Prompt : Idée pécheresse

Note : Cet OS est un peu plus grand que les autres, car l'idée m'a inspiré. Il s'agit d'un Univers Alternatif, et je n'ai pas donné le beau rôle au père d'Izuku. J'espère que ça vous plaira.


Les préceptes.

Izuku avait mal aux fesses. Être assis sur ces bancs durs n'était pas génial et il se demandait pourquoi on n'y mettait pas des coussins. Le budget de leur Église était-il trop limité ? Mais comme le disait souvent son père, c'était un bien piètre sacrifice qu'il pouvait offrir au Seigneur. C'était la phrase préférée de son frère. « Mange même si tu n'aimes pas, c'est un sacrifice pour le Seigneur », « Range ta chambre », « Reste à genoux pendant la prière », « Lève-toi, même si tu es malade ».

La vie d'Izuku était faite de sacrifices, mais son père lui répétait sans cesse que cela lui ouvrirait les portes du Paradis. Que ce n'était pas grand-chose de souffrir un peu ici-bas, si au final il était heureux pour l'éternité.

Izuku obéissait. Son père l'éduquait depuis tout petit, et l'adolescent avait toujours suivi les préceptes qu'on lui avait inculqués.

Il ne ratait jamais la messe.

Il priait le soir dans son lit pour remercier le Seigneur de tout ce qu'il lui offrait et lui demandait pardon s'il considérait avoir pêché.

Selon son père, Izuku était un bon garçon, bien éduqué et avec de grandes valeurs morales.

N'empêche qu'il avait mal aux fesses sur ses bancs.

Bakugo, son ami d'enfance, était assis sur le banc à l'arrière avec sa mère à lui. Contrairement à Izuku qui savait se tenir, le blond ne cessait de bouger dans tous les sens, et de grommeler à propos de ses putains de bancs trop durs. Sa mère le réprimanda, parce qu'il parlait, parce qu'il jurait et parce qu'il n'avait aucune patience.

— Le Seigneur voit tous tes actes Katsuki, tu devrais faire attention à toi.

Bakugo ricana avec mépris et Izuku l'entendit avec horreur, murmurer :

— J'en ai rien à foutre.

Sa mère n'avait pas dû l'entendre, sinon il aurait été très certainement puni. Ou alors, elle faisait la sourde oreille, trop habituée au caractère de son fils.

Le rassemblement prit enfin fin, et en retenant une grimace, Izuku se leva. Ça allait lui faire du bien de marcher un peu. À l'extérieur, il soupira discrètement. Derrière lui, il entendit Bakugo l'interpeller :

— Eh Deku, arrête de marcher comme si t'avais un balai dans le cul.

Il se moquait et Izuku préféra l'ignorer, continuant de lui tourner le dos. Le blond avait été son meilleur ami plus jeune, mais ça n'avait pas duré. Bakugo qui avait été un enfant fasciné par le Seigneur, comme tous les enfants, avait grandi et changé. Il ne se cachait pas pour dire que tout ça, c'était de la merde et que Deku était une vraie grenouille de bénitier complètement stupide.

— Enfin quoi que vu comme t'es coincé, c'est plutôt l'arbre entier que t'as dans le derche.

— Fais attention à ce que tu dis Kacchan, lui lança Izuku malgré lui, ou un jour tu le regretteras.

— Oh pourquoi ? Parce que notre cher Seigneur va venir me mettre une fessée ?

Izuku ne répondit rien. Lui parler ne ferait qu'empirer les choses. Bakugo le provoquait exprès. Il voulait le tenter, le forcer à commettre un faux pas. Izuku tenta de s'éloigner, de rejoindre ses parents qui discutaient plus loin, mais Bakugo n'en avait pas fini avec lui :

— Tu crois vraiment à toutes ces conneries hein ?

— Ce ne sont pas des conneries.

— Oh, allez Deku ! Tu suis les préceptes parce que tu as les miquettes, mais t'en crois pas un mot dans le fond. Je me trompe ?

Izuku se tourna enfin vers l'insolent :

— Tu te trompes Kacchan, dit-il.

Bakugo eut un sourire moqueur.

— Alors, continue à écouter toutes ces conneries, mais viens pas chialer si tu meurs et que ton Paradis n'existe pas.

Izuku ne supportait plus ses blasphèmes, alors il se recula à toute vitesse et rejoignit ses parents. Bakugo n'oserait jamais parler ainsi devant la famille Midoriya. Déjà qu'il se retenait un minimum avec sa propre mère – ce qui ne l'empêchait pas d'exprimer son avis et de se faire engueuler par Mitsuki.

Dans la maison d'Izuku, il y avait beaucoup d'images du Seigneur. Le garçon avait interdiction d'afficher sur les murs de sa chambre des images qui pourraient être offensantes, alors il collait des images de Saints ou d'anges. Sa chambre était très austère, mais elle satisfaisait son père, et donc devait aussi satisfaire le Seigneur. En rentrant de l'Église, il se rendit dans son antre, posa son livre de prières sur son bureau et regarda autour de lui.

Une mini bibliothèque ne contenant que des livres religieux.

Un lit une place avec une couette toute blanche, d'une simplicité absolue.

