Petit mot du jour :

Rien de bien transcendant à dire. C'est juste pour préciser que les cours ont repris pour Alisha et que les miens reprendront en octobre, donc le rythme de publication pourrait être bien plus chamboulé que durant les vacances. Si vous avez envie d'échanger avec nous, chacune est dispo sur Wattpad (AlishaHoriraito et Gods_Tears_ffn). Bon, le délai de réponses bah ça, ça se prévoit pas mais c'est toujours plus simple qu'ici.

La deuxième partie s'adresse à une personne Guest qui m'a laissée une review sur "pour la bonne cause". Je veux bien t'aider et je te conseille également d'en parler avec Alisha. Comme dit plus haut, tu peux nous contacter sur Wattpad ! :)

Rien à voir avec Bittersweet, mais j'ai lancé un nouveau recueil intitulé "Paris perdus". Les thèmes sont imposés par Alisha qui gagne des petits paris entre nous. Il faut savoir que je n'ai jamais écrit sur ces sujets, donc ils sont totalement inédits. Si vous ne savez pas quoi lire, et bien deux chapitres vous attendent déjà.

Bonne lecture !

Gody et Ally


Réponses aux reviews :

Lancelot (Ally) : Hey chevalier ! Le sort du père d'Erza a été sous-entendu dans l'un des précédent chapitre. Je te laisse fouiller pour essayer de deviner hé hé. On adore ce broship. On voulait ce qu'on considérait comme la relation goal entre frère et soeur. Et il semble que tu l'as adopté aussi, c'est parfait ! Luxus est magique oui oui, on aime le faire comme ça. Les chevaux, je n'ai pas pu m'empêcher de caser des références. Bon après-tout, il y a déjà eu des références à ce film auparavant dans cette histoire... En espérant que ce chapitre te plaise aussi. Bonne lecture !

Flèche d'Argent (Ally) : Nous aussi on l'aime notre broship. C'est pour nous la relation parfaite entre frère et soeur, et c'est comme ça qu'on a voulu la dépeindre. Eileen est... Eileen. C'est tout. Elle est unique, pleine d'amour pour sa famille et impitoyable en affaire. On est vraiment contentes que ce personnage, tel qu'on l'a écrit, te plaise à ce point (à toi comme à d'autre). Oui les punchline de Luxus sont merveilleuses hé hé. Et non je ne vois pas à qui Erza fait référence, vraiment... On attend tes prochaines review, et bonne lecture !

jFANGIRLd (Gody) : On adoooooooore faire écrire autant que possible sur ce broship héhé. Les deux sont tellement attachants ensemble, c'est dommage de ne pas en profiter ! Oui, Simon est martyrisé de tous les côtés. Un perpétuel baptême du feu pour lui... Gégé a l'air de manquer a du monde. Le petit bout fait craquer. Passe une bonne lecture ! :)

Sarah70801 (Gody) : Luxus a l'air d'avoir séduit pas mal de personnes héhé. Son petit caractère bien à lui, ça marche ! Simon ben... c'est Simon. Fidèle à lui-même. Et pour les p'tits noms des dadas, c'est Ally qui s'en est chargée. Elle est vraiment incollable sur le Seigneur des Anneaux, c'est impressionnant. Tu pourrais l'écouter en parler pendant des heures et ne pas te lasser tellement elle est passionnée ! Je te souhaite une bonne lecture ! :)

Mayaserina (Gody) : En lisant le mot "conversation" dans ta review, je me suis souvenue que j'ai totalement zappé d'écrire la fin de mon message pour toi... send help, le désordre m'habite. Mais, du coup, en attendant, une réponse pour ta merveilleuse review ! En divulguant un bout du passé d'Erza, on espérait que les lecteurs et lectrices comprennent pourquoi elle fait certains choix et tu as su le voir héhé. Pour la liste, j'ai ri quand on a commencé à en écrire une avec Ally, parce que justement, ça m'évoquait aussi "Rules". Je crois que ce trait de caractère va rester dans mes prochaines histoires et Luxus va devenir l'homme à la liste facile. Pour les références au Seigneur des Anneaux, tout le crédit est pour Ally c: une fan inconditionnelle qui va me convertir. Merci pour ton commentaire et très bonne lecture ! :)

Maye076 (Gody) : Hello ! Ravies que tu aimes notre histoire ! On espère que ce nouveau chapitre va te plaire. :)

Guest (Gody) : Luxus a une passion pour les listes. Eileen a l'air d'avoir bien marqué, on est contente de ça. Et pour Gégé, et bien, bientôt héhé. Bonne lecture ! :)

PAULINE (Gody) : Bienvenue dans la secte Bittersweet ! On est heureuse de savoir que tu as dévoré notre petite histoire, ça nous a fait plaisir ! Et comme nos délais sont généralement longs, on compense avec la taille des chapitres. D'ailleurs, on croise les doigts pour que celui-ci te plaise également ! :)


Disclaimer : Fairy Tail ne nous appartient pas.


