~ Someone you loved ~
Hey les gens, je ne vais pas faire d'excuses, désolée pour l'attente et merci de votre patience ! Je vous envoie des cœurs et prenez soin de vous ! Enjoy It ^^
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sinon, ils auraient fini ensemble dans les livres)
Résumé : Draco avait toujours été amoureux du Survivant, depuis la première fois qu'il l'avait vu. Cet amour était ancré en lui, mais il savait qu'Harry ne lui appartiendrait jamais. Jamais. Alors pour que celui-ci garde un souvenir de lui, il s'en était fait un ennemi. On n'oublie jamais un ennemi. Les méchants n'avaient pas de Happy Ending. C'était ce qu'il croyait jusqu'à ce jour dans la Salle sur Demande qui allait tout changer. Attention MPREG/ scènes explicites !
Note de l'auteur : Chapitre non corrigé ! Désolée pour les fautes, j'ai fait de mon mieux !
Kissu :3
ShiyaMiam :3
~ Someone you loved ~
Lorsque Draco reprit connaissance, il se retrouva dans l'obscurité la plus totale. Il se sentait nauséeux, avait la tête qui tournait mais il savait avec certitude qu'il avait été victime d'un piège. Il secoua la tête, tentant d'enlever ce qui lui recouvrait les yeux, mais il ne parvint pas. Il poussa un soupir avant de bouger ses jambes engourdis. Il fut heureux que ses bras n'eurent pas été attachés dans son dos, il put les bouger à sa guise même si cela ne l'avançait pas. Maintenant qu'il s'était installé plus au moins confortablement, Draco put laisser la panique l'envahir. Il tenta de se remémorer ses souvenirs avant son enlèvement. Il plissa le front afin de faire remonter les souvenirs.
~ Quelques heures avant l'enlèvement, Hôpital Sainte Mangouste ~
Draco qui s'était enfermé dans la salle de bain regarda le flacon d'un air hésitant. Il ne savait pas vraiment ce qu'il espérait; que le liquide reste transparent ou qu'il devienne vert. Il ferma les yeux, les mains jointes en priant les divinités pouvant exister pour il ne savait pas quel résultat. Il ignorait s'il souhaitait être enceint ou pas. Bien sûr, lorsqu'il était plus jeune, il avait fait un rêve extraordinaire. Il rêvait d'avoir une famille. Une famille avec Harry Potter. Il avait porté leurs enfants, et en aimant chaque instant de ce bonheur. Il avait l'air tellement heureux dans cette vie de famille. Mais était-il prêt à sauter ce pas ? Draco garda les yeux fermés, les lèvres pincées et le corps tremblant. Et Harry ? Qu'allait-il en penser ? Voulait-il des enfants ? N'était-ce pas trop tôt ? Il venait à peine de prendre ses fonctions en tant que Ministre de la Magie. Étaient-ils prêts à faire face à cette nouvelle responsabilité ? Il avait tellement peur. Il était terrifié. Il finit par ouvrir les yeux afin de jeter un coup d'œil craintif au flacon. Son cœur se serra face au résultat. Ses jambes se dérobèrent sous lui, et il se mit à pleurer. Les sanglots se bloquèrent dans sa gorge, de grosses larmes coulèrent sur ses joues pâles. Ses sanglots furent si violents qu'ils le secouaient et semblaient lui briser le corps. Il ne sut pas exactement les raisons de ses pleurs, dans son esprit embrumé par la tristesse et le désespoir. Il n'entendit pas son parrain entrer dans la salle de bain, il ne sentit sa présence que lorsque celui-ci le prit doucement dans ses bras.
- Pa...pa...Parrain… que vais-je faire ? demanda-t-il entre deux sanglots.
Severus regarda le flacon qui brillait d'une jolie couleur bleuté annonçant une grossesse bien avancée. Il caressa la tête de Draco d'une caresse douce avant de lui expliquer ce que cela impliquait :
- Tu dois déjà en parler avec Potter. Un enfant se fait à deux, ne panique pas. Mais sache que ce que tu as fait, s'appelle un déni de grossesse. Tu es enceint de cinq mois. C'est pour ça que le liquide est bleu et non vert. Heureusement que tu ne l'as pas découvert le jour de ton accouchement. Cela aurait pu être plus traumatisant.
- Un ... dé...ni de grossesse ?
- Oui.
- Pourquoi ?
Severus prit un moment avant de répondre puis expliqua doucement :
- Cela peut être le résultat des traumatismes des dernières années.
