Hello ! Cet OS est écrit dans le cadre de la Nuit du FoF, où on avait une heure pour rédiger sur le thème Noce.

Bonne lecture !

Pour le pire et pour le pire

C'est quel anniversaire de mariage, les noces de flammes ?

Il y a quatre ans entre hier et aujourd'hui, et j'ai signé le contrat pour-la-vie et par-amour.

J'ai pris œil de faucon comme on prend un nouveau nom. Un mariage au ralenti.

J'ai brûlé mon dos comme j'ai renoncé à mon père — et de prendre tout dans le désordre, ça ne me ressemble pas.

Mais c'est comme un mariage.

On signe, j'ai signé en bas de la page et j'ai promis, et j'ai mis le vêtement qui voulait dire j'appartiens, mais pas à toi, pas à moi, je me suis donnée et on m'a prise, engagée, on dit, en Drachma, engaged, c'est si semblable, et rien d'autre pour dot qu'une dette.

Ma lune de miel est une lune de boue, Colonel, de papier et de marche au pas. Les tambours frappent la première danse, on se présente, on s'avance. J'épouse mon pays, ou votre idéal, ou la mort — je la tiens dans la main, je ne la connais pas encore.

C'est un mariage à l'ancienne à la nuit de noces on fait couler le premier sang. Pas le mien. Jamais le mien. La gâchette au doigt comme une alliance, je me découvre une force interdite. Les canons tonnent comme des feux d'artifice, le voile blanc tombe : j'épouse la Guerre à Ishbal, et je me dis que j'aurais dû savoir.

Pour le mauvais, et pour le pire — parce qu'il n'y a pas besoin de moi pour le meilleur, parce que j'ai appris à tirer, parce qu'il faut qu'il y ait une cible. Dans la paix comme dans la guerre, dans la victoire et dans la défaite, pour le mauvais et pour le pire je promets de t'aider et de te servir, jusqu'à ce que la mort m'emporte.

C'est comme un mariage à l'ancienne, je dis, vraiment, et je creuse une tombe où j'enterre l'enfant que j'ai tué. Je couvre ses yeux, je ne sais plus fermer les miens. Ce sont mes doigts qui sentent la poudre, c'est son sang qui tâche la poussière, c'est injuste de penser que c'est moi que j'enterre.

Mais c'est le lendemain de la nuit de noces, et je veux un témoin. L'enfant laisse place à la femme, et il faut bien, de mon dos, effacer le nom de mon père, je ne suis plus à lui, et je crois qu'il pleurerait de voir ce lever de soleil. Les cendres de ses flammes et la chair de sa chair.

La peau qui brûle marque le début du jour. C'est fait. Je fus promise, je suis donnée.

Des mille visages de l'Armée vous êtes celui qu'on me donne à servir. J'ai signé, j'ai saigné, et me voilà à vous corps et armes.