Salut! Voici un court chapitre aujourd'hui. J'ai décidé de diviser la partie abordant leurs retrouvailles en deux, car je voulais vraiment explorer le point de vue des deux personnages :)

De plus, je suis très occupé cette semaine à réviser pour un gros examen, mais je vous garantis que le prochain chapitre arrivera sous peu.

Merci beaucoup pour les commentaires, ça m'encourage vraiment de savoir que vous aimez cette histoire :3

Enjoy! xx


Chapitre 12 - Bulma

-Comment ça, on ne peut pas utiliser les chambres de régénération? dit Idris, irritée. Vous avez vu son état? Vous réalisez tout le temps que ses blessures prendront pour guérir?

-Il s'agit d'un ordre de l'Empereur lui-même, lui répondit l'un des deux soldats d'une voix neutre. Il ne doit également pas recevoir de sédatif, ni d'antidouleur. Et la nourriture lui est interdite pendant huit jours. Seule l'eau est permise.

-Pas de nourri… pendant huit jours?! s'offusqua la femme aux longues jambes.

Elle jeta un coup d'œil au soldat blessé, dont le sang continuait de se déverser sur le sol. Elle se demandait probablement comment son corps allait faire pour se régénérer sans recevoir quoi que ce soit de substantiel pour le faire.

-Mais qu'est-ce qu'il a fait pour mettre Frieza dans une aussi grande colère? demanda-t-elle d'une voix faible.

-Aucune idée, répondit un soldat. Mais, c'est un Saiyan, il va s'en remettre.

-Un Saiyan privé de nourriture… ça risque d'être long! s'esclaffa le deuxième.

Bulma, toujours debout et un peu à l'écart devant la table d'examen, écoutait la conversation d'une oreille distraite. Les yeux rivés dans ceux du Saiyan en question, la partie encore fonctionnelle de son cerveau parvint à assimiler certaines informations.

D'innombrables blessures. Pas de chambre de régénération. Pas d'antidouleurs. Et pas de nourriture.

Elle savait que Frieza était dangereux. Elle avait entendu plusieurs histoires à son sujet, toujours plus horribles les unes que les autres. Mais, avec ce soldat blessé assis devant elle, elle avait sous les yeux la preuve indéniable de sa cruauté. Et en imaginant la scène qui avait mené à un tel gâchis, un frisson la parcourut de la tête aux pieds tandis que le mot « torture » s'insinuait doucement dans son esprit.

Bulma, troublée, le cœur battant à tout rompre, battit des paupières à quelques reprises, sans toutefois quitter des yeux l'homme qui se tenait devant elle. De tous les occupants de ce vaisseau, de tous les patients qui auraient pu requérir ses soins pour sa première journée, il avait fallu que ce soit LUI.

Ce soldat qu'elle avait rencontré sur Terre et avec qui elle avait partagé cette intense connexion qui l'avait tant fait chavirer. Celui qui l'avait si facilement envoûté avec ce même regard ténébreux qu'il avait posé sur elle à cet instant. Celui qui lui avait fait perdre la tête, et sur qui elle s'était tout naturellement élancée dans la boîte de nuit pour aller à sa rencontre, plutôt que d'attendre et de se laisser courtiser comme elle avait l'habitude de le faire. Celui avec qui elle aurait tant aimé danser, et qu'elle avait perversement imaginé entraîner dans une petite ruelle de la Cité de l'Ouest pour le laisser la posséder, juste pour le plaisir de sentir son corps musclé contre le sien et d'entendre sa voix grave vibrer dans son cou.

Ce soldat, qui avait vilement participé à la destruction de la boîte de nuit, ainsi qu'à l'effroyable éradication des centaines d'Humains qui étaient venus s'y amuser. Celui qui avait pris part à cette opération visant à l'enlever, elle, mais également Chi-Chi et cette femme aux cheveux marron qui avait été sauvagement forcée à aller travailler dans les Quartiers. Celui qui, dans un élan d'arrogance et de rivalité malsaine, avait confronté Yamcha et que, d'une certaine façon, elle tenait responsable pour sa mort.

Les derniers jours passés dans le dortoir avaient été riches en temps libres. Elle avait donc beaucoup repensé à ce soldat pendant son séjour, se rappelant avec culpabilité et colère leur courte rencontre sur Terre. Elle s'était rappelé ses yeux noirs, ses cheveux en forme de flamme, ses bras démesurément musclés qui l'avaient encerclé devant le bar, cette chaleur grisante qui s'était dégagée de son corps. Et lorsque sa tête n'était pas suffisamment empêtrée dans la luxure que son souvenir lui insufflait, elle s'était également rappelé ce petit sourire suffisant qu'il avait exhibé et qu'elle avait tant détesté, ce calme démesuré qu'il avait affiché lorsque les explosions s'étaient mises à fuser, ainsi que les menaces qu'il avait proférées à son endroit et à celui de son peuple. Et c'est ainsi que les sentiments contradictoires à son égard étaient nés, son souvenir évoquant à la fois l'envie, le désir et la curiosité, mais aussi l'amertume, la rancœur et la fureur.

