Une heure plus tard, Séverus entra dans la bibliothèque et trouva son calice en pleine lecture d'un gros grimoire. Dès qu'il posa son regard sur son vampire, Harry réalisa que le lien le tiraillait fortement. Il voulait toucher l'homme, le lécher, s'abandonner à ses caresses. Son érection revint brusquement et il se senti rougir. Mal à l'aise, il demanda à Hermione si elle pouvait s'occuper de ranger les livres et s'éclipsa sous son regard mi-tendre mi-amusé.
À peine la porte de l'appartement refermée qu'il se jetait sur les lèvres du maître des potions en s'attaquant aux boutons de sa cape. Le corps de Lucius vint se coller au sien et il gémit de bien être. Dans un murmure, il donna le ton de ce début de soirée :
- Je vous veux encore tous les deux en moi.
- Ensemble, amour ?
- Merlin, oui, j'en ai tellement besoin ! Heureusement que tu es venu, Séverus, je ne me suis pas rendu compte que le lien me tiraillait si fort…
- Je t'en prie, petit chat, tout le plaisir est pour moi.
- Allons dans la chambre, nous y serons mieux. Amour… Drago passera après le repas est-ce que…
- Ça me va, Lucius, ça me va, mais je t'en prie, ouvre ce pantalon !
Depuis le début de la conversation les mains du blond caressaient son sexe par dessus le tissus et ça le rendait fou. Les vampires rirent en même temps et Harry se senti frissonner des pieds à la tête tellement ces sons le rendaient fou. Tout en se caressant et se déshabillant, ils allèrent dans la chambre et Harry tomba à genoux devant Lucius pour engloutir sa verge sans attendre pendant que Séverus avalait son érection tout en le doigtant vivement. La préparation n'était pas nécessaire mais ça n'était pas une raison pour se passer d'attouchements si agréables. Harry était surpris de sa capacité à détendre sa gorge et à recevoir entièrement le sexe de son vampire. Le nez enfoncé dans ses poils pubiens, il se délectait des gémissements et soupirs de plaisir de l'homme tout en se faisant complètement transporter par les caresses buccales du brun. Soudain, il se recula.
- Sév… Séverus… je… je vais… Merlin, c'est tellement bon… Arrête…
- Ne te retiens pas, mon chat, ne te retiens surtout pas !
Le blond le guida doucement pour s'enfoncer de nouveau au fond de sa gorge et le calice se laissa faire, offrant à son vampire de guider le rythme de la caresse, le laissant baiser sa bouche alors qu'il soupçonnait Séverus d'avoir mis sa main entière en lui. Son propre sexe percutant régulièrement le fond de la gorge du potioniste. Finalement, dans un grognement, il jouit, remplissant la bouche de son professeur. Délicatement, Lucius guida Harry pour libérer sa bouche et posa son visage contre la base de son érection, le nez dans son aine. Les yeux clos, le calice inspirait l'odeur de son vampire tout en se remettant de son orgasme.
Quand Harry releva les yeux, les deux vampires étaient collés l'un à l'autre en train de s'embrasser. Il avait un sexe de chaque côté de son visage et cette image suffit à réveiller de nouveau son envie. Sans réfléchir, il empoigna la verge de Lucius tout en avalant celle de Séverus. Il les voulait tellement. Les deux hommes grognèrent de plaisir et s'écartèrent l'un de l'autre pour croiser les yeux de Harry. Des yeux qui brûlaient d'un désir non contenu.
Très lentement et sans quitter Séverus du regard, Harry guida Lucius pour qu'il s'étende entre ses jambes à même le sol et il s'empala sur son érection. Quand il senti son vampire pénétrer en lui, il relâcha la pression sur le sexe turgescent de Séverus et fermant les yeux de bien-être. Le professeur empoigna alors ses cheveux et se mit à imposer des va-et-vient puissants dans sa gorge alors que Lucius, les mains crispées sur les hanches de son calice, le prenait avec fougue.
