Petit mot du jour (God's Tears) :

Vu que la reprise des cours ne va pas tarder, il est possible que le semblant de rythme actuel (1 chapitre par weekend) soit un peu bouleversé. Mais on essaiera quand même de le maintenir.


Réponses aux reviews :

Macy : Mais Simon est si gentil ! On a beaucoup aimé mettre en scène Luxus. Un peu de broship ne fait pas de mal.

Xxx : On dirait bien que l'arrivée de Lulu est très appréciée ahah.

G : Luxus ajoute un peu de peps !

Luna : Merci de toujours apprécier l'histoire. :)

Lilo : On aime le côté brute de Luxus ahah ! La popularité de Simon est vraiment faible ma foi. x)

Guest : Plus on est de fous, plus on rit hehe.


Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.


Rating : T


JOUR 41 : complicité


Ce n'est pas la douce mélodie de son téléphone qui la tire de son sommeil aujourd'hui, non, c'est quelque chose de bien moins agréable ; de l'eau froide qui éclabousse soudainement son visage, la tirant ainsi très efficacement de ses songes. Erza se relève brusquement en criant sa rage, sachant pertinemment qui est à l'origine de ce réveil. Et le pire, avec ça, c'est qu'il a ensuite ouvert en grand le volet, permettant au timide soleil de l'automne de déverser son éclat dans la pièce.

« Bordel Luxus ! »

Le concerné ricane en croisant les bras, tenant toujours l'arme du crime, à savoir un verre. Il tapote le pied de son lit avec force et la rouquine plisse les yeux, n'appréciant pas les vibrations qui résultent de son acte. À vrai dire, vu comment la journée a débuté, nul doute que le moindre de ses gestes va la rendre dingue.

« Espèce de nudiste, va t'habiller.
- J'ai juste un t-shirt à mettre. Et tu crois que t'es mieux avec ta culotte qui sert pratiquement pas et ton débardeur ?
- Je suis chez moi, marmonne Erza en quittant le confort de son matelas.
- Raison de plus pour faire un effort pour ton invité, non ? »

Elle hausse les épaules avant de s'étirer. ; son dos craque et elle pousse un soupir. Puis, doucement, une fois qu'elle s'est décidée à quitter sa chambre, elle renifle l'agréable odeur qui imprègne le salon. C'est avec une certaine satisfaction qu'elle découvre sa table basse remplie d'assiettes contenant des viennoiseries, du pain frais, de la brioche tout droit sortie du four, du café, du jus de fruits qu'il a sans nul doute pressé lui-même, de la confiture. Bref.

Tout ce qu'il faut pour la rendre heureuse.

Erza saute pratiquement sur ce festin, ayant oublié ce que ça faisait de prendre un vrai petit-déjeuner. Des saveurs incroyables inondent sa bouche, lui intimant de fermer les yeux sous le bonheur. Elle entend vaguement les marmonnements de Luxus qui ouvre les placards de sa petite cuisine, puis il claque une des petites portes sans réelle délicatesse.

« Doucement !, se plaint-elle après avoir avalé son deuxième pain au chocolat. J'ai pas d'argent pour me racheter des meubles !
- Tu veux bien m'expliquer où passe cet argent d'ailleurs ? Parce qu'il y a clairement pas la trace d'une miette d'un quelconque repas. Tu te nourris vraiment que de barres de céréales ? »

Ceci étant dit, le blond agite la fameuse boîte contenant son graal avec les sourcils froncés, déformant la cicatrice sur son visage fermé ; il n'est pas vraiment énervé, parce que si c'était réellement le cas, il aurait la mâchoire contractée. D'ailleurs, depuis qu'il est ici, il ne s'est pas rasé, permettant la naissance d'une barbe discrète.

« Je… le mets de côté. »

Se suit de sa réponse un long silence. Puis Luxus éclate de rire, lance la boite, et fonce vers sa chambre malgré ses protestations qui ressemblent plus à des miaulements étouffés à cause de la nourriture.

« Reviens ici ! »

Il l'ignore complètement, ouvrant sa penderie d'un geste sec. Lui et la délicatesse, ça fait deux. Ses yeux parcourant l'étendue de ses vêtements puis il les pose sur elle, qui se tient maladroitement à sa porte.

