Bonjour ! Parce que je suis super sympa (aucun rapport avec mon temps libre, bien sûr), je vous poste vite la suite. C'est vrai que c'était une sacrée fin de chapitre. Dans celui-ci, moins de suspens, mais autant de plaisir à lire, j'espère. A bientôt !
La porte s'ouvrit largement derrière Marlène, au moment où Sirius touchait le sol. Elle fit volte-face, la baguette levée et prête. C'était Gawain et elle hésita. Lui non.
« Expelliarmus ! » dit-il.
Sa baguette sauta de sa main et atterrit quelque part derrière elle.
« Incarcerous. » dit-il, l'air sinistre, et Marlène ne combattit pas les liens qui l'enserraient.
C'est fini, pensa-t-elle en regardant l'endroit où Sirius était allongé, immobile. Enfin. Elle pensa qu'elle était sous le choc – elle venait de tuer quelqu'un – et elle avait utilisé un Impardonnable – elle avait un mauvais goût dans la bouche, comme si elle avait mangé de la terre ou léché le sol des toilettes publiques – mais elle se sentait également soulagée. Pas parce qu'il était mort, mais parce qu'elle avait finalement accompli son devoir. Elle s'était attendue à se sentir heureuse, mais ce n'était pas le cas.
Elle n'avait pas voulu le tuer, au final – dès le moment où elle l'avait vu, elle avait été envahi par les doutes – et s'il était innocent, et si Lily et James ne voulaient pas voir le traître mort, que penserait Harry, la vengeance valait-elle la peine de perdre la vie qu'elle avait passé les derniers mois à construire ? – mais il le fallait. Ça devait être fait. Ses doutes n'avaient pas rendus la chose facile ou amusante, cependant.
Amusant. Par Merlin, j'étais stupide de penser que sa mort aurait pu être quelque chose de joyeux. Elle avait toujours imaginé que ça le serait, mais maintenant … Elle ne pouvait s'en convaincre. Elle avait passé des mois à vivre pour ce moment et maintenant, elle se rendait compte que c'était loin de répondre à ses attentes. Elle étouffa un rire et Gawain lui adressa un regard dégoûté et déçu, ce qui serra un peu plus son cœur. Cela valait-il la peine ? se demanda-t-elle. Elle savait à voir l'expression froide de Gawain qu'il ne voudrait pas entendre ses justifications – aussi faibles soient-elles. A ses yeux, c'était un meurtre.
C'était un meurtre, murmura la conscience de Marlène – qui ressemblait beaucoup à Lily (une Lily très déçue). Il était sans défense. Il n'avait nulle part où aller, où se cacher.
« Il le méritait. » dit-elle avec une petite voix, mais elle n'en était pas sûre, pas comme ça.
Peut-être aurait-elle du lui laisser la chance d'au moins se défendre. Lily ne répondit pas, mais Gawain le fit il était à mi-chemin du corps de Sirius quand il se retourna.
« Vraiment ? »
« Oui. » insista Marlène.
Elle bougea un peu contre ses liens pour pouvoir s'appuyer contre le mur de la cellule. Il ne lui échappa pas que la nuit dernière, c'était Sirius qui se trouvait dans cette position. La nuit dernière, Sirius était en vie.
« Il les a tué- c'était un meurtrier !
« Et maintenant, tu ne vaux pas mieux. » lui dit Gawain.
Il n'y avait aucune trace de son habituel humour pince-sans-rire dans ses yeux, aucune trace de sa chaleur. Marlène se sentit glacée et pas seulement à cause des Détraqueurs. Gawain ramassa son badge, qui traînait sur la table et le rangea dans sa poche.
« Tu regrettes ? » demanda-t-il en l'observant attentivement.
Elle n'avait pas remis en cause ses actions avant d'entrer dans la cellule. Elle avait vu dans les yeux de Sirius qu'il ne pensait pas qu'elle le ferait, elle avait vu cette foi tenace qui lui disait qu'elle ne le blesserait pas vraiment. Sa confiance en elle appartenait à son Sirius – un homme qui était mort bien avant aujourd'hui – pas au monstre dont le visage reposait sous la table blanche dans sa cellule blanche. Mais le monstre n'avait pas agi comme un monstre. Il n'avait pas contre-attaqué, il avait seulement essayé de lui parler. Elle avait pensé pendant un instant que peut-être, juste peut-être, son Sirius était toujours là. Elle avait hésité. S'était excusée.
« Je suis désolée qu'on en soit arrivé là. », avait-elle dit. Et ensuite, elle avait du se forcer à se souvenir qu'elle le voulait mort, qu'elle avait un devoir à accomplir, même si elle allait tout perdre. Elle avait levé sa baguette et ses seuls instincts avaient tenus sa baguette immobile. Et alors elle avait forcé ces mots, ces mots sales, au goût amer, à sortir de sa bouche et avait terminé. Elle l'avait terminé. Elle aurait du sentir que c'était la bonne chose à faire, mais elle ressentait ça comme une trahison.
Tu es ridicule. Sirius était un traître. Nous étions dans des camps opposés. Ce n'est pas- ça ne peut pas être une trahison. Ça devait arriver.
Elle prit une grande inspiration et essaya de justifier tout ça. Harry était en sécurité, elle était en sécurité et Sirius ne ferait plus de mal à personne … Ou du moins, elle l'espérait. Ça lui ressemblerait bien s'il revenait la hanter.
Et à cette pensée, elle éclata en sanglots et commença à rire, en même temps.
Gawain eut l'air alarmé, commença à s'approcher d'elle avant de changer d'avis et de s'éloigner. Ses yeux ne s'étaient pas du tout adoucis et il n'y avait aucun doute qu'il la pensait aussi folle que l'ancien occupant de la cellule. Il se détourna d'elle, ce qui fit mal, et s'accroupit près de Sirius. Marlène voulait lui dire qu'elle n'avait pas vraiment voulu tuer Sirius, qu'à la fin, elle l'avait fait par sens du devoir, pas par folie meurtrière. Qu'elle n'avait pas aimé ça et qu'elle n'était pas heureuse, qu'elle ne se sentait pas mieux maintenant.
