il.

« Apparemment. » murmura Drago.

« Remets-toi au travail. » s'écria Severus, avant de retourner s'asseoir sur sa chaise.

Il écrivit quelque chose sur un morceau de parchemin et Drago se demanda si Severus allait faire passer sa mauvaise humeur sur un de ses élèves. Il réalisa que l'idée devrait plus l'ennuyer que ça. Cela le fit se sentir un peu coupable.

« Ça fait combien de temps que tu es là ? » demanda Severus, après quelques temps.

C'était une question courante et Drago savait qu'il ne valait mieux pas répondre qu'il ne savait pas.

« Euh … »

Drago s'arrêta, un pot d'ailes de papillons à mi-chemin de le l'étagère sur laquelle il voulait la poser.

« Deux heures, peut-être ? »

« Une heure et vingt minutes, ricana Severus. Tu dois t'amuser plus que tu ne le laisses paraître si tu penses que le temps passe si vite. »

Drago le fusilla du regard et posa brusquement le pot. La plume de Severus recommença à gratter le parchemin.

Cinq minutes plus tard – Drago en était sûr, car il avait commencé à compter à voix basse – un CRACK bruyant résonna dans le bureau et Severus renversa son encrier avec un juron.

« Dobby. » dit Drago, se prenant même à sourire un peu.

Il appréciait davantage Dobby ces derniers temps les choses n'étaient pas étranges avec Dobby – tout ce qu'il attendait, c'était des ordres, pas des opinions, ni que Drago n'accomplisse des tâches étranges – et parce que Dobby était celui qui venait le secourir lors de ses visites à Severus.

« Dobby est désolé, dit Dobby en adressant à Severus un regard d'excuse. Dobby sait que le Maître voulait davantage de temps que Dobby ne peut leur donner, mais Dobby doit ramener le Maître Drago. La Maîtresse Sonja est mourante, monsieur. »

« Elle est mourante depuis des mois. » soupira Severus.

Les oreilles de Dobby se mirent à battre lorsqu'il secoua la tête.

« Monsieur ne comprend pas, dit-il avec sa voix aiguë. La Maîtresse va mourir aujourd'hui ! La Maîtresse Pansy et le Maître Ernest sont bouleversés et la Maîtresse Narcissa de Dobby envoie Dobby chercher le jeune Maître. »

« Elle est morte ? » demanda faiblement Drago.

Il savait qu'elle était malade – même Greg et Vince le savaient et ils étaient idiots – mais il n'avait jamais imaginé qu'elle allait mourir.

« C'est très triste, petit Maître ! dit Dobby en se tordant les mains. Dobby craint de devoir serpiller le bureau à cause de toutes ces larmes. »

Drago regarda Severus, qui avait l'air sinistre.

« Va. » dit-il.

Drago reposa le pot de poils de griffon et tendit la main à Dobby. Severus retourna son attention à ses devoirs, tandis que Dobby transplanait.

Drago se retrouva dans le bureau Dobby lâcha Drago et se hâta de sortir de la pièce. Ernest était assis sur l'un des fauteuils, la tête enfouie dans ses mains. Mère avait une main posée sur son genou et parlait doucement, tandis que Père était assis près d'elle. Son visage était absolument illisible.

Pansy était assise à l'autre bout de la pièce avec Hydrus. Elle était étrangement immobile avec ses mains croisées sur ses genoux et lorsque Drago s'approcha, il remarqua qu'elle était aussi en train de trembler.

« -alors j'ai dis à Goyle qu'il n'y avait pas moyen qu'il puisse me dépasser honnêtement, dit Hydrus. Est-ce qu'il a vu quelle taille il- »

« Salut. » dit doucement Drago.

Pansy ne semblait pas l'avoir entendu.

« Oh, c'est toi, dit Hydrus. T'as entendu à propos de Mme Park- »

« J'ai entendu, merci, dit bruyamment Drago avant que Hydrus puisse dire quoi que ce soit d'autre. Je suis désolé, Pansy. »

Il s'assit sur le bras d'un fauteuil – quelque chose qui était interdit à Hydrus, mais autorisé à Drago – et plaça sa main sur son épaule. Elle se crispa et leva les yeux.

« Drago, murmura-t-elle. Bonjour. »

« Il a dit qu'il était désolé. » dit Hydrus, et Drago vit son visage s'affaisser.

« Je n'ai pas entendu. » dit-elle sur un ton bas et éreinté.

Drago se rapprocha et la prit dans ses bras, mais elle le repoussa il avait appris, récemment, que les câlins aidaient les gens à se sentir mieux, mais peu de leurs amis semblaient savoir ça. Drago était secrètement convaincu que lui et Mère avaient accès à une forme rare de magie. Quand bien même, il ne pouvait pas blâmer Pansy de vouloir garder une distance. Il se redressa pour se rasseoir sur le bras du fauteuil.

« Tu n'as pas non plus entendu ce que j'avais dis ? » demanda Hydrus.

« Désolé. » marmonna Pansy.

« Je te pardonne, railla Hydrus. Ce que je disais, c'était- »

« Hydrus, dit Drago. Tais-toi. »

« Je vais dire à Mère que tu as dit ça. » dit Hydrus, l'air furieux.

Drago l'ignora à la mention du mot 'mère', Pansy avait enfoui son visage dans ses mains. Un regard vers Ernest suffit pour voir qu'il n'avait toujours pas bougé. Drago tapota son genou – de la même façon que Mère faisait – mais Pansy agita sa jambe pour le repousser. Pas fortement, cependant.

