Réponses aux reviews (et on dit bonjour à Alisha parce que c'est elle qui a répondu) :

Lilo: On avait envie d'un broship Erza Luxus parce que c'est un duo qui marchait très bien et que j'ai vu dans très peu de fanfic. Heureuse qu'il te plaise tout autant.

On fait exprès de vous embêter avec Simon... evil smile en ce qui concerne Gerald, et bien je te laisse lire. Enjoy !

Xxx: Ah ha non ! On essaie de prendre un peu d'avance de sorte qu'on puisse publier tous les week-end pendant un certain temps. Rassure toi, tu n'auras pas à attendre plusieurs mois pour une suite. Du moins pas dans l'immédiat.

On adore le broship Erza Luxus aussi et NON on a pas changé de bord. Simon est uniquement là pour vous enquiquiner :') c'est pourquoi ce chapitre va te faire huuuurler de plaisir. (Sarcasme. Ou pas)

Luna : En espérant que celle-là te plaise aussi.

Flèche d'argent: Aaaawn ma petite fangirl chérie te voilà !

On sait que tu aimes Simon et c'est pour ça qu'il est EN COUPLE avec Erza. On va garder ta merveilleuse idée de Petit Tonnerre aussi ;) Ta review fait chaud au coeur. Ce chapitre te plaira encore plus j'en suis sûre !

Macy : Yes, y a pas assez de broship sur ce fandom, encore moins Erza et Luxus. Nous avons donc décidé d'y remédier.

Erza reste une fille de 18 ans, y a pas de mal à valider certains clichés voyons...
Pour Gerald... ma foi, je pense qu'il va bien :') surtout que tu aimes Simon alors je suis absolument certaine que tu vas hurler de joie en lisant ce chapitre.
Et rassure-toi, la suite viendra la semaine prochaine.

G : C'est clair qu'on s'est lâchées sur les répliques ! Le rythme d'un chapitre par semaine devrait se maintenir pour un petit moment si tout se passe bien. Don't worry !

Tu aimes beaucoup Simon toi aussi ! Merveilleux ce chapitre est pour toi alors !


Disclaimer: Fairy Tail ne nous appartient pas.


Note: M


JOUR 45 : manque


Elle est allongée sur son lit, la respiration haletante, les cuisses posées sur des épaules larges et musclées. La langue qui joue avec son intimité la rend folle, lui volant des gémissements plus forts que les précédents. Les sensations qu'il lui procure font vibrer tout son être, la font se cambrer et demander plus que ce qu'il lui offre déjà.

Ça, c'est ce qu'Erza aurait voulu. Parce qu'en réalité, oui, il y a bien un homme entre ses jambes qui s'occupe de son sexe, sauf que ses actions sont juste celles d'une personne en train de baver, rendant soudainement le plafond très intéressant ; elle n'avait jamais remarqué la poussière jusqu'à aujourd'hui. Alors, maintenant, elle est obligée de faire face à un détail assez important.

Simon est nul.

Comment elle est censée agir dans cette situation ? Sortir une photo de Google et lui donner un cours sur l'anatomie féminine ? Non parce qu'il n'est certainement pas puceau, elle sait qu'il sort d'une longue relation, alors il a forcément dû avoir des rapports avec son ancienne partenaire.

Erza retient un soupir frustré et se réinstalle entre ses oreillers. Elle a encore son t-shirt légèrement remonté, parce qu'il a glissé l'une de ses mains sur sa poitrine. Ses doigts pétrissent parfois son sein gauche, effleurant son téton. Elle frémit à peine alors qu'elle cherche à se focaliser sur les sensations qu'il s'efforce de lui procurer.

