Réponses aux reviews (Ally) :

Flèche d'Argent : Ma fléchouille argentée te voilà ! On aime lire tes reviews et c'est pourquoi on va tout faire pour jouer avec tes cordes sensibles. Tes réactions sont merveilleuses. Tu aimes le Ermon/Ersi/Siza ? Tu n'es pas au bout de tes surprises alors.
Profite de cette agréable lecture ;)

Lilo : Cette série ne s'appelle pas Bittersweet pour rien. On alterne la douceur et l'amertume et on veut vous faire réagir. En bien ou en mal ! xD On a dit pas de tomates. Utilises des pierres plus tôt. Ça gaspillera moins. Tu en auras probablement besoin pour ce chapitre aussi d'ailleurs. Simple information...

Macy : Sadique est notre deuxième prénom commun. Tu ne savais pas depuis le temps ? Simon n'est pas le premier venu voyons. C'est un gentil garçon qui ne court pas les jupons et qui a pris le temps de dragouiller Erza. Un peu de gentillesse voyons. Même si on peut pas savoir tout faire... Wendy n'est qu'une simple idée de ce que l'on peut faire. Ce ne sera pas la pire histoire de cette fiction... en attendant les drama, profite de celui-l- je veux dire... de ce chapitre :')

Catly : Adepte du sadomasochisme ? Pas de soucis on va te faire pleurer et rager ! Notre plaisir :)
Les longueurs des chapitres varient en fonction de l'inspiration. Celui-là n'est pas aussi long mais tu vas... apprécier ? Je suppose..? Enjoy !

G : Vous prenez le temps de poster des reviews, c'est normal d'y répondre ! Tu n'aimes pas Erza et Simon ? Ce passage était pourtant drôle non..? Ah ha ! N'espère pas voir Simon partir de si tôt, nous sommes des petits démons et vous allez vous le coltiner pour encore un moment. Et oui Erza est aussi réceptive aux signaux qu'une mule portant deux caches-oeil et des boules quies. Concernant le rapprochement Erza Gerald et bien... il est actuellement aussi présent que Wendy xP Bonne lecture

Guestforlife : Je crois que tu es le/la seul(e) à avoir remarqué, ou au moins mentionné ces détails. Ça fait plaisir ! Si le début parait classique, oui la complexité et l'approfondissement de tout ça viendra par la suite. En attendant, restons encore un peu sur les choses banales de la vie. Parce qu'après ce sera trop tard !

Luna : Et bien ta suite est là, ta patience est récompensée.

Chaton Suprême : Oooh mon doudou vient commenter ! Je pense que tu devrais rire pour Simon. C'était le but premier... Et aussi faire raler parce qu'il est actuellement à la place de Gerald... Tu peux toujours faire les deux ! Tu as pleuré ? Merveilleux, nous nous nourrissons de vos larmes... Tiens tu nous as donné une idée pour les flashback... Noté ! Tu veux qu'Erza et Gerald se rapprochent ? Nous aussi. Et pour ça, tu seras aussi comblé que la libido d'Erza avec ce chapitre. Savoure !

Xxx : Oui nous avons osé ! Erza n'est pas une sainte et elle a le droit d'avoir un autre petit ami avant Gerarld. Il faut prendre cette scène avec humour voyons.

Et tu as raison, un peu de douceur ne fait pas de mal... :')


Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.


Rating : T


JOUR 46 : rappel


Erza ouvre lentement les yeux, son souffle s'écrasant entre deux oreillers. Son gémissement est à peine audible quand elle peine à se mettre assise. Elle baille, s'étire, repousse les cheveux devant son visage tout en humidifiant ses lèvres, la bouche encore pâteuse de son sommeil. Un sommeil qui, d'ailleurs, semble avoir été très profond, vu qu'elle a beaucoup de mal à restituer sa journée d'hier. Ses yeux marrons fixent un point dans la chambre calme de son ami puis, lentement, elle réalise qu'il n'est plus dans le lit.

