Comment vivre avec un secret.
Titre du 10/05/2022 : Comment vivre avec un secret
Pangolin : Hadès - écrire une scène drama
L : Lancel (GOT)
Prénom 67 : Marina
Défi 8 de Sarah & son cerveau : écrire un Self insert
UA Challenge 115 : UA!Contes/OUAT
Quatre aspects d'… Amerei Frey : Bonne alliance : Écrire sur Lancel Lannister ou écrire sur quelqu'un qui épouse un bon parti
257) 50 nuances de personnages LGBT
8 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, elles ont dit, Sarah & son cerveau, UA Challenge, quatre aspects, 50 nuances)
Marina resta figée pendant de longues secondes, interdite et stupéfaite.
Elle ne se souvenait pas de ça.
Elle ne se souvenait de presque rien concernant cette sombre soirée, hormis la peur panique qui s'était emparée d'elle quand Yara s'était écroulée, se vidant de son sang, suivie plus tard par le soulagement quand elle avait réalisé qu'elle survivrait, que tout irait bien.
Tout ce qui concernait ses souvenirs de cette terrible nuit n'était qu'un amas de moments, rien de plus qu'une brume aux contours flous qui ne faisait pas sens.
Sur le moment, elle n'y avait pas pensé, n'y avait pas réfléchi, parce que la seule et unique chose qui comptait, c'était la survie de son amie.
Une amie qu'elle avait appelée par son véritable nom sans même s'en rendre compte, sans réaliser qu'ainsi elle prenait un énorme risque.
Et Lancel l'avait entendue.
Et surtout, il s'en était souvenu, avait retenu l'information, ce qui signifiait bien que pour lui, quelque chose clochait, n'était pas normal.
Si elle avait prononcé un autre prénom, peut-être n'aurait-il rien remarqué, mais elle se souvenait de l'histoire familiale des Greyjoy inventée par la malédiction, elle savait que Yara avait existé dans cette fausse réalité, qu'elle était morte.
Et elle savait que Yara ressemblait à son frère, que le simple fait d'avoir prononcé ce nom plutôt qu'un autre pouvait éveiller ses soupçons.
Si une toute autre personne que Lancel avait entendu cela et lui avait posé la question, elle aurait aussitôt paniqué.
Hormis quelques personnes, elle connaissait assez mal la plupart des habitants de Kintzheim, et hormis certains évidents, elle ne savait pas toujours à qui faire ou ne pas faire confiance.
Mais elle faisait confiance à Lancel Lannister.
Pas seulement parce qu'il était son personnage préféré de la saga ou de la série, pas seulement parce qu'elle l'aimait, mais parce qu'en le rencontrant, elle avait découvert quelqu'un de bien, qui avait pu s'épanouir loin de la sombre influence de Port-Réal et de sa famille.
Il était son petit-ami, plus seulement un être de papier, il était vivant, un être de chaire et de sang, il était réel, et on lui avait volé sa mémoire.
Le fait qu'il commence à se poser des questions était peut-être bon signe, montrant qu'il était sans doute en train de se souvenir.
Elle aurait aimé pouvoir lui dire la vérité.
Mais était-il prêt à l'entendre ?
Marina aurait pu choisir la facilité, le mensonge, prétendre qu'elle ne voyait pas de quoi il parlait, dire qu'il avait rêvé, qu'il se trompait, qu'il avait mal entendu, ou bien qu'elle avait dit ce nom par hasard, envahie par la panique, que ce n'était rien du tout.
Et que ça n'avait pas la moindre importance, qu'elle avait eu une amie autrefois qui s'appelait ainsi qui était morte et que ça lui avait rappelé de mauvais souvenirs, rien de plus, et le sujet aurait été clos.
Mais dans cette histoire sordide, c'était la malédiction la menteuse, elle et aussi tous ceux qui avaient menti et triché pour conserver la mémoire et en tirer profit.
La dunkerquoise ne voulait pas être comme eux.
Alors, quitte à risquer de le perdre, au moins que ce soit en lui disant la vérité.
Que ce soit pour une bonne raison, et que lui au moins, il sache pourquoi absolument tout semblait aller de travers dans cette maudite ville.