Bon sang, il a juste à remonter un peu et il est sur son clitoris ! Elle ne va quand même pas lui saisir la tête pour lui indiquer le chemin. Pourquoi s'attarder à cet endroit là, à part pour la rendre nerveuse et de plus en plus incertaine envers ses qualités sexuelles. Allez, peut-être un coup de pouce ? Juste pour l'encourager à être plus aventureux

Elle glisse lentement ses doigts entre les mèches brunes qui caressent son bas-ventre. Les agrippant doucement, mais assez fermement, elle tire pour lui intimer de remonter juste un peu, juste ce qu'il faut pour qu'elle puisse enfin prendre son pied. Sauf que Simon ne bronche pas, ne bouge pas d'un millimètre sa bouche, et continue de juste dessiner ses plis avec délicatesse.

C'est forcément une blague.

Elle ne voit que cette solution.

Le temps se fait long et la rouquine tourne la tête pour regarder l'horloge ; alors ça ne fait pas vingt minutes mais juste dix ? Oh bon sang. Pourquoi diable a-t-elle dit oui pour cette session de préliminaires complètement foireuse ?

Simon descend sa bouche et, pour la première fois depuis le début, glisse sa langue autour de son entrée. Elle hausse un sourcil, se disant que peut-être quelque chose de sympa va se produire, sauf qu'il relève sa tête avec un sourire et elle le fixe une fois qu'elle s'est légèrement redressée, s'appuyant sur ses coudes. Sa bouche luit de sa salive et il a les joues rouges ; au moins, ça fait de l'effet à quelqu'un.

« Tu veux… que je mette les doigts ? »

Sa voix grave tremble d'hésitation, comme si poser cette question était risquée.

« Surprends-moi ? »

Se laissant retomber entre les coussins, la jeune femme espère secrètement que son index lui donnera plus de sensations que sa langue. Ses yeux se ferment, elle inspire, puis souffle sous la pénétration. Mais tout s'estompe très vite. Pourquoi est-il aussi doux, bon dieu ? Il doit bien le sentir qu'elle n'est pas sur le chemin de la jouissance, pourtant il reste délicat.

Bon, bien sûr que ça peut être un très bon point, mais, vu où ils en sont actuellement, ce serait pas mal d'être un chouïa plus ferme. De la bonne fermeté, comme ce que cette fille a la bibliothèque a évoqué. Elle a laissé ses oreilles traîner, parce qu'elle a très bien compris de qui parlait cette étudiante.

Gerald n'est pas d'un type doux ; du moins, c'est ce qui ressort majoritairement des comptes rendus de ses conquêtes d'un soir. Il sait quoi faire, où le faire, comment le faire. Ce n'est peut-être pas si mal de l'imaginer à la place de Simon, au moins cette fois. Elle en a besoin. Ce sera vraiment l'unique moment. Pas un autre, plus tard, non, simplement celui-ci.

Alors elle fait comprendre à Simon de retirer ses doigts, de retirer son visage, et d'enfiler un préservatif rapidement. Il est déjà dur et prêt depuis un moment, son regard sombre se posant sur son visage. Le soutenir n'est pas difficile et c'est lui qui baisse le sien, rompant le contact visuel en une fraction de seconde ; la frustration la titille et elle serre les dents en le sentant en elle.

Ses paupières se referment, Erza pose une main sur son dos et l'autre sur sa nuque. Ses cuisses remontent pour enserrer sa taille alors qu'il ondule son bassin. Il caresse sa peau et le souvenir de la paume rugueuse de Gerald lui revient. Elle expire, essayant de se laisser entraîner dans de maigres souvenirs et son imagination.

« Plus vite, souffle-t-elle en agrippant ses cheveux, j'ai besoin de plus. »

Simon gémit près de son oreille et obéit sans protester. Ses hanches frappent l'intérieur de ses cuisses et elle mord sa lèvre. Il recommence, encore et encore, ses muscles roulant sous l'effort, tout comme lorsque Gerald nage tard le soir, dans la piscine de l'université.

Elle sent le début de son excitation pointer le bout de son nez puis, soudainement, il se tend.

Et s'arrête.

Simon ne se redresse pas tout de suite. Il le fait après avoir terminé de lâcher quelques petits râles de plaisir. La sueur macule son front et elle plonge dans les yeux noirs ; c'est une blague, pas vrai ? Il caresse son visage pour replacer quelques mèches rouges correctement et lui offre un sourire tendre.