Un placard rempli de vêtements sobres.

Un bureau bien rangé.

Et puis c'était tout.

Pas d'ordinateur, de télévision, de jeux vidéo, car c'était toutes ces choses-là – selon son père – qui laissaient entrer le démon. Pour s'occuper, Izuku faisait donc ses devoirs, prenait des notes et s'ennuyait beaucoup. Mais c'était un sacrifice nécessaire pour le Seigneur.

Il savait que la chambre de Bakugo était remplie de poster de groupes de musiques qu'il aimait bien, qu'il avait une console et des tas de mangas. Mitsuki était moins sévère que le père d'Izuku. C'était peut-être pour ça que Bakugo était en train de vriller complètement.

Comme Mitsuki et Inko (la mère d'Izuku) étaient amies, ils leur arrivaient de partager un repas. Aujourd'hui c'était au tour d'Inko de se mettre aux fourneaux pour la famille Bakugo. Son père ne touchait pas la cuisine. Selon lui le Seigneur avait défini les rôles des hommes et des femmes, c'était parce qu'on ne les respectait pas que ce monde allait si mal.

Mais parce qu'il était un bon garçon, Izuku aidait sa mère dans les tâches ménagères. Même la cuisine. Inko le remerciait avec tendresse. Elle adorait son fils, et savait qu'il ferait un homme bon et droit.

Les Bakugo arrivèrent à dix-neuf heures pétantes, réglés comme du papier à musique. Mitsuki et son mari entrèrent et saluèrent tout le monde. Bakugo les mains dans les poches se contenta d'un « 'lut », et Mitsuki l'excusa en expliquant qu'il était dans sa phase d'adolescent rebelle.

Izuku vit dans le regard de son père qu'il ne cautionnait pas ce comportement, mais il resta silencieux, sans doute par politesse. Comme le repas n'était pas encore prêt, les adultes s'installèrent dans le salon. Le jeune Bakugo attrapa Izuku par le poignet pour l'entraîner avec lui :

— On va dans sa chambre, lança-t-il aux adultes sans laisser le choix à personne.

Izuku le suivit. Dans les escaliers, Bakugo le relâcha. Une fois dans la chambre, le blond, sans aucune gêne se laissa tomber sur le lit d'Izuku. Ce dernier resta debout.

— Assieds-toi, lui dit Bakugo, fait comme chez toi.

— Je suis chez moi.

Bakugo l'ignora et tendant la main vers la bibliothèque il en sortit un livre.

— Tu lis vraiment des torchons, commenta-t-il. Tu n'as pas mieux ?

— Les mauvaises lectures nous conduisent au péché.

— C'est fou ça, ricana Bakugo, comme tu aimes répéter tout ce que dit ton père. Un vrai magnétophone.

Izuku finit par s'asseoir à sa chaise de bureau. Ça ne servait à rien de parlementer avec Bakugo, il n'en faisait qu'à sa tête de toute façon.

— Qu'est-ce qu'on se fait chier chez toi, je viens souvent et pourtant chaque fois je suis étonné qu'on puisse s'emmerder autant.

Izuku haussa une épaule.

— Oh ! Allez Deku, me dis pas que tu t'éclates quand t'es ici.

Non, il ne s'éclatait pas, mais il ne ferait pas le plaisir de le dire à Bakugo.

— Tu vas avoir des problèmes, dit-il à la place, si tu continues sur cette voie.

— Et que va-t-il m'arriver ? rit Bakugo provocateur.

— Tu vas être puni et tu iras en Enfer.

— Comme tous les gens trop cool pour plaire au Seigneur ? Et bien tant mieux, au moins on pourra s'amuser, pendant que là-haut vous continuerez votre vie chiante comme pas possible.

— Comment tu peux blasphémer ainsi ?

— Parce que j'ai appris à réfléchir par moi-même, répondit Bakugo soudainement sérieux. Toi, tu es resté coincé dans toute cette histoire. On t'a fait un lavage de cerveau et il marche plutôt bien. J'en suis le premier déçu, je l'avoue. Tu étais plus fun enfant.

Parce qu'ils faisaient les quatre cents coups ensemble.

Parce qu'on pardonnait plus facilement aux enfants leurs bêtises qu'aux adolescents.

— On a grandi, fit Izuku pragmatique.

Bakugo se releva du lit :

— C'est pas vrai, comment t'as pu devenir aussi chiant ?

Il se rapprocha d'Izuku, l'air énervé.

— Tu vas me frapper ? interrogea Izuku.

— Frapper le bon petit saint Midoriya ? Tu es fou toi. Ma mère me tuerait.

— Alors qu'est-ce que tu veux ?

— Je veux voir ce que t'as dans la caboche. Sous toutes ces couches de conneries que te raconte ton père.

Il fut si près bientôt qu'Izuku pouvait sentir la chaleur du corps de Bakugo. Il frissonna malgré lui. Il ne se sentait pas à l'aise.

— Dis-moi Deku, qu'est-ce que tu penses vraiment de tout ça ? tenta le blond.

— Il n'y a rien à penser, il faut suivre les préceptes si on veut être sauvé c'est tout.

Le blond se baissa, son visage si proche d'Izuku que leurs nez se frôlaient.

