Bonne année 2023 à tout le monde ! Plein de bonnes choses pour vous tous, vous le méritez bien ! Et puis d'ici à ce que tout ça se réalise, une bonne lecture !


VIOLENTE INTRUSION LES VOISINS SOUS LE CHOC !

Vendredi soir, une famille londonienne de deux personnes était en train de dîner lorsqu'ils ont reçu une surprise qui n'était certainement pas prévue au menu. Un individu non identifié s'est introduit chez eux par une fenêtre, apparemment à la recherche d'objets de valeur. La victime Donald Adams, 34 ans, a entendu du bruit et est allé enquêter.

M. Adams a reçu une balle dans la poitrine et a été frappé par le cambrioleur avant que celui-ci ne prenne la fuite. « C'est juste affreux de penser que quelque chose comme cela est arrivé de l'autre côté du portail. C'est comme si nous n'étions plus en sécurité nulle part. » nous a confié Meryl Whithe, une voisine. Bien que cela soit une grossière exagération, les statistiques montrent que l'activité criminelle dans la zone est, en effet, en augmentation, cinq pourcent de plus durant les douze derniers mois.

M. Adams a été retrouvé par son fils de dix ans, qui a alerté la police, et se trouve à l'hôpital de Wellington dans un état sérieux, mais stable. John Fisher, de la police municipale, encourage quiconque aurait des informations sur l'agresseur à prendre contact avec les autorités. Il a suggéré dans sa déclaration à la conférence de presse de ce matin que ce crime pourrait avoir un lien avec le tueur en série Sirius Black, qui s'est échappé en début d'année dernière, et qui est soupçonné d'être responsable de pas moins de huit meurtres violents depuis lors.


Quand Harry se réveilla le matin suivant, il se sentait reposé – il avait même été trop fatigué pour rêver – mais aussi un peu confus le lit dans lequel il se trouvait était plus petit et plus bas que celui qu'il avait au Manoir et plus haut et plus large que celui qu'il avait dans la cellule. Et aucun de ces endroits ne lui offrait une vue sur une grande tâche rouge sur des murs blancs.

En fronçant les sourcils, il attrapa ses lunettes et cligna des yeux jusqu'à ce que la large bannière fatiguée de Gryffondor se précise.

Lentement, un large sourire apparut sur son visage et il se laissa tomber contre ses oreillers, se sentant plus heureux qu'il ne l'avait été depuis un long moment. La maison avait été vide pendant longtemps, mais contrairement aux années que Patmol avait passé à Azkaban, Kreattur avait vraiment fait l'effort de tout protéger de la poussière. La pièce sentait toujours plus ou moins pareille la maison.

Son plaisir s'estompa, mais ne fut pas complètement remplacé par le souvenir des événements des dernières semaines et il prit un moment pour réfléchir à ces fortes émotions. La peur et la culpabilité étaient sûrement les plus prégnantes quand cette femme avait suggéré que l'on descende Lunard, quelque chose en Harry avait explosé. Dans le passé, il avait toujours eu des avertissements avant que la magie accidentelle ne lui échappe, mais hier, il n'avait rien ressenti il n'avait même pas eu la chance de vraiment s'énerver avant que les cornes n'apparaissent sur la tête de la femme.

Il y avait aussi de la culpabilité concernant Peter. Harry avait seulement exécuté ce qu'il avait entendu de la bouche de Rogue et de Mme Malefoy – ce qui, après réflexion, était plutôt idiot de sa part. Cela avait certainement eu les effets escomptés – les aveux de Peter – mais Harry pensait au visage terrifié du traître, à sa voix tremblante, involontairement déterminée et il se dit que ces deux observations allaient s'inscrire pour toujours dans sa mémoire elles rejoindraient le souvenir de Patmol lisant la lettre de Reg dans la caverne, de ses parents qui sortaient du médaillon et de la mort de ses parents.

Harry avait souhaité les aveux, bien sûr, mais il ne s'était pas attendu à ce que Peter soit si violemment forcé à les déclamer. Ça n'avait pas été naturel du tout, ni même juste et Harry était terrifié à l'idée d'avoir utilisé un espèce de sortilège malfaisant sans s'en rendre compte.

Il ne prit pas la décision de sortir du lit en toute conscience Harry était à mi-chemin de la porte lorsqu'il réalisa qu'il n'était plus sous ses couvertures. Il savait juste qu'il avait besoin de parler à Patmol et il avait agi en conséquence. La porte de la chambre de Patmol était fermée et Harry frappa une fois, doucement, en espérant que son parrain était réveillé.

« Ouais ? » répondit Patmol d'une voix qui n'était pas plus forte qu'un petit grognement.