Le t-shirt d'un groupe de musique qu'elle ne connait pas a légèrement glissé sur son épaule, dévoilant sa peau pâle. Sa paume frotte un œil, un autre bâillement franchit ses lèvres pulpeuses, puis elle décide de quitter ce lit. Elle entend encore la pluie et elle n'est pas pressée d'aller à l'université par ce temps.

Ses pieds traînent, la rouquine pousse la porte, marche tout en essayant de rester éveillée ; son corps n'a vraiment plus l'habitude de dormir d'une manière aussi sereine. Une odeur chatouille ses narines et son ventre grogne en réponse. Bruyamment. La chaleur inonde ses joues, gênée, parce que le garçon qui se tient devant le four s'est retourné ; Gerald est habillé avec un sweat-shirt à capuche et un pantalon noirs. Il a déjà des baskets blanches aux pieds, signe qu'il compte partir dans la prochaine heure.

Et puis il y a elle, qui a à peine quitté les bras de Morphée et, accessoirement, les siens également. Elle peut jurer que son odeur imprègne les tissus de ses vêtements et, bon sang, c'est une véritable torture pour elle.

« Bien dormi ?, demande-t-il en sortant deux assiettes.
- Ça va oui… et toi ? »

Gerald la regarde à peine, l'empêchant de créer un semblant de contact visuel. Il semblerait qu'elle n'aura aucune réponse, vu qu'il pousse la porcelaine vers elle, avec une fourchette et un couteau. Les pancakes ont l'air délicieux, tout comme la tarte aux noix de pécan posée sur une coupelle, à côté du verre de jus d'orange. Elle entend le café couler alors elle s'installe presque timidement sur le tabouret du comptoir.

« Il est quelle heure ? »

Le nageur se penche et appuie son coude sur le marbre, sa mâchoire se logeant toujours aussi parfaitement dans le creux de sa paume. Elle coupe tranquillement un bout de son déjeuner baignant sagement dans le sirop d'érable, la salive plein la bouche. De délicieuses saveurs viennent envouter ses papilles et elle doit se retenir de gémir de contentement.

« Dix heures passées. »

Elle s'étouffe.

Toussant bruyamment, le morceau de pancake coincé quelque part dans sa gorge, elle tâtonne pour prendre son gobelet de jus de fruits. Il a haussé les sourcils.

« Quoi ?
- Mais tu aurais dû me réveiller ! Je suis à la bourre pour les cours !
- Je voulais pas te déranger. Et t'avais l'air d'en avoir besoin. »

Bon. Il n'a pas tord sur ce point. Elle a enchainé les nuits agitées depuis un bon moment mais, contre toute attente, dormir à ses côtés a chassé ses cauchemars. Et là, elle étouffe cette maudite petite voix vicieuse, à l'intérieur de sa tête, qui lui souffle de rompre avec Simon, parce qu'elle ne devrait pas être avec lui.

« Si tu t'inquiètes pour tes cours, je suis sûr que Simon te les donnera. »

Silence.

« Comment tu sais que…? »

Un sourire tire le coin de ses lèvres ; un sourire railleur, aux limites de l'arrogance. Une bonne nuit signe donc le retour de son masque.

« Je ne savais pas. J'ai tenté. Et j'ai gagné, à priori. »

Elle ne dit rien, se sentant comme prise au piège. Mais pas par lui, ni par son stratagème pour découvrir la personne avec qui elle a choisi de passer un morceau de sa vie. Non. Elle se sent soudainement oppressée par le poids de sa relation avec le brun.

« Comment ça s'est fait ?, se renseigne-t-il après avoir pris un morceau plus gros que le sien dans sa propre assiette. Tu n'avais pas l'air intéressée par lui. »

Est-ce que c'est une bonne idée de parler de ça avec lui ? Après tous les évènements d'hier soir ?

« Je ne sais pas trop, répond-elle en trifouillant son déjeuner. Naturellement.
- Naturellement…, répète-t-il avec un ton moqueur.
- Tu as quelque chose à dire ? »

Croiser son regard lui fait l'effet d'une décharge électrique. Ses yeux lui paraissent plus éclatants que d'habitude et elle se perd dedans, pendant quelques secondes. C'est la première fois, c'est perturbant, et ça l'effraie alors, là aussi pour la première fois, elle préfère le fuir. De toute façon la nourriture est plus intéressante à observer.