Au bout d'un long moment dans les limbes du plaisir à se faire prendre avec vigueur par les deux côtés, Harry posa une main tremblante sur la base du sexe dans sa bouche et ouvrit des yeux voilés et suppliants vers le visage de son amant. Séverus comprit aussitôt et retira son sexe de la bouche dégoulinante de salive.
- Comme ce matin, mon chat ? Nous deux en toi et te mordant ?
- Oh oui… s'il te plaît… j'en ai besoin… C'est… c'est comme le lien… nous trois, imbriqués, fusionnés comme si… comme si nous n'étions qu'un… S'il te plaît…
- Tu es magnifique, Harry.
Lucius avait ralenti ses mouvements pour permettre l'échange et il observa avec satisfaction le baiser entre les deux hommes avant que Séverus ne passe dans le dos de son calice pour s'y enfoncer à son tour. Harry se cambra, hurlant de plaisir, et passa sa main dans son dos pour presser le visage du potioniste dans son cou. Il cria encore quand le vampire le mordit puis il reporta son regard sur l'homme sous lui.
Lucius sentit une chaleur incroyable se répandre en lui et ça n'avait plus rien du feu destructeur qui l'avait terrassé un peu plus tôt. Il connaissait cette sensation, il connaissait cette émotion. C'était un mélange de l'amour qu'il avait ressenti pour son fils à sa naissance, un besoin viscéral de protéger l'être face à lui, et de l'amour qu'il ressentait pour Séverus, une impression de bonheur intense à chaque fois que leurs yeux se croisaient. Bien sûr, en décidant de partager un calice, les deux hommes avaient parfaitement conscience qu'ils développeraient une puissante forme d'amour pour ce nouveau partenaire mais il n'avait pas imaginé que ça puisse être si dévastateur.
Alors, répondant aux suppliques que son calice, il se redressa un peu tandis que la verge de Séverus allait et venait avec force contre la sienne dans le corps de Harry, et il mordit son cou. Instantanément, il la ressenti aussi, cette fusion identique à l'image du lien. Il s'y abandonna à son tour, guidé par les grognements de Séverus et les gémissements de Harry qui avait fermement empoigné ses cheveux comme pour l'empêcher de partir. Il réalisa que cette fusion que Harry avait réclamée était aussi bénéfique pour lui, elle réparait le mal et le doute causés par la colère du calice, elle le rassurait, il était enfin bien. Et pour la première fois depuis qu'ils avaient créé le lien, il jouit en premier. Il s'empara alors du sexe de son calice pour l'entraîner avec lui et Séverus les suivi de près.
Harry s'effondra sur le torse de Lucius qui le réceptionna aussitôt dans ses bras mais Séverus resta à genoux à les regarder. Il admirait la beauté des deux hommes et aurait bien voulu les rejoindre mais un grognement passa ses lèvres :
- Franchement ! Par terre ?
Pour toute réponse, Lucius lui sourit et caressa la tête du calice épuisé. Alors, Séverus se releva et les fit léviter sur le lit avant de les y rejoindre enfin. Le gémissement de bonheur du calice quand il senti le corps de son autre vampire dans son dos exprimait sa totale béatitude. Leur instant de bien-être fut interrompu par des coups donnés à la porte. Lucius grogna en plongeant sa tête dans les cheveux de Harry mais la voix ferme de Séverus le rappela à la raison.
- Oh non, Luce. C'est toi qui a dit à Drago de venir, c'est toi qui gère ton fils.
Ils sentirent tous les deux la légère crispation de Harry à l'évocation du jeune homme alors Lucius se déplaça lentement pour prendre le visage de son calice en main, l'observant attentivement jusqu'à ce que celui-ci daigne ouvrir les yeux. Les coups furent répétés sur la porte mais aucun des trois ne bougea. Harry fini par plonger son regard vert dans celui, argent, de son vampire. Celui-ci lui sourit avant de reprendre une expression sérieuse.
- Harry, mon amour… Tu n'as aucune crainte à avoir. Drago n'est pas un danger pour toi. J'espère ne jamais avoir à le faire, mais si je dois choisir entre vous deux, n'oublie pas que tu es celui avec qui j'ai choisi de passer mon éternité. Tu es une part de moi, tu es mon tout. Je t'aime.