« Ça va ? »

Erza entrouvre les lèvres, relâchant peu à peu sa prise sur lui.

« Je ne t'ai pas fait trop mal ? Tu es toute blanche. »

Comment lui dire que si elle avait été vierge avant ça, nul doute qu'elle le serait encore ? Donc elle se redresse, prête à parler très sérieusement de ce qui vient de passer parce qu'il est hors de question qu'elle revive ça une deuxième fois. Mais son téléphone vibre bruyamment et Simon saute lit pour décrocher ; sans doute un ami qui l'invite à une session de rugby.

Elle le regarde enfiler rapidement un boxer après avoir retiré le préservatif usagé. Ébouriffant lentement ses cheveux pour les rejeter en arrière, la rouquine se lève à son tour, son humeur pourtant joyeuse ce matin s'étant transformée en une aura de frustration ; très bien, ils parleront une autre fois. De toute façon il ne peut s'empêcher de l'appeler pratiquement chaque soir.

Comme Gerald avant.

Ça va faire combien de temps qu'elle n'a pas de nouvelles, déjà ? Pratiquement deux semaines. Et deux semaines, c'est long. Très long.

Il est aux alentours de seize heures et, si elle se souvient bien, il est censé avoir cours. Donc elle peut très bien mettre la main sur lui là-bas ; c'est peut-être un idiot dans les relations, mais pas dans les études. Donc elle s'habille en retournant le grand sourire que lui offre son petit-ami. Son baiser est rapide mais doux et il la serre entre ses bras.

« Je t'envoie un message pour ce soir. »

Si elle doit être franche, cette information lui passe au dessus de la tête ; elle se demande juste comment va Gerald et ce qu'il fabrique. Le pire dans tout ça, c'est qu'elle est rarement allée dans la partie du campus où il se trouve, alors elle est en train de se demander si elle fait bonne route, jusqu'à ce qu'elle tombe nez à nez avec une jeune femme.

Grande, des cheveux longs, noirs, soyeux, brillants, comme le rouge sur ses lèvres pulpeuses, contrastant merveilleusement bien avec sa peau de porcelaine. Ses traits fins s'étirent à peine quand elle sourit lentement. En bref, une poupée.

« Tu es Erza.
- Et… tu es ?… »

Elle resserre contre sa poitrine les cahiers qu'elle tient. Son regard sombre l'étudie un instant, la faisant se raidir.

« Tu cherches Gerald ?
- Non, enfin si, mais tu-
- Il n'est pas là aujourd'hui. Tu devrais essayer à cette adresse, dit-elle en la griffonnant sur une page de son cahier, et s'il n'y est pas, va ici. »

Le papier finit rapidement entre ses mains, tandis qu'elle la dévisage toujours. La demoiselle regarde par dessus son épaule puis fait un signe de la main. Erza a à peine le temps de dire quelque chose que sa mystérieuse interlocutrice s'en est allée, la laissant plantée au milieu d'un couloir plutôt vide pour un mardi.

Donc voilà comment elle se retrouve dans les quartiers luxueux de Crocus, et, surtout, devant un immeuble bien trop immense. Pendant un court instant, elle se dit que cette fille s'est moquée d'elle en l'envoyant ici, parce qu'aucun étudiant peut se permettre d'être dans ce type de bâtiment mais, après avoir examiné les noms sur l'interphone, elle est obligée de se rendre à l'évidence qu'elle n'a pas menti.

Prenant une longue inspiration, Erza sonne à l'appartement indiqué mais aucune réponse ne lui parvient. Elle essaie une deuxième fois, au cas où, pour obtenir le même résultat. Sa semelle tapote le sol pendant qu'elle tape la deuxième adresse dans son application, afin d'avoir le chemin. Le soleil est parti se cacher derrière quelques nuages gris et elle sent la fraicheur mordre ses joues tandis qu'elle marche vers sa nouvelle destination.

