Et voici la partie 2 !

J'espère qu'elle vous plaira.


ÉCRIRE UN FUTUR – PARTIE 2

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Nous avons fini par sortir de la chambre, finalement. Pas ce soir-là, on a fini par commander notre dîner au roomservice, mais le lendemain. Après un début de matinée à traîner au lit, nous avons passé la journée à flâner dans les rues d'Édimbourg et à jouer aux touristes. Au bout d'un moment, j'ai craqué et ai glissé ma main dans celle de Draco pour ne plus la lâcher ensuite. C'est risqué, mais je n'ai pas pu résister et ce n'est pas comme si je l'avais embrassé en pleine rue. La nuit suivante a fortement ressemblé à la première, pleine de sexe et de plaisir, des heures passées à vénérer le corps de mon amant encore et encore. Le paradis.

Mais comme toute bonne chose a une fin, le dimanche matin est arrivé et nous avons dû quitter l'hôtel à regret. Je me souviendrais probablement toute ma vie de ce week-end passé à Édimbourg avec Draco, pas seulement pour le sexe, même si c'était génial, mais surtout pour tous ces petits moments passés avec lui à simplement discuter de tout et de rien. Ça paraît dingue après la relation qu'on avait à Poudlard, mais parler avec lui est facile, naturel et paisible. Il n'y a aucune prise de tête, on se comprend instinctivement et... je ne sais pas si c'est trop beau pour être vrai ou pas, mais penser qu'on aurait pu être comme ça l'un avec l'autre depuis des années me donne des palpitations.

"À quoi est-ce que tu penses ?" Me demande Draco alors que nous prenons notre petit-déjeuner en ville avant de repartir pour Londres.

"À notre week-end. Je trouve qu'on s'entend super bien et... je ne sais pas, c'est un peu perturbant."

"Quoi ? De se rendre compte qu'on aurait pu s'entendre comme ça depuis le début ? Je sais, ça me rend dingue moi aussi."

"Il n'y a pas que le sexe, hein ? C'est en général. J'aime discuter avec toi comme ça."

"Moi aussi. Je ne pensais pas, mais tu es finalement très intéressant, comme garçon." Faussement outré, je fais mine de lui jeter un bout de pancake. "Tu dois récupérer James à quelle heure ?"

"Vers cinq ou six heures. Est-ce que tu veux dîner avec nous ce soir ? Il sera super content de te voir."

"Hum, tu es sûr ? Je ne voudrais pas m'imposer."

"Tu ne t'imposes pas, je te le propose. Alors, dîner ?"

"Okay. Avec plaisir."

"Génial. Tu veux qu'on déjeune ici, ou à Londres ?"

"Donc on ne se quitte plus, en fait."

Malgré son sourire en coin, je me redresse, déçu. "Désolé, tu avais sûrement quelque chose de prévu. Et tu dois avoir besoin d'air."

"Je n'ai rien de prévu, Harry. Tout comme je n'ai pas besoin d'air. J'ai envie d'être avec toi le plus longtemps possible alors oui, je veux qu'on déjeuner ensemble. Ici ou à Londres, ça m'est égal."

"Chez moi ? Je peux cuisiner quelque chose de rapide et... j'ai très envie de t'embrasser."

Riant, Draco se lève et je le suis hors du café et jusqu'à une zone de transplanage toute proche. Quand je lui tends mon bras et qu'il le prend sans un mot, totalement confiant, mon cœur rate un battement et je nous fais disparaître en un clin d'œil.

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Je vais seul récupérer James chez Ginny et dès que je vois sa tête, je sais que quelque chose ne va pas.

"Gin ? Qu'est-ce qu'il se passe ?"

"Je pense que James est malade, il a été patraque toute la journée. Il n'a pas l'air d'avoir de fièvre pour le moment, mais il est complètement amorphe et grognon."

"Mince." Malgré moi, je pense immédiatement à Draco qui m'attend à la maison. Si James est effectivement malade, je vais passer la soirée à le surveiller et à prendre soin de lui. Bien sûr, il pourrait m'y aider, mais... c'est mon fils, quoi. "Est-ce que tu as été chez le médecin ? Je peux l'y emmener demain matin s'il ne va pas mieux."

"Je pense qu'on devrait faire ça. J'aurais pu le garder encore quelques jours, mais j'ai un match important dimanche prochain et je ne peux pas rater un entrainement."

"Je sais, ne t'en fais pas, Gin. Je vais envoyer un hibou à Walter pour lui dire que je prends ma journée pour rester avec Jamie. Je l'emmènerais chez le docteur s'il ne va pas mieux et je préviens l'école."

"Super. Je ne t'ai même pas demandé comment s'est passé ton week-end avec Malfoy ? Est-ce qu'il peut encore marcher ?"

"Gin..." Elle est la seule à qui j'ai dit où j'allais et avec qui. En partie par sécurité pour qu'elle puisse me contacter au cas où, mais surtout parce qu'elle est la seule au courant pour Draco et moi et que je mourrais d'envie d'en parler à quelqu'un. "C'était génial. Draco est génial."

"Vous êtes sortis de la chambre d'hôtel ?"

Je pouffe. Elle me connaît si bien. "Assez peu. Mais on a quand même visité la ville. Et le château."

"Tu as l'air heureux, Harry. Ça fait plaisir à voir."

"Je sais, c'est dingue non ? Draco Malfoy me rend heureux." Mon regard se perd dans le vague quelques instants tandis que des images de notre week-end me reviennent par flash. "Où est Jamie ?"

"Dans sa chambre."

Cinq minutes plus tard, je sors de la cheminée avec James dans les bras, à moitié endormi. Draco s'avance immédiatement vers moi, tout sourire, avant de se figer en voyant mon fardeau.

"Est-ce que ça va ?"

"Il est malade. Je vais le mettre au lit, je reviens."

Quand je redescends après avoir bordé James dans son lit, son ours en peluche collé contre son petit corps, Draco m'attend, son sac de voyage à ses pieds.

"Draco..."

"Je sais, Harry. Ne t'en fais pas. Tu dois prendre soin de James."

Je m'approche de lui et l'attire vers moi pour l'embrasser. "Merci. Ce week-end a été génial. J'aurais voulu qu'on reste ensemble encore plus longtemps."

"Moi aussi. Tiens-moi au courant de l'état de Jamie, okay ? Et tu sais que je suis dispo si tu veux qu'on se voie."

"Je t'enverrais un hibou. Rentre bien."

"Salut."

Après un dernier baiser, il disparaît, me laissant un peu perdu au milieu de mon salon, jusqu'à ce que des pleurs me sortent de ma torpeur. J'escalade les marches quatre à quatre pour rejoindre mon fils qui s'est réveillé et est assis dans son petit lit, le visage inondé de larmes.

"Papa !"

"Je suis là mon cœur. Est-ce que tu as fait un cauchemar ?"

"J'ai mal à la tête et..." Un sanglot le secoue. "...et au ventre."

"Tout va bien Jamie. Je vais aller te chercher un médicament pour la douleur, d'accord ? Ensuite, on fera un câlin. Est-ce que tu veux que je te prépare de la soupe ?" Je lui demande une fois revenu de la salle de bain avec une fiole de potion que je lui fais avaler.

"J'ai pas faim."

"D'accord." Il est tellement pâle que mon cœur se serre. Je m'en veux immédiatement d'être parti en week-end alors que lui tombait malade. Je sais parfaitement que ça n'aurait rien changé si j'étais resté à Londres, mais quand même... mon bébé a besoin de moi et, moi, je n'arrive pas à me sortir Draco de la tête. Père indigne.

Tout le reste de la nuit, je surveille la température de James et le rassure quand il se réveille en pleurant, incapable de faire quoi que ce soit d'autre. J'envoie au petit matin un hibou au bureau pour prévenir Walter de mon absence pour la journée mais qu'il peut me joindre à la maison si besoin, puis un second à l'école de Jamie. Ensuite, j'attends quelques heures avant de le réveiller et de l'emmener chez le Médicomage qui lui diagnostique une grippe. Rien de grave, mais il doit se reposer pendant quelques jours. De son côté, Jamie est ravi de ne pas aller à l'école et de rester à la maison avec moi et dès qu'il va un peu mieux, nous passons les jours suivants à regarder la télévision et à jouer à des jeux de société blottis l'un contre l'autre sur le canapé.

Ces trois jours passent vite, Walter vient me déposer quelques dossiers pour que je travaille depuis chez moi, Ginny passe nous voir tous les jours pour s'assurer que notre fils guéri correctement et je reçois plusieurs hiboux de Draco auxquels je réponds avec enthousiasme.

J'avoue que passer tout ce temps avec Jamie me plaît énormément, même si nous ne faisons pas grand-chose au final. Juste être ensemble est suffisant. Mais tout ça ne peut pas durer indéfiniment et, le jeudi, il est temps pour James de retourner à l'école et moi au bureau. Lui comme moi traînons des pieds, peu motivés à l'idée de quitter notre bulle, mais on n'a pas le choix, je ne peux pas le garder avec moi constamment. Il y a les vacances pour ça. Heureusement grâce à Walter, je n'ai pas pris trop de retard sur mes dossiers et le reste de la semaine se passe sans encombre.

Le samedi, je décide d'emmener Jamie à l'orphelinat pour la première fois depuis un moment. Il adore passer du temps avec les autres enfants et je trouve que ça lui fait du bien de voir que tous n'ont pas la chance d'avoir un papa et une maman.

C'est James qui repère Draco en premier. Alors que nous arrivons juste dans la cour de l'orphelinat, il lâche ma main et je le vois partir en courant devant moi en criant.

"Mr Black ! Draco !"

Il me faut une demi-seconde pour réaliser ce qu'il se passe et une autre pour m'autoriser à sourire comme un idiot. Après une semaine, revoir le blond me fait toujours autant d'effet, surtout quand celui-ci se met à genoux pour accueillir mon fils dans ses bras.

"Bonjour Jamie. Comment tu vas ?"

"Bien. J'ai été malade mais je vais mieux. Papa est resté avec moi et on a joué à plein de jeux."

"C'est vrai, ça ? Tu en as de la chance. Pas d'avoir été malade, mais d'être resté avec ton papa."

"Il m'a lu plein d'histoires, aussi. Plein de toi."

"Chouette alors."