Il sourit de nouveau face à la surprise sur le visage du jeune homme et l'embrassa avec tendresse et amour avant de se redresser. Il se vêtit d'un mouvement de baguette, vérifia le tombé de ses cheveux, et rejoignit le salon alors que les coups résonnaient pour une troisième fois sur la porte.
Séverus passa doucement sa main dans les cheveux de Harry et celui-ci se tourna aussitôt vers lui pour plonger son visage écarlate dans le cou du vampire. Séverus rit doucement et embrassa son front.
- Petit chat, tu dois comprendre que nous savions tous les deux que nous développerions un attachement pour toi plus fort que celui qui nous liait l'un à l'autre. Nous sommes tous les deux des Serpentards donc nous ne passerons pas nos journées à te débiter des sérénades mais tu dois faire confiance en la force du lien. Sois certain que si nous t'avons choisi, toi, c'est parce que nous étions d'accord avec l'idée de développer de tels sentiments à ton égard… Même moi.
Il n'en dit pas plus, il n'était pas capable d'en dire davantage pour l'instant. Il avait bien senti que le lien entre Lucius et Harry semblait plus fort. Il avait été finalisé en premier, il était presque la base de son propre lien avec le calice. Mais aussi, il avait été mis à l'épreuve et vu la douleur décrite par Lucius, il n'était pas pressé que son lien avec Harry soit mis à l'épreuve de la même manière même si il ne se faisait pas d'illusion, vu leurs caractères respectifs, dès que le lien se ferait moins exigeant, ça exploserait entre eux. La menace des Doloris ne l'avait jamais fait reculer dans sa trahison au Lord Noir alors la potentielle douleur ne pourrait pas étouffer son caractère et le faire plier à tous les désirs de son calice. Il le savait et l'acceptait : son éternité serait jalonné de fulgurantes douleurs et d'incroyables orgasmes. Ça lui allait, il lui fallait au moins ça pour se sentir vivant.
Harry de son côté, repensait aux paroles d'Hermione. Quand il avait commencé à défendre Séverus, elle avait conclu qu'il était amoureux. Il n'en était pas certain à ce moment là ou plutôt n'y avait pas vraiment réfléchi. Mais la déclaration de Lucius lui avait paru comme une évidence. Oui, ce qui les liait tous les trois était un puissant amour. Resserrant son étreinte, il se mit à parler, certain malgré ses chuchotements, que le vampire l'entendait à la perfection.
- Quand je me suis rendu compte que… je n'étais pas intéressé par les filles… j'ai… j'ai cherché à expérimenter… J'ai vite compris que je préférais être pénétré mais j'ai aussi rapidement réalisé que je ne pourrai pas me laisser aller à m'offrir avec des hommes ne voyant que le Sauveur en moi… Et ceux-là sont les plus nombreux. J'ai trouvé ceux de mon age… trop jeune… dans leur tête je veux dire. Bien sûr, nous avons tous grandi trop vite mais je crois que moi plus que les autres. En fait, je n'ai jamais eu d'enfance et les responsabilités qui pesaient sur moi m'ont fait devenir adulte bien trop tôt… Alors, j'ai cherché vers des hommes plus âgés…
Un grognement le coupa et il releva la tête pour croiser le regard noir de Séverus. Celui-ci avait refermé ses bras sur le corps de Harry dans un élan de possessivité et il retroussait légèrement sa lèvre, dévoilant ses canines. Il voulait le mordre pour confirmer leur lien. Harry lui sourit mais le vampire grogna encore :
- Tu crois que ça me fait plaisir de t'entendre parler d'autres amants que moi ?
- Laisse moi finir.
Harry retint de justesse le « idiot » qui allait passer ses lèvres. Puis soudain il fronça les sourcils et passa sa main sur le torse du vampire avant de demander, concerné :
- Je ne te fais pas mal au moins ?
- Non.
- Alors écoute moi au lieu de grogner.