Définitivement incertaine du lieu, elle pénètre dans le cimetière ; pourquoi diable Gerald serait ici franchement ? Pourtant elle marche quand même sur l'allée blanche, écrasant les feuilles oranges et jaunes qui traînent par terre. L'endroit est en pied de colline, donnant une atmosphère particulière à l'environnement et, pour combler le tout, c'est grand. Trop grand même. Les tombes s'étalent à perte de vue, notamment à cause des reliefs, provoquant un certain malaise en elle.

À priori Gerald n'est évidemment pas en bas, lui signifiant qu'elle va devoir chercher plus haut. Mais quelle bonne idée d'avoir mis des talons aujourd'hui !

Après une bonne heure de recherche, elle le trouve enfin au sommet du lieu. Gerald est habillé en noir, assis à même le sol. Il y a une pierre en face de lui, moyenne, entretenue, avec un bouquet de fleurs et une peluche. Elle monte pour finir de le rejoindre, ses cuissardes à la main, tout en entendant ses reniflements.

Il n'a pas l'air d'avoir remarqué sa présence, alors elle décide de poser sa main sur son épaule, délicatement. Le jeune homme sursaute puis essuie rapidement ses yeux rouges, essayant d'effacer les preuves d'une profonde tristesse. Mais il sourit avec toutes ses dents ; c'est peut-être un sourire éclatant, mais elle voit uniquement sa peine derrière.

« Qu'est-ce que tu fais là ?, demande-t-il en riant un peu. Pourquoi tu te mets à genoux maintenant ? Tu sais bien que c'est pas le meilleur endroit pour faire ta demande en mariage mais, ça me va, j'accepte ! »

Erza l'observe encore silencieusement, écoutant la façon dont sa voix se brise à la fin de chaque mot, comme si c'était une véritable torture pour lui de parler.

« Tes chaussettes sont ruinées. Tu veux les miennes ? Ça te fera des pieds de clown, mais tu seras raccord comme ça. »

Le masque qu'il s'est mis s'effrite à mesure des secondes mais il n'a pas l'air de vouloir le lâcher. Non, il s'enfonce dans ses taquineries, ses rires forcées, et ça lui tord le ventre, ça lui fait mal de le voir comme ça. Ses mains glissent délicatement sur ses joues étonnamment chaudes. Gerald ne dit plus rien, sa bouche entrouverte alors qu'elle plante ses yeux dans les siens.

« Tu ne vas tromper personne en agissant comme ça, tu sais ? Et certainement pas moi. Ça ne sert à rien de faire semblant. »

Et il craque.

Pleure.

Gerald cache son visage contre son cou, puis vers sa poitrine, s'effondrant peu à peu entre ses bras. Son corps tremble et se secoue avec ses sanglots. Erza ne sait pas combien de temps dure ce moment, mais il lui parait interminable et douloureux. Elle le serre un peu plus, tentant de calmer la souffrance qui le ronge.

Quand il finit par s'écarter, Gerald essuie maladroitement ses yeux verts sur les manches blanches qui dépassent de sa veste.

« Je suis désolé, murmure-t-il, je n'ai pas l'habitude de… que quelqu'un me voit comme ça. C'est même la première fois. Pardon.
- Ne t'excuse pas, répond-elle avec un sourire, ça fait parfois du bien de se reposer sur une épaule. »

Elle retire délicatement les mèches qui restent collées contre son front, du bout des doigts, appréciant la sensation de son souffle chaud contre sa joue. Son odeur lui chatouille les narines, comme d'habitude, et l'affection dans ses yeux émeraude lui a manqué, plus que nécessaire. Elle ne remarque pas tout de suite que son visage s'est rapproché ; elle le sait lorsque son nez effleure le sien, un court instant.

« J'aimerais que tu sois cette épaule. »

Cette phrase fait l'effet d'une bombe. Et d'une douche froide en même temps. Parce qu'Erza n'a pas prévu ça.

Elle prend une brève inspiration. Courte. Par peur de se noyer dans son parfum musquée.

