« Super… répondit Candice.

- T'en as pas de rechange ? s'étonna sa mère.

- Bah non ! On l'a utilisé la dernière fois… Et je pensais pas en avoir besoin à nouveau tu vois…

- Bon… T'as des bougies ? demanda Antoine.

- Sûrement… Faut fouiller dans les placards…

- Le père noël va pas passer si y a pas de lumière… lança Suzanne en larmes ».

Candice roula des yeux. Qu'est-ce qu'on en avait à faire du père noël ? Tous étaient plongés dans le noir, bientôt affamés et condamnés à rester dans cette maison encerclée par des centimètres de neige.

Ils parvinrent tant bien que mal à dresser une table illuminée par des bougies et chandelles qu'ils avaient réussi à dénicher dans les placards. Heureusement, les fruits de mer choisis par Emma pour l'entrée parvinrent à les réconcilier et le repas un peu particulier finit par se dérouler dans une ambiance plus sereine. Finalement, même si la soirée était loin d'être parfaite, elle marquerait leur esprit dans une ambiance plus folklorique.

En fin de soirée, les enfants parvinrent à faire diversion pour déposer les cadeaux au pied du sapin. Et Antoine n'avait même pas eu à se déguiser en père noël pour renforcer la mise en scène. Satisfaits, ils proposèrent de s'installer autour du sapin et commencèrent ce qui mettait tout le monde d'accord : le déballage des paquets. Étonnamment, Suzanne avait retrouvé le sourire et militait déjà auprès de son père pour ouvrir les siens. Candice rigolait en les observant lorsque Léo annonça un paquet en son nom. Souriante, Candice l'attrapa et fixa Antoine à sa droite qui souriait également.

« Je vais attendre que tout le monde ouvre le sien quand même… lança-t-elle à son compagnon qui venait de récupérer une petite enveloppe.

- Ok… sourit-il fièrement en attendant patiemment la suite de la distribution. »

Rapidement, Léo annonça le dernier paquet, inévitablement pour Éloïse qui dormait déjà à poings fermés. Antoine observa les autres, remplis de cadeaux sur les genoux. Et il s'observa lui, distinguant ce qui s'apparentait à une boîte de chocolat, un pull-over et une enveloppe…

Un peu maigre… jugeait-il en silence. Emma lui annonça la participation de tous les enfants Renoir et l'encouragea à ouvrir la petite enveloppe.

« C'est quoi ? demanda Candice avec curiosité.

- Genre, t'es pas au courant ?

- Ah non ! J'te jure ! Les enfants ont pas voulu me dire… »

Il acquiesça avant de sortir un bon pour un dîner romantique aux chandelles dans un restaurant cinq étoiles, pour le plus grand bonheur de Candice qui tenait toujours fermement son petit cadeau dans ses mains. Observée, elle finit par déchirer le papier cadeau et fixa le petit écrin avec perplexité.

« Alors… la surprise est dans la boîte… rajouta-t-il pour plaisanter en s'asseyant à ses côtés.

- Ah… répliqua-t-elle légèrement inquiète. »

Sous les yeux de sa famille qui souriait, Candice ouvrit la petite boîte et fixa le vide devant elle sans comprendre.

« Mais y a rien dedans… je… bredouilla-t-elle en fixant Antoine.

- Ah oui… C'est vrai… ironisa-t-il fièrement. »

Candice perdit son sourire lorsqu'elle vit son compagnon se mettre à genoux. Ce qu'elle craignait pardessus tout était-il en train de se réaliser ? Non… Ce n'était pas possible… Il n'allait pas faire ça, là, devant tout le monde… Et qu'est-ce qu'elle allait répondre ? Dans sa tête tout était clair… enfin presque… enfin… elle ne savait pas trop en fait… Elle rigola nerveusement en l'observant fouiller dans sa poche et sortir un petit anneau.

« Antoine… Qu'est-ce que tu fais ?

- Bah… Je crois que c'est clair… non ? répondit-il avec émotion.

- Antoine… tenta-t-elle à nouveau pour l'empêcher de poser sa question.

