Salut tout le monde ! J'espère que vous passez tous de très bonnes fêtes et que vous allez apprécier ce chapitre. Je suis absolument désolée de ne pas poster plus souvent, mais ça prend un temps fou dans une vie qui ne s'arrête jamais. Je fais ce que je peux, mais sachez en tout cas que je ne compte pas arrêter là ! Merci donc à tout ceux qui commencent la lecture, à ceux qui laissent des commentaires, à ceux qui continuent à lire malgré les pauses. Vous êtes au top ! Bonne lecture et à très vite, espérons !


« Je suis désolé. » dit doucement Remus, tandis que des murmures s'élevèrent.

Il n'était pas sûr de savoir à qui il parlait exactement.

Il aurait pu parler à Malefoy qui avait l'air furieux, s'excuser pour avoir gaspiller son temps ces derniers mois.

Il aurait pu s'adresser à Rogue, l'impassible, qui avait suspecté que Remus aidait Sirius depuis le début. Ce n'était pas vrai, mais Rogue avait été réprimandé plus de fois que Remus ne pouvait le compter, alors qu'il avait raison depuis un moment maintenant.

Il aurait pu s'adresser à McGonagall, à Hagrid ou à Fol-Oeil qui s'étaient tous occupés de lui depuis toutes ces années et le connaissaient depuis longtemps. Maintenant, ils sauraient qu'il leur avait menti et il savait que ça leur ferait mal, parce que maintenant, ils pensaient qu'ils avaient aussi échoué avec lui.

Il aurait pu s'adresser à Matt qui avait l'air exaspéré et encore un peu plus inquiet. Remus lui avait promis de garder la tête basse pendant le procès et de ne rien faire de stupide. Oups.

Il aurait pu s'adresser à Dora, dont les cheveux étaient devenus blancs à cause du choc et qui avait l'air absolument bouleversé. Quelque chose se serra en lui et il posa presque une main réconfortante sur son épaule, mais il ne pensait pas qu'elle le prendrait très bien.

Il pouvait aussi s'adresser à Harry, parce que si les choses se passaient mal, il se retrouverait à Azkaban avec Sirius et Harry serait à nouveau seul.

« Très drôle, Lupin, dit Sirius, et tout le monde se tut. Toutes ces années et tu as encore ton sens de l'humour. »

Remus leva les yeux au ciel Sirius essayait de lui donner une chance de dire que c'était une blague de mauvais goût. Il appréciait le geste, mais il avait pris sa décision.

« Je suppose que c'est déjà ça- »

La main de Remus glissa dans les cheveux de Harry sur le chemin pour descendre des gradins. Un flash d'appareil photo se déclencha derrière lui. Scrimgeour et les autres Aurors suivirent son avancé avec leurs baguettes.

Remus s'arrêta à quelques mètres de Sirius – il ne voulait pas que quelqu'un panique et le stupéfixe.

« Je t'ai laissé te débrouiller tout seul la dernière fois et je ne compte pas refaire cette erreur. »

Il leva les yeux vers Dumbledore en disant cela et pensa que sa précédente excuse aurait pu être adressé à son ancien Directeur.

« Arrêtez-le- »

Des bavardages explosèrent depuis les gradins, couvrants la voix de Fudge. Les yeux de Remus s'écarquillèrent et une larme glissa sur la joue de Dumbledore. Quelqu'un protesta derrière lui.

« -pour complicité avec Sirius Black dans ces nombreux crimes- »

« Non. » dit Sirius, lorsque le Patronus en forme d'aigle qui gardaient les Détraqueurs s'affadit et les les laissa s'approcher de Remus.

Il se tut, lança quelques souvenirs joyeux à son Patronus et fut récompensé en voyant les Détraqueurs s'arrêter.

« Je suis le Ministre de la Magie ! hurla Fudge. Vous me répondez à moi, pas à Black ! Arrêtez le traître- »

« J'ai dis non ! cria Sirius. Le destin de Remus est lié au mien maintenant. Il n'est pas un traître à moins que je sois condamné. »

Il y eut une longue pause, durant laquelle le visage de Fudge devint lentement de plus en plus rouge, Ombrage se mit à griffonner, Remus et Dumbledore se dévisagèrent l'un l'autre – c'était impossible de dire qui avait l'air le plus triste – et le cœur de Sirius tambourina dans sa poitrine.

« Amenez un siège à M. Lupin. » dit finalement Amélia en adressant un regard dur à Remus.

Son ordre lui attira des regards impassibles de la majorité des Aurors, mais Shacklebolt se leva, murmura un sort complexe et une chaise identique à celle de Sirius apparut. Remus s'assit, l'air digne, et jeta un regard impassible aux chaînes. Le Patronus d'Amélia bloqua à nouveau les Détraqueurs et Sirius jeta un coup d'œil dans la direction de Harry pour s'assurer qu'il n'avait pas été affecté.

« Depuis quand ? » demanda gravement Dumbledore, avant que Fudge n'ait pu commencé à décrire les charges.

Remus se mit à se triturer les doigts près de Sirius.

« Août. » murmura Remus.

« Plus fort ! » dit Amélia.

« Août. » dit Remus sur un ton de défiance.

Dans les gradins, Dora enfouit son visage dans ses mains, ses cheveux verts foncés. Dumbledore soupira et ferma brièvement les yeux.

« Et comment- »

« Objection, dit Sirius. Le destin de Remus est lié au mien, mais le mien n'est pas lié au sien et donc, je pense que cet interrogatoire est contre-productif. »

Un murmure courut dans les rangs du Magenmagot, mais Sirius savait que son argument était trop valide pour être ignoré.

« Les charges, alors- »

Fudge adressa un sourire mauvais à Sirius et accepta un parchemin plutôt long de la part de Rattler.

« -contre l'accusé sont les suivantes : de façon volontaire, en toute connaissance de cause et conscient de l'illégalité de ses actions, ayant suivi la formation d'Auror, il est personnellement responsable du décès de victimes sorcières et non-sorcières lors de la guerre – plus spécifiquement les morts de Peter Pettigrow et de treize moldus. L'accusé a également utilisé la magie noire et notamment les Sortilèges Impardonnables durant son temps en tant que Mangemort et a transmis des informations confidentielles à Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ayant pour conséquence plusieurs décès – plus exactement les morts des Potter, des Bones, des McKinnon, des Meadow et également des individus suivants : Caradoc Dearborn, Benjy Fenwick, ainsi que Gideon et Fabian Prewett. »

Fudge s'arrêta pour reprendre sa respiration et observa Sirius, qui croisa calmement son regard et attendit qu'il reprenne. Remus arqua un sourcil en direction de Sirius et Sirius laissa un coin de sa bouche se relever pour montrer que oui, il allait bien.