« Ça devait être fait. » dit-elle avec une voix tremblante.
Elle observa Sirius, étendu sur le sol près de Gawain, et elle essaya de le détester – alors peut-être qu'elle serait capable de se dire qu'elle avait bien fait – mais elle en fut incapable. C'était difficile de détester un homme mort et encore plus dur de détester quelqu'un qu'elle avait tué elle-même. Elle laissa échapper un sanglot hystérique, mais Gawain ne lui accorda aucune attention il passait sa baguette au-dessus de Sirius, faisant Merlin seul savait quoi.
« Rennervate. » murmura Gawain.
« Ça ne marchera pas, dit faiblement Marlène. Il est mort. »
Sauf qu'il ne l'était pas.
Les morts n'ouvraient pas la bouche et ne se mettaient pas à toucher inlassablement. Les morts ne roulaient pas sur le côté pour vomir. Les morts n'essuyaient pas leur bouche avec leur manche, avant de s'asseoir lentement en tremblant.
Sirius Black n'était pas mort.
Marlène ne pouvait pas détester un homme mort, mais elle n'avait aucun mal à en détester un vivant. Elle avait eu des doutes quant à le tuer, mais cela ne voulait pas dire qu'elle le voulait vivant.
« Qu'est-ce que tu as fait ? demanda Marlène en s'agitant contre ses liens. Gawain, qu'est-ce que tu as fait ?! Il est censé être mort ! »
Elle pleurait à nouveau, ce n'était plus des sanglots hystériques, confus. C'était des larmes de colère en partie parce qu'elle avait raté et en partie parce qu'une partie d'elle – pas une grande partie, mais tout de même – était soulagée.
« Gawain ! »
Ce n'était pas censé se passer comme ça. Il était supposé être mort et elle était censée se sentir confuse, peut-être même coupable à propos de ça, mais elle aurait dépassé ça. Maintenant, elle avait utilisé un Impardonnable sur un homme sans défense, avait été surprise – Gawain avait du voir la lumière verte à travers la porte de la cellule – et elle n'avait gagné rien en retour. Elle éclata en sanglots, bruyants et tremblants, épuisée par ses liens.
« P-pourquoi ? Qu'est-ce que je- P-pourquoi tu n'es pas mort ? » cria-t-elle, en regardant Sirius à travers ses yeux humides.
Il avait l'air si secoué et triste qu'elle n'obtiendrait sûrement aucune réponse de sa part. Il la fixa pendant un moment, avant de se tourner brusquement et de tituber jusqu'à son lit. Il s'y laissa tomber et se tourna pour faire face au mur. Ses épaules tremblaient.
« Gawain, pourquoi ? » haleta-t-elle.
« Il faut le vouloir. » dit Gawain en venant s'asseoir près d'elle.
« Mais je- je le voulais, je le j-jure. » murmura-t-elle.
Mais ce n'était pas vrai. Elle avait eu des doutes. Elle avait agi par devoir, pas par passion ou défense. Le devoir était peut-être suffisant pour un Mangemort, mais pas pour elle. Elle pensa que c'était une bonne chose, mais ça ne semblait pas une bonne chose maintenant. C'était un échec.
« Je t'avais dit que tu valais mieux que ça. » dit-il en l'enlaçant.
Bêtement, cela la fit pleurer encore davantage.
« C'est f-faux pourtant. Je veux qu'i-il meurt- tu devrais être mort ! » dit-elle au dos de Sirius.
« Si c'était vrai, dit froidement Gawain. Alors il le serait. »
« Il ne l'est pas, mais il devrait l'être, corrigea-t-elle. Je vais être renvoyée du programme, même si j'ai échoué. »
« Non. » dit Gawain en s'écartant d'elle.
« Q-quoi ? » demanda-t-elle en essuyant ses joues.
« Tu vas avoir une amende – tu vas donner une très grande quantité d'or à Sainte-Mangouste ou à une autre fondation. Tu vas aussi faire de ton mieux pour réussir la formation- mieux que ça, même. Je veux que tu sois la meilleure de la promotion. »
Marlène le fixa aucune punition n'était abusive. En réalité, elles étaient même légères Marlène était déjà bien classée et elle donnait à Sainte-Mangouste régulièrement.
« Et, dit Gawain. Tu vas me promettre de ne jamais plus essayer quelque chose comme ça. »
Elle lui adressa un regard dur.
« Tu as lancé le sort, mais tu ne le voulais pas vraiment et ça me suffit pour t'offrir une deuxième chance, mais si tu ne peux pas me promettre ça, alors ça ne vaut pas le coup. »
Elle avait risqué de perdre son boulot, ses amis- sa vie, pour tuer Sirius. Elle n'allait faire ça deux fois. Elle recevait une deuxième chance – une qu'elle n'avait pas attendu et qu'elle ne méritait pas – et elle n'allait pas la gâcher.
« Je promets que je ne le tuerais pas moi-même. » dit-elle doucement.
Elle pouvait promettre ça. Elle pouvait souhaiter sa mort sans passer elle-même à l'acte.
« Mais je ne vais pas arrêter le Ministère s'ils décident de lui faire subir le Baiser du Détraqueur. »
« Je ne te demande pas ça, dit Gawain. Mais tu promets ? »
« Je le promets. » dit-elle.
« Brave fille. » dit-il.
Il fit venir sa baguette, la détacha et la lui rendit.
« Alors tu vas te taire et je vais me taire et on garde la punition entre nous. Cela laisse juste un petit problème. »
Il jeta un regard vers Sirius.
« Black. »
« Robards. »
La voix de Sirius était éteinte et tremblante et il ne se tourna pas pour leur faire face.