- Est-ce que tu… tu accepterais de devenir ma femme ? »

C'était officiel, Candice venait de perdre définitivement son sourire. Il l'avait fait. Il avait été jusqu'au bout… Candice ne savait plus où se mettre et aucun son ne put sortir de sa bouche. Elle le fixa avec émotion avant de poser ses yeux sur le reste de sa famille qui attendait visiblement une réponse de sa part.

"Ok... lâcha-t-il blessé.

- Non mais… Je…

- T'aimes pas la bague ? lui demanda la petite qui n'avait pas compris ce qu'il venait de se passer.

Antoine se releva et s'isola en cuisine.

- Antoine ! Attends je… l'interpella-t-elle en le suivant. Je suis désolée…

- Pas autant que moi… cracha-t-il amer.

- Je pensais que j'avais été clair là-dessus… Avec cette histoire de non-mariage je…

- Bah la preuve que non…

- Mais ça veut pas dire que je t'aime pas…

- Ah… Et… mon cadeau à moi ? Il est où ? demanda-t-il en la fixant durement.

- Justement j'ai eu un petit problème… Je… il était prêt ce matin et je l'ai perdu.

- Tu l'as perdu ?

- Oui mais je te jure je comprends pas… Il était là et… mais je vais le retrouver hein !

- Je suis pas sûr que ça en vaille la peine.

- Ça veut dire quoi ça ?

- Suzanne ! Tu rassembles tes affaires, on va y aller ! s'écria-t-il.

- Antoine… mais tu vas pas partir… pas comme ça… rétorqua-t-elle les larmes aux yeux.

- Je crois que si ! Allez ma chérie, on y va.

- Mais t'as vu le temps dehors ? C'est hyper dangereux… Antoine ! cria-t-elle pour le retenir.

- Bonne soirée ! lâcha-t-il avant de déserter le salon. »

Candice tenta de le retenir à nouveau, en vain. Antoine était blessé et souffrait de ce manque de clarté dans leur relation. Et il donnait l'impression de la quitter le soir du réveillon de noël… Elle sursauta lorsqu'elle entendit la porte claquer et retourna dans le salon où sa famille la fixait les bras croisés et le regard dur.

« Quoi ? demanda-t-elle de mauvaise foi. »

La commandante s'isola en cuisine à son tour, rangeant la vaisselle qui avait été sortie pour le repas. Elle ne tarda pas à être rejointe par sa mère, pourtant la dernière personne à qui elle avait envie de parler à ce moment-là… Elle contint ses larmes tant bien que mal et osa enfin l'affronter.

« Eh bah on dirait que t'as tout gagné !

- Maman s'il-te-plaît… C'est déjà assez compliqué comme ça…

- Non ma chérie. C'est toi qui te compliques la vie. C'est différent…

- Ah parce que tu trouves ça simple toi ? cracha-t-elle en laissant couler une larme.

- Candice… Tu l'aimes ce garçon non ?

- Et alors ? Ça veut rien dire ?

- Mais je comprends pas pourquoi t'es braquée comme ça ?!

- Tu comprends pas ? Vraiment... ?

- Écoute... L'histoire de Laurent c'est du passé maintenant, ça fait plus de 10 ans... Puis tous les hommes ne sont pas les mêmes...

- Si y avait que lui... maugréa-t-elle en baissant les yeux.

- Si tu parles de ton père, ça fait plus de 35 ans qu'il est parti.

- Et alors ? Les conséquences sont les mêmes...

- Eh bah réfléchis-y à ces conséquences ! Et tu viendras pas pleurer quand tu l'auras perdu… Enfin si c'est pas déjà fait ! »

Candice ne prit même pas la peine de répondre. Et pourtant, elle le savait, sa mère avait raison. Elle s'entêta à laver les assiettes à la main lorsque son téléphone retentit sur le comptoir de la cuisine. Elle s'empressa de courir, et répondit sans prendre le temps de regarder son interlocuteur.

« Madame Renoir ?

- Oui c'est moi.

- Vous êtes la compagne de monsieur Dumas ? Il vient d'avoir un grave accident de la route. Je suis désolé »

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