Petit mot du jour (Gody et Ally) :

On ne pensait pas qu'autant de reviews allaient suivre après le dernier chapitre, et c'était vraiment une bonne surprise et une source de motivation. On essaiera de publier généralement le week-end, vu que la semaine sera dédiée à l'écriture du chapitre.

Merci pour vos encouragements, et bonne lecture !

(Dernière précision : vu que ce n'était pas clair, Gerald et Braiya s'envoyaient en l'air ou, plutôt, essayaient.)


Réponses aux reviews (God's Tears) :

Lilo : Merci pour tes remarques :) et oui, les sous-entendus, c'est toujours amusant à placer.

Guest : Comme dit, la suite dépend pas mal des lecteurs. On aime écrire cette histoire, mais si c'est pour que personne ne réagisse, c'est un peu triste. En tout cas merci d'avoir laissé des commentaires. :)

Macy : Gerald se lâche davantage, ça change de ses envies de rédemption ahah. Merci pour tes retours. :)


Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.


Rating : T


JOUR 37 : fierté


Le portail grince un peu quand Erza l'ouvre, et pire encore quand elle le referme derrière elle. Les matins ensoleillés sont finis depuis quelques jours, laissant place à un ciel aussi endormi qu'elle à six heures. Simon lui offre un sourire compatissant tout en glissant ses grandes mains dans les poches de sa veste à capuche ; pour être franche, elle a tout de même émis des doutes quand il lui a proposé de l'accompagner jusqu'à la fac mais, après discussion avec Mirajane qui lui a expressément demandé d'être plus gentille et ouverte, elle a décidé de mettre tout ça de côté et de se laisser surprendre.

Après tout, Simon n'est pas un méchant garçon. Il est un peu timide et maladroit quand elle est aux alentours et il a toujours une petite attention pour elle. Et, au moins, ce n'est pas le genre à courir à gauche et à droite pour trouver une conquête sur le campus.

« Tu as réussi à tout réviser ?
- J'avais encore quelques petits trucs à revoir, donc c'est allé vite.
- Mais comment tu fais ?, demande-t-il en bougonnant. Je ne suis même pas arrivé aux derniers chapitres.
- Du travail organisé, sourit la rouquine en louchant sur la vitrine de la boulangerie. C'est toujours plus simple comme ça. »

Il n'y a pas encore beaucoup de monde qui circule dans la ville. Ils croisent de temps en temps d'autres étudiants qui, eux aussi, essaient de se réveiller ; l'odeur du café est omniprésente dans le tram et quelques discussions endiablées font office de musique. C'est lundi et tout le monde a l'air nerveux de retourner vers la fac, à croire qu'ils redoutent la possibilité d'un contrôle surprise.

C'est dans ces moments qu'Erza est bien contente de ne pas sortir tous les weekends.

Simon lui parle de tout et de rien, avec ce même sourire un peu gêné parce qu'ils sont proches dans la rame. Elle a envie de lui dire de se détendre un chouïa, mais vu le bonhomme, ça risque juste d'ajouter un nouveau niveau à sa nervosité. Donc elle essaie d'être douce et ignore les vibrations répétitives de son téléphone ; c'est sans aucun doute Gerald qui se décide enfin à revenir lui parler, après un week-end de profonde ignorance, donc il peut à son tour patienter.

Il est aux alentours de sept heures et Mirajane l'attend comme prévu devant le bar qui leur sert de repère entre deux cours. Elle l'accueille avec une étreinte ferme et chaleureuse. Puis elles s'éloignent et elle observe son amie plisser les yeux, fixant longuement Simon qui s'est brusquement tendu.

« Ça y est, vous avez baisé ?
- … non Mira. Non. »

Elle lève un sourcil parfaitement épilé, ses mains sur ses hanches.

« Mais vous faites quoi de vos week-ends ?
- Tu sais. On révise. Ce que tu ne fais jamais.
- Comme si j'en avais besoin, répond-elle en roulant des yeux. Bon, on entre ? J'ai froid. »

Erza esquisse un sourire puis se tourne vers le brun dont les joues sont colorées de rouge ; nul doute qu'il est encore sous le choc des mots assez crus de son amie.

« Tu vas t'habituer, t'en fais pas, rit la rousse.
- Si tu dis ça, c'est que tu aimerais l'idée qu'on passe plus de temps ensemble ? Comme… pendant les week-ends ?
- C'est. Peut-être quelque chose à… essayer ? »

Bon, être hésitante dans ses mots, ce n'est pas quelque chose dont elle a l'habitude ; les interactions sociales en général, même. Elle aime avoir sa bulle, malgré le fait qu'elle apprécie quand une autre personne est aussi aux alentours. Simon a l'air satisfait de cette réponse, puisqu'il prend sa main avec une certaine confiance.

Le temps passe toujours rapidement en compagnie de Mirajane, peut-être parce qu'elle a toujours une anecdote à raconter ; elle est captivante, drôle, et son regard pétillant tient en haleine tout le monde. Donc voilà pourquoi Erza se retrouve en train de courir pour rejoindre l'amphithéâtre. Elle est à l'heure mais de justesse et elle s'avachit sur son siège, son front heurtant la table gribouillée.