« Ça va ? »
« Qu'est-ce que tu crois ? »
La réponse de Sirius aurait plus de piquant si sa voix ne s'était pas brisé au dernier mot. Gawain ne semblait pas savoir comment répondre il fronçait les sourcils et regardait pensivement le dos de Sirius.
« Tu es blessé ? » demanda Gawain après un silence.
Sirius ne répondit pas tout de suite.
« Ça va. » dit sèchement Sirius.
Sa voix était faible, mais Marlène ne pensait pas qu'elle pouvait le blâmer pour ça.
« Et je ne compte pas porter plainte. »
« Pourquoi pas ? demanda Marlène. Qu'est-ce que tu y gagnes ? »
« Absolument rien, s'écria Sirius. Et pourquoi … Je suis fou, tu te souviens ? »
« Je ne me plains pas, Black, dit Gawain, incrédule. Mais je trouve difficile de croire que tu vas te débrouiller pour t'en tirer un avantage. »
« Ça ressemble à une plainte pour moi. » fit remarquer Sirius.
La colère, la confusion et la tristesse explosèrent en Marlène c'était quelque chose que Sirius – son Sirius – aurait pu dire.
« Merci. » dit lentement Gawain, avant de faire signe à Marlène de se lever.
Elle s'exécuta et Sirius ne bougea pas, ni ne parla. Il resta tourné vers le mur, tandis qu'ils sortaient.
Sirius n'avait jamais pensé que Marlène était capable de le tuer. Oh, il savait qu'elle était capable de tuer – elle avait tué un Mangemort pour sauver Lily qui était enceinte à l'époque de l'Ordre – mais pas de le tuer lui. Il s'était attendu – si elle avait eu la main lors d'un duel – à ce qu'elle lui lance un sort et qu'elle le rende à Dumbledore ou au Ministère. Elle avait parlé de le tuer avant et même s'il avait admit qu'elle le voulait mort, il n'avait jamais pensé qu'elle passerait à l'acte elle-même. Accepter cela aurait signifié d'identifier Marlène comme une ennemie – pas de la façon dont Lily et James avait été 'ennemis', mais plutôt à la façon de Voldemort et Dumbledore.
Sirius n'avait jamais voulu avoir Marlène comme ennemie. Il l'avait aimait à l'époque de l'Ordre, même s'il ne l'avait jamais avoué à personne jusqu'après sa 'mort' au milieu des pleurs, des cris, des insultes et de la destruction de ses affaires à l'aide des pires sorts qu'il connaissait, il l'avait avoué à James. Même Marlène ne l'avait jamais su. Et malgré avoir pensé qu'elle était morte depuis sept ans, malgré Azkaban, les sentiments de Sirius – bien que légèrement moindres qu'ils ne l'avaient autrefois été – existaient encore.
Il se tourna et grimaça. Il soupçonnait qu'il avait une, peut-être deux côtes cassés à cause de sa chute. Il ne se souvenait pas être tombé, mais il était passé d'une position debout à une position allongé, alors il imaginait que c'était ce qu'il s'était passé. Prudemment, il retira sa robe et souleva son pull et son tee-shirt. Il laissa échapper un gémissement douloureux et grimaça. Son flanc était recouvert par deux hématomes plutôt laids, l'un jaune-violet, l'autre rouge. Ces bleus allaient jusqu'à son cœur, où le sort de Marlène l'avait frappé.
Bon sang, pensa-t-il en se demandant s'il n'aurait pas du dire quelque chose à Gawain lorsqu'il avait demandé si Sirius était blessé. Des blessures comme celles-là ne seraient sans doute pas faciles à cacher et elles seraient encore plus dures à expliquer.
Il se berça d'illusions en pensant que ses sentiments à elle devaient toujours être quelque part. Sirius réalisa maintenant qu'ils étaient soit enterrés derrière plusieurs couches de haine et de ressentiment, soit complètement détruits par ce qu'elle pensait qu'il avait fait. Un ancien amour n'allait pas l'aider et il était presque mort d'avoir penser ça. Ça avait été stupide et imprudent. Il ne la sous-estimerait plus jamais son sort – de mort – l'avait touché. Quelques doutes restants – pour lesquels il pouvait probablement remercier les Détraqueurs – avaient affaibli son sort. Ce n'était plus quelque chose sur lequel il devait se reposer et il supposa que si elle avait été juste un peu plus énervée en lançant le sort, il ne serait sûrement plus en vie pour en faire le constat.
Voilà une pensée joyeuse.
Il ne pourrait jamais la détester – comment le pourrait-il, alors qu'il aurait fait exactement la même chose si ça avait été Peter ? – mais il ne pouvait s'empêcher de l'aimer. Elle était une vieille connaissance et par-dessus tout, une menace. Elle ne serait rien d'autre pour lui. Espérer qu'elle accepte son histoire, qu'elle lui pardonne et propose de reprendre les choses où ils les avaient laissé huit ans plus tôt ne ferait que rendre Sirius misérable, voir le tuer.
Elle est une ennemie maintenant, pensa-t-il en sentant ébranlé, mais déterminé. Il se demanda brièvement s'il devrait parler à quelqu'un de l'attaque – n'était-ce pas ce que des ennemis feraient ? - avant de repousser cette pensée. Ma vie contre son travail, pensa-t-il. Ce n'était pas son raisonnement à cet instant, mais il semblait logique d'un point de vue non-amical.
Avec cela de réglé, Sirius tourna son attention vers les Détraqueurs. Il n'avait pas bien dormi – d'accord, pas du tout – cette nuit à cause d'eux, mais ils ne l'affectaient pas autant quand il était réveillé, pas plus que de le faire se sentir froid ou de le faire penser à des choses déprimantes à l'occasion. Ça avait été pareil lors de son premier jour à Azkaban, puis tout l'avait frappé aussi fort qu'un Hippogriffe énervé lors de la seconde nuit en prison. Il ne comptait pas cela arrivé cette fois il avait besoin d'être mentalement prêt pour gérer les Aurors.
