Salut, salut ! Très bonne lecture !
Le fin du mois de juillet passa rapidement après le rendez-vous de Sirius avec Gawain. Il passait toujours la majorité de son temps avec Harry – qu'ils travaillent, lentement, sur l'incantation d'Animagus de Harry, volent dans le jardin de Remus ou jouent à des jeux d'échecs ou de Bataille Explosive. Les mercredis et samedis, il se rendait au Ministère juste après le déjeuner et revenait à temps pour le dîner.
Après les premiers jours, il était revenu à la maison avec des douleurs à la tête et à la gorge – lui et Robards parlaient beaucoup et une part conséquente de lecture et de réflexion était nécessaire pour essayer de comprendre où dans le monde moldu, Marlène aurait pu se cacher. Il était également exaspéré par tous les regards – il avait pensé que la nouveauté de le voir se promener au Niveau Deux se serait atténuée au bout de quelques fois, mais aucune chance. Il semblait véritablement que les gens du monde sorcier britannique n'avaient rien de mieux à faire que de rester bouche bée devant Sirius, peu importe où il se rendait.
Si cela était arrivé pendant sa scolarité, il aurait probablement aimé toute cette attention … Encore qu'à ce moment-là, il aurait certainement fait quelque chose pour mériter cela – une blague avec un autre des Maraudeurs ou une performance impressionnante au Quidditch. Tout ce qu'il avait fait pour obtenir cette attention actuelle, c'était être la victime d'une grosse bévue du Ministère … et de s'associer avec Harry. D'après lui, aucune de ces choses ne valait d'obtenir un statut de célébrité et il espérait donc que tout le monde trouve finalement quelque chose d'autre à observer.
Malgré les tracas que lui causait le fait de se rendre au Ministère, cependant, Sirius aurait menti s'il avait dit que ça ne lui plaisait pas. C'était agréable de sortir de la maison et d'aller ailleurs que chez Remus, chez Walpole ou au parc en face de Grimmaurd. Et c'était agréable de sentir qu'il faisait quelque chose – il n'avait pas réalisé à quel point avoir un travail lui avait manqué avant d'en retrouver un.
Il aimait le challenge, résoudre des puzzles, il aimait le sentiment d'aider quelqu'un – même s'il était encore bien loin de trouver Marlène et ne l'aidait donc pas encore directement, il aidait certainement Robards – et il aimait le fait qu'après une semaine après avoir commencé, il avait eu l'idée lumineuse que peut-être elle était entrée dans un hôpital moldu, ce qui signifiait que lui et Robards allaient sortir, poser des questions, chercher des indices, plutôt que de rester enfermés à l'intérieur.
Il aimait également le fait que – bien qu'ils ne faisaient pas beaucoup de progrès – leur champ de recherches se précisait et que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'ils ne la retrouvent. Ce sentiment d'accomplissement était quelque chose que Sirius recherchait avec envie, après que ce stupide médaillon le lui refuse depuis si longtemps.
« Il y en a encore que nous n'avons pas vérifié. » dit Robards, une après-midi, fin juillet.
Il était assis à son bureau et Sirius était penché par dessus son épaule. Tous les deux regardaient une énorme carte du Londres moldu et les croix rouges, qui montraient les hôpitaux qu'ils avaient visité.
« Je peux faire celui-là demain, si tu veux. » dit Sirius en tapotant la carte.
« Tu ne travailles pas demain. » répondit Robards en se tournant sur sa chaise pour jeter un œil à Sirius.
Sirius haussa les épaules.
« Je dois aller par là-bas, de toute façon. En plus, je ne viendrais pas samedi, parce que- »
« C'est le trente-et-un, dit Robards en hochant la tête, avant de se retourner vers la carte. Je sais. Je vais essayer de couvrir ce qui reste d'hôpitaux avant la semaine prochaine. Si je ne trouve rien, on parlera mercredi du projet plan d'action et si je trouve- »
« Tu m'enverras une lettre. » termina Sirius.
Il avait installé une boîte aux lettres moldue devant le Numéro Douze. Il n'y avait aucun numéro dessus, juste une empreinte de patte de chien que lui, Harry et Remus s'étaient amusés à dessiner pendant une après-midi ensoleillée la semaine passée. Puisque les hiboux avaient besoin de faire parti du secret pour être capable de trouver Sirius et Harry cachés derrière les protections du Sortilège de Fidelitas, ils avaient installé un point de chute externe – toutes les lettres adressées à 'la Maison de Patmol' trouveraient leur voie jusqu'à lui, bien que jusque-là, Robards et Dumbledore étaient les seuls à qui il en avait parlé, et que Robards était le seul qui l'utilisait.
« Ou appelle-moi sur mon Sidekick. »
« Ce que je- »
« Salut, Ro- oh ! »
Sirius et Robards levèrent tous les deux les yeux vers une Dora aux cheveux verts et un garçon plutôt grand, l'air penaud.
« Désolé, on ne voulait pas- »
Robards tourna les yeux vers Sirius qui s'agitait, rangeant le bureau – le garçon regardait curieusement la carte – et déposant tous les documents dans l'armoire de classement situé dans le coin. Il aurait bien aimé pouvoir rentrer dans le placard également – il reconnaissait le garçon à présent, c'était l'apprenti présent lors de cette nuit avec les Détraqueurs dans les cellules – et la dernière fois qu'il avait vu Dora, c'était le jour après la pleine lune, quand elle avait voulu parler à Remus. Il ignorait comment sa présence serait accueillie cette fois et était un peu inquiet de le découvrir.