Ses doigts se posent sur les lèvres brûlantes et douces de son ami, l'empêchant de franchir les derniers centimètres qui les séparent.

C'est juste sa faiblesse du moment. Elle ne voit que ça.

« Je suis en couple Gerald. »

Sa respiration a l'air de s'être coupée. Nette. Ça dure un instant. Elle a l'impression de l'avoir giflé.

Et puis, soudainement, il appuie doucement son front contre le sien, l'ombre d'un vague sourire au coin de ses lèvres, comme résigné face à la situation actuelle. Elle n'a pas encore retiré ses doigts, perdue devant son comportement ; son coeur bat la chamade et son corps frissonne à chacun des souffles se mélangeant aux siens.

« Je serai patient, murmure-t-il en caressant lentement sa mâchoire avec son pouce.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es juste fatigué. Et tu dois être gelé. »

Ça la dépasse et elle ne comprend pas ; ou elle refuse simplement de comprendre. Parce que ça n'a pas de sens, c'est trop tôt, elle ne peut pas et, bon sang, elle a quelqu'un, alors pourquoi elle essaie de justifier son refus à elle-même ?

Quand ils se lèvent, Erza remarque que le ciel n'est plus gris mais quasiment noir. La pluie devait commencer uniquement demain, mais ce sera peut-être à partir de ce soir finalement. Elle pousse un soupir, regarde ses chaussures, ressentant la puissante flemme de rentrer chez elle ; à cette heure-ci, les transports en commun sont remplis. En plus de ça, si elle doit remettre ses maudits talons, elle sent qu'elle va le regretter.

« Tu veux venir chez moi ? Pour te reposer un peu. Et après tu peux partir si tu veux. »

Gerald a toujours une voix un peu tremblante, même s'il essaie de contrôler ça.

« J'ai pas envie de te déranger.
- Tu ne me déranges pas, puisque je te le propose. »

Elle ne sait pas trop si c'est une bonne idée après sa tentative de baiser. Mais elle accepte quand même, refusant qu'il se retrouve seul.

« Allons-y alors. »

Ses doigts se referment autour de son poignet quand elle commence à s'en aller.

« Qu'est-ce qui'l y a ?
- Tu vas vraiment marcher en chaussettes ?
- Je n'ai pas envie de remettre mes talons. »

Il ne la lâche pas immédiatement, se rapprochant d'elle. Puis il glisse un bras sous le creux de ses jambes et un autre dans son dos. Elle se retient de rire, parce que bon, elle le lui accorde volontiers qu'il soit musclé, mais il n'est pas si musclé que ça non plus. Pas vrai ? Pourtant il la soulève avec autant de facilité que Luxus. Et il faut être réaliste ; il y a une nette différence de musculature entre Gerald et lui.

« Mais qu'est-ce que tu fous ?
- Je t'aide. T'as l'air d'avoir vraiment mal aux pieds. »

Et lui, il a réel besoin de contact. Mais est-ce qu'elle peut le lui reprocher ? Il a perdu quelqu'un à qui il tenait énormément à priori, alors, protester et broncher ne ferait qu'accentuer sa peine. Sans parler qu'il est déjà au courant de sa situation sentimentale. C'est juste que c'est étrange de rentrer de cette manière, surtout chez lui.

Mais c'est encore plus perturbant de se rendre compte qu'il vit actuellement dans un endroit qui fait au moins six fois son petit appartement. Parce que c'est vraiment spacieux. Lumineux. Les murs et le plafond sont blancs, immaculés. Si elle baisse la tête pour regarder ses pieds, elle peut admirer le parquet ciré en acajou, avec en prime son reflet dedans tellement il est impeccable. Tout a l'air hors de prix, comme par exemple ce lustre dans son salon. Ou encore sa cuisine ouverte, bien plus moderne que ses petites plaques au gaz. Et les canapés en cuir. L'écran de télévision plus grand que l'égo de Luxus, avec des enceintes digne de faire trembler sa résidence. Les baies vitrées lui renvoient elles aussi son apparence, mais lui permettent également d'observer silencieusement l'immense terrasse.