Il ne comptait pas parler de Peter si rapidement – c'était quelque chose dont il parlerait lors de son procès – mais il ne pouvait refuser de partager d'autres détails ou ils décideraient qu'il n'était qu'une perte de temps. Ce serait une démarche très délicate. Il espérait que Remus viendrait le voir il savait qu'il n'obtiendrait des nouvelles de Harry avec personne d'autre.
Sirius inspira longuement. Il ferma les yeux, s'autorisant à plonger profondément dans son propre esprit. Azkaban émergea, comme une horrible fleur grise, et Sirius se retrouva debout sur la pierre grise au lieu d'être allongé sur son lit bosselé. Il poussa la porte de sa cellule et sortit.
Il fouilla à la recherche de souvenirs heureux jusqu'à en trouver un qui l'était suffisamment. Spero Patronum, pensa-t-il en se concentrant sur Noël avec Harry et Remus. Il pensa à la sensation d'être sur son balai, au visage de Harry quand il volait et à la façon dont Remus avait oublié le camp, sourit et rit. Sirius se souvint de ce qu'il avait ressenti à l'idée d'avoir une famille à nouveau et alors, Patmol bondit hors de sa baguette, dans l'obscurité.
Tout comme il l'avait fait quand il avait voulu se débarrasser de la Potion du Détraqueur, Sirius ouvrit son esprit au Patronus et lui donna accès à tous les souvenirs heureux qu'il avait. Il brilla, rejetant une lumière chaude et argentée sur les ruines d'Azkaban et la mer du Nord tempétueuse.
Reste-là, souffla-t-il, et Patmol agita la queue et se mit à courir. Sirius se mit à rire le Patronus diffusait sa protection jusqu'aux contours de l'île – ce qui était l'objectif de Sirius – mais il avait désobéi à un ordre direct. Il supposa que c'était un mauvais choix de mots de sa part.
Il regarda, tout sourire, Patmol traverser un souvenir heureux le discours de Remus lors du mariage de Lily et James résonna dans son esprit et Sirius aperçut les cheveux brillants de Lily, l'éclat des lunettes de James et il entendit son propre rire semblable à un aboiement. Patmol était blanc désormais, brillant comme l'étoile qui avait donné son nom à Sirius et il sauta depuis le chemin sur la plage. Sirius se mit à sourire et ouvrit les yeux.
« Aargh ! »
Cornelius Fudge, le Ministre de la Magie, sauta en arrière. Sirius laissa échapper un cri – Fudge était penché sur lui – et se redressa. Cela lui fit mal, mais il ne le laissa pas paraître.
« Je ne sais pas ce que vous avez perdu, Monsieur le Ministre, dit Sirius, tandis que Fudge allait se cacher derrière Rufus Scrimgeour et Amélia Bones. Mais je doute que ce soit sur mon nez. »
Sa tentative d'humour tomba à plat Fudge était trop bête pour y voir de l'humour, Scrimgeour avait un sens de l'humour plutôt pauvre et le sens de l'humour d'Amélia était complètement Serdaigle et donc incompréhensible pour la plupart des gens.
« Nous avons des questions pour toi, Black. » dit Scrimgeour avec sa voix cassante.
« Je me doutais que vous en auriez. » dit Sirius.
Il se leva et les trois flanchèrent. Il leva les yeux au ciel et s'assit sur l'une des chaises dans le coin le plus éloigné de la pièce. Il fit signe vers les autres chaises.
« Asseyez-vous. »
Ils échangèrent tous trois des regards inconfortables, bien que Scrimgeour avait l'air un peu amusé – à moins que Sirius ne l'imagine – et il s'assit. Fudge s'était déjà remis de son choc.
« Alors, dit-il. Je parie que vous ne vous attendiez pas à finir ici, Black, n'est-ce pas ? Je parie que vous pensiez pouvoir nous échapper pour toujours. »
« Vous devez vous souvenir que j'étais Auror, Monsieur le Ministre, dit poliment Sirius. Je sais exactement où sont gardés les prisonniers du Ministère, donc si, en fait, je m'attendais à finir ici. »
Le visage de Fudge devint violet. Sirius ne savait pas si c'était de la colère ou de l'embarras.
« Et non. Aussi drôle qu'était notre petit jeu de Vif d'or et d'Attrapeur, j'étais plutôt fatigué de fuir. Je suis innocent et je pense qu'il est temps que ça soit reconnu. »
Aucun d'eux ne semblait savoir quoi répondre.
« Innocent ? dit finalement Amélia, l'air prudente. Monsieur Black- »
« Sirius, ça me va. » l'interrompit Sirius.
Ils avaient été dans l'Ordre ensemble et l'entendre lui parler en disant 'Monsieur Black' était trop étrange.
« Sirius alors, dit-elle doucement, en fronçant les sourcils. As-tu ou non trahi Lily et James Potter en les vendant à Vo- »
Elle s'éclaircit la voix.
« -à Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ? »
« Non. » dit calmement Sirius.
Il sentit son Patronus commencer à disparaître et il lui relança rapidement un autre souvenir heureux Harry disait que son Animagus ressemblait à Patmol.
« Tu nies avoir servi le Seigneur des Ténèbres ? » demanda Scrimgeour, ses yeux fauves étincelants.
Sirius releva ses manches et posa ses avant-bras sur la table.
« Est-ce que ça répond à ta question ? » demanda-t-il.
Ils restèrent silencieux. Soudainement, Fudge se leva et s'en alla vers la porte. Il tapota sur la porte avec sa baguette, disparut et revint l'instant d'après, flanqué de deux Détraqueurs. Sirius sentit le froid entrer dans la pièce, mais il ne se sentit pas affecter par celui-ci. Il avait même plutôt chaud, particulièrement son flanc meurtri. Amélia et Scrimgeour frissonnèrent tous les deux et Fudge avait l'air mal à l'aise.