— Et pour de vrai ?

Izuku tint bon :

— Je ne suis pas comme toi Kacchan.

Bakugo attrapa son menton avec ses doigts le tenant assez fort pour lui faire mal :

— Tu me débectes Deku !

Et il le repoussa si fort que l'adolescent faillit tomber de sa chaise.

— Si c'est vraiment cette vie-là que tu veux mener, libre à toi, maugréa Bakugo, mais tu le regretteras quand tu verras à quel point la mienne sera fun à côté.

Izuku resta silencieux alors que Bakugo sortait de sa chambre.

Son cœur cognait fort contre ses côtes. Et ce n'était pas de peur.

Il ferma les yeux.

Il avait le droit de penser que les bancs de l'Église étaient trop durs. Et c'était tout. Tout le reste le mènerait de sûr en Enfer.

xxx

Izuku et Bakugo finirent leur scolarité au collège et entrèrent au lycée. Il n'y avait pas de lycée privé dans le coin, alors ils se retrouvèrent dans le public. Cela contrariait énormément le père d'Izuku qui n'avait de cesse de lui répéter de ne pas se laisser pourrir le cerveau par les âneries qu'on tenterait de lui apprendre. Inko était plus souple.

— Izuku est un bon garçon, je suis sûr qu'il ne se laissera pas influencer.

— Quand même, on aurait dû l'envoyer en internat.

Mais Inko voulait garder égoïstement son fils auprès d'elle et elle avait fini par avoir le dernier mot en expliquant à son mari qu'au loin, il ne pourrait pas garder un œil sur Izuku.

L'adolescent fit donc son entrée au lycée Yuei, un lycée assez réputé, car Izuku avait un très bon niveau. Bakugo avait suivi, car même s'il devenait de plus en plus difficile à contrôler, c'était un élève exemplaire quand il s'agissait des notes. Ils se retrouvèrent tous les deux dans la même classe et Izuku salua d'un petit sourire inquiet Bakugo. Ce dernier l'ignora complètement et lui passa à côté comme s'il ne l'avait pas vu. Normalement, le blond n'aurait eu aucun scrupule à le taquiner ou se moquer. Mais là rien, juste de l'ignorance.

C'était comme ça depuis leur dernière discussion dans la chambre d'Izuku. C'était peut-être mieux ainsi, Bakugo était une mauvaise influence, il avait un discours dangereux et il était clair qu'Izuku n'arriverait pas à le raisonner.

Pourtant il avait beaucoup prié.

Seigneur faites que Bakugo retrouve ses esprits.

Seigneur faites qu'il ne dévie pas du droit chemin.

Seigneur faites qu'il cesse de m'éviter. Enfin, qu'il cesse de ne pas écouter votre voix.

Il n'était pas entendu, mais comme son père le disait, le Seigneur avait beaucoup à s'occuper, beaucoup à faire et parfois il laissait une de ses brebis s'égarer. C'était à elle de retrouver le bon chemin en faisant confiance au Seigneur.

Mais Bakugo n'avait aucune confiance au Seigneur. D'après ce qu'il disait, c'était à peine s'il y croyait.

Il faudrait que quelqu'un l'aide, que quelqu'un le guide et Izuku pouvait être cette personne, il pouvait le ramener sur la voie du Seigneur.

C'était ce qu'il allait faire.

D'abord, il déposa dans le casier de Bakugo des prospectus sur le Seigneur. Il avait souligné les passages importants, ceux que le blond ne devait jamais oublier s'il voulait gagner son Paradis. Il avait encadré plusieurs fois « servir le Seigneur tous les dimanches », car Izuku avait remarqué que l'autre adolescent n'allait plus aux rassemblements. Le père d'Izuku avait enguirlandé Mitsuki là-dessus, mais la femme s'était contentée de dire « il a fait son choix, c'est son libre arbitre après tout ». Hisashi avait très mal pris cette phrase, il avait fait la leçon à Mitsuki jusqu'à ce que celle-ci l'envoie balader. Inko avait tenté de se mettre entre eux et de calmer son mari, mais ça avait empiré les choses. Et depuis Hisashi refusait de recevoir les Bakugo chez lui ou de mettre un pied chez eux. Et bien entendu, il interdisait à sa femme de garder contact avec cette famille pourrie de l'intérieur.

Izuku espérait que si Bakugo revenait aux rassemblements, la situation s'apaiserait.

Pendant une semaine, il déposa des prospectus différents, jusqu'à ce que Bakugo arrive vers lui avant que les cours ne commencent, tenant dans ses mains tous les papiers qu'avait glissés Izuku dans le casier. Il n'avait pas l'air du tout content, d'une main il poussa Izuku contre le mur et appuya sur son torse les prospectus :

— Garde tes merdes pour toi, le mouton. Si j'en trouve encore dans mon casier, je te les fais bouffer !

— Mais Kacchan, tu les as lus ?

— Pourquoi je perdrais mon temps à lire ça ? C'est toujours les mêmes merdes qu'on nous rabâche depuis l'enfance ! J'en ai plus rien à foutre de ces conneries, alors lâche-moi les baskets.