« M. Black est également accusé de s'être échappé de la prison d'Azkaban- »

« Objection. » dit Sirius avec un sourire faible.

« Je vous demande pardon ? demanda Fudge. Puisque vous êtes assis devant nous, Black, c'est plutôt évident que vous vous êtes, en effet, échappé- »

Sirius savait qu'il ne fallait pas montrer qu'il était d'accord il l'était à moitié, mais alors, ils se jetteraient sur cette réponse et refuseraient de le laisser parler. C'était mieux qu'ils soient sur la défensive.

« Une accusation criminelle est, par définition, dit Sirius. Quelque chose qui va à l'encontre de la loi sorcière. »

« Oui, et- »

« Et puisque le Ministère s'est assis sur la procédure lors de mon arrestation et m'a refusé un procès- »

« Où voulez-vous en venir, Black- »

« Ce que je veux dire, M. le Ministre, dit Sirius. C'est que je n'ai jamais été officiellement condamné. »

« C'était officiel- »

« Alors vous avez un document qui précise spécifiquement la durée et la localisation de mon emprisonnement ? »

Du coin de l'œil, Sirius pourrait voir Remus qui luttait pour garder un visage impassible.

« Je t'interdis de rire. » souffla Sirius, parce que si Remus se mettait à rire, alors Sirius le ferait aussi et il avait déjà assez de mal à ce que les autres le prennent … au sérieux.

Oh bordel, pensa Sirius, étouffant un rire. Remus se mit à tousser. Bordel de merde !

« Vous avez été condamné à Azkaban, à vie- »

« J'ai demandé si vous aviez un document. » dit Sirius en luttant désespérément pour ne pas laisser son amusement prendre le dessus.

« Et bien, non, nous n'en avons pas, mais- »

« Exactement. Alors je crains, M. le Ministre, que cette accusation ne tienne pas. Je n'ai brisé aucune loi en quittant un endroit où je n'avais aucune obligation légale de rester. »

Fudge cligna des yeux et Ombrage s'interrompit dans sa prise de notes frénétique. Sirius leur lança un grand sourire. Un autre murmure parcourut le Magenmagot.

« Poursuivez la liste des charges, M. le Ministre, mais assurez-vous qu'elles tiennent la route. »

« Je- oui. » dit Fudge, gêné.

Il s'éclaircit la gorge.

« Vous- enfin, l'accusé porte également la responsabilité de deux enlèvements sur la personne de Harry Potter, depuis la maison de sa famille et plus tard de Sainte-Mangouste- »

« En fait, Sainte-Mangouste, c'était moi. » dit Remus avec obligeance.

Dumbledore laissa sa tête tomber dans ses mains et Fudge les dévisagea tous deux, la bouche ouverte.

« Poursuivez, M. le Ministre. » le railla Sirius, avant qu'ils ne décident à nouveau d'arrêter Remus.

« Un enlèvement alors, bafouilla Fudge. Et également de maltraitance physique sur la personne de Harry Potter, à savoir une luxation de l'épaule, de nombreuses ecchymoses et des dommages au niveau des vertèbres. »

Cela retira toute trace d'amusement sur le visage de Sirius et il grogna légèrement.

« L'accusé est aussi accusé de violation de domicile, de soustraction à la justice début septembre et de la possession d'un artefact de magie noire le soir de son arrestation le mois dernier. »

La respiration de Sirius s'interrompit et il croisa les yeux de Remus pendant un instant. L'inquiétude flotta entre eux et Sirius pria pour que Keira l'ait conservé en sécurité.

« Vous êtes Sirius Orion Black ? »

« Qu'est-ce que vous sous-entendez à propos de la sécurité du Ministère, M. le Ministre ? » demanda Sirius avec un sourire malicieux.

Il laissa Fudge le dévisager un moment.

« Bien sûr que je suis Sirius Orion Black. »

Idiot.

« Et vous avez reçu une importante formation en loi sorcière lors de votre apprentissage d'Auror, n'est-ce pas ? »

« Oui. » dit Sirius.

Il y avait tant de réponses pleine d'esprit qu'il aurait pu lancé à la place, mais il pensait que Fudge méritait une pause le pauvre homme – Sirius ne se sentait pas vraiment désolé pour lui – était toujours rouge de honte.

« Et malgré ça, vous avez commis de nombreux crimes- »

« Non. » dit Sirius.

Amélia et Dumbledore échangèrent des regards exaspérés.

« Le tribunal reconnaît son premier témoin, Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. »

Dumbledore se leva, descendit du gradin du Magenmagot et fit apparaître une chaise face à Fudge, même si ses yeux restaient fixés sur Remus et Sirius. Il avait presque l'air désolé, mais Sirius connaissait Dumbledore une fois qu'il était convaincu que quelque chose était nécessaire, il ne reculait devant rien.

Dumbledore parla de la guerre et certaines choses firent tressaillir des membres du public, mais Sirius savait tout ce qu'il omettait. Dumbledore ne prononça pas une fois les mots 'Ordre' ou 'organisation secrète' et ne nomma jamais aucun membre qui n'était pas mort – à l'exception de lui-même, de Sirius, Remus et Peter. Il réfléchissait visiblement avec beaucoup de prudence à ce qu'il disait. Il ne décrivit pas non plus Sirius comme maléfique, ce qui s'avéra être une agréable surprise ; c'était un résumé plutôt juste des choses qui s'étaient passées. Selon Dumbledore en tout cas.

Fudge et Amélia posèrent quelques questions après cela, la plupart concernant les supposées mauvaises actions de Sirius. Amélia acquiesça et demanda au prochain témoin de s'avancer.

« En fait, j'ai quelques questions. » dit Sirius.

Fudge leva les yeux au ciel, mais personne ne refusa son droit à Sirius. Dumbledore lui fit signe de commencer.

« Vous considérez-vous comme un homme raisonnablement observateur ? »

Les yeux de Dumbledore se plissèrent et Sirius comprit qu'il savait exactement où Sirius voulait l'emmener.