« Est-ce que j'ai dit quelque chose de mal ? » demanda Sirius en regardant prudemment les Détraqueurs.
Fudge affichait un air rusé sr le visage et Sirius comprit soudainement Fudge avait remarqué que Sirius n'était pas fou ou malheureux. Il le testait.
« Allez. » dit Fudge et les Détraqueurs s'avancèrent.
Ils s'arrêtèrent de chaque côté de Sirius et il sentit la température s'effondrer, même s'il n'avait pas vraiment froid. Sirius pensa à un autre souvenir joyeux – le jour à Remus avait ramené Harry de Sainte-Mangouste – juste au cas où Patmol aurait besoin d'énergie, mais le Patronus semblait tenir bon.
« Vous pourriez … euh … vous tourner un peu ? »
'Vous tourner un peu', pensa Sirius en soupirant. Et c'est lui l'homme qui est responsable de toute la Grande-Bretagne sorcière … Fabuleux. Les Détraqueurs regardèrent – un mot que Sirius utilisait pour la forme, puisque les Détraqueurs n'avaient pas d'yeux – vers Fudge pendant un instant et se tournèrent vers Sirius, qui sentit le froid s'immiscer en lui.
Amélia était très pâle – visiblement, les Détraqueurs l'affectaient – et Scrimgeour avait l'air morose, mais l'humeur de Sirius n'avait pas changé. Il pensa qu'il aurait pourtant du être inconscient et plongé dans des cauchemars. Curieux, il offrit un autre souvenir heureux à Patmol et poussa un peu. Les Détraqueurs reculèrent très légèrement et Sirius s'arrêta immédiatement. S'il pouvait forcer les Détraqueurs à garder leur distance, il valait mieux que personne ne le sache.
« Accio baguette ! » dit Scrimgeour en pointant sa propre baguette sur Sirius.
Rien ne se passa et ils échangèrent de nouveau des regards inquiets.
« Qu'est-ce que tu fais, Black ? » demanda-t-il.
« Je ne sais pas de quoi tu parles. » dit Sirius sur un ton aimable.
« Finite. » essaya Amélia.
Sirius la regarda calmement. Le Patronus était magique, mais il était mental. Un sort pour arrêter la magie physique n'aurait aucun effet. Aucun d'eux ne semblait savoir quoi faire de cette situation et les Détraqueurs n'aidaient probablement pas Amélia avait commencé à trembler.
« Pourquoi vous n'attendriez pas dehors, suggéra Sirius en regardant les deux Détraqueurs. Je pense que vous rendez les choses plus compliquées qu'elles ne devraient l'être. »
« Vous ne pouvez pas leur dire quoi faire ! lança furieusement Fudge. Vous êtes le prisonnier ! »
« Je sais, dit Sirius avec ironie. Mais j'aimerais autant être prisonnier le moins de temps possible – je pense que j'ai passé assez de temps à jouer ce rôle là, pas vrai ? – et vous regardez tous les trois assis là à frissonner n'accélère pas vraiment les choses. »
« Sortez et attendez dehors. » s'écria Scrimgeour, avant que quiconque n'ait pu ajouter quoi que ce soit.
Les Détraqueurs s'en allèrent et les autres se détendirent un peu. Sirius ne sentit aucune différence.
« Vas-y alors, Black. Que veux-tu ? »
« Un procès, dit Sirius d'une traite. Et savoir comment va Harry. »
« Tu n'aurais plus jamais rien à voir avec ce pauvre garçon ! » s'exclama Amélia.
Sirius prit un instant pour se demander ce qui était arrivé à la présomption d'innocence, au concept de 'innocent jusqu'à preuve du contraire'.
« Et si tu penses que l'un de nous- »
Amélia fit signe vers elle-même, Scrimgeour et Fudge.
« -va t'aider à le trouver, alors- »
« Je n'ai pas demandé où était Harry, soupira Sirius. J'ai demandé comment il allait. »
Amélia cligna des yeux, ne semblant pas comprendre. Fudge affichait une expression similaire et Scrimgeour observait Sirius avec un mélange de fascination et de répulsion. C'était comme si Sirius était quelque chose qui s'était échappé d'un magasin d'animaux exotiques de l'Allée des Embrumes.
« Est-ce qu'il est en sécurité ? demanda Sirius, parlant très lentement et très clairement. Est-il heureux ? Est-il effrayé ? Comment va-t-il ? »
« Ça ne te regarde pas, Black. » dit Scrimgeour.
Sirius se laissa tomber contre le dossier de sa chaise et croisa les bras.
« Bien sûr que si, dit-il, trop frustré pour faire attention à la douleur de sa poitrine. C'est mon filleul. J'ai davantage le droit de poser cette question que n'importe qui d'autre. »
Le visage d'Amélia s'assombrit.
« Nous ne vous dirons rien. » dit Fudge.
« Bien, s'écria Sirius. Bien. Ne me dites rien. »
Il les foudroya du regard.
« Mais pour votre bien, il a plutôt intérêt à être en sécurité. »
« Ta façon de parler, Sirius. » dit doucement Amélia.
Il lui fit la grimace et elle sembla si surprise qu'il manqua de rire.
« C'est une menace, Black ? » demanda calmement Scrimgeour.
« Oui, dit Sirius. Oui, en effet. »
« C'est vraiment une bonne idée pour un homme dans ta … ah … position actuelle … de faire des menaces ? » insista Scrimgeour.
« Probablement pas, dit aimablement Sirius. Mais je me soucie plus de la sécurité de Harry que de la mienne. »
Fudge se mit à rire et Sirius voulait lui jeter dessus quelque chose de lourd et large.