— Tu pourrais revenir aux rassemblements, tenta Izuku, comme ça tu pourrais revenir à la maison aussi.

— Et pourquoi j'aurais envie de revenir dans votre baraque de merde Deku ? Il n'y a rien là-bas pour moi. Tout y est austère et chiant à mourir. Toi le premier.

Izuku fut blessé par cette remarque. Son silence laissa le temps à Bakugo de s'éloigner, lui abandonnant entre les mains la paperasse de sa religion.

Cette méthode n'avait pas bien fonctionné, mais au moins Bakugo lui avait parlé, et Izuku était têtu.

Au lycée Yuei il y avait peu de croyants. En fait Izuku était même le seul. Peu de gens lui adressaient la parole, et il n'avait pas d'amis. Contrairement à Bakugo qui se retrouvait toujours entouré malgré son mauvais caractère. L'adolescent aux cheveux verts l'observait sans cesse de loin, en réfléchissant à une idée pour le ramener sur le droit chemin.

Timidement, il s'était rapproché d'un ami à Bakugo. Il s'appelait Kirishima et c'était tout ce qu'en savait Izuku pour le moment.

— Salut, lui dit-il.

— Euh salut…

— Je suis un ami de Kacchan, expliqua Izuku.

— Kacchan ? Ah tu veux dire Bakugo ?

— Oui.

— Kacchan c'est son surnom ?

— Euh…

— Oh mon dieu merci gars, je vais plus le lâcher avec ça, il va tellement péter un câble. Comment tu t'appelles que je te dénonce ?

— Izuku Midoriya.

— Et bien Midoriya, on va bien s'amuser grâce à toi.

— En fait… Euh… Je venais pas pour ça.

— Ah oui, alors en quoi puis-je t'aider ?

— Je voudrais que Kacchan revienne aux rassemblements de l'Église. Alors je me disais que comme vous étiez proches, tu pourrais lui proposer d'y aller ensemble, pour le convaincre, tu comprends ? Il doit revenir.

Kirishima se tut un instant, avant d'éclater de rire et de taper le dos d'Izuku comme s'il avait dit un truc hilarant.

— Mec, t'es un marrant toi ! Alors comme ça Kacchan est croyant ? Faut vite que je mette les autres au courant.

— Euh… Et pour les rassemblements du dimanche ?

— T'inquiète, on va l'y emmener, on ne peut pas rater ça. Bakugo va tellement péter un câble, on filme ça et on le met sur YouTube, on va se faire des millions.

Et sur ces mots Kirishima s'éloigna. Izuku avait l'impression que son plan avait mal tourné et que les résultats ne seraient pas ceux escomptés.

Bakugo alla au prochain rassemblement de l'Église, mais il était accompagné de Kirishima et d'autres de ses potes. Ils étaient morts de rire, foutaient le bordel comme des petits cons, ils prenaient des photos et filmaient la tête exaspérée de Bakugo. Ils se firent jeter dehors au bout d'un moment, et Izuku croisa par hasard le regard du blond. Ce dernier le fixait comme s'il allait le tuer et Izuku tenta de se faire tout petit.

Après le rassemblement, Bakugo se jeta presque sur Izuku, il le prit par le bras et l'entraîna plus loin pour lui parler :

— Non, mais ça va pas la tête ? Tu veux me pourrir la vie jusqu'au bout ?

— Je voulais juste que tu reviennes aux rassemblements et qu'on recommence les repas ensemble, murmura Izuku.

— Et pourquoi tu tiens tant à ces foutus repas ?

Izuku resta silencieux.

— Est-ce que t'es content maintenant ? Tu m'as humilié devant tous mes potes. C'est pas parce que toi t'as personne que t'as le droit de faire ça ! J'ai juré à Kirishima que si l'un d'entre eux m'appelait Kacchan, je leur ferais bouffer leurs dents. Et que c'était la dernière fois que je foutais les pieds dans une Église.

— Mais Kacchan…

— Mais Kacchan, répéta Bakugo avec ironie. Qu'est-ce que tu comprends pas Deku ? Tu as fait ton choix alors fous-moi la paix maintenant.

— Je ne comprends pas, couina Izuku.

— Parce que tu es complètement con, t'as le cerveau lavé à la machine et tu ne vois pas ce qui est évident, ce qui est devant toi. Non il n'y a que « le Seigneur ceci » et « le Seigneur cela ». Tu t'es jamais dit que t'étais pas obligé d'obéir à ton père et que tu pouvais venir à la maison quand même ?

— Qu… Quoi ?

— Je suis sûr que tu ne sais même pas que ta mère et la mienne se donnent rendez-vous dans des cafés pour se voir.

— M.. Mais mon père…

— Tu vois c'est ça ton problème. On s'en fout de ton père, du Seigneur, de toutes ces conneries, fais ce que toi tu as envie au lieu d'emmerder le monde avec des préceptes qui viennent d'une autre époque.

Izuku resta cloué sur place. Bakugo le planta là après lui avoir juré mille morts s'il continuait ses conneries.

