Allez, c'est Noël, je poste le plus possible ! Je vous souhaite une bonne lecture et une belle soirée aussi ! A très vite !


Remus pensa qu'il était chanceux d'avoir réussi à répondre aux questions avec une voix toujours intacte Sirius avait une voix extrêmement rauque en répondant aux questions de Fudge et Remus pouvait le voir jeter des regards d'envie vers le verre d'eau posé devant Amélia.

« -tout cela est très bien, mais pouvez-vous le prouver ? demande Fudge, l'air hautain. Où est Pettigrow aujourd'hui ? »

« Si je le savais, vous pensez vraiment que je ne me serais pas arrangé pour qu'il soit ici ? » demanda Sirius sur un ton dur.

Il avait débuté le procès avec amusement, pensait Remus, mais cet amusement avait disparu depuis un moment.

« C'est un abruti malfaisant, un lâche, il se cache- »

« Ce qui colle parfaitement avec votre histoire, confirma Fudge. Mais pouvez-vous- »

« Je vous ai fourni toutes les preuves que je pouvais donner ! »

Sirius agita ses bras contre les chaînes jusqu'à ce qu'il réussisse à relever ses manches.

« Regardez, pas de Marque. Après tous ces témoignages, vous ne pouvez pas sérieusement penser que je suis un Mangemort meurtrier et maléfique ! »

Oui, Sirius en avait vraiment marre. Remus jeta un œil dans la direction de Sirius et lui offrit un petit sourire, mais celui-ci était trop occupé à fusiller Fudge des yeux pour le voir.

« Peut-être pas, mais c'est le problème – nous n'aimons pas nous baser sur des opinions. Nous apprécions les faits pour croire- »

« Des faits ? demanda Sirius. Alors pourquoi Malefoy est assis là-bas, libre, pendant que je suis enchaîné ? »

Malefoy s'agita un peu.

« Et qu'en est-il de Rogue ?! »

Remus savait que Rogue avait aidé Sirius quelques fois, mais il n'y avait apparemment aucun amour perdu entre ces deux-là.

« Ils portent tous les deux la Marque des Ténèbres et vous pouvez croire que leur implication dans la guerre a été causé par le sortilège de l'Imperium, mais il n'y a aucun moyen de le prouver, n'est-ce pas ? Alors évidemment que vous vous basez sur des opinions- »

« Il y avait de nombreuses preuves pour soutenir l'innocence de M. Malefoy. » dit Fudge.

« Les gallions ne comptent pas, M. le Ministre. » lâcha Sirius d'une voix rauque.

Le visage de Fudge devint rouge et dans les gradins, celui de Malefoy était rose. Amélia, Dumbledore et même Scrimgeour avaient l'air de désapprouver.

« Ce n'est pas- il n'a pas- M. Malefoy n'est pas le sujet du procès, dit Fudge. Il a été innocenté- »

Le visage de Fudge se crispa, comme s'il venait juste de se souvenir de quelque chose de désagréable.

« -et avant que vous demandiez, Black, Dumbledore lui-même s'est chargé du procès de Rogue, alors- »

« Il- quoi ? » demanda Sirius.

Il y avait quelque chose dans sa voix que Remus ne pouvait pas identifier.

« Il- »

Sirius regarda Dumbledore, qui semblait s'attendre à un challenge.

« -je veux dire, vous avez organisé un procès pour Rogue ? »

Un mouvement attira l'œil de Remus et il vit Rogue croiser les bras.

« En effet. » répondit Dumbledore, un peu sur la défensive.

Sirius le dévisagea et Dumbledore reprit la parole sur un ton doux, mais ferme.

« L'innocence de Severus Rogue a déjà été prouvé et même si tu juges qu'il y a quelque chose de contestable là-dedans, ça n'a pas d'incidence sur la question actuelle. »

Sirius cligna des yeux. Il resta silencieux pendant un long moment et Remus n'aimait pas les odeurs qui émanaient de lui il y avait le choc, la colère, la tristesse et par-dessus, une véritable confusion. C'était difficile de dire exactement ce que Sirius ressentait, mais peu importe ce dont il s'agissait, la poitrine de Remus se serra. C'était un peu comme lorsque Sirius luttait contre la potion du Détraqueur.

« Et bien, revenons à nos affaires … dit Fudge, apparemment satisfait que Sirius se soit tu. Que- En d'autres termes, y-a-t-il une preuve tangible de ce que vous avancez, Black ? Parce que nous voulons vous croire, vraiment- »

Remus renifla doucement, mais il était inquiet Sirius ne semblait pas avoir entendu Fudge, ce qui n'était pas commun car Sirius avait absolument tout écouté aujourd'hui.

« Sirius ? murmura Remus en tendant la jambe pour donner un coup de pied dans la cheville de Sirius. Patmol. »

Sirius sursauta sur sa chaise, mais ses yeux n'avaient pas quitté Dumbledore.

« Je ne comprends pas. » dit-il finalement, l'air blessé.

« Black, dit impatiemment Fudge. C'était une question simple- »

« C'était un Mangemort, dit Sirius en penchant la tête vers Rogue. Vous savez que c'était un Mangemort. Et je n'étais pas- je n'ai jamais- mais- Pourquoi lui ? »

La voix de Sirius était très calme et même plutôt pathétique. Remus était habituellement plutôt doué pour suivre les réflexions de Sirius, mais même lui n'était pas vraiment sûr de savoir ce dont Sirius parlait.