« Quelque chose d'amusant, Monsieur le Ministre ? » demanda-t-il.
« Harry Potter est sous la protection du Ministère, dit Fudge, l'air toujours amusé. Il ne pourrait pas être plus en sécurité. »
« Vraiment ? »
Sirius arqua un sourcil et Amélia ferma les yeux un instant il aurait pu parier le contenu du compte des Black qu'elle savait ce qui allait venir.
« Corrigez-moi si je me trompe, Monsieur le Ministre, mais la dernière fois que Harry était sous la protection du Ministère, il a été interrogé – ce qui, je dois dire déjà, est illégal sans la présence d'un parent ou d'un tuteur. »
Fudge tourna les yeux vers Amélia qui acquiesça à contrecœur.
« Mais illégal ou pas, je peux comprendre l'interrogatoire étant donné les circonstances dans lesquels Harry est arrivé et le fait que vous aviez besoin de réponses et que je n'étais pas là pour vous les donner, vous avez fait ce qui était nécessaire. »
« Merci. » répondit Fudge en bombant le torse.
« La partie avec laquelle je ne suis pas d'accord, c'est la façon dont vous avez essayer de le piéger en lui faisant boire du Véritaserum. »
« Des mensonges. » dit Fudge avec un rire nerveux.
Amélia et Scrimgeour lui adressèrent des regards durs.
« Et bien, c'est d'abord ce que j'ai pensé, dit Sirius. Je veux dire, vraiment, qui pourrait être assez stupide- »
Fudge rougit et Sirius aurait juré avoir vu un petit sourire apparaître sur le visage de Scrimgeour.
« -pour essayer quelque chose comme ça ? Il y a un tas de lois qui ont été mises en place pour empêcher ce genre de choses d'arriver. Si vous étiez attrapés à mijoter quelque chose comme ça … Vous seriez virés sur le champ et je pensais que vous n'étiez sans doute pas si stupide. »
Il laissa cela traîner un peu. Fudge gigota un peu, mal à l'aise.
« Mais la seule autre alternative serait que Harry m'ait menti ... »
« Les enfants peuvent être inventifs. » dit sèchement Fudge.
Sirius haussa les épaules pour montrer qu'il avait entendu, mais qu'il ne pensait pas que c'était le cas les enfants étaient créatifs, mais Harry du genre à omettre des détails, pas à en inventer. Et Sirius avait eu l'histoire complète confirmée par Remus, qui l'avait eu par Dumbledore.
« Alors j'avais deux choix, poursuivit Sirius. Soit vous êtes un idiot, soit Harry est un menteur. »
Il se pencha en avant – prudent de ne pas cogner son torse contre la table – et reprit la parole.
« Harry n'est pas un menteur, Monsieur le Ministre. »
Fudge ne manqua pas l'accusation et Sirius fut heureux de voir qu'Amélia et Scrimgeour non plus. Ils avaient l'air intéressé par le tour que prenait la conversation et pas du tout impatients de courir au secours du Ministre.
« Rien ne s'est passé, dit Fudge, le visage violet. Il ne l'a jamais bu. »
« Non, confirma Sirius. Mais c'était grâce à sa propre ingéniosité, pas grâce à la vôtre, Monsieur le Ministre. »
« Il ne l'a pas bu ? » demanda Amélia, à la fois confuse, soulagée et furieuse. J'étais là et il a vraiment- »
Fudge s'enfonça dans sa chaise.
« Nope, dit Sirius qui commençait à s'amuser. Il le versait sur son drap – je pensais que vous l'aviez vu quand vous avez fouillé la pièce. »
Il savait qu'ils l'avaient fait Remus lui avait dit que Dumbledore était au courant … mais il ne pouvait pas vraiment dire ça.
« J'ai moi-même fouillé la chambre, dit Scrimgeour avec amertume. Et je n'ai trouvé aucun drap. »
Fudge semblait vouloir disparaître dans le sol et Sirius, soudainement, comprit ce qu'il s'était passé. Il ne put s'empêcher il se mit à rire. Amélia et Scrimgeour tournèrent la tête vers Fudge, qui regardait le sol comme s'il espérait qu'il s'ouvre et qu'il l'avale. Ça n'arriva pas.
« Je ne pouvais pas avoir été mené en bateau par un petit garçon, marmonna Fudge, en jouant avec le bord de son chapeau vert citron. Les gens auraient pensé- Ça aurait eu l'air- »
« Vous voulez dire, dit Scrimgeour, le coupant avec une voix forte. Que vous nous avez laissé perdre notre temps et gaspiller nos meilleurs éléments pour suivre les 'confessions' de Potter parce que vous étiez trop fier pour nous dire qu'il n'avait jamais vu la potion ? »
« Et bien ... » gémit Fudge.
L'expression sur le visage de Scrimgeour fit dire à Sirius qu'il y aurait quelques mots à ce propos plus tard, mais qu'il n'était pas prêt à avoir cette conversation devant Sirius.
« Alors, dit Sirius en attirant à nouveau leur attention sur lui. Nous avons été un peu distraits, mais je crois que je me suis fais comprendre. »
« Vraiment ? » demanda Fudge sur un ton fatigué.
Sirius se demanda s'il n'avait vraiment rien compris ou s'il avait besoin de savoir à quel argument précis Sirius se référait parmi la foule qu'il lui avait offert. Sirius lui adressa le regard le plus hautain dont il était capable – une expression qu'il avait vu sur le visage de abruti de père.
« Qu'étant donné vos antécédents, Monsieur le Ministre, dit-il innocemment. Il est plutôt normal que je sois inquiet pour la sécurité de Harry. »
La bouche de Scrimgeour frémit.
« Le garçon a été pris en charge. » dit Amélia.
« Oh, je sais, dit Sirius. Indépendamment de tout le reste, vous n'avez aucune raison de demander quoi que ce soit à Harry, car je suis confortablement installé ici. »
Il leur adressa à tous un sourire joyeux. Amélia avait l'air pensive, Fudge semblait furieux et embarrassé et Scrimgeour était penché en avant, l'air curieux à nouveau.