"C'est un peu comme si tu étais avec nous." Je lui dis, une fois arrivé à leur hauteur. "Salut."

"Salut, Harry."

Nous échangeons un long regard, conscients de ce que veut vraiment l'autre. Le toucher, l'embrasser, le prendre dans mes bras... tout sauf rester planté là à le regarder comme un idiot.

"Je ne savais pas que tu devais venir aujourd'hui."

"Vraiment ? Mon agent a organisé une lecture avec l'orphelinat, je pensais que vous étiez là pour ça."

"Non, je l'ignorais. Ça fait juste un moment qu'on n'est pas venu, Jamie et moi. Mais... c'est une bonne surprise."

"Tu vas lire Coco l'Hippogriffe, Draco ? Est-ce que je peux écouter, moi aussi ?"

"Bien sûr. Enfin, si ton papa veut bien."

Je n'ai pas besoin de regarder mon fils pour savoir que ses grands yeux sont fixés sur moi, pleins d'espoir.

"Oui, Jamie. On peut rester pour écouter l'histoire."

"Trop bien ! Je vais m'asseoir à côté de Maggie !"

Mince. "James, Maggie n'est plus là."

Il s'arrête de sauter partout et me regarde. Les grands yeux, le retour. "Elle est où ?"

"Elle est partie dans sa nouvelle famille. On lui a trouvé un nouveau papa et une nouvelle maman et elle a une grande sœur, maintenant."

"Alors, on va pas revoir Maggie ?"

"Non, mon cœur."

"Jamais, jamais ?"

"Eh bien, peut-être, si. Vous avez le même âge, alors il y a des chances pour que vous vous retrouviez à Poudlard dans quelques années."

"Mais c'est loin, des années."

"Je sais, mon cœur. Je suis désolé. Mais Jules et Tobby sont encore là."

"On peut aller les voir ?" Demande-t-il d'une petite voix. Je sais qu'il est triste que Maggie soit partie, mais le voir retenir ses larmes et penser à ses autres copains comme ça me rend fier de lui.

"Bien sûr, Jamie. Allons-y. Tu viens avec nous ?"

Les enfants sont ravis de voir James et encore plus quand Draco arrive et qu'il leur est présenté. Ils ont beau ne jamais l'avoir vu, tous connaissent ses livres par cœur, comme la majorité des petits sorciers du pays. C'est dans ce genre de situation que je me rends compte de sa notoriété. Si je suis connu par tous les sorciers de notre génération et des précédentes, celle qui suit le connaîtra probablement deux fois plus que moi. Et c'est bien loin de me déranger...

… Jusqu'à ce que les journalistes entrent dans la bibliothèque de l'orphelinat où Draco doit faire sa lecture. Apparemment, la presse a été conviée pour couvrir l'évènement : un célèbre auteur de livres pour enfants vient bénévolement lire son tout nouveau livre dans un orphelinat. Rien de mieux pour faire un peu de pub gratuite aussi bien pour lui que pour l'établissement, d'ailleurs. C'est une bonne chose, au contraire, mais dès que je les vois, je ne peux m'empêcher de me tendre et de reculer d'un pas, me mettant en retrait. Bien sûr qu'ils ont repéré ma présence dès leur arrivée, c'est comme s'ils avaient une sorte de radar pour ça, donc reculer et me coller au mur ne changera pas grand-chose, mais j'ai inconsciemment besoin de mettre le plus de distance possible entre Draco et moi, comme si être plus proche de lui d'un pas suffirait à les faire deviner mes pensées et mes sentiments pour l'autre homme.

Heureusement, ils m'ignorent presque entièrement et restent concentrés sur l'auteur et sur les enfants qui le regardent, complètement absorbés. Jamie est assis entre ses deux copains, sur le tapis, totalement adorable avec autant d'étoiles dans les yeux que la première fois. À la fin de la lecture, tous les enfants se rassemblent autour de Draco pour une photo à laquelle j'espère échapper jusqu'à ce que Judith, une des animatrices de l'orphelinat, me fasse signe.

"Mr Potter ! Allez les rejoindre sur la photo."

"Euh, je ne suis pas là pour... je suis juste venu... okay."

Céder est la seule chose à faire avec Judith. Elle obtient toujours ce qu'elle veut, de toute façon. Je me poste donc derrière les enfants, loin du blond, mais elle n'est pas satisfaite, apparemment.

"Rapprochez-vous de Mr Black. Encore. Allez Harry, encore un peu plus, je suis sûr qu'il ne mord pas."

Je dois me faire violence pour ne pas répliquer que, si, Draco Malfoy est totalement du genre à mordre. Et que j'adore ça, d'ailleurs. Je termine tellement proche de lui que je peux l'entendre glousser doucement. Le traître.

"On ne se moque pas, Mr Black."

"Je ne mords pas, elle a dit." Il est secoué d'un fou rire tandis que, de mon côté, l'angoisse monte.

"Merlin... ferme-la, ça va prendre deux secondes."

"On devrait lui raconter Édimbourg."

"Putain, Draco... s'il te plaît." Je ferme les yeux, incapable de regarder les photographes devant moi plus longtemps sans déclencher une crise de panique. Ils vont savoir. Ils savent forcément déjà.

"Ouvrez les yeux, Mr Potter. Et regardez-nous s'il vous plaît. Les enfants aussi."

Je m'exécute et regarde droit devant moi, les mâchoires serrées et un sourire factice sur les lèvres. Faites que ça se termine rapidement, j'ai besoin d'air. Draco doit sentir mon changement d'humeur parce qu'il se tait et se tient bien droit à mes côtés pendant que les photographes nous mitraillent et que les enfants gloussent et s'agitent devant nous.

"C'est dans la boîte, merci à tous !"

"Harry..."

Je ne laisse pas le temps à Draco de dire quoi que ce soit d'autre et sors de la bibliothèque en trombe, laissant James sous la surveillance de Judith et des autres employés. Il faut que je m'éloigne, que je respire. Il faut que...

"Merde !" Je m'écris, une fois sorti dans le couloir, loin de la bibliothèque. Qu'est-ce que je peux être con, parfois. Quelle idée de venir ici précisément aujourd'hui. Je dois être maudit !

"Harry ?"

La voix de Draco me fait sursauter mais je ne me retourne pas. Si je le regarde, je vais craquer et le prendre dans mes bras. Et alors...

"Hey, viens." Je le sens me tirer par la main et le suis, n'ayant pas la force de résister. Il m'entraîne un peu à l'écart, dans une pièce vide servant apparemment de débarras. "Harry, regarde-moi." Il me faut quelques secondes supplémentaires pour le faire. "Parle-moi. Est-ce que ça va ?"

"Je... je suis désolé."

"Pour quoi ? J'ai bien vu que ça n'allait pas, là-dedans."

"Ouais, j'ai paniqué. Tous ces photographes..."

"C'est... à cause de moi ? Parce qu'on était côte à côte devant eux et que j'ai dit…? Tu as eu peur qu'ils comprennent." Ce n'est pas une question, il a tout compris de ce qui se trame dans ma tête. "Harry..."

"Je suis désolé, je ne sais pas pourquoi j'ai réagi comme ça. C'est complètement stupide, je sais."

"Ce n'est pas stupide, au contraire. Je comprends pourquoi tu as paniqué. Mais ils ne vont pas deviner comme ça ce qui se passe entre nous, je te le promets."

"Je ne devrais pas faire ça." Un éclair de tristesse traverse son regard. "Je ne devrais pas paniquer comme ça, je veux dire. Tu as raison, ils ne peuvent pas deviner. Et puis je devrais être prêt, assumer. Si on veut être ensemble..."

"On est ensemble, Harry. Et peu importe le temps que ça prendra, j'attendrais que tu sois prêt à ce qu'on s'affiche. Je me fiche de devoir rester caché, qu'on passe des journées entières cloîtrés dans une chambre d'hôtel ou chez toi à jouer à des jeux de société coquins." Sa remarque a le mérite de me faire rire. "Tout ce que je veux, c'est être avec toi. Avec toi et avec Jamie. C'est tout. Les autres m'importent peu."

Soupirant, je le prends dans mes bras et enfoui mon nez dans ses cheveux. Il sent tellement bon.

"Je ne te mérite pas, Draco Malfoy."

"Je sais. Embrasse-moi, tu m'as trop manqué cette semaine."

Je n'ai besoin d'aucune menace pour obtempérer et embrasser mon petit-ami à pleine bouche dans ce débarras. S'il n'y avait pas les journalistes, les enfants, James dans une pièce à quelques mètres, je lui ferais même l'amour contre le mur. Mais ils y sont et je mets fin au baiser rapidement, stressé à l'idée que ça se voit sur notre visage. Ça se voit sur nos lèvres, en tout cas.

"Tu es tellement magnifique, aujourd'hui."

"Juste aujourd'hui ? J'espérais te croiser, alors je me suis fait beau. Retournes-y en premier, je vais attendre un peu."

"Okay. On trouve un moment pour parler, tout à l'heure ?"

"Ça marche."

De retour dans la bibliothèque, James me saute presque dessus en me racontant toute la lecture comme si je n'y avais pas assisté moi-même, avant de retourner jouer avec les autres aussi vite. J'ai du mal à comprendre la façon dont fonctionne cet enfant, parfois, mais il est adorable. Ensuite, les journalistes demandent mon attention et j'accepte de répondre à quelques questions, en profitant pour parler de l'orphelinat et du travail que nous faisons au Ministère pour améliorer la vie de ces enfants et leur trouver des familles.

Je perçois sans le voir le moment où Draco revient dans la bibliothèque et me force à ne pas réagir à sa présence. Tout mon être a envie de se rapprocher de lui le plus près possible, chaque seconde loin de lui est une torture. Encore une fois, la violence de ce que je ressens pour cet homme après seulement deux semaines m'effraie. Certes, j'étais attiré par Draco à Poudlard, mais c'était il y a longtemps maintenant et ça m'a toujours semblé impossible alors... je ne m'explique pas tout ça. Et peut-être n'en ai-je pas besoin, d'ailleurs. Il est peut-être temps de ne plus trop réfléchir et de me laisser aller. Sinon, je risque de passer à côté de quelque chose de génial.

