~ Déjà Vu ~
La chanson qui m'a inspiré finalement pour ce chapitre est Déjà vu des Dreamcatcher. La traduction française vient elle-même de la traduction anglaise, donc très approximative… Bonne lecture
J'espère que vous allez vous amuser à lire ce chapitre ^^ On se revoit au reviews !
Enjoy It ^^
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sinon, ils auraient fini ensemble dans les livres)
Résumé : Draco avait toujours été amoureux du Survivant, depuis la première fois qu'il l'avait vu. Cet amour était ancré en lui, mais il savait qu'Harry ne lui appartiendrait jamais. Jamais. Alors pour que celui-ci garde un souvenir de lui, il s'en était fait un ennemi. On n'oublie jamais un ennemi. Les méchants n'avaient pas de Happy Ending. C'était ce qu'il croyait jusqu'à ce jour dans la Salle sur Demande qui allait tout changer. Attention MPREG/ scènes explicites !
Note de l'auteur : Chapitre non corrigé ! Désolée pour les fautes, j'ai fait de mon mieux !
Kissu :3
ShiyaMiam :3
~ Chapitre Treize : La Magie enchaînée ~
Draco se pelotonna dans la couverture chaude et contre le corps accueillant de Harry. Il avait tellement envie de rester dans ses bras et de ne plus jamais quitter le lit. Le bien-être qu'il ressentait le faisait planer. Depuis combien de temps n'avait-il pas été aussi heureux ?
- Hmmm... gémit-il en sentant un baiser se poser sur son front.
Il sourit indolemment en s'étirant langoureusement.
- Bonjour, murmura Harry d'une voix ensommeillée.
Draco ne répondit pas, mais se blottit davantage contre son compagnon. Harry eut un sourire paresseux en caressant le dos nu de sa moitié et profita juste de sa présence.
- Je veux un petit déjeuner au lit, Ry... marmonna Draco en embrassant la poitrine de Harry.
- Hmm, exigeant dès le matin ?
- Mmoui…
- OK.
Il eut un soupir de bien-être de la part de Draco tandis qu'il se réinstalla contre son compagnon.
- Je ne peux pas bouger, mon amour, lui fit savoir Harry d'un ton peu enthousiaste à l'idée de quitter la couche.
- Hmmm... débrouille-toi.
Harry eut un sourire désabusé en serrant le capricieux homme blond contre lui.
- Que veux-tu ?
- Du fromage... Une omelette au fromage. Avec du jus de canneberge. Je tuerai pour du jus de canneberge.
- Hmm, je croyais que tu n'aimais pas le jus de canneberge, chuchota Harry en pressant un baiser contre le haut du crâne de son amoureux.
- Que veux-tu ? J'en ai envie maintenant. Ça doit être Ron, il me contamine avec ses envies étranges, grogna Draco en secouant la tête paresseusement. Je passe un peu trop de temps avec lui.
- Tant que tu n'ajoutes pas de la pâte à tartiner sur des anchois, ça ne me dérange pas, marmonna Harry dans une grimace de dégoût.
Draco lui donna une tape sur le ventre en faisant un bruit de révulsion.
- Contente-toi de me faire mon petit déjeuner, au lieu me mettre des images peu ragoûtantes dans la tête dès le réveil.
- Merlin, je vis avec un tyran, grommela Harry en finissant par glisser hors du lit douillet.
- Je suis un Malfoy, à quoi t'attendais-tu ?
Harry ne répondit pas en s'enroulant dans son peignoir rouge. Il quitta la chambre en bâillant et en s'étirant. Il descendit l'escalier en bois massif et d'une impulsion magique, il ouvrit les volets et les rideaux opaques qui obstruaient la lumière. Il ne fut pas étonné de contempler la petite averse qui tombait contre la baie vitrée. Il resta un instant comme cela, le regard dans le vide en se demandant ce que son Sensei faisait en ce moment et dans quelle partie du monde il se trouvait. Harry ignorait si cela lui manquait ou pas d'être sur la route, les entraînements drastiques, les heures de méditations dans des positions intenables, les semaines, voire les années de silence. Harry caressa d'un geste absent l'amulette de blocage qu'il portait maintenant depuis trois ans. Le jeune homme brun passa la main dans ses cheveux déjà ébouriffés et se dirigea vers la cuisine ouverte. Il posa tout ce dont il aurait besoin sur le comptoir et commença la préparation du petit déjeuner.
Harry eut un sourire en confectionnant le plateau pour son bien-aimé capricieux. Non, la route ne lui manquait pas, il adorait être à la maison. Avec Draco. Il remonta dans leur chambre en sifflotant joyeusement. Draco était enroulé dans la couette tel un délicieux maki. Harry gloussa en voyant seulement des mèches blondes émergées du duvet.
- Mon amour, le petit déjeuner est servi, chantonna-t-il en posant le plateau sur la table de chevet de son côté du lit.
- Déroule-moi, redresse-moi et nourris-moi, lui parvint la réponse d'une voix étouffée par la couette en plumes et duvet de canards.
Le jeune homme brun roula des yeux en soupirant.
- Oui, Votre Altesse, dois-je également vous essuyer après… ?
- Arrrgh ! Tu es dégoûtant, Potter ! s'exclama le jeune homme blond en tentant de se relever à plusieurs reprises.
Harry éclata de rire, alors que le Draco maki roula hors du lit et chuta sur le tapis dans un bruit sourd.
- Toi, tu dormiras sur le canapé à partir de maintenant ! lança l'aristocrate d'une voix indignée et légèrement étouffée.
Ses menaces ne firent qu'accentuer le fou rire de Harry, qui se laissa glisser sur le lit. Il regarda son compagnon allongé sur le tapis en lui adressant un sourire aveuglant :
- Bon sang, qu'est-ce que je t'aime !
- Ce n'est définitivement pas un sentiment partagé en ce moment, Potter !
Harry se contenta de rire et finit par venir en aide au jeune homme blond.