Est-ce qu'il habite seul ici ?

« Fais comme chez toi, déclare-t-il en lançant ses clefs sur le meuble à l'entrée. Tu veux un truc à manger ? À boire ? »

L'étudiante secoue négativement la tête ; elle est trop intimidée par ses lieux pour avoir faim. Elle a carrément peur de s'installer sur l'un des fauteuils. Et si elle l'abîmait ? Elle ne peut certainement pas se permettre d'en payer un.

Il rit devant son air angoissé, puis la tire vers les canapés, avant de l'y pousser. Elle lâche une exclamation de surprise quand son corps est accueilli par un incroyable confort, avant de grogner lorsqu'un sourire moqueur se dessine sur sa bouche ; cette même bouche qui a manqué de se presser contre la sienne.

« Ça risque rien alors détends-toi et profite. Wendy avait l'habitude de sauter dessus, donc ce ne sont pas tes fesses qui vont l'abîmer. »

Un éclat mélancolique brille dans ses yeux sous ce commentaire. Son sourire se perd un peu et une question la titille ; qui est Wendy ? Son baryton chatouille à nouveau ses oreilles, cette fois-ci de manière moins joyeuse.

« Du coup… tu veux quelque chose ?
- Hum… oui, marmonne-t-elle en remuant légèrement, une boisson chaude s'il te plaît. Je suis frigorifiée.
- J'ai une douche si tu veux. Vas-y, je fais un plateau et on regarde notre série. »

Cette idée n'est vraiment pas mauvaise. À vrai dire, ça lui plait énormément même.

« Je te prépare des affaires pour te changer. »

Gerald esquive souvent son regard.

Le jet d'eau chaude lui fait un bien fou ; elle se détend lentement, massant sa nuque raide. Le gel douche mousse sur sa peau auparavant froide. Elle décide de prendre son temps, vu que, de toute façon, l'étudiant lui a fait comprendre qu'il avait des appels à passer. Bien qu'elle soit curieuse d'en apprendre plus sur lui, elle a décidé de patienter ; s'il a envie de lui confier des détails, il le fera.

Elle ne sait pas combien de temps elle a passé sous cette merveilleuse douche mais, quand elle en sort, une partie d'elle est presque déçue qu'un certain nageur aux cheveux bleus ne l'ait pas rejoint. Sûrement sa libido encore frustrée de ce début d'après-midi foireux…

L'étudiante secoue la tête au milieu du petit nuage flottant dans la salle de bain. Une chaleur réside sous ses pieds alors qu'elle s'avance vers le miroir embué. Sa paume l'essuie lentement, dévoilant une jeune femme rose comme un cochon, suite à une eau peut-être un peu trop chaude, aux traits fatigués.

À quand remonte sa dernière nuit agréable ?

Les vêtements qu'il lui a laissés sont posés sur un petit meuble, près de l'évier. La rouquine enfile le t-shirt qui atterrit sous ses fesses puis effleure le short ; elle n'a plus l'habitude de porter autant d'habits pour dormir. Alors elle décide que ce haut et la culotte qu'elle met seront amplement suffisants.

Erza soupire un peu en s'installant dans son lit, beaucoup plus grand et confortable que le sien. Le matelas couvert de draps de soie l'accueille et la couverture toute aussi douce sent bon la lessive, avec une pointe d'odeur musquée. Elle l'inspire légèrement, ce parfum la rendant toujours aussi folle et léchant la flamme d'un besoin inassouvi. Est-ce que c'est le lit de la tentation ?

Gerald fait son apparition avec un plateau rempli de nourriture. Il le pose juste devant elle, montant à moitié sur son lit pour ça. Tout tient parfaitement en équilibre.