Il reste à distance tant que les journalistes sont là, discute avec les enfants et répond à leurs questions farfelues, puis ils s'en vont enfin et j'ai l'impression de respirer de nouveau. Pendant le goûter, je m'assois à côté de Draco et profite d'être caché par la table pour poser une main sur sa jambe. Son petit sursaut à mon contact me fait rire intérieurement mais je déchante vite quand il me pince la hanche et que c'est mon tour de sursauter.

"Papa, est-ce que Mr Black peut venir manger à la maison ce soir ? Il pourrait dormir avec toi comme la dernière fois !" S'écrit James en sortant de l'orphelinat une heure plus tard.

Je manque de m'étrangler et regarde tout autour de nous tandis que Draco semble hésiter entre éclater de rire et fuir.

"James ! Qu'est-ce qu'on a dit !"

"Que c'est un secret ? Mais Papa, il y a que nous. Alors il peut ?"

"Oui il peut. S'il veut, bien sûr."

"Chouette ! Tu veux bien Draco, hein ? J'ai un nouveau jeu des sept familles."

"D'accord, je veux bien venir ce soir. Est-ce que je dois passer prendre un pyjama chez moi ?" Me demande-t-il malicieusement.

"Pas la peine, c'est interdit aux pyjamas dans mon lit."

"Tu dis que des bêtises, Papa." Glousse James.

"Allez, on y va ? Je transplane avec Jamie, tu nous suis ?"

"Directement chez toi ?"

"Oui, je t'ai ajouté aux autorisations de transplanage." Je ne le laisse pas réagir et disparaît avec James pour atterrir une seconde plus tard dans notre salon. "Va te débarbouiller James, tu as du chocolat partout."

"Draco va venir ?"

"Oui mon cœur, il arrive."

Effectivement, le blond ne tarde pas à nous rejoindre. Rapidement, James nous entraîne dans une partie de jeu des sept familles, puis il est l'heure de préparer le dîner pour lequel Draco insiste pour m'aider, même si les pizzas maison ne demandent pas énormément de travail.

"Est-ce que tu viens avec nous, demain ?"

"Où ça ?"

"Au match de Maman. Elle va gagner, tu sais ?"

"Ginny joue toujours chez les Harpies ?"

"Oui, elle vient d'être nommée capitaine."

"Maman, c'est la meilleure ! Tu viendras, hein ?"

"Euh… je ne pense pas, James. Je…" Il me jette un regard rapide. "J'ai des choses de prévues demain. Mais tu pourras me raconter le match la prochaine fois."

"C'est trop dommage ! Moi je voulais que tu viennes. Papa !"

"James, Draco a dit qu'il ne pouvait pas, tu ne peux pas l'obliger à venir. Ni moi, d'ailleurs."

"D'accord."

Je regarde mon fils baisser la tête sur son assiette et soupire. On dirait que c'est la fin du monde, pour lui.

"Allez Jamie, termine de manger, il se fait tard et tu dois aller au lit."

"Est-ce que Draco dort ici ? Dans ton lit ?"

"Euh… on verra, ce n'est pas encore décidé."

Le petit sourire en coin du blond me donne envie de l'embrasser. Bien sûr qu'il va dormir ici. Enfin, si j'ai mon mot à dire, en tout cas. J'ai très envie de me réveiller à ses côtés demain matin.

Une heure plus tard, James est enfin couché et Draco et moi buvons une tasse de thé dans le salon tout en discutant.

"Tu peux venir demain, tu sais ? C'est du Quidditch, tout le monde peut y aller."

"Tu es sûr ? C'est un match de ligue nationale, il y aura forcément des journalistes."

"Je sais. Mais être au même match ne veut pas dire qu'on sort ensemble, pas vrai ? Tu l'as dit toi-même, ils ne peuvent pas deviner qu'on est ensemble aussi facilement. Sauf si je ne résiste pas à l'envie de te sauter dessus, bien sûr."

"Donc il ne faut pas que je vienne, tu ne pourras jamais me résister."

"Crétin. Mais je suis sérieux, si tu as envie…"

"On verra demain, alors. En attendant… est-ce qu'on peut aller au lit ?"

Les yeux de Draco se voilent de désir, tout à coup.

"Tu as pensé à prendre un pyjama ?"

"On m'a dit qu'ils étaient interdits dans ton lit. Je vais devoir dormir tout nu."

"Mince, on va devoir se tenir chaud, alors."

On a l'air de deux idiots, lui et moi, à deux doigts de nous jeter l'un sur l'autre mais bien décidés à jouer le plus longtemps possible. J'aime ça chez lui. Son côté joueur et insouciant… il est exactement ce dont j'avais besoin dans ma vie, je crois.

"On monte ? J'ai très envie de te sentir en moi, Harry."

Sa déclaration court-circuite mon cerveau et je me mets en pilote automatique, le suivant jusqu'à ma chambre, ne reprenant le contrôle qu'une fois qu'il est entièrement nu et offert sous moi.

"Tu es tellement magnifique, Draco. Si seulement tu pouvais te voir comme moi je te vois. Tellement beau et parfait."

"Beau parleur. Tu dis uniquement ça pour m'avoir dans ton lit." Il m'attire à lui et je ne résiste pas, tombant sur son corps, entre ses jambes ouvertes, contre ses lèvres si délicieuses.

"Non, je le pense depuis que je t'ai revu à la librairie. Tu étais magnifique ce jour-là. Ça m'a rappelé les sentiments que j'avais pour toi à Poudlard."

"J'aurais aimé que tu dises quelque chose à l'époque. J'aurais aimé qu'on sorte ensemble bien plus tôt."

"Moi aussi. J'ai juste l'impression d'avoir perdu énormément de temps et qu'on était censé être ensemble quoi qu'il arrive."

"Justement, malgré ce que j'aurais voulu… ce n'était probablement pas le bon moment pour nous. Toutes ces années ça nous a permis de mûrir, d'avoir James pour toi et, moi, d'écrire mes livres. Tout ça ne serait jamais arrivé si on était sorti ensemble dès le début. Et ça n'aurait sans doute même pas duré."

"Tu as raison."

"J'aime bien entendre ça de ta bouche. C'est très satisfaisant."

"Tu parles beaucoup trop, Draco Malfoy. Je pense que je vais devoir te faire taire."

"Entièrement ? Sinon, tu peux me faire crier à la place."

"J'aime ta façon de penser."

Grâce à la magie, je peux effectivement le faire crier autant que je le souhaite sans risquer de réveiller James et tout le voisinage. Et je suis très fort pour ça. Tellement qu'il en redemande. Je ne sais pas où il stocke tout cette énergie, mais je ne suis pas sûr de lui survivre s'il continue comme ça.

C'est ce que je me dis tandis qu'il me chevauche férocement, nous conduisant vers notre troisième orgasme de la nuit. Parfaitement infatigable. Et parfaitement magnifique. J'aimerais avoir une caméra et le filmer, capturer ce moment si intense et érotique, ce moment où j'ai l'impression de ne faire qu'un avec Draco, où les sensations et émotions sont si fortes que j'ai l'impression que je vais exploser.

"Harry, caresse-moi. S'il te plaît, je vais…"

Alors que j'enroule mes doigts autour de son membre, ses gémissements redoublent, m'indiquant son orgasme proche.

"Continue, j'y suis presque." Je l'encourage, soulevant mes hanches à sa rencontre.

C'est tellement bon de le sentir autour de moi, de sentir ses muscles serrer mon sexe en lui, comme s'il ne voulait pas me laisser s'échapper. Nous ne tenons que quelques minutes de plus avant de jouir presque simultanément.

Complètement épuisé, Draco retombe sur moi en soupirant avant de s'immobiliser.

"Draco, ne t'endors pas. Il faut qu'on…"

"Je sais, juste une minute. Je n'en peux plus."

"C'est toi qui as réclamé de le faire une troisième fois, assume mon cœur." Je pouffe en lui caressant le dos avant de réaliser ce que je viens de dire. Draco aussi apparemment, parce qu'il lève la tête et m'observe curieusement.

"Comment est-ce que tu viens de m'appeler ?"

"Euh… mon cœur ? Désolé, c'est sorti tout seul, je ne le dirais plus."

"Non ! Je… j'aime bien, continue. S'il te plaît."

"Ok. Alors… mon cœur, est-ce qu'on peut bouger maintenant ? Il faut que j'attrape ma baguette pour nous nettoyer."

"Oui, okay."

Il descend de moi et s'allonge en grimaçant.

"Ça va ?"

"Oui, tu avais raison, la troisième fois était en trop."

"J'ai de l'onguent dans la salle de bain. Je peux t'en appliquer, si tu veux."

"Je vais le faire moi-même, okay ? Si tu remets un doigt en moi, ça va encore mal finir."

Je ne peux m'empêcher de grogner quand il m'embrasse en gloussant avant de disparaître dans la salle de bain en balançant des hanches.

Oui, ce type aura ma peau, un jour.

.

.

"Est-ce que c'est Malfoy, là-bas ?"

"Malfoy ? Où ça ?"

Tous mes sens entrent en éveil quand j'entends Ron et George mentionner mon petit ami secret à quelques minutes du début du match. En suivant les regards de mon meilleur ami et de son frère, je repère à mon tour le blond qui n'est pas seul. Il est visiblement venu accompagné de deux de ses amis et il est… ouais, magnifique, comme toujours.

"J'ai failli ne pas le reconnaître. Tu es sûr que c'est lui ?"

"Oui, c'est Zabini et Parkinson avec lui, donc par déduction… Harry, tu as vu ?"

"Hein ? Ah oui, Malfoy." Ne pas réagir, ne surtout pas réagir.

"On ne l'a pas vu depuis combien de temps ? Des années, non ?"

"Hum…" Dire la vérité ? Mentir ? Ou me taire ? Oui, c'est mieux de me taire, je pense. Sauf que, bien sûr, James n'a pas eu le mémo, lui.

"Papa ? Je peux aller voir Draco ? Je veux lui montrer ma nouvelle écharpe."

"Euh, oui mon cœur, vas-y. Mais tu reviens après, d'accord ?"

"Super ! Viens Rosie, tu vas voir, Draco il est trop gentil !"

Les deux enfants trottinent vers les trois ex-Serpentard et je peux presque compter jusqu'à trois avant que mes deux amis commencent leur interrogatoire. Surtout, rester zen.

"Est-ce que James connaît Malfoy ?"

"Comment ? Tu l'as revu quand ?"