Le sourire rayonnant du calice apaisa légèrement le vampire et Harry reposa sa tête contre le torse de l'homme. Il savait ce qu'il voulait dire mais s'il avait assez de courage pour aller au bout de son explication, il n'était pas capable de le faire en regardant Séverus dans les yeux. Il avait trop peur d'une réaction moqueuse de sa part. Alors il reprit, toujours très bas.
- J'ai donc essayé de tourner mon attention vers des hommes plus âgés… S'il avait encore été vivant, j'aurai peut-être même abordé Sirius sur la question, je suis certain que cet idiot voyait assez de James en moi pour tenter une telle expérience… Mais il n'était pas là… Alors j'ai essayé d'approcher Charlie… Charlie Weasley.
- Je vois qui c'est…
- Arrête de grogner… Charlie était gentil, doux, attentif… trop gentil, trop doux, trop attentif… J'ai même couché avec le nouveau professeur de DCFM. Mais il était trop admiratif et franchement trop bête… et aussi trop tendre et trop gentil… Oui, j'ai trouvé des hommes trop gentils… je crois que j'avais besoin d'un vampire acariâtre pour être heureux.
- Acariâtre ?
- Je t'aime, Séverus.
Harry ferma aussitôt les yeux mais il ne manqua pas le frisson que ses mots avaient provoqué sur le corps du vampire ni ses bras qui se refermaient sur lui presque en tremblant. Le professeur prit une grande inspiration pour tenter de contrôler ses réactions mais ne trouva finalement qu'une manière de réagir à cette déclaration : il embrassa son calice en mordant leurs deux langues pour mélanger leurs sangs et donner le sien à son amant. Il grognait dans le baiser, un son bestial et possessif. En quelques gestes il était couché sur son calice, l'écrasant de tout son poids. Quand Harry gémit à son tour, il se redressa et l'observa. Le jeune homme était alangui sous lui, abandonné et offert, les yeux voilés mais débordant de ce sentiment d'amour qui déroutait tant le vampire. Celui-ci soupira.
- Par Salazar, Harry… Je ne suis pas un Poufsouffle, je ne sais pas gérer ces choses là… Te donner un surnom est le maximum que je peux faire, je n'ai pas de réponse à…
- Je ne veux pas de réponse, Séverus. J'avais juste besoin de te le dire, de te l'expliquer, de te faire comprendre que je ne vous en veux pas.
- Mais c'est Lucius qui vient de te dire ça, c'est à lui que tu dois…
- Je le lui dirais quand j'en ressentirai le besoin. Là, c'est à toi que je voulais le dire et je m'en moque que tu n'aies rien à répondre ou que tu ne ressentes pas la même chose. Je t'aime, c'est un fait, une constatation, et je voulais simplement le partager avec toi.
Alors que Harry montait le ton, les deux hommes sentirent les effets de cette friction. Le vampire par une crampe à l'estomac, le calice par un abattement brutal. Alors Séverus le prit brusquement dans ses bras pour l'étreindre et l'embrasser dans le cou.
- Excuse moi… Je ne remets pas en question tes sentiments, Harry… je suis juste surpris, mal à l'aise… je ne sais pas quoi dire ou faire… Je tiens à toi, je ne veux pas te rejeter, au contraire, je te veux encore et toujours. Excuse moi, Harry… C'est moi qui…
- Je t'aime Séverus. Tu n'as pas à y répondre juste… juste, s'il te plaît, à l'accepter.
- Merlin, bien sûr que je l'accepte ! Je ne vais pas me moquer de toi pour ça ! Tu m'es tellement précieux… Est-ce que… Est-ce qu'un simple merci, peut aller ?
- Je crois…
- Alors je te remercie, mon chat, je te remercie du fond du cœur de me donner ton amour.
Ils restèrent un long moment en silence et un cri leur parvint de la pièce voisine. Lucius avait levé la voix sur son fils. Séverus défit l'étreinte entre eux et se redressa doucement.
- Je vais aller voir comment ça se passe. Si tu veux mon avis, Drago est juste jaloux de toi, encore une fois… Tu peux nous rejoindre ou rester ici, c'est toi qui décide, mon chat, d'accord ?