« J'ai besoin d'une douche moi aussi, dit-il en se remettant debout. Tu préfères que je sois habillé ou-
- Tu es chez toi. Fais comme d'habitude. »

Son rire est bref et court et il s'en va vers sa salle de bain. Si elle tend l'oreille, elle peut écouter l'eau couler et, si en plus de ça elle laisse son imagination s'emballer, elle peut aussi voir les gouttes rouler sur le corps musclé de son ami. Parce qu'il faut bien le dire ; Gerald n'a pas une once de graisse autour de ses membres, non. Et ça, elle a tout le loisir de le constater quand il sort avec uniquement un boxer.

Ses yeux se perdent sur son dos, glisse vers la chute de ses reins qui lui fait mordre sa lèvre tant la vue est merveilleuse, puis atterrit sur ses fesses rondes et bombées. Il tient son téléphone entre ses mains, tapant un message rapidement, lui rappelant alors qu'elle devrait prévenir Simon de son absence, ce soir.

Lorsqu'elle le fait, Gerald s'installe à son tour confortablement, la télécommande à la main ; son geste est clair, signifiant qu'il n'a aucune envie de parler d'aujourd'hui mais qu'il désire regarder leur série. Sauf qu'elle ne compte pas lâcher le morceau comme ça, pas alors qu'il s'est effondré entre ses bras tout à l'heure. Donc, après avoir posé son portable, avec une certaine fermeté, elle lui retire ce qu'il tient malgré sa protestation ressemblant davantage à un miaulement. La rouquine s'allonge sur le côté pour le fixer avec une certaine insistance, faisant que, à son tour, il se mette dans la même position. Son coude s'enfonce dans le matelas et sa paume soutient son visage, épousant la forme carrée de sa mâchoire.

« Hum ?
- Pas de "hum". Parle-moi. Ça te fera du bien.
- Pourquoi t'intéresser à mes problèmes. Il y a des choses plus agréables dans la vie.
- Tu as dit que tu aurais aimé que je sois l'épaule sur laquelle t'appuyer.
- Oui, mais pas dans ce se-
- Je suis ton amie, marmonne-t-elle. À quoi je sers si je suis là que pour les bons côtés ? »

Il tripote presque nerveusement son drap en mâchouillant sa lèvre inférieure. Une sorte d'hésitation. Une brève inspiration. Ses lèvres s'entrouvrent, se referment, un autre souffle long et profond, qui balaie son visage ; son haleine est mentholée.

« Ma petite sœur était malade. »

La jeune femme l'incite à poursuivre en lui prenant la main. Elle la serre doucement, assez pour lui insuffler une dose de courage.

« Elle a toujours eu une santé fragile. Ça n'a jamais été facile mais elle tenait le coup. »

Son regard se fait brillant.

« Tu vois ce que c'est, une nécrolyse épidermique toxique ?
- Le syndrome de Lyell ?
- Hum, approuve-t-il en regardant leurs doigts.
- C'est ce qu'elle avait ? »

Gerald contracte sa mâchoire et roule sur le dos. Il fixe le plafond et ses poings se serre.

« Son traitement était censé l'aider ! lâche-t-il en hurlant. Pas la tuer ! »

Elle ne dit rien. Elle attend qu'il évacue toute sa colère. Il en a besoin.

« Même l'hospitalisation n'a pas pu la sauver. Je lui disais, renifle-t-il, je lui disais que sa maladie était... était comme un dragon, tu vois. Et qu'elle devait battre ce vilain dragon. »

Il prend une pause. Sa lèvre tremble et son inspiration est courte.

« Même avec toutes les armes et l'aide du monde. Elle a pas réussi. »

Sa voix se brise et ses sanglots reprennent. L'une de ses mains vient cacher son visage, étouffant maladroitement ses sons comme il le pouvait. Pourquoi ça lui fait aussi mal de le voir comme ça ?