"Hum, oui, il le connaît. En fait, D- Malfoy est D Black, l'auteur des livres que Jamie adore."

"Tu rigoles ? Je ne savais pas."

"Vraiment ? Je pensais que je t'en avais déjà parlé, Ron."

"Tu le sais depuis quand ?"

"Un moment. C'est le seul descendant des Black qui peut encore utiliser ce nom à part Teddy, alors… Il a commencé à écrire pour Teddy. Apparemment." J'ajoute précipitamment tandis que je sens qu'Hermione et les autres se sont approché pour écouter eux-aussi.

"Et James ? Comment il le connaît ?"

"Je l'ai emmené à une séance de dédicace il y a quelques semaines, Jamie était dingue de le rencontrer et Malfoy a été génial avec lui. Il a aussi fait une lecture à l'orphelinat hier. Il a vraiment changé. Ou alors il a toujours été comme ça et on ne l'avait juste jamais remarqué." Bien, pas du tout louche, Potter.

"On parle bien de Malfoy là, n'est-ce pas ?"

"Oui, on a pas mal discuté ensuite et… il est vraiment sympa." Au lieu de sympa, j'aurais voulu dire tellement d'autres choses comme drôle, bienveillant, merveilleux, sexy… mais sympa, ça marche aussi pour le moment.

"Je commence à m'inquiéter pour toi, Harry."

"Détends-toi, Ron. Tu crois que je laisserais James aller le voir comme ça si je n'avais pas confiance en lui ?"

Tout en disant ça, je regarde le blond accroupi devant mon fils et la fille de Ron et Hermione, visiblement occupé à les écouter parler de je ne sais quoi. Probablement de leurs nouvelles écharpes aux couleurs des Harpies qu'on leur a offertes en arrivant. Draco est souriant, clairement attentif à ce que les petits lui disent.

"J'avoue qu'il a l'air… complètement différent."

"Ouais." Draco lève les yeux vers moi avant de me sourire. "Il l'est."

Une part de moi veut m'avancer vers lui pour le saluer, même si nous nous sommes quittés il y a quelques heures à peine, après le petit déjeuner, mais juste à ce moment-là, le match démarre et je fais signe aux enfants de nous rejoindre.

Ginny est magistrale, comme toujours et les Harpies gagnent haut la main le match sous les acclamations de la foule. Jamie crie probablement plus fort que tout le monde à chaque fois que sa mère attrape le souafle, ce qui nous fait tous rire et il saute partout quand l'attrapeuse de l'équipe attrape le vif d'or et que la fin du match est sifflée. Je suis bien content de ne pas l'avoir ce soir, il va être impossible à coucher.

Nous discutons tous vivement le temps de quitter les gradins pour aller attendre Ginny à la sortie des vestiaires et ce n'est qu'une fois en bas que je repère de nouveau Draco. Lui aussi a encouragé l'équipe de mon ex-femme pendant le match et c'était une chose assez étrange à voir puisqu'à Poudlard, nous n'étions jamais pour les mêmes équipes et nous sommes même férocement battus plusieurs fois sur le terrain. Tout à coup, penser à Draco sur son balais, ses cheveux d'habitude plaqués contre son crâne volant au vent, un air de bonheur sur son visage d'ado me fait frissonner. C'est exactement cet air qu'il arbore aujourd'hui. Tous les jours, dans toutes les circonstances. Alors qu'avant, seul le Quidditch ou presque semblait le rendre un tant soit peu heureux, maintenant il l'est à tout moment. J'aurais aimé connaître ce Draco, à l'époque. Je suis sûr qu'un tel sourire de lui m'aurait fait craquer en une seconde et ça aurait tout changé.

Sans trop réfléchir, je m'avance vers lui à travers la foule, un sourire aux lèvres, confiant, jusqu'à ce que je sente le regard de mes amis sur moi, puis des siens et, enfin, d'autres personnes autour. Merde, où es-tu passée, confiance bénie ?

"Salut Potter. Beau match, non ? James a eu l'air d'apprécier."

Encore une fois, c'est lui qui me sauve avec son ton enjoué et détaché sur lequel je me cale instinctivement avant de serrer sa main tendue. Un frisson remonte le long de mon bras jusqu'à ma colonne vertébrale. Merlin...

"Salut Malfoy. Oui, les filles se sont bien débrouillées. Je plains Gin qui va devoir le coucher."

"J'imagine, oui. Tu te souviens de Pansy et de Blaise ?"

"Oui. Salut." Je serre la main de ses deux amis, me retenant de rire devant leur air ahuri. Les miens qui sont toujours derrière moi sont probablement dans le même état, de toute façon. "Je ne te présente pas les autres non plus."

"Effectivement." D'un signe de la main, il salue Ron, Hermione et les autres, mais je devine au très léger écarquillement de ses yeux que quelqu'un s'approche. Paniquerait-il, lui aussi ?

"Malfoy, c'est un plaisir de te revoir. Ça fait un bail."

Il serre à son tour la main que lui tend Hermione, son sourire un peu moins assuré. "Quelques années, effectivement."

"Harry nous a dit que tu es responsable de l'obsession de notre fille pour un certain sorcier nommé Loulou."

"Jamie me l'a présentée avant le début du match, elle est adorable. Et elle a l'air aussi maligne que sa mère."

"J'espère bien, sinon ç'aurait été la faute de Ron bien sûr."

"Ça va de soi."

Derrière nous, Rose se met à crier, visiblement contrariée par quelque chose et nous nous retournons quelques instants, ce qui laisse le temps à James de se faufiler entre nous et de sauter sur Draco avant de commencer à déblatérer tout un tas de choses auxquelles je ne fais pas vraiment attention.

"Draco ! Tu as vu le match ? C'était génial, hein ? Tu m'as entendu crier ? Maman est la meilleure, hein ? Je te l'ai bien dit ce matin, mais tu voulais pas me croire. Hein, Papa qu'il voulait pas ?"

Okay, ça je l'ai entendu. Ou alors mon cerveau me joue des tours ? Non, il a bien dit ce que je crois qu'il vient de dire, ça ne fait aucun doute vu le regard mi horrifié mi gêné de Draco et le hoquet de surprise quasi simultané d'Hermione et de Pansy. Blaise, lui, se contente de sourire, satisfait. Est-ce qu'il n'a pas compris ? Ou alors peut-être savait-il ? Draco lui a tout dit alors que je voulais rester discret ? En même temps j'en ai moi aussi parlé à Ginny, alors... oui, mais c'est mon ex-femme et elle sait déjà que je suis gay. Pas Zabini. Et s'il décidait d'aller parler à la presse ? Je sens mon visage se refermer et m'empresse de me retourner quand James repère sa mère derrière nous et fonce vers elle en criant. Je n'ai pas envie de penser à ça maintenant. Il vaut mieux éviter de faire un scandale devant tant de monde.

"Ne crois pas que tu vas t'en tirer comme ça, Harry Potter." Me chuchote Hermione en gloussant.

"Je ne vois pas de quoi tu veux parler."

"Mais bien sûr. James a parlé du match à Malfoy à une autre dédicace, ce matin ? Et puis, il l'appelle déjà Jamie ? Intéressant."

"S'il te plaît, Mione."

Elle s'arrête, me tire par la manche pour m'obliger à faire de même et à la regarder. "Hey, je ne dirais rien, Harry. Tu le sais, n'est-ce pas ?"

"Je sais." Je soupire avant de risquer un coup d'œil vers Draco qui me regarde, perplexe et inquiet.

J'ai envie de retourner à ses côtés et de lui parler, de lui demander si oui ou non il en a parlé à quelqu'un. Et si c'était le cas ? Qu'est-ce que ça ferait ? Je ne peux pas lui interdire de parler de notre relation à ses amis, ce serait cruel de ma part. Et puis il sait à quel point ça me stresse et il ne me ferait pas ça s'il n'avait pas entièrement confiance en Blaise. D'ailleurs moi aussi, je lui fais confiance, non ?

En partie rassuré, je me risque à lui faire un petit sourire et le soulagement envahi immédiatement son visage avant qu'il me retourne mon sourire. Parfait, c'est tout ce que j'avais envie de voir.

Comme à chaque fois après un match, nous nous retrouvons tous au Chaudron Baveur pour boire un verre et fêter ça. Ou deux. Ou trois. Enfin, je bois un peu trop, quoi et c'est titubant que je retourne chez moi, soulagé et satisfait d'avoir échappé à Hermione et à son interrogatoire toute la soirée. Bon, elle a exigé qu'on déjeune ensemble dans la semaine, donc je vais forcément y passer, mais au moins elle n'a pas insisté pour en parler devant les autres. Une chance qu'elle soit la seule parmi mes amis à avoir entendu James.

Dans le brouillard alcoolisé de mon cerveau, je manque presque le hibou perché devant la fenêtre du salon et grogne en allant lui ouvrir.

"Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Je te préviens, si c'est pour le boulot tu vas devoir attendre."

Mais ce n'est pas pour le boulot. Sur un petit bout de parchemin, je découvre quelques mots dans une écriture élégante que j'ai l'impression de connaître et qui me font frissonner d'anticipation.

Si ça te dit, ma cheminée est ouverte.

101 Wood Lane, Londres.

D.

Draco.

Je ne suis encore jamais allé chez lui comme on se retrouve à chaque fois ici, chez moi. Alors cette invitation... en temps normal, je lui aurais proposé de se retrouver un autre jour parce que j'ai trop bu ce soir et que je ne veux pas lui imposer... ça, mais à la simple pensée d'aller chez lui, j'en oublie toute bienséance et escalade les marches quatre à quatre pour aller prendre une douche, me changer et prendre quelques affaires pour demain, avant de sauter dans la cheminée.

Draco est installé dans un grand canapé blanc quand j'arrive, un livre à la main duquel il lève le nez à l'instant où j'arrive.

"J'ai cru que tu ne viendrais pas."

"Désolé, je viens de rentrer. On a été boire un verre." Je titube hors de l'âtre, le faisant pouffer.

"Juste un ?"

"Non. J'ai un peu trop bu, désolé."

Draco pose son livre et se lève avant de marcher vers moi. "Est-ce que tu veux une tasse de thé ? Tu as mangé ?"

"On a grignoté au Chaudron Baveur."

"Si tu as mangé leur horrible soupe aux pois, je ne te laisserais pas m'embrasser."