- Est-ce que ça veut dire que je ne voulais pas de cet enfant ? demanda Draco d'une voix tremblante.
- Non. Cela veut dire que tu avais plein de choses en tête et que ton corps a dû prendre des décisions pour te protéger de tout stress supplémentaire.
Le jeune homme blond resta un instant en silence, la main sur son ventre plat.
- Cinq mois ? Comment Harry va réagir ? marmonna-t-il toujours sous le choc de l'annonce de son déni de grossesse.
Severus haussa les épaules en l'aidant à se relever avant de répondre :
- L'autre idiot va être aux anges. Tu ne te souviens peut-être pas mais à peine avait-il commencé à sortir avec toi qu'il voulait déjà t'épouser. Alors tu t'imagines bien que le fait que vous ayez un enfant va le faire sauter dans tous les sens.
Il poussa un soupir en imaginant la tête d'imbécile qu'allait faire le nouveau Ministre de la Magie et en eut mal à la tête. Draco leva un regard craintif vers lui et murmura :
- Tu crois ? Tu crois qu'il serait heureux de l'apprendre ?
- Crois-tu le contraire ?
Draco eut un mouvement de surprise; il pensa à Harry et la réponse s'imposa à lui.
- Non… il sera heureux de l'apprendre.
- Alors pourquoi ces larmes ? Tu ne seras pas seul, il y a un service dédié dans l'hôpital. Tu seras accompagné à chacune des étapes.
Draco joignit ses mains tremblantes en baissant les yeux.
- Il faut que je réfléchisse…Un déni de grossesse…c'est...
- Je comprends. Mais tu ne dois pas t'en vouloir, cela ne se contrôle pas. Sache que ton corps à certainement fait cela pour te protéger. Prends ton temps mais je te conseille de contacter Potter.
Severus aida son filleul à s'installer dans le lit avant de quitter la chambre et de fermer la porte derrière lui. Draco resta pendant un long moment à regarder dans le vide avec l'esprit totalement vide. Il ne savait plus quoi faire, ni quoi penser. Il était enceint et il avait fait un déni de grossesse. Il était enceint. Il était enceint. IL ÉTAIT ENCEINT ! La pleine réalisation de ce fait lui fit tourner la tête, heureusement qu'il était déjà assis sinon il se serait écroulé encore une fois. Il n'était pas prêt à tout cela. Il y avait un bébé dans son ventre ? Ce n'était pas possible ! Il observa son ventre plat et en eut le vertige.
De plus, ce n'était pas un début de grossesse ! Il en était à cinq mois ? Une question absurde lui traversa la tête : comment le bébé trouvait-il la place alors que son ventre était plat ? Il se mit à rire de façon hystérique. Oh Merlin, ce n'était pas possible ! C'était son corps ! Comment n'avait-il pu ne rien voir ? Ne rien sentir ? Il se remit à pleurer. Ses émotions étaient tellement changeantes que cela lui en donna le vertige. Il décida de contacter Harry afin qu'ils réfléchissent à la situation ensemble.
- Je veux rentrer à la maison...finit-il par murmurer une fois qu'il eût envoyé le hibou à son compagnon.
Il se laissa tomber sur le matelas dur du lit de l'hôpital en s'enroulant en boule. Il donnerait n'importe quoi pour que Harry soit à ses côtés à cet instant précis. Ses larmes coulèrent de nouveau sur ses joues pâles silencieusement. Il resta là pendant un temps indéterminé à regarder dans le vide avant de prendre la décision de rentrer chez lui. Au moment où il se redressa, son parrain entra dans la chambre sans toquer.
- Veux-tu passer la nuit ici ou rentrer chez toi ? demanda-t-il d'un ton monotone.
- Je vais rentrer.
- Je t'accompagne.
- Non.
- Malfoy, répliqua son parrain d'un ton sec.
- Non, Parrain. J'ai besoin de temps pour moi. Je vais rentrer seul. S'il te plaît...
Severus resta silencieux pendant un instant avant de soupirer et de dire :
- D'accord. Mais envoie-moi un hibou lorsque tu seras chez toi. Même si Potter est là. Tu dois également prendre rendez-vous avec un gynécomage pour faire des examens, d'accord ? Et n'hésite pas pour prendre un accompagnement psychologique.
- Oui.