~ O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O ~
Hermione buvait tranquillement sa tasse de café en lisant un livre sur les nouvelles pratiques de la neurochirurgie moldue, dans sa petite cuisine. Vêtue uniquement de sa nuisette en soie rouge bordeaux ainsi que de sa robe de chambre en satin noir, elle était tout simplement divine. Théodore restait un instant dans l'embrasure de la porte en la dévorant du regard. Elle n'avait plus sa longue crinière de lionne, mais il ne la trouvait que plus belle avec ses cheveux bruns courts qui bouclaient autour de son visage. Elle finit par remarquer sa présence et leva la tête en tournant les yeux vers lui avec un sourire chaleureux. Il s'élança vers elle, saisit ses joues en coupe entre ses mains et l'embrassa fougueusement, leurs langues jouant ensemble dans un ballet lent et sensuel les faisant frissonner tous deux. Hermione poussa un gémissement en enroulant ses bras autour de la nuque de son compagnon plus grand. Celui-ci se redressa l'emportant avec lui, elle noua instinctivement ses jambes autour de sa taille se frottant délicieusement contre lui. Théodore siffla contre ses lèvres avant de déposer une pluie de baisers dans sa gorge, suivant la finesse de son cou et la délicatesse des os de sa clavicule. Il avait envie de prendre le temps de la vénérer, mais la jeune femme avait d'autres idées en tête, car elle se mit à onduler contre sa virilité.
- « Mione... gémit-il pitoyablement contre la peau douce de sa gorge.
Elle ne lui répondit pas, comme perdu dans son propre plaisir, elle glissa les doigts dans ses cheveux bruns, tira sur les mèches et cela fit perdre le fil à Théodore. Il finit par la plaquer contre la surface plane la plus proche, afin d'avoir les mains libres pour lui caresser la poitrine au travers de sa nuisette. Elle gémit, trémoussa contre le mur avant de lui lancer un regard brûlant puis :
- Je n'ai pas de culotte, dit-elle avait un sourire canaille.
- Oh.
Théo en perdit la raison. Elle savait exactement quoi dire pour le faire basculer pendant leur mon d'intimité. Il glissa une main sous la nuisette et caressa l'entrejambe de sa compagne avec un sourire. Effectivement, elle était toute nue. Il glissa un doigt en elle, et la trouva chaude et humide. Il en saliva. Il voulait l'allonger et plonger la langue dans ses parties, la goûter et la faire crier juste avec sa bouche. Il la désirait ardemment !
- J'ai envie de te lécher, murmura-t-il en rougissant d'impatience.
- Plus tard ! Viens d'abord !
Hermione grogna d'agacement, car il n'allait pas assez vite à son goût, et épinglée comme elle l'était contre le mur, elle ne pouvait pas bouger à sa guise. Elle lui lança un regard sauvage tout en ondulant contre lui afin d'obtenir ce qu'elle voulait.
- Pourquoi portes-tu encore ton caleçon ? demanda-t-elle d'un ton accusateur.
- Je ne sais pas, pardon... marmonna-t-il en se débarrassant du bout de tissus incriminé.
Dès que son membre fut à nu, il se frotta contre le sexe de Hermione en poussant un soupir d'anticipation. Il releva les yeux vers elle et lui demanda :
- Tu veux… ?
- Oui, souffla-t-elle en l'embrassant avec passion.
- Bordel oui ! gémit-il en réponse contre ses lèvres en la pénétrant.
Hermione poussa un petit couinement de plaisir en rejetant la tête en arrière. Théodore se mit à bouger dans de long et lent mouvement de vas et vient lui arrachant des soupirs langoureux à la jeune femme brune. Il enroula ses bras autour sa taille et l'emporta vers le canapé sur lequel il la déposa délicatement avant de commencer à bouger avec beaucoup plus de force lui arrachant des cris d'extases.
- Oh, Théo ! Plus, plus ! chantonna-t-elle en bougeant des hanches en rythme avec ses coups de bassin.
- Oui ! grogna-t-il en retour.
Il était tellement bien en elle, c'était un rêve qu'il vivait au quotidien depuis quelques années et il espérait que cela continuerait pour les années à venir et cela jusqu'à la fin de leurs vies. Elle le repoussa et grimpa sur ses genoux et s'empala d'elle-même sur son membre turgescent avant de commencer à se mouvoir à sa cadence en les faisant gémir de plaisir tous deux.
Ils atteignirent les sommets en même temps dans un long cri, la tête rejetée en arrière de volupté. Bon sang, pouvait-on espérer une meilleure matinée ?
~ O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O ~
Haletante et totalement échevelée, Hermione se tourna dans les bras de son compagnon en lui lançant un regard vitreux :
- C'était pourquoi ça ?
- Tu as quitté le lit, répondit le jeune homme en tentant de reprendre son souffle.
Hermione rit avant de déposer un baiser sur la poitrine de Théodore.
- Vivons ensemble, lança le jeune homme d'une voix rauque.
- Non.
Il grogna et finit par se redresser, coinçant ainsi Hermione sous lui.
- Pourquoi ?
- La raison n'a pas changé depuis les dix dernières où tu as posé la question, répliqua la jeune femme brune en roulant des yeux.
- Mais tu ne finis pas tes études avant dans six ans ! Tu ne peux sérieusement pas me demander de patienter jusque-là, lui fit-il remarquer.
- Tu as bien attendu 10 ans avant de sortir avec moi…
- Hermi, gémit l'ancien serpentard d'une voix dramatique.
Il laissa tomber sa tête contre le cou délicat de sa compagne, respirant son odeur ensorcelante. Il déposa de doux baisers avant d'entamer un frottement contre le corps nu de Hermione. Il se mit à durcir contre la cuisse de la jeune femme. Il glissa la main sur sa poitrine lourde et douce dans un geste cajoleur.
- Théo…
- Hmm…
Ils commencèrent à s'exciter mutuellement et à se perdre dans les caresses et les baisers lorsque la sonnette du studio de Hermione retentit violemment en les faisant sursauter. Ils se séparèrent brutalement comme s'ils avaient été pris à faire une bêtise. Ils regardèrent un moment avant d'éclater de rire.