Quand l'adolescent aux cheveux verts reprit ses esprits, il rejoignit ses parents. Son père était furieux, mais il n'y fit pas attention, il regarda sa mère fixement. Cette dernière tentait d'apaiser Hisashi de sa voix douce, elle caressait son bras gentiment, et trouvait les mots pour le calmer. Les mots sortirent tous seuls de la bouche d'Izuku quand il se tourna vers son père :

— La colère est mauvaise conseillère, le Seigneur trouve que c'est un péché.

Alors qu'Hisashi était presque calmé, il regarda son fils, et cria après lui :

— Alors tu penses que ces gamins qui sont venus perturber notre rassemblement ont eu raison ? Tu repousses le Seigneur ?

— Je n'ai jamais dit ça, murmura Izuku.

Hisashi lui montra du doigt la voiture :

— Monte, dépêche-toi, on va discuter de tout ça à la maison et ça va barder.

Inko tenta une nouvelle fois de calmer son mari en vain.

À la maison, Hisashi força son fils à rester à genoux le reste de la journée, se fichant de la douleur qu'il ressentait.

— Les mauvais enfants, on les punit. C'est pour ton bien Izuku.

Izuku avait trop mal pour le croire.

Quand enfin il eut droit de changer de position, il se laissa tomber sur le sol, les genoux très douloureux. Sa mère alla chercher une crème et lui massa les genoux.

— C'est parce que tu es trop gentil avec lui qu'il défie mon autorité, râla Hisashi.

Mais Inko l'ignora.

Quand le père s'éloigna et claqua la porte de sa chambre, Izuku demanda à sa mère en chuchotant :

— C'est vrai que tu vois toujours Mitsuki ?

La femme tourna la tête dans tous les sens, comme si son mari avait pu entendre les paroles d'Izuku. Puis elle se calma et hocha la tête :

— C'est la vérité, dit-elle, Mitsuki est mon amie et je ne pense pas que le Seigneur voudrait que je perde mes amies.

— Et qu'est-ce que veut le Seigneur ? demanda Izuku.

— Qu'on fasse de notre mieux, je pense, sourit Inko de façon bienveillante.

— Tu crois que papa a raison ? Que je dois être puni ?

— Je crois que ton père se trompe sur beaucoup de choses, avoua Inko, et je sais que tu l'aimes beaucoup, mais tu ne devrais pas l'écouter à ce point. Il n'a pas toujours raison juste parce qu'il doit suivre les préceptes du Seigneur.

Izuku avait toujours cru que sa mère suivait religieusement son mari, et découvrait que ce n'était pas du tout le cas. Qu'elle avait sa propre façon de croire. Et lui ? Lui qu'avait-il fait ?

Il avait juste enregistré les paroles de son père pour les ressortir à toutes les sauces afin d'être sûr d'atteindre le Paradis. Et tant pis si ça le rendait malheureux.

Izuku pensa que Bakugo avait raison.

Il n'était qu'un crétin.

xxx

Izuku ne changea pas du jour au lendemain, mais il se rendait compte que laisser son père parler sans forcément l'écouter ne changeait rien à sa vie. Il n'était pas foudroyé par un éclair du Seigneur mécontent et lui-même n'avait pas l'impression de pécher pour autant. Il passa en librairie pour acheter un manga et le planqua sous son matelas. Était-ce un premier pas vers l'Enfer ou celui vers un peu plus de liberté ?

Il avait souvent eu envie d'en lire et d'en acheter, chez Bakugo, il n'osait pas demander, mais maintenant il en avait un à lui et il allait le lire en cachette.

Izuku acheta le deuxième et le troisième tome, tellement cela lui avait plu.

Le garçon commença à tester des choses qu'il pensait interdites à cause de son père, des choses qu'il avait toujours eu envie de faire, mais qu'il ne faisait pas. Par peur d'Hisashi et du Seigneur.

À la cafétéria du lycée, il s'acheta un coca-cola.

Pendant la pause de midi, il se dirigea vers la salle télé de Yuei et s'assit devant pour regarder l'émission qui passait.

Kirishima qui semblait l'apprécier sans qu'il ne sache pourquoi, lui prêta sa console de jeu et pour la première fois Izuku tenta de balader un bonhomme sur l'écran et de tuer des monstres. Il était nul, mais le jeu lui parut amusant.

— Woh, Deku sur une console, serait-ce bientôt l'apocalypse ! ironisa Bakugo en passant.

— Ne t'en prends pas à lui Bakugo, c'est mon protégé, lança Kirishima.

— Fais gaffe qu'il ne t'enrôle pas dans sa secte.

— Je… Ce n'est pas ce que je voulais faire, se défendit Izuku d'une petite voix.

Bakugo haussa les épaules et s'éloigna. Faisant soupirer Izuku.

— T'inquiète pas Midoriya, ce mec n'est pas si compliqué à comprendre, il gueule beaucoup, mais au fond de lui se cache un cœur à la chantilly.

Izuku le savait, mais…

— Je pense qu'il me déteste.

— Tu rigoles ? Il ne te déteste pas du tout.

— Hein ?

— Il t'en veut peut-être un peu pour votre secte là, mais s'il te détestait il n'aurait pas empêché notre groupe de te faire une blague qui risquait de t'humilier. Il a dit que si jamais on touchait un seul de tes cheveux, il nous exploserait tous.

— Il a dit ça ?