« Rien de nouveau, j'en ai peur, mais nous continuons de chercher. » dit Robards en leur faisant signe de rentrer.
Sirius se recula un peu – le box était relativement petit et semblait encore plus étroit avec quatre personnes entassées dedans.
« Nous ? » demanda l'apprenti, ses yeux se posant sur Sirius dans la seconde.
Dora eut l'air tout aussi surprise, ce qui étonna Sirius en retour – Remus ne lui avait pas dit ? Elle eut cependant l'air pensif l'instant d'après, avant d'acquiescer, comme si ça avait finalement du sens … Sirius supposa que c'était probablement le cas.
« Pendant combien de temps ? » demanda Dora.
« Autant qu'il faudra. » répondit Sirius.
Elle soutint son regard pendant un moment encore, avant de se mettre à sourire. Elle fit un pas en avant et pendant un instant, Sirius pensa qu'elle allait s'élancer pour l'étreindre. Alors, ses cheveux devinrent roses pâles – tout comme ses joues – et elle s'arrêta près de l'autre apprenti.
« Vous voulez qu'on s'en aille, demanda l'autre apprenti. Ou- »
« Nan, j'allais partir, de toute façon » dit Sirius.
Robards hocha la tête.
« A la semaine prochaine. » dit-il en agitant brièvement la main en direction de Robards.
Il sourit ensuite, fit un signe de tête en direction de Dora et de l'apprenti et passa devant eux pour sortir. Il aperçut Bones et Scrimgeour en pleine discussion devant un bureau sur sa route pour l'ascenseur et il s'arrêta très brièvement pour les saluer, avant de poursuivre son chemin.
Il pressa le bouton et se balançait sur ses talons en attendant lorsqu'il entendit des bruits de pas. Il jeta un œil par-dessus son épaule et vit Dora – qui était seule, à présent – s'approcher. Elle avait l'air un peu nerveuse, mais aussi pleine d'espoir.
« Salut. » lança-t-elle légèrement, appuyant sur le bouton de l'ascenseur.
« Salut. » dit Sirius.
Il manqua de mettre ses mains dans ses poches, mais il se retint et fit passer le mouvement en tapotant simplement sa baguette.
« Tu vas … euh ... »
Il ne savait pas quoi dire, alors il fit un geste vers l'ascenseur.
« Dans l'atrium, répondit joyeusement Dora. Toi aussi, non ? »
« Oui. » dit Sirius en s'agitant un peu.
Il voulait lui parler – il le faisait – mais il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il voulait dire. Ils étaient de la même famille et il la connaissait plutôt bien grâce à Remus et grâce à ses propres expériences – complètement dépassées – mais ces choses n'aidaient pas du tout à cet instant. Après un silence plutôt gênant, il s'éclaircit la voix et elle leva la tête, l'air encourageant. Il se demanda si elle se trouvait autant à court de mots que lui.
« Comment tu trouves la formation ? »
Elle eut l'air soulagé et Sirius sourit largement.
« C'est génial. » lança-t-elle avec enthousiasme.
L'ascenseur s'arrêta et ils entrèrent à l'intérieur. Deux autres hommes – un grand roux dégarni et un autre plus vieux, aux cheveux blancs – s'empressèrent d'entrer avant que les portes ne se referment.
« Salut Arthur. » dit-elle, avant de sourire à l'autre sorcier.
Les deux la saluèrent d'un sourire et la laissèrent presser le bouton pour l'atrium. Le vieux sorcier dévisagea Sirius sans aucune gêne, mais le plus jeune – Arthur – se contenta de lui sourire, avant de se mettre à feuilleter le tas de papiers qu'il tenait dans ses mains.
« Un peu débordée parfois, dit Dora en surprenant Sirius. Mais fallait s'y attendre. En gros. »
Elle eut l'air un peu inquiète, avant de secouer la tête comme pour se défaire de cette pensée.
« Des choses qui arrivent. » confirma Sirius.
« Mmm. Avec de la chance, les choses vont se calmer après les vacances. » dit-elle, bien qu'elle ne semblait pas réconfortée à cette pensée.
« Remus a dit que tu avais des examens la semaine dernière. » dit Sirius.
Les yeux de Dora devinrent bruns et chaleureux à la mention de Remus et Sirius se demanda si elle s'en était rendue compte. Il essaya de ne pas sourire, mais échoua misérablement.
« C'était lundi le dernier, oui, dit-elle. Et- il y a quelque chose de drôle ? »
« Rien. » répondit Sirius.
Dora pinça les lèvres, ce qui la fit fortement ressembler à McGonagall. Sirius remarqua que même ses narines étaient pincées.
« Par Merlin, ça fait peur. » dit-il.
Arthur se mit à rire doucement dans son coin et Dora eut l'air plutôt satisfaite d'elle-même, mais aussi un peu suspicieuse. Après un moment, elle laissa tomber.
« Alors, ça fait combien de temps que tu aides Robards ? » demanda-t-elle.
« Presque deux semaines. » dit-il.