Raiting : T


JOUR 115 : croyance et réalité


« Tiens, Erza, tu connais la différence entre un ours et toi ? »

La concernée hausse un sourcil tout en posant ses mains à plat sur la table qu'elle est en train de décorer. Elle tourne légèrement la tête sur le côté, histoire de voir du coin de l'œil le grand blond qui pose le carton des guirlandes. Le tintement des boules qui s'entrechoquent ne la déconcentre pas dans son analyse ; c'est louche.

« Non… mais je sens que tu vas me le dire, pas vrai ?
— En fait, c'était une vraie question. »

Il fait mine de chercher quelque chose mais finit par se redresser en frottant ses paumes l'une contre l'autre, un sourire plus que narquois peint sur ses lèvres. Comme pour l'accentuer, il frotte le coin de sa bouche avec son pouce. Sa paupière tressaute et une sombre envie de meurtre commence à remonter, tout doucement.

« Toi… »

Les vacances sont censées la reposer, pas lui donner envie de trucider son frère à la moindre occasion. Mais, au final, c'est ce qu'elle fait sans protester plus que ça, avec une série de jurons prononcée entre deux coups ; c'est de sa faute aussi, il la cherche tout le temps ! Forcément, elle va lui rentrer dans le lard ! Question de logique, accentuée par sa fierté. Erza finit quand même par se stopper quand elle remarque qu'ils sont observés durant cette bataille familiale. Elle pousse un soupir et se relève du sol, en laissant le militaire complètement éclaté de rire sur le parquet.

« D'une certaine façon, glisse doucement Simon en mettant les assiettes, il n'a pas tord. »

Voilà que les deux se figent. Luxus regarde le brun tout en se relevant. La rouquine, elle, le fusille du regard ; il devrait être de son côté ! Pas de celui de ce maudit gremlin décoloré ! Constatant son air outré, voilà qu'il se permet de préciser avec une voix moins un peu moins assurée :

« Au réveil, tu sais… des fois… t'es vraiment un ours.
— Mais qu'est-ce que tu racontes ? T'es dans quelle équipe toi ?!
— Bah alors, qu'est-ce qu'il se passe le feu follet ? Oh. Attends ! Je rêve ou… vous n'êtes pas sur la même longueur d'onde finalement ?
— Ta gueule ! »

Ni une, ni deux, ils retournent pour une nouvelle bagarre mêlant insultes et coups castrateurs de la part de la fougueuse étudiante. Ne sachant pas quoi faire, et ayant vite compris qu'il a mis de l'huile sur le feu, Simon s'en va dans la cuisine pour aider le vieux Makarof à préparer le repas, non sans entendre les menaces de mort qu'elle lui a criées entre deux prises de catch. Elle oublie presque qu'elle est en train de lui dévoiler une facette pas très glamour de sa personnalité, là. Mais tant pis. Sauver son honneur est plus important !

« Je peux savoir ce que vous faites ? »

Erza relève la tête, elle qui tient celle de son frère contre le tapis moelleux sur lequel la table repose. Elle bat brièvement des cils, rapidement, regardant sa mère nouer le cordon de son peignoir en satin pourpre. Ses longues tresses ont été oubliées pour ce matin et sa chevelure, digne de la sombre couleur du sang, boucle d'une délicate et élégante façon.

« Ce bouffon m'a traitée d'ours ! »

Ceci étant dit, elle s'apprête à continuer sa correction. Sauf que ce n'est pas dans les plans d'Eileen ; avec une force déstabilisante et insoupçonnée, elle la décolle de Luxus d'une main. Sa prise sur son haut de pyjama, un vieux t-shirt gris, est ferme. Maintenant pieds par terre et une moue boudeuse au visage, la plus jeune bougonne et souffle bruyamment. Est-ce qu'elle passe pour une enfant ? Probablement. Est-ce qu'elle en a quelque chose à faire ? Bien sûr que non. Tout ce qui compte, c'est son indignation face son impossibilité de refaire le portrait de grand frère adoré.