- Oh, Merlin, ça m'a rappelé quand nous sommes allés chez tes parents et que ta mère a ouvert la porte de ta chambre…
- En oubliant que j'étais venu avec toi et qu'on était sur le point de…
- Je n'ai jamais eu aussi honte de mon existence !
- J'ai bien ri, moi, sourit l'ancienne Gryffondor en haussant les sourcils.
- Je m'en souviens, grommela le brun en déposant un baiser sur son front.
Il se détacha à regret de sa dulcinée, quitta le lit, chercha ses habits qu'il revêtit promptement.
- Je vais voir qui c'est, prends ton temps, dit-il en lui lançant un regard enflammé.
Hermione roula des yeux avant de glousser bêtement comme l'adolescente qu'elle n'était plus. Elle s'étira langoureusement dans les draps de satin vert et or. Elle était délicieusement fourbue. Elle finit par glisser hors du lit à son tour et enfiler rapidement sa robe de chambre. Il n'y avait pas de salle de bain dans sa chambre, aussi ne put elle pas se faire une toilette sommaire ; son appartement était petit comparé au loft de son compagnon. Cependant, elle l'aimait bien son petit studio, il était très cosy. Elle pénétra dans son minuscule salon, pour trouver une Ginny échevelée et toute pâle, assise au comptoir.
- Ginny ?
Cette dernière se tourna vers elle avec les larmes aux yeux.
- Que se passe-t-il ?
Elle s'installa en face de la jeune femme rousse pendant que Théodore préparait le thé.
- Je ne sais pas ! Je disparais ! s'écria la jeune femme en enlevant ses gants.
Ils regardèrent tous les mains de Ginny devenir transparentes brièvement avant de reprendre sa consistance naturelle. Puis elles disparurent encore, plus longuement, avant de reprendre leur forme d'origine.
- Plus ça va, plus mes mains disparaissent longtemps ! Mes jambes aussi... Hermione, s'il te plaît, aide-moi ! continua Ginny dans un sanglot.
Elle pleurait à chaudes larmes en se jetant dans les bras de Hermione.
L'ancienne gryffondore échangea un regard choqué avec Théodore, se demandant ce qui était en train de se passer.
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Draco croisa les bras sur sa poitrine en fusillant du regard son compagnon. Harry était un âne buté lorsqu'il s'y mettait. Ce dernier lui tournait ostensiblement le dos en buvant sa tasse de thé. Il poussa un soupir en passant la main dans les cheveux brun de Freyr qui dormait paisiblement dans ses bras. Le garçonnet remuait un instant en se blottissant contre lui.
- Potter, grogna le jeune homme blond.
- Non.
- Tu ne peux pas te continuer à te conduire comme un enfant.
- Je fais ce que je veux.
- Non, mais, je rêve…
Draco soupira en secouant la tête en regardant son amant. Il pouvait comprendre sa réticence à rencontrer Ginny, après ce qui s'était passé des années auparavant. Cependant, Harry ne pouvait pas éviter Ginny ad vitam æternam. Cela faisait cinq mois qu'il était rentré et n'avait pas parlé à la jeune femme une seule fois, ni au reste de la famille Weasley d'ailleurs.
- Harry, Ginny a changé, tu dois au moins lui parler. J'ai réussi à lui pardonner, alors pourquoi pas toi ? finit par murmurer Draco sur un ton doux.
Harry poussa un soupir en posant sa tasse de thé sur le plan de travail.
- Je sais.
Draco posa la main sur son avant-bras avant de dire :
- Il faut que tu l'aides, Hermione a dit que c'était grave. Si tu ne peux pas faire un pas vers elle pour le moment, il n'y a aucun problème, mais tu ne peux pas la laisser sans lui venir en aide, Harry. Tu n'es pas comme ça, et c'est la sœur de Ron. Elle reste sa famille. Il ne peut pas la perdre en plus de Fred.
Il savait qu'il avait dit la bonne lorsqu'il vit les épaules de son vis-à-vis s'abaisser. Harry soupira doucement en levant les yeux pour croiser le regard gris perle de son homologue.
- Je l'aimais, finit-il par dire d'une voix douloureuse.
- Je sais.
- Je l'aimais tellement et elle le savait ! Elle savait ce que je ressentais pour toi. Je ne le lui ai pas caché. Pourquoi ? Pourquoi s'en est-elle prise à toi ? lui demanda-t-il d'une voix brisée.
Draco en eut le cœur anéanti. Il connaissait l'attachement que Harry avait eu pour la jeune femme ; Ron lui avait raconté. Harry avait cru à un moment faire sa vie avec elle - l'idée lui avait fait grincer des dents - avant de se rendre compte de la nature platonique de ses sentiments pour elle.
- Parle-lui, d'accord ? Harry, j'adore Ron et je sais qu'il se sent mal parce qu'il ne peut pas profiter de toi entièrement, car il y a le problème de sa sœur.
Un soupir échappa au jeune homme brun et il lâcha doucement :
- Je sais.
- Le pardon permet d'avancer. Tu arrêteras également de souffrir. Je sais que tu en souffres. Ne me dis pas le contraire.
Le regard vert de Harry se fixa sur lui :
- Merci, souffla-t-il.
Draco sourit et il se rendit compte à ce moment précis de la portée de ce moment. De l'importance de leur couple. Il avait la certitude de faire la bonne chose.
- Je vais aller allonger Fryer.
Harry hocha la tête distraitement en regardant son amant quitter la cuisine en emportant avec lui le petit Fryer qui s'accrochait adorablement à lui. Une image vivace de Draco portant leur enfant traversa l'esprit de Harry et lui arracha un soupir d'envie. Son regard retomba sur le parchemin qu'il avait reçu de la part d'Hermione et décida d'y répondre. Il envoya donc le hibou à Hermione et Théodore en acceptant de rencontrer Ginny. Il fit également de même à Ron et à Blaise, les invitant à venir à la maison.