Le jeune homme blond ramassa rapidement ses affaires et après une brève accolade à son parrain, il quitta la chambre d'hôpital. Il marchait sans vraiment faire attention à son environnement, perdu dans le chaos de son esprit. Il était totalement perdu, il ne savait plus où il en était. Il était enceint de cinq mois… De cinq mois. Il attendait un bébé. Un enfant de Harry. Il s'arrêta un instant. Un enfant avec Harry. Oh Merlin ! il ferma les yeux en ayant une violente envie de pleurer; il voulait voir Harry immédiatement. Avec cette pensée en tête, il se dirigea vers l'air de transplanage avant de se demander si c'était une bonne idée.
- Mais bien sûr, c'est pour ça que j'ai fait un malaise, murmura-t-il en réalisant enfin sa situation.
Il était déconseillé aux personnes enceintes de se déplacer en transplanant. Il eut un rire désabusé, car tous ses malaises de ces derniers temps s'expliquaient. Son corps avait tenté désespérément de lui faire comprendre sa situation et lui il avait mis cela sur le compte d'un mal être dû au manque de sommeil et au stress des examens. Il passa une main fatiguée sur son visage. Il étudia ses options pour rentrer chez lui. Il décida de faire appel à un carriage pour rentrer. Il se rendit à l'accueil de l'hôpital et passa commande. Il n'eut pas longtemps à attendre avant que le cocher ne vienne le chercher. Ce dernier l'aida à entrer dans la voiture, il lui indiqua son adresse et s'installa confortablement lorsque le carriage se mit en branle.
- Bonjour Draco, lança une voix dans la voiture.
Draco sursauta en ouvrant les yeux qu'il avait fermé. Il aurait dû être seul dans ce carriage.
- Que fais-tu dans ma voiture ? demanda-t-il d'une voix suspicieuse.
Son instinct lui hurlait de sortir de ce carriage immédiatement. Cependant, la voiture était en route et il ne voulait pas mettre en danger son bébé. Il venait à peine d'apprendre son existence ! L'homme se contenta de lui sourire avec douceur, cependant ses yeux étaient aussi froids qu'un iceberg. Un frisson traversa le jeune homme, il se recula aussi loin que possible et sans autre forme de procès, il ouvrit la vitre du carriage et jeta son sac aussi loin que possible vers l'enceinte de l'hôpital qu'ils venaient de quitter à toute vitesse. Il avait bien fait car il reçut un coup derrière la nuque et s'écroula. Inconscient.
~ Retour au présent ~
Draco se pinça les lèvres en serrant les poings. De toutes les personnes qui auraient pu lui faire du mal, il ne se doutait pas un seul instant qu'il en faisait partie du lot. Il ne savait pas ce qu'il devait ressentir. Il se sentait anesthésié. Comment ? Pourquoi ? Que lui avait-il fait de mal ? N'avait-il pas toujours été honnête avec lui alors… Pourquoi ? Pourquoi ? La pensée lui fit mal au cœur. Le sentiment de trahison qui enfla dans sa poitrine manqua de l'étouffer. L'envie de pleurer l'envahit avec violence mais il se retint en se mordant l'intérieur de la bouche. Non. Il n'allait pas pleurer pour une personne qui l'avait trahi. Il entendit la porte s'ouvrir dans un grincement et se raidit dans un sursaut. Quelqu'un l'approcha dans un mouvement rapide, elle se baissa à son niveau et ôta doucement le bandeau qu'il avait sur le visage.
- Draco...
Le jeune homme attendit que ses yeux s'habitue à la pièce faiblement éclairée avant de poser son regard sur le jeune homme qui lui faisait face.
- Alvin, souffla-t-il d'une voix froide qui cachait une profonde tristesse. Laisse-moi partir.
Alvin lui adressa son fameux sourire de travers qui le rendait si attrayant.
- Ce n'est pas possible Draco.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que je fais là ? Alvin, s'il te plaît…
- Non. Je ne peux pas. Draco, tu es notre précieuse monnaie d'échange.
- Alvin… je ne sais pas ce qui se passe, mais tu ne peux pas me faire ça. Pas après ce que l'on a vécu. Vin, laisse-moi partir.
Le jeune homme secoua la tête et ses boucles auburn suivirent le mouvement et il répondit à Draco.
- Ne m'appelle pas comme ça. Tu m'appelles toujours comme ça lorsque tu veux obtenir quelque chose de moi.
- Effectivement, là je veux que tu me libères. Vin, laisse-moi partir, s'il te plaît. Tu n'es pas obligé de me raconter quoi que ce soit… Juste...laisse-moi rentrer chez moi.