« Et bien, dit l'Auror. Faute de mieux, ce sera déjà intéressant. »
Harry était mort d'inquiétude pour Sirius. Il n'avait eu aucune nouvelle de son parrain, bien qu'il ait quelque chose à propos du 'prisonnier' et de 'cellule' et il avait supposé qu'ils parlaient de Patmol. Il avait été enfermé dans le bureau de Bones à son arrivée au Ministère la nuit précédente et avait reçu un flux régulier de visiteurs.
D'abord, il y avait eu cette guérisseuse, l'Auror à qui il avait donné sa baguette et celle de Patmol – elle s'était présentée sous le nom de Finch – et Maugrey Fol-Oeil, que Harry avait immédiatement reconnu grâce aux descriptions de Patmol et de Lunard. Ils étaient restés avec lui pendant plusieurs heures, à la recherche d'éventuelles traces de magie noire à l'aide de toutes sortes de sorts, de sondes et de potions. Ensuite, Bones était arrivée avec Dumbledore et ils étaient restés avec lui jusque tôt dans la matinée. Depuis lors, il avait vu Fudge, Ombrage, un Auror nommé Scrimgeour, Lucius Malefoy, un homme qui s'appelait Thomas Rattler et – heureusement – Lunard.
Lunard était resté environ une heure, mais il était si pâle et avait l'air effrayé qu'il n'avait pas été de très bonne compagnie. Harry mourrait de lui parler, de lui demander ce qui n'allait pas, de l'interroger sur Patmol, mais Ombrage et Rattler étaient restés là aussi et Harry avait du se résigner à une conversation polie et étrange – même s'il avait plutôt apprécié Rattler – se forçant à appeler Lunard 'Remus'.
Ensuite, Lunard était parti avec un Auror – qui était entré, avait remercié Remus pour le tuyau et dit que tout allait bien, avant d'avoir l'air bouleversé et de demander à Remus d'aller réconforter quelqu'un. Lunard eut l'air inquiet en entendant ça, mais toujours moins qu'avant, alors Harry essaya de se rassurer en se disant que tout allait bien. Ensuite, Malefoy était arrivé et était reparti avec Ombrage en discutant de garde et Rattler s'était assis pour jouer avec Harry à la Bataille Explosive jusqu'aux dernières minutes, où il avait été appelé par un autre Auror pour aider Bones avec quelque chose.
Bien qu'il avait commencé à sentir comme un animal dans un zoo, il se sentait plutôt seul dans ce grand bureau bien rangé.
« Chut ! » siffla quelqu'un de l'autre côté de la porte.
Harry, qui était en train de s'endormir dans la chaise de Bones, sursauta et manqua de renverser une assiette de biscuits du bureau.
« C'est toi qui fait du bruit ! » répliqua une voix indignée.
Harry ne pensait pas qu'elle appartenait à un Auror. Ou même à un adulte. Malgré tout, il resta sur ses gardes il descendit de la chaise et se dissimula derrière une bibliothèque dans un coin de la pièce.
« Oh, s'il te plaît. » fit une voix haut perchée.
Il y eut un bruissement, puis un bruit métallique. Harry s'enfonça un peu plus dans l'ombre, regrettant de ne pas avoir sa baguette. Il ne pensait pas qu'il en aurait besoin, mais il se sentait nu sans elle. Il y eut un clic, la porte grinça et s'ouvrit.
« Tu ne reconnaîtrait même pas le silence s'il te frappait avec une batte. »
Harry entendit deux paires de pas qui entraient. Il y eut un nouveau clic et la porte se referma.
« Wow. » dit l'un d'eux, et Harry reconnut la voix d'une fille. C'est beaucoup plus beau que le bureau de Papa. »
« Ouais, sauf qu'il est vide. » répliqua la voix d'un garçon.
Harry prit une grande inspiration et sortit de l'ombre il ne pensait pas qu'ils allaient lui faire du mal.
« Non, ce n'est pas vide. » dit-il.
Il fut surpris de les reconnaître le premier était le garçon roux qu'il avait rencontré quand il avait eu un accident avec la Cheminée au Chaudron Baveur en mars dernier. Harry se souvenait de lui comme petit et trapu, mais il semblait s'être étiré il était plus grand que Harry maintenant et élancé. La seconde était sa maigre petite sœur qui faisait à peu près la taille de Harry et qui avait l'air satisfaite.
« Je t'avais dit qu'il serait là, dit-elle. On a pensé que tu te sentais sûrement un peu seul. »
Elle adressa un sourire nerveux à Harry.
« Un peu, oui, dit-il en lui rendant son sourire. C'est Ron, pas vrai ? »
Le garçon – Ron – eut l'air stupéfait.
« Tu te souviens de mon nom ? » demanda-t-il, ses sourcils disparaissant sous ses cheveux.
Harry se souvenait de lui, car il était la première personne de l'âge de Harry qui avait été sympa avec lui. Il n'expliqua pas cela, cependant. Il se contenta de hocher la tête et se tourna vers la fille.
« Je ne connais pas ton nom. » dit-il sur un ton d'excuse.
« Son nom, c'est- »
« Je peux me présenter toute seule, Ron ! » s'écria-t-elle.
Ensuite, rougissant violemment, elle se tourna vers Harry.
« Je suis Ginny. »
« Harry. » dit-il.
Ils le regardèrent tous les deux comme s'il était fou. Harry s'éclaircit la gorge, le visage brûlant tout à coup.
« Je … euh … j'imagine que vous le savez déjà, dit-il avant de reprendre, sans trop savoir quoi dire. Euh … un biscuit ? »
« Ils sont à toi. » dit Ron en secouant la tête.