Harry entra dans la pièce et tomba sur Patmol et Lunard tous les deux assis sur le lit – Patmol avait les jambes croisées, le dos contre la tête de lit et Lunard était allongé au bout du lit, les yeux fixés sur Harry.

« Bonjour. » dit-il.

« Salut. » dit Harry en s'asseyant sur la chaise du bureau.

Il les regarda tous les deux, avant de froncer les sourcils.

« Vous n'avez pas du tout dormi ? »

Patmol dit quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il s'éclaircit la gorge et essaya à nouveau.

« Non, dit-il, ce qui ne surprit pas vraiment Harry. On avait des choses à se dire. »

« Quel genre de choses ? » demanda Harry.

« Toute sorte de choses. » dit Patmol.

Il n'était pas évasif – Harry savait que s'il en demandait plus, il obtiendrait des réponses – mais il semblait plutôt enclin à donner à Harry la chance de parler en premier. Lunard observait la porte, comme s'il considérait l'idée de les laisser seuls pour qu'ils puissent parler. Cependant, la curiosité de Harry dépassa son désir de parler.

« Comme quoi ? »

Patmol avait l'air amusé et fit signe à Remus, qui commença à lui parler de plusieurs choses. C'était évidemment une version résumée de ce qu'il avait dit à Patmol – cela ne prit que vingt minutes, au lieu de plusieurs heures – mais à la fin, Harry avait rattrapé tout ce qui était arrivé à Lunard depuis leur capture, à lui et à Patmol. Il semblait qu'avec l'arrestation de Greyback, puis sa mort, Lunard avait été extrêmement occupé.

« Satisfait ? » demanda Patmol.

« Alors sa cellule était en argent ? » demanda Harry en grimaçant.

Lunard acquiesça et Harry frissonna. D'après ce que Harry avait entendu, Greyback était une plaie, mais quand même …

« Et ils cherchent qui a- »

« Fol-Oeil et Dora s'occupent de l'affaire, dit Lunard. Je n'ai parlé à aucun d'eux depuis des semaines – pas vraiment. »

« Pourquoi pas ? » demanda Harry.

Patmol avait l'air hautain et Lunard rougit, mais Patmol secoua la tête en direction de Harry, le décourageant d'insister.

« C'est un abruti, voilà pourquoi. » dit Patmol en donnant un petit coup de pied à Lunard.

Lunard lui fit la grimace et se leva du lit, hors de portée.

« Aïe- »

« Je vais faire du thé, dit Lunard en observant Patmol et Harry. Ne vous pressez pas. Je suis sûr que je vais avoir besoin de beaucoup de temps pour trouver tout ce qu'il faut sans ma baguette. Et après, il faudra que je trouve des allumettes … Et après, il faudra sans doute que je me batte avec Kreattur pour le convaincre que j'ai le droit de faire quelque chose dans la cuisine ... »

« D'accord. » dit Patmol.

Harry adressa à Lunard un sourire mi-amusé, mi-reconnaissant, mi-ennuyé il voulait parler, mais maintenant, il avait l'impression qu'il allait y être forcé et il se demanda si Lunard et Patmol avaient discuté de ça et avaient décidé qu'il serait sûrement réticent à le faire. Lunard s'en alla, fermant la porte derrière lui.

« Alors ... » dit Patmol.

« Alors. » dit Harry, laissant sa chaise pour prendre la place abandonnée de Lunard sur le lit.

Patmol sourit doucement. Il y eut un silence. Il était un peu tendu, mais pas étrange et pas non plus inconfortable, à l'avis de Harry.

« Comment ça s'est passé au Manoir ? » demanda finalement Patmol, et Harry se détendit un peu.

Il pouvait répondre aux questions il n'était pas très bon pour partager des choses de lui-même.

« C'était étrange, dit Harry, après avoir pris un moment pour choisir le mot qui décrivait le mieux son expérience. Je veux dire, ce n'était pas vraiment drôle, mais ce n'était pas affreux- »

« Tu as pensé quoi de tout le monde ? »

« J'ai bien aimé Dobby, offrit Harry. Leur elfe de maison. »

Un air de compréhension passa sur le visage de Patmol.

« Il est un peu dingue- »

« Plus que Kreattur ? » demanda Patmol en riant.

Harry leva les yeux au ciel.

« Désolé, désolé. » dit Patmol.

« -mais quand même, je l'aimais bien, finit Harry. Hydrus est un abruti et Drago est … probablement encore plus dingue que Dobby, pour être honnête. Il est- c'est comme s'il était deux personnes à la fois. »

Patmol eut l'air confus, ce qui réconforta un peu Harry à propos de toute cette histoire.