« Pas plus qu'un individu moyen, j'en suis sûr. » dit poliment Dumbledore.

« D'accord, dit Sirius. Mais vous avez apporté un nombre de détails assez importants dans votre version des événements ... »

« En effet, oui. »

« Et votre version des événements est basée sur des conclusions que vous avez tiré grâce à votre perception des choses à ce moment-là, oui ? »

« Oui. »

« Donc soit vous avez une mauvaise perception des événements et dans ce cas, votre résumé n'est peut-être pas aussi fiable que vous l'espérez, soit vous êtes véritablement observateur, dit Sirius. Alors, à votre avis ? »

« Je suppose que je suis observateur. » soupira Dumbledore.

« Vous avez enseigné à Voldemort- »

Pendant un instant, la salle d'audience ressembla à un zoo – des gens se mirent à couiner, à crier, à grogner, à gémir, à déglutir – et la pièce retrouva son silence.

« -oui ? »

« En effet, oui. »

« Dites-moi, M. le Directeur, vous a-t-il déjà rendu mal à l'aise ? Avez-vous déjà soupçonné qu'il pourrait être malfaisant ? »

« J'ai … eu des inquiétudes. » admit Dumbledore.

« Et c'est un dingue malfaisant, dit Sirius en faisant rire Remus. Mais il était un sorcier plutôt doué, non ? Un Legilimens et un Occlumens talentueux- »

« A part vanter les mérites de votre maître, Black, dit Fudge. Où est-ce que- »

« J'y viens, dit rapidement Sirius, avant de se retourner vers Dumbledore. Alors vous diriez qu'il était plutôt doué pour cacher des choses ? »

« Oui. » dit Dumbledore.

« Et pourtant, vous étiez inquiet. » dit Sirius.

Ses mains tressaillirent il voulait les agiter pour appuyer son propos, mais elles restèrent fermement enchaînées à la chaise.

« Question bête, vous avez déjà dit que vous l'étiez. »

Dumbledore inclina la tête, mais il avait l'air ennuyé.

« Vous êtes-vous inquiété à mon propos, Monsieur ? Honnêtement. »

Dumbledore dit quelque chose que même Sirius, avec son ouïe excellente, manqua.

« Pardon ? »

« Non. Je- Non. » avoua Dumbledore.

« Donc, malgré toutes ces compétences – des compétences qui n'ont pas été remises en cause par l'abruti malfaisant lui-même – vous ne m'avez jamais soupçonné ? »

« Non. » dit clairement Dumbledore.

Il n'y avait plus aucun éclat dans ses yeux bleus.

« Est-ce que vous avez déjà imaginé que ça pourrait être parce qu'il n'y a rien à soupçonner ? » demanda Sirius en tapant avec ses doigts sur le bord de sa chaise.

Le silence de Dumbledore suffit pour confirmer son propos.

« Une dernière chose. » dit Sirius.

Dumbledore acquiesça prudemment.

« Je sais que nous en avons parlé et que tout part de ce principe, mais quelqu'un vous a-t-il dit que j'étais le Gardien du Secret ? Y-a-t-il une seule preuve de ça ? »

« Non, dit Dumbledore. Non pour ces deux choses, mais- »

« Merci. C'est tout ce que je voulais demander. » dit Sirius.

Dumbledore rejoignit le Magenmagot et Knight s'avança et parla du jour où Sirius avait été arrêté. A nouveau, ce fut un résumé correct, si ce n'est un peu sanglant. Les Tireurs d'élite de baguette n'étaient pas vraiment réputés pour leur censure même les plus malins avaient tendance à agir d'abord et à penser après. Rattler était certainement le plus raffiné que Sirius n'ait jamais rencontré et il avait arrêté son poste depuis deux ans, d'après Remus. Il adressa un sourire gêné à Knight la dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés, elle l'avait conduit à un Portoloin.

« Tu étais la première personne à transplaner après l'explosion ? » demanda Sirius.

« Ouais, dit-elle fièrement. Et par Serpentard, tu avais mis le bazar- »

« Moi ? »

« Ouais, il y avait- »

« Tu peux prouver que c'est moi qui ai lancé le sort ? »

Knight renifla et repoussa ses cheveux courts de son visage.

« N'importe qui avec un soupçon de bon sens pourrait dire que c'était toi, dit-elle en levant les yeux au ciel. Tu étais le seul encore en vie. »

« Et tu peux prouver ça ? »

« Je t'ai vu accroupi là- »

« Tu as vérifié ma baguette ? » demanda Sirius en la coupant.

Knight était formée pour être impulsive, mais elle n'était pas idiote elle savait comment éviter de répondre aux questions.

« Tu as vérifié quel sort avait été lancé en dernier ? »

« Et bien- »

« Un oui ou un non devrait suffire. » dit Sirius.

Knight souffla et croisa les bras.

« Non. »

« Alors tu n'as aucune preuve pour dire que c'était moi ? »

« Non. » dit-elle en pinçant les lèvres.

« Est-ce que j'étais conscient de ton arrivée ? »

Elle sembla surprise du changement soudain de sujet et acquiesça.

« Oui, tu m'as regardé, tu t'es mis à rire et dis que ce n'était pas ce qu'il semblait. »

« Alors tu dirais que je savais que j'allais être arrêté ? »

« Ouais. »

« J'ai essayé de m'échapper ? »

« Non. Tu as dit que nous avions le mauvais gars, mais tu n'as pas opposé de résistance. »

« Et j'avais ma baguette ? »

Knight se crispa un instant, essayant apparemment de se souvenir.

« Jusqu'à ce que je te la retire de la main, oui. » dit-elle.

« Intéressant, dit Sirius en souriant à Remus. Donc tu dis que j'avais ma baguette … La même baguette, si ta version des événements est juste, que je venais d'utiliser pour détruire une partie d'une rue moldue ainsi que ses occupants et que j'étais aussi conscient de ton arrivée et de ma prochaine arrestation … C'est correct ? »

« Oui. » dit Knight, hésitante.

« Alors pourquoi je ne me suis pas battu ? Si je suis le violent meurtrier de masse que tout le monde veut que je sois, alors pourquoi est-ce que je t'aurais laissé me prendre ma baguette des mains – tes mots, pas les miens. »

Il haussa les épaules et hocha la tête, l'invitant à répondre.