« Quoi ?, bougonne-t-elle. J'ai rien fait. »

Sans un mot, Luxus prend quelque chose et le tient du bout des doigts, exposant une pièce de lingerie qu'elle a achetée récemment ; de la dentelle, du tissu, tout ce qu'il faut pour un merveilleux et magnifique porte-jarretelle noir.

« T'avais vraiment besoin de ça ? »

Sa question a des airs accusateurs.

« Je le trouvais mignon… »

Après les airs accusateurs, maintenant il y a le regard. Elle le sent, là, posé sur elle. C'est facile pour lui, les hommes n'ont pas besoin de lingerie !

« Combien ?
- … 120 …? »

Bon. Ok. Elle a peut-être un peu déconné pour celui-là. Mais juste un peu.

« Mais t'es sérieuse ? Tu te rends compte de la bouffe que t'aurais pu t'acheter avec 120 balles ? Tu l'as utilisé au moins ? »

Silence.

Légère inspiration.

« Pas encore. »

Le militaire roule des yeux et frappe son front avec son autre main. Elle l'empêche de jeter cette pièce parfaite puis gémit lorsqu'il poursuit son inspection.

« Et toutes ces vestes ? C'est vraiment nécessaire ?
- Oui.
- Mais elles se ressemblent toutes !
- Pas du tout !, se défend-elle. Les coupes et les couleurs ne sont pas les mêmes ! »

Luxus lâche un long, très long, trop long soupir, avant d'ouvrir en grand le placard.

« Et les chaussures ? Une dizaine de paires je peux comprendre mais…, il s'arrête un instant le temps de les compter, … quarante-deux ? Sérieusement ? »

Un simple haussement d'épaules et un sourire satisfait font office de réponse.

Par contre, elle ne s'attendait pas à ce qu'il ouvre tous ses tiroirs. Manquerait plus qu'il inspecte chacun de ses sous-vêtements en lui demandant le prix !

« T'as plus de culottes qu'il n'y a de jours dans l'année.
- Pas ma faute si elles finissent en lambeaux ! »

Oups…

Un nouveau silence.

Son frère tourne lentement la tête vers elle, comme pas très sûr d'avoir bien entendu sa dernière phrase, vu l'expression collée sur son visage. Sa bouche semble hésiter à s'ouvrir.

« Quoi ?
- Quoi ? »

Donc elle feint l'innocence. Parce que, et bien, ce n'est pas le genre de détail qu'un grand-frère voudrait savoir de sa petite-soeur, voyons. Sauf que le regard qu'il lui lance lui fait bien comprendre qu'il a saisi le sens de sa réponse.

Et encore un autre silence.

Il dure quelques secondes.

Puis Luxus prend cette fois-ci son téléphone qu'elle vient de débrancher, afin de voir ses messages.

« M'hé ! Rends-le moi ! De toute façon tu ne connais même pas le co- »

Elle ne finit pas sa phrase parce qu'il tape son mot de passe sans ciller. Et, bien évidemment, vu qu'elle n'a absolument pas eut le temps de changer l'application sur laquelle elle se trouvait, il tombe nez à nez avec la conversation entre Gerald et elle. Oui, ce Gerald qui a décidé de la snober depuis un bon moment maintenant.

Étrangement.

« Wow. T'as l'air désespérée pour envoyer autant de messages à ce… tête de singe ? C'est qui ? Il a un nom ? »

Erza soupire.

« Fernandez. C'est personne. Juste un idiot. »

Luxus n'a pas l'air de cet avis, vu la manière dont son corps s'est tendu.

« Gerald ?
- … oui. Comment tu connais son prénom ?
- Fais attention avec sa famille quand même. Et si vous vous mettez ensemble, détruisez pas le monde s'il vous plait. Ce serait cool. »

Ses joues la brûlent et elle décide de fixer un point au plafond pour cacher sa gêne, juste le temps de chasser le fait que son corps la trahisse. Sérieusement, pourquoi avoir une réaction d'écolière comme ça ? Gerald est peut-être gentil, mais ça reste un véritable petit con.

« Je ne compte pas me mettre avec cet abruti, ni même fricoter avec sa famille. Je ne sais même pas qui ils sont. Il a l'air totalement lambda. »

Luxus lui redonne son téléphone en secouant la tête.