« Voyons Luxus…, soupire-t-elle, on ne dit pas la vérité de façon aussi cash à une fille. »

Une nouvelle trahison s'abat sur elle. Bouche entrouverte, la demoiselle l'observe avec des yeux écarquillés. Son index remue entre les deux alors que son expression choquée se transforme une nouvelle fois, comme offusquée.

« Qu'est-ce que… ! Maman ! »

Ses bras se croisent, ses joues se gonflent et elle observe silencieusement la femme d'affaire attraper le biceps de Luxus, pour l'aider à se relever après son passage à tabac affectueux. Mais lui, là, il est satisfait et victorieux dans tous les cas, malgré qu'il puisse avoir perdu la bataille physique. Tout ça parce qu'il a eu du renfort.

« Pas étonnant que tu sois célibataire depuis dix ans, poursuit Eileen en secouant la tête. Tu n'as aucun tact. »

Ouh, finalement, il y a comme un goût de réussite dans sa bouche. Le militaire a un air de chiot blessé sur la tronche maintenant, et c'est très agréable à regarder ; chacun son tour ! Le karma ne l'a pas loupé. En plus, il n'a même pas le temps de répliquer un petit truc, parce qu'Eileen tourne les talons vers la cuisine, sans adresser un mot à Simon qui est réapparu quand il a dû l'entendre arriver.

« Quelqu'un veut un espresso ? Ça changera de l'horrible boisson made in Draer que vous osez appeler "café".
— Il est très bon !, proteste Makarof depuis la cuisine.
— Tu veux dire qu'il a anéanti tes papilles, oui. Je me demande si c'est une bonne idée que ce soit toi qui te charges du repas. »

Sa taquinerie lui arrache un sourire, à moitié caché par sa moustache grise fournie. Il vient de mettre des légumes dans la marmite et ça sent déjà incroyablement bon, même si elle n'est pas friande de ça. Juste manger de la viande lui conviendrait. D'ailleurs le ventre des deux colosses se sont mis à gargouiller pas très longtemps après ça. Le brun, qui n'a pas envie d'être remarqué par sa belle-mère avec son appétit démesuré, décide de se mettre en avant en lui demandant quel est donc son secret pour un bon espresso. Théoriquement, ça devrait le mettre dans une bonne posture, juste pour sa curiosité. Même si Erza n'en est absolument pas certaine, parce que cette figure maternelle est absolument imprévisible.

« Ça, mon cher, c'est un secret, lui répond-elle avec un sourire en coin. »

Cette réponse, par contre, elle l'a vue venir à des kilomètres ; hors de question de laisser cette délicieuse création entre les mains de quelqu'un qu'elle ne connait pas. Elle salut néanmoins son effort en lui proposant la première tasse, qu'il accepte avec un sourire timide. Simon est impressionné par le charisme qu'elle dégage et il n'est pas le premier à rougir sous l'intensité de son regard. Elle ne le lâche pas des yeux tandis qu'il boit une gorgée du breuvage, paupières closes. Son visage se détend aussitôt et la rouquine devine parfaitement ce qu'il se passe dans sa tête ; il a l'impression d'être au paradis.

Étant la fille unique d'Eileen, elle connait évidemment ce fameux et mystérieux procédé qui permet de donner cette saveur unique. La technique ? Des grains de café, de qualité, choisit avec soin, qui attendent tranquillement avec deux gousses de vanille. Elles sont retirées quand le grain est moulu, ce qui donne au café un léger goût vanillé. Subtil, mais très appréciable. De quoi rendre agréable un début de journée.

« Alors ?, s'enquiert-elle en posant une main sur le plan de travail. Tu aimes ?
— C'est… incroyable. C'est délicieux Eileen.
— Oh, ne t'embête pas, tu peux m'appeler madame Eileen. Ou dame, si tu préfères. Je te laisse le choix. »

L'étudiante s'étouffe à moitié, elle qui a bêtement pensé que le compliment de son petit-ami allait passer, plus encore en prononçant le prénom de sa mère. Quelle bêtise ! C'est même une erreur de débutante à ce niveau-là. Le grand brun se frotte la nuque en mordant légèrement sa lèvre, signe que sa nervosité grandit et atteint les mêmes sommets que lorsqu'elle l'a jugé de la tête aux pieds, lors de leur première rencontre. Un frisson glacial remonte sa colonne vertébrale à cette pensé. Elle est méfiante, et plus encore quand il s'agit de la gente masculine ; ce n'est pas parce qu'il a l'air doux comme un agneau au premier abord qu'il en est véritablement un.