« T'es inquiet aussi ? » demanda-t-elle vivement.
« On peut dire ça. » soupira-t-il.
« Et vous n'avez vraiment rien ? »
« Quelques pistes, dit Sirius en frottant son menton. Rien de concret, ce qui fait carrément c- »
« Atrium. » annonça la voix froide de l'ascenseur.
Arthur riait tandis que lui et le vieux sorcier en sortirent – Dora avait la main sur la bouche et ses épaules tremblaient.
« Mais on cherche, dit Sirius en sortant le premier. Et plus on élimine d'endroits possibles, plus on se rapproche de l'endroit où elle se cache. »
Il haussa les épaules et Dora hocha la tête. Ils restèrent là, en silence, pendant un moment.
« Je suppose qu'on se reverra dans le coin. » dit-il en faisant signe vers les cheminées.
Elle avait déjà commencé à s'approcher d'une cheminée.
« Je garderais l'œil ouvert. » dit-elle, rayonnante.
Sirius lui sourit en réponse. Dora lui adressa un regard curieux, avant de se mordre la lèvre. Il lui lança le temps de dire quelque chose si elle le souhaitait, mais vu qu'elle restait silencieuse, il attrapa une poignée de poudre de Cheminette. Il était à deux doigts de la lancer dans les flammes quand une main lui attrapa le poignée pour l'en empêcher.
« Attends ! dit-elle. Tu as déjà dîné ? »
« Euh, non, répondit Sirius en clignant des yeux. C'est ça que- »
« Ça te dit d'aller manger un truc ? demanda-t-elle. On risque de prendre cette habitude de se tomber dessus, d'échanger quelques mots gênants, avant de se quitter et de recommencer la même chose la fois d'après. »
Sirius devait admettre que c'était un bon argument. Il s'éloigna de la Cheminée pour laisser aux autres la possibilité de l'utiliser et relâcha sa poignée de poudre de Cheminette dans son pot.
« On devrait juste prendre le temps de s'asseoir et de parler jusqu'à ce que ce ne soit plus bizarre. » dit-elle.
« Excellent plan, répondit-il en riant. Laisse-moi juste dire aux autres que je rentrerais à la maison plus tard ... »
Il se recula et sortit son miroir.
« Harry Potter. » dit-il, tandis que Dora le regardait curieusement.
L'image dans le miroir se modifia, avant de se fixer sur le plafond de l'une des pièces de la maison.
« Harry ! dit-il. Lunard ! »
Il patienta et appela encore, mais personne ne répondit. Dora avait l'air perplexe.
« Ils vont bien ? » demanda-t-elle, tandis qu'il replaça son miroir dans sa poche.
« Probablement dans la cuisine. » dit-il.
Une sorcière aux cheveux bouclés passa devant lui, s'arrêta quand elle réalisa qui il était et commença à le bombarder d'excuses.
« C'est rien. » dit-il en levant les yeux au ciel.
Elle s'excusa une fois de plus, avant de s'empresser de rentrer dans la cheminée, l'air mortifié.
« Ils ne l'ont pas avec eux, en tout cas, et l'ouïe de Lunard est bonne, mais pas aussi bonne. » dit-il à Dora qui attendait patiemment.
Il grimaça.
« Et ça veut dire qu'ils vont s'inquiéter si je ne rentre pas dans la prochaine demi-heure. »
Son visage s'affaissa, mais elle hocha la tête.
« Tu devrais y aller, alors. Peut-être une autre fo- »
« Tu dois aller quelque part ? » demanda Sirius en la coupant.
Elle secoua la tête et il la jaugea d'un air pensif. Elle était certainement digne de confiance – elle avait réussi à garder le secret de Remus pendant presque un an et elle était de la famille. Il n'y avait aucune raison, maintenant qu'ils savaient qu'il était innocent, qu'il ne puisse pas renouer avec elle, Andy et Ted. Il se sourit à lui-même.
Et si Remus se reprenait enfin en main et qu'il lui demandait de sortir – ce qui aurait du arriver depuis des mois déjà – alors il voudrait passer plus de temps avec elle – et cela voulait aussi dire qu'il passerait moins de temps avec Sirius et Harry à Grimmaurd ou que Dora devrait venir avec lui.
« Non. » dit-elle doucement.
« Ta mère ne va pas s'inquiéter ? »
« Elle sait à quel point la formation peut être imprévisible, même quand c'est censé être les vacances, lui assura Dora. Pou- »
« Tu veux venir dîner ? demanda Sirius. Harry sera là et Lunard- »
« Comme- tu veux dire- chez toi ? » demanda-t-elle, avec de grands yeux.
« Chez moi, oui. » dit patiemment Sirius.
Elle resta bouche bée pendant presque une minute, tandis qu'elle essayait apparemment de décider comment répondre à ça.
« Tu es sûr que ça ne dérange pas ? Je ne veux pas- je veux dire, l'endroit où tu vis est- et bien, tu es plutôt discret- »
« Seulement parce que je ne veux pas que des gens débarquent sans s'annoncer. » dit-elle.
Dora rougit.
« Alors ce n'est peut-être pas une bonne idée. » dit-elle.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Et bien, dit-elle, tandis que ses cheveux prenaient une couleur particulièrement vive. Une fois que je connais l'adresse d'une personne, j'ai cette terrible habitude de m'inviter tout le temps. Demanda à Remus. »
Sirius se mit à rire, tout comme Dora, mais elle avait l'air nerveuse.