« Erza, crois-moi. Si je te dis de faire gaffe, c'est qu'il y a une raison. Ta mère ne t'as jamais parlé d'eux ?
- Tu sais bien qu'elle m'a toujours gardé à l'écart de ses affaires.
- Hum… c'est quand même un sacré hasard que tu sois tombée sur lui. »

À peine a-t-il fini sa phrase qu'il sort un t-shirt de son armoire. Un t-shirt qu'elle ne reconnait pas immédiatement.

« Et ça ?
- Je l'ai pris à un gars en début d'année. Cet imbécile avait ruiné mon corset ! »

Cette phrase semble le faire rire. D'ailleurs, peut-être qu'elle devrait voir pour s'en trouver un autre.

« Ahlala…, dit-il en lui ébouriffant les cheveux, ma petite-soeur est une tombeuse. »

Elle plisse les yeux, pas très sûre d'avoir bien saisi le sous-entendu.

« Tu en doutais ?
- Je t'ai toujours trouvée moche. »

Piquée, Erza se saisit d'une boîte de chaussures afin de la lui envoyer en pleine figure ; la première bagarre de la journée se termine rapidement, à cause de la sonnette qui résonne soudainement dans l'appartement.

« Tu attendais quelqu'un ?, s'étonne-t-il en retirant sa grosse mains de son visage.
- Non. »

La rouquine part vers l'entrée en insultant une dernière fois Luxus, ne lui permettant pas de rajouter une couche parce qu'elle ouvre la porte avant ; toutes les victoires sont bonnes à prendre.

« Mira ? »

Perchée sur des talons plus grands que son avenir, l'étudiante en question penche la tête pour observer qui se tient derrière elle. Un léger sourire chatouille le coin de ses lèvres roses et brillantes.

« Je dérange ?
- Oui, résonne la voix de Luxus depuis sa chambre, je m'apprêtais à lui faire manger le parquet. Ce sera toujours plus consistant que ses foutues barres de céréales ! »

Erza pousse un soupir exaspéré avant de lancer un regard assassin en direction du jeune homme qui vient de débarquer dans le salon ; il croise les bras, lui rappelant alors qu'ils sont à moitié nus. Ah, ça explique sa question. Maintenant, il faut juste exposer le détail important.

« Je te présente mon adorable, merveilleux et bien aimant grand-frère : Luxus. »

Celui-ci s'approche en glissant en « Yo. » et esquisse un léger sourire ; mais un très léger sourire, parce qu'il ne faut surtout pas montrer qu'il peut parfois être poli et civilisé.

C'est avec une expression trahie que la nouvelle est comprise par la demoiselle. Elle rejette dramatiquement derrière son épaule sa longue chevelure ondulée, feignant une profonde tristesse.

« Mais tu ne m'avais pas dit que tu avais un frère aussi canon !
- C'est ce que je me dis tous les matins, soupire le concerné. »

La rouquine croise les bras, peu certaine de la tournure que va prendre cette conversation.

« Il n'est pas si canon que ça. Je t'ai connu avec de meilleurs gouts Mira…
- Tu es juste jalouse Erza. J'y peux rien si la beauté n'est pas donnée à tout le monde dans cette famille. »

Son poing se contracte et l'envie de le lui enfoncer bien dans le nez lui plait beaucoup.

« Pas que je veuille gâcher cette merveilleuse complicité mais on était censée aller à la fac ensemble.
- Tu as cours toute la journée ?, demande Luxus.
- Non, juste trois heures ce matin. On peut sortir après ça.
- Bonne idée, approuve Mirajane en tapant dans ses mains. Une boutique vient d'ouvrir en ville, c'est l'occasion de voir ça ! Tiens, tu devrais aussi inviter Simon. Il faut bien officialiser tout ce qui se passe entre vous deux.
- Simon ? »

Ah, oui.

Simon.

« Un gars de ma promo. Très gentil. On s'est… pas mal rapproché. Et. Voilà.
- Les enfants grandissent si vite de nos jours…
- Je ne suis plus une enfant Luxus… »

Il fait mine d'essuyer une larme invisible et ricane en déguerpissant dès l'instant où elle se rue vers lui pour le frapper. Mirajane s'est permise de rentrer et de s'installer devant le petit-déjeuner, dégustant tranquillement pendant qu'ils se chamaillent. Finalement, après avoir enterré pour quelques heures la hache de guerre, les deux se sont décidés à se préparer ; si elle peut éviter d'être en retard, ce serait une bonne chose.