« Tu étais coincé. Tu savais qu'il n'y avait aucune façon de t'en sortir- »

« Comme Peter, supposément, l'avait fait quelques instants plus tôt- »

« Nous étions plusieurs- »

« Il y avait aussi ces treize moldus, dit Sirius. S'ils étaient assez proches pour être tué dans l'explosion, alors on peut dire qu'il m'avait 'coincé' aussi. »

« Nous étions des professionnels entraînés- »

« Tout comme moi, dit Sirius. Mais – comme tu l'as dit – je suis venu tranquillement. »

« Si je peux interrompre, M. Black, dit Amélia, et Sirius reporta son attention sur elle. Puis-je demandé pourquoi vous les avez autorisé à vous arrêter ? »

Parce que j'étais fatigué, pensa Sirius. Je venais d'être piégé par ce foutu Peter, Lily et James étaient morts, Harry allait chez Pétunia, Remus me détestait … Amélia n'était pas vraiment censée lui poser des questions jusqu'à ce qu'il se place en position de témoin de la défense, mais rien n'était orthodoxe dans ce procès et répondre était une bonne façon de frapper métaphoriquement le Ministère, alors il n'objecta pas.

« J'imaginais que j'allais être placé dans les cellules pour attendre mon procès. Il n'y avait aucun intérêt à protester j'étais – et je suis toujours – un homme innocent, alors je n'avais rien à craindre d'un procès. »

Il laissa échapper un rire proche de l'aboiement, sans aucun humour.

« Je me trompais, pas vrai ? »

« Avez-vous autre chose à demander au témoin ? »

« Non, dit Sirius. Je pense que je me suis fait comprendre. »

Clearwater – le garde blond qui était de garde le soir où Sirius s'était échappé d'Azkaban – était le suivant. Il raconta un conte orienté sur Sirius, sur les marques de magie noire qu'il avait laissé sur les murs pour le protéger des Détraqueurs. Le seul crime que son témoignage rapportait était son apparente utilisation de la magie noire, mais il avait fait ressembler Sirius à un abruti complet. Sirius soupira, supposant qu'il avait été gâté avec Dumbledore et Knight.

« Ces marques 'noires' … A quoi elles ressemblent ? »

« Des traits, dit Clearwater en levant le nez. C'était probablement un sort complexe d'Arithmancie- »

« Tu as suivi des cours d'Arithmancie à l'école ? »

« Oui. J'ai eu un A.S.P.I.C. »

Sirius se demanda vaguement ce qu'un homme avec un niveau si avancé en Arithmancie faisait à Azkaban.

« Oh, dit Sirius. Pas moi. Alors dis-moi : est-ce que deux mille six cent cinquante-deux est un chiffre magique puissant ? »

« Non, mais qu'est-ce que- »

« C'est le nombre de traits sur mon mur. » dit doucement Sirius.

Remus laissa échapper un petit bruit coincé dans le fond de sa gorge Sirius n'avait encore jamais mentionné ces marques.

« A quoi correspondaient ces marques alors ? » demanda Fudge.

Sirius hésita.

« Le nombre de jours depuis la mort de James et Lily. » dit-il finalement.

Les gradins redevinrent silencieux.

« Patmol ... » murmura Remus, l'air malheureux.

Sirius s'éclaircit la gorge et regarda partout sauf vers Remus et Harry et fixa son regard sur Clearwater.

« Alors, dit fortement Sirius. J'ai écarté ta théorie sur les marques malfaisantes sur mon mur, mais j'imagine bien que tu penses toujours que j'ai utilisé la magie noire … Tu peux décrire, s'il te plaît, ce qui se passait quand un Détraqueur m'approchait ? »

« Tu te cachais au fond de ta cellule. »

Plusieurs personnes sourirent en entendant ça et Clearwater ricana.

« Et je m'évanouissais, c'est ça ? »

« C'est ça. » dit Clearwater avec réticence.

« Alors tu dirais que j'étais affecté par eux ? »

Clearwater laissa échapper un grognement ennuyé et croisa les bras.

« Alors ? »

« Oui. »

Sirius arqua un sourcil en entendant le ton insolent de l'homme, mais ne commenta pas.

« Est-ce que ça ne contredit pas ton précédent témoignage sur le fait de me protéger moi-même ?

Clearwater lui adressa un regard dur.

« Une dernière question … Quand les Détraqueurs étaient près de moi et que je m'évanouissais, qu'est-ce que je disais en me réveillant ? »

Clearwater se mit à jouer avec un bouton de la poche de sa robe et s'éclaircit la voix. Ensuite, il jeta un œil vers Amélia, Fudge et Dumbledore, comme pour leur demander s'il devait vraiment répondre.

« Réponds à la question ! » s'exclama Sirius.

« Que tu étais innocent. » dit Clearwater, en refusant de croiser le regard de Sirius ou ceux des membres du Magenmagot.

Il se gratta la nuque et courra presque jusqu'à son siège quand Fudge annonça que l'interrogatoire était terminé.

« Le Tribunal reconnaît l'Auror John Andrew Dawlish. » annonça Fudge.


Dawlish s'avança et parla du fait que Patmol avait supposément maltraité Harry il avait apparemment parlé aux guérisseurs de Sainte-Mangouste et avait parcouru le rapport officiel. Il avait aussi assisté à leurs interactions durant leur temps en cellule. Il décrit avec précision les blessures de Harry et parla beaucoup des jours qui avaient suivi l'attaque des Détraqueurs – quand Harry et Patmol s'étaient montrés plutôt distants l'un envers l'autre. Il fit passer Harry pour une victime, ce que Harry n'aima pas du tout, parce qu'il savait ce qui était en jeu quand lui et Patmol avaient fait face aux Inferi et parce que leur distance avait été de la faute de Harry, pas de celle de Patmol. Dawlish faisait passer Patmol pour un monstre.

Les yeux de Harry cherchèrent à transpercer l'arrière de la tête de Dawlish pendant tout ce temps – et alors Patmol se redressa et Harry se mit à sourire Patmol allait réduire l'Auror en miettes. Il avait raison Patmol commença simplement, demandant si Dawlish avait des preuves pour dire que c'était lui qui avait attaqué Harry, si Harry avait déjà dit quelque chose qui suggérait qu'il était maltraité ou s'il avait agi comme s'il avait peur. Dawlish fut forcé de répondre non à chacune de ces questions.