« Tu es en train de pleurer ? demanda Hydrus, qui jubilait en essayant de voir son visage.

Sa colère envers Drago était apparemment oubliée grâce à ce nouvel événement.

« Drago, regarde ! Attends qu'on dise aux autres qu'elle a pleuré en face de nous ! »

Pansy semblait essayer de se calmer la réaction de Hydrus n'était pas surprenante – les Sang-purs ne pleuraient pas ou s'ils le faisaient, c'était en privé. Pleurer en public leur donnait une réputation de faible. Drago, cependant, savait que pleurer était parfaitement normal dans un temps comme celui-ci.

« Je ne dirais rien à personne, dit-il en croisant les bras. Elle peut pleurer si elle veut. »

Hydrus l'ignora et Pansy essaya ses yeux avec sa manche.

« Tu voudrais un mouchoir, Pansy ? » ricana Hydrus.

Quelque chose en Drago explosa.

« Tais-toi ! cria Drago. Tu ne vois pas qu'elle est triste ?! »

Hydrus le jaugea du regard. Pansy regardait de nouveau ses mains, alors il ne pouvait pas voir son visage.

« T'es plus bouleversé qu'elle à propos de cette histoire, ricana Hydrus en se remettant de sa surprise. Ce n'était pas notre mère. »

Pansy éclata de nouveau en sanglots et Hydrus afficha un sourire narquois. C'était étrange Drago était confus depuis des mois sur ce qu'il devait dire ou faire. Il passait cinq minutes à essayer de savoir comment il devait saluer les gens depuis la dernière réunion de Sang-purs et il hésitait avant de répondre à chaque phrase, juste au cas où il offensait accidentellement quelqu'un. Mais à cet instant, tout était clair et il n'hésita pas avant de se lancer sur Hydrus.

Hydrus cria tandis qu'ils tombaient, emportant avec eux le fauteuil. Pansy laissa échapper un sanglot surpris et eut l'air horrifié par le comportement de Drago. Il s'en fichait.

« Pousse-toi ! s'écria Hydrus. Père ! Mère ! A l'aide ! »

Drago se releva, dégoûté.

« Je n'allais pas te frapper. » dit-il en baissant les yeux sur son frère, qui était en boule sur le sol, décoiffé.

Il avait voulu lui faire peur, c'était tout, et d'après ce qu'il voyait, il avait réussi.

« Qu'est-ce qui se passe ?! » demanda Père en serrant l'épaule de Drago de façon douloureuse.

Drago se tourna en grimaçant – pas de peur, mais parce que Père lui faisait mal. Ernest – comme Pansy – avait l'air stupéfait, mais à côté de lui, Mère avait l'air … Drago n'était pas sûr. Pas fier, mais quelque chose de similaire. Triomphante, peut-être. Et inquiète pour Hydrus, bien sûr.

« Il m'a attaqué, dit Hydrus, furieux. Je me sens mal, Père je pense que je me suis cogné la tête ! »

« Tu ne t'es pas cogné, s'exclama Drago, même s'il était un peu inquiet. On était sur le fauteuil quand on est tombé- ah. »

Père lui serra à nouveau l'épaule. Hydrus tenta de se relever, mais retomba.

« Je ne peux pas me lever, dit-il piteusement. Tout tourne autour de moi. »

Mère se hâta et se pencha sur lui. Elle repoussa ses cheveux, observa ses yeux – qui se posèrent beaucoup trop fixement sur elle pour que Hydrus soit si désorienté, à l'avis de Drago – avant de l'aider à se lever. Elle appela Dobby qui leur attrapa la main et transplana. Drago vit le sourire narquois de Hydrus avant qu'il ne disparaisse.

Il n'est pas vraiment blessé, pensa Drago, à la fois soulagé et énervé. Il invente pour que j'ai des ennuis !

Père les regarda, avant de se tourner vers Drago, l'air aussi énervé que Hydrus l'était.

« Il le méritait. » dit Drago.

Mais il ne s'attendait pas à ce que Père comprenne. Père jeta un œil à Ernest, puis à Drago.

« Nous discuterons de ça plus tard. » dit-il d'une voix aussi coupante que du verre et plus forte que nécessaire.

Il voulait probablement faire savoir à Ernest que Drago ne s'en tirerait pas sans punition.

« Bien. » dit Drago en haussant les épaules, pour retirer la main de Père.

Père lui adressa un regard soucieux et retourna à sa chaise. Drago se rassit près de Pansy.

« Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? demanda-t-elle, l'air horrifié. Tu as attaqué ton propre frère ! »

« Il le méritait. » répéta Drago.

Cette réponse lui allait c'était la première chose qu'il avait fait depuis un bon moment sans réfléchir. Tout semblait clair. Il ne s'était pas interrogé et n'avait pas questionné ce que les gens penseraient. Cela voulait sûrement dire qu'il avait eu raison.

Je pense que j'ai raison, pensa-t-il, hésitant.

Pansy ne semblait pas savoir quoi faire de sa réponse. Elle le fixa pendant un long moment à travers ses grands yeux bruns humides, avant de détourner les yeux en reniflant.

« Je m'en fiche que tu pleures, avoua Drago, tandis que ses épaules tremblaient. Je serais triste si c'était ma mère. »

Pansy laissa échapper un souffle tremblant.

« Et je ne vais te taquiner à propos de ça. »

Ses mains se croisèrent sur ses genoux.

« Je suis vraiment désolé, Pansy. »

« Je crois que j'aimerais bien ce câlin finalement. » dit-elle, avant que sa voix ne s'éteigne.