« M. Malefoy était gentil … Je n'aimais pas ça. »

Harry se mit à rire.

« Tu aurais du voir sa tête au petit-déjeuner hier, par contre. »

Il expliqua à Patmol la révélation de Drago sur les nés-moldus. Patmol était un peu amusé – comme Harry l'avait anticipé – mais il avait l'air plus troublé encore.

« Je lui ai dit de demander à propos de toi – l'histoire du mouton blanc. »

« Je pense que c'est un bon conseil. » dit doucement Patmol.

Il n'ajouta rien d'autre sur Drago, mais Harry savait qu'il y pensait encore.

« Comment était Cissy ? » demanda-t-il en se focalisant de nouveau sur Harry.

« Froide, dit Harry. Je ne crois pas qu'elle m'aime beaucoup … Sauf qu'elle m'a fait un câlin hier et qu'elle m'a souhaité – ou à toi, plutôt – bonne chance. »

Les sourcils de Patmol disparurent dans ses cheveux.

« Sacrée Cissy. »

« Qu'est-ce que tu- »

« Elle mijote quelque chose … D'abord, il y a eu son avertissement sur le Chemin de Traverse. Ensuite, elle a demandé à ce que Ma- McKinnon reste au Manoir. Puis elle te fait un câlin et te souhaite bonne chance … ? »

Il secoua la tête.

« Les gens qui appartiennent à ces cercles de suprématie sorcière sont des gens très réfléchis ils ne font rien sans considérer d'abord la moindre conséquence … Au nom de Merlin, à quoi tu joues ? murmura-t-il, avant de secouer la tête à nouveau. Plus tard. »

Il afficha un air curieux, presque penaud, en regardant Harry.

« Tu sais où est passée McKinnon ? Pourquoi elle n'était pas au- »

« Aucune idée. » dit Harry sur un ton d'excuse.

Ensuite, il se souvint de quelque chose qu'elle avait dit.

« Hey, pourquoi est-ce que je devrais la détester ? »

« La détester ? demanda Patmol en évitant le regard de Harry. Je ne sais pas, gamin. »

« Réfléchis. » dit platement Harry, n'y croyant pas une seconde.

Une partie de lui espérait que Patmol allait mentir et dire qu'il n'en avait pas la moindre idée – alors, Harry aurait une bonne raison de ne pas rentrer dans les détails à propos de certaines questions (il redoutait les questions sur ses rêves) – mais il voulait aussi que Patmol lui fasse confiance et lui dise la vérité.

« D'accord. » dit Patmol, avant d'observer Harry pendant un moment.

Harry le dévisagea en retour, pas sûr de savoir ce que Patmol recherchait.

« Avant que tu viennes et que tu me rejoignes dans la cellule, j'ai eu une … visite- »

« De McKinnon ? »

« C'est ça, dit Patmol en hochant la tête. On a parlé et elle … m'a attaqué- »

« Tes côtes ? » demanda Harry.

« Mes- oh, ouais, dit Patmol en riant. Ouais, c'était de sa faute. »

« Qu'est-ce qui l'a empêché de te tuer ? »

« Quoi ? » demanda Patmol, l'air mal à l'aise.

Harry adressa un regard incertain à son parrain.

« Et bien, elle te déteste, non ? Tu as dit, après septembre, qu'elle t'aurait sans doute tué si toi et Lunard n'aviez pas fui. Si elle était dans ta cellule et qu'elle t'avait déjà cassé les côtes, pourquoi elle n'a pas juste- je veux dire, pourquoi elle a arrêté ? »

Harry pencha la tête. Patmol avait l'air plus calme désormais.

« Elle ne voulait pas vraiment me tuer, dit-il finalement. Pas vraiment. »

Harry attendit une autre réponse, mais rien d'autre ne lui fut offert.

« Alors pourquoi je devrais la détester ? »

« Elle a sûrement pensé que j'étais bouleversé par toute cette histoire- »

« Tu l'étais ? » demanda Harry.

Patmol eut l'air surpris par la question, avant de sourire un peu.

« Oui, très. » dit-il.

Ça ne se sentait pas dans sa voix, mais il y avait quelque chose de triste dans ses yeux. Ne sachant pas quoi dire ou faire, Harry se rapprocha et entoura Patmol de ses bras. Patmol bougea un peu pour qu'il s'installe mieux.

« Merci, gamin. » dit-il en ébouriffant les cheveux de Harry.

Il semblait amusé, mais aussi content de la tentative de Harry pour le réconforter.

Peut-être que Drago a raison à propos des câlins magiques.