Ensuite, pour la première fois en une heure, Patmol hésita quand le sujet de leur temps dans la cellule réapparut. Il se tourna pour regarder Harry – lui demandant visiblement la permission – et Harry déglutit, avant d'acquiescer. Drago et une sorcière à l'air sévère que Maugrey avait appelé Professeur le regardèrent avec méfiance, mais il se contenta de secouer la tête vers eux. Matt, l'ami de Remus, posa brièvement une main sur l'épaule de Harry – sentant apparemment son malaise – et Drago, apparemment pas satisfait par le hochement de tête de Harry, se pencha vers lui.

« Tu as besoin d'un câlin ? » murmura-t-il.

« Non, merci. » répondit Harry.

Drago haussa les épaules et reprit sa contemplation de la sorcière en robe rose au premier rang il avait passé son temps à fixer des inconnus depuis le début et Harry ne pensait pas qu'il accordait beaucoup d'attention à ce qu'il se passait. Patmol avait l'air de vouloir faire les cent pas.

« Vous avez suggéré que j'ai maltraité Harry- »

« Je l'ai fait, oui. »

« Sous-entendu que je me fiche de lui … que j'ai peu d'intérêt pour son bien-être, c'est ça ? »

« C'est l'explication logique, oui. »

« Et bien, dit Sirius en souriant d'un air narquois en direction du Magenmagot (Fudge en particulier). Je ne pensais pas parler de ça, mais puisque vous avez commencé … Et bien, c'est un procès criminel et j'ai été accusé d'assez de crimes sans ajouter le mensonge au Magenmagot à la liste … Dites-moi, après l'attaque des Détraqueurs dans les cellules- »

Une des apprentis près de Dora gémit et un grand homme plaça un bras autour d'elle et lui murmura quelque chose, mais Harry ne l'entendit pas à cause des sons indignés et choqués que les autres personnes lâchèrent un peu partout dans la salle d'audience.

« -qu'ont découvert les Aurors ? »

« Je crains de ne pas pouvoir répondre à ça, dit Dawlish. Je n'étais pas là ce matin-là et bien que j'ai entendu des histoires, je ne peux pas être sûr de leur véracité ... »

« Je peux témoigner. »

Tous les yeux se tournèrent vers Rufus, qui se figea et garda son expression calme. Le visage de Black était plein d'incrédulité et d'espoir et Rufus croisa son regard l'espace d'un instant, avant de regarder Bones à nouveau.

« Vous ? » demanda Fudge.

« Moi. » confirma Rufus.

Bien que Black n'ait pas encore donné sa version des événements, Rufus avait été témoin de son comportement – l'homme n'était évidemment pas un saint, mais il n'était pas malfaisant ou même maléfique – et en avait vu assez de la façon dont il traitait le fils Potter, pour suspecter qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas dans cette histoire. Black n'avait pas donné sa version, mais Rufus était déjà convaincu le Magenmagot ne serait pas convaincu à moins que Black ait une véritable preuve pour leur prouver qu'ils avaient tort, mais pour Rufus, c'était les petites choses qui comptaient.

C'était les petites choses, comme le fait que Dumbledore ne l'avait pas suspecté, le fait que Black n'avait pas réagi violemment lorsque les Tireurs de baguette étaient apparus, le fait qu'il avait été aussi vulnérable aux Détraqueurs que les autres prisonniers – même s'il était maintenant immunisé – et qu'il disait être innocent dans son sommeil. C'était autant de choses qui faisaient toute la différence.

Il y avait aussi le fait que Rufus était déjà décrit comme un supporter de Black – apparemment, la cordialité avec les prisonniers était devenue un crime aujourd'hui – et donc, il perdrait sûrement son boulot si Black était condamné. Rufus voulait la justice pour Black, mais sa propre protection arrivait encore au-dessus de ça. C'était encore mieux s'il pouvait accomplir les deux actions en même temps.

« Est-ce que vous aussi vous travaillez avec lui ? » demanda Fudge.

Bones était pâle et donnait l'impression que tout son univers allait s'effondrer si la réponse de Rufus était affirmative. Il ne voulait pas la briser Bones, au moins, était compétente. Fudge, en revanche, était une véritable perte de place, tout comme Dawlish. Le fait qu'aider Black les agace rendait les choses encore plus douces.

« Non, dit-il. J'offre simplement mon propre témoignage puisque – à son propre aveu – votre témoin est incapable de dire ce qui s'est passé. »

« Le Tribunal reconnaît le témoin Rufus- »

« Edmond. » ajouta Rufus.


Après le témoignage de Scrimgeour, Fudge demanda une suspension du procès, annonçant qu'il reprendrait dans vingt minutes avec les témoins de la défense. Harry était plein d'espoir. Il était presque sûr d'avoir manqué la plupart des aspects légaux, mais Patmol avait été clair dans la plupart de ses arguments et les gens dans les gradins n'avaient plus l'air de vouloir tuer Patmol, alors Harry pensait que c'était une petite victoire. Ils ne le croyaient pas, pas encore, mais ils écoutaient.

L'Auror Robards discutait avec Maugrey. Tous les deux parlaient à voix basses et Robards en particulier avait l'air inquiet et fit promettre à Maugrey de garder un œil sur son Sidekick – Harry se demanda si Robards parlait de Dora – juste au cas où il aurait besoin d'aide. Il annonça qu'il allait suivre les coordonnées et s'empressa de quitter la salle d'audience.

« Elle va bien ? » demanda Dora à Maugrey.

« Probablement pas. » répondit Maugrey, l'air sinistre.

Il triturait quelque chose de petit et doré, son œil magique suivant les progrès de Robards.

« Tu penses qu'il était quoi ? » demanda Drago en suivant Robards des yeux également.

« C'est un Auror. » dit Harry.

« Évidemment, Potter, s'écria Drago. Merlin, tu es stupide ! »

« Tu m'as posé une question et j'ai répondu, répliqua Harry. Si tu veux une meilleure réponse, alors- je sais pas, sois plus clair la prochaine fois. »

« Bien, dit Drago sur un ton hautain. Tu penses qu'il est né de moldus ou que c'est un Sang-pur ? »

« Au nom de Merlin, d'où est-ce que ça vient ? » demanda Harry en le fixant, se demandant si c'était ce que Drago faisait lorsqu'il observait les gens.

Il jeta un œil en direction de M. Malefoy, mais le sorcier ne semblait pas avoir entendu leur échange.