« J'ai lavé tes habits et ils sont secs. Ils sont dans la salle de bain. Je te laisse te préparer, on ira à la fac ensemble. Tu mettras ce que tu portes dans le panier. »

Elle qui espérait garder ce haut, il semblerait que ce plan soit voué à l'échec. Sauf si elle le glisse dans son sac.

« Je vérifierai, ajoute-t-il en la fixant longuement.
- Pour quoi faire ?
- J'ai très bien vu tes tendances clepto dans les magasins. »

Erza plisse les yeux ; ça lui apprendra à faire ses courses avec lui.

« Je ne vois pas de quoi tu parles…
- Arrête, ricane-t-il, t'es le mannequin favoris des couvertures de Clepto Magazine. »

Son sourcil tressaute mais elle ne dit rien ; si elle rentre dans son jeu, nul doute que le couteau qu'elle tient va se planter droit entre les deux yeux de ce bouffon.

« Alors, dis-moi, continue-t-il en terminant son assiette, vu que ça c'est fait naturellement entre vous deux, ça doit être l'alchimie parfaite. »

Mâchant lentement le nouveau bout sucré qui a fini dans sa bouche, la rouquine hoche doucement la tête ; allez, un seul mensonge sur sa relation avec Simon, c'est rien.

« Et… ça va, il est bon au lit ? »

Elle espère vraiment que Gerald a une formation dans les premiers secours, parce qu'elle manque à nouveau de s'étouffer. Mais elle fait bonne figure, cherchant une bonne manière d'enjoliver la réalité. Mais comment on rend merveilleux un « non » ?

Le jus d'orange apaise sa gorge irritée par sa prochaine déformation de la vérité.

« … oui. »

Voir le sourire en coin du jeune homme n'est pas difficile ; une fossette se creuse dans sa joue, tant il semble être amusée par son inconfort.

« Tu m'étonnes. Vu que lui aussi c'est un formidable élève en biologie, nul doute qu'il sait quoi faire. »

Erza a besoin de finir au plus vite ce déjeuner, parce qu'elle n'est pas sûre d'être capable de subir une salve de questions de sa part. Sauf qu'il n'a pas l'air de vouloir lâcher le morceau aussi facilement.

« Il connait déjà toutes les zones sensibles, nan ?
- Par coeur oui. »

Et de trois.

Il mordille sa lèvre en faisant tourner son verre.

« Une femme comblée alors ?
- Très. »

Ah. La nourriture était pourtant si bonne, maintenant elle a de nouveau cet amer goût de frustration plein la bouche. Elle repousse doucement son assiette, glisse du tabouret, et se dirige droit vers la salle de bain, tendue.

« Ah bah c'est bon, tu as pris tes aises, rit Gerald. Prends ton temps surtout. Tu as juste deux heures de retard.
- Et à qui la faute ?!, crie-t-elle depuis l'autre pièce. Tu n'avais qu'à me réveiller ! »

Puis la rouquine claque la porte, furieuse.

Furieuse et frustrée.

Merveilleux.

Erza retire prestement son haut avant de le jeter brutalement dans ledit panier que Gerald avait mentionné, juste avant ; qu'il le garde, de toute façon, il ne lui va pas. Et oui, sa mauvaise foi n'a aucune limite. Sa culotte glisse le long de ses jambes galbées, ses cheveux finissent par être attachés, puis elle entre dans la douche italienne.

L'eau chaude va l'aider à se détendre mais ça ne sera pas suffisant pour évacuer son besoin d'être comblée. Alors elle fait jouer son imagination, tout en savourant la manière dont ses muscles se détendent à mesure que le temps passe. Ses doigts se perdent entre ses cuisses tandis qu'elle mord sa lèvre, se retenant de pousser un long soupir de satisfaction.