Il leur donna rendez-vous le soir même. Il devait se rendre à son bureau, après tout, les élections se déroulaient le lendemain matin. Harry avait fait campagne pendant plus de cinq mois dans chaque recoin de l'Angleterre, il espérait avoir été convaincant, surtout pour la classe moyenne sorcière. Après tout, il y avait beaucoup plus de Sang-mêlé dans la société sorcière que de Sang-Pur. De plus, étant l'un des Héros de la Guerre, il avait beaucoup de personnes de son côté. Les sujets qu'il avait abordés interpellaient, notamment l'éducation accessible à tous les enfants AVANT leur entrée au collège. Tous les parents n'avaient pas les moyens d'enseigner les choses élémentaires à leurs enfants. Les enfants de Sang-Pur connaissaient les bases de la magie avant de faire leur entrée à Poudlard, ce qui leur donnait une avance non négligeable par rapport aux autres. Il en était la preuve vivante. Il souhaitait également mettre en place un Ministère de l'enfance afin d'éviter ce qui s'était passé pour Tom Jedusor, un enfant sorcier laissé à l'abandon par les siens… Il en était également la preuve vivante. Un ministère des affaires familiales et surtout de la protection des femmes, afin d'éviter que les jeunes femmes se retrouvent mariées de forces et ne puissent pas s'en échapper. Comme Narcissa. Il désirait changer le statut des créatures magiques, loups-garous, vampires, centaure, etc, les reconnaissant comme des êtres à part entière. Il s'était rendu aux USA et avait vu ces créatures qui n'avaient aucun droit en Angleterre faire partie de la société sorcière. Ils avaient des droits comme tous les autres sorciers. Cela lui avait donné envie de faire la même chose en Angleterre. L'Angleterre ne pouvait plus rester aussi rétrograde dans un monde qui se modernisait de plus en plus vite. Harry avait les moyens de faire évoluer les choses, mais en étant Ministre de la Magie, il pouvait faire changer les choses de façon nationale et non pas localement.
Draco descendit le rejoindre dans le salon et se colla à lui en poussant un soupir de bien-être. Harry passa ses bras autour de sa taille et plongea le visage dans ses cheveux dorés.
- Je suis fier de toi, murmura Draco.
- Je ne l'ai pas encore vu, attends un peu avant de me complimenter.
- Je sais, mais tu évitais de l'évoquer depuis ton retour.
- C'est pourtant à toi qu'elle a fait du mal, comment peux-tu lui pardonner si facilement ? Je croyais que les Malfoy étaient rancuniers ?
Draco entendit le sourire dans la voix de Harry et décida de ne pas le relever.
- Je le suis. J'ai souhaité sa mort. Chaque fois que je faisais une crise d'angoisse, chaque fois que je tremblais de peur, chaque fois que je pleurais parce que je t'avais perdu à cause d'elles. Je l'ai détestée, Harry, tellement. Puis, je l'ai vu. Sans magie. Tu lui as arraché sa magie, elle n'est plus la même depuis. Je ne saurai pas te dire, mais ce que tu lui fais, c'est tout aussi horrible que ce qu'elles m'ont fait. Il m'a fallu du temps pour lui pardonner, mais maintenant, tu es là. Je n'ai plus aucune raison de lui en vouloir.
Draco se recula afin de plonger le gris argenté de ses yeux dans le vert émeraude de ceux de son compagnon. Il saisit le visage de son vis-à-vis entre ses mains.
- C'est bon Harry, tu peux arrêter de la détester pour moi.
Le jeune homme aux cheveux bruns ferma les yeux en posant le front contre l'épaule de sa moitié.
- Je te remercie, Draco.
Et ce fut suffisant pour que Harry respire mieux.
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Lorsque Harry revint après avoir fait un saut dans son cabinet de campagne. Tout était prêt pour le dimanche matin. Il devrait s'y rendre tôt le lendemain. Il s'arrêta un instant devant le porche de sa maison en prenant une inspiration. Il ouvrit la porte et une petite créature pas plus haute que trois pommes s'élança contre ses jambes :
- Oncle Ry !
- Salut bonhomme !
Il sourit en soulevant le bambin dans ses bras, celui-ci éclata de rire en lui grimpant sur les épaules. Fryer commença à lui raconter sa journée d'une voix tout excitée. Il fallait le comprendre, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas passé du temps son tonton Dray :
- Est-ce que tu ne m'aimes pas ? finit par demander le petit garçon très sérieusement.
- Euh, si, je t'adore ! répondit Harry pris au dépourvu. Pourquoi tu poses cette question ?
- Parce que depuis que tu es revenu, je ne vois plus oncle Dray et tu sais il t'aime beaucoup et quand t'étais pas là il pleurait beaucoup, mais il se cachait parce que c'était un sucret. Et moi, il m'aime beaucoup, mais un peu moins que toi. Alors si toi tu ne m'aimes pas, il va arrêter de m'aimer aussi, expliqua le jeune garçon en plongeant ses grands yeux noirs dans ses yeux verts.
Harry le posa par terre et mit un genou à terre afin de se mettre à son niveau.
- Je suis désolée Fryer que tu crois ça. Mais c'est faux, mon petit bonhomme. Draco t'aime beaucoup beaucoup. Tu lui es très précieux ! Il ne t'a pas oublié une seule seconde. Il ne m'aime pas plus que toi. Et si je ne t'aimais pas, il me botterait les fesses. Et tu sais à quel point il fait peur quand il n'est pas content.
Fryer gloussa en hochant la tête :
- Y devient tout rouge, acquiesça-t-il.
- Il devient tout rouge, confirma Harry avec un sourire doux. Tu peux venir à la maison quand tu veux, tu as ta propre chambre, pas vrai ?
- Hm !
- Alors tu n'as pas à t'en faire. Je te le promets.
- Harry ?
Draco était venu les rejoindre dans le hall avec un air inquiet sur le visage. Il les regarda tous les deux un instant avant de se baisser et d'ouvrir les bras pour Fryer, ce dernier se précipita vers lui avec joie. Il déposa un baser sur la joue joufflue du petit garçon.
- Tu nous rejoins ? Tout le monde est déjà là.
- Oui, mon amour. J'enlève mes chaussures et j'arrive.
Draco hocha la tête avant de faire demi-tour et de retourner dans le salon ou il percevait des voix étouffées. Harry ôta ses chaussures rapidement et enfila une paire de chaussons. Lorsqu'il pénétra dans le salon, tout le monde se tourna vers lui et les conversations tarirent.