« Les questions viennent généralement des pensées, ricana Drago. Je peux comprendre que tu trouves ça surprenant, puisque tu ne réfléchis probablement jamais dans ta pet- »

Le Professeur s'éclaircit la gorge et leur donna à tous les deux un regard désapprobateur. Harry et Drago échangèrent une grimace coupable, presque désolée, et restèrent silencieux jusqu'à qu'elle reporte son attention sur l'homme géant à sa droite.

« Réponds juste à la question, Potter. »

« Et si c'était un Sang-pur ? » demanda Harry.

« Je ne reconnais pas le nom. » dit Drago, comme si ça écartait toute possibilité.

Harry fut forcé de concéder que c'était probablement le cas.

« Monsieur ? » demanda Drago en se tournant vers Rogue, qui semblait partagé entre exaspération et amusement.

Si Harry ne le connaissait pas, il aurait pensé que Rogue était à deux doigts de sourire. Convaincu que le monde tournait désormais à l'envers, Harry focalisa son attention sur le bas de la salle, où Patmol tapait des doigts sur les accoudoirs de sa chaise et Lunard était engagé dans une compétition de regards tristes avec Dumbledore.

« Le procès va reprendre, annonça Bones. Dans deux minutes. »

Harry sentit son cœur s'emballer.

« Calme-toi, murmura Matt en posant à nouveau sa main sur l'épaule de Harry. Tu me rends nerveux. »

« Tu n'es pas inquiet ? » ne put s'empêcher de demander Harry.

« Bien sûr que je le suis. Comme tout le monde. »

Matt tapota son nez et cligna de l'œil. Dora laissa échapper un petit soupir près de lui. Il la regarda et cligna à nouveau de l'œil, mais elle ne sembla pas le remarquer. Ses yeux étaient distants et l'une de ses mains était posée sur la manche de Maugrey, comme pour bénéficier de son soutien.

« Ça pue- »

Le Professeur s'éclaircit à nouveau la gorge, comme pour lui dire de faire attention à son langage. Matt haussa les épaules et alors, les yeux perçants du Professeur croisèrent ceux de Harry. Elle sourit tristement et murmura quelque chose au géant.

« -sauf que je ne peux pas vraiment leur dire quoi que ce soit, poursuivit Matt. A toi par contre, je peux. »

Harry sourit avec réticence.

« Ça sent quoi l'inquiétude ? » demanda-t-il.

Matt arqua un sourcil.

« C'est épais, dit-il. Un peu comme respirer de la fumée, sauf que ça ne sent pas la fumée … C'est très sucré. »

« Ça a l'air … euh ... »

« Désagréable ? » proposa Matt.

« Ouais. Désolé. »

« Ça va. Si tu pouvais me sentir, je puerais sans doute aussi. »

Harry se demanda s'il serait capable de le sentir s'il était un loup et si ça sentirait la même chose pour lui. Matt sourit largement.

« Bien- »

« Le procès va reprendre : que tout le monde prenne place et fasse silence, s'il vous plaît. » lança Fudge, et les discussions s'arrêtèrent de suite.

Matt se recula dans son siège et les yeux de Harry se posèrent directement sur Patmol et Lunard.


« Qu'est-ce que tu vas leur dire ? » murmura Remus.

« Je vais parler de Queudver et de Patmol. » répondit Sirius à voix basse, en jetant un œil vers le Magenmagot.

Fudge les présentait comme témoins.

« De tout- »

« Lequel d'entre vous parlera en premier ? » demanda Amélia en regardant Sirius.

« Je vais commencer, dit Remus, et Sirius lui lança un regard mécontent. L'histoire commence avec moi. »

« Lunard- » murmura Sirius.

« Exactement, murmura Remus. Lunard. »

Sirius siffla quand il réalisa ce que Lunard allait faire.

« Je ne voulais pas dire tout. Tu ne- »

Remus adressa un sourire triste à Sirius. Il était très pâle et de la sueur perlait sur son front, malgré le fait qu'il faisait relativement froid dans la salle d'audience.

« Le Tribunal reconnaît Remus John Lupin, dit Fudge. Témoin de la défense. »

« Au début, dit Remus. Nous étions quatre. Moi-même, Sirius, James Potter- »

Sirius remarqua que Remus ne regardait pas directement en direction de Harry la plupart des gens ne semblaient pas l'avoir remarqué, assis dans les gradins, et Sirius pensait qu'il préférait autant que ça reste ainsi.

« -et Peter Pettigrow. »

Une colère brûlante, fumante, brûla le nez de Sirius et il vit les épaules de Remus se tendre.

« Nous avons tous été répartis à Gryffondor et sommes devenus meilleurs amis à la fin de la première semaine de notre première année. Après ça, nous étions plus ou moins inséparables. Je ne vais pas rentrer dans les détails – nous n'avons pas le temps, je suis désolé – mais pour que vous puissiez comprendre le reste de l'histoire de Sirius, vous devez comprendre que nous étions tous très proches. »

Il y eut un bruit de trompette dans les gradins et les yeux de Sirius tombèrent sur Hagrid, qui avait sorti un grand mouchoir à fleurs. McGonagall, près de lui, était aussi en train de pleurer.

« Nous étions le genre d'amis qui faisions tout les uns pour les autres. J'ai aidé Sirius, James et Peter avec leurs devoirs, j'ai été leur partenaire en classe, j'ai menti pour les sortir des ennuis et je leur ai donné des conseils quand ils en avaient besoin. J'aime penser que j'étais un bon ami- »

« Félicitations, dit Fudge. Si vous pouviez en arriver au but, cependant- »

« Ce que je veux dire, dit Remus. C'est que malgré tout ce que j'ai fait pour eux, je ne me suis jamais approché de ce qu'ils ont fait pour moi. »

Il prit une longue inspiration, leva le menton et ce fut à cet instant que Sirius réalisa jusqu'où Remus était prêt à aller pour l'aider.

« Lunard- »

« Tout va bien, Patmol, dit-il calmement, avant de poursuivre avec une voix pleine de défiance. Je suis un loup-garou. »

La réponse fut immédiate plusieurs personnes se mirent à crier, d'autres se trouvèrent bouche bée et les Aurors furent obligés de désarmer quelques personnes avant qu'elles ne puissent blesser Remus. Un homme fut escorté hors de la salle par un Scrimgeour à l'air sinistre.