"Je ne sais pas ce que c'était, mais ce n'était pas de la soupe. C'était plutôt bon. Baiser ?" Son sourire me suffit pour me pencher vers lui et réclamer ses lèvres. "J'en ai eu envie toute la journée. C'était une torture de t'avoir sous la main pendant tout le match sans pouvoir te toucher ou t'embrasser. Je commence à regretter mes choix."

Un gloussement me répond et il me conduit dans la cuisine de l'autre côté de la cheminée. Un long îlot central en bois et en marbre trône au centre de la pièce et Draco le contourne pour aller préparer du thé.

"Tu n'as rien à regretter. C'était plutôt marrant de faire comme si on ne sortait pas ensemble devant les autres, tout à l'heure. Enfin, avant que ton fils s'en mêle, bien sûr."

"Merlin, j'ai failli m'étrangler ! J'aurais dû lui rappeler que c'était un secret, mais on était à la bourre ce midi."

"Ta tête était hilarante. Est-ce que Granger t'a dit quelque chose ?"

"Qu'on allait en reparler. Mais je sais qu'elle a compris. On doit déjeuner ensemble dans la semaine et la connaissant, je vais vite passer aux aveux."

"Désolé."

"Non, ne t'en fait pas. Mes amis sont au courant que je suis gay. J'espérais juste te garder pour moi tout seul un peu plus longtemps. Sinon..." J'hésite à continuer mais malgré la confiance que j'ai en lui, cette question me taraude depuis la fin du match. "Est-ce que tu en as parlé à quelqu'un ? De nous, je veux dire. Zabini n'avait pas l'air surpris."

Un éclair de compréhension passe dans le regard de Draco. "Alors c'est pour ça que tu as eu l'air si... énervé ? Tu t'es complètement renfermé pendant une minute tout à l'heure, j'ai cru que... tu as pensé que je leur avais parlé de toi."

"Oui." J'avoue après une seconde. "Ensuite, je me suis rappelé que j'avais confiance en toi et que si tu leur as tout dit, c'est qu'il n'y a aucun risque."

"Je leur ai dit que je voyais quelqu'un. En fait, ils l'ont deviné, surtout Blaise qui me connaît plus que n'importe qui. Mais je ne leur ai pas dit qui. Je te le jure. Ils ont compris à cause de ce qu'a dit James. Enfin, Blaise un peu avant ça, apparemment. Une histoire de regards suspects entre nous pendant le match."

"C'est vrai qu'ils étaient très suspects, ces regards." Je le déshabillais littéralement des yeux. Il faut dire que son pantalon lui moulait les fesses à merveille. "Qu'est-ce qu'ils ont dit ? Ils sont choqués ?"

"Pas vraiment. Ils sont plus choqués de ne pas l'avoir su avant, à vrai dire. Ils savent que j'étais attiré par toi à Poudlard, donc..."

"Et du fait que je sois gay, moi aussi."

"Ça, ça les a surpris, c'est vrai. Mais ils sont surtout contents pour moi. Pour nous. Ils ne diront rien, Harry. Je te le promets." Me rassure-t-il avec un sourire.

"Je sais. Ils sont tes amis et tu leur fait confiance. Ça me suffit."

"D'accord. Qu'est-ce que tu vas dire à Granger ?"

"La vérité. Oh, et Ginny le sait aussi. Depuis le début, en fait."

"Quoi ? Comment ça se fait ?"

"Elle m'a grillé à cause de James. Encore. Il lui a dit que j'avais un amoureux et que tu avais dormi dans mon lit la première nuit. Ce gosse va finir par me tuer."

"Alors comme ça, tu as un amoureux, hein ?"

Je me fige avant de grogner. Pourquoi est-ce que j'ai dit ça, franchement ? "Oui, enfin c'est lui qui a dit ça, hein."

"Parce que je ne suis pas ton amoureux ?"

Malgré son air taquin, je devine la question bien plus sérieuse là-dessous. Quels sont mes sentiments pour lui, au juste ? On sort ensemble depuis quoi ? Deux semaines ? Au bout de deux semaines, on ne peut pas encore parler d'amour, pas vrai ? Et pourtant, une part de moi sait déjà que ce que je ressens pour lui en est très, très proche. Comme je ne réponds rien, Draco se contente de rire légèrement et de nous servir deux tasses de thé avant de repartir vers le salon.

"Hey." J'attrape doucement son bras pour l'arrêter. Je sens que je devrais dire quelque chose, le rassurer, mais j'ignore comment exprimer ce que je ressens. C'est juste trop flou.

"Harry, tout va bien je rigolais. Après deux semaines, on est encore loin de devoir aborder ce genre de choses. Je trouvais juste ce terme mignon, c'est tout."

"Je sais." Non, je ne sais pas et, encore une fois, Draco sait exactement quoi dire pour me rassurer et m'apaiser.

"Est-ce que tu veux regarder un film ? Tu commences à quelle heure, demain ? Est-ce que tu dois repasser chez toi ?"

"Neuf heures. J'ai pris des vêtements de rechange, donc je pourrais partir directement d'ici. Si ça te va, bien sûr."

"Ça me va parfaitement. Alors ? Film ?"

"Okay. Tu as une télé depuis longtemps ?"

"Quelques années. C'est une de ces choses Moldues qu'il est facile d'adopter. Je pourrais passer des journées entières sur le canapé à regarder des conneries. C'est très mauvais pour le business."

"Je limite un peu, à cause de James parce que ça l'énerve. Sauf quand il est malade. Là, je l'autorise à regarder des dessins animés et la plupart du temps il s'endors devant."

"Il doit être adorable dans ces moments-là. Ça n'a pas été trop grave, d'ailleurs ?"

"Non, la fièvre est tombée rapidement et il est retourné à l'école jeudi."

"Tu es resté avec lui ? Et le boulot ?"

"Walter m'a envoyé quelques dossiers, sinon j'ai rattrapé mon retard les deux autres jours. Je ne voulais pas laisser Jamie tout seul ou avec une baby-sitter. Il n'est pas souvent malade, alors je peux bien me le permettre le peu de fois où ça arrive."

"Tu es un père génial, tu sais ?"

Je l'embrasse sur la joue pour le remercier puis il lance un film que nous regardons tranquillement tout en le commentant de temps en temps... jusqu'à ce que je m'endorme lamentablement au beau milieu. Tel père tel fils, j'imagine. C'est un mouvement de Draco alors qu'il tente de s'extirper de mon étreinte qui me réveille. Je grogne, cligne des yeux et réalise que le film est fini.

"Mince, je me suis endormi ?"

"Oui, il y a une bonne demi-heure."

"Désolé."

"Ne t'en fait pas. Allons nous coucher, tu seras mieux au lit."

"Tu vas rire, mais... je n'ai pas pris de pyjama."

"Mince alors. Tu veux que je t'en prête un ?"

"Ou alors tu peux me tenir chaud ? Chacun son tour."

La chambre de Draco est grande et joliment décorée, avec une immense fenêtre, un dressing et une salle de bain attenante. Simple et chaleureuse, elle lui ressemble. Pour la première fois depuis que nous sommes ensemble, Draco et moi nous endormons dans les bras l'un de l'autre sans aller plus loin et, franchement, être juste ensemble sans aucune sollicitation sexuelle est une sensation encore meilleure.

.

.

Les semaines suivantes passent à une vitesse folle.

Comme prévu, Hermione m'a cuisiné en bonne et due forme et j'ai tenu à peine quelques minutes avant de tout lui avouer. Je ne suis même pas certain d'avoir cherché à résister, à vrai dire, probablement parce que j'avais besoin de ma meilleure amie et de ses conseils. Est-ce que je suis dingue de sortir avec Draco Malfoy ? Est-ce que mes sentiments grandissants pour lui sont normaux ? Est-ce que je devrais essayer de ralentir les choses ? Et le public ? Peut-être est-il temps de m'afficher enfin et de ne plus avoir peur inutilement. Je me pose toujours des questions, bien sûr, mais elle m'a beaucoup aidé et rassuré.

Cette semaine-là, Draco et moi avons dormit ensemble presque toutes les nuits, soit chez lui, soit chez moi. Puis, j'ai récupéré James le dimanche et nous avons de nouveau ralentit le rythme. Ce n'est pas que je ne veux pas que mon fils nous voie ensemble, mais je préfère limiter ces moments pour ne pas trop le perturber. Ginny a raison, s'il s'attache trop et que les choses ne se passent pas bien, il sera affecté et s'il y a bien une chose que je veux éviter c'est que mon fils souffre à cause de moi. Ça n'a pas l'air de déranger Draco ou, en tout cas, il dit comprendre mais je sais que ça ne pourra pas être indéfiniment le cas. Malgré toute sa patience et sa compréhension, il va finir par se lasser et ce serait normal.

En attendant, je profite de chaque instant avec lui quand je le peux et avec James quand il est avec moi et, pour le moment, ça fonctionne.

Les vacances de Noël approchant à grand pas, nous commençons tous à faire des plans pour les réveillons de Noël et du Nouvel An. Heureusement pour moi, je suis toujours considéré comme faisant partie de la famille Weasley malgré le divorce et suis donc invité comme tous les ans au dîner de Noël chez Molly et Arthur. Ça nous permet à Ginny et à moi de profiter tous les deux de James pour la soirée et la traditionnelle distribution des cadeaux. Puis le vingt-cinq, James et moi iront à l'orphelinat pour déjeuner avec les enfants et leur offrir des cadeaux à eux aussi. C'est quelque chose que nous faisons tous les ans et qui me tient à cœur, même si j'aimerais faire plus et leur apporter des familles à chacun. On y travaille, mais on devra quand même se contenter de cadeaux plus classiques cette année encore.

Pour le Nouvel An James sera avec sa mère, je pourrais donc prévoir d'aller à une soirée chez des amis, ou en organiser une moi-même mais... disons que j'ai d'autres plans. La frustration de ne pas pouvoir partager Noël avec Draco m'a poussé à faire un truc dingue... et potentiellement désastreux. Je nous ai organisé un séjour en amoureux, comme dirait James, dans un hôtel à New York. Est-ce que je suis dingue ? Peut-être, mais Draco m'a confié pendant qu'on regardait un film qu'il rêvait de voir un jour la boule tomber sur Times Square au Nouvel An et je me suis dit que ça ferait un beau cadeau pour notre premier Noël ensemble. Un peu trop ? Sans doute, mais j'ai très envie de passer ces quelques jours avec lui loin du Royaume-Uni et de ses journalistes.