- Bonsoir ? dit-il d'une voix où perçait l'interrogation.
Dans la pièce, il y avait Blaise et Ron, Théodore et Hermione sur le canapé d'angle, Remus et Severus qui se tenaient dans le fauteuil à côté de la cheminée avec Fryer sur les genoux de Remus. Luna était assise, seule sur un fauteuil et tournait ostensiblement le dos à une Pansy frustrée mais qui se contenait tant bien que mal. Le regard de Harry se posa sur une silhouette qu'il n'avait pas vue depuis des années. Ginny. Elle se tenait en retrait, le visage baissé et caché par ses longs cheveux roux. Draco avait absolument raison, elle n'avait plus rien de la jeune femme sûre d'elle et arrogante de leur année Poudlard. Elle faisait bien attention à ne pas le regarder dans les yeux. Il y avait un silence pesant dans le salon. Il savait qu'il devait dire un truc. Après tout, c'était la raison pour laquelle il les avait tous invités chez lui.
- Ginny, commença-t-il d'une voix neutre.
Cette dernière se contenta de hocher la tête dans sa direction sans lever les yeux ni lui adresser un seul mot. Harry n'insista pas. Il ne fallait pas pousser non plus. Il allait s'installer auprès de Draco qui lui pressa la cuisse en lui lançant un sourire réconfortant.
- Comment ça s'est passé ? lança Remus à Harry en tentant de briser l'atmosphère lourde qui s'était installée dans la pièce.
- Nous sommes prêts pour demain. J'espère juste que cela va bien se passer, répondit le jeune homme en hochant la tête.
- Ce n'est qu'une formalité, tu seras élu, le rassura Luna en se redressant brusquement. Passons les amabilités. Parlons du sujet pour lequel nous sommes tous et toutes là.
- Père, puis-je aller jouer ? demanda Fryer d'une petite voix formelle en levant les yeux vers Severus.
Ce dernier hocha la tête et le laissa glisser de ses genoux avant de sortir du salon en courant. Il lança un sort sur de surveillance sur son fils afin d'être immédiatement prévenu en cas de problème tandis que ce dernier jouerait dans la salle de jeu. Les adultes attendirent que le petit garçon ait commencé à parler de sa voix de fausset pour retourner à leur conversation.
- Ginny, tu veux bien enlever tes gants s'il te plaît ? finit par demander Hermione en se redressant.
La jeune femme s'approcha doucement avant d'ôter ses gants. Ron se redressa en poussant un cri de stupeur.
- MAIS QU'EST-CE QUE ? hurla-t-il en saisissant les poignets de sa sœur.
- Elle disparaît. J'ai lancé un sort de diagnostic, mais il n'y a rien. Elle va parfaitement bien, expliqua Hermione le visage froissé par la frustration.
Severus s'approcha de la jeune femme rousse qui avait commencé à sangloter d'un air concentré. Il l'inspecta avant de lancer un sort de diagnostic de son niveau de magie.
- Le problème, Miss Granger, ce n'est pas le sort que vous avez lancé, mais ce que vous avez vérifié, dit-il d'une voix sarcastique.
- Comment ça ?
- Vous avez lancé un sort de diagnostic physiologique. Mais l'idée que son problème vienne de sa réserve de magie ne vous a pas traversé l'esprit ?
- Euh…
- Miss Weasley ici présente a été transformée en Cracmole, bien que je juge que la punition pour avoir attenté à la vie de mon filleul soit beaucoup trop douce, sa réserve de magie n'est donc pas suffisante.
Il eut un silence pesant et gêné de la part de toutes les personnes présentes dans la pièce.
- Je ne comprends pas du coup ? finit par demander courageusement Ron.
- Le contraire m'aurait étonné.
- Parrain !
- Severus !
Draco et Remus avaient crié d'une seule et même voix. Ce dernier roula des yeux en poussant un soupir exaspéré avant de répondre sur un ton nonchalant :
- Votre sœur est en train de se vider du peu de magie qui lui reste, d'ici quarante-huit heures, il y a de fortes chances qu'elle meurt.
- Quoi ?! s'écrièrent Ginny, Ron et Hermione les yeux écarquillés de peur.
Luna donnait l'impression d'être plus absorbée par sa plume à papote que par ce qui se déroulait autour d'elle. Les anciens Serpentards n'en avaient strictement rien à faire. Aucun d'eux n'avait oublié ce que Ginny avait fait à Draco et bien qu'ils entretinssent une relation cordiale avec Ginny depuis ces deux dernières années, ils ne lui avaient pas pardonné pour l'instant. Et peut-être ne lui pardonneraient-ils jamais. Aussi, son sort ne les intéressait pas. Harry était beaucoup plus mitigé. Il savait que ce qui était en train d'arriver à Ginny était de sa faute. Cependant, il ne parvenait pas à culpabiliser. Il ne ressentait pas le moindre remords ou encore de l'empathie. Elle avait failli lui enlever Draco et cette peur s'était enracinée dans sa poitrine. Harry passa un bras autour de la taille de son compagnon et le pressa contre lui.
- Tout va bien, Harry, lui murmura le jeune homme blond en réponse d'une voix douce.
- Je sais, répondit-il en plongeant le nez dans la douce chevelure de sa moitié.
Il finit par se détacher de Draco, se redresser puis s'approcher de Ginny. Celle-ci eut un mouvement de recul qu'elle tenta de réprimer en vain. Harry ne fit aucun commentaire, car il voulait qu'elle continue à le craindre, de cette façon elle n'aurait plus jamais l'idée de s'en prendre à la personne qu'il aimait.
- Je vais te rendre ta magie, lui dit-il d'un ton doux.
- Ah ? murmura-t-elle d'une voix remplie d'espoir.