Après que le calice ait acquiescé, Séverus remit ses vêtements et quitta la chambre pour le salon. Il y trouva un Lucius en colère et un Drago encore plus en rogne. Il s'installa sans un mot sur le canapé près du vampire et lança un regard froid à son filleul. Celui-ci se calma d'un coup en lançant un regard trahit au professeur.
- Je vous perds tous les deux à cause de lui.
- Tu ne nous perds pas, Drago. Lucius reste ton père et moi ton parrain.
- Tu ne comprends pas, Sev ! Tu ne comprends pas.
- Oh si, je comprends très bien, Drago. Tu es jaloux. Tu as toujours été jaloux de Harry.
- Ne l'appelle pas par son prénom !
Le jeune homme, presque hystérique, s'était levé d'un bond. Lucius voulu réagir mais son amant pressa sa cuisse pour le contenir. Il ne quittait pas le jeune Serpentard des yeux et celui-ci se senti rougir avant de s'asseoir à nouveau. D'une voix modulée pour inspirer la compassion (comme si ça pouvait marcher avec les deux vampires serpentard face à lui), il expliqua :
- Je n'ai que vous et vous n'aviez que moi… Depuis que maman est partie, Père n'a plus que moi. Et toi, Parrain. Mais toi aussi, tu n'as que moi. Pas de famille, pas d'enfants, juste nous. J'imaginais… j'imaginais qu'on pourrait trouver un équilibre, une vie ensemble…
- Ça n'aurait pas fonctionné et tu le sais, un humain ne peut pas rester avec des vampires au quotidien, c'est trop dangereux.
- C'est aussi la raison pour laquelle je voulais un calice, fils, pour rester près de toi sans te mettre en danger.
- Et pourquoi pas moi ! Pourquoi je ne pouvais pas être votre calice ? Maintenant, vous ne pensez qu'à lui et moi je me retrouve seul.
- Nous couchons avec notre calice, Drago.
La voix froide de Séverus ramena le jeune homme à la raison et il se mit à rougir brusquement. Son père reprit, tout aussi durement :
- Tout comme je voulais tout faire pour ne pas te mordre et te blesser, fils, il m'est totalement impossible d'imaginer avoir un rapport sexuel avec toi. Tu aurais voulu ça ?
- Non… non… bien sûr que non… Mais Potter… Salazar, Potter, quoi !
- Drago, réfléchis bien à la situation. Tant que tu ne me demandes pas de choisir entre toi et mon calice, je n'ai pas de raison de m'éloigner de toi. Si cela te convient, nous pourrons vivre tous les quatre au manoir à la fin de l'année. Je ne suis plus vraiment un sorcier donc je peux dès maintenant te donner nos titres et te laisser gérer ton héritage. Je resterai ton père et ton mentor jusqu'à ce que tu sois prêt à affronter le monde.
- Vivre avec Potter au manoir ? Avoir Potter chez moi ?
Il eut une moue tellement dégoûtée que Lucius se mit à gronder sans pouvoir le contrôler. Séverus prit alors le relai.
- Reprends toi, Drago. Regarde les choses telles qu'elles sont. Harry est notre calice. Le lien est fermé et indéfectible. Râler à ce sujet n'y changera rien. Absolument rien. Par contre, je peux t'assurer que si tu ne te fais pas très rapidement à cette situation, tu nous perdras définitivement. Les vampires ne tolèrent pas qu'on s'en prenne à leur calice. Tu vois l'effet de tes mots sur ton père et j'ai moi même beaucoup de mal à ne pas t'arracher la tête dans l'instant présent. Alors je te conseille de sérieusement y réfléchir parce que ni Lucius ni moi ne voulons te tuer et c'est le risque si tu restes près de nous avec un tel discours. Alors nous partirons pour te protéger mais jamais, au grand jamais, Harry passera après qui que ce soit pour nous.