« Hey, Patmol ? » demanda Harry.

Il bougea un peu, s'arrêtant d'étreindre son parrain, mais il resta blotti contre lui. Patmol entoura Harry de son bras et cacha un bâillement avec son autre main.

« Ouais ? »

« Qu'est-ce que tu sais sur les Kelpies ? »

« Les démons des eaux ? »

Patmol avait l'air méfiant.

« Deux-trois choses, je suppose … C'est sûrement plus la spécialité de Remus que la mienne, cela dit ... »

Harry acquiesça, pensif, et Patmol soupira, même s'il avait l'air intéressé.

« Est-ce que je veux vraiment savoir ? »

« Probablement pas, dit Harry. Drago ne pensait pas que c'était une bonne chose. »

« Hmph. » dit Patmol.

Visiblement, il ne pensait pas que Drago était très fiable.

« Tu me racontes ? »

Et donc, Harry se lança dans le récit de la course de rats, de comment il avait sauvé Bosworth du Kelpie et de la réaction de Drago face à sa nouvelle compétence. Patmol, cependant, ne parla pas du Kelpie comme Harry s'y était attendu. Au lieu de ça – surprenant Harry qui ne voyait pas comment ça pouvait être lié – il reprit la parole.

« Hier, qu'est-ce que tu as fait à Peter pour le faire parler ? »

« Je ne sais pas, dit Harry. C'était juste un pressentiment … quelque chose que j'ai entendu. Rogue parlait à Mme Malefoy à propos d'une sorte de dette. Il a dit que je pourrais dire à Peter de faire n'importe quoi et qu'il s'exécuterait. Je- »

Harry pencha la tête.

« Je … ne sais pas ce que j'ai fait, j'ai juste pensé que peut-être, je devrais essayer- »

Patmol eut l'air étrangement soulagé.

« Il a prononcé le mot 'dette' ? demanda-t-il. Ce n'est pas ton interprétation des choses, il a vraiment dit le mot 'dette' ? »

« Ouais, j'en suis sûr. »

Harry bougea un peu, se sentant nerveux tout à coup. Il voulait des réponses, mais en même temps, il était effrayé de les entendre.

« Tu sais ce que c'était ? »

« Tu as sauvé un rat du Kelpie ? » insista Patmol.

Harry acquiesça.

« Alors je crois, gamin, que ce rat, c'était Peter. »

« Il était là tout ce temps ? demanda Harry, ébahi. Je pensais- son doigt pourtant, et- il avait disparu. »

« Quoi ? »

« Le matin du procès, Hydrus cherchait quelque chose. Peter avait du s'enfuir- »

« Ça n'a plus d'importance maintenant, dit Patmol, l'air amusé. Mais que tu l'aies sauvé compte. Ça a du créer une dette de vie entre vous deux – c'est ce qui arrive quand un sorcier en sauve un autre – ce qui explique pourquoi il a été obligé de t'obéir quand tu lui as dit d'avouer … Ça doit être ça ! »

« C'est une bonne chose ? » demanda Harry.

« Une très bonne chose, dit Patmol, l'air toujours soulagé. Mieux qu'un sortilège de l'Imperium accidentel ou qu'une habileté à l'hypnose. Les dettes de vie permettent au sauveur d'obtenir un ou parfois plusieurs services, selon l'importance de la dette. Elles ne marchent que lorsqu'une ou deux des parties est conscient de la dette, mais Peter savait, à cause de James et Fol-Oeil et tu en as entendu assez de la bouche de Rogue pour croire que ça marcherait. »

« Ça a marché un peu trop bien. » dit Harry, se sentant toujours coupable, mais aussi légèrement mieux maintenant qu'il savait qu'il n'avait rien fait d'illégal.

« Une formulation ambiguë de ta part, j'imagine, dit Patmol en haussant les épaules, avant de se parler à lui-même. Une dette de vie … Ça doit être ça. »

Il fixa soudainement Harry avec un regard très sévère.

« Des temps désespérés exigent des mesures désespérées, et j'apprécie ça, mais si tu peux l'empêcher, ne prends pas l'habitude d'utiliser une magie que tu ne comprends pas en te basant sur pressentiment. »

Il y eut quelque chose d'étrange dans l'expression de Patmol, quelque chose de méfiant, mais aussi curieux.

« Pas de pouvoir que l'on ignore, d'accord ? »

« D'accord. » dit rapidement Harry.

Il comprenait un peu mieux maintenant, mais ce qui était arrivé à Peter était quand même trop affreux pour qu'il soit enclin à utiliser une magie qu'il ne comprenait pas vraiment.