La rouquine ferme doucement la porte derrière elle avant de choisir ses habits. Luxus est déjà en train de mettre ses chaussures.

« Tu ne m'avais pas dit que tu avais une copine aussi mignonne. »

Elle s'arrête net dans ses gestes.

« On avait dit pas les amis. »

Le garçon lève un sourcil alors qu'elle enfile rapidement un pull ; même si le soleil est présent, la fraîcheur risque de bien l'accueillir. La laine blanche capture sa chaleur, puis elle glisse ses jambes dans un pantalon bleu qui trainait par terre.

« Quand est-ce qu'on a dit ça ?
- Est-ce que je me suis déjà tapée un de tes potes ? No-
- Oui, la coupe-t-il en tapant un message.
- Quoi ? T'es sûr ? Parce que je ne m'en souviens pas. »

Son bruyant soupir signe son exaspération et son désespoir. Il n'a pas encore levé les yeux de l'écran de son téléphone.

« Hibiki.
- Hi… bi… qui ? »

Erza tente de se souvenir de ce garçon, en vain. Peut-être qu'il est en train d'inventer ça, juste histoire de justifier son envie de mettre le grappin sur Mirajane.

« Oui. Un mec blond et fin. Ça te dit vraiment rien ?
- On a pas les mêmes notions d'homme fin…
- Ne change pas de sujet. »

Elle gonfle les joues, tout comme une enfant vexée. Une fois ses chaussettes mises, elle s'empare d'une paire de baskets sous le regard critique du militaire ; elle n'a pas envie de se prendre la tête sur ses vêtements aujourd'hui.

« De toute façon Mira ne cherche pas du sérieux.
- Ça tombe bien : moi non plus. »

Les joue à nouveau remplies d'air pour montrer son désaccord finissent par être pressées par les doigts forts de son frère. Elle proteste d'un gémissement et tourne la tête.

« Trouvez-vous une chambre.
- Ic-
- Non. Bouge de mon lit d'ailleurs. »

Luxus éclate de rire et se lève d'un bond.

« On y va ? »

Avec une main qu'il appuie contre son dos, d'une façon qui n'est certainement pas brutale, il lui indique une réponse positive. La route jusqu'à l'université se fait sans se presser et Simon finit par les rejoindre dans le tram, tout sourire ; le présenter aussi rapidement à un membre de sa famille n'est certainement pas quelque chose qu'elle a prévu. D'ailleurs, elle se demande même s'il a déjà présenté qui que ce soit à ses proches.

À vrai dire, Erza ne sait même pas encore quelle relation elle entretient avec lui. Ils se sont peut-être rapprochés mais ça ne veut pas pour autant dire que des sentiments incroyables sont venus la submerger. Elle apprécie sa compagnie, il n'a pas l'air difficile à vivre et il a toujours une petite attention pour elle. C'est vraiment agréable, ça, d'ailleurs. Alors elle peut bien tenter une relation avec une personne comme lui, non ? Se faire chouchouter, se sentir aimée, ne pas être seule.

Plus elle y réfléchit, plus elle se dit qu'elle cherche juste à combler un vide en elle. Cette sensation désagréable qui fait serrer son coeur. Celle qui l'empêche parfois de dormir ou qui la pèse chaque matin, ou alors subitement dans la journée.

Le rire cristallin de Mirajane la tire de ses pensées et elle bat des cils, observant la jeune femme poser sa main sur le biceps de Luxus qui s'esclaffe également. Un sourire tire légèrement le coin de ses lèvres, très consciente de la complicité qui s'opère déjà entre ces deux énergumènes. Simon a passé son bras derrière son dos pour la tenir lorsque le tram remue trop et elle se laisse aller, appuyant l'arrière de sa tête contre son torse.

La matinée se passe sans problèmes. Erza arrive à complètement assimiler les dires de l'enseignant mais elle révisera juste au cas où. Comme prévu, Luxus et Mirajane les ont attendus et se sont aussi acheté une collation. Un peu déçue de ne rien avoir à manger, elle les a embarqué dans son café préféré ; il n'y a pas de raison que ce soit les seuls à se faire plaisir, non mais.