Elle regrette un peu, oui juste un peu, d'avoir repoussé son ami hier ; mais ça, c'est uniquement sa libido qui parle. Et elle va arranger ça, peut-être juste en pensant un peu trop à lui, vu que son esprit n'a pas l'air de vouloir la lâcher. Mais, si elle doit être honnête, ce n'est absolument pas difficile de se laisser aller en fantasmant sur lui.

La première image qui lui revient, ça remonte à la fois où elle l'avait accompagné à son entraînement de natation ; il lui avait promis que l'endroit était calme, vu que personne ne venait aussi tard et, effectivement, il n'avait pas menti. Il était en train de faire ses longueurs pendant qu'elle révisait sans avoir à se soucier des bruits des ébats de sa voisine.

Malgré tout, il restait une distraction et c'était lui ; comment ignorer la manière dont les muscles de son dos roulaient sous sa peau tendue ? Ou tout simplement cette façon dont l'eau ruisselante épousait chaque forme parfaitement dessinée de son anatomie.

Ces simples souvenirs font se tordre son estomac d'excitation. Erza sent le feu dans ses joues et elle s'appuie maladroitement contre la paroi vitrée de la douche. Sa respiration devient saccadée alors qu'elle imagine que ce n'est pas sa main mais celle du nageur, bien plus grande et rugueuse.

Une pointe de honte vient la caresser lorsque la jouissance la fait enfin trembler de toute part. Peut-être parce qu'elle a pensé à un homme qu'elle a repoussé hier et, à vrai dire, c'est même certain. Finissant de se doucher rapidement, elle coupe l'eau et s'enroule dans une serviette.

Comme Gerald lui avait précisé, ses vêtements sont impeccables et soigneusement pliés, lui faisant se demander depuis quelle heure il est réveillé. Elle s'habille tout en tentant de calmer ses pensées ; la journée va être longue si elle se laisse submerger comme ça. Donc, une fois parfaitement vêtue, la rouquine rassemble ses affaires dans la chambre du jeune homme, n'oubliant pas son téléphone perdue dans les couvertures plissées du lit.

« Prête ? »

Son maigre fredonnement sert de réponse alors qu'elle glisse ses pieds dans ses cuissardes. L'étudiant l'observe du coin de l'oeil tout en tapant un message sur son téléphone ; la lumière éclaire son visage sérieux et elle est obligée de le frapper au bras pour attirer son attention.

« Quoi ?, marmonne-t-il en rangeant son téléphone dans sa poche de jean.
- Il pleut.
- Et donc ?
- J'ai pas de parapluie. »

Il relève un peu le menton en soupirant.

« Deux secondes. »

En temps normal, Gerald se serait moqué. Il l'aurait taquinée. Il aurait même essayé de l'agacer en la serrant dans ses bras tout en la décoiffant. Sauf que là, il ne la touche pas et, lorsque c'est elle qui initie un contact, il fait en sorte de s'écarter rapidement, tout comme à cet instant. Il fait attention à ne pas effleurer ses doigts en lui donnant le parapluie.

Et c'est calculé.

Après tout, il a toujours possédé le sens du détail.

« Vu le temps que t'as pris sous la douche, tu peux dire adieu à ta matinée de cours. »

Ils sont dans la rue, marchant côte à côte. Erza tient fermement le manche du pépin pendant que son ami marche à côté. Il n'a pas envie d'être en dessous, non. Il a mis sa capuche avec un écouteur dans son oreille droite, signant un semblant de désintérêt à son égard ; mais à quoi il joue ?

Elle décide donc de simplement hausser les épaules. Le tram n'est pas très rempli et une chaleur mêlée à l'humidité réside à l'intérieur. Les chaussures couinent quand les personnes à l'intérieur se déplacent. Son soupir s'étouffe dans le léger brouhaha qui règne. Gerald n'est toujours pas décidé à lui faire la conversation, préférant écrire presque furieusement des messages sur son portable.

« Tout va bien ?, tente-t-elle en le fixant.
- Hum. Ça va.
- Tu es sûr ? »

Sa mâchoire se contracte.