« Et si on passait dans le salon en attendant que ce soit prêt ?, leur propose-t-elle en tapant dans ses mains. Après un brin de toilette bien sûr. La journée pyjamas, ce n'est pas aujourd'hui.
— J'ai quelques dossiers à traiter, glisse Luxus. Je serais là au repas.
— Urgents ?
Délicats. »

Simon observe la scène et Erza se dit que c'est le moment de le distraire, pour éviter qu'il pense que des choses bizarres se trament entre les deux. Parce qu'est le cas. Mais qu'il n'a pas besoin que ses doutes soient confirmés. L'ignorance a vraiment du bon sur certains plans.

« Viens, on va se préparer, chuchote-t-elle en attrapant sa paume pour le tirer vers les escaliers. »

Accaparer son attention n'est pas compliqué. Détourner ses pensées, c'est pareil ; une petite moue séduisante, quelques baisers qui promettent un moment agréable et les voilà sous la douche. Il l'enlace par derrière et embrasse tendrement son cou. Ses doigts font des petits cercles sur la peau de son ventre, lui tirant un frisson. Ils touchent légèrement les pointes de ses mèches.

« Tes cheveux ont beaucoup poussé, marmonne-t-il contre sa nuque dégagée.
— Huum…, fredonne-t-elle pour une réponse satisfaite.
— Tu vas les couper ? Je suis sûr que ça t'irait aussi. »

Son sourcil gauche se lève et elle étudie la longueur de sa crinière. Les souvenirs d'un ami en train de les tresser alors qu'elle est en train de réviser flattent sa mémoire, ravivant les délicates sensations qui vont avec. Elle sourit puis relève le menton en tournant un peu la tête en arrière.

« Tu pourrais les coiffer, lui propose Erza en posant ses mains sur les siennes. »

Il rit et la retourne entre ses bras. L'eau épouse ses muscles qu'elle trouve vraiment imposants, parfois trop quand elle y songe. Ça pourrait ressembler à un étau. Elle capture une goutte avec la pulpe de son pouce, quand elle frotte distraitement son épaule.

« Ça me permettrait de garder cette longueur.
— C'est pas trop mon truc les coiffures et tout… j'ai déjà du mal avec la mienne. Et puis, c'est pas cool quand je tire sur tes cheveux sans faire exprès, la nuit. Ou même quand on fait l'amour. Je les abîme plus qu'autre chose. »

Comme pour faire passer la pilule de sa demande indirecte, Simon lui sourit. Tendrement. Elle retient son envie de le pousser hors de la douche. Pourquoi être furieuse pour une si petite chose ? Il essaie juste de penser à son bien-être, mais d'une manière maladroite. Peut-être. Ou alors. C'est réellement une préférence pour lui, quand c'est court.

« Je les préfère longs, finit-elle par dire tout en tapotant son torse.
— Mais tu… peux avoir mal si je-
— Et bien je les attacherais. »

Ou Gerald le fera, lui qui a l'air d'éprouver un réel fétichisme pour ses cheveux. Elle a arrêté de compter les jours où il se permettait de faufiler ses longs doigts entre les brins, pour caresser parfois son crâne, d'autre fois pour enrouler une mèche autour de son index avec une nonchalance qui, autrefois, l'irritait. Erza a oublié l'idée de l'en empêcher depuis un bon moment. Il est souvent si doux, qu'elle se dit que ce n'est pas si mal que ça, de temps en temps.

« Comme tu veux, soupire le rugbyman en embrassant son front. Du moment que tu es à l'aise, ça me va. »

Elle pose un baiser, délicat, là, juste sur sa mâchoire. Ça lui permet de dire, sans un mot, qu'elle comprend sa démarche mais qu'elle fera comme elle en a envie. C'est une grande fille. Et puis, en plus de ça, il devrait avoir d'autres préoccupation. Par exemple, son entretien surprise avec sa mère, qui les attend calmement sur l'un des canapés en cuir du salon. Ce n'est pas la peine de préciser que c'est entièrement truqué, vu qu'elle doit avoir un dossier complet sur sa vie entière dans sa valise. Là, ce qu'elle souhaite découvrir sur son actuel gendre, c'est son caractère et, plus particulièrement, sa sincérité.