Harry posa les doigts délicatement sur la tempe de la jeune femme rousse et ferma les yeux. Il chercha la magie de Ginny en lui. Il se rappela la sensation de cette magie étrangère en lui, qu'il avait arraché de force dans le but de lui faire du mal. Cette énergie chaude, beaucoup moins chaleureuse que la magie de Ron qui brûlait littéralement de passion. Il l'approcha, elle était craintive et se cachait loin de sa propre magie. Harry la cajola et l'encouragea à retourner à sa propriétaire. Le pouvoir magique eut un sursaut d'énergie et commença à s'écouler hors du corps de Harry vers celui de Ginny. Il lui rendit tout, jusqu'à la dernière goutte. Le jeune homme brun fit un pas en arrière en ouvrant les yeux. Ceux-ci brillaient d'un éclat aveuglant avant de reprendre leur aspect normal. Ginny haleta brusquement lorsque son pouvoir se mit à pulser dans ses veines, la remplissant et retrouvant sa place. Elle en pleurait. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas ressenti cela. Des années qu'elle n'avait plus été une sorcière. Elle releva des yeux larmoyants vers Harry et dit simplement :
- Pardon, et merci.
Celui-ci se contenta de hocher la tête avant de retourner auprès de Draco qui lui prit immédiatement les mains et les serra délicatement. Ginny eut un pincement au cœur, car elle savait qu'elle avait perdu Harry pour toujours. Il ne pourrait plus jamais lui donner son amitié comme il lui avait proposé des années auparavant. Elle avait tout gâché de ses propres mains. Vivre comme une moldue l'avait mise face à ses erreurs et ses crimes. Elle n'y était pas connue et savoir que tenter de tuer quelqu'un était passible d'une longue peine de prison sans pouvoir en échapper. Les premiers temps qu'elle eût passés à Londres après s'être enfuie du terrier avaient été horribles. Elle n'avait plus aucun pouvoir, mais lorsque Harry avait tenté de la tuer. Il avait eu tellement de haine, de colère, de soif de sang dans son regard et dans la façon dont il lui avait de lui arracher sa magie. Elle se souvenait de cette sensation, comme si on déchirait son âme en deux. Cela avait été horrible. Elle avait erré pendant des mois en ayant l'impression de n'avoir qu'une seule partie d'elle-même. Cet état lui avait permis de se rendre compte de tout ce qu'elle avait fait de mal dans sa vie. De son arrogance, de sa propre cruauté. Comment Draco avait-il pu lui pardonner ? Elle se le demandait encore.
- Bien, maintenant que ça, c'est réglé, passons à ce qui nous intéresse ici. Pourquoi sommes-nous là ? voulut savoir Blaise en ramenant l'attention de tout le monde sur lui.
Luna claqua dans sa main en affichant un sourire rayonnant.
- Oh, oui ! Il me semble important de vous faire part de nos soupçons. Vous avez dû certainement remarquer qu'il se passait des choses assez étranges dans le monde magique et moldu en ce moment.
- Comme ? voulut savoir Draco en plissant les yeux d'incompréhension.
- Sérieusement Draco ? Tu n'as rien remarqué de bizarre depuis quelques mois ? Des sorts qui mettent un peu plus de temps à se mettre en place, une résistance dans l'air ?
Draco regarda Théo en secouant la tête avant de répliquer sur ton cinglant :
- J'avais déjà du mal à utiliser ma magie après la potion de transfert, je n'ai rien remarqué. En fait, depuis le retour de Harry, ma magie est en train de me revenir donc non je n'ai rien remarqué de bizarre.
Blaise agita la main dans l'air comme s'il souhaitait effacer l'interrogation de Théodore :
- C'est bête comme question, même s'il avait capable sentir le problème, il est beaucoup trop absorbé par Potter pour cela.
- Connard, répliqua Draco en tentant de ne pas rougir.
- Je ne fais que dire la vérité, mon cher, répliqua le jeune homme noir avec un éclat rieur dans ses yeux verts.
- Revenons à nos moutons, les garçons, lança Hermione en levant les yeux au ciel.
Elle fit un signe de tête à Luna pour que cette dernière continue :
- Nous avons recensé une augmentation des apparitions de créatures magiques dans le monde moldu, comme si le mur qui séparait ces deux mondes s'effilochait de jour en jour.
- Oui, mais ce mur n'est pas naturel de base, il a été créé pour protéger les sorciers des exactions des moldus. Ce n'est donc pas étonnant qu'ils ne finissent pas s'écrouler fit remarquer Hermione en fronçant les sourcils.
- Certes, mais le sort a été consolidé de telle sorte que chaque sorcier vivant au travers le monde l'alimente d'une part de sa magie afin qu'il tienne jusqu'à aussi longtemps que le monde existera, répondit Pansy pour la première fois depuis le début de cette réunion.
Luna acquiesça avec un petit sourire :
- Nous sommes tous plus au moins lié à cette barrière. Le problème, c'est que nous avons l'impression qu'en ce moment, il y a un déséquilibre entre les deux mondes. On aimerait savoir ce qui la cause, le pourquoi du comment…
- Qu'entends-tu pas « déséquilibre », voulut savoir Remus qui écoutait avec beaucoup d'intérêt.
- Comme ce qui vient de se passer avec la Weasley fille, rétorqua Severus d'un ton traînant.
- Oui, mais pas que ça. Des dragons qui apparaissent dans des villes, des troupeaux de licornes qui gambadent en plein Times square à New York, énuméra Pansy en secouant la tête.
Et c'est l'une des raisons principales qui ont poussé Harry à revenir. Il a vu ou senti que quelque chose se tramait... commença Luna en hochant la tête. Tous et toutes tournèrent la tête vers le jeune homme brun aux yeux vert émeraude. Ce dernier se contenta de hocher la tête d'un air distrait :
- Hmm, en quelque sorte, finit-il par dire.
Hermione et Ron le dévisageaient comme s'il était un étranger :
- Pourquoi tu ne nous l'as pas dit ?
Harry haussa les épaules en gardant le silence. Ce n'était pas parce qu'il n'en avait rien à faire, cependant il n'avait rien à ajouter et décida qu'il était plus judicieux de rester silencieux.
- Tu ne nous fais pas confiance ?
La voix de Ron avait tremblé en posant la question. Harry posa se leva, se dirigea vers lui et posa une main réconfortante sur son épaule :
- Je n'avais pas de preuve, répondit-il simplement comme si cela expliquait tout.