Alvin secoua de nouveau la tête. Il ne dit rien et desserra les liens autour des poignets de Draco doucement avant de s'éloigner.
- Je ne peux rien faire pour toi. Potter a quelque chose qui nous intéresse et nous savons que tu es plus important pour lui que cette chose.
- Alvin, tu ne veux pas que Harry s'implique dans cette histoire. Je t'en supplie, laisse-moi partir...Si tu veux rester en vie.
Son ex-petit copain se contenta de le regarder d'un air absent avant de pousser un soupir avant de quitter la pièce sans regarder en arrière.
- Alvin !
Il n'eut pour réponse que le cliquetis de la serrure qui se verrouilla derrière le jeune homme. Cela lui fit plus mal qu'il ne le pensait. Pourquoi Alvin lui fait-il cela ? Ne s'étaient-ils pas séparés en bons termes ? N'étaient-ils pas amis ? Comment avait-il pu se méprendre à ce point sur la personnalité d'une personne ? Alvin lui avait-il toujours caché ce côté sombre ? Maintenant que Draco n'avait plus rien pour obstruer sa vision, il put regarder autour de lui et sentit une panique viscérale lui agripper les tripes. Il était dans une pièce noire sans aucune source lumineuse, il n'y avait pas de fenêtre et cela lui rappelait la prison. Ces deux ans qu'il avait passés en prison lui revinrent avec une vivacité glaçante. Il savait de façon factuelle que tout cela n'avait été le fruit de l'illusion créée par la potion de transfert. Bien que cela n'eût été qu'une illusion, lui, il avait bien passé deux années traumatisantes en prison. Il tenta de respirer profondément en se répétant qu'il n'était pas en prison. Cela fonctionna environ...cinq secondes. Si seulement il pouvait allumer la lumière. Si seulement… Il tenta de penser à autre chose avant de totalement laisser la panique lui faire perdre pied. Pour quelles raisons Alvin l'avait-il enlevé ?
- Attends… ce n'est pas le moment, murmura-t-il en secouant la tête.
Alvin avait parlé d'un "nous", qui était ce "nous" et qu'avait Harry de si important pour qu'il s'attaque à lui ? En temps normal, il n'aurait pas été aussi vulnérable mais entre son malaise et la découverte choquante qui en avait résulté, il n'avait pas été suffisamment sur ces gardes. Il ignorait qui était ce "nous" dont parlait son ravisseur plutôt mais il était sûr d'une chose : il devait cacher sa grossesse. Ces ravisseurs ne devaient rien savoir de son état. Heureusement, il portait encore sa robe sorcière et que son ventre était encore plat. Il pria pour que cela reste ainsi jusqu'à ce qu'il puisse s'échapper… Mais… Devait-il prendre le risque de s'échapper alors qu'il était enceint ? Durant ces périodes, il était difficile pour les personnes enceintes d'utiliser leur magie puisque celle-ci se divise afin de créer la réserve du futur bébé à venir, cela rendait leur magie volatile. De plus, il n'avait pas sa baguette magique, celle-ci étant restée dans son sac. Il ne pouvait prendre aucun risque dans son état.
- C'est trop dangereux.
Cela ne faisait pas longtemps qu'il était au courant de l'existence de ce petit être en son sein mais il voulait le protéger et le préserver de tout danger. C'était...C'était...Il s'agissait de… Non. Il ne parvenait pas à le dire, c'était tellement surréaliste.
- Harry… murmura-t-il en baissant la tête, fatigué de cette situation.
Il voulait rentrer chez lui. Il voulait rentrer à la maison.
~ O*O*O*O*O*O ~
Deuxième jour sans Draco
Hermione avait l'impression d'être à côté d'une bombe à retardement. Cela faisait quarante-huit heures que Draco avait disparu sans laisser de trace sur le chemin de l'hôpital. Ils s'étaient rendus sur les lieux et avaient tenté de retrouver sa signature magique mais rien à faire… C'était comme si Draco s'était évanoui dans la nature. Hermione regarda les personnes dans la pièce silencieuse. Son regard tomba sur Ron qui s'était endormi dans les bras de Blaise après avoir pleuré toutes les larmes de son corps tout en grognant que c'était les hormones qui faisait ça. Severus avait un visage sombre avec des d'épais cernes sous les yeux car il n'avait pas pu fermer les yeux ces deux derniers jours, Remus se tenait dernier lui, une main réconfortante posée sur son épaule.
La mère