Eileen est installée entre les coussins, un bras nonchalamment posé sur le dossier tandis que l'autre repose sur la cuisse recouvrant sa jumelle. Son regard est acéré, et Simon pourrait tout simplement fondre sur place. Il est si tendu et stressé qu'il a les mains serrées au dessus de ses longues jambes. Le coin des lèvres de sa mère frétille, signe que ce comportement l'amuse.

« Je ne vais pas te manger, tu sais, finit-elle par dire. Tu peux respirer. »

Un rire nerveux lui échappe et le jeune homme emprisonne ses genoux avec ses grandes mains. La veine qui traverse verticalement son front disparaît légèrement, pas trop non plus.

« Vous vous êtes rencontrés à l'université, c'est ça ?
— Humhm, approuve Erza en s'installant finalement à côté de son petit-ami. Il est venu m'aborder dans l'amphi, à la fin d'un cour. J'étais assez surprise et je ne comprenais pas trop le but.
— Ah oui ? »

Quelle talentueuse comédienne. Comme si elle n'était pas au courant de ça.

« Et qu'est-ce qui t'as poussée à entrer dans cette petite danse avec lui ?
— Il est vraiment gentil. Et attentionné, ajoute l'étudiante.
— Un adorable caniche oui… »

Première fusillade ; les yeux de la demoiselle sont braqués sur ceux d'Eileen qui se contente de sourire, tout en observant les réactions du garçon.

« Aucune offense là-dedans, j'adore les caniches quand ils sont loin de moi.
Maman
— Simple plaisanterie ma chérie. »

Absolument pas.

« Et toi, pourquoi avoir jeté ton dévolu sur ma fille ?, lui lance-t-elle en appuyant son menton contre le dos de sa main.
— Oh euh… et bien elle est… vraiment magnifique. Je l'avais remarquée dès le premier jour. Et puis après ça, j'ai vu à quel point elle est intelligente et gentille.
— C'est ça qui t'as donné assez de courage pour braver son caractère ? Les jeunes sont devenus bien téméraires… »

Il a une moue timide peinte sur la bouche.

« Erza n'est pas si terrible que ça. Parfois un peu difficile mais… vivre avec elle, c'est vraiment simple. J'avais un peu peur concernant ses achats compulsifs mais, au final, elle n'achète pas autant que ce qu'on peut imaginer. Elle gère bien l'argent. Et elle sait ce qu'elle veut, ajoute-t-il après un temps de réflexion. Elle a un caractère très fort, j'adore ça. »

Là, la concernée préfère observer les moulures au plafond ; sa mère vient d'hausser un sourcil face à la moitié de cette déclaration, parce qu'elle la connait par cœur. Elle, une dépensière frénétique depuis qu'elle a quinze ans, ne fait pas tant d'achats que ça ? En voilà une sacrée blague, très hilarante. Quand un homme dit ça de sa chair, avoir de sérieux doutes est tout à fait normal. Mais lorsque ses prunelles se mettent à pétiller, elle sait que le pire est à venir.

« Ah… je vois… tu as un fétichisme pour le BDSM, c'est ça ?
— Qu- Non ! Enfin. Je dis ça parce que… parce que je-
— Ne t'en fais pas, c'est normal, chacun à des goûts différents. Je ne vais pas te juger. »

Sauf qu'elle s'est déjà fait un jugement. Dès l'instant où elle l'a vu, d'ailleurs. Erza fait tourner la bague sur son index, lentement, pour apaiser la tension qui grandit dans sa poitrine. Elle est en train de réaliser que c'est sans doute la pire idée au monde d'avoir embarqué Simon ici. Sa famille ne l'épargnera pas, parce que les trois membres dans cette maison ont besoin de savoir si ce homme est réellement fiable. Se bercer d'illusions n'est pas la solution, parce qu'elle connait d'avance le verdict.