Parce qu'ils sont plus présents que jamais, j'ai l'impression. Au coin de la rue, dans le parc proche de la maison où je vais avec James, à l'orphelinat ou autour du Ministère... Si bien que nous n'osons plus sortir quand nous sommes ensemble, Draco et moi. Enfin... je n'ose plus sortir. Encore une fois, il va finir par se lasser. Alors pouvoir passer quelques jours totalement libres de se balader main dans la main et de s'embrasser en pleine rue aux douze coups de minuit me paraît une bonne idée.

Le seul problème a été de lui demander s'il était libre pour quelques jours sans éveiller ses soupçons, mais la promesse de nuits entières de sexe et de journées au lit a suffi à l'amadouer suffisamment longtemps pour qu'il m'assure ne rien avoir prévu pour le réveillon. Il n'y a plus qu'à lui offrir le cadeau et voir sa réaction. Bonne ? Mauvaise ? Je serais incapable de le dire.

La vérité, c'est qu'après près de trois mois de relation quasi-secrète, je ne sais pas réellement où nous en sommes, lui et moi. Quand nous sommes ensemble, tout est génial, on s'entend à merveille, on passe des heures à discuter et à rire et le sexe... je n'ai jamais rien connu d'aussi bon auparavant. Mais le reste du temps, j'ai l'impression qu'il est si loin de moi qu'il m'échappe. Les semaines où j'ai James, mon lit me paraît vide et il me manque constamment, j'aimerais qu'il soit avec nous quand on va faire les courses, qu'on puisse se balader dans le parc main dans la main, qu'on dîne ensemble tous les soir puis de coucher James tous les deux avant de nous allonger côte à côte pour la nuit. Je veux qu'il fasse entièrement partie de ma vie et ne pas regretter dans quelques années de l'avoir perdu par lâcheté.

Mais pour ça, je dois me faire violence et arrêter de m'inquiéter du regard des autres et de ce que ces journalistes de malheur pensent de moi. C'est ma vie, pas la leur et qu'ils m'acceptent ou pas, ça ne devrait avoir aucune importance. Ma famille m'accepte. Mes amis m'acceptent. Draco m'accepte et c'est tout ce qui compte.

.

.

Le matin de Noël, je suis réveillé comme il se doit par un James bondissant sur son lit et criant à tue-tête que le Père Noël est passé. Riant, je le fais tomber sur le matelas avec moi et commence à le chatouiller sans merci. Ses hurlements de joie remplissent la maison tandis que mon cœur se gonfle de bonheur. J'aime mon fils plus que tout et je ne manquerais ce genre de moment pour rien au monde.

"Est-ce que tu es sûr que le Père Noël est passé, mon cœur ? Tu as déjà eu beaucoup de cadeaux, hier soir."

"Mais oui, Papa. Je les ai vu depuis l'escalier. Je crois même qu'il y a un vélo."

"Ça c'est impossible. Je suis sûr que tu mens."

"Mais je mens pas, Papa ! Allez, viens voir."

"Hum... je pense que je vais dormir un peu plus longtemps."

"Papa !"

Sa plainte outrée me fait rire et je me lève enfin avant de le suivre au rez-de-chaussée. Il est tellement heureux de découvrir son tout nouveau vélo ainsi que les autres cadeaux que j'ai fait exprès de garder pour ce matin. Ginny et moi avons beau essayer de ne pas trop le gâter, il nous est difficile de faire autrement à Noël. Peut-être est-ce un peu pour compenser notre divorce, même s'il est loin d'en souffrir, ou alors simplement parce qu'on l'aime énormément. Quoi qu'il en soit, entre les cadeaux de la veille et de ce matin plus ceux qui l'attendent chez sa mère, il ne saura plus où donner de la tête.

"Papa, est-ce qu'on pourra aller se balader pour que j'essaie mon vélo tout à l'heure ?"

"Peut-être rapidement avant de partir à l'orphelinat. Tu te rappelles qu'on mange là-bas avec eux, ce midi."

"Oui. Papa Noël leur a pris des cadeaux à eux aussi, pas vrai ?"

"Bien sûr mon cœur. C'est pour ça qu'on ne doit pas y aller trop tard, ils nous attendent pour les ouvrir."

Ses petits yeux s'écarquillent avant de passer du vélo à moi. "Mais... Papa, on ira faire du vélo demain, d'accord. Il faut qu'on aille vite là-bas pour les cadeaux. Jules et Tobby ne peuvent pas attendre."

"Tu es sûr, Jamie ? On peut aller se balader rapidement."

"Non, non. C'est pas juste qu'ils attendent, Papa. Moi j'ai déjà eu plein de cadeaux !"

Parfois, la maturité et la générosité de mon fils m'étonnent et me rendent tellement fier de lui... "Tu as raison, Jamie. Mais il faut d'abord qu'on se prépare, on ne peut quand même pas y aller en pyjama. Va t'habiller, je vais préparer le petit déjeuner rapidement."

"Okay Papa !"

"Mon cœur ?" Je l'interpelle avant qu'il ne monte dans sa chambre comme une flèche et l'attire dans mes bras pour le serrer fort contre ma poitrine. "Je suis fier de toi, Jamie. Et je t'aime très fort."

"Moi aussi je t'aime très fort, Papa. Comme la lune et les étoiles."

"Et toutes les galaxies."

Nous restons comme ça quelques minutes, confortables et apaisés, puis je le pousse vers l'escalier et commence à m'affairer en cuisine.

Il est à peine dix heures quand nous débarquons dans la bibliothèque de l'orphelinat où les enfants sont rassemblés pour écouter une histoire lue par...

"Draco ?"

Le blond lève le nez de son livre quelques secondes, me sourit, puis reprend sa lecture pour le plus grand plaisir des enfants et de James qui va les rejoindre, ravi de revoir son auteur préféré. De mon côté, je reste à observer mon petit ami un moment, puis retrouve les éducateurs et autres employés de l'orphelinat dans la salle commune, une sorte d'immense salon rempli de fauteuils et canapés en tous genres. Au centre de la pièce trône un immense sapin que nous avons décoré tous ensemble il y a quelques semaines, aidés de tous les enfants.

"Harry ! Vous êtes déjà là ? On ne vous attendait pas avant au moins une heure, les enfants sont dans la bibliothèque." La directrice m'accueille avec un grand sourire.

"Je sais, j'en reviens. James est resté avec eux. Il ne voulait pas qu'on soit trop tard et les priver de cadeaux plus longtemps."

"Comme c'est adorable. Vous avez sans doute vu Mr Malfoy, donc. Il a eu la gentillesse de se proposer pour les occuper le temps qu'on dispose les cadeaux autour du sapin."

"C'était prévu qu'il vienne ?" Ma surprise n'est pas feinte, il ne m'en a pas parlé alors qu'on s'est vu il y a quelques jours.

"Il nous a envoyé un hibou la semaine dernière pour nous demander s'il pouvait nous envoyer des livres en cadeaux pour les enfants, et je lui ai proposé de venir pour le déjeuner. Je n'aurais pas dû, c'est ça ? Les enfants l'adorent et..."

"Non ! C'est génial ! Enfin... c'est bien qu'il soit là. Pour les enfants." Merlin, un peu plus et je commençais à bégayer. Ce que cet homme me fait faire... "Je vais vous donner un coup de main pour les cadeaux."

Le sapin est déjà immense mais avec les dizaines de paquets emballés à son pied, la moitié de la pièce est envahie. Une fois notre tâche terminée, nous rejoignons les enfants dans la bibliothèque et attendons que Draco finisse sa lecture pour leur annoncer que le Père Noël est passé dans la salle commune pendant leur absence. L'excitation envahi immédiatement les enfants qui se lèvent et quittent la pièce en courant accompagné d'un James tout aussi excité qu'eux. Je profite qu'il passe à côté de moi pour lui rappeler qu'il n'y a aucun cadeau pour lui sous ce sapin-là, ce qu'il m'assure savoir avant de repartir en courant, me laissant à la traîne derrière.

"Bonjour Mr Potter. Je ne savais pas que les lutins du Père Noël étaient aussi sexy."

Une autre preuve que je suis prêt, je n'ai même pas regardé autour de nous en panique à l'idée que quelqu'un puisse l'entendre.

"Tu n'as pas compris, je suis le Père Noël, pas un lutin."

"Est-ce que ça fait de moi la Mère Noël ?"

La vision qui s'impose dans mon esprit de Draco habillé en Mère Noël sexy me fait grogner. "Tu es impossible."

"Est-ce que je peux t'embrasser ?" Murmure-t-il, son visage à quelques centimètres du mien.

Je fais mine de regarder autour de nous, mais je sais que nous sommes désormais seuls dans la bibliothèque. "Si quelqu'un entre, on pourra leur dire que je te faisais du bouche-à-bouche."

"Très malin, ça. Pourquoi on n'y a pas pensé avant ?"

Amusé, je l'attire vers moi et pose mes lèvres sur les siennes, soupirant de bonheur de retrouver cette sensation. Ça a beau ne faire que quelques jours, il m'a manqué. Comme à chaque fois que l'on est séparés l'un de l'autre, d'ailleurs.

"On devrait rejoindre les autres, ils vont commencer à se demander où on est."

La salle commune est plongée en plein chaos. Partout, des enfants déballent des cadeaux et s'extasient, du papier coloré jonche chaque centimètre carré du sol, des cris de joie, de surprise s'élèvent çà et là. Il me faut un instant pour repérer mon fils dans toute cette foule et je suis ravi de le voir aider l'un de ses amis à ouvrir un paquet, visiblement aussi excités l'un que l'autre à l'idée de découvrir ce que c'est. Chaque enfant a reçu trois cadeaux. Rien de très cher ou extravagant, mais suffisamment pour remplir leurs yeux d'étoiles. Même si ça me fait mal de l'admettre, nous devons remercier les journalistes pour ça. La couverture médiatique qu'ils font de l'orphelinat à cause de moi - ou grâce à moi, selon Draco - motive beaucoup de personnes à faire des dons grâce auxquels nous avons pu gâter les enfants. À ces cadeaux s'ajoutent des livres pour chacun d'entre eux, placés sous le sapin par Draco. Il y en a de lui, bien entendu, mais pas que et ça me fait sourire jusqu'aux oreilles de voir les enfants s'émerveiller devant les livres, autant que devant les jouets.