Et pour lui, cela justifiait tout. Il n'allait pas perdre du temps à parler alors qu'il n'avait pas d'arguments.
- Mais quand même ! Tu ne nous en as même pas touché un mot ! Avant tu l'aurais fait... murmura Ron en ayant l'impression d'être mis de côté.
- Ron, commença Hermione d'une voix grondante
- Vous laverez vos linges sales plus tard, lança Pansy avant de faire face au reste du groupe. J'ai reçu un rapport du Centre des créatures magiques. La situation est de plus en plus grave. Nous devons faire quelque chose sinon nous serions en grand danger. De plus, si les premières créatures touchées sont les Cracmoles, donc ceux avec le moins de pouvoir magique, le pire est peut-être déjà arrivé...
Il eut un silence pesant brisé seulement par la voix enfantine de Fryer qui jouait dans la pièce d'à côté, inconscient de la gravité du contexte qui l'entourait.
- J'aurai accès à plus de ressources si je deviens le Ministre de la Magie, fit remarquer Harry d'un ton pensif.
- Tu as intérêt à gagner alors ! lança Draco en secouant la tête.
Harry eut un sourire désabusé avant de proposer de faire du thé pour tout le monde, se doutant que la conversation allait être très longue. Ils mirent en commun toutes leurs connaissances et décidèrent d'attendre les résultats de l'élection avant de mettre en place leur plan d'action. Hermione, Luna, Théodore et Severus proposèrent de faire des recherches documentaires supplémentaires afin de savoir si ce phénomène s'était déjà produit avant. Les autres préfèrent attendre pour agir concrètement. Après tout si Harry devenait Ministre de la Magie, il pourrait mettre une équipe d'Aurors sur le sujet.
Sur ces dernières remarques, ils quittèrent tous la maison Potter-Malfoy très tard dans la matinée, à 4 heures du matin. Remus et Severus furent les derniers à partir, car ils devaient récupérer leur fils qui dormait paisiblement dans sa chambre à l'étage.
Cette nuit-là, Harry demanda à Draco si c'était problématique le fait qu'il ne parlait plus beaucoup et préférait observer. Celui-ci le rassura, ce n'était rien, ses ami. e. s finiraient par comprendre qu'il était juste un peu différent du Harry qu'ils avaient côtoyé durant sept ans. Harry devait leur laisser le temps d'apprendre à se connaître à nouveau et il n'avait pas à s'en faire, ils allaient aimer la nouvelle version de Harry Potter comme lui Draco Malfoy l'aimait. Cette nuit-là, Harry s'était blotti dans les bras de l'aristocrate blond en disant d'une voix apaisée : « Merci d'être là. » et Draco s'était alors contenté de le serrer contre lui après tout, c'était l'homme de sa vie avant de s'endormir.
~ O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O ~
Harry fit un rêve étrange, un songe des plus perturbant. Cependant, il savait que ce n'était pas n'importe quel type de songe qu'il était en train de faire. C'était un rêve prémonitoire. Il se trouvait dans un endroit entouré d'un épais brouillard derrière lequel il devinait les formes éventrées d'immenses immeubles et d'arbres courbés. L'air y était lourd et presque irrespirable. Il lui était malheureusement impossible deviner où il se trouvait, cependant, il était persuadé d'une chose : il était à toujours à Londres. Mais à quelle époque ? Il regarda autour de lui, cherchant un lieu en hauteur afin d'échapper à la brume et d'avoir une vue globale lorsqu'un murmure lui parvint aux oreilles.
hikari wo nakushita hitomi
kieyuku kioku mo kako mo
Tes yeux ont perdu de leur éclat
Efface tous mes souvenirs
Du japonais ? Qui chantait ? D'où provenait cette tristesse immense qui l'envahissait ? Pourquoi avait-il l'impression d'égarer quelque chose d'important en entendant le désespoir dans cette voix ? Pourquoi cette femme souhaitait-elle perdre la mémoire ? Et qui était mort ? Que devait-il comprendre ?
fukai kiri no naka ukabiagatta
hosoi michi mukaeba
kioku no saki wa tooku kie doko e
te wo nobasu keredo
Loin, à travers l'épais brouillard
Un long chemin
Ne laissant que des traces de souffrances
Je m'endors dans un silence profond
Harry cherchait autour de lui d'où pouvait provenir cette voix mélancolique. La femme qui chantait semblait être plongée dans une profonde tristesse. Il avança, tentant d'échapper à l'épais brouillard qui s'accrochait à lui. Il devait savoir !
Oh now, holding this pain
suteru tabi kurushisa wa
fueteku mata
Owari no nai Oh deja vu
Oh, maintenant, je porte cette douleur
Comme ce jour où j'ai tout abandonné
Chaque jour, cette douleur grandit
Devant mes yeux, sans fin
Oh déjà-vu
Il eut l'impression de revivre la scène encore et encore, comme s'il était bloqué dans une boucle temporelle. Des ombres apparurent et disparurent autour de lui, il voulait appeler les personnes, mais ce fut comme si sa voix lui avait été volée.
Oh déjà-vu
Oh déjà-vu
Oh déjà-vu
So I fallen now
Donc, je sombre maintenant
Un poids lourd s'abattit sur sa poitrine, l'empêchant de respirer et d'avancer. Ses genoux se mirent à trembler et une faiblesse nouvelle jaillit de toute sa personne et il sentit quelque chose aspirer sa magie. Quelque chose de visqueux et de sale. Harry verrouilla ses protections et se redressa vivement : il devait trouver la femme qui chantait. C'était vital !
Hanasanai kono te wa nido to
inochi ga hateru made
doko made mo futari tomoni
itsu demo hanarenaide
Tant que je respire, je ne peux pas te laisser partir
Nous serons ensemble à chaque instant
Ne t'éloigne pas de moi
Harry se mit à courir, il trébucha, mais se releva tout aussi vite et se reprit sa course. Il laissa ses pieds le guider vers la voix, il savait… il savait que s'il la trouvait, il comprendrait. Il saisirait tout. Mais cette peine, cette douleur lui vrillait la poitrine et lui coupait le souffle. Comment pouvait-elle endurer cela ?