« Tu es vraiment sûre que- »
« Allez, viens. » dit Sirius.
Dora sourit nerveusement et s'approcha de la Cheminée. Sirius secoua la tête, bien conscient qu'il se ridiculiserait s'il essayait de lui donner son adresse. Il était lié par le Secret et donc, mentionner le Square Grimmaurd dans un contexte qui les impliquait, lui ou Harry, conduirait à lui faire dire n'importe quoi, comme Remus l'avait expérimenté avec Dumbledore. Sirius avait trouvé cette histoire très drôle, mais ne voulait pas vraiment la vivre.
« Il va falloir qu'on transplane. Tu as quelque chose contre le transplanage d'escorte ? »
Sirius anticipa la chute de Dora lorsqu'ils transplanèrent et fut donc capable de la rattraper. Elle le remercia en rougissant et regarda autour d'elle, essayant probablement de retrouver ses repères. Ça ne prit pas très longtemps. Ses yeux se posèrent sur le Numéro Treize, avant de s'écarquiller.
« Tu vis à côté de chez McKinnon ?! » demanda-t-elle.
« On est voisins. » répondit-il.
Il s'avança vers le Numéro Douze et l'entendit suivre. Il se sentit mal pour avoir été un peu sec, mais il n'était pas sûr de ce qu'il pouvait dire sans être ennuyer par le sortilège. Alors, il ne dit rien d'autre. Il la vit jeter un œil à la boîte aux lettres et au serpent sur la porte.
« Ici ? » demanda-t-elle.
Sirius sourit et s'avança vers la porte, la faisant sursauter.
« Sirius ? » appela-t-elle, inquiète.
Elle regarda aux alentours et sortit sa baguette. Sirius la fixa, mais ses yeux ne se posèrent jamais sur lui. Il fallut un moment à Sirius pour réaliser ce qu'il se passait.
« J'imagine qu'on sait que ça marche. » murmura-t-il.
Elle ne cligna même pas des yeux – elle observait toujours la porte et la rue.
« Sirius ? » demanda-t-elle encore et il descendit des marches, sortant du champ de protection du sortilège de Fidelitas.
Elle se crispa et il dut se baisser pour éviter un sortilège rose qui passa près de son oreille.
« Désolé ! lâcha-t-elle. Désolé- tu étais juste- surprise- comment- »
Sirius éclata de rire et inspecta le petit creux que son sort avait fait dans le mur derrière lui.
« J'avais oublié à propos des marches, dit-il sur un ton d'excuse. Je pense qu'il vaut mieux que tu attendes ici – je vais chercher Harry et il pourra te faire entrer. »
« Me faire- » dit-elle, avant de se taire lorsque Sirius disparut de nouveau sous ses yeux.
Il tapota sur la porte avec sa baguette – elle ne sembla pas remarquer ça non plus – et pénétra dans le hall. Le parquet craqua lorsqu'il ferma la porte d'entrée – Dora ne remarqua pas ça non plus, bien qu'elle fixait la maison avec attention.
« Salut ? » appela Sirius.
Il entendit Remus le saluer en retour.
« J'ai besoin d'aide avec quelque chose ! »
Il y eut un silence – ils échangeaient probablement un regard ou l'un ou l'autre disait quelque chose, et alors, il y eut des bruits de chaises et de pas. Harry apparut en haut de l'escalier donnant sur la cuisine, suivi quelques secondes plus tard par Remus. Ils avaient tous les deux l'air intrigué.
« Tu peux ouvrir la porte, Lunard ? »
Sirius n'avait pas très envie de recevoir un sort ou faire prendre le risque à Harry. Remus, en revanche, n'était pas protégé par le sortilège et serait donc parfaitement visible.
Remus adressa un regard perplexe à Sirius, mais s'éloigna et ouvrit la porte sans rien dire. Alors, il se figea. Sirius ne pouvait pas voir son visage, mais il était prêt à parier qu'il y avait un sourire ridicule sur son visage.
« C'est Dora ? » demanda Harry.
Il avait l'air quasiment sûr, mais elle avait toujours une apparence un peu différente, alors sa question était compréhensible.
« C'est elle. » confirma Sirius en passant la main dans les cheveux de Harry.
Dora remarqua Remus, son visage se mit à rayonner et elle s'élança pour l'étreindre. Elle regarda derrière lui, dans la maison, mais ses yeux semblaient glisser sur Sirius et Harry.
« Dis-lui qu'on sort, dit Sirius à Remus, qui acquiesça et transmis le message. Alors, pas de maléfices. »
« Pas de maléfices. » répéta Remus, et Dora eut l'air penaud.
Harry sortit en premier – Sirius remarqua que Remus toucha le bras de Dora juste avant que Harry n'apparaisse, pour qu'elle soit rassurée – et ensuite, Sirius suivit.
« C'est bizarre. » dit-elle en secouant la tête.
« Le sortilège de Fidelitas. » lui expliqua Remus.
Harry lui prit le bras et la mena à l'intérieur, de la même façon qu'avec Rogue plus tôt dans l'année. Elle le suivit – trébuchant sur le pallier au passage, bien que par chance, elle ne tomba pas. Sirius et Remus échangèrent un regard et les suivirent à l'intérieur.