Il y eut un long silence et Drago fini par se lever. Il allait partir quand il vit Harry Potter debout dans l'encadrement de la porte menant à la chambre. Il portait un pantalon de jogging et une chemise mal boutonnée. Assurément, il sortait du lit. Le Serpentard devint rouge de colère mais réfréna avec difficulté ses insultes en entendant son père grogner à nouveau. Il pâlit ensuite considérablement en comprenant pourquoi son père avait mis tant de temps à venir lui ouvrir. Nous couchons avec notre calice. Cette phrase résonna dans son esprit alors qu'il remarquait les traces de morsure dans le cou de sa Némesis. Très lentement, Harry s'avança vers le canapé sans quitter Drago des yeux et passa sa main doucement dans les cheveux blonds de Lucius.
- Calme-toi.
La voix était basse et ferme. Les grognements cessèrent aussitôt et le corps du Lord se détendit visiblement. Drago écarquilla les yeux de l'effet qu'un simple mot, une simple caresse, avait eu sur son père. Mais Harry ne l'avait pas quitté des yeux alors il reporta son attention sur lui, remarquant néanmoins que le jeune homme avait posé une main sur l'épaule de chacun des deux vampires. D'un ton calme il déclara.
- Je ne t'aime pas Malfoy. Je ne t'ai jamais aimé et vu ton attitude, ça n'est pas prêt de changer. Mais nous n'avons plus besoin d'être ennemis. Tu m'as sauvé la vie, j'ai sauvé la tienne, nous sommes quittes. Tu tiens à Lucius et Séverus au moins aussi sincèrement que je tiens à eux. Et, aussi désagréable que ça soit pour moi, ils tiennent à toi. Mais je fais parti de leurs vies maintenant tout comme ils font parti de la mienne. Mes amis ont déjà commencé à se faire à l'idée de les fréquenter, fais-en de même avec moi.
Il marqua une pause comme pour laisser le temps aux trois hommes d'intégrer ses mots puis il continua :
- Quand je t'ai rencontré, tu n'étais qu'un petit con arrogant qui ne jurait que par son père. Je vais le dire à mon père, quand mon père saura ça… Tu as répandu ta hargne autour de toi en t'appuyant sur lui. Quand tu m'as accusé d'avoir envoyé ton père à Azkaban, j'ai bien compris que tu voyais cet homme comme ton héros, un homme parfait et sans défaut. Tu n'as pas remis ses choix en doute, même quand tu as reçu la marque, même quand tu t'es retrouvé écrasé par Voldemort, soumis contre ton gré par sa faute.
Harry sentait Lucius trembler sous ses doigts et il raffermi sa prise sur son vampire. C'était compliqué de parler de ce passé, d'évoquer le Lucius du passé comme étant un être différent de celui du présent.
- Et maintenant qu'il est revenu, qu'il a été réhabilité, qu'il est de nouveau le puissant Lord Malfoy, tu te caches encore derrière lui. Moins crânement, d'une manière moins visible, mais tu restes incapable de prendre ta vie en main, de faire tes propres choix, de te distancer. Il est temps que tu grandisses, Malfoy. Ton père va te survivre, comptes-tu passer toute ta vie en étant dépendant de lui ou vas-tu vivre par et pour toi même à un moment donné ?
Un gémissement de douleur passa les lèvres de Lucius et Harry relâcha l'épaule de Séverus pour serrer le vampire blond de toutes ses forces contre son torse. Il se pencha en avant et murmura à son oreille :
- Calme-toi, tout va bien, tu n'es plus celui que tu as été, je ne vois pas l'homme que tu étais quand je te regarde, je te vois juste toi, un homme incroyablement beau et charismatique, mon vampire à qui j'appartiens corps et âme. Tu es un homme nouveau et moi aussi. Tu es mon vampire et je t'aime.
D'un bond, le vampire s'était redressé et avait enjambé le canapé pour prendre son calice dans ses bras. Dans un grognement bas, le nez dans son cou, il demanda :
- Redis le.
- Je t'aime, Lucius.
Et sans prévenir, le vampire planta ses crocs dans le cou du calice. Harry rejeta la tête en arrière, souriant et se mit à rire doucement en s'abandonnant dans l'étreinte et le plaisir de la morsure. Drago était fasciné. Son père était un autre homme. Il l'avait toujours vu maître de lui en toutes circonstances et là, tout volait en éclat. L'homme fier s'était décomposé au fur et à mesure du discours de Potter et il avait suffit de quelques mots à celui-ci pour que son père perde totalement ses moyens et se jette sur lui.
