Bonjour à toustes,
Pour le texte du jour, il s'agit encore un texte explicite.
C'est un drarry et je m'excuse d'avance pour la fin du texte.
Bonne lecture !
"Pensine"
Harry jeta un coup d'œil au placard fermé. Non. Il ne fallait pas. Il se détourna et changea de pièce.
Quelques heures plus tard, le placard le nargua de nouveau. Après un profond soupir, Harry l'ouvrit. Cela faisait des mois qu'il ne s'en était pas approché. Des mois qu'il n'y était pas allé. Il n'y avait pas de raison que cela se passe mal, il allait mieux. Il allait parfaitement bien.
La main tremblante il empoigna un coffret de souvenirs, celui qui ne pouvait s'ouvrir qu'avec sa signature magique. Cela se passerait bien, il n'y avait pas de raison. C'était juste un petit instant, pour se rappeler. Quelques minutes tout au plus, pour se sentir moins seul. Cela ne voulait rien dire.
Harry versa une fiole dans la pensine. Puis une deuxième. Puis une troisième. Jusqu'à ce qu'elles y soient toutes. Après tout, quelques minutes ou quelques heures, c'était à peu près la même chose. Cela se passerait bien, il n'avait rien à craindre. C'était juste pour se souvenir.
Harry plongea la tête dans les souvenirs éthérés et atterrit brutalement au pied de son lit. Leur lit.
Deux corps se mouvaient, lascivement, devant ses yeux. Des gémissements rauques ponctuaient les coups de reins. Des mains à la peau mate griffaient le dos à la peau laiteuse, d'un blanc presque éclatant dans la pénombre de la chambre. Un bras tatoué d'une tête de mort et d'un serpent tremblait en s'appuyant sur le matelas. Une chevalière ornée d'un M ornait la main enfouie dans des mèches d'ébène.
Tout s'accéléra, les peaux claquèrent l'une contre l'autre bruyamment, les gémissements se transformèrent en cris.
— Je t'aime… Harry… souffla l'un deux avant de se raidir et de se mettre à trembler.
Harry détourna les yeux de ce qui se déroulait devant lui, incapable de regarder ce qui allait se passer. Il savait qu'il lui avait dit qu'il l'aimait lui aussi. Il savait qu'il avait joui en enfonçant ses ongles dans sa peau. Il savait qu'ils étaient restés longtemps allongés l'un contre l'autre à se murmurer des mots doux, à faire des plans pour l'avenir.
Un sanglot échappa à Harry lorsque la scène devint flou et changea. Il était maintenant dans leur cuisine. Une silhouette aux cheveux blonds était à genoux dans lui, sa bouche refermée sur son sexe. Après un temps qui lui parut interminable, il se vit jouir entre ses lèvres, les mains crispées sur le plan de travail derrière lui.
— Épouse-moi, Harry, murmura-t-il après s'être essuyé la bouche du revers de la main.
— Oui, répondit en même temps la silhouette alanguie et celle qui regardait.
La scène devint floue et changea de nouveau. Mais Harry ne regardait plus, il ne pouvait plus. Le prochain souvenir était celui de leur voyage de noce. Celui d'après…
Harry s'effondra sur le sol de ses souvenirs. Il s'était trompé, il n'allait pas mieux. Et Drago lui manquait toujours autant maintenant que trois ans plus tôt, lorsqu'il avait été assassiné sous ses yeux.