« Je le promets. »

Patmol lui ébouriffa les cheveux.

« Est-ce que- »

Harry hésita.

« Euh … Est-ce que ça compte aussi pour les Kelpies ? »

« Ah, le Kelpie, soupira Patmol. Tu lui as vraiment parlé ? »

Patmol se gratta le menton et dévisagea Harry d'une façon un peu inquiète. Harry soupira et acquiesça.

« Je ne vais pas mentir, gamin, dit-il avec un petit sourire. C'est … étrange. »

« J'avais compris ça, dit Harry, résigné. Je veux dire, Drago ne pourrait pas être plus Sang-pur qu'il ne l'est et même lui semblait … j'sais pas … inquiet ou quelque chose comme ça. »

Harry laissa sa tête tomber contre l'épaule de Patmol.

« Pourquoi moi ? »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Patmol.

« Pourquoi Drago ne pourrait pas être celui qui parle aux Kelpies ? demanda Harry. Pourquoi est-ce qu'il faut que ce soit moi ? Pourquoi je suis celui qui doit garder un autre secret et encore un autre stupide titre avec lequel je dois vivre- »

Harry plaqua sa main sur sa bouche. Il n'avait pas prévu de parler de ça à Patmol – jamais.

« Titre ? » demanda Patmol.

« C'est rien. » dit rapidement Harry.

Il essaya de s'écarter un peu, mais ce n'était pas simple avec le bras de Patmol autour de lui.

« Je- »

« Harry. »

Et avec ça, l'utilisation de son prénom – juste son prénom – sans admiration ou attente, Harry éclata en sanglots.


« Hey, dit Sirius en serrant fortement son filleul contre lui. Hey, gamin, tout va bien. »

Sirius se serait senti mieux s'il avait eu une idée de ce qui avait fait craquer Harry, parce qu'il aurait ainsi plus de chance de l'aider. Et là, il n'avait aucune idée de ce qu'il avait fait ou dit pour obtenir ce genre de réponses – ou si c'était même lui.

« Gamin, tout va bien se passer, dit-il. On est tous en sécurité. »

Harry renifla et leva les yeux, ayant l'air complètement mortifié et en sentant l'odeur. Il essuya ses yeux avec sa manche.

« Désolé, murmura-t-il, tandis que Sirius lui frottait le dos. Je ne sais pas ce qui- »

« Réfléchis. » dit Sirius sur le même ton qu'avait employé plus tôt Harry envers lui.

Sirius ne lui avait donné que des bribes de réponses et il pensait intimement qu'il serait chanceux s'il obtenait un quart de ça de la part de Harry.

« J'imagine que je suis encore fatigué. » dit Harry en haussant les épaules.

Des conneries, pensa Sirius. Il ne verbalisa pas cette pensée, mais il réussit à croiser et à soutenir le regard de Harry pendant un long moment. Harry fut le premier à détourner les yeux et la seconde avant qu'il le fasse, Sirius put voir les murs entre eux s'élever.

« Non. » dit-il.

Harry tressaillit. Sirius se demanda si c'était à cause de son ton ou s'il avait involontairement répondu à quelque chose que Harry pensait.

« Ne fais pas ça, avec tes murs et ces conneries de 'je vais bien' ou 'je suis juste fatigué'. Aucun de nous ne va bien actuellement – moi inclus, dit-il lorsque l'expression de Harry se referma. En fait, je serais inquiet si tu allais bien. »

« Je vais bien – c'est rien- »

« Si tu ne veux pas parler de ça, alors je ne vais pas te forcer, pas jusqu'à ce que tu sois prêt, mais au nom de Merlin, n'essaye pas de me mentir. »

Harry ne répondit rien, mais il y avait de la culpabilité parmi les nombreux éléments qui constituaient son odeur.

« Je veux juste aider, continua Sirius avec une voix plus douce. Si tu en as assez de garder des secrets, alors tu sais quelle est la solution ? »

« Non. » répondit Harry avec une voix basse.

Il avait l'air intéressé.

« Les raconter, dit Sirius. Pas à tout le monde bien sûr, ce serait idiot- »

Il fut récompensé par un sourire réticent.

« -mais j'aime penser que je suis plutôt un type digne de confiance. »

Un autre petit sourire. Sirius patienta, laissant Harry réfléchir.

« Apparemment, je suis célèbre. » dit Harry.

« Apparemment ? Gamin, tu savais- »

« Non, je ne savais pas, dit Harry en relevant ses lunettes. Pas vraiment. Je veux dire, bien sûr, j'ai lu les journaux et tu m'as parlé de Voldemort, alors je savais, mais je ne- je n'en avais pas conscience. Je n'avais pas réalisé que tout le monde connaissait mon nom ou mes titres. Pour toi, Lunard et les Dursley, je suis toujours Harry. Juste Harry, mais maintenant ... »

Il avait l'air un peu paniqué à présent.