Étant maintenant un otage sur le vaisseau Impérial, Bulma savait qu'il y avait des chances qu'ils se croisent de nouveau. Elle s'était donc imaginée à plusieurs reprises comment ce serait de le revoir. Tiraillée entre l'envie de lui arracher sa combinaison ou celle de lui arracher la tête, son esprit avait abondamment vagabondé entre les deux options. Elle avait tout de même toujours fini par conclure que les chances de le revoir étaient minces, et que probablement, cet homme conserverait éternellement le statut de fantasme particulièrement excitant.

Mais il était là. En chair et en os, et bien plus réel qu'un simple fantasme.

Bulma était sous le choc. Elle ne s'était pas attendue à le revoir aussi tôt, et surtout pas dans de telles circonstances. Le fait qu'il soit assis sur la table d'examen, SA table d'examen, blessé, haletant, agonisant, et qu'elle était censée être celle qui panserait ses blessures invalidait automatiquement les deux options auxquelles elle avait maintes fois pensé. Il avait besoin de soins, et elle était là, les mains remplies de matériel médical, hypothétiquement prête à les lui octroyer.

Mais la réalité était que la jeune femme, le regard plongé et perdu dans ces deux orbes noirs, était complètement figée. Contrainte par l'incertitude quant au rôle qu'elle devait jouer dans toute cette mascarade, son esprit n'arrivant pas à gérer les sentiments contradictoires que lui évoquait ce soldat, elle ne put se résoudre à faire les quelques pas qui les séparaient et faire ce qui était attendu d'elle.

Alors Bulma, étourdie et le cœur tambourinant dans sa poitrine, ne trouva qu'une seule chose à faire; elle soutint son regard sans ciller. Longtemps.

Et lui, bien qu'il fût dans un piteux état, s'assura de faire de même.

Le moment s'éternisa, pendant lequel chaque battement de cœur se mit à résonner plus bruyamment que le précédent dans la tête de Bulma. Et plus le temps passait, plus les secondes s'écoulaient, plus la jeune femme pouvait sentir une tension s'insinuer entre eux, une tension qui s'amplifiait progressivement jusqu'à prendre toute la place et devenir presque insoutenable. Puis, au bout d'un certain temps, le visage crispé du Saiyan se détendit imperceptiblement. Son souffle, jusqu'alors erratique, devint un peu plus régulier. Et sa bouche, qui était demeurée entrouverte pour laisser l'air y entrer, se referma pour mieux laisser le coin droit se contorsionner et former progressivement cet insupportable demi-sourire.

En le voyant, Bulma fronça les sourcils et souffla rageusement de l'air par son nez.

Apparemment, l'état lamentable dans lequel il était ne suffisait pas à faire taire l'impétuosité du personnage. Malgré toutes ses blessures et son apparente souffrance, malgré le châtiment qu'il venait de recevoir et celui qui l'attendait, cet homme trouvait non seulement le moyen de garder la tête haute, mais aussi de lui offrir ce rictus détestable en toute fierté.

Bulma, sidérée de le voir lui sourire de la sorte, croisa résolument ses bras sous sa poitrine et se mit à le foudroyer du regard, ce qui ne fit qu'accentuer la grimace.

Non mais! Quelle arrogance!

Il fallait vraiment être dérangé pour trouver de quoi rire dans une situation pareille.

-Étendez-le sur la table d'examen, ordonna alors Idris aux soldats qui portaient le blessé, tous trois étant complètement étrangers à l'interaction silencieuse qui prenait place entre l'Humaine et son patient.

Les soldats agrippèrent le Saiyan par les bras avec l'intention de le faire basculer sur le dos. Mais à peine eurent-ils initié le mouvement que celui-ci se dégagea violemment de leur emprise.

- Laissez-moi tranquille, gronda-t-il d'une voix faible, mais ferme. Je n'ai pas besoin d'aide. Allez-vous-en!

Les soldats obéirent sans s'obstiner. Idris, elle, fronça les sourcils. Elle suivit le regard de l'homme des yeux, et sa trajectoire se termina sur Bulma, qui n'avait toujours pas bronché. La femme sembla alors prendre conscience de la tension qui s'était insidieusement installée entre la paire, et le fossé entre ses sourcils s'accentua.

-Vous l'avez entendu, renchérit-elle. Laissez-nous tranquilles, nous n'avons plus besoin de votre aide. Cette Humaine va prendre la relève à partir de maintenant. Allez, ouste!

Et elle chassa les soldats d'un mouvement de la main avant de se tourner vers sa nouvelle recrue.

-Tu ferais mieux de t'y mettre tout de suite, avant qu'il ne se vide de son sang sur le plancher, dit-elle. Je vais t'aider à refermer cette énorme plaie qui traverse sa poitrine.

Elle soupira longuement en inspectant la peau lacérée de son dos.

- Ce sera vraiment long et difficile, sans chambre de régénération… souffla-t-elle.