« Alors qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda Remus, pendant que Sirius refermait la porte.
Dora détailla l'entrée avec intérêt.
« Et bien, dit Sirius avec un large sourire. Elle m'a demandé si je voulais sortir dîner- »
L'expression de Remus changea un peu, bien que Sirius avait un peu de mal à la distinguer.
« -et j'ai suggéré qu'on mange plutôt ici »
« Je vois. » répondit Remus en pinçant les lèvres.
Enfin, Sirius fut capable de comprendre son expression et son odeur – de la jalousie et peut-être un peu d'irritation. Le sourire de Sirius s'élargit.
« On est toujours un peu gêné, dit Sirius en grimaçant. Dîner semblait être une bonne façon pour rendre les choses moins gênantes. »
Dora acquiesça, un peu absente, et Remus souffla, les regardant l'un après l'autre. Harry traînait en bas de l'escalier, ne sachant apparemment pas trop savoir que faire de la situation.
« Par Merlin, cet endroit est classe. » dit Dora en remarquant le chandelier.
« Tu voudrais visiter ? » demanda Sirius, lui adressant le plus charmeur des sourires.
Les yeux de Harry s'agrandirent un peu et il s'éloigna, montant à l'étage. Il ne fit aucun doute à Sirius qu'il allait probablement fourrer toutes ses affaires sous son lit ou dans son armoire avant qu'ils n'atteignent l'étage supérieur.
« Je vais m'en occuper, si ça te va. » dit Remus avec une voix qui se voulait probablement détachée.
Dora pencha la tête vers lui et Sirius arqua un sourcil.
« Tu as travaillé tout l'après-midi. Tu ferais mieux de t'asseoir un peu. »
« Je vais bien, Lunard, vraiment. » dit Sirius.
Il plaça un bras autour des épaules de Dora – il se sentit bizarre en le faisant, mais il savait aussi que ça allait embêter Remus au plus haut point – et désigna le bureau de la main.
« Voila- »
« Et, l'interrompit Remus. Tu n'as pas passé de temps avec Harry de tout l'après-midi. »
Sirius réalisa qu'il avait franchi une limite et était prêt à rendre Remus furieux. Il relâcha Dora.
« Il connaît ma faiblesse, dit-il en lui souriant largement. Assure-toi juste de lui montrer où se trouvent toutes les salles de bains, Rem. »
Et après ça, il se transforma en Patmol et s'élança dans les escaliers.
« Génial ! » entendit-il Dora s'écrier, avant que Remus ne laisse échapper un grognement.
Harry, étonnamment, n'était pas dans sa chambre – il était dans la bibliothèque, remplissant l'un des tiroirs du bureau avec des morceaux de parchemins et plusieurs livres. Patmol se retransforma en Sirius et appuya son épaule contre l'encadrement de la porte.
« Les trucs d'Animagus, expliqua Harry sans avoir besoin de demander, une fois qu'il eut remarqué Sirius. C'est un Auror et … Je me suis dit que tu avais eu une amende, alors j'ai pensé- »
« Malin. » dit Sirius.
Harry haussa les épaules comme si ce n'était rien. Cependant, Sirius eut le temps d'apercevoir son petit sourire satisfait avant qu'il ne se retourne.
« Et moi qui pensais que tu étais parti ranger ta chambre. »
Harry le regarda avec un air qui fit penser à Sirius qu'il était inquiet pour sa santé mentale. Ensuite, il sourit en coin.
« J'imagine que c'est une suggestion ? »
Sirius arqua un sourcil et Harry lui répondit par un air penaud.
« Je le ferais à la pleine lune. » dit-il.
Sirius le crut sur parole – Harry avait tendance à s'ennuyer lorsque lui et Remus n'étaient pas là et faisait toutes sortes de travaux qu'il ne prenait pas la peine de faire en temps normal.
« Marché conclu. »
« Comment s'est passé le travail ? Est-ce que tu- »
« Nan. » soupira Sirius en entrant dans la pièce.
Harry posait la même question à chaque fois – il pouvait être incroyablement déterminé par moment – et alors, Sirius n'attendait même plus qu'il finisse avant de répondre. Un jour prochain, il espérait être capable de lui répondre oui. Il se laissa tomber sur le canapé, tandis que Harry dissimulait le reste des livres et prenait place dans le fauteuil en face de lui.
« Comment se sont passés les leçons cet après-midi ? »
« Bien, dit Harry en haussant les épaules. On est presque rendu à la fin de la quatrième année de Matt – Lunard pense qu'on sera capable de commencer la cinquième année au mois d'août. »
« C'est intéressant ? »
« Si on veut. » dit Harry, pas l'air franchement enthousiaste.
Il y eut un silence. Il fronça ensuite le nez et reprit la parole.
« Je n'aime pas du tout la géographie. »
« Qu'est-ce que tu aimes ? » demanda Sirius en cachant un sourire.
D'après l'expression sur son visage, Harry n'aimait aucun des autres sujets.