« Poursuis, loup-garou. » dit Fudge.

Sirius le fusilla du regard jusqu'à ce qu'il tremble et se cache derrière son parchemin. Alors Remus continua. Il parla brièvement de la façon dont son père avait offensé Greyback – le nom, d'après les réactions des gens, était familier – même s'il ne spécifia pas quand il avait été mordu. Sirius réalisa finalement qu'il protégeait Dumbledore d'un éventuel retour de bâton pour avoir autorisé un loup-garou à aller à Poudlard.

« Quand mes amis l'ont découvert, dit Remus en hochant la tête vers Sirius. Ils m'ont accepté. »

Plusieurs personnes se mirent à rire et plusieurs autres murmurèrent des choses offensantes à leurs voisins. Sirius lança des regards noirs dans leur direction, même si Remus les ignora. Ça devait l'affecter – son ouïe était aussi bonne que celle de Sirius, après tout – mais il ne sentait pas comme s'il était bouleversé et il n'en avait pas l'air non plus.

« Et ils voulaient aider- »

« Ils auraient du te descendre ! » cria quelqu'un.

Cette fois, Remus se crispa. Sirius grogna et plusieurs autres personnes dans la foule réagirent pour le défendre également Sirius vit Dora et McGonagall fusiller la personne des yeux. Dumbledore s'éclaircit la gorge et lança un discret avertissement. Un instant plus tard, il y eut un cri qui se transforma en meuglement et plusieurs personnes laissèrent échapper des cris choqués.

Sirius tendit le cou, essayant de voir, et se mit à rire quand il comprit une sorcière au milieu des gradins portait des oreilles blanches et noires et des cornes plutôt impressionnantes. Le regard de Sirius se posa directement sur Harry, qui était tout rouge et semblait vouloir s'enfoncer dans son siège. Derrière lui, Matt était mort de rire et le fils Malefoy murmurait quelque chose à Rogue qui avait l'air agacé.

« Qu'est-ce que tu lui as fait ? » demanda un homme, tandis que la sorcière laissait échapper des sons qui auraient eu leur place dans une ferme.

« Je n'ai rien fait, dit poliment Sirius. Mais c'est assez facilement de comprendre ce qu'il s'est passé quelqu'un a décidé que si elle voulait se comporter comme une vache, autant qu'elle y ressemble. »

Remus rit à côté de lui et quelques autres firent de même dans la salle. Malheureusement, l'humour de Sirius ne sembla pas plaire aux Aurors, la plupart d'entre eux avaient pointé leur baguette sur lui.

« Sirius n'est pas responsable de ça. » dit Dumbledore en regardant Harry.

Il n'ajouta rien d'autre, mais un geste de baguette fit baisser les baguettes des Aurors. Il hocha la tête et McGonagall se leva pour inverser la magie accidentelle de Harry. Harry eut l'air soulagé et aussi un peu déçu.

« Remus, si vous voulez bien poursuivre ? »

« Bien sûr, Monsieur. »

Remus attendit que le silence soit revenu avant de reprendre.

« Mes amis voulaient m'aider, alors ils sont devenus des Animagi. »

Il semblait que Remus avait anticipé l'émotion que cela déclencherait, car il se tut et tourna les yeux vers Sirius, qui haussa les épaules.

« Des Animagi ? demanda Dumbledore, l'air stupéfait. Mais vous n'êtes pas sur le- »

« On ne s'est jamais enregistré, dit Sirius. Voilà un crime pour lequel je suis coupable. »

Ombrage rayonna et plongea avec force sa plume dans l'encrier avant de se mettre à griffonner et Rattler – victime de l'enthousiasme d'Ombrage – reçut plusieurs gouttes d'encre sur le visage. Les sourcils de Dumbledore se levèrent et lui et Sirius se dévisagèrent – Sirius eut l'impression que Dumbledore réévaluait son opinion sur lui – tandis que tout le monde bavardait autour d'eux.

« Assez ! s'écria Amélia. Nous aimerions terminer aujourd'hui, alors si le public pouvait gentiment faire silence ! »

Elle attendit et hocha la tête.

« Merci. M. Lupin, continuez, s'il vous plaît. »

« Les loup-garous ne sont dangereux que pour les humains, dit Remus. C'était toujours très risqué de le faire, mais au moins, ils ne risquaient pas d'être contaminé par ma … condition. Sirius était – désolé, est – un chien. James était un cerf- »

Sirius vit la bouche de Dumbledore former le mot 'Cornedrue'. Il hochait la tête et Sirius sentit une bouffée d'espoir.

« Peter est un rat. »

« Est ? bafouilla Fudge. Mais, loup- Lupin, Peter Pettigrow est mort- »

« Je pensais que c'était mon témoignage, M. le Ministre, pas le vôtre. » dit poliment Remus.

Sirius ricana.

« Mais Pettigrow- »

« -sera présent dans mon témoignage, dit Sirius. Je peux commencer maintenant si vous voulez ou vous pouvez vous suivre la procédure et interroger d'abord Remus ? »

Amélia agita la main, indiquant que Sirius pouvait commencer à poser les questions qu'il souhaitait.

Sirius réfléchit pendant un instant il n'avait pas vraiment besoin de questionner Remus sur la véracité de son témoignage, car les autres feraient sans doute cela. Il n'avait pas vraiment beaucoup de choses à demander. Il réfléchit encore un instant avant de décider que ça ne ferait sans doute pas de mal d'utiliser ce temps comme une analyse de caractère, puisque après tout, ce serait là-dessus qu'il serait jugé au vu du manque d'autres preuves. Il s'éclaircit la gorge.

« Tu as dis que nous étions – et que nous sommes toujours – très proches. » dit Sirius, se sentant bête de s'adresser à Remus aussi formellement.

Remus acquiesça.

« Alors dirais-tu que j'étais un bon ami ? »

« Oui. » dit calmement Remus.

« Et que j'ai risqué ma vie pour toi, chaque mois ? » demanda Sirius.

« Oui. » répondit Remus.

« Jusqu'à quand ? »

« Tu étais chez moi, avec moi, lors de la pleine lune le soir où Lily et James sont morts. » dit Remus.

« Je l'étais, confirma Sirius. Dis-moi, Lun- Remus, qu'est-ce que les Mangemorts pensent de toi ? »

« Ils voulaient me voir mort. »

« Et moi aussi ? » demanda Sirius

Les yeux de Remus étincelèrent.