-Je n'ai pas… besoin de votre… aide… réussit à articuler le Saiyan entre deux laborieuses inspirations.

Mais en disant cela, les soldats n'étant plus là pour le supporter, son corps meurtri se mit à basculer vers l'avant.

Réalisant qu'il tomberait de la table d'examen si elle ne faisait rien, Bulma s'élança vers lui pour le rattraper. Dans sa précipitation, elle échappa le matériel médical qu'elle tenait, qui tomba avec fracas sur le sol. Elle réussit à poser ses paumes sur ses épaules juste à temps pour l'empêcher de chuter et ne put s'empêcher d'apprécier leur fermeté sous ses doigts.

Un gémissement plaintif s'échappa des lèvres de l'homme lorsqu'elle le toucha. Leurs visages à peine séparés de quelques centimètres, il continua de la fixer à travers ses paupières à peine entrouvertes. Mais Bulma n'eut pas l'occasion de s'affoler de cette proximité, car malgré ce que sa petite stature pouvait laisser croire, l'homme était beaucoup plus massif que ce à quoi elle s'était attendue.

Putain! Ce salopard était vraiment lourd!

Tout en se demandant de quoi il pouvait bien être fait pour être si pesant, la jeune femme retint son souffle et déploya toute sa force pour le faire basculer vers l'arrière. Avec l'aide d'Idris, elle s'efforça d'étendre son corps sur la table d'examen. Cette fois, le patient ne protesta pas, et le regard toujours rivé sur la femme aux cheveux bleus, il laissa les deux femmes l'installer confortablement sur le matelas, le haut de son corps d'abord, puis ses jambes, une par une. Une fois bien positionné, Idris s'activa à imbiber des dizaines de linges stériles avec une solution nettoyante. Bulma, elle, se mit à préparer du fil et des pinces qui serviraient à refermer la blessure.

Ce faisant, la jeune femme ne put s'empêcher de parcourir furtivement des yeux le corps meurtri de son patient. Elle serra les dents en constatant plus précisément les dégâts. Son travail à elle serait long et ardu, oui, mais ce n'était rien si on le comparait à l'épreuve qui l'attendait, lui. Cela devait être affreusement souffrant d'être à ce point mutilé, et la nausée s'empara d'elle en imaginant la torture que ce serait d'être soigné et recousu sans avoir droit à une quelconque analgésie.

Tout en étant impressionnée par l'admirable tolérance de ce soldat, elle étudia rapidement toutes ses blessures en se demandant comment elle pourrait faire pour limiter ses souffrances, chacune d'elles transformant peu à peu l'horreur qui l'avait initialement habité en colère contre celui qui en était responsable.

Et c'est à cet instant que Bulma la vit pour la première fois.

Là, juste à côté de la jambe droite du soldat, il y avait ce long appendice recouvert d'une fourrure marron qui ondulait paresseusement le long de sa cuisse. Les poils qui la recouvraient étaient farouchement hérissés et l'extrémité battait furieusement dans les airs.

Bulma fit des yeux ronds en remarquant ce détail qui lui avait complètement échappé lors de leur première rencontre. Cet homme, qui ressemblait en tout point à un Humain au premier coup d'œil, possédait une queue, preuve indéniable qu'il n'en était pas un.

-C'est une queue de singe, dit Idris en voyant la jeune femme se figer devant cette découverte. Tous les Saiyans en ont une.

Bulma demeura silencieuse, et se contenta de fixer avec surprise cet organe étrangement familier. Idris croyait probablement que l'expression sur son visage résultait du choc de la nouveauté. Mais ce n'était pas le cas. Non, ce n'était pas l'effet de la nouveauté qui expliquait son étonnement, mais bien l'inverse. Parce que la jeune femme avait déjà vu une queue exactement comme celle-ci auparavant.

Si elle était si surprise de la découvrir à cet instant, c'était justement parce qu'elle connaissait quelqu'un qui en possédait une exactement pareille, et que jamais elle ne s'était attendue à rencontrer une seconde personne qui en était dotée.

Bulma, sous le choc, pivota la tête pour poser ses yeux sur le visage de l'homme qui agonisait sous ses mains. Celui-ci avait fermé les yeux, sa respiration encore plus rapide et ses traits encore plus crispés qu'avant. Elle observa ensuite ses cheveux noirs dressés dans les airs, eux aussi familiers par leur étonnante épaisseur et leur apparence indomptable.

Et étrangement, à cet instant, elle se mit à penser à Chi-Chi, sa meilleure amie.

Si seulement elle avait pu la revoir afin de lui confier ce qu'elle venait de découvrir.

Parce qu'avec ce qu'elle avait sous les yeux en ce moment, elle en avait la conviction maintenant; son plus vieil ami, celui avec qui elle avait vécu tant d'aventures pendant son adolescence, le premier qu'elle ait rencontré à posséder une queue de singe, le plus fort de tous les combattants qu'elle n'eut jamais connus, n'était pas seul dans cet univers.

Un Saiyan. Voilà ce que Goku était.