Et honnêtement, si jamais il la croyait, elle devait admettre qu'elle ne disait pas non à un allié de plus dans ce combat qui semblait sans fin et sans issue.
« Marina ? Lui demanda-t-il quelques secondes plus tard, inquiet de la voir rester silencieuse aussi longtemps face à une question qu'il pensait pourtant anodine et pourtant…
Pourtant, il y avait toujours cette lueur de panique qui brillait dans ses yeux, comme si elle ne savait pas quoi répondre, avant qu'elle ne finisse par disparaître, remplacée par une expression de détermination.
Puis elle lui adressa un sourire triste, et le jeune homme sut, sans trop savoir pourquoi, que rien ne serait plus jamais comme avant une fois que cette conversation serait terminée.
- Dis-moi Lancel… Commença-t-elle alors. Est-ce que tu crois aux contes de fées ? »
§§§§
Il cligna des yeux à plusieurs reprises, affichant un air perdu qu'elle ne put s'empêcher de trouver des plus adorables (mais il s'agissait de Lancel, évidemment qu'elle le trouvait tout le temps adorable.).
« Pardon ?
Il s'attendait à ce qu'elle éclate de rire, qu'elle lui dise que ce n'était qu'une blague et qu'elle passe à autre chose, lui explique la véritable raison derrière cette erreur de prénom.
Pourtant, elle garda son sérieux, même si un léger sourire attendri se dessina rapidement sur ses lèvres face à son expression confuse, avant de disparaître quelques secondes plus tard.
- Même si dans ce cas-là, il ne s'agit pas vraiment de contes de fée. Mais disons que ça y ressemble un petit peu.
- Marina, je… Je ne comprends absolument rien du tout de ce que tu es en train de me dire.
Elle soupira.
- Si je l'ai appelée Yara et non pas Esgred, c'est pour une bonne raison.
- Quel rapport avec les contes de fée ? Ne put-il s'empêcher de lui demander, perplexe.
- J'y viendrai plus tard. Si je l'ai fait, c'est parce que… elle ne s'appelle pas Esgred. Son nom n'a jamais été Esgred Miller. En réalité, elle se nomme Yara Greyjoy.
Lancel eut l'impression que la foudre venait de lui tomber sur la tête et il regarda Marina avec les yeux écarquillés de surprise.
- Quoi ? S'exclama-t-il d'une voix forte, mais… mais comment est-ce que… »
A vrai dire, il était même à court de mots.
Yara Greyjoy.
Comme la sœur aînée de Theon Greyjoy, celle qui avait péri durant ce tragique accident en mer qui n'avait jamais été expliqué ou élucidé, dont le corps avait fini par être retrouvé et dont il ne se souvenait pas de l'enterrement alors qu'il devait bien avoir eu lieu.
Ça n'avait pas le moindre sens qu'elle prétende que son amie s'appelle ainsi.
Parce que ça ne pouvait pas être une coïncidence, elle ne pouvait pas être une homonyme de celle qui avait vécu autrefois à Kintzheim, le hasard aurait été bien trop grand et bien trop improbable.
Et puis même si c'était le cas, même si elle portait le même nom sans être elle, sans avoir le moindre lien quelconque avec Kintzheim ou la famille Greyjoy… pourquoi ?
Pourquoi avait-elle menti sur son nom, quel intérêt de le cacher alors qu'elle et Marina ne connaissaient ni la ville ni ses habitants en théorie ?
Il ne comprenait pas.
Il restait donc une autre explication, la dernière parce que la plus illogique.
L'amie de Marina Leszczynska était véritablement la Yara Greyjoy de Kintzheim, celle aux côtés de qui il avait grandi, celle qui avait disparu une nuit en mer et qui s'était noyée, et…
Non.
C'était tout bonnement impossible, ça ne pouvait pas être vrai, elle ne pouvait pas être en vie, parce que ça impliquait que le corps retrouvé n'était pas le sien, qu'elle avait survécu, qu'elle avait quitté la ville sans rien dire à personne sans que personne ne le sache, et… qu'elle était revenue des années plus tard sous un autre nom sans que personne, pas même son frère, ne la reconnaisse.