« Me vouloir mort ? demanda-t-il, l'air vraisemblablement surpris. Non, bien sûr que non tu étais là pour les pleines lunes, à m'aider. Si tu avais voulu me voir mort, tu aurais simplement pu me laisser gérer ces choses tout seul. »

« Mais je ne l'ai pas fait ? »

« Non, je ne crois pas que tu aies manqué la moindre pleine lune. Tu étais toujours là, même quand James et Peter ne pouvaient pas venir. »

« Alors tu dirais que mon comportement n'est pas vraiment caractéristique d'un Mangemort. » dit Sirius.

« Oui, c'est ce que je dirais. »

La conversation semblait irréelle la plupart des choses que Remus disait étaient des choses dont ils ne parlaient jamais – certaines choses n'avaient pas besoin d'être dites – et le faire ici paraissait vraiment … anormal. Sirius savait qu'il n'était pas la personne la plus modeste, mais cet affichage d'ego lui donnait l'impression d'être un imbécile, particulièrement parce qu'il parlait à Remus d'habitude, Remus était celui qui essayait de calmer son ego.

« Tu as risqué ta vie plusieurs fois pour m'aider – moi, un loup-garou. Je ne peux pas imaginer que la plupart des gens ici soient des Mangemorts, mais même eux ne feraient pas tout ça pour moi, de la façon dont tu l'as faite. »

« Oh Lunard, je rougis. » dit Sirius à voix basse, avant de ricaner.

« Tais-toi, abruti. » répliqua Remus, bougeant à peine les lèvres pour le dire.

« Mais tu es mon courageux défenseur. » murmura Sirius.

Remus leva les yeux au ciel. Sirius prit un instant pour effacer le sourire narquois qu'il portait et alors, avec une grimace légèrement désolée, il reprit la parole.

« Tu dirais que toi et moi étions les plus proches ? »

« On partage certains attributs canins, dit malicieusement Remus, et quelques personnes – Sirius parmi elles – se mirent à rire. Mais franchement, non. Nous étions proches – des frères vraiment, plus que des amis – mais si nous étions frères, toi et James, vous étiez des jumeaux. »

Sirius sourit et Remus lui rendit son sourire.

« Complètement dingues, vous deux, continua-t-il, affectueusement. Des sosies parfaits. »

« Tu as bien dit que j'avais fait beaucoup pour toi, malgré le fait que ce n'était pas de toi que j'étais le plus proche apparemment. »

Sirius grimaça – se sentant de nouveau comme un abruti, mais Remus sourit.

« Alors que penses-tu que j'aurais fait pour James ? »

« Tout. » répondit simplement Remus.

Sirius s'était attendu à ce que le public se mette de nouveau à parler, mais tout resta étrangement silencieux.

Sirius croisa le regard de Dumbledore et hocha la tête pour montrer qu'il en avait fini avec ses questions. Dumbledore se leva – Fudge s'affaissa sur sa chaise, visiblement déçu – et vint se placer en face d'eux. Dumbledore était grand – plus grand que Sirius, même quand Sirius était debout. Il les surplombait donc facilement lorsqu'ils étaient assis. Il retira ses lunettes, les essuya sur sa robe, les replaça et les observa tous les deux à travers les verres. Sirius bougea un peu, se sentant presque comme s'il se trouvait dans le bureau du Directeur après une farce sur Rogue, même si c'était Remus qui allait être interrogé.

« Je crains de ne pas savoir par où commencer. » murmura Dumbledore, sur le ton le plus gentil que Sirius n'ait jamais entendu (à l'exception des fois où il s'était adressé à Harry) depuis Halloween.

Ses yeux étaient aussi un peu plus chaleureux et Sirius pensa – et espéra – que le vieux sorcier commençait à changer d'avis.

« Rien dans votre histoire n'évoque directement la culpabilité de Sirius – sauf pour l'absence d'enregistrement, bien sûr ... »

Il s'arrêta, son expression affichant un étrange mélange de curiosité et de calcul.

« Votre histoire à propos des Animagi est tout ce que vous avez à offrir aujourd'hui ? »

« En effet, confirma Remus. Le reste, c'est à Sirius de le raconter. »

Dumbledore ajusta son chapeau.

« Je pourrais vous submerger de questions, mais je pense sincèrement que la meilleure façon de tester la véracité de vos propos, Remus, c'est de demander à Sirius de se transformer. »

« Laissez-moi faire alors. » dit Sirius, rayonnant.

« Oh non, dit Fudge en tendant le doigt. Vous pouvez le faire sur votre chaise. »

« Et me casser les jambes ? » demanda Sirius en essayant de bouger les bras.

Les chaînes se frottèrent l'une à l'autre.

« Les chiens ne s'assoient pas de cette façon, M. le Ministre. »

« Si tu essayes de fuir, tu seras arrêté. » prévint Dumbledore.

Alors, les chaînes se relevèrent. Sirius secoua les mains et tourna les poignets quelques fois avant de se lever lentement. Remus eut l'air un peu ennuyé de ne pas avoir été relâché également.

« Ne m'attaquez pas. » dit Sirius.

Il se pencha et se transforma en Patmol. C'était désagréable les odeurs étaient fortes en tant qu'humain, mais en tant que chien, elles étaient presque insupportables. Il éternua plusieurs fois et frotta son nez avec une patte, tandis que Remus lui lançait un regard compatissant. Dumbledore l'observa avec attention. Patmol se secoua et s'assit, regardant le Magenmagot. Ombrage avait l'air particulièrement agacé et quelque chose dit à Patmol qu'elle devait préférer les chats.

« Ça fera l'affaire. » murmura Dumbledore.

Patmol se redressa et redevint Sirius. Plusieurs baguettes le suivirent.

« Ouais, ouais. » lança-t-il en retournant s'asseoir sur sa chaise, avant que quelqu'un n'ait eu besoin de le lui demander.

Il frotta une dernière fois ses poignets et laissa les chaînes les bloquer à nouveau.

« Et bien, je pense que ça prouve que Remus disait la vérité, alors à moins qu'il y ait autre chose que vous voulez lui demander ... »

Fudge, Dumbledore et Amélia échangèrent un regard.

« Le Tribunal, dit lentement Fudge. Reconnaît Sirius Orion Black, témoin de la défense. »