Quand son mal de ventre de la veille refait surface, elle hésite à rentrer, parce que maintenant, elle a l'impression de marcher en étant pliée en deux. Elle souffle bruyamment mais rejoint tout de même une nouvelle fois Mirajane, avec qui elle est censée manger ce midi. Ponctuelle comme à son habitude, la jeune femme a pris soin de commander pour que la nourriture se prépare quand elle, avec toute sa bonne volonté, débarque avec dix minutes de retard.

« Au fait, tu ne m'as jamais dit ce qui s'est passé avec le numéro inconnu. »

Haussant les épaules, la rouquine prend une longue gorgée d'eau. La banquette couine un peu lorsqu'elle s'y enfonce.

« Rien d'intéressant. Juste un type lambda arrogant.
- Oh. Dommage. »

Bien évidemment que Mirajane n'est pas crédule, c'est juste qu'elle a décidé de mettre ça de côté. Mais juste pour le moment.

Le plat chaud qui est servi réchauffe le bout de ses doigts gelés. Ça picote, c'est agréable, et même si elle a mal, l'odeur qui se dégage des patates douces lui fait monter l'eau à la bouche. La journée passe ainsi relativement vite ; le repas est animé, les cours sont intéressants, et voilà que seize heure pointe le bout de son nez.

Et, d'ailleurs, pas que seize heures.

Erza, sortie de la salle qui se vide toujours à une vitesse hallucinante, s'est figée ; ses yeux s'écarquillent et son souffle se bloque. Elle a l'impression de rêver mais, non, devant elle, se tenant fièrement droit, se trouve Luxus.

« Bah alors ? T'as perdu ta langue ? »

Sa taquinerie la sort de sa transe. Ne perdant plus un instant, la rouquine se jette entre les bras du grand blond. Il éclate de rire, la soulevant avec la même aisance dont elle a toujours eu l'habitude. Il sent l'odeur de la forêt et c'est réconfortant ; il l'a toujours été. Donc la voilà en train de se remplir pleinement les poumons, un sourire satisfait aux lèvres parce que ça fait si longtemps qu'elle ne l'a pas vu.

« Comment tu vas, petite tête ?, demande-t-il après l'avoir reposée à terre.
- Mieux. Mais qu'est-ce que tu fiches ici ?
- Je suis en permission. Dans deux semaines, je pars pour six mois. »

Depuis le temps, Erza aurait dû s'y faire mais, comme prévu, une pointe d'inquiétude vient la ronger. Pourtant, elle ne laisse rien paraître et frappe son torse avec un air joueur. Pour toute réponse, il lui administre une pichenette sur le front, avant de la pousser vers la sortie.

« J'espère que t'as à boire chez toi.
- Sale ivrogne.
- Il faut au moins ça pour te supporter. »

Le chemin du retour se fait avec d'incessantes chamailleries. Pour situer sa relation avec Luxus, il faut savoir qu'elle a grandi avec lui durant une bonne majeure partie de sa vie ; sa mère étant très souvent en déplacement et entretenant de bonnes relations avec Makarof Draer, il était tout naturel qu'elle soit très souvent sous la surveillance de ce vieil homme.

Elle se souviendra toujours de la première fois où elle s'est retrouvée chez eux ; Makarof les avait installés dans une pièce, le temps qu'il parte vaquer à quelque chose d'urgent, les laissant ainsi seuls ; aucun mot échangé, juste un regard. Quand il est revenu dans le salon, il a tout de suite demandé s'ils s'étaient au moins adressés la parole ; et là, tout a dérapé. Des phrases comme « Non, il est moche. » ou encore « Tu t'es vue tête de betterave ? » ont fusé, pour ensuite se transformer en bataille sur le canapé afin de déterminer quel programme serait à la télévision.

La réconciliation n'a pas tardé, Makarof n'était pas toujours un homme patient ; comme deux enfants boudeurs, ils ont enterré la hache de guerre, non sans quelques autres piques. Après tout, lui comme elle n'avaient pas cherché à stopper le carnage. Déjà petits, chacun avait sa fierté de petite teigne.

Plus tard, Luxus, pourchassant depuis petit le besoin d'être admiré et respecté par son paternel, a tout de suite décidé de s'orienter vers une carrière militaire. Ça, mais aussi son besoin de protéger, bien qu'il ne l'avoue pas.

« Tu as plus de cartons de chaussures que de bouffe.
- Commande à manger si t'es pas content, marmonne Erza en s'installant sur son canapé.
- Radasse. Tu pourrais m'inviter.
- Sois un gentleman pour une fois. »

Il grimace mais sort quand même son téléphone.

« Demain je n'ai pratiquement pas cours. On pourra sortir un peu.
- Pour que je t'invite aussi ?
- Si gentiment proposé… »

Après quelques bières, quatre pizzas, et des jeux, la voilà déjà au lit sur le point de s'endormir. C'est la vibration de son téléphone qui attire son attention ; autant abréger les souffrances de Gerald. Donc, avec un sourire moqueur, elle déverrouille le portable. Elle bat des cils, perplexe, se rendant compte que ce n'est pas lui mais juste Mirajane et son goût prononcé pour les photos de chat drôles.

Un oreiller vient brutalement la tirer de ses pensées et elle gémit de protestation.

« Dors, marmonne Luxus, ou je balance ce téléphone. »