« Tu sais qu'on va quand même aller au restaurant là, hein ?, souffle le blond.
- Et alors ?, siffle-t-elle en mangeant la dernière bouchée de sa pâtisserie.
- Tu veux pas un peu penser à ta ligne ? »

Elle froisse le papier et le jette dans une poubelle dès qu'ils en croisent une. Le centre-ville commence à se remplir à l'approche de midi.

« Tu insinues quelque chose ?
- Que t'as l'air d'avoir pris du cul, oui.
- Je fais du sport je te signale !
- Pour te donner bonne conscience ? »

Mirajane l'empêche de faire volte-face et de plaquer ce qui lui sert de grand-frère au sol ; il ne faudrait pas effrayer son petit-ami dès les premiers jours, pas vrai ? Parce qu'il l'observe à la dérobée, lui souriant gentiment alors que Luxus lui raconte des histoires qu'il a vécu dans le désert. Mais qu'est-ce qu'elle fiche ?

« … et après tu verras, la boutique vaut vraiment le détour. En plus ils font des soldes régulièrement ! »

Elle ne voit pas le temps défiler ; pourtant elle a l'impression que son portable pèse des tonnes dans son sac, parce qu'elle crève d'envie d'appeler Gerald pour lui dire de les rejoindre. Mais elle ne le fait pas, vu qu'elle sait pertinemment qu'il ne répondra pas. Et ça la mine, au fond, même si elle refuse de cracher ce morceau. Personne n'a besoin de savoir ça.

Alors Erza préfère trouver une autre distraction, après le repas, qui consiste à dépenser son argent dans une autre paire de chaussures et des vestes. Malheureusement pour elle, Luxus l'en empêche.

« Tu as assez de ça dans ton appart'. On va plutôt faire des courses.
- … avec quel argent ?
- Attends, t'allais t'acheter d'autres fringues inutiles alors que t'es déjà dans la cave ?
- Et bien… je… oui. Peut-être bien ? »

Simon serre doucement sa main qu'il tient depuis une bonne demie-heure ; il est nerveux, sa paume étant moite. Ce n'est pas le détail le plus sensationnel au monde mais ça l'arrache de ses pensées assez régulièrement.

« Mais t'es pas possible. Mira, tu veux pas la remettre sur le droit chemin des fois ? »

Haussant un sourcil, la rouquine fixe son amie qui tient un sac à main. Elle a attaché sa chevelure d'argent et n'a toujours pas retiré les lunettes qu'elle met pour lire, lui donnant un air assez sérieux.

« Ça attaque déjà les diminutifs ?
- Faut bien commencer par les préliminaires, ricane Luxus.
- T'es intenable…
- T'es pas mieux tête de betterave. »

Il prend son autre main, indiquant silencieusement à Simon de lâcher sa prise sur elle.

« On vous laisse zieuter, on a des courses à faire.
- Vous revenez après ?, demande le brun.
- Je t'envoie un message. »

Erza se laisse guider par son frère dans les rues calmes de Crocus. Elle retient un soupir de fatigue tout en observant les personnes autour d'eux.

« Je donne même pas deux mois à votre couple. »

Et elle n'a pas la force de le contredire, de protester, ou autre chose. Elle rêve juste d'être enfoncée dans son lit pour regarder une série qu'elle a commencée avec Gerald. Et voilà qu'elle se remet à penser à lui.

Encore.

Ils sont à la caisse du supermarché quand le téléphone de Luxus sonne bruyamment. Ses sourcils sont froncés et sa mâchoire est crispée ; le langage corporel pour dire qu'il a une urgence. Courir jusqu'à son appartement est dur, voilà pourquoi elle finit transportée comme un sac à patates sur son épaule.

Le blond rassemble ses affaires, s'absente une seconde et elle en profite pour lui prendre quelques hauts. Erza n'a jamais aimé qu'il fasse ses valises, alors elle prend un bout de lui. Malgré son empressement, il la sert longuement entre ses bras et l'embrasse sur le front avant de partir. Ça la réchauffe, juste un peu. Suffisamment.

« Prends soin de toi ma puce. »

Son appartement est à nouveau calme, vide, et elle doit ranger les courses qu'il lui a payées.

Plus tard, son téléphone vibre ; ce n'est toujours pas Gerald, mais c'est Luxus, et ça la fait sourire.

« Contrairement à toi, le nombre de mes t-shirts correspond au nombre de jours de la semaine. Tu m'en dois quatre Scarlett. »