« Oublie pas le parapluie, on descend ici. »

Ou l'art et la manière de tout esquiver. De toute façon, elle peut toujours le questionner sur le chemin jusqu'à son amphithéâtre. Du moins, ça, c'est ce qu'elle pensait. Ils sont au milieu du campus quand il bifurque sur sa gauche en levant la main pour miner un « bonne journée », la laissant plantée par la stupeur.

« Mais où tu vas ? »

Gerald se retourne en levant un sourcil ; deux mètres les séparent, à tout casser.

« À mon cours.
- Mais d'habitude tu…, commence-t-elle avec une légère hésitation.
- Je quoi ? »

Soutenir son regard lui parait vraiment dur, aujourd'hui.

« Tu m'accompagnes. »

Il rit.

« T'as un petit-ami pour ça non ? »

Et elle entrouvre les lèvres, absolument pas préparée pour cette réponse. Son coeur loupe un battement et son ventre se serre. La rouquine entend son téléphone sonner et il le ressort de sa poche pour voir qui est en train de l'appeler.

« On se voit une prochaine fois, dit-il en commençant à se retourner. Salut. »

Le parapluie manque de lui glisser de la main tant elle n'est pas habituée à ce comportement détaché. Il n'est pas sérieux quand même ? Si ? Si. Vu qu'il ne refait pas volteface pour lui faire un dernier signe de la main. Mais qu'est-ce qu'il lui prend ?

C'est en bougonnant qu'elle rentre aussi silencieusement que possible dans l'amphithéâtre, après avoir limite couru pour y aller. Elle s'installe dans le fond et envoie un message à Simon, qui est à deux rangs plus loin. Le concerné se retourne aussitôt, d'abord en fronçant les sourcils, puis en finissant par sourire joyeusement. Lui rendre ce sourire est difficile mais elle y parvient.

Après cette horrible début de journée, ils iront au bar ; au moins, là-bas, elle pourra étouffer ses angoisses dans l'alcool. Mirajane est déjà de la partie, il faut juste qu'elle voit si son petit-ami est intéressé. Même s'il est d'abord grognon quand elle s'approche de lui, à la sortie du cours, il devient vite doux et mielleux dès qu'elle s'excuse pour hier soir.

Sa main est calleuse. Elle n'entrelace pas leurs doigts et elle combat cette envie de juste mettre ses paumes dans les poches de son manteau. Simon lui raconte sa soirée et ses difficultés pour réviser, alors elle le conseille comme le peut pour l'aider. Il la remercie avec un baiser sur son nez puis sur ses lèvres. Son eau de Cologne lui chatouille les narines ; elle regrette déjà l'odeur musquée qui l'a entourée cette nuit.

Le bar est assez rempli mais Mirajane a gardé leurs places habituelles. La banquette rouge l'accueille et elle soupire de plaisir, serrant un peu les dents quand l'épaule de Simon heurte la sienne. Lui ne remarque rien mais son amie rit un peu, très consciente de la situation. C'est une torture.

« Tu as loupé quelque chose à la fête d'hier Erza.
- Ah oui ? »

Elle hoche vivement la tête en se penchant vers eux ; heureusement que Mirajane a toujours des sujets de discussion sous la main, vu qu'elle aurait été incapable de parler de quelque chose avec l'étudiant à côté d'elle. En bonne conteuse, la demoiselle à la chevelure blanche accapare très vite leur attention, jusqu'à ce que celle d'Erza rompe à l'instant où elle voit Gerald près du bar, en train de passer commande.

Elle l'observe porter les trois immenses pintes de bière vers une table où elle reconnait la femme de l'autre fois, celle qui ressemble à une poupée, avec une autre fille, plus frêle, avec des boucles roses. Son sourcil se hausse quand elle voit son sourire satisfait ; ah, maintenant qu'il n'est plus avec elle, il est de meilleure humeur ?

Très bien.

Erza fait en sorte d'ignorer sa présence ; elle se concentre sur autre chose, comme par exemple sur l'énorme montre au poignet de Simon, son sourire un peu tordu, ses mèches brunes coiffées en arrière avec l'une d'entre elles qui rebique vers son visage. La veine qui apparait sur son front quand il rit trop longtemps. Il n'est pas moche, non, il est vraiment charmant alors elle peut s'estimer heureuse qu'il soit venu vers elle, pas vrai ?