« Tu sais combien de fois j'ai du me présenter pendant qu'on était au Ministère ou quand j'étais au Manoir ? »

« Sûrement plein de fois. » dit Sirius.

« Pas une seule fois, dit doucement Harry. Je veux dire, je l'ai fait ou j'aurais eu l'air d'un abruti, mais je n'avais pas à le faire, parce que tout le monde savait déjà. Il y avait tant de gens que je n'avais jamais vu de ma vie et qui savaient déjà qui j'étais et tous, ils … j'sais pas … ils attendaient des choses. Ils me connaissaient, Pat- »

« Non, dit doucement Sirius en serrant l'épaule de Harry. Ils connaissent Harry Potter, le Garçon-qui-a-survécu ou Harry Potter, le Garçon-qui-a-disparu. Ils connaissent tes titres. Ils connaissent un nom qu'ils ont lu dans les journaux ou dans les livres d'histoire- »

Harry eut l'air horrifié d'apprendre qu'il était dans des livres.

« -mais ils ne te connaissent pas. »

« Mais je suis Harry Potter- »

« Et je suis Sirius Black, un tueur en série complètement fou, dit Sirius avec un sourire ironique. Enfin, aujourd'hui je suis 'Sirieusement mal compris' ... »

Il fit un geste en direction de l'exemplaire de la Gazette que Hedwige avait apporté plus tôt dans la matinée et Harry fit la grimace.

« Ils connaissent mon nom – nos noms – et ils savent un peu ce qui nous est arrivé- »

En fait, ils en savaient beaucoup sur Sirius après la veille, un fait avec lequel il n'était pas très à l'aise d'ailleurs, mais il pensait que ça en valait la peine.

« -mais ils ne nous connaissent pas. Ils ne savent pas qu'on m'appelle autant Patmol que Sirius ou que je ne supporte pas l'odeur ou le goût du chocolat, que mon Patronus est aussi un chien ou que je détiens le record du nombre de retenues jamais délivrées à Poudlard. Et tu sais quoi ? Tu es Harry – juste Harry. T'es le gamin qui parle dans son sommeil et – pour je ne sais quelle raison – apprécie Kreattur et qui s'est perdu la première fois qu'il a utilisé la Cheminée. »

Harry sourit et se rapprocha un peu de Sirius.

« Au diable leurs attentes – je préfère autant être ton beau, extraordinairement intelligent- »

« -modeste. » ajouta Harry en souriant largement maintenant.

« -parrain plutôt qu'un meurtrier, merci beaucoup. »

« Alors … Au lieu d'être le Garçon-qui-a-survécu, je devrais … mourir ? » demanda Harry, l'air confus et aussi un peu amusé.

Sirius lui donna un coup dans les côtes.

« T'as pas intérêt, grogna-t-il en faisant rire Harry. Continue de respirer ou alors, je te jure que je- »

Sirius hésita, essayant de réfléchir à une punition adéquate et Harry fit semblant de retenir sa respiration. Sirius leva les yeux au ciel et donna un nouveau coup dans les côtes de Harry, le faisant souffler de surprise.

La discussion fut complètement oubliée après ça – Sirius pensa que ça pouvait attendre jusqu'à l'après-midi – au détriment d'un jeu de 'cognard', qui commença dans la chambre de Sirius et se poursuivit rapidement dans le reste de la maison. Sirius tricha grâce à Patmol et Harry tricha en transplanant et en lançant des sorts pour le faire trébucher, alors c'était plus équitable.

Et quand Remus arriva pour le thé, presque deux heures après, Harry et Sirius lui tendirent une embuscade plutôt spectaculaire sur le pallier du deuxième étage.


Dans son bureau, Gawain se laissa tomber contre le dossier de sa chaise, vaincu. Il était trois heures du matin et il n'avait pas encore été se coucher – il recherchait encore sa rebelle apprentie – et il n'était pas plus proche de retrouver McKinnon qu'il ne l'était la veille. Après le procès, il avait traqué McKinnon depuis Godric's Hollow jusqu'à un quartier commerçant moldu, où s'alignaient des échoppes vendant toutes sortes de choses, des bijoux jusqu'aux journaux. Il avait demandé autour de lui et chaque personne se souvenait d'avoir vu une femme aux cheveux et aux yeux foncés à un moment donné, mais aucune ne semblait vraiment ressembler à celle qu'il recherchait.