C'était… complètement fou pas vrai ?
Pourquoi faire croire à sa mort, pourquoi revenir en cachant qui elle était, pourquoi tant de mystères et de mensonges, pourquoi personne n'avait rien vu, rien su, rien compris ?
Qu'avait-elle l'intention de faire ?
D'un autre côté, si son hypothèse se vérifiait, ça expliquait pourquoi elle avait tant à cœur de sauver la ville, pourquoi elle semblait parfois si triste en les regardant.
Ça n'expliquait pas son attitude, et il aurait aimé pouvoir rejeter cette idée en bloc et ne plus y penser.
Seulement voilà.
Il ne pouvait pas nier la ressemblance physique qui existait entre la jeune femme et le dernier Greyjoy vivant, ressemblance qu'il avait mis bien trop de temps à remarquer pour que ce soit vraiment normal.
Mais, étrangement, Lancel n'était pas effrayé, il avait juste envie de comprendre, de savoir, d'expliquer pourquoi tout lui semblait ne plus avoir de sens depuis que Marina et Esgred – enfin, Yara – étaient entrées dans sa vie.
Il prit une profonde inspiration.
« Très bien, dit-il à sa petite-amie en la regardant droit dans les yeux, explique-moi tout, raconte-moi tout, même le plus insensé. »
Aujourd'hui, la fissure dans le mur s'étendait devant lui, plus grande que jamais.
Et il était impatient de voir ce qui se cachait derrière elle.
§§§§
« Je vais commencer par quelque chose de simple.
- Les contes de fée je suppose, dit-il, ne comprenant toujours pas où elle voulait en venir.
Elle sourit.
- Oui. Les contes de fée. Ou plus précisément une série sur les contes. Dis-moi Lancel, est-ce que tu connais la série Once Upon a Time ?
De toutes les questions que le jeune homme s'attendait à entendre au cours de cette conversation, celle-ci n'était définitivement pas l'une d'entre elles.
Il fronça les sourcils, perdu (mais il commençait à en avoir l'habitude avec cette conversation), se demandant dans quelle direction sa petite-amie était en train d'aller.
- Je… oui, de nom, pourquoi ?
- Est-ce que tu connais l'histoire ? Lui demanda-t-elle, ne répondant pas à sa question.
- Les personnages de contes de fée ont été transportés dans notre monde par une malédiction et ont oublié qui ils sont vraiment.
En entendant sa réponse, Marina se mit à sourire avec tellement de tristesse dans les yeux qu'il réalisa qu'elle allait peut-être se mettre à pleurer et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi.
- Comment est-ce que tu réagirais si je te disais que… que c'était réel ? Et que c'était ce qui est arrivé à ta ville ?
Lancel dût retenir son envie irrépressible d'éclater de rire.
Il avait dit qu'il écouterait ce qu'elle avait à dire, même si c'était absolument insensé.
À ce niveau-là, il était largement servi.
- De… de quoi ? Attends tu veux dire quoi alors, qu'on est des personnages de contes qui ont perdu la mémoire ? Je suis qui moi alors, plaisanta-t-il, le prince charmant ?
Elle rit, sincèrement amusée, et ça le rassura.
Si elle était encore capable de rire, c'est que la situation ne devait pas être si grave que ça, pas vrai ?
Il avait du mal à y croire bizarrement.
- Non, pas vraiment, pas du tout même. Enfin si, tu es mon prince charmant mais tu n'es pas le prince charmant des contes. Toi tu… tu es un chevalier, dit-elle avec une fierté et une tendresse immense dans sa voix.
Un chevalier.
Il n'arriva pas à saisir pourquoi ça lui semblait logique, aussi absurde cette possibilité soit-elle.
- Un chevalier, répéta-t-il.
- Ser Lancel Lannister, et encore une fois elle semblait oh si fière de lui, alors qu'il n'avait pas le sentiment de l'avoir mérité, d'avoir jamais été héroïque.
Bien au contraire, il n'avait rien fait pour aider Sansa Baelish ou Theon Greyjoy quand ils avaient besoin d'aide après tout.