« Les maths, ça va, offrit finalement Harry. Mais la magie, c'est mieux. »
« Tu dis ça, dit Sirius, amusé. Parce que tu n'as pas encore eu le plaisir d'assister à un cours du Professeur Binns sur la guerre des gobel- »
« Patmol ! appela Remus, depuis l'étage en-dessous. Kreattur dit que le dîner est prêt ! »
Harry et Sirius échangèrent un regard et sautèrent sur leurs jambes. Remus et Dora étaient déjà installés dans la cuisine – Sirius trouvait drôle de voir que Remus s'était assis à table à côté de Dora. Harry ne sembla même pas le remarquer et s'assit, de façon plutôt pratique, en face de Remus … ce qui laissait à Sirius la place en face de Dora. Il sourit largement et s'assit.
Remus eut l'air un peu satisfait pendant un moment, du moins jusqu'à ce que Sirius prenne la parole.
« Excellent. »
« Quoi ? » demanda Remus, acceptant un petit pain de la part de Kreattur.
« Je suis la dernière personne à m'être assis, dit Sirius en souriant agréablement. Et pourtant, j'ai la meilleure place, directement en face de notre charmante invitée. »
Remus ne lui adressa pas la parole pour le reste du repas.
Les dix ans de Harry tombèrent un samedi et bien que Sirius avait répété qu'il était plus que bienvenu, Remus choisit de ne pas venir à Grimmaurd avant l'heure du déjeuner pour laisser à Sirius et Harry un peu de temps tous les deux.
Il s'était attendu à ce qu'ils partagent un énorme petit-déjeuner – grâce à Kreattur – qu'ils passent du temps à déballer des cadeaux (et qu'ils finissent probablement par une bataille de papier cadeau) et qu'ils jouent ensuite avec ou planifient une farce destinée à Remus lors de son arrivée.
Il ne s'était pas du tout attendu, même dans ses rêves les plus improbables, à entrer dans la cuisine et trouver Sirius et Harry assis à la table de la cuisine, avec Severus Rogue et Drago Malefoy. Trois d'entre eux (quatre, si Remus comptait Kreattur) portaient des chapeaux d'anniversaire bariolés, bien que Sirius était le seul qui ne semblait pas gêné par celui-ci. Kreattur avait l'air indifférent, mais Remus suspectait qu'on lui avait interdit de le retirer.
Harry jouait avec le sien, tout en parlant par moments à Drago ou adressant des regards méfiants en direction de Sirius et Rogue. Drago tenait sa tête très droite et n'arrêtait pas de toucher son chapeau, pour vérifier qu'il ne bougeait pas et reposait ses mains sur ses genoux. Ses yeux pâles dévisageaient Sirius avec intensité. Le chapeau de Rogue reposait près de son coude et son expression était acerbe, bien que cela était peut-être juste dû au fait qu'il parlait à Sirius.
« Lunard. » dit Sirius en le voyant.
Il agita sa baguette et Remus sentit un poids léger sur sa tête. Il leva la main pour confirmer qu'il portait en effet un chapeau identique aux autres.
« Passé une bonne matinée ? »
Remus acquiesça, stupéfait, et parvint à bafouiller un joyeux anniversaire à Harry, qui l'accepta avec un sourire – Remus tapota sa poche pour lui annoncer qu'ils s'occuperaient des cadeaux plus tard – et lui adressa une sorte de haussements d'épaules, comme s'il n'avait aucune idée de comment tout cela était arrivé.
« Lupin. » le railla Rogue.
« Rogue. » dit Remus en clignant des yeux.
Sirius lui fit signe et Remus s'approcha, s'asseyant entre Sirius et Harry. Drago lui lança un regard pensif, puis se mit à sourire. Remus lui adressa un petit signe de main, avant de regarder Sirius, interrogatif.
Sirius manqua complètement sa demande, cependant, car il parlait à Rogue. Il lui parlait. Sans crier. Sans insultes. Il lui parlait. Son ton était un peu tendu et un peu trop poli pour être normal, mais ils parlaient. Et Rogue avait l'air d'être confronté à une épreuve désagréable et son ton était sec, mais il lui répondait.
« -ça ne ressemble à rien que j'ai pu entendre. » disait Rogue.
« Et bien non, répondit Sirius. J'imagine bien – je l'ai inventé. »
« Toi ? demanda Rogue, sceptique. Je connais – j'ai fait des potions dans mon propre esprit, des potions qui affectent mon état mental – le Philtre Calmant par exemple – mais des sorts- »
« C'était compliqué. » dit Sirius.
« Apparemment non, si quelqu'un sans expérience en Occlumancie a été capable de le faire en quelques mois. » dit Rogue.
Il n'y avait aucune remarque désobligeante derrière sa phrase – juste un peu d'impatience – ce qui scotcha Remus.
« Je travaillais là-dessus en permanence, dit Sirius. Mais ça consistait surtout à construire en me basant sur des méthodes qui existaient déjà. C'était surtout le fait de créer une baguette et de lancer des sorts- »
« Tu as des notes ? » demanda Rogue.
Sirius cligna des yeux et Remus pouvait dire, grâce à son odeur, à quel point il était surpris par cette question.
« Je- ouais, plein. »
Sirius cligna de nouveau des yeux, comme s'il ne pouvait pas croire qu'il tenait cette conversation.