« Elle m'a dit... Elle m'a dit, tente-t-il à nouveau, elle m'a dit "Désolé grand-frère, le dragon est trop fort pour moi". Je voulais pas y croire ! Je voulais pas... Et maintenant elle est dans une putain de boite. »

Se redressant un peu, assez pour le voir, la rouquine attend encore quelques mots de sa part. La couverture a glissé de ses épaules et se repose sur les abdominaux marqués de l'étudiant. Elle retient sa main de se poser sur eux pour les dessiner, afin de le détendre ; être dans un lit avec lui est déjà limite envers Simon.

« Je la revois encore, dans ce lit d'hôpital. Je la vois encore, quand je ferme les yeux. Quand je pense à elle. Je la vois... rongée par la maladie. Et ce que je voyais… »

Il prend une longue inspiration. Ses yeux s'ouvrent et se fixent une nouvelle fois sur le plafond, comme pour échapper à cette image tortueuse qui le hante. Il revit encore ce moment.

« Ce que je voyais ne ressemblait même plus à ma petite-soeur. »

Il y a comme une sorte de rage qui éclate. Elle le voit quand sa voix se fait plus virulente, quand son corps se contracte.

« Elle disait qu'elle avait mal. Qu'elle avait peur parce qu'elle ne pouvait plus ouvrir les yeux. Son visage... son visage il... Il... Je ne le reconnaissais pas ! Je voulais lui serrer la main pour la réconforter mais je ne pouvais même pas parce qu'elle n'avait plus de peau ! Elle pleurait de douleur, elle me répétait sans cesse qu'elle avait mal et chaque larme la brûlait alors elle pleurait encore plus ! »

Il essuie lentement son visage humide et bouffi.

« On a dû la plonger dans le coma pour pas qu'elle souffre davantage. Les médecins disaient qu'ils ne pouvaient rien faire. Alors... mon père a choisi de la débrancher. »

Erza hésite avant de glisser doucement ses doigts dans ses cheveux, pour tenter de l'apaiser. Elle les caresse lentement, avec tendresse. Elle essaie d'apaiser les bords tranchants de sa peine.

« C'était encore qu'une gamine. Elle avait toute la vie devant elle. »

Son murmure est à moitié étouffé par son avant-bras qui recouvre son visage. Elle soupire doucement puis le repousse avec délicatesse. Comme prévu, des larmes glissent sur ses joues. Encore. Et c'est douloureux. Très douloureux.

« Je suis sûre qu'elle a été heureuse tout au long de sa vie, souffle-t-elle. Après tout, elle t'avait pour grand-frère. Comment rêver de mieux ? »

Peut-être que la série va attendre, finalement.

« Viens, chuchote-t-elle. Dormons un peu. »

Il se laisse faire. Ses bras musclés se referment autour d'elle alors que sa tête repose contre son cou. Sa respiration est encore heurtée, perturbée par ses sanglots. Elle l'enlace fermement, comme une promesse silencieuse de ne pas partir, avant de fredonner une vieille berceuse que sa mère avait l'habitude de siffloter.

Dehors la pluie a décidé de se déverser ; les gouttes tapent furieusement contre les vitres, s'y écrasant avant de disparaître. Elle le sent se détendre, le bruit de ses pleurs diminuant. La position change peu à peu, jusqu'à ce qu'elle se retrouve le visage enfoui contre son torse. Le sommeil vient très vite la chatouiller, avec la chaleur apaisante et le confort de son étreinte, malgré l'odeur délicieuse qui émane de lui.

Encore une seconde, bercée par les battements incroyablement forts de son coeur.

Et elle sombre à son tour.


Petite note (Ally) :

S'il vous plait ne lancez pas de tomates, ça gaspille la nourriture on aime pas ça. Ni les oeufs parce que Gody les aime trop pour voir un tel gâchis. La lapidation est cela-dit autorisée, avec modération bien sûr.

Une nécrolyse épidermique toxique est une maladie de la peau très rare et extrêmement dangereuse, qui a environ une chance sur quatre de tuer. La plupart du temps on choppe ça en prenant certains types de médicaments. Dans le cas de Wendy il s'agissait d'anti-épileptique

PS : raiting quadruple MA pour les images si vont comptez savoir à quoi ressemble cette horreur !