C'était aussi la première fois qu'il voyait vraiment le vampire en lui et il était fasciné. Oui, son père était un autre homme et il semblait plus… vrai. Jamais il n'avait été autant lui-même qu'en cet instant. Ils vivaient ensemble depuis 17 ans et pourtant il réalisait qu'il ne connaissait pas vraiment son père. Cette constatation aurait pu raviver sa jalousie et sa colère mais il ne se senti que plus triste. Un gémissement du Sauveur le sorti de ses pensées et il admira le garçon en train de s'abandonner au plaisir de la morsure. Mais déjà Séverus mettait fin à l'étreinte, embrassant Lucius comme jamais il n'avait pu imaginer son parrain et son père se laisser aller à la passion. Puis le maître des potions se glissa dans le dos de son calice et Drago réalisa qu'il semblait vacillant. Il reconnu la potion de régénération sanguine que Séverus lui donnait et il comprit que cet homme, s'il contrôlait d'une certaine manière ses vampires, se donnait aussi sans limites à eux, au risque de se mettre en danger. Foutu Sauveur. Le regard tendre de Séverus pour Harry fini de le convaincre.
- C'est d'accord Potter, mais j'ai une condition.
Entouré de ses deux vampires, le calice se redressa après avoir bu sa potion et planta son regard émeraude dans celui de son ennemi de toujours. Il se rendit compte que ses yeux tiraient sur le bleu ce qu'il n'avait jamais remarqué avant. Dans sa tête, les Malfoy avaient les yeux gris, un beau gris argent, mais identiques. Et pourtant, à cet instant, il réalisait que leurs yeux n'étaient pas les mêmes. Si ceux de Lucius étaient brillants et parfois veinés de rouge ou de noir selon son humeur. Ceux de Drago étaient plus clairs et tiraient vers le bleu. Il revint à lui quand la main de Séverus passa dans le creux de ses reins. Tentant de reprendre son ton posé et assuré, il demanda :
- Quelle condition, Malfoy ?
- Je veux rencontrer ces deux hommes près de toi. Je veux voir les vrais Lucius et Séverus, sans leurs masques.
Et Harry lu de la douleur dans le ton employé par le jeune homme. Lui n'avait jamais eu de père mais n'était-ce pas pire d'en avoir eu un et de se rendre compte qu'on ne le connaissait pas vraiment ? Il serra davantage le vampire blond qui s'était figé dans ses bras alors que Séverus, dans son dos, semblait s'être redressé et jaugeait le jeune homme :
- Es-tu prêt à briser toutes tes illusions et à découvrir que ton père est un vrai Poufsouffle, Drago ?
- Je ne te permets pas, Sev !
Le grognement de Lucius détendit l'atmosphère, faisant rire son calice qui l'embrassa tendrement sur la joue avant de guider ses deux vampires vers le canapé. Ceux-ci reprirent leurs places et Harry s'installa entre eux, une main sur la cuisse de chacun d'eux. Séverus se tenait droit bien que son bras passait dans le dos du jeune homme. Mais Lucius n'était pas encore tout à fait remis, ses cheveux en bataille et son regard fixé sur la main que son calice posait sur lui en attestaient. Drago reprit place et observa le trio. Il soupira, Harry Potter n'était peut être pas autant une plaie qu'il le pensait.
- Je crois que je n'ai pas le choix de toutes façons. Je ne reconnais pas l'homme devant moi et j'ai vu ton regard sur Potter, parrain… Tu n'as jamais regardé qui que ce soit comme ça devant moi, pas même père.
- Malfoy… peut être que toi aussi tu devrais tomber le masque et t'ouvrir aux autres.
- À qui Potter ? Je peux peut être tolérer ta présence mais je ne vais pas devenir ami avec Granger ou la belette !
Harry explosa de rire alors que Séverus s'autorisait un sourire en coin avant de réaliser que lui aurait à fréquenter ces deux personnes bien plus que nécessaire.