— Ouaip.

Izuku sembla un poids s'alléger dans sa poitrine et sourit sans s'en rendre compte. Kirishima l'observa et dit :

— Tu l'aimes hein ?

Izuku rougit de toutes ses forces.

— C'est pour ça que tu faisais tout pour qu'il vienne à vos rassemblements hein ? Parce que tu voulais te réconcilier avec lui, parce que tu l'aimes !

Izuku nia de toutes ses forces en secouant la tête :

— Ce n'est pas ça, je veux juste qu'il aille au Paradis.

Kirishima rit gentiment, mais n'insista pas. Puis il lui montra des techniques pour devenir meilleur à la console.

Izuku évoluait. Il croyait toujours, mais petit à petit il apprit à chasser la voix de son père, pour faire les choses qu'il avait toujours eu envie. Il cacha dans son placard des posters de ses groupes de musique préférés (qu'il écoutait à l'extérieur quand son père ne pouvait pas l'entendre). À la médiathèque, il se mettait sur les ordinateurs pour tenter de comprendre les réseaux sociaux et voir tout ce qu'il ratait. Il alla à un rendez-vous de sa mère avec Mitsuki. Cette dernière s'excusa :

— Katsuki cette tête de mule n'a pas voulu venir, mais je suis très heureuse de te voir Izuku.

Après le rendez-vous, Izuku demanda à sa mère :

— Est-ce que c'est mal de ne rien dire à papa ?

— C'est un mensonge par omission, expliqua sa mère, ce qu'il ne sait pas ne peut pas lui faire de mal.

— Mais notre Seigneur ne veut pas qu'on mente.

Inko réfléchit un moment et finit par dire :

— Notre Seigneur n'aime pas le mensonge, c'est vrai, mais je crois aussi qu'il peut nous pardonner, surtout quand on ne fait rien de mal. Je vais seulement voir une amie. Je n'ai pas prévu de cambrioler une banque.

Izuku réfléchit à ce que lui disait sa mère. Peut-être qu'il aurait dû l'écouter elle depuis le début plutôt que son père. Il la trouvait plus sage, plus libératrice. Une fois, elle lui avoua même qu'elle aussi trouvait les bancs de l'Église beaucoup trop durs et qu'il faudrait pouvoir emmener un coussin.

— C'est bien de croire au Seigneur, Izuku, mais il n'a jamais demandé à ce que tu sacrifies toute ta vie pour lui. Je suis certaine qu'il a envie que tu fasses tes propres expériences et qu'il ne t'en voudra pas si tu ne manges pas un plat que tu n'aimes pas.

Devant son père, Izuku restait droit, mais petit à petit il s'ouvrit à d'autres choses que la religion. Et grâce à Kirishima, il commença à se faire des amis au lycée. C'était le même groupe qui traînait avec Bakugo et cela permit à Izuku de se rapprocher à nouveau de son ami d'enfance. Celui-ci ne l'évitait plus, mais ne lui parlait pas non plus. Seulement Izuku remarquait la différence et il en était heureux.

Peut-être que Bakugo n'avait pas besoin de venir aux rassemblements de l'Église pour qu'ils se voient. Peut-être même qu'il n'irait pas en Enfer, juste parce qu'il refusait de croire à des trucs qui lui paraissaient insignifiants et stupides. Ce serait au Seigneur de décider.

C'était bien ce que son père lui répétait d'ailleurs. Le Seigneur est seul juge.

Un jour, en cours, alors que Kirishima était absent pour cause de maladie, Izuku alla s'asseoir à côté de Bakugo.

— Salut Kacchan.

— Qu'est-ce que tu veux le mouton ? Je te préviens si t'essayes de m'endoctriner, je te fais avaler ta langue.

— Je suis désolé, souffla Izuku, je ne voulais pas t'endoctriner, je voulais juste continuer à te voir.

Bakugo resta silencieux très très longtemps. Le cours commença, et ce ne fut qu'une demi-heure après que le blond murmura :

— Il suffisait de me le demander, crétin.

— Alors… Est-ce que ça veut dire qu'on peut continuer à se voir ?

Une nouvelle demi-heure puis un :

— Oui.

Izuku tourna ses yeux vers Bakugo et lui sourit de toutes ses dents.

Bakugo n'allait plus aux rassemblements et alors ? Izuku le voyait tous les jours au lycée, ils discutaient, ils étaient ensemble et l'adolescent aux cheveux verts avait désormais un groupe d'amis. On lui prêtait des jeux, des livres, des mangas. Kaminari, un des gars du groupe, lui avait même proposé des DVDs pornos avant de se prendre un coup de coude par Bakugo :

— Tu oublies tes conneries !

Izuku s'amusait beaucoup, mais ses résultats au lycée Yuei étaient aussi bons qu'au collège et son père ne voyait rien. Il suffisait que son fils, devant lui, agisse comme il l'avait toujours fait. Tant pis si c'était hypocrite, le Seigneur choisirait de le pardonner ou non.

Izuku se sentait plus libre, plus heureux, plus léger.

Alors quand Bakugo l'invita chez lui parce qu'ils avaient une heure de cours annulé, il accepta tout de suite.