Alors pourquoi diable a-t-elle de nouveau glisser son regard sur la table du fond ?

Elle sait parfaitement que Gerald a conscience qu'elle est également dans ce bar, puisqu'elle a déjà plongé dans l'émeraude de ses yeux. Mais il n'a pas bougé. Et elle non plus. Il a uniquement froncé les sourcils quand le bras de Simon s'est glissé sur ses épaules alors que Mirajane faisait une énième blague sur sa conquête.

Ce qui le dérange tant, c'est Simon ? Sa relation avec lui ? C'est quoi, au final ? Pourquoi est-ce qu'il refuse d'être comme avant ? C'est une sorte de phase à cause de son deuil ?

Sans même s'en rendre compte, la voilà en train de mordiller l'ongle de son pouce, signe qu'elle cogite beaucoup trop. Et, tout ça, c'est uniquement de sa faute. Pourquoi refuse-t-il de lui parler ? Hier, lors de cette fin d'après-midi, il s'était exprimé. Il avait dévoilé une facette de lui qu'elle n'aurait jamais soupçonné et c'était touchant. Vraiment. Et ça l'avait aussi rassurée. Mais là, il a décidé de remettre ce maudit masque pour tromper et charmer.

La bouche de Simon la tire de ses pensées ; c'est tendrement qu'il embrasse sa tempe, avant de la regarder curieusement. C'est maintenant qu'elle remarque que Mirajane s'est éclipsée vers le bar pour avoir des nouvelles boissons.

« Ça va ?
- Oui, sourit-elle en chassant la mèche rebelle du garçon.
- Tu as l'air ailleurs. »

Elle hésite à parler ; ce n'est pas quelque chose qu'il apprécierait de savoir.

« Je pensais aux examens de la semaine prochaine et… à toutes ces révisions.
- Ça te stresse ?
- Plutôt oui.
- Tu sais bien que tu cartonnes toujours. C'est plutôt moi qui devrait stresser, rit le brun en caressant sa joue. Ce soir tu pourras relire mes cours. »

Ça lui fait presque mal de lui mentir comme ça. Ce n'est pas une mauvaise personne. Oui, il n'est pas parfait sur tout, mais qui l'est ?

Simon s'écarte tranquillement parce que son téléphone, posé sur la table, se met à frénétiquement vibrer. Le prénom qui s'affiche désigne sa sœur et il s'excuse en se levant de la banquette ; c'est mieux de sortir pour ce coup de fil. Elle inspire brièvement, regarde où en est son amie pour la découvrir en plein flirt avec l'employé.

Bon.

Après s'être lentement levée, Erza se dirige d'un pas hésitant vers la table du nageur qui écoute distraitement ses amies. Il mâchouille une frite puis se redresse quand elle est finalement à côté du trio. L'une des filles, celle aux cheveux roses, mordille sa lèvre en glissant ses yeux de bas en haut de son corps ; elle se retient de faire un commentaire, surtout lorsque le sifflement appréciateur de la demoiselle se fait entendre.

« Mais… Gelly, t'as menti ! Elle est beaucoup plus mignonne que ce que tu disais ! »

Le concerné devient raide et fusille du regard son amie. Elle, elle se contente d'éclater de rire avant de piquer de la nourriture dans son assiette.

« Meldy a raison. Pour une fois que tu as bon goût… »

Celle qui ressemble à une poupée lui offre un sourire en coin, presque séducteur, tout en appuyant son menton contre le dos de sa main.

