Chapitre 14

Fragilités

5 ans plus tôt

Raelle se regardait dans le miroir de la chambre, les filles étaient couchées, la nuit était fraîche et l'air de la mer qui entrait par la fenêtre lui donna un petit frisson délicat.

Sa journée avait été difficile et laborieuse mais rentrer enfin à la maison et sentir l'eau d'une douche chaude couler sur son corps lui donnait l'impression qu'au final tout allait bien. Observant ainsi son corps nu dans la glace elle put constater que sa journée d'entraînement avait laissé des marques. Elle avait des bleus au niveaux des cotes et sur ses genoux. Lorsque le mycélium colonisait encore son corps, celui ci la guérissait presque instantanément. Même si elle n'était plus immortelle, les blessures non létal ne l'inquiétait plus.

Aujourd'hui elle se sentait faible et fragile et devait réapprendre à se protéger au combat, à éviter les coups et surtout à ne plus compter sur le sort de destruction.

Elle avait l'impression de redevenir un cadet pour réapprendre à parler la langue mère, affiner ses dons naturel de guérisseuse et retrouver sa place en tant que soldat d'élite haut gradé sans artifices.

Sa femme l'avait rejoint et l'enlaça tout en la regardant dans le miroir. Scylla était son soutien, dans les moments les plus difficile de son traitement elle était là, l'encourageant, prenant même parfois un peu de sa douleur.

Depuis leurs rencontre le regard que Scylla portait sur elle n'avait pas changé. Il était toujours aussi plein de désire et malgré tout ce qu'elles avaient vécu leurs amour n'avait pas vacillé.

« Tu est tellement belle. »

Raelle souriait ses bras enlaçant ceux de Scylla. Malgré la présence de sa femme elle ne pouvait détacher ses yeux de ses bleus. Scylla s'en était aperçut et elle passa délicatement ses doigts sur les côtes de sa femme en l'embrassant délicatement dans le cou. La caresse de ses doigts sur son corps amplifia le frisson qui la parcourait déjà. Ses muscles abdominaux se contractèrent sous l'effet du désire tandis que les tétons au bout de ses seins pointaient doucement. Scylla continuait ses caresses et ses baisers. Raelle se retourna et fit face à Scylla, plongeant son regard dans ses immenses yeux bleu.

« Je t'aime Scylla. »

Raelle posa délicatement ses lèvres sur celles de Scylla, loin de leurs tout premier baisers fougueux et passionnés. Celui ci était délicat comme un pétale de fleur. Puis elle entreprit de déboutonner la chemise de Scylla tout aussi délicatement, elle connaissait chaque détail du corps de sa femme, chaque grains de beauté, chaque cicatrices, elle savait où ses caresses la faisait frissonner et à chaque fois le contact qu'elles avaient peau contre peau, cette sensation de plaisir et de confort ne faiblissait jamais comme ci leurs corps se complétaient totalement et ne formait au final plus qu'un.

Nues debout au milieu de leur chambre, elles s'embrassaient comme deux adolescentes amoureuses se découvrant pour la première fois. Elles restèrent un moment enlacées dans la quiétude de leur chambre.

Les stridulations de criquets, le roulement de vaguelettes en bas du phare, le crépitement du feu dans la cheminée. Tout n'était que douceur.

S'accompagnant mutuellement sur le lit, elles ne cessèrent leurs caresses dans le silence. Elles n'avaient pas besoin de se dire quoi que ce soit.

Scylla prenait soin d'éviter d'être trop brusque lorsque ses mains passaient sur les marques que portait le corps de Raelle, elle la manipulait comme une chose précieuse et fragile même lorsque leurs caressent devinrent plus passionnées, leurs baisers plus intense, rompant le silence de la pièce de gémissements de plaisir. Leurs mains entrelacées cherchant leurs entre jambes l'une l'autre, le mouvement de leurs corps, tout semblaient être chorégraphié de façon délicate. Leurs souffle haletant, cherchant leur respirations entre deux baisers, entre deux spasmes jouissif.

Depuis que Raelle avait subi le traitement contre le mycélium c'était la première fois qu'elle se sentait aussi parfaitement à l'aise dans son propre corps. Se sentant enfin elle même, ne ressentant plus la présence perpétuelle de la matrice sur elle. Elles passèrent une nuit de délicatesse, intense et reposante à la fois.

Lorsqu'au petit matin elle se réveilla, Scylla dormait encore un léger sourire sur ses lèvres entre ouverte, une mèche de cheveux rebelle lui barrant délicatement le visage, sa main mollement posé sur les hanches de Raelle.