— On peut venir aussi ? interrogea Kirishima.

— Non vous allez foutre la merde ! ronchonna Bakugo.

— Oh tu veux donc être seul avec Midoriya ?

— Je vais te couper la langue si tu continues de déblatérer des conneries, lâcha Bakugo.

Puis se tournant vers Izuku il lui fit signe de le suivre :

— Allez viens Deku.

À la maison, Mitsuki fit un câlin à Izuku et laissa les deux garçons s'enfermer dans la chambre de son fils.

— Viens, on va jouer à la console, fit le blond.

Izuku s'assit par terre le dos contre le lit et accepta la manette tendue par son ami.

— J'ai un jeu super où on doit dégommer le plus possible d'anges pour gagner.

— Kacchan !

— Ça va je plaisante, je voudrais pas choquer ma petite grenouille de bénitier. C'est juste un jeu de bagnole, le premier qui dépasse la ligne d'arrivée gagne, ça va c'est pas trop dur pour toi ?

Bakugo expliqua les touches à Izuku et ils échangèrent quelques courses. Au début Izuku était nul, mais il apprenait vite. Les deux garçons étaient assis l'un à côté de l'autre, et Bakugo grommelait :

— Je ne te laisserai pas gagner !

— On verra, sourit Izuku.

Il finit par rattraper le blond et gagna enfin une course. Il leva les bras jusqu'au plafond et s'écria :

— Youhou !

Bakugo se jeta sur lui. Ils se retrouvèrent l'un sur l'autre, alors que le blond chatouillait Izuku pour se venger de sa victoire. Ce dernier se tortillait dans tous les sens pour éviter les mains de Bakugo en vain. Il finit par attraper ses mains pour le calmer et alors que Bakugo cessait enfin ses chatouilles, Izuku prit conscience de leur position et de la proximité de Bakugo.

Des idées pécheresses lui vinrent en tête.

Un instant il songea à demander au Seigneur de le retenir, de l'aider.

Mais il envoya tout balader quand Bakugo caressa sa joue.

— Alors Izuku…

Il l'avait appelé Izuku, pas Deku, Izuku. Son cœur cognait trop fort.

— Comment tu te sens maintenant que tu as tellement péché ?

Bakugo lui souriait comme jamais il ne lui avait souri.

— Je n'ai pas pêché, j'ai juste…

— Contourné le problème, s'amusa Bakugo.

— En quelques sortes, admit Izuku.

— Et bien, je te préfère comme ça, avoua le blond.

Izuku resta silencieux, les yeux plantés dans les orbes rouges de Bakugo.

— Il y a une chose que je veux depuis longtemps, avoua ce dernier, mais tu me dégoutais avec tes paroles et tes préceptes.

— Tu voulais faire quoi ? chuchota Izuku alors que son cœur lui faisait mal tellement il battait vite.

— Ça, répondit Bakugo.

Et il l'embrassa. Sur la bouche.

C'était bien sûr interdit par le Seigneur.

Mais si Izuku devait aller en Enfer pour un baiser, alors il irait avec Bakugo.

Parce que lui aussi avait ce désir depuis si longtemps. Tellement…

Il s'était protégé derrière les préceptes de son père, et il comprenait maintenant qu'il n'avait fait que repousser ses envies.

Quand Bakugo se recula, il sourit malignement :

— Alors Izuku, tu viens de prendre ton billet droit pour l'Enfer.

— Oh la ferme, fit Izuku, et embrasse-moi.

Bakugo rit et obéit.

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Ils s'étaient embrassés longtemps, jusqu'à se faire chopper par Mitsuki qui avait seulement soupiré. Elle avait bien entendu juré de ne jamais en parler au père d'Izuku.

— Je ne veux pas provoquer un meurtre, lui dit-elle en plaisantant.

Izuku rentra chez lui, complètement changé, et dans état de béatitude. Impossible que le Seigneur soit mauvais, impossible qu'il puisse refuser l'amour de deux personnes. Même si elles étaient du même sexe.

— Je suis rentré, cria-t-il en arrivant chez lui.

Son père déboula alors dans le couloir et son air était si furieux, qu'Izuku pensa qu'il avait appris pour lui et Bakugo. Mais son père lui jeta à la figure ses mangas et ses posters qu'il avait cachés – mais pas suffisamment bien.

— Qu'est-ce que tu fais Izuku ? Tu crois que je ne verrais pas ces choses ? Tu crois que je ne saurais pas que tu suis le chemin droit vers l'Enfer ?

Izuku déchanta. Il essaya d'expliquer :

— Tu n'as pas à répondre jeune homme, et tu vas être sacrément puni je peux te le jurer.

— Punis parce que je lis et j'écoute de la musique ? Papa tu es ridicule !

Inko se tenait derrière Hisashi, mais elle n'eut pas le temps de réagir, son père gifla violemment Izuku. Le garçon posa une main sur sa joue. Il sentit son nez se mettre à saigner, et malgré ça, il murmura :

— Le Seigneur est contre la violence.

— Tu m'y as obligé ! Le Seigneur veut aussi que tu obéisses à ton père !

Izuku baissa les yeux et ne vit pas sa mère se mettre entre lui et Hisashi.