« Ça veut dire que c'est à moi de décider si je veux les partager. » insista Harry.
Il n'avait jamais vraiment eu personne – autre que Patmol et Lunard – avec qui il aurait pu partager quelque chose.
« Allez-y. » dit Harry en leur tendant l'assiette.
Ginny rougit de nouveau et en prit un avec un 'merci' embarrassé et Ron en attrapa un très lentement, comme pour s'assurer que Harry ne blaguait pas. Harry lui sourit largement et après un moment, Ron lui rendit un grand sourire.
« Merci. » dit-il.
« Pas de problème. »
Harry s'assit sur le bord du bureau et les observa un instant. Il aurait voulu leur demander comment ils étaient entrés – Harry savait que la porte était verrouillée et gardée, parce qu'il avait été averti qu'ils le sauraient s'il essayait de s'enfuir. Puisqu'il ne parvint pas à trouver une formulation polie pour le demander, il resta silencieux. Au final, Ginny le fit pour lui.
« Tu prends ça plutôt bien, dit-elle timidement, en cassant son biscuit en deux. Si deux étrangers débarquaient dans ma chambre, je pense que je leur jetterais un sort. »
« J'ai pas de baguette. » répondit Harry en riant et en affichant un air de fausse tristesse, ses mains vides levées devant lui.
Ron et Ginny se mirent à rire.
« Je n'ai pas vraiment de baguette non plus. » admit Ginny.
Harry fut satisfait de constater que sa tentative de blague l'avait aidé à se détendre, même si ses joues étaient toujours un peu roses.
« Mais les baguettes sont plutôt faciles à trouver, en particulier pendant les vacances. »
« Pourquoi ça ? » demanda Harry, curieux.
« Tout le monde est à la maison. » dit simplement Ginny.
« Harry ? demanda Ron, hésitant. Quand tu vas commencer Poudlard ? Parce qu'au Chaudron Baveur, tu as dit que tu commencerais avec Fred et George, mais tu es, tu sais, ici, alors- »
« Ouais, marmonna Harry en rougissant. J'ai … euh … un peu menti sur ça. Désolé. »
Mais Ron sourit simplement et s'assit sur le fauteuil de Bones pour attendre la suite.
« En septembre prochain. » dit-il.
Ron rayonna et le visage de Ginny s'affaissa.
« On serait dans la même année, alors. » dit joyeusement Ron.
« Génial. » dit Harry, soulagé de connaître quelqu'un quand il commencerait.
Il n'avait jamais eu beaucoup de chance avec les amis et Ron était quelqu'un avec qui Harry pensait s'entendre.
« Alors tu seras un an après nous ? » demanda-t-il à Ginny, qui eut l'air surprise et contente qu'il se souvienne d'elle.
Elle acquiesça.
« Tu suis le championnat ? » demanda soudainement Ron.
« Pas vraiment, dit Harry en haussant les épaules. Mais Pat- euh- Sirius – c'est mon parrain- »
« On sait ça. » dit Ginny.
Harry sentit son visage s'embraser à nouveau.
« C'est vrai. » murmura-t-il.
Ginny avait l'air absolument fasciné.
« C'est facile d'oublier que tout ça est vrai pour toi. » dit-elle.
« Euh … quoi ? »
« Et bien, pour nous, dit-elle en se désignant, ainsi que Ron. Ton nom et celui de Sirius Black sont des noms de la Gazette, des personnages d'histoires – tu ne l'es plus maintenant qu'on t'a parlé, bien sûr – mais pour toi, il existe … Pas qu'il n'existe pas, mais tu le connais, tu vis avec lui. Tu pensais que tu devais te présenter, le présenter- »
Elle rougissant, décidant apparemment qu'elle en disait trop.
« C'est juste bizarre de t'entendre en parler. »
« Oh. » dit simplement Harry.
Ce n'était pas qu'elle n'avait pas été clair – elle l'avait parfaitement été, juste qu'il ne savait pas quoi répondre.
« Alors Bl- euh- Sirius supporte qui ? » demanda Ron.
Harry lui lança un regard reconnaissant. Les oreilles de Ron devinrent rouge vif.
« Les Canons. » dit Harry en riant.
« Oh, bon sang. » dit Ginny en commençant à rire aussi.
« C'est une très bonne équipe ! » dit Ron férocement.
« Ils sont nuls, Ron. »
Harry était content que ce soit Ginny qui l'ait dit et pas lui, car il était d'accord avec Lunard – et maintenant Ginny – pour dire que les compétences des Canons étaient moyennes. Ginny jeta un coup d'œil à Harry et commença à rire de nouveau.
« Désolé- c'est juste- Black supporte les Canons. » dit-elle inutilement.
« Alors vous jouez au Quidditch ? » demanda Harry en essayant d'arrêter de sourire, pour distraire Ron qui semblait insulté par les moqueries contre son équipe de Quidditch.
« Ouais, dit Ron en se détournant de sa sœur qui riait toujours. J'aime bien être Gardien, mais je peux jouer Batteur ou Poursuiveur. Tu joues ? »
« J'ai déjà volé. » dit Harry en haussant les épaules.
« T'as l'air d'un Attrapeur. » dit Ginny en le jaugeant.
« Tais-toi, Ginny, dit Ron, voulant apparemment se venger des insultes concernant les Canons. Tu ne sais même pas voler. »
« Je parie que je pourrais te dépasser. » répliqua Ginny.
Ron renifla et Harry plaça l'assiette de biscuits entre eux avant que les choses ne dégénèrent. Les choses se calmèrent après ça. Ginny repéra le jeu de Bataille Explosive et ils se réunirent tous les trois autour du bureau pour jouer.
Je me demande si c'est ce que ça fait d'avoir des amis, pensa Harry en écoutant Ron rire face à une Ginny qui le foudroyait du regard et qui venait juste de perdre un sourcil dans une explosion. Il pensa que ça devait être ça.