Elle profita de chaque seconde de cette vision parfaite de sa femme. Elle savait que rien n'était définitivement acquis et qu'elle avait bien faillit perdre sa femme et que ce risque était encore plus présent aujourd'hui comme une épée de Damoclès suspendu au dessus d'elles.

Comme ci Scylla avait pu sentir les inquiétudes de sa femme, elle ouvrit doucement les yeux. Souffla la mèche de cheveux sur son visage pour l'écarter. Celle ci retomba mollement au même endroit se qui fit apparaître un sourire amusée sur le visage de Raelle qui l'écarta de la main.

« Encore une nuit et un matin parfait, comme à chaque fois que je me réveille a tes cotés. »

« Je pensais la même chose. Et je veux en profiter au maximum. Je voudrais que ça ne s'arrête jamais et me réveiller à tes cotés chaque jours de ma vie. »

« De notre vie. »

« Tu sais que ce n'est pas comme ça que ça marche, on ne peux pas décider de qui vivra le plus longtemps. »

Raelle se sentait particulièrement vulnérable et Scylla le savait. Elle posa les yeux sur le bleu qu'elle avait sur la hanche juste à coté de la main de Scylla qui y passa délicatement le pouce.

« Est ce que tu as mal ? »

« Non ça va, mais je t'avoue que j'ai l'impression de redevenir la Raelle faible et inutile que j'étais en arrivant à Fort-Salem »

« Ne dit pas de bêtise, tu n'as jamais été faible ou inutile, ta mère le savais, je le savais aussi, avant même que la matrice te force à devenir son instrument. »

« Si tu le dis. »

Scylla le lui avait déjà dit plusieurs fois, mais elle n'y croyait pas vraiment et lorsque la matrice l'avait transformée elle s'était senti plus forte et soudainement plus courageuse.

« Hey, chérie on ne va pas revenir la dessus, ce n'est pas le mycélium qui faisait ta force. C'est parce que tu était la plus forte d'entre nous qu'elle t'a choisi. »

Raelle se redressa doucement, ramena ses genoux contre sa poitrine, y posa sa tête et regarda Scylla qui avait surélevée sa tête de sa main.

« J'ai besoin de reprendre confiance en moi, je m'étais tellement reposé sur les facilités que me donnait la fusion. Je dois redevenir forte. »

Scylla prit la main de Raelle et l'embrassa.

« Tu sera toujours ma déesse quoi que la matrice décide de faire, je ne te quitte pas, jamais. »

La façon dont Scylla avait dit cela intrigua Raelle.

« Que veux tu dire ? »

Scylla resta silencieuse, s'allongea sur le dos et regarda le plafond.

« Je ne sais pas Raelle, je veux juste dire que je ne suis pas prête à perdre cette vie que nous avons. Mais que quoi qu'il arrive nous ferons les choses ensemble. Que ce soit une bonne ou une mauvaise décision, si il faut se battre je me battrai, si il faut renoncer alors je renoncerai tant que je reste avec toi. »

« Qu'as tu en tête Scylla, tu ne compte pas lutter contre la matrice ? »

« Je ne sais pas Raelle, si je ne t'avais pas toi et les enfants, je me demanderai si ça en vaudrait la peine. Après tout ce n'est pas quelques choses que tout le monde recherche ? Faire partie de quelques choses de plus grand ? »

Raelle regardait Scylla sans comprendre.

« J'ai l'impression que tu as envie de baisser les bras. On a même pas commençait quoi que ce soit. »

« Jamais, mais je me demandais ce qu'on serai capable d'abandonner pour continuer à vivre, mais quand je t'ai vu abandonner ce pouvoir qu'on a donné sans même prendre le temps de la réflexion, j'ai envie de me dire que devenir de simple humain me suffirait aussi tant qu'on est ensemble. »

« Tu crois qu'on en arrivera à cette extrémité ? »

« Sans doute, Izadora le pense, si on se bat contre la matrice, on se bat contre ce qui fait de nous des sorcières. »

« Alors nous seront de simple civiles, à payer des impôts, à faire des petits boulots sans intérêt, a faire attention a ne pas mourir bêtement en tombant dans l'escalier, sans aucune gloire... »

« La vrai vie ! »

« La vrai vie ! »

Dans la chambre d'à coté, la petite voix de Charlie les sortirent de leurs discutions. Elle réclamait la présence de ses mamans à sa façon bien à elle. Réclamant avec de petit cris d'amusement « Raylla »