— Calme-toi, ordonna-t-elle, il n'a rien fait de mal. Tu es en train de l'étouffer avec tes préceptes et tu n'as pas à le frapper.

Inko regardait son mari avec détermination, sans aucune peur. Ce dernier leva à nouveau la main et la mère d'Izuku ne ferma pas les yeux :

— Touche-moi et tu ne nous verras plus jamais ni moi ni ton fils.

Hisashi relaissa tomber son bras :

— Qu'est-ce qui vous arrive tous les deux ? Je ne vous comprends plus !

— C'est nous qui ne te comprenons pas, lâcha Inko. Tu es tellement embrigadé dans tes histoires que tu te fiches du bonheur de ton propre fils.

— Le Seigneur ne souhaite pas notre bonheur il veut qu'on lui obéisse.

Inko leva les yeux au ciel :

— Tu ne sais rien de ce que désire le Seigneur. Il est le seul à le savoir, et si tu ne laisses pas Izuku suivre sa propre voie, tu vas contre les voix du Seigneur.

Izuku essuyait son nez qui pissait le sang et il se mit à côté de sa mère :

— Papa, je ne peux plus suivre tes préceptes, dit-il. Je crois encore au Seigneur, mais je ne pense pas qu'il soit si fermé d'esprit. Il n'y a que lui pour juger, toi tu n'en as aucun droit, c'est lui qui décidera si on va en Enfer ou au Paradis, en attendant on peut juste faire de notre mieux. Il ne nous a jamais demandé de sacrifier notre bonheur.

— Le bonheur on l'aura au Paradis.

Inko secoua la tête, fatigué, puis elle prit le poignet de son fils :

— Je vais soigner Izuku, dit-elle, mais je crois qu'on va devoir continuer cette conversation tous les deux plus tard.

Dans la salle de bain, alors qu'Inko essuyait le sang à l'aide d'un mouchoir, Izuku avoua ce qu'il s'était passé avec Bakugo. Sa mère lui sourit, mais lui dit :

— N'en parle surtout pas à ton père.

— Je ne le ferai pas.

Inko embrassa son front et murmura :

— Je suis fière de toi mon fils.

Et ça, c'était bien plus important que la voix du Seigneur.

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Épilogue.

Inko demanda le divorce. Elle ne réussit pas à raisonner Hisashi et elle ne pouvait plus vivre avec lui. C'était trop dur, toutes ces interdictions, tous ces préceptes arriérés, c'était épuisant. Elle était restée par amour, mais l'amour ne suffit pas toujours. La gifle qu'Hisashi avait donnée à Izuku avait fait pencher la balance. Elle ne pouvait pas laisser son fils grandir avec un père capable de justifier la violence.

L'homme fut furieux, pour lui le divorce était la pire honte, et un péché qui conduirait sa femme droit en Enfer. Mais Inko signa les papiers et son ex-mari finit par faire de même. Elle déménagea avec Izuku. Il pouvait voir son père un week-end sur deux, mais ce n'était pas ses moments préférés. Hisashi essayait de le « récupérer », de le retourner contre sa mère, de l'endoctriner comme il l'était et c'était épuisant. Parce qu'Izuku était beaucoup plus lucide et il ne reviendrait pas en arrière.

Pas à une vie où il serait loin de Bakugo.

Les deux adolescents sortaient désormais ensemble. Les gens de leur groupe avaient accepté l'idée sans soucis. D'autres au lycée avaient été contre, mais qui prenaient en compte leur avis de toute façon ?

Pas Izuku. Il avait même tourné le dos à tous ses préceptes, toutes ses croyances, et tout ça pour Bakugo, alors qu'on le traite de « pédé » dans les couloirs, ce n'était rien du tout. Et puis il tenait la main de son Kacchan. Celui-ci au caractère explosif bondissait à chaque insulte :

— Je vais te faire avaler du papier cul pour nettoyer ta bouche pleine de merde.

Cela amusait Izuku qui embrassait sa joue. Si bien que le blond se calmait instantanément.

— Qui aurait cru que de simples baisers pouvaient calmer notre Godzilla, taquinait Kirishima.

— Ferme ta gueule ! beuglait Bakugo.

Et Kirishima se rapprochant d'Izuku lui chuchotait :

— Embrasse-le avant qu'il ne me tue.

Izuku éclatait de rire, et ce rire, c'était le plus beau son au monde pour Bakugo. C'était comme ça qu'il s'était rendu compte que le Seigneur n'arrivait pas à la cheville d'Izuku et qu'il avait réussi à sortir de toutes ces conneries de préceptes.

Il ne le dirait jamais, mais il était bien trop heureux qu'Izuku avait enfin réussi, lui aussi, à briser ses chaînes.

Il serra son petit ami dans ses bras, juste comme ça, parce qu'il avait envie, et se ficha des sifflements stupides de Kirishima.

À l'oreille d'Izuku, Bakugo chuchota :

— C'est toi que j'adore.

Et péché ou pas péché, Izuku sentit son cœur battre plus vite et se blottit tout contre celui qu'il aimait.

Fin.

L'autatrice : voilà voilà, j'ai été pas mal inspiré pour cette fic, n'hésitez pas à me donner votre avis.