Il vérifia discrètement la moindre trace de magie dans les alentours – il n'en trouva aucune – et alors, il abandonna et prit la direction d'Azkaban, avec l'infime espoir qu'elle ait essayé de s'y admettre elle-même. Aucun des gardes ne l'avait vu – une nouvelle surprenante, mais bienvenue. Gawain s'était alors directement rendu chez McKinnon. La porte avait été déverrouillée, alors il se permis d'entrer. La maison était vide, mais il était évident qu'elle était venue – sa valise, toujours rétrécie, était posée sur une des chaises autour de la table de la cuisine. Et là, à quelques pas, sur le plan de travail, se trouvait une petite boîte.

C'était cette boîte qui se trouvait devant Gawain à présent. Elle contenait deux clés et deux morceaux de papier. L'un d'eux certifiait que le Numéro Treize, Square Grimmaurd appartenait à McKinnon et le second était une lettre adressée à Gawain. La boîte contenait également sa baguette.

Il n'avait la lettre en sa possession que depuis quelques heures, mais le parchemin était déjà lisse d'avoir été manipulé tant de fois.

Gawain, disait-elle, de l'habituelle écriture soignée de McKinnon.

Je suis sûre, à présent, que Sirius est un homme libre et en voie de se réintégrer dans le monde sorcier. Avec de la chance, ce sera une transition aisée … Pas grâce à moi.

Je suis sûre que si tu avais eu l'occasion de me parler, tu aurais essayé de me faire changer d'avis, mais même si je t'ai écouté dans le passé, je refuse ne-serait-ce que d'entendre ton avis sur la question. Ce que j'ai fais est impardonnable – littéralement – et j'ai besoin de payer pour ça.

La boîte contient la clé de ma maison et celle de mon coffre. Vends ma maison et tout ce qu'il y a dedans – j'ai pris mes affaires importantes avec moi – et place la somme acquise sur mon compte. Contacte Sirius et dis-lui que lui et Harry peuvent prendre tout l'argent dont ils auront besoin. Ça ne peut même pas commencer à compenser ce que j'ai fait, mais c'est un début. Donne le reste à Sainte-Mangouste.

Fais ce que tu veux de ma baguette. Je n'en aurais plus besoin.

Je suis désolée.

Marlène


John Fisher passait une mauvaise journée. Les choses avaient déjà commencé à mal tourner lorsqu'il s'était levé de son lit et s'était cogné l'orteil et n'avaient fait que s'empirer depuis. Le système d'eau chaude n'en faisait qu'à sa tête à la maison, alors il avait du affronter une douche à peine tiède. Au petit-déjeuner, il avait renversé son café sur sa plus belle chemise et avait du la changer, avait retrouvé ses lacets de chaussures mâchouillés par le nouveau membre du foyer Fisher. Ils étaient tout effilochés à présent, quelque chose que John, aussi soigné et ordonné qu'il était, ne pouvait pas supporter. Et il avait, d'une façon ou d'une autre, réussi à tomber sur chaque feu rouge sur la route le menant à la maison de sa fille.

Felicity était sortie quand lui et sa femme étaient arrivés pour le déjeuner, alors John avait été obligé de faire la conversation à Derek – le 'presque' mari de sa fille – et supporter sa stupide guitare pendant presque une heure, seul. Sue, comme toujours, était en totale admiration devant le talent de son beau-fils – John doutait que pincer des cordes sur une guitare exige le moindre talent et l'avait fait savoir à de multiples reprises. John avait fait de son mieux pour ignorer la musique grinçante qui sortait des hauts-parleurs et avait zappé sur la télévision jusqu'à ce que sa fille, très enceinte, finisse par passer la porte.

A partir de là, les choses étaient devenues plus supportables – John s'échappa dans la cuisine avec Felicity et aida à préparer le repas – ou du moins, jusqu'à la moitié du repas, où la conversation se tourna inévitablement sur le bébé. En général, John était plutôt heureux de parler de son futur petit-enfant – Anderson, son collègue de boulot, en avait complètement ras-le-bol – mais John n'aimait pas la tournure que prenait la conversation.

« Vous vous souvenez de cette nuit d'il y a quelques années, Officier Fisher ? demanda Derek en agitant sa fourchette pleine. Avec la moto et la voiture volante- »

« Difficile d'oublier. » répondit sèchement John.

Lui et Anderson avaient été forcé de prendre un mois d'arrêt pour raisons de santé mentale à la suite de cette nuit-là et avaient du subir des séances de thérapie hebdomadaires, même après avoir été réintégrés. John savait ce qu'il avait vu, mais pour tous les autres à part pour sa famille, il ne s'était rien passé John était stressé et fatigué à cette période et avait forcément halluciné … Tout comme Anderson. John n'aimait pas que les gens le croient fou et s'était préparé à mentir et dire qu'il avait tout imaginé, si cela pouvait stopper les regards en coin.