Nous passons l'heure suivante à aider les enfants à déballer les derniers cadeaux, à monter certains jouets, à lire des histoires, nous discutons avec eux, nous assurons qu'ils sont heureux et satisfaits de ce que le Père Noël leur a apporté, surtout les plus âgés qui sont plus conscients de leur situation et moins affectés par la magie de Noël.

Ensuite, nous déjeunons tous ensemble puis les enfants retournent jouer tandis que les adultes restent à table un peu plus longtemps. Draco et moi sommes assis côte à côte et sa cuisse contre la mienne sous la table a quelque chose de réconfortant, tout comme la vision du petit Elliot endormi dans ses bras. À tout juste deux ans, il est l'un des plus jeunes résidents de l'orphelinat et semble être tombé sous le charme du blond. Et vice-versa.

"Je peux demander à mon éditrice ce qu'elle en pense, mais ça ne devrait pas être dur à organiser. Une lecture par semaine, ça ne demande pas un effort monstre. Et puis si un jour je ne peux pas, il y a d'autres auteurs pour enfants qui seraient sûrement ravis de venir. Ça pourrait d'ailleurs être une bonne idée de varier de temps en temps, les enfants vont finir par se lasser de moi."

La remarque de Draco fait rire tout le monde, mais je me contente de l'admirer. Il vient vraiment de proposer de faire un atelier lecture par semaine à l'orphelinat, là ? Ce mec est parfait. Mon mec.

"C'est génial ce que vous faites pour ces enfants, Draco. Rien ne vous y oblige et, pourtant, vous donnez de votre temps pour eux. Gratuitement en plus."

Le blond hausse les épaules, ses joues se teintent d'une douce rougeur alors qu'il baisse le nez sur la petite bouille endormie d'Elliot. "Ce n'est pas grand-chose. J'aimerais pouvoir faire plus comme vous tous."

"Si Draco vient une fois par semaine, je vais devoir faire l'effort de venir plus souvent, moi aussi. Sinon, je me sentirais coupable."

"Tu peux venir en même temps que moi, tu te mettras dans un coin pour écouter l'histoire. Tu peux même apporter ton doudou, si tu veux."

Je suis à deux doigts de rétorquer que c'est lui, mon doudou. Vraiment à deux doigts et, apparemment, ça se voit car Draco rougit encore plus avant de détourner le regard.

"J'y songerais. Au fait, j'ai reçu un couple en début de semaine qui voudrait passer rencontrer les enfants. Ils cherchent à adopter et pas forcément un très jeune. Ça pourrait être une super opportunité pour un de nos ados, non ?"

"Effectivement. Dites-leur de passer en fin de semaine, s'ils le veulent. Je ferais en sorte de leur présenter tout le monde. Croisons les doigts pour que ça aboutisse, cette fois-ci. Mais je ne vais pas prévenir les enfants, je ne veux pas qu'ils se fassent une fausse joie si ça ne donne rien."

"Ça marche, je vais demander à Walter de vous envoyer leur dossier demain."

Ces derniers temps, les équipes de l'orphelinat et moi avons eu quelques déceptions avec des couples près à adopter et qui, une fois devant les enfants, faisaient marche arrière, préférant attendre un nouveau-né qu'ils pourront élever comme bon leur semble. Je ne leur jette pas la pierre, bien sûr, élever et voir grandir James, surtout les premiers mois, a été l'un de mes plus grands bonheurs. Mais à chaque fois ça brise le cœur des équipes et, surtout des enfants qui voient leurs rêves de famille s'envoler. Je refuse de les faire souffrir inutilement mais malgré nos sélections strictes et nos enquêtes, on ne peut pas forcer des gens à adopter si, au final, ils ne sont pas prêts. C'est la dure réalité de mon métier.

Nous aidons à débarrasser avant de rejoindre les enfants pour passer un peu plus de temps avec eux, puis il est temps de rentrer. James s'est déjà couché tard hier et nous déjeunons chez Andromeda et Teddy demain midi. Comme Draco pars en même temps que nous, nous quittons tranquillement les murs de l'orphelinat pour rejoindre la zone de transplanage tandis que James nous raconte sa journée qu'apparemment, nous n'avons pas du tout vécue avec lui.

"Draco ? Tu viens à la maison avec nous ? Je peux te prêter un pyjama, si tu veux."

"Jamie, Draco doit rentrer chez lui, mon cœur."

"Mais je voulais lui montrer mes cadeaux. Et mon nouveau vélo, Papa !"

"James..."

"Mais il vient plus jamais à la maison ! Plus jamais, jamais ! Je suis un gentil garçon, pourquoi il vient plus ? Tu m'aimes plus, c'est ça ? Pourquoi ? On le voit que à l'orphelinat mais il y a les autres enfants et moi, je le vois plus que moi tout seul. Je crois qu'il m'aime plus."

Les grosses larmes qui coulent sur les joues de mon fils et ses sanglots malheureusement parfaitement compréhensibles me brisent le cœur. C'est seulement à ce moment que je réalise qu'en voulant le protéger, j'ai réussi à faire souffrir James. En le tenant à l'écart, j'ai juste égoïstement gardé Draco pour moi sans tenir compte des sentiments de mon fils. Dépité par mon propre comportement, je tombe à genoux devant James et le prends dans mes bras.

"Mon cœur... je suis tellement désolé. Bien sûr que Draco t'aime toujours, ça ne fait aucun doute. Il n'y est pour rien, mon trésor, c'est moi qui ai décidé qu'il valait mieux qu'il ne vienne pas trop souvent à la maison."

"Tu veux pas qu'il vienne ?"

"Si, au contraire j'aimerai qu'il soit à la maison tout le temps avec nous, mais... c'est compliqué, Jamie. Disons que Draco et moi on s'aime très, très fort, mais c'est juste le début et on ne sait pas encore si on va s'aimer fort très longtemps ou juste un petit peu. Et plus tu vois Draco, plus tu l'aimes, pas vrai ?" Il hoche la tête en reniflant, ses grands yeux verts fixés sur moi. "Eh bien j'avais peur que tu finisses par l'aimer beaucoup et que, si lui et moi on ne s'aime plus, tu sois triste parce qu'il ne sera plus là. Tu comprends ?"

"Oui, je crois. Mais, tu l'aimes beaucoup, beaucoup toi aussi, non ?"

Je lève les yeux, tombant dans ceux de Draco avant de continuer, prudent. "Oui, effectivement."

"Alors toi aussi tu seras triste s'il n'est plus là."

"Oui, mon cœur. Mais je préfère être triste plutôt que ce soit toi. C'est pour ça qu'on attendait un peu, on voulait être sûrs pour que tu ne sois pas triste."

"Et maintenant, vous êtes sûrs ?"

"Moi, oui."

James se détache de moi et se tourne vers le blond. "Et toi, Draco ? Tu es sûr ?"

Je regarde les émotions défiler sur le visage de mon petit-ami sans oser les interpréter. C'est une bonne question, ça. Est-ce qu'il est sûr ? Mais sûr de quoi, au juste ? Finalement, Draco s'agenouille à son tour, son visage à la hauteur de celui de James.

"Oui, Jamie. Je suis sûr. Et je suis aussi sûr que je t'aime très fort, je ne veux pas que tu en doutes. Si j'avais un petit garçon moi aussi, je voudrais qu'il soit exactement comme toi. Sauf les cheveux, je voudrais qu'il ait les miens et pas ceux de ton père." Je le bouscule d'un coup d'épaule, juste par principe. "Ton papa a raison, on devait prendre notre temps et être prudent, on voulait te protéger, tu sais ? Mais on n'a pas pensé que tu serais triste de ne plus me voir. Je suis désolé."

"Moi aussi je suis désolé, Jamie. Je te promets que Draco va pouvoir venir à la maison quand il le voudra, maintenant. Même si c'est juste pour te voir et que ça rend papa jaloux."

Le petit garçon glousse et le sourire revient sur son visage.

"Écoute, et si vous veniez chez moi, tous les deux ? Je crois que le Père Noël a laissé un paquet ou deux pour vous sous le sapin."

"Vraiment ?" James tourne ses grands yeux vers moi, plein d'espoir. "Papa, on peut ? S'il te plait..."

"Bien sûr qu'on peut. Pour dîner ?"

"Vous pouvez même rester pour la nuit, il y a une chambre prête pour James."

"Okay. On doit juste passer prendre des affaires à la maison."

"N'oublie pas ton pyjama."

Une fois à la maison, je remplis un sac avec nos affaires pour la nuit et des vêtements de rechange pour demain, puis je récupère les cadeaux prévus pour Andromeda et Teddy, ainsi que celui de Draco. J'ai hâte de le voir découvrir ma surprise et j'espère que ça lui plaira. Sinon, la soirée risque d'être étrange. En même temps, on vient plus ou moins de s'avouer qu'on s'aime devant mon fils, donc la soirée va être étrange quoi qu'il arrive.

"Viens Jamie, je vais te montrer ta chambre !" Déclare le blond dès notre arrivée.

Je suis Draco et James à travers l'appartement, ravi de découvrir la chambre que Draco a préparée avec soin pour lui. Comme le reste de l'appartement, elle est magnifique et lumineuse, avec un lit d'enfant trônant contre le mur, un joli bureau blanc et une bibliothèque remplie de livres en tout genre. Mais ce qui attire tout de suite le regard de James, ce sont les jouets posés sur le sol, au milieu de la pièce.

"Des jouets ! Je peux jouer avec ?"

"Bien sûr, ils sont pour toi."

"Trop bien !"

Je jette un œil dans la salle de bain attenante. "Tu peux jouer un peu, James, mais il faut que tu prennes un bain avant de manger. Je ne veux pas que tu te couches trop tard, ce soir."

"Oui, Papa. Cinq minutes, d'accord ?"

"Tu peux jouer un peu plus que cinq minutes, mais quand je dis qu'il est l'heure du bain, je ne veux pas de grognement, d'accord ?"

"Okay."

À son ton, je sais déjà qu'il n'est plus tout à fait parmi nous et qu'il y aura probablement des grognements quoi qu'il arrive.

"Tu veux un verre en attendant ?" Me demande Draco en retournant dans le salon.