Pourtant, ça ne l'empêchait pas de le regarder comme s'il était la plus belle chose qui avait jamais été créée sur cette terre.
- Ça… sonne bien, reconnut-il.
- Je trouve aussi. D'après Yara, comme beaucoup d'autres, tu as été adoubé au cours de la guerre contre les marcheurs blancs.
Les deux mots, marcheurs blancs, qu'il était pourtant sûr de ne jamais avoir entendus avant, lui semblaient étrangement familiers, aussi, il la laissa poursuivre.
- Et… qu'est-ce qui nous est arrivé au juste ?
- La guerre contre les marcheurs blancs s'éternisait et ils étaient en train de gagner, alors la prêtresse rouge, Mélisandre, a décidé de lancer un sort qu'elle avait obtenu grâce à Rumplestiltskin. Oui Rumplestiltskin existe aussi, dit-elle à son petit-ami qui avait les yeux agrandis par la surprise. Il s'agissait du sort noir, qui aurait dû être lancé pour tous vous sauver, vous offrir un nouveau départ…
- Mais vu la tête que tu fais, plus Yara qui a l'air d'être en colère tout le temps contre le monde entier et le fait que ce soit la merde en ville, je suppose que les choses ne se sont pas passées comme prévues.
- Tout juste. Vous n'étiez pas censés perdre la mémoire, ignorer complètement votre véritable identité, vous auriez dû… rester vous-mêmes. Mais ce n'est pas ce qui est arrivé, parce que Cersei, Qyburn, Littlefinger et les Bolton ont comploté, ont fait en sorte que vous oubliez la vérité, que vous soyez enfermés dans des vies que vous ne vouliez pas avoir… Le sort est alors devenu…
- Une malédiction, compléta Lancel, comprenant enfin, réalisant pourquoi depuis un certain temps pourquoi plus rien n'avait de sens, et qu'il le comprenait pour de bon, qu'il ouvrait les yeux après les avoir fermés pendant si longtemps.
- C'est ça.
- Si tout ça est vrai, si tout le monde a été maudit et a perdu la mémoire, sauf ceux qui sont responsables alors… comment es-tu arrivée ici ?
- Yara a réussi à fuir avant que la fumée violette n'emporte tout le monde, quelqu'un lui a ouvert un passage. C'est comme ça qu'elle s'est retrouvée dans ce monde et… qu'elle m'a trouvée et ramenée ici.
- Et… tu savais dans quoi tu t'embarquais en venant ici ?
- Oui. Elle me l'a dit.
Lancel la regarda avec incrédulité.
- Et… tu l'as crue ?
- Bien sûr. Même si c'était complètement fou, j'avais aussi terriblement envie d'y croire. J'en avais besoin.
Il ne comprenait pas.
Il ne comprenait vraiment pas comment elle avait pu y croire une seule seconde, ni même pourquoi elle avait voulu le faire, pourquoi ça semblait si important pour elle.
- Mais pourquoi ?
Elle le regarda avec tellement d'amour qu'il en vint à se demander ce qu'il avait bien pu faire pour mériter d'être aimé par une femme pareil.
- Parce que s'il existait une chance même infinitésimale pour que je te rencontre pour de vrai, alors il fallait que je la saisisse.
Il fronça les sourcils.
- Est-ce que tu es en train de me dire que… tu me connaissais déjà avant qu'on ne se rencontre ?
- Exactement.
- Mais tu… tu as dit que nous ne venions pas des contes de fées !
Elle lui offrit un sourire énigmatique en guise de réponse.
- Effectivement, mais en revanche, je ne t'ai jamais dit que vous ne veniez pas d'une histoire déjà existante. Elle prit une profonde inspiration. C'est là que les choses commencent à se compliquer (pour Lancel, elles l'étaient déjà bien assez). Je voudrais savoir une chose Lancel, est-ce que la saga littéraire Le Trône de fer ou la série Game of Thrones te disent quelque chose ? »
Le lion cligna des yeux, stupéfait.
C'était définitif.
Sa journée n'avait vraiment plus aucun sens.
A suivre…