« Et bien, vous vous souvenez du nom ? »

« Elvendork, grogna John, avant que son estomac ne se serre. Non ! »

Essayer de faire entendre raison à son beau-fils était une perte de temps, mais il était convaincu que sa fille ferait preuve de bon sens.

« Felicity, tu ne peux pas être sérieuse- »

« Oh mais Papa, c'est si rare. » dit-elle en prenant la main de Derek.

Ou pas, pensa misérablement John. Derek se mit à sourire comme un idiot et acquiesça. John maudit l'homme qui avait transformé sa fille sensée en quelqu'un qui aimait les choses 'rares'.

« Mais- mais Elvendork ? » demanda-t-il faiblement.

On parlait de son petit-enfant !

« Ellie comme diminutif si c'est une fille. » dit Felicity, toute sourire.

« Et Dork si c'est un garçon. » dit Derek.

John était incapable de dire si l'homme était en train de blaguer ou non. John se mit à bouder pendant tout le reste du repas et grimaça à chaque fois que Sue lui soufflait de prendre sur lui.

Inutile de le dire, John était dans un sale état en arrivant au travail cet après-midi là. Anderson enquêtait sur le cambriolage de Londres, alors John ne trouva personne à qui parler pendant qu'il faisait sa paperasse.

Alors, la journée de John passa de mauvaise à étrange.

« C'est lui, ma chère. » dit Julie, la secrétaire du service, en poussant la porte du bureau de John.

Il posa son stylo et leva la tête à temps pour voir une grande femme blonde entrer dans la pièce. La femme tira une chaise et s'installa, de l'autre côté du bureau de John.

« Merci. » dit-elle en inclinant la tête vers Julie.

Julie jeta un coup d'œil à John, qui acquiesça, et les laissa seuls.

« Comment puis-je vous aider ? » demanda John en s'adossant à sa chaise.

« Vous êtes le responsable ici ? » demanda-t-elle en lissant l'ourlet de sa robe fleurie.

« En effet. » dit-il assez fièrement.

Il reçut en retour un sourire soulagé.

« J'ai vu votre article. » expliqua-t-elle en croisant ses mains sur ses genoux.

« Vous avez des informations ? » l'interrogea John en attrapant son stylo à nouveau.

Il sentit soudainement que sa journée allait grandement s'améliorer.

« Si l'on veut. » répondit-elle avec ironie.

Elle se tut et glissa une mèche de cheveux derrière son oreille, tandis que John s'impatientait.

« J'aimerais faire des aveux. »

« Des aveux- je- pardon ?! s'exclama John. Des aveux ? Vous ? »

Elle acquiesça et lui adressa quelque chose qui n'était pas vraiment un sourire. Sa main se posa sur son arme et elle eut l'air amusé.

« Ce ne sera pas nécessaire, dit-elle. Je suis venue pour me rendre. »

John ne lâcha pas son arme pour autant, mais il ne s'empressa pas non plus de l'arrêter. Au lieu de ça, il l'observa minutieusement. Elle ne devait pas être très vieille – probablement quelques années de moins que Felicity – et avait l'air d'humeur à prendre le thé avec des amis ou de flâner dans un parc avec son conjoint. Elle n'avait pas l'air capable de tirer et de frapper quelqu'un … L'avis de John changea lorsqu'il croisa son regard pour la première fois. Ils étaient marrons, fatigués et … hantés. Complètement vaincus, mais il demeurait encore une sorte d'espoir amer en eux. La lèvre de John se retroussa et il ajusta sa prise sur son arme.

« Un élan de bon conscience alors ? » demanda-t-il.

« Je veux aller en prison. » dit-elle en levant les mains.

Elle les plaça sur le bureau de John et après un moment, il réalisa qu'elle attendait qu'il lui passe les menottes. John détacha lentement les menottes de sa ceinture, observant la femme pendant tout ce temps. Elle était assise là, calmement, ses poignets offerts à lui.

John attacha son premier poignet, s'attendant à ce qu'elle se débatte, à ce qu'elle proteste. Dans un état d'incrédulité manifeste, John se leva de son bureau – la femme eut l'air un peu confuse – et plaça les bras de la femme derrière son dos pour fixer la seconde menotte.

« Merci. » souffla-t-elle.

Lorsque John regarda son visage, elle était en train de sourire en train de sourire et de pleurer en même temps.