« Tu connais du monde à Crocus ?, s'enquiert Eileen en jouant avec le bout de sa robe.
— Plutôt, oui. J'ai déménagé là-bas assez jeune. Ma mère et mon père y travaillent et ma sœur est partie étudier à l'étranger, explique-t-il.
— Et qu'est-ce qu'ils font ?
— Mon père a son cabinet de dentiste et ma mère travaille avec lui. C'est la secrétaire.
— Et ta sœur ?
— De l'archéologie. »

Elle hoche lentement la tête, comme perdue dans ses pensées.

« Un penchant pour les fossiles alors… »

Son marmonnement est étouffé par sa main et le brun gigote un peu, histoire de montrer qu'il n'a pas entendu et qu'il a peur d'avoir raté quelque chose d'essentiel. Ce n'est heureusement pas le cas. Erza se laisse distraire par l'odeur de la cuisine de Makarof, qui est parti fumer sa pipe dès que le plat a été enfourné. L'idée de bientôt déguster ce prochain repas fait monter la salive et fermer les paupières ; imaginer l'assiette remplie par le met savoureux, juteux…

« … tu m'accompagnes ?
— Bien sûr oui. »

Accompagner ? Quoi ?

La demoiselle relève le menton en ouvrant les yeux, pour voir Simon se lever du canapé et suivre sa mère. L'incompréhension la submerge. La sonnette de l'alarme résonne dans sa tête ; fantasmer sur son futur repas à ce moment-là n'a pas été une très bonne idée.

« Où est-ce que vous allez ?, demande-t-elle rapidement.
— Faire une promenade. Ce ne sera pas long.
— Je peux-
Rester ici, lui sourit-elle. Je souhaite passer du temps avec uniquement mon gendre, le temps que ce soit prêt. »

Existe-t-il pire cauchemar ?

« Mais… et moi je… je fais quoi ?
— Tu peux tenir compagnie à Luxus. Il en sera ravi.
— Il devait travailler sur des trucs urgents.
— Makarof s'en charge aussi. Et puis, tu ne le dérangeras pas en étant dans la même pièce que lui. »

Trouver des arguments rapidement, c'est vraiment dur. Surtout qu'au final, ça ne sert strictement à rien, puisqu'ils quittent le salon sans un regard vers elle. Bon, Erza se doutait bien qu'elle n'aurait pas pu contrôler éternellement la situation. Sa mère est une excellente joueuse et calculatrice. Tout ce qu'elle peut faire, désormais, c'est attendre qu'ils reviennent en priant pour que le brun ne soit pas traumatisé par quelque chose. L'impression que cette journée va être atrocement interminable se confirme et, décidant de suivre la première proposition d'Eileen, voilà qu'elle part dans la chambre de l'éclair low-cost. Comme prévu, il est installé à son bureau et traite lesdits dossiers avec les sourcils froncés. Le voir concentré est toujours aussi amusant mais elle n'est pas là pour le déranger.

Son lit est aussi confortable que le sien et elle se laisse tomber dessus, en remarquant qu'il a posé son téléphone dessus ; il a des jeux vraiment intéressants installés, c'est l'occasion de les tester ! Mais avant ça, un message attire son attention. La personne s'appelle à priori "M" et il faut bien l'avouer, c'est très intriguant tout ça. Et puis, Luxus n'est pas du genre à lui cacher un truc, donc ce n'est pas bien dérangeant si elle jette un petit coup d'œil.

Sauf que...

« Oh bordel. »

Le garçon se retourne un peu.

« Quoi ?, demande-t-il.
— T'es pas sérieux, t'envoies vraiment des dickpics ? »

Pour toute réponse, il hausse les épaules et retourne éplucher son dossier. De plus en plus intriguée, Erza décide de remonter dans le fil de la discussion afin d'avoir plus d'informations sur cette mystérieuse demoiselle. Vu qu'il n'est pas gay, c'est évident qu'il n'envoie pas ses attributs à un homme.

« Waoh, tu parles beaucoup, c'est étonnant.
— Elle est intéressante, marmonne-t-il en tournant une page, donc ça en vaut la peine.
— Un plan cul ?
— Quelque chose comme ça, oui. »

Dubitative, ses yeux se plissent. C'est bizarre qu'il ne soit pas très précis dans ses réponses.