"Oui, je veux bien. Tu veux de l'aide pour préparer le dîner ?"

"Regarde dans le frigo, j'avais du poulet je crois. Et il doit y avoir de quoi préparer une salade."

"Attends." D'un mouvement, je le coince entre mon corps et le comptoir de la cuisine, puis j'écrase mes lèvres sur les siennes. Rapidement, sa langue envahi ma bouche tandis que ma main glisse sous sa chemise. "J'ai tellement hâte de t'enlever ces vêtements. Je t'imagine habillé en Mère Noël sexy depuis ce matin, c'est une torture."

"J'imagine. Vous avez un esprit très tordu, Mr Potter."

"C'est toi qui tords mon esprit, ne te plains pas."

"Loin de là. Harry..." Il s'éloigne légèrement et plante son regard dans le mien. "Est-ce qu'on peut parler de ce qui vient de se passer ? Ce que tu as dit à James tout à l'heure, je veux dire, à propos d'être sûr que..."

"Je t'aime." Okay, ce n'était pas censé sortir comme ça. Ce n'était pas censé sortir du tout, en fait.

"Q-quoi ?" Draco me regarde, les yeux écarquillés.

"Hum... Ce n'est pas ce que je voulais... enfin, si. Mais... bon sang." Je soupire et me recule pour m'appuyer sur l'îlot central derrière moi, la tête baissée. "Je ne voulais pas le dire comme ça aussi... bêtement. Mais le résultat est le même." Faisant appel à mon courage de Gryffondor qui semble me faire défaut ces derniers temps, je lève les yeux vers lui pour affronter son regard. Génial, il a l'air aussi perdu que moi. "Je suis amoureux de toi, Draco. Je pense que ça fait déjà un moment mais... j'avais peur."

"Peur de quoi ?"

"De tout gâcher, de me tromper. Peur de te perdre et de souffrir. Tu peux barrer les mentions inutiles."

"Harry..."

"Je sais que je suis un crétin et un lâche et que tu en as probablement marre d'attendre que je sois prêt, mais je t'aime. Ça j'en suis sûr. Et je pense que, justement, je suis prêt à le dire. Enfin, je ne compte pas faire une annonce ni rien d'officiel, mais j'en ai marre de me cacher et de mentir et... ouais, j'ai surtout peur de te perdre."

"Harry, tu ne me perdras pas. Ne fait pas ça uniquement parce que tu penses que je te quitterais sinon."

"Ce n'est pas le cas. J'ai vraiment envie de le faire, j'ai vraiment envie d'être avec toi et pas seulement entre les quatre murs d'une chambre, même si c'est très chouette. Tu me manques quand on n'est pas ensemble et quand on l'est et que je ne peux pas te toucher parce qu'il y a du monde autour, c'est pire que tout. Je veux pouvoir t'embrasser où et quand j'en ai envie sans stresser de ce que les autres pensent. C'est ma vie. Notre vie et ça ne devrait pas avoir d'importance."

J'observe anxieusement Draco, attendant une réaction de sa part. Joie ? Gêne ? Déception ? J'aurais dû faire ça bien avant, il est peut-être trop tard.

"Est-ce que je peux répondre, maintenant ?" Je me contente de hocher la tête avant d'accueillir ses lèvres sur les miennes. "Je t'aime aussi, Harry. Et, moi, je suis sûr que ça fait un moment. Depuis le début, en fait."

"Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?"

"J'attendais que tu sois prêt. Je ne voulais pas te brusquer et... oui, moi non plus je ne voulais pas te perdre. J'adore ce qu'on a, toi et moi. Et inclure James est ce qu'il manquait, je pense. Mais je n'ai pas besoin que tout le monde le sache si tu n'es pas prêt, ça me va très bien de t'avoir rien qu'à moi encore un peu plus longtemps même si, c'est vrai, te tenir la main dans la rue serait sympa. Et je veux te présenter à mes amis officiellement. Et à ma mère, ça fait des semaines qu'elle me harcèle pour savoir qui est mon mystérieux amant."

"Ta mère me terrifie. Même Godric Gryffondor lui-même n'aurait pas le courage de l'affronter."

"Courage, mon petit lion, elle va t'adorer. Après t'avoir mis en garde contre tous les malheurs qui t'attendent si tu me fais souffrir, bien sûr. Et elle va adorer James."

"Et Lucius ?"

"Lui aussi va l'adorer. Toi, il risque d'avoir plus de mal. Mais il n'a pas le choix, alors..."

"Est-ce qu'on va vraiment faire ça ? Est-ce qu'on va vraiment officialiser notre relation ?"

"Je crois bien, oui."

"Je t'aime."

Un doux sourire se forme sur les lèvres de Draco. "Moi aussi, je t'aime."

"Papa ?" La petite voix de James résonne derrière nous, interrompant le baiser dans lequel nous venons de nous lancer.

"Oui, mon cœur ?"

"Est-ce que c'est Draco qui peut me donner mon bain ?"

Le blond et moi échangeons un regard complice. "Si tu veux, Jamie. Je prépare à manger pendant ce temps-là. Son shampooing est dans le sac que j'ai posé sur son lit."

"Ça marche. Tu vas voir Jamie, je connais un sort pour remplir la baignoire de bulles."

Je lève les yeux au ciel, attendri. Ça m'avait manqué de les voir ensemble, tous les deux. Tenir James éloigné a été une erreur. En voulant le protéger, j'ai seulement réussi à le faire souffrir et pour ça, je me sens minable. Mais... Draco m'aime. Il est amoureux de moi autant que je le suis de lui. Ça fait un moment que je me doute de mes sentiments, mais la peur m'a empêché d'être rationnel et d'écouter mes émotions, de les interpréter. J'aime cet homme, j'en suis dingue et ça ne fait aucun doute. Il n'y a qu'à voir à quel point il me manque quand il n'est pas avec moi ou comment un sourire de lui me fait réagir. Il n'y a pas que du désir, je le comprends maintenant. C'est de l'amour, le vrai, celui que je n'ai jamais ressenti, même avec Ginny.

.

.

"Qu'est-ce que tu fais, demain midi ?" Je demande à Draco, le souffle court. Nous venons de faire l'amour et j'ai un peu de mal à m'en remettre. L'entendre me dire je t'aime alors que j'étais enfoui au plus profond de lui m'a fait un de ces effets... je ne me souviens pas avoir joui aussi fort de toute ma vie.

"Rien, pourquoi ?"

"Est-ce que tu veux venir avec nous chez Andromeda ? Elle nous a invité à déjeuner."

"Tu es sûr ?"

"Oui. Je n'ai pas envie de te quitter tout de suite. Et puis c'est Andy, elle nous adore et sera juste ravie pour nous. C'est un bon entrainement, je pense."

"Pas faux."

"Au fait, j'ai failli oublier !" Je m'extirpe du lit et trottine jusqu'au sac que j'ai préparé avant de partir de la maison, puis je retourne au lit, une enveloppe à la main.

"Qu'est-ce que c'est ?"

"Ton cadeau de Noël."

"Tu m'as déjà offert un cadeau. L'écharpe, tu te rappelles ?"

"Non, ça c'était un cadeau brouille-pistes."

"Brouille-pistes ? Je ne comprends pas."

"C'est un petit cadeau un peu minable pour brouiller les pistes et te laisser croire que c'est mon cadeau de Noël alors qu'en fait, le vrai cadeau est là, dans cette enveloppe."

"J'aime beaucoup ton écharpe, elle n'est pas minable du tout."

"Certes, mais à côté de la montre que tu m'as offerte, elle est minable. Heureusement que j'avais prévu de t'offrir ça en plus, sinon je serais gêné."

"Tu sais que ce n'est pas une compétition, pas vrai ?"

"Je sais. Mais ouvre quand même pour voir si j'ai gagné. Ce dont je suis sûr."

Draco est clairement dubitatif quand il ouvre l'enveloppe et en sort des billets pour un Portoloin et une réservation d'hôtel.

"New York ?" Bégaye-t-il après avoir lu le contenu de la réservation. "Quoi ?"

"Si tu es d'accord, on part quelques jours à New York toi et moi pour y passer le nouvel an. Ça te dit ? On pourra regarder la boule tomber à Times Square et s'embrasser aux douze coups de minuit devant tout le monde. On ira à Broadway aussi et en haut de l'Empire State Building. Ou on restera dans notre chambre d'hôtel, peu importe. Tout ce que je veux, c'est être avec toi pour la fin de cette année et le début de la nouvelle. Mais si tu veux rester ici, pas de soucis, on ira une autre fois." Je fais mine de vouloir récupérer les billets qu'il éloigne de moi d'un grand geste.

"Non, hors de question ! Je veux aller passer le Nouvel An à New York avec toi. N'imagine même pas revenir en arrière !"

Son air faussement furieux me donne envie de rire. "Je n'oserais pas, mon cœur. Alors on part samedi et on rentre mercredi. Ça va pour toi ?"

"Parfait. Mais ça ne va pas chambouler votre planning, pour James ?"

"Je me suis arrangé avec Ginny, ne t'en fait pas. Je vais simplement le déposer plus tôt que prévu pour sa semaine avec elle et j'irais le voir en rentrant pour que ça ne fasse pas trop long jusqu'au dimanche suivant."

"Trop long pour lui ou pour toi ?"

"Les deux."

"Si je n'étais pas aussi fatigué, je te dirais de me refaire l'amour."

"Tu peux te reposer et me laisser faire tout le boulot, si tu veux."

"Est-ce que tu me demandes de faire l'étoile de mer, là ? Je pensais que vous aviez plus de classe que ça, Mr Potter."

Pour me venger, je m'échine à le faire hurler de rire en lui chatouillant les côtes qui sont, comme je l'ai découvert par un heureux hasard, l'un de ses points faibles. La torture dure quelques minutes jusqu'à ce qu'il rende les armes et m'accueille de bon cœur entre ses jambes. C'est doux, beau, rempli d'un amour tût depuis bien trop longtemps. Je chéris son corps du bout des doigts et de la langue, il m'entraîne avec lui dans un monde de désir et de volupté, un monde qui, au couvert de la nuit, n'appartient qu'à nous. Puis nous nous endormons dans les bras l'un de l'autre avec la sensation que rien au monde ne pourra atteindre notre bonheur.


À très vite pour la troisième et dernière partie !