« Pardon ? » demanda Dumbledore.

« J'ai dit : pourquoi lui ? répéta Sirius, sur le même ton brisé. Si vous vouliez donner une deuxième chance à Rogue, pourquoi pas, mais pourquoi je n'ai pas eu droit à la même chose ? »

Sirius fronça les sourcils en regardant le sol.

« Peut-être qu'une seule bonne action a suffi pour lui pardonner une vie et des choix plutôt discutables, mais j'ai mené une vie correcte … Je me suis battu- »

La voix de Sirius se brisa.

« -pour vous, je serais mort pour notre camp … Mais j'aurais fait une seule erreur et ça suffirait pour me condamner ? »

Sirius pencha la tête.

« C'est juste- Je ne comprends pas. »

Oh Merlin, pensa Remus. Il savait pour le procès de Rogue bien sûr, mais il avait été fait à huit-clos, alors il n'avait pas été capable d'y assister. Il n'avait pas accordé la moindre importance au fait que Dumbledore ait donné un procès à Rogue et pas à Sirius – Remus détestait Sirius à ce moment-là – mais à y regarder de plus près … Il serait probablement furieux si c'était lui, mais Sirius avait juste l'air ébranlé. Fudge le remarqua et en tant que politicien – même très mauvais – il saisit l'opportunité.

« Répondez à la question, Black : Pouvez-vous prouver votre innocence ? »

Sirius leva les yeux vers Fudge, agacé.

« Je ne peux rien prouver. » dit-il.

Il fronça alors les sourcils et Remus sut qu'il venait de commettre une erreur.

« Non, attendez- »

« Pas de preuve ? » dit Fudge en soulevant un sourcil.

« Ma personnalité et ma morale permettent un- »

« Très bien, nous vous jugerons sur votre personnalité, dit Fudge. Vous avez dit que vous n'aviez pas maltraité Harry Potter- »

« Bien sûr que non ! »

Sirius semblait … éteint. Il avait élevé la voix plusieurs fois pendant le procès, mais cette fois, ce n'était pas pour l'emphase. C'était une perte de patience ou de contrôle. Et les yeux de Sirius passaient toujours de Dumbledore à Rogue.

« Je n'ai jamais fait de mal- »

« Mais il a été blessé, n'est-ce pas ? Sérieusement ? »

« Oui- »

« Pendant qu'il était sous votre protection ? »

« J'ai essayé de l'aider- »

« A-t-il été blessé quand il était sous votre protection oui ou non, Black ?! »

Sirius arracha son regard à la foule et au Magenmagot pour le tourner vers Fudge.

« Oui, mais- »

« Et vous êtes responsable de l'avoir placé dans une position où il aurait pu être blessé ? »

Sirius avait prudemment évité d'évoquer les détails concernant la caverne dans son témoignage, mais le Ministère avait déjà parlé de Harry et de Sainte-Mangouste. Ils en connaissaient donc les conséquences.

« Non- »

« Alors c'est Harry qui prend des décisions ? Vous laissez un garçon prendre des décisions importantes ? »

« Non, je- »

« Alors vous me mentiez ? »

« Non- Merlin, oui, mais- »

« Alors vous l'avez mis en danger, vous avez échoué à le protéger et ensuite, vous l'avez laissé à la charge d'un homme – pardon, d'un loup-garou avec lequel vous n'étiez pas en bons termes, dans l'espoir que le garçon reçoive le traitement approprié, c'est exact ? »

Sirius lui lança un regard noir, le visage rouge. Il était visiblement en colère et essayait de trouver quoi répondre Remus savait mieux que quiconque que Sirius pouvait s'enfoncer quand il était en colère. S'il parlait maintenant, il allait probablement insulter quelqu'un, mais s'il ne répondait rien, ce serait vu comme un aveu de culpabilité.

« Black ? »

« Ce n'était pas vraiment comme ça- »

« Alors mon résumé des événements est faux ? »

« Et bien, non- »

« Alors vous n'êtes pas un tuteur convenable, dit Fudge en lissant sa robe, poursuivant avant que Sirius ne puisse répondre. Et ce qui m'intéresse là-dedans, malgré votre formation d'Auror et votre supposé attachement à la loi, vous l'avez quand même enfreinte pour vous rapprocher de votre loup-garou. »

« Il a un nom. » s'écria Sirius.

Dumbledore sembla acquiescer. Remus se sentit un peu réconforté.

« Pouvez-vous m'expliquer pourquoi ? »

« Pourquoi quoi ? » demanda Sirius.

« Pourquoi vous avez enfreint la loi? Était-ce par conviction ? Pensiez-vous que certaines choses étaient plus importantes ? »

« Je suppose. » dit Sirius, l'air confus.

Remus était aussi perplexe – pourquoi Fudge semblait-il soudain si compréhensif ?

« Alors vous feriez n'importe quoi, du moment que vous pensez que c'est la bonne chose à faire ? »

« Ne ferions-nous pas tous- »

« Oui ou non ? »

« Arrêtez de le couper ! » dit Remus avec colère.

« Arrêtez de parler quand ce n'est pas à vous de le faire, répliqua Fudge. Maintenant, Black : oui ou non. »

« Oui. » s'écria Sirius.

Il était visiblement en train de lâcher prise et semblait frustré à la fois par lui-même et à cause de Fudge.