« Tu l'as rencontrée comment ?, se renseigne-t-elle avec une innocence feinte.
— Quand j'étais chez quelqu'un. C'était pas prévu.
— C'est récent ?
— Hum, si on veut oui.
— Si on veut ?, répète-t-elle.
— Voilà. »

La rouquine roule sur le dos et fait glisser plusieurs fois son pouce sur l'écran, pour remonter dans la conversation. Luxus ne s'en formalise pas, au contraire, ça a complètement l'air de lui passer par dessus la tête. Peut-être qu'il essaie d'être détaché alors, qu'en réalité, à l'intérieur c'est la panique la plus totale. Il a toujours été doué pour faire des poker face.

« Mais c'est quoi cette passion d'envoyer ton pénis ?
— Elle a demandé à voir je te signale, se défend-il. J'suis pas égoïste, je partage.
— Partager quoi ? En plus t'as menti sur le package ! »

Cette fois, elle a son attention puisqu'il se retourne complètement.

« Comment ça j'ai menti ?
— Tu lui as décrit une batte de baseball. Là, on est plus sur… un bâton ?
— Un gros bâton quand même, lui souligne-t-il.
— Ça reste un bâton, pas une batte. »

Le militaire grogne et la rejoint sur le lit. Le matelas s'affaisse un peu sous son poids puis il tapote son front avec son index, dans l'unique but de l'agacer et de la distraire. Sauf que ça ne suffira pas à lui faire lâcher l'os qu'elle a dans la bouche, parce qu'elle vient de remarquer un truc. Et quand elle l'a remarqué, Erza s'est brusquement redressée tout en zoomant sur la photo que la demoiselle a envoyé à son frangin.

« Cet ensemble…, murmure-t-elle.
— Canon hein ? »

Compte-t-il jouer à ça longtemps ou… ?

« C'est Mira !
— Putain de Lion. »

Le téléphone posé dans un coin, elle l'observe longuement.

« Ça dure depuis combien de temps ?
— Hum… je sais plus trop. Un mois ou deux.
— Mais ! Pourquoi Mira ? T'avais l'embarras du choix !
— Elle me plait, marmonne-t-il en lissant le drap. »

Elle bat des cils. S'approche de lui. Et frappe son torse.

« Hé ! C'est elle qui est venue vers moi je te signale !
— Elle me l'aurait dit.
— Oui. Sauf que t'as fini soudainement occupée en sortant avec cette poutre. Résultat, elle voulait pas t'embêter avec ça. »

Sa bouche s'ouvre et se ferme parce qu'elle a envie de protester et de nier mais c'est impossible, parce qu'elle vient de se rendre compte, juste à l'instant, que c'est bel et bien le cas ; Simon lui prend plus de temps qu'elle ne l'aurait imaginé, à tel point qu'elle a bien moins vu son amie de longue date. Et, lorsque c'est le cas, elle n'est jamais seule avec elle.

« Et… du coup ça se passe bien ?
— Mieux que toi en tout cas. »

Erza pousse un soupir tout en se massant la tempe droite.

« Je te laisse finir tes dossiers.
— Tu vas où ?
— M'occuper d'Hasufel. »

Ça, au moins, c'est bien la dernière chose qui lui provoquera une angoisse.


Le repas de famille du midi n'a pas été si horrible que ça. Après tout, plus personne a fait un seul commentaire désobligeant envers Simon qui, pour son plus grand bonheur, a eu l'air de passer un très bon moment parmi eux. Le reste de la journée a été calme, juste quelques jeux, une promenade, suivi par un goûter qui s'est enchaîné sur un apéro, puis un autre repas trop imposant pour son petit-ami ; il est vingt-deux heures et il somnole à moitié à côté d'elle sur le canapé, pendant que Luxus bat son grand-père aux cartes. La rouquine regarde cette scène avec un réel plaisir alors qu'Eileen lit tranquillement près du feu de la cheminée.

Quand son portable vibre dans la poche de son jean, Erza sursaute un peu. Elle tâtonne pour le sortir et allume l'écran en tapotant dessus. Ses dents mordent aussitôt l'intérieur de sa joue pour qu'elle puisse retenir son rire.

« T'rs lz femle la pljs mervrillejse dj mnde. Ti me mznqur vrzimeny rt jao envur de tz faurr l amiur. »

Il semblerait que Gerald ait bien trop abusé de l'alcool pour ce soir. Une bouteille, voire peut-être deux. Après tout, comment faire autant de fautes dans le cas contraire ?