« Elles sont en haut- »
« Je pourrais les lire ? »
Il semblait que cela tuait Rogue de demander ça. Les entrailles de Remus se contractèrent – à n'importe quel moment, Sirius allait se mettre à rire et dire quelque chose à propos de ne pas laisser Rogue poser ses mains graisseuses sur son travail. Et les choses deviendraient horribles et-
« Ouais, bien sûr. Il va sans dire qu'il ne faudrait pas les laisser tomber entre de mauvaises mains … Et ne laisser personne d'autre les lire- »
« Est-ce que j'ai l'air d'être un idiot, Black ? » le railla Rogue.
« Un peu, dit Sirius. Je veux dire, t'es le seul à ne pas porter de chapeau d- »
« Tu es fou. » dit Rogue en levant les yeux au ciel.
« Évidemment que non ou tu ne voudrais pas lire mes notes. » répliqua Sirius.
Il y eut un silence et alors, Sirius leva un sourcil. Rogue ouvrit la bouche, l'air agacé, mais la referma et ne répondit rien. Sirius sourit largement, mais dissimula rapidement son sourire en prenant une gorgée de jus et pendant un infime instant, Remus aurait juré avoir vu le regard noir de Rogue disparaître.
« Il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda Drago au profil de Harry. Tu es censé regarder les gens quand ils te parlent. »
« Tu regardais là-bas toi aussi. » dit Potter en levant un sourcil.
Drago sentit le rose lui monter aux joues. Il y avait quelques semaines, il avait demandé à Mère à propos de cette histoire de mouton blanc. Elle lui avait raconté deux histoires : une à propos de sa sœur – pas Tante Bella, mais l'autre, Andromeda – et une autre à propos de Sirius Black, l'homme qui était désormais assis à moins de trois mètres de lui.
Et bien que Drago ne comptait pas s'enfuir avec un né-de-moldu comme Andromeda, il était à présent un peu inquiet qu'un jour, lui et sa famille ne se divisent comme Black avait été renié par la sienne. Il avait une bonne raison pour le dévisager.
« Pas vrai. » dit faiblement Drago.
« C'est Lunard ? » demanda Potter, et quelque chose de plutôt défensif apparut dans sa voix.
« Le loup-garou ? demanda Drago en regardant Lupin, qui était l'air absolument perplexe. Non. »
Potter le regarda d'un air plutôt méfiant. Drago pensa qu'il s'était attendu à une déclaration sur le fait que les loup-garous étaient inférieurs. Lupin était le seul loup-garou que Drago avait rencontré, cependant, et il semblait normal, même si Père ne l'aimait pas. Drago ne l'admettrait jamais, mais il suspectait que Potter était probablement un meilleur juge de personnalités que Père … ou du moins, qu'il était plus ouvert d'esprit.
« Alors qu'est-ce que- je veux dire, qu'est-ce que tu fixes ? » demanda Potter.
Drago hésita. Si n'importe qui d'autre avait demandé – sauf Severus ou Mère, peut-être – il aurait menti. Il savait très bien mentir, désormais, ou du moins il le pensait. Quand lui et Severus jouaient à ces étranges jeux, Severus avait souvent du mal à distinguer les vérités des mensonges. Severus n'avait pas réalisé à quel point cela était utile à la maison et pendant les dîners. Il pensait probablement que ce n'était qu'un jeu étrange. Pour Drago, en revanche, la compétence était devenue inestimable et il espérait trouver un moyen de remercier Severus … sans lui expliquer clairement les choses – il doutait que Sirius approuverait s'il savait.
Drago regarda Potter de nouveau – Potter, qui lui avait donné le meilleur conseil que personne ne lui avait jamais donné – sauf peut-être Severus, quand il avait blessé la paume de Drago. Potter lui avait dit de rester discret sur ses opinions, particulièrement lorsqu'il s'agissait de Père, et Potter était celui qui lui avait parlé de l'histoire du mouton en premier lieu.
« Mouton. » dit Drago.
Potter regarda les adultes, l'air complètement stupéfait. Il réajusta machinalement son chapeau, avant de regarder de nouveau Drago.
« Le- quoi- le mouton ? » demanda-t-il.
« Oui, Potter. » dit Drago en levant les yeux au ciel.
Drago appréciait Potter la plupart du temps, mais il était franchement idiot.
« Le mouton. Le mouton blanc, de l'histoire … ? »
« Oh, dit Potter, les yeux écarquillés. Alors tu as demandé ? »
« C'était un bon conseil. » dit-il doucement.
« Merci. »
Potter joua de nouveau avec son chapeau, avant de l'enlever et de le poser sur la table comme Severus l'avait fait. Soulagé, Drago l'imita, puisqu'il ne prenait plus le risque d'être impoli – Potter l'avait fait en premier et c'était son anniversaire, alors c'était à lui de faire les règles. Drago acquiesça à nouveau, un peu mal à l'aise.
« Alors pourquoi tu regardes ? » demanda-t-il.
« Patmol et Rogue ne s'entendent pas. » dit Potter, ses yeux se détournant de nouveau de Drago.
« Ils semblent s'arranger. » commenta Drago.
Ils avaient tous les deux l'air un peu tendu, mais aucun ne semblait trop hostile.
« Je sais. » dit Potter, troublé.
Il cligna des yeux et se retourna vers Drago, qui vit seulement le mouvement du coin de l'œil – il observait de nouveau Black, qui fusillait Lupin du regard. Severus avait l'air amusé.