Eh, subete ga uso nara ii to
Uh, ano hini modoretara to
koukai sae kowakunai hodo
tsuyoku negau ima demo Yeah
Uh, j'espère que tous ces moments sont faux
Uh, j'espère que ce n'est qu'une illusion passagère
Même avec des larmes humides et des regrets tardifs
Si seulement je pouvais revenir en arrière
Peut-être était-ce ce fichu syndrome du sauveur qui lui faisait penser cela, mais le jeune homme brun se disait qu'il voulait le soutenir, la protéger. Si seulement, il pouvait la trouver !
So now, I'm holding this pain
senmei ni naru motto
higoto ni hora
owari no nai Oh déjà vu
Donc maintenant, je porte cette douleur
Comme ce jour où tu as tout abandonné
Ça devient plus clair chaque jour
Devant mes yeux, sans fin
Oh déjà vu
Il ne la laisserait pas souffrir seule, il n'abandonnerait pas tant qu'il ne l'aurait pas trouvé pour lui offrir son aide. Il ne comprenait pas pourquoi c'était important. Mais il faisait confiance à son instinct. Il lui faisait une confiance aveugle.
Oh déjà vu
Oh déjà vu
Oh déjà vu
So I fallen now
Une violente bourrasque balaya le brouillard qui lui obstruait la vue et il prit une respiration tremblante en faisant face à une vision fantasmagorique : enchaînée sur un trône se tenait une jeune femme à la peau aussi noire que le ciel durant une nuit sans lune. Ses cheveux crépus argentés formaient une auréole brillante autour de son visage fin. Elle portait un pantalon déchiré ainsi qu'une robe sorcière en lambeaux. Cependant, elle restait majestueuse et puissante, assise sur son trône avec le soleil incandescent et la lune brumeuse qui entraient en collision derrière elle. Ses yeux transparents se posèrent sur lui et Harry se sentit irrésistiblement attiré par elle. Il commença à avancer et se retrouva à courir afin de grimper les marches qui l'éloignaient d'elle. La voix de la jeune femme noire s'éleva à nouveau dans l'air et un frisson secoua Harry le poussant à gravir l'escalier plus vite.
hanasanai kono te wa nido to
inochi ga hateru made
doko made mo futari tomoni
itsu demo
shinjita monotachi ga
nokorazu kieteku yoru ni
Oh ah yami no naka anata no
sono te ga michibiita
sono saki e
Toutes les vérités auxquelles je croyais,
étaient couvertes de mensonges
Oh ah, comme un rayon de lumière dans ce sombre brouillard
Tu as pris ma main
Je te suis, je te suis
Plus il approchait du sommet, plus la température devenait étouffante. Une chaleur froide, ce qui était assez étrange, mais il ne cherchait pas à comprendre. Lorsqu'il fit plus près, il saisit la main de la jeune femme en disant :
- Je vous tiens !
Oh déjà vu
Oh déjà vu
Oh déjà vu
I'm saved now
Je suis sauvée maintenant
Et ce fut comme si la scène se répéta à l'infini, comme s'ils étaient bloqués dans une boucle temporelle et qu'ils n'avaient aucun espoir de s'en soustraire.
- Comment puis-je te libérer ? demanda-t-il difficilement alors que la boucle reproduisait.
Il se retrouva en bas du trône et dut remonter les marches pour se retrouver face à elle avant que la boucle ne recommença. C'était épuisant de vivre la même scène, encore et encore, sans possibilité d'échappatoire.
kamawanai nando mo kokoro
kurushisa ni naite mo
norikoeru anata no tame
hanarenai donna toki mo
Même si j'ai tout misé sur toi
Et que ma douleur s'intensifie
Comme si chaque instant était un rêve
Je ne m'éloignerai pas, reste à mes côtés
Il lui attrapa de nouveau la main et s'accrocha à elle lorsque la boucle recommença. Il saisit l'une de ses chaînes et ne la lâcha pas. Les yeux translucides se posèrent sur lui avec une infinie tristesse et elle murmura doucement :
And now I'm in my déjà vu
Et maintenant, je suis dans mon « déjà-vu »
Et la dernière boucle fut si violente qu'il se réveilla en sursaut, et tomba du lit en hurlant :
- NON !
Draco se redressa aussi en criant de peur. Il chercha Harry avant de le retrouver au sol, les cheveux en bataille et yeux écarquillés d'horreur.
- Harry… ? Que se passe-t-il ? Pourquoi tu pleures ?
Il n'obtint aucune réponse.
~ O*O*O*O*O*O*O*O*O*O*O ~
Le résultat ne fut une surprise pour personne, sauf peut-être pour Harry Potter. Le résultat de l'élection du Ministre de la Magie fut annoncé après une longue journée pluvieuse et morne. Beaucoup de sorciers s'étaient déplacés pour voter et donner les pouvoirs au jeune Harry Potter. Après tout n'avait-il pas vaincu le Mage Noir ? N'avait-il pas un projet pertinent pour les sorciers de la classe moyenne ? Il pouvait faire bouger les choses dans cette société figée. Harry était resté un long moment silencieux après les annonces de sa victoire écrasante. Il l'avait espéré, mais maintenant, il devait se montrer à la hauteur. Il releva les yeux vers Draco qui lui adressa un sourire sarcastique. Harry se redressa et prit sa main avant de se diriger vers les journalistes pour faire son discours. Avec son compagnon à ses côtés, il pouvait tout faire. Même trouver qui s'en prenait à la Magie.
~ A SUIVRE ~
Ce chapitre m'a pris du temps, car il s'y passe beaucoup de choses et je devais mettre en place la nouvelle intrigue. C'est toujours le combat de donner un peu d'éléments pour que vous puissiez élaborer votre suite tout en gardant un peu de suspense, etc. Bref, j'espère que cela vous a plu, je suis en train de commencer le chapitre suivant, il est prévu pour le 24 janvier 2020. Bonnes fêtes à toutes et tous et on se retrouve dans les reviews ;)