« Bon sang Ultia…, soupire-t-il en massant ses tempes.
- Tu dois être déçu, continue ladite Meldy. En tout cas à ta place je serais teeeeellement dégoûtée d'être arrivée trop tard.
- S'il vous plaît, vous pouvez-
- C'est ça d'être gigolo, poursuit l'autre en s'appuyant contre la banquette, après ta réputation en prend un coup et t'es incapable d'avoir une relation sérieuse.
- Oh pitié, fermez-la. »

Sa voix est ferme mais, malgré tous ses efforts, son ordre ressemble à une supplication. Erza ne sait pas trop quoi dire, là, tout de suite, parce que cette situation est assez. Étrange ? Le garçon pousse un long soupir puis relève le menton pour la dévisager.

« Tu voulais quelque chose ?, marmonne-t-il.
- Sois un peu plus poli, maugrée Ultia en frappant son avant-bras.
- Je suis poli, répond-il en grognant.
- Non, tu fais l'ours mal léché. »

Gerald fronce les sourcils puis prend une gorgée de sa boisson.

« Il faut l'excuser, sourit doucement Meldy, il fait le connard mais c'est un vrai nounours dans le fond. Tu devrais le câliner plus souvent. Il adooooore quand tu le fais.
- Bordel Meldy ! »

Elle se contente de rire et de lui tirer la langue, avant de voler à nouveau ses frites.

Le feu lui monte immédiatement aux joues ; de un, parce qu'elle se souvient encore trop bien des évènements d'hier, et de deux, parce qu'il leur a sans doute tout raconté. Elle humidifie ses lèvres puis se racle la gorge, histoire de se donner un peu de contenance.

« Je voulais te parler, glisse finalement Erza, s'il te plaît. »

Les regards intrigués de demoiselles se font soudainement brillants de curiosité.

« En privé. »

Puis de déception.

« Ok. D'accord. »

Il se lève et elle a oublié qu'elle était proche de la table ; son corps effleure le sien, permettant à son odeur de venir la submerger. Elle est devenue bien trop dépendante de ça. Gerald la guide vers un coin un peu plus calme du bar, là où la musique et les discutions ne les dérangeront pas.

« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je voulais parler d'hier. »

Son regard devient froid et sa mâchoire se contracte.

« Il ne s'est rien passé hier, dit-il en articulant très lentement chaque mot. Ça ne sert à rien de revenir sur ce sujet. »

Sa voix est dure. Glaciale.

« Tu es sûr que ça-
- Erza, la coupe-t-il, si t'as envie de te préoccuper de quelqu'un, va voir ton copain. Je suis pas là pour servir de passe-temps. »

Elle hoche la tête. Lentement.

« Ok. »

Sa colère monte. Son poing se serre. Rapidement. Si c'est sa façon de la remercier, très bien. D'accord. Dans ce cas elle va lui rappeler qu'elle n'est pas la gentille fille douce qui ne fait que des câlins quand le besoin se fait sentir.

Ses phalanges hurlent de douleur quand elle s'abattent sur la mâchoire dure et crispée de cet abruti qui, n'étant pas préparé à ça, titube et s'emmêle les jambes dans les chaises à côté d'eux.

Erza entend vaguement les applaudissements et les sifflements des amies du nageur. Elle préfère repartir s'installer à sa table, les mains tremblantes de colère et le coeur battant à tout rompre. Mirajane la regarde longuement, étant témoin de toute la scène.

« C'est rien. »

Elle n'a pas envie d'en parler. Un flot de sentiments se mélangent et elle veut hurler et pleurer en même temps, ou juste tout détruire autour d'elle. Mais la rouquine ne fait rien. Elle boit son verre et offre un doux sourire à Simon quand il est de retour.

C'était stupide de s'inquiéter pour lui.

Et tout autant stupide d'avoir pensé être son amie.


Petit mot de jour (God's Tears) :

Je voulais juste parler rapidement de Simon, ce personnage taaaaant détesté et rejeté ici.

Simon n'est pas une mauvaise personne dans cette histoire ; il a éprouvé des sentiments, une attirance, pour notre rouquine, il s'est lancé et il a récolté les fruits de son travail. Il reste un élément plutôt important, au final, parce qu'il permet de développer la personnalité d'Erza, sa manière de penser, etc.

inutile donc de vous énerver chaque fois que vous le voyez, parce qu'il va être là pour encore un moment. :)

À la semaine prochaine !