« Potter. » dit Drago.
« Malefoy ? » demanda Potter.
« Est-ce que Black- est-ce qu'il se sent seul ? »
Drago croisa ses mains sur ses genoux.
« Pas seul, non, je crois pas, dit Potter après un moment. Po- »
« Sa famille lui manque ? » lança Drago.
« Sa famille biologique ou sa vraie famille ? » demanda Potter en relevant ses lunettes.
Il n'y a aucune différence, pensa Drago, exaspéré, et décida que Potter était un imbécile.
« Peu importe. » dit-il nonchalamment.
Potter fronça les sourcils – peut-être n'aimait-il pas le ton de Drago – mais il laissa tomber. Cela devint un peu tendu après cela, mais Drago s'en fichait un peu. Les choses étaient toujours gênantes pour lui, dernièrement, même au sein de sa famille – il avait décidé d'éviter Père autant que possible, juste au cas où Père déciderait que Drago était devenu trop étrange et qu'il devait partir et donc, quand ils étaient ensemble, ils étaient si distants que c'était comme parler à M. Greengrass ou M. Parkinson.
Jusqu'au mois dernier, Hydrus avait toujours été du côté de Drago lorsqu'il disait quelque chose sans réfléchir lors des dîners (à la maison, ils étaient plus opposés que jamais). Après l'anniversaire de Nadia, au début du mois de juillet, cependant, Hydrus avait changé d'avis et avait apparemment décidé que Drago ne méritait plus d'être défendu. Drago avait été plus surpris et blessé par la perte de soutien de son frère qu'il aurait du l'être.
Il aurait du le voir venir – c'était un trait de caractère de Serpentard – mais pour une raison qu'il ignorait, il s'était attendu à ce que Hydrus le choisisse, même si c'était le côté perdant. Drago avait été encore plus stupéfait de constater qu'il pensait de cette façon car c'était ce qu'il aurait fait. Les autres avaient choisi de suivre l'exemple de Hydrus sur la question – Pansy était l'amie qui lui manquait le plus – et en conséquence, il passait désormais la majorité de ces rassemblements en compagnie de Théodore et Catherine, occasionnellement Vivienne (qui semblait prise au piège entre une rivalité permanente avec ses sœurs). Drago espérait que son hésitante camaraderie avec Théodore durerait jusqu'à Poudlard – il se sentirait très seul à Serpentard sinon.
Et il y avait Mère. Il se sentait toujours mal de l'avoir fait pleurer le soir de son dîner d'anniversaire. Il avait essayé de se racheter. Honnêtement, il l'avait fait. Il avait essayé d'imiter Hydrus et son père, mais il avait fini par être en désaccord avec eux – sans l'exprimer à haute voix, bien sûr – et la cicatrice sur sa paume était un bon rappel. Alors il avait également fini par parler prudemment à Mère. Il était toujours plus proche d'elle que de Père ou de Hydrus – ils s'enlaçaient toujours et elle lui racontait toujours des histoires – mais il prenait garde à ne pas la bouleverser. Elle n'était pas une mauvaise mère – la responsabilité lui appartenait à lui – et il ne tenait pas à ce qu'elle le pense.
Oui, les choses étaient gênantes où que Drago se trouve.
« Merci pour le … tu sais, le cadeau. » dit finalement Potter en désignant le dictionnaire qui était posé sur un papier cadeau argenté.
« Je t'avais dit que je t'en achèterais un. » dit Drago avec sérieux.
Il n'avait aucune idée de comment le faire parvenir à Potter, mais lorsqu'il avait demandé à Severus de le lui transmettre, celui-ci avait arboré un étrange air et avait dit quelque chose à propos de tester une trêve. Drago ne l'avait pas vraiment cru avant qu'ils ne se retrouvent dans une rue moldue et que Potter et Black étaient littéralement apparus de nulle part. Ils s'étaient tous fixés pendant un moment et ensuite, Black les avait – très étrangement – invité à l'intérieur.
« Même si interpréter tes 'euh' et tes 'erm' est plutôt amusant, c'est aussi épuisant. »
« Si tu trouves que je fais beaucoup ça, tu devrais entendre Lunard après- »
Potter s'interrompit, l'air méfiant.
« Après … ? » insista Drago.
« La pleine lune. » dit Potter avec une drôle d'expression.
Ses yeux dévisageaient Drago avec intensité.
« Il peut à peine parler. »
Drago arqua un sourcil.
« Si Lupin est capable de former des sons à peu près cohérents après une nuit sans sommeil et deux transformations, Potter, alors j'ai aucune idée de ce que pourrait être ton excuse à toi. »
Potter ouvrit la bouche et sembla – sans surprise – à court de mots.
« Par Merlin, Potter, comme si j'avais besoin de plus de preuves pour justifier mon argument ... »
Potter éclata de rire et Drago sentit un sourire narquois – non, c'était différent : un … large sourire ? - illuminer son visage en réponse.
Par Merlin, j'ai changé, pensa-t-il. Les Malefoy ne sourient pas comme ça ! Pile à ce moment, les adultes se tournèrent et Drago s'empressa de reprendre une expression neutre. Black avait l'air curieux, Lupin eut l'air encore un peu plus confus qu'avant et Severus … Severus avait l'air un peu triste.