« Oh, mais c'est Gerald ! Il a un soucis ? »

Le souffle chaud du brun caresse son cou. L'étudiante tourne la tête vers lui en reposant son portable dans un coin ; il n'a pas besoin de savoir qu'elle lui manque et qu'il veut lui faire l'amour. Juste la première partie du message devrait suffire pour combler l'interrogation de Simon.

« Pas du tout. Il disait juste que je suis merveilleuse.
— Pour une fois qu'il n'a pas tord, s'amuse-t-il en embrassant sa tempe. Il s'ennuie ?
— Je ne pense pas. »

Bien sûr que si, il doit s'ennuyer comme pas possible. Personne n'est là durant les fêtes et il s'est retrouvé tout seul. C'est étonnant qu'il n'envoie pas des messages plus déprimants que ça.

« T'as raison, il arrive toujours à trouver une distraction. »

Luxus abat sa carte de la victoire sous le nez du vieil homme qui souffle, en tapant du pied. Sa mère arque une sourcil mais ne dit rien. En voyant qu'ils s'apprêtent à refaire une partie - parce que Makarof aimerait gagner au moins une fois - le jeune rugbyman décide qu'il est temps pour lui de se coucher après avoir poussé un long bâillement.

« Tu viens ?, lui demande-t-il doucement.
— Je reste encore un peu. »

Après un petit regard de chiot pour être certain qu'elle ne viendra pas, il la laisse seule sur le grand canapé. Doucement, elle se glisse entre les coussins, juste avant d'être attaqué par le téléphone du grand militaire cette fois-ci. Elle le reçoit de plein fouet sur le ventre, lui faisant retenir sa respiration à cause de la surprise.

« Mais qu'est-ce que tu fous ? Ça fait mal !
— Je comprends pas ce qu'il a, tu peux décoder ?
— Il me semble que ça devrait faire parti de tes compétences.
— Gérer les abrutis bourrés ? Non. »

Elle remue la tête de dépit puis regarde le fameux texto qui pose tant problème à Luxus.

« Vs lz virrz quznd dimon ? C st pqs un gzrs piur elle. Jr szurai lz rndre heyrzuse mo. »

Calmer les battements de son cœur, puis parler avec une voix sereine et détachée.

« Il demande quand est-ce que vous comptez virer Simon.
— Et c'est tout ?
— Et il dit que c'est pas un gars pour moi.
— Je dois avouer, il est peut-être bizarre mais c'est un mec intelligent. »

Un faible sourire étire le coin de ses lèvres et elle appuie sa tête contre le dossier du canapé, laissant les derniers mots du message tourner dans son esprit ; il saurait la rendre heureuse ? En y repensant. Ce n'est pas faux, elle n'a jamais été aussi heureuse à Crocus que lorsqu'elle a habité chez lui... La rouquine secoue légèrement la tête pour oublier ces pensées. Elle devrait plutôt lui répondre, pour soulager un peu sa solitude. Et puis, elle doit bien se l'avouer, cet idiot commence à lui manquer.

« Combien de bouteilles au total ?
2. Oi 3. Jr szis plid trpp.
Rhum ?
— Ti me cinnzis teop birn. On decrzit de maruer. »

Le souvenir d'un Gerald souriant devant une assiette remplie de pancakes lui retourne le ventre et elle chasse très vite cette image qui teinte ses joues de rose. Le sourire malicieux d'Eileen est suffisant pour lui faire comprendre qu'elle a remarqué le changement dans son comportement, mais elle préfère ignorer cette donnée, ainsi que la pseudo demande en mariage de son ami complètement torché.

« Tu devrais surtout aller dormir. »

Et elle aussi. Ça évitera à son corps de s'emballer en pensant à lui.

« Foutu Zimon. »

Tiens, il a réussi à écrire un message avec un mot de cinq lettres sans faire une faute. Un bel exploit vu tout ce qu'il sifflé durant ce début de nuit. Lentement, toujours en faisant en sorte de ne pas être perturbée par la réalisation qui l'a frappée plus tôt, Erza s'enfonce un peu plus entre les coussins.

Maintenant, elle se demande si elle est réellement pressée que les vacances se terminent. Parce que quand ce sera le cas, Gerald l'attendra de pied ferme et voudra passer du temps avec elle. Et elle, elle n'a aucune idée si elle sera capable de lui faire face avec toutes ces nouvelles pensées parasites que Luxus a réussi à lui fourrer dans le crâne.

Une bonne raison pour lui faire manger ses maudites cartes.

« Les enfants, ça suffit ! »