Voilà maintenant 2 mois qu'Emily et Sam vivaient ensemble. Je savais par Amelia que Leah avait cessé de parler à sa cousine. Comme je la comprenais : la personne qui était censée te soutenir pour lors de ta séparation finit par sortir avec le mec en question. Une trahison difficile à digérer.
Emily avait enlevé ses bandages, je la croisé de temps en temps quand je travaillais à l'épicerie. Les 3 cicatrices causées par les griffes de l'ours était spectaculaire. Mais ça n'avait entaché ni la douceur d'Emily, ni son entrain. Elle était l'opposée de Sam qui était devenu de plus en plus…patibulaire. Il devenait le genre de personne que personne n'avait envie de croiser la nuit dans les bois.
Autre changement : Jared ne venait plus en cours. Cela faisait maintenant presque 10 jours que nous ne l'avions pas vu. J'avais questionné sa mère quand je l'avais croisé à l'épicerie.
- Il va bien, ne t'inquiète pas. C'est juste un mauvais virus.
Cependant, une barre d'inquiétude était apparue lorsqu'elle m'avait répondu. Sa maladie était si inquiétante ?
Je sais que les parents de Jared écoutaient scrupuleusement le conseil des anciens. Ces derniers étaient frileux à se rendre à l'hôpital de Forks depuis que le docteur Cullen y travaillait. Mais si une maladie prenait trop d'ampleur il fallait y aller ! Au diable les vieilles légendes et ce pauvre docteur qui avait eu le malheur d'avoir le même nom que les sang-froid dans nos contes.
Je me rassurais en me disant que tant que ma mère n'avait pas été appelée, tout irait à peu près bien.
La semaine suivante, une rumeur avait commencé à circuler dans ma classe : Jared allait plus que bien mais il avait été vu trainer avec Sam Uley. Même si Sam n'avait jamais rien fait de répréhensible, il restait impressionnant. Durant mon heure de mathématique, Jacob Black, assis à côté de moi, était le seul qui paraissait inquiet de la situation.
- Tu crois que c'est vrai cette histoire avec Sam ? je lui chuchotais
- C'est vrai, je les ai vus ensemble. Ils discutaient avec mon père, répondit Jacob mal à l'aise.
- Vraiment ? C'est peut-être bon signe alors. Ton père est quelqu'un de bien.
- Oui mais… mon père ne me dit pas tout, souffla doucement Jacob.
Il semblait presque inquiet. Je n'osais pas lui poser plus de question, ne voulant pas empiéter sur son intimité. Je dérivais sur un autre sujet.
- Tu n'aurais pas grandi toi ?
Je regardais Jacob de bas en haut, notant pour la première fois sa stature. Il était presque aussi grand que Jared la dernière fois que je l'avais vu. Jacob rayonna en se redressant de toute sa taille.
- 1m85.
- Je t'appellerai quand il faudra récupérer un chat dans un arbre. Enfin, si l'arbre supporte ton poids.
- Il faut nourrir son homme, qu'est-ce que tu crois.
- Que ton père te nourrit trop.
- Ne lui monte pas trop la tête, Kim, il va être insupportable, se lamenta Embry qui se trouvait derrière moi.
- Puis, ce n'est pas la taille qui compte, rajouta Quil assis à côté en faisant ressortir sa carrure à travers son t-shirt qui prenait de plus en plus forme depuis le début de l'année.
- Mais pourquoi donc cette génétique Quileute favorise les hommes, maugréais-je.
- Moi homme chasser pour amener à toi femme nourriture, répondit Quil en pouffant.
Jared revint en cours deux jours après. J'entendis parler de son retour avant de le voir. Des bruits de couloir parler de son retour. Je ne compris pas sur le moment. Certes, il était parti un bon moment mais il n'y avait rien d'extraordinaire. Mons avis : cette tribu s'ennuyait trop. J'étais cependant soulagée de le savoir remi sur pied. Mon professeur de littérature nous retint un peu plus longtemps. Je me dépêchais de me rendre dans ma salle, la cloche ayant déjà sonnée. Le cœur battant, je toquais à la porte et entrait lorsque le professeur m'invita à le faire.
- Je suis désolée Monsieur, nous avons finis un peu…
J'aurais voulu regarder mon professeur le temps de lui présenter mes excuses mais mes yeux furent comme aimantait et se dirigèrent droit sur mon voisin de table. Je compris à ce moment-là. Jared avait comme grandit. Je ne sais pas comment c'était possible mais il prit une poignée de centimètres de plus. Il devait être un peu plus grand que Jacob maintenant. Mais ce ne fut pas cela qui me choqua le plus. C'était son visage.
Non seulement il avait perdu les rondeurs de la jeunesse, mais ses traits qui s'étaient affutés, presque durcis. Il faisait maintenant plus vieux qu'un adolescent de 16 ans. Si je ne le connaissais pas, je lui donnerais entre 20 et 25 ans. Ses yeux semblaient tellement sérieux.
Lorsque j'étais entrée dans la salle, il avait levé le regard vers moi et ne me lâchait plus. J'eus du mal à me tourner vers le professeur.
- …en retard en littérature.
- Ce n'est pas grave Kim. Va vite rejoindre ta place s'il te plaît.
Sous le regard de Jared, je baissais la tête et allais le rejoindre à notre table. Je sortis mes affaires le plus doucement possible, gardant les yeux baissaient.
- Bonjour Kim, me souffla Jared.
Je levais les yeux vers lui. Ce ne fut qu'à ce moment-là que je me rendis compte qu'il s'était coupé les cheveux.
- Bonjour Jared.
Ma voix avait déraillé. Il était devenu très impressionnant. Je raclais la gorge avant de reprendre
- Je vois que tu vas mieux, j'en suis contente.
- Vraiment ? me demanda-t-il en souriant, content.
Je ne vois pas en quoi mon inquiétude pour sa santé était une si bonne nouvelle.
Je hochais la tête en me tournant vers le tableau. Jared ne m'avait toujours pas lâché du regard depuis que j'étais entrée. Je finis par lui mettre un coup de coude pour qu'il se remette à copier ce qui était écrit au tableau mais je le voyais toujours sourire.
Je me remuais sur ma chaise mal à l'aise. J'oscillais entre le plaisir de ce moment partagé avec mon béguin et cette façon qu'il avait de se focaliser sur moi, avec presque une adoration.
- Tu avais quoi ? murmurais-je en remuant à peine les dents
- Une grippe.
- Ce n'est pas la saison, remarquais-je.
- Il s'avère que je suis plus particulier que le reste de la tribu.
Il y avait comme un gout amer dans cette remarque. Quelque chose que je ne pouvais pas définir. Je tournais les yeux vers son visage mélancolique qui s'éclaira d'un grand sourire en me regardant.
- Mais ça en valait la peine, finit-il.
Je ne parviens pas à comprendre cette phrase.
Je m'apprêtais à ouvrir la bouche quand le professeur s'avança vers nous.
- , Melle Thail, vous semblait avoir beaucoup de chose à vous partager malgré votre retard (il posa son regard sur moi, je baissais la tête) et votre longue absence (il se tourna vers Jared qui ne bougea pas). Je vous invite cordialement à continuer votre conversation ce soir, après vos 15 minutes de retenu
Jared sembla sur le point de répondre mais je lui donnais un coup de pied sous la table pour lui intimer l'ordre de se taire. Nous restâmes silencieux jusqu'à la fin de l'heure, Jared me lançant des petits sourires par moment.
À la fin de l'heure, Jared fila en me lançant un « A tout à l'heure » avant de se diriger vers la sortie du lycée. Je le regardais partir sans trop comprendre, nous avions encore 2 heures des cours avant le déjeuner.
Je rejoignis mes amis le temps du déjeuner. Le début de conversation tourna autour de Jared, son absence et Sam. Andrew, qui avait cours d'histoire avec Jared et moi, me demanda si je n'en savais plus.
- Une grippe, c'est ce qu'il m'a répondu, fis-je seulement en haussant des épaules.
- Une sacrée grippe alors. Tu as vu comme il a grandi ?
Jérémy haussa plusieurs fois des sourcils en me faisant cette remarque. Il était le seul à qui j'avais confié mon béguin pour Jared. Bon, je ne lui avais pas vraiment confié mais il avait trouvé mon journal intime il y a quelques mois où j'avais inscrit un J et un K entrelaçaient. Il m'avait supplié de me révéler qui était le J mais, j'étais restée ferme, trop occupée à le taper avec le carnet en question. Il avait finalement trouvé la personne le jour où Jared m'avait fait un compliment sur une robe en cours que je portais et que j'avais piqué un fard. Jérémy avait alors tapé sur la table du plat de la main, ce qui lui avait valu 20 minutes de retenu. Mais il avait été un ami fidèle sans jamais m'embêter. Il faut dire, j'avais fouillé dans sa chambre en retour jusqu'à trouver une certaine photo de lui plus jeune déguisé en danseuse étoile. Il était entré en furie, m'arrachant la photo des mains.
- J'étais persuadé de les avoir toutes détruites, grogna-t-il.
- Tu m'en caches des choses Jérémy, fis-je en me redressant.
- Arrête, c'était mes grandes sœurs qui m'avaient forcé à faire ça.
- T'inquiète, je ne dirais rien temps que tu ne diras rien.
- Je suis touché de voir jusqu'où va ta confiance en moi, avait-il répliqué. Tu as une vision tellement toxique de notre relation.
- Je fais en sorte que nos intérêts soient communs, répondis-je ne plissant des yeux. Je me rappelle de Doudou.
- Pour la dernière fois, la noyade de ta peluche était un accident.
Mais il avait serré ma main en signe de non-agression. Depuis, parfois il me lançait des petites piques sur Jared,juste pour que nous deux pouvions comprendre. Et jamais aucune méchanceté dedans. Mon amitié avec Jérémy était bien plus profonde que ça.
Revenue au présent, je lui jetais une fritte à la figure.
- Pourquoi cette remarque, tu es Jaloux ? demanda Andrew.
- Pour rappel, Jacob est tout aussi grand, fit remarquer Nadia.
- Tout à fait, approuvais-je.
- Mais pas en quelques semaines, rappela Sarah.
- Les poussées de croissance, ça existe, dis-je.
- Pas à notre âge, rétorqua Sarah
- Mais si, sermonna Andrew
- Mais non, refis Sarah
- Si.
- Non
- Si
- Non
Et ça dura tout le long du repas, jusqu'à ce que Sarah aille rejoindre le professeur de science pour lui demander et qu'Andrew se dirige vers la salle informatique pour vérifier l'information sur Internet.
Pour ma part, j'attendais la fin de ma journée pour mon heure de détention.
