CHAPITRE 2
Le soir venu, Hermione vêtue d'un pyjama simple et de sa paire de lunette de vue, les cheveux attachés, seules quelques mèches lui tombaient sur le visage, était plongée dans un roman, ce livre était à la fois romantique avec une pincée d'érotisme, elle le dévorait comme le personnage dévorait d'amour son héroïne. Assise, recroquevillée sur son fauteuil, elle posa son livre et ôta les lunettes de son nez, elle mordilla la branche de ses lunettes et repensa à cette offre d'emploi. La famille Black était autrefois réputée pour sa haine des nés moldus, certains membres étaient le diable en personne. Beaucoup ont fini à Azkaban pour haute trahison après la guerre. Elle prit son ordinateur portable et effectua quelques recherches sur l'identité du PDG. Rien, pas une trace, à croire que cette entreprise fonctionne toute seule. Lassé de cette recherche infructueuse, elle éteignit son ordinateur et relativisa. Après tout, comment pourrait-elle influencer son avenir à cause d'une simple identité et puis qu'importe la personne, non seulement elle n'aura surement jamais affaire à cette personne et quant à sa dangerosité, elle ne peut pas être bien grande, sinon, elle aurait suivi les autres à Azkaban.
Elle referma le livre délicatement, se leva pour le ranger soigneusement dans sa bibliothèque et rangea ses lunettes dans leur boîte. Elle prit la direction de sa chambre, défit son lit avec ardeur et se blottit au chaud pour cette première nuit seule dans cet appartement. Cinq ans après la guerre, les rêves d'Hermione sont toujours remplis de douleurs, de tortures, de sorts interdits, de sang et d'une atmosphère si lourde… Le moindre détail ne lui est pas épargné, elle revit ce cauchemar chaque nuit, scène par scène, seul un passage reste flou, elle se souvient d'avoir perdu l'équilibre en voulant se protéger d'un sort, elle se fit si mal qu'elle n'arrivait plus à se relever, toujours sur le ventre, elle tourna la tête et vit un flash vert foncer droit sur elle, la mort était imminente, sa vie a défilé devant ses yeux, un voile blanc se déposa sur ses yeux. Elle ne sait pas combien de temps elle est restée au sol, elle ne sait pas comment elle a pu survivre à ce flash vert, elle ne sait d'ailleurs toujours pas comment elle s'est retrouvée cachée dans un couloir du château. Sa vue était si brouillée, qu'elle n'a pas pu non plus voir son sauveur, seules une silhouette fantomatique et une voix douce et féminine lui revienne en mémoire.
C'est en sueur que la belle lionne se réveilla comme chaque matin, les yeux emplis de larmes. Elle prit le temps de souffler, assise dans son lit et dans un élan de courage, elle ouvrit les volets de sa chambre, il pleut. Elle prit le chemin de la salle de bain et prit une douche chaude qui la détendit un minimum. Elle se sécha les cheveux et les brossa, laissant sa crinière légèrement bouclée en liberté. Elle retourna dans sa chambre et mis peu de temps à choisir sa tenue, un pull léger gris, un jeans bleu foncé et une paire de bottes fourrées grises et là voilà partie ! Sans oublier le parapluie ! En bas de l'immeuble, elle tenta d'appeler un taxi, sans succès, ils lui passaient devant sans même lui prêter attention. Tout un coup, une berline noire arriva si vite qu'une flaque telle une vague trempa la pauvre Hermione de la tête aux pieds. Elle resta figée quelques secondes, les cheveux gouttant dans ses yeux, maudissant ce chauffard d'avoir ruiné le peu d'apprêtement qu'elle s'était portée. Ce n'était décidément pas sa journée. Elle alla se terrer dans une ruelle pour se retrouver seule et pouvoir en quelques secondes effacer les ravages de cet incident à l'abri des moldus.
Elle ressorti comme si de rien était et cette fois-ci, elle prit le bus direction l'entreprise Black ! Le trajet était si long, elle s'est assise à côté d'une vieille dame qui lui parut sympathique jusqu'à ce qu'elle se mette à éternuer des filets de morves vertes, les laissant pendre à son nez comme si de rien n'était. Le regard de l'homme tout en noir derrière ne lui inspirait pas non plus confiance, elle jugea bon alors de rester debout et de s'accrocher très fort à la barre latérale de sécurité tout au fond du bus, cherchant une échappatoire pour braver la foule lorsque ce sera son tour de descendre.
Par la fenêtre, entre les ruissèlements de pluie, l'entreprise Black devenait de plus en plus impressionnante. Hermione fendit la foule et resta figée devant ce bâtiment immense admirant tout le coté solennel qu'il dégageait. Elle y entra sans grande conviction, son CV et sa lettre de motivation dans les bras. Elle s'approcha du bureau d'accueil où se trouvait un jeune homme habillé d'une chemise blanche couverte d'un pull bleu en cachemire. Il avait un casque et un micro pour répondre aux nombreux coups de fil qui retentissaient en même temps. Le pauvre garçon aurait bien besoin d'une paire de bras supplémentaire. Hermione pris son courage à deux mains et se lança :
« Bonjour, je suis…
- Un instant s'il-vous-plait ! Bonjour, entreprise Black, que puis-je faire pour vous ? Bien entendu, je vous laisse patienter un instant…
- Je suis…
- Bonjour, entreprise Black, comment puis-je vous être agréable ? Oui, un moment s'il-vous-plait !
- Je m'appelle Herm…
- Oui, bonjour Entreprise Black, comment puis-je vous être utile ? »
Hermione senti sa patience faiblir, il n'y pouvait rien, mais elle n'allait pas pouvoir rester comme une godiche devant ce bureau toute la journée. Elle sorti discrètement sa baguette et débrancha les câbles électriques des différents téléphones.
« - A…Allo ? Monsieur Gage ? Mais qu'est-ce qu'il se passe avec ce fichu téléphone…
Cinq secondes passèrent quand il reprit :
- Ah, ça fait du bien quand ça s'arrête !
Il releva son nez de ses combinés et s'arrêta sur le visage d'Hermione mi-amusée, mi-agacée.
- Bonjour, que puis-je faire pour vous ?
- Bonjour, je m'appelle Hermione Granger et je souhaiterais postuler le poste de secrétaire.
- Hermione Granger ? Ce nom me dit vaguement quelque chose ?
Hermione ne sut pas quoi répondre, tristesse et soulagement se mélangeaient. Elle était tellement triste que ses exploits soient si vite oubliés et en même temps, elle était soulagée de savoir que ce qu'elle accomplissait n'était pas lié à son identité, mais bien à ses capacités.
Vous étiez actrice ?
Non pas du tout, vous devez faire erreur. Concernant ce poste…
Attendez ! se mit il à crier. Mais c'est génial !
Hermione cru qu'il la reconnaissait désormais.
Ils ont enfin décidé de m'accorder une assistante ?! Non, parce que ça ne se voit peut-être pas, parce que je gère ces téléphones comme je gérerais Cerbère, mais il me faudrait quand même du renfort, notre portefeuille de clients devient tellement important que je ne fais que répondre et les laisser patienter pour les rediriger. Je sens leur agacement et c'est toujours pour moi le flot de reproches !
- Je ne peux vous dire si…
- Moi c'est Jack, mais par pitié prononce le « Jacques » ça fait tellement plus français, j'adore !
- Très bien Jacques, je suis ravie de te rencontrer, je ne sais pas grand-chose de ce poste, saurais-tu à qui dois-je m'adresser ?
- Cette connerie d'ordinateur m'a lâché, je n'ai plus accès au planning… et de toute façon, tu n'auras pas d'entretien aujourd'hui, tout le monde est tellement débordé ici. Je vais devoir prendre ton prénom, ton nom et ton numéro de téléphone et je le transmettrais au bon service le plus rapidement possible dès que j'aurais réglé ce problème avec le service technique.
- Tu n'auras pas besoin du service technique, un coup de baguette pour annuler mon affront et tu pourras de nouveau entendre le doux retentissement de tes téléphones.
- Pardon ?
- C'est moi qui aie débranché tes câbles, je ne voulais pas camper devant ton bureau.
Jack se mit à rire :
Ce n'est pas un affront ça, c'est de l'audace, je suis sûre que tu seras prise, c'est ce qu'ils cherchent ici, des gens audacieux, qui ne craignent pas de prendre des risques. Aller donne-moi ton numéro.
Hermione articula chiffre après chiffre et lui tendit ses fiches soigneusement rangées dans une pochette transparentes.
- Je compte sur toi !
- Bien entendu, de toute façon, j'ai vraiment besoin d'un coup de main, donc je vais transmettre ta candidature le plus rapidement possible !
Hermione sourit et se retourna. Elle fit quelques pas et…
- Hermione !
- Oui ?
- Merci pour cette pause, mais rebranche mes câbles s'il-te-plait !
- Oh pardon oui, j'avais oublié.
Un coup de baguette et les téléphones ne mirent pas un quart de seconde pour reprendre leur chant de sirène.
- Oui, je suis désolé pour l'attente, un incident technique a coupé la ligne… mais non voyons, je ne me serais jamais permis de vous raccrocher au nez ! «
Hermione sorti de l'entreprise et se dirigea vers le salon de thé.
« Bonjour Miss Granger, comment allez-vous aujourd'hui ?
- Bien et vous ?
- Oui, chaque jour où je suis en vie, je suis heureuse !
- Quelle belle philosophie !
- Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?
- La même chose qu'hier s'il-vous-plait, un thé…
- Fraise sauvage ! Oui, pas de souci. Vous souhaitez le journal également ? Votre ami Harry Potter est en couverture aujourd'hui !
Hermione était flattée de constater que Madeline s'était souvenue de sa commande passée. Elle accepta le journal, avoir des nouvelles d'Harry par l'intermédiaire des médias la rendait triste et la propriétaire du salon s'en rendit compte.
- Vous n'avez pas l'air dans votre assiette miss Granger, tout va bien ?
- Oh oui Madeline, ne vous en faites pas, une nostalgie passagère…
- Si vous avez besoin de vous confier n'hésitez pas, tous vos secrets mourront avec moi…
Hermione fut surprise du ton employé par Madeline au sujet de sa mort, mais elle n'y preta pas plus d'attention. Elle sirota son thé et pris le temps de lire le journal.
« Harry Potter bientôt chef du bureau des Aurors ? » Le jeune Harry Potter a récemment décelé le repère de sorciers complices de Voldemort et impliqués dans les meurtres de nombreux innocents. Cette découverte devrait permettre à Harry Potter de gravir les échelons et devenir le plus jeune chef du bureau des Aurors.
Fierté et tristesse s'entremêlèrent mais Hermione ferma le journal et commença à discuter avec Madeline pour se changer les idées :
« Je suis allé postuler à l'entreprise Black aujourd'hui, quelle machinerie !
- Je n'y ai jamais mis les pieds, mais effectivement c'est une entreprise en plein essor.
- J'ai effectué quelques recherches, mais je n'ai pas réussi à connaitre l'identité du PDG…
- Personne ne le sait ! La famille Black avait mauvaise réputation, mais l'entreprise participe à de nombreuses actions caritatives, elle a permis notamment la reconstruction de certains établissements qui avaient été détruits pendant la guerre, ils ont financé des projets scolaires permettant aux écoles de sorciers de se rencontrer pour éviter les conflits. Ils prennent aussi régulièrement position pour la défense des droits des elfes de maison et aux campagnes de tolérance envers les nés-moldus.
- Déjà ça élimine beaucoup de profils ! La famille Malfoy en premier !
- Je ne sais pas ce qu'il est advenu d'eux, après l'acte courageux de Narcissa, ils ont fait profil bas et nous n'avons plus jamais entendu leur nom. Enfin, depuis l'arrestation de Lucius par Monsieur Potter, parce qu'il trafiquait encore dans des histoires louches, mais sinon, plus rien, silence radio.
Hermione ne dit rien et retrouva le sourire. Le fait de savoir Lucius Malfoy à Azkaban la rassurait sur la fiabilité de la justice, mais en même temps, c'est Monsieur Potter qui est à l'origine de cette arrestation…
- En tout cas, je ne sais pas si je serais prise, mais le courant est bien passé avec le standardiste !
- Jack ?
- Oui, vous le connaissez ?
- Oh oui, très bien, il vient de temps en temps, mais ça fait un moment que je ne l'ai pas vu, c'est quelqu'un aussi excentrique que gentil.
Hermione sourit, termina son thé, remercia Madeline pour les informations et repris le chemin de son appartement.
Allez, comme vous avez eu le courage/la chance/l'envie/la mauvaise/la bonne surprise d'avoir lu le premier chapitre, je vous publie le chapitre 2 dans la foulée !
Bonne lecture !