« Il y avait dans votre famille de fervents supporters de Vous-savez-qui, n'est-ce pas ? »

« Certains, oui. »

« Votre frère était un Mangemort, n'est-ce pas ? »

« Il a quitté les Mangemorts. » dit sèchement Sirius, apparemment surpris que Regulus arrive sur le tapis.

Il ne devrait pas l'être Remus était sûr qu'il avait sûrement anticipé l'angle de la famille Black et même prévu la façon de répondre à ces inévitables questions. Il semblait l'avoir oublié, cependant.

« Reprends-toi, Patmol. » murmura Remus.

« Tu ne crois pas que j'essaye ? » siffla Sirius.

« Mais il l'était ? » demanda Fudge.

« Oui. »

« Et nous savons grâce à Lupin que vous feriez n'importe quoi pour un frère, même s'ils n'étaient pas liés à vous par le sang, n'est-ce pas ? Si votre frère avait voulu que vous rejoigniez son maître, vous auriez fait n'importe quoi … 'tout' était le mot que Lupin a utilisé. »

« Pas- »

« Ce n'était pas une question, Black. S'il vous plaît, taisez-vous. »

Fudge se balança sur ses talons, visiblement en train de s'amuser, et Ombrage arborait un large sourire tandis que sa main glissait sur ses notes. Après un moment à observer la foule et quelques regards pensifs vers Sirius, Fudge annonça qu'il avait terminé. Sirius s'affaissa, l'air à la fois ennuyé et soulagé.


Gawain tituba en atterrissant, l'inquiétude le rendant un peu moins stable qu'à l'accoutumée. Cela faisait presque trois heures que McKinnon était censée le rejoindre et elle n'avait même pas cherché à le contacter pour lui offrir une excuse. Elle avait l'air d'une épave quand il lui avait parlé ce matin et elle avait été mal dernièrement, de toute façon … Un silence de sa part le jour du procès n'était définitivement pas une bonne chose. Il maudit le petit reporter nerveux de la Gazette qui l'avait arrêté alors qu'il était en chemin pour sortir de la salle d'audience et l'avait bombardé de questions ridicules Gawain avait répondu à deux questions avant d'abandonner et de dire à l'homme de s'en aller et d'écouter s'il voulait des nouvelles.

Gawain secoua la tête, toujours irrité, et fourra son Sidekick dans la poche de sa robe. Il balaya les alentours du regard, avant de la repérer.

McKinnon était assise, penchée vers le sol près d'une grande tombe blanche. Gawain se trouvait à quelques mètres de là, mais pouvait voir qu'elle tremblait. Tout près de ses pieds, un homme gisait, immobile. Oh, par Merlin, non, pensa Gawain en se hâtant.

« Expelliarmus. » dit-il – en pensant que ça devenait un salut habituel – et sa baguette vola dans sa main.

Elle le remarqua à peine.

« Je suis un monstre. » lâcha-t-elle, haletant.

Gawain s'accroupit près de l'homme. Il sentit un pouls, heureusement, et il ne semblait pas être blessé. Il pointa sa baguette vers l'homme et McKinnon se mit à crier en repoussant sa main. Gawain agita sa baguette et des liens l'entourèrent, de la façon dont il l'avait déjà fait le jour où elle avait essayé de tuer Black.

« Non, dit-elle. Non, il va s'enfuir ! »

Quelque chose dans sa voix le fit s'arrêter.

« Je vois. » dit-il prudemment.

Elle continuait à trembler – en fait, elle se balançait presque – et ses yeux ne quittèrent jamais l'homme inconscient.

« McKinnon ? McKinnon, regarde-moi. »

Elle s'exécuta lentement. Ses yeux étaient à la fois tristes et fous.

« Il les a tué. » dit-elle.

Gawain jeta un nouveau coup d'œil à l'homme.

« C'est un meurtrier ? » demanda-t-il.

Elle laissa échapper un sanglot et acquiesça. Gawain ne réussit pas à lui tirer le moindre mot cohérent dans les minutes d'après, juste beaucoup de choses à propos de Black et de monstres. Gawain essaya de lui parler et de lui tapoter le genou ou la main, mais cela ne le mena nulle part. Finalement, elle se calma suffisamment pour qu'il puisse se rapprocher et passer un bras autour d'elle, mais elle s'agita, luttant contre ses liens.

« Non, murmura-t-elle. Non, je ne le mérite pas ! »

« McKinnon- »

« Non ! Je devrais être à Azkaban ! »

Elle s'agita et essuya sa joue mouillée contre son épaule parce que ses mains étaient bloquées.

« Arrête-moi ! Tu dois arrêter- »

« Assez ! » dit Gawain.

Être doux n'avait pas fonctionné, alors il tenta une approche plus rude.

« Je ne vais arrêter personne, tu comprends ? »

Elle cligna des yeux en le regardant et Gawain était désolé de voir qu'elle ne semblait pas comprendre.

« Mais tu dois le faire – lui et moi- nous deux- on est tous les deux des monstres ! S'il te plaît, Gawain, s'il te plaît, il faut que tu- »

« Assez ! » dit-il encore.

Elle se crispa et se tut. Il se sentit coupable de lui avoir crier dessus alors qu'elle n'était évidemment pas dans son état normal, mais il repoussa cette pensée.

« Peux-tu me dire ce qui ne va pas chez toi ? »

« R- rien ne va chez moi. » commença-t-elle.

Gawain soupira. J'aurais du voir ça venir, pensa-t-il, résigné.

« Et lui ? » demanda Gawain en désignant l'homme inconscient.

« Je l'ai endormi. » dit-elle.

« Je peux voir ça, dit patiemment Gawain. Peux-tu me dire pourquoi ? »

Pour la première fois, ce que Gawain pensait être la véritable McKinnon apparut derrière ses yeux marrons. Le regard qu'elle lui adressa était presque condescendant.

« C'est- c'est Peter Pettigrow. » dit-elle, comme si c'était évident.

« Peter Pettigrow ? » demanda-t-il.

C'était un nom qui était familier pour lui – un nom qu'il avait entendu très récemment, en fait – mais il fallut un instant pour qu'il se souvienne pourquoi. Gawain jura bruyamment et de façon plutôt colorée et regarda l'homme avec des yeux nouveaux.

« Je pensais qu'il était mort ? »

« M- moi aussi ! » dit McKinnon en éclatant en sanglots.

Les conséquences de Pettigrow vivant frappèrent Gawain comme des cognards. Il était raisonnablement familier avec l'affaire – cela avait semblé être une bonne chose à faire lorsqu'il avait appris qu'il allait travailler avec McKinnon – et il était donc facile pour lui d'en arriver à la vérité grâce à cette nouvelle preuve.

Cela voulait dire que Sirius Black, contre toute vraisemblance, était enfermé pour son meurtre de masse. Black était … innocent. Il jeta un œil vers McKinnon, qui avait visiblement atteint cette conclusion depuis quelques heures et luttait toujours pour faire face aux conséquence de cela il était prêt à parier désormais que Black n'était pas apparu chez elle en septembre pour lui faire du mal. Il cherchait probablement une amie, voulait se confier à elle. Et il y avait également une question encore plus troublante McKinnon avait tenté de tuer un homme innocent, piégé, désarmé. C'était déjà une mauvaise chose lorsqu'ils pensaient que Black était malfaisant, mais maintenant qu'il ne l'était plus … Et bien, s'il était McKinnon, il serait certainement aussi en boule sur le sol.

Gawain inspira lentement, compta jusqu'à dix et souffla. La vie de Black était potentiellement en jeu. Alors, il retira les liens de McKinnon, qui ne bougea pas beaucoup, et il lui rendit sa baguette.

« Courage, vertu, détermination et intelligence. » dit Gawain dans son Sidekick.

Il tendit le bras pour poser la main sur le genou de McKinnon. Elle ne répondit rien. Il murmura 'Phoenix', qui était le mot de passe de Maugrey et son Sidekick se mit à brûler.

« Robards ? »

La voix grondante de Maugrey était basse et Gawain était presque sûr qu'il était toujours assis dans les gradins. Il y avait des discussions autour de lui.

« Tu l'as trouvé ? »

« Oui. Comment se passe le procès ? »

« Ils revotent. » dit Maugrey.

« Ils votent ? Déjà ?! »

Cela ne faisait même pas une heure qu'il était parti. Il s'était attendu à avoir plus de temps.

« Lupin a été rapide – ils ne lui ont pas du tout posé de question – et apparemment, Black savait exactement ce qu'il allait dire parce qu'il a fini en dix minutes et Fudge a pris cinq minutes de plus pour le réduire en morceaux. »

Gawain pouvait presque entendre le haussement d'épaules dans sa voix.

« Qu'en penses-tu ? »

« Je ne sais pas quoi penser, admit Maugrey. La plupart du Magenmagot est contre lui, mais Dumbledore et Amélia sont du côté de Black et ils comptent beaucoup … Fudge n'est pas très heureux – il a demandé une pause et il y aura un nouveau vote dans environ dix minutes. »

« Est-ce que Black a parlé de Pettigrow dans son témoignage ? »

« Oui, dit Maugrey, l'air suspicieux. Il a dit que Pettigrow l'avait piégé, en fait. Bien sûr, Pettigrow est mort, mais à part ça, ça semble plausible … Pourquoi ? »

« McKinnon et moi ne sommes pas seuls ici. »

« Qui- non ?! » dit Maugrey, l'air stupéfait.

« Ouep, répondit sinistrement Gawain. Il est maîtrisé et je vais l'amener aussi vite que je peux. »

Maugrey ricana – réalisant apparemment à quelle vitesse les choses allaient se renverser.

« Informe Scrimgeour et Bones, si tu peux avertis-les. »

« Et Fudge ? »

Gawain grogna comme les autres au Bureau des Aurors, il avait peu de respect pour Fudge. Maugrey ricana de nouveau et le Sidekick de Gawain redevint silencieux.

« Tu vas l'emmener ? demanda McKinnon avec une expression pincée. Tu vas libérer Sirius ? »

« Oui. » dit Gawain, et elle se détendit un peu.

Son expression s'adoucit en tout cas, et elle n'avait plus l'air de souffrir. Gawain vérifia que Pettigrow ne portait aucune arme, mais il n'avait rien sur lui. Il conjura alors des liens et ajouta plusieurs autres liens et sorts pour le garder endormi. Pour quiconque capable de voir la magie, Pettigrow aurait sûrement eu l'air d'être dans une espèce de cocon d'insecte. McKinnon l'observa avec un regard indescriptible, tandis que Gawain lançait un autre sort sur Pettigrow pour le redresser et autoriser Gawain à le contrôler comme une marionnette. Alors, il se tourna vers McKinnon et reprit la parole.

« Tu vas m'aider ? »

Gawain espérait que la possibilité d'amender quelques-unes de ses erreurs pourrait motiver McKinnon à se reprendre. La réponse qu'il reçu fut un peu moins dramatique qu'il ne s'y était attendu, ou qu'il avait espéré. Au lieu de sauter sur ses pieds, elle se figea et ramassa sa baguette. Elle joua un peu avec et leva la tête vers Gawain.

« Livrer Pettigrow signifie que Sirius va être libéré ? » demanda-t-elle.

« Oui. » dit Gawain.

Un minuscule sourire passa sur son visage et elle se leva. Elle était un peu chancelante, alors Gawain la stabilisa et reçut un signe de tête en guise de remerciement. Ensuite, il agrippa le bras immobile de Pettigrow et offrit son autre bras à McKinnon.

« Je suis désolée. » murmura-t-elle.

Il y eut un crack et Gawain tendit le bras vers elle, mais sa main se referma sur du vide. Le Sidekick de McKinnon tomba sur le sol.

« Bordel ! » s'écria-t-il.

Il agita sa baguette à l'endroit où elle avait disparu et plaça des protections pour que son empreinte magique reste intacte jusqu'à ce qu'il puisse revenir et l'utiliser pour la retrouver. Il attrapa son Sidekick, s'assura qu'il tenait bien Pettigrow et il transplana.


Sirius vit Dumbledore l'observer du coin de l'œil et il évita consciencieusement de croiser son regard. Le fait que Dumbledore avait voté en sa faveur avait diminué la colère de Sirius, mais d'autres sentiments étaient toujours bien présents – la souffrance, la trahison, l'incrédulité. Sirius ne pouvait pas le regarder directement sans vouloir casser quelque chose ou même pleurer. Il tourna les yeux vers Remus, qui avait fermé ses yeux juste après le premier vote et ne les avait toujours pas rouvert. Sirius pensait qu'il essayait de faire baisser son niveau de stress en prétendant qu'il était ailleurs.

Fol-Oeil regardait également dans sa direction – lui et Scrimgeour étaient proches des rangs du Magenmagot, au lieu d'être à leurs places respectives – mais le seul que Sirius regarda, ce fut Scrimgeour. Sirius n'avait pas peur de voir de l'acceptation, du jugement ou quoi que ce soit d'autre sur le visage du Chef des Aurors, mais Fol-Oeil l'effrayait. Et s'il n'avait pas cru au témoignage de Sirius ? Et s'il tenait toujours Sirius pour responsable ? Sirius était honteux d'avouer qu'il avait peur de le découvrir. Alors, il se concentra sur Scrimgeour qui, d'une façon désarmante, souriait largement.

Sirius lui adressa un sourire hésitant, très prudent, et risqua un regard vers Dumbledore, qui avait l'air partagé entre le désir de vouloir sourire ou d'avoir l'air morose. Encouragé, il tenta un regard vers Fol-Oeil … qui boitait vers lui. Remus ouvrit un œil et renifla en voyant de qui il s'agissait. Fol-Oeil resta debout en face de Sirius pendant un long moment et Sirius n'osa pas bouger. Il ne respirait même pas vraiment. Alors, Fol-Oeil se mit à sourire comme s'il savait quelque chose que Sirius ignorait et il hocha la tête avant de s'en aller.

« D'accord. » dit Sirius en tapotant impatiemment les accoudoirs de sa chaise.

Lui et Remus échangèrent un long regard inquiet, avant que Remus ne referme les yeux et ne retourne à sa tentative de détente. Les entrailles de Sirius se tordirent d'inquiétude il était inquiet pour lui, bien sûr, et pour ce qui allait arriver à Harry, mais il était incroyablement inquiet pour Remus. Sirius, au moins, avait été capable de justifier ses actions. Remus, qui serait jugé avec Sirius, n'avait même pas eu la chance de s'expliquer.

« Patmol, murmura Remus, lorsque les tapotements de Sirius s'intensifièrent. Patmol. »

« Quoi ? C'est juste un tout petit bruit maintenant - »

« Dans les deux cas, c'est agaçant. » s'écria Remus, sans ouvrir les yeux.

« Ouais, mais j'ai besoin de bouger. » grogna Sirius.

Remus ouvrit un œil et le regarda. Sirius le fusilla du regard en retour.

« On dirait que t'as besoin d'une promenade, dit Remus. Bientôt, tu vas te mettre à mordiller les meubles. »

La colère de Sirius se dissipa et il arrêta même de taper des doigts. Il adressa à Remus – qui avait refermé les yeux – un sourire reconnaissant pour avoir fait cette blague sinon, ça se serait certainement transformé en une dispute désagréable, ce qui constituait la dernière chose dont ils avaient besoin tous les deux. Les coins de la bouche de Remus se relevèrent un peu.

Sirius laissa échapper un long soupir et bougea un peu dans sa chaise pour pouvoir regarder Fudge qui retournait vers les gradins. Lorsque Fudge ouvrit la bouche pour parler, cependant, il fut interrompu par Scrimgeour qui plaça une main sur son épaule et désigna la porte de salle d'audience.

Sirius tourna les yeux dans cette direction, où se tenaient Robards et un autre homme – plus petit, plus commun. L'homme – qui était penché et ne tenait pas debout de lui-même – bougea un peu avant de se tendre lentement, regardant autour de lui avec une terreur confuse. Alors, les yeux de l'homme croisèrent ceux de Sirius et il chancela, essayant sans succès de s'écarter de Robards. Quand cela ne marcha pas, il se pencha – de la même façon que Sirius le faisait lorsqu'il voulait se transformer en Patmol – et eut l'air encore plus apeuré lorsque ça ne fonctionna pas.

Foutu Godric Gryffondor, pensa Sirius, bouche bée. Ça ne pouvait être- mais pourtant si. Sirius reconnaissait ces cheveux clairs et fins, ce nez pointu, ces petits yeux. Il ne pouvait pas voir leur couleur, mais il savait qu'ils étaient bleus et probablement humides.

Remus se mit à renifler près de lui, se demandant sans doute ce qui était arrivé à l'odeur de Sirius. Sirius lui balança un coup de pied dans le tibia, très fortement, et Remus jura en rouvrant les yeux.

« Sirius, c'était vraiment- »

« Lunard. » réussit à dire Sirius, ses yeux fixés sur Peter.

Il fut surpris de ressentir tant de calme il s'était attendu à voir Peter et à devenir fou et revanchard. La vengeance était pourtant la dernière chose qu'il avait en tête à cet instant. Il ressentait surtout une sorte de choc.

« Lunard, putain, regarde. »

« Oh, par Merlin. » murmura Remus.

Il avait l'air furieux. Remus donnait l'impression de vouloir se lever et d'aller détruire Peter ses doigts tremblaient et ses épaules étaient contractées, comme s'il se préparait à briser ses chaînes.

« Calme-toi. » murmura Sirius en regardant Scrimgeour et Fol-Oeil qui allaient aider Robards à s'occuper d'un Peter très réticent.

« Je crains qu'il n'y ait erreur, disait Peter d'une voix aiguë. Je ne peux pas rester là – ce n'est pas sûr ! Sirius Black est un meurtrier et il va essayer de- »

Remus grogna encore et bougea comme s'il allait se lever de sa chaise, mais les chaînes l'en empêchèrent.

« Tu vas te faire mal, lui dit Sirius, en tapant la cheville de Remus avec son pied. Lunard, calme- »

« Me calmer ? s'exclama Remus. Sirius, c'est à cause de Peter que nous en sommes là ! C'est à cause de Peter que Harry n'a plus ses parents- »

« Et il va être jugé pour tout ça. » dit Sirius en regardant Harry du coin de l'œil.

Tous les désirs de meurtre qu'il avait encore à l'encontre de Peter disparurent, même si la haine et la fureur restaient bien présentes.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? s'écria Ombrage. M. le Ministre, je pensais que nous devions voter- »

« Nous avons un autre témoin, Madame, répondit Scrimgeour en poussant Peter en avant. Je voudrais vous présenter Peter Pettigrow. »

Les gradins se mirent instantanément à rugir – certaines personnes étaient en colère, d'autres incrédules, certaines confuses ou soulagées – mais une silhouette en particulier attira l'attention de Sirius. Il regarda Harry se lever – Matt tenta de l'en empêcher, mais Harry arborait un air déterminé et ne sembla même pas le remarquer – et sortir des gradins. Cela, bien sûr, provoqua de nouvelles réactions pour une toute autre raison (« C'est Potter ! Il est ici ! Il est en vie ! »). Les épaules de Harry s'affaissèrent un peu, mais il ne s'arrêta pas avant de se tenir en face de Peter, qui bafouillait toujours en direction des Aurors. Peter se crispa et Robards le secoua comme pour lui rappeler qu'il n'avait aucune issue de secours.

Tout devint silencieux et ainsi, Sirius put parfaitement entendre lorsque Peter se mit à parler.

« H-Harry. » couina-t-il.

Il y eut un silence et Harry eut l'air incertain l'espace de quelques secondes. Sirius se mit à lutter contre ses chaînes, voulant être aux côtés de son filleul.

« Harry, tu dois m'aider- ils vont me tuer ! Tes parents n'auraient pas voulu me voir mort, j'étais leur ami, Harry- »

Cette fois, ce fut Harry qui se crispa. Les mains de Sirius devinrent des poings.

« -ils n'auraient jamais voulu que quelque chose m'arrive- »

« Tais-toi. » dit Harry.

La bouche de Peter continua de bouger, mais aucun son n'en sortit. Harry avait l'air effrayé et jeta un œil vers les gradins, à l'endroit où les Malefoy, Matt, Dora et le personnel de Poudlard étaient assis.

Au nom de Merlin, pensa Sirius. Qu'est-ce qui se passe ? Harry s'approcha de Peter. Robards, Fol-Oeil et Scrimgeour avaient l'air hésitant, mais semblaient prêts à laisser Harry faire ce qu'il voulait avec Peter, qui avait l'air absolument terrifié. Sirius se demanda s'il n'allait pas s'évanouir. Remus grogna doucement près de lui. La salle d'audience était si calme que le son résonna.

Les mots de Harry résonnèrent également.

« Tu vas tout leur raconter. » dit-il à Peter.


Peter avait déjà confessé suffisamment de choses pour obtenir une condamnation à vie à Azkaban au moment où Scrimgeour avait fait apparaître une chaise et l'avait forcé à s'y asseoir. Si Sirius n'était pas aussi inquiet – il n'avait aucune idée de ce que Harry avait fait pour forcer Peter à tout avouer et espérait que ce n'était rien de sombre ou de dangereux – ou si vindicatif, il se serait probablement senti désolé pour son ancien ami.

Peter avait l'air absolument terrifié tout en admettant ses secrets – sans même qu'on ne lui demande – et il essayait apparemment de lutter contre ce qui le forçait à parler. De temps en temps, il bafouillait ou essayait de parler en baissant la tête, mais une force invisible l'obligeait à garder le visage fixé sur Fudge et le reste du Magenmagot et à continuer.

Le pire moment fut lorsqu'il serra la mâchoire et réussit à garder le silence plusieurs secondes, mais alors ses yeux s'écarquillèrent, il se mit à enfler et finit par exploser, reprenant ses aveux. Sirius voulait désespérément être innocenté et détestait chaque centimètre de l'être misérable qu'était Peter, mais cette force était malsaine. Sirius se demanda s'il était possible que Harry ait utilisé la magie accidentelle pour lancer un sortilège de l'Imperium.

Remus regardait Peter comme une proie et le reste du public avait également les yeux rivés sur lui, mais Dumbledore, comme Sirius, regardait Harry. Dumbledore avait l'air troublé et peut-être même un peu inquiet par rapport à ce qui arrivait. Même si Sirius était encore furieux et déçu par son ancien Directeur, il ne pouvait lui reprocher d'éprouver cela, car il ressentait la même chose.

Les yeux de Harry étaient écarquillés et inquiets, son visage était pâle et il semblait vouloir disparaître dans le mur derrière lui, près des escaliers qui menaient aux gradins.

« Et bien. » dit Amélia.

Peter venait d'admettre être allé à Godric's Hollow après la mort de Lily et James pour tuer Harry.

« Je pense que nous en avons assez entendu. Vous pouvez vous taire, Pettigrow. »

Sauf qu'il ne s'arrêta pas. Il continua à bafouiller avec l'air terrifié.

« Ceux qui sont en faveur de l'abandon des charges à l'encontre de Sirius Black, concernant l'usage de la magie noire, le fait d'être un Mangemort et par association, les charges qui pèsent sur Remus Lupin … ? » demanda Amélia, par-dessus les confessions haut-perchées de Peter.

Personne ne garda la main baissée. Sirius ne se sentait ni soulagé, ni euphorique ou rien de tout ça.

En réalité, la seule chose qu'il put penser était enfin. Remus tourna les yeux vers lui et ils partagèrent un petit sourire fatigué. Des appareils photos se déclenchèrent et plusieurs journalistes se mirent à crier leurs questions. Harry avait l'air abasourdi – il pleurait – et fixait toujours Peter avec horreur.

« Il reste toujours la question de leurs autres crimes, cependant. » dit Fudge en jetant un coup d'œil vers Peter.

« Pas aujourd'hui, annonça Amélia avec fermeté. Vous devrez tous deux assister à une seconde audience à une date ultérieure. Vous n'avez pas l'obligation de rester sous la surveillance du Ministère jusque-là, mais vos baguettes ne vous seront pas rendues avant ça. »

« Bien. » dit Sirius en s'agitant sur sa chaise.

Scrimgeour s'approcha pour les relâcher.

« -devraient être morts ! Je voulais qu'ils meurent, qu'ils meurent tous ! Je les aurais tué ! » lança Peter en tremblant.

Remus grogna et Scrimgeour lui attrapa le bras pour l'empêcher d'avancer. Sirius fit un pas en avant et fut intercepté par Shacklebolt.

« Dégage de mon chemin. » s'écria Sirius en écartant l'autre homme.

« Black- » appela quelqu'un.

Sirius les ignora. Peter se recroquevilla de peur et continua de décrire à quel point il voulait qu'ils meurent tous.

« La mort aurait été plus douce qu'Azkaban, Sirius. Je ne voulais pas te faire de mal et Remus n'aurait pas été seul dans la mort, comme il l'est dans la vie. Il aurait été guéri ! Et Harry aurait retrouvé Lily et James- »

Sirius aurait pu le frapper – il était suffisamment proche – mais la pensée ne resta pas assez longtemps dans son esprit pour qu'il la considère vraiment.

Non, Sirius passa rapidement devant l'épave tremblante et bavarde qu'était Peter pour se rendre à l'endroit où Harry se tenait. Il s'accroupit devant lui et plaça une main sur son épaule, le faisant sursauter. Lentement, Harry détourna les yeux de Peter et regarda Sirius, qu'il sembla surpris de voir. Sirius ouvrit les bras et Harry s'y jeta, lui serrant si fort le cou que Sirius se trouva proche de l'étouffement. C'était un petit prix à payer pour pouvoir être plus proche de Harry qu'il ne l'avait été depuis plus d'une semaine.

« Je veux juste qu'il arrête, murmura Harry en tremblant. Je ne savais pas que ça ferait- qu'il- Patmol- »

« Arrête-le, gamin. » dit doucement Sirius.

Sa voix était rauque – et peut-être un peu tremblante – même s'il ne pensait pas qu'il pourrait pleurer … enfin, peut-être que si, mais juste un peu.

« F-Finite ? » dit Harry.

Ça ressemblait à une question, mais Peter se tut derrière eux. Pendant un instant, du moins ensuite, il se mit à pleurer comme un bébé. Sirius se pencha pour soulever Harry – de la même façon qu'il l'avait fait à Halloween l'année passée – mais Harry se recula. Sirius le dévisagea et sourit doucement en voyant sa mâchoire serrée, son air borné Harry n'était pas dans son état normal, mais il n'était quand même pas prêt à laisser Sirius le porter devant tant de gens.

« On rentre à la maison. » murmura Sirius.

Harry essuya ses joues et glissa une petite main, plutôt froide, dans celle de Sirius.

« Lunard, tu viens ? » demanda-t-il en se relevant.

Remus regardait quelqu'un dans les gradins – Matt ou Dora ? – et acquiesça lentement, formant 'désolé' avec sa bouche, avant de venir se placer près d'eux. Sirius transféra la main de Harry dans celle de Remus et alla s'accroupir près de la chaise de Peter.

« Tu as raison de dire que la mort aurait été plus douce. » dit Sirius avec douceur.

Peter frissonna et détourna les yeux.

« Et ça aurait plus doux maintenant, pour toi. Mais tu as tant lutté pour rester en vie – pour survivre – que je pense que c'est juste que tu puisses vivre la vie pour laquelle tu as tout vendu. »

Il se redressa et Peter éclata en sanglots bruyants.

« Si j'étais vous, je placerais des protections pour l'empêcher de se transformer et de s'échapper. » dit-il en regardant Scrimgeour.

Ensuite, il se tourna vers Amélia.

« Je te contacterais. »

Elle hocha la tête et personne ne rajouta rien – à l'exception d'un journaliste qui voulait savoir comment Sirius se sentait – alors Sirius ébouriffa les cheveux de Harry et les mena, lui et Remus, jusqu'à la porte de salle d'audience Numéro dix.

Sirius passa les portes, pas vraiment libre, mais plus qu'il ne s'était senti depuis un long moment, et il sourit aux deux autres. Remus affichait ce même sourire, légèrement triste, légèrement fatigué et Harry réussit à esquisser un sourire également, même s'il avait toujours l'air secoué. Pour la première fois depuis un mois, ils étaient tous les trois.

Les choses n'étaient pas parfaites – Sirius était optimiste, mais il n'était pas stupide – mais même s'ils avaient passé de bons moments lorsqu'ils se cachaient, les choses n'avaient pas été normales à ce moment-là non plus. Aujourd'hui, Sirius pensait que – finalement – l'avenir pourrait le devenir.


« Remus ? Sirius ? »

Albus quitta la salle d'audience à temps pour voir Sirius déverrouiller la porte d'un bureau abandonné. Sirius leva la tête, donna à Harry la baguette qu'il avait utilisé et leur fit signe d'entrer à l'intérieur. Sirius ne les suivit pas. Au lieu de ça, il se tourna pour faire face à Albus, ses yeux prudents et plutôt tristes.

« Vous vouliez quelque chose ? » demanda Sirius d'une voix brusque.

Albus ne s'approcha pas plus.

« Pour ce que ça vaut, j'aimerais te présenter mes excuses- »

« Vos excuses ? demanda Sirius avec un regard dur. Avec tout le respect que je vous dois, Monsieur, ça ne répare rien. »

« Je sais. » soupira Albus.

Il s'était attendu à ce genre de réponses et cela ne l'empêcha pas d'avoir mal, mais il était heureux il méritait cette douleur.

« Je ne te demande pas de les accepter. Rejette-les si tu le veux. Je ne te reprocherais rien si tu le faisais. »

« Je ne vous déteste pas, vous savez. » offrit Sirius.

« C'est plus que je ne mérite. »

« Je sais. » dit Sirius avec un petit sourire.

Il se dissipa rapidement pour être remplacé par un nouveau regard triste.

« Vous faisiez ce que vous pensiez bien et ça excuse tout ça … un peu. Et je comprends pourquoi vous avez fait ces choix – de toute évidence, j'aurais fait les mêmes si j'avais été à votre place – mais juste parce que je les comprends ... »

Il se tut, fronçant les sourcils.

« Tu n'as pas à te justifier envers moi, Sirius. J'ai abandonné ce droit- »

« Écoutez, dit-il. Je ne … vous déteste pas. Mais je vous en veux et je suis franchement déçu de la façon dont les choses se passées après la guerre. Tout n'est pas de votre faute, mais pour Azkaban et mon absence de procès, vous êtes quand même plutôt responsable. »

« Je sais. » murmura Albus.

Sirius s'approcha et plutôt brusquement, l'étreignit. Albus lui tapota le dos, mais tout aussi rapidement que Sirius s'était approché, il se recula.

« Et j'espère que vous vous sentez coupable, dit Sirius d'une voix un peu étouffée. Et que ça va durer un moment, Monsieur. Je suis désolé. Contactez Harry et Remus si vous voulez – ceci ne les concerne pas – mais laissez-moi tranquille. Je vous fais confiance – malgré tout, vous pouvez y croire ? – mais je sais que je ne peux pas vous faire confiance pour faire les bons choix pour moi et j'ai déjà passé assez de temps à souffrir des conséquences de vos essais. »

Albus inclina la tête et essaya d'essuyer ses yeux sans que Sirius ne le voit, mais il n'avait pas besoin de s'en inquiéter Sirius s'était déjà retourné et était entré dans le bureau.

« Sirius. » dit Albus, avec dans l'idée de lui dire que oui, il resterait à distance.

Il n'eut jamais cette chance, cependant Sirius avait fait le choix pour lui, parce que quand Albus regarda à l'intérieur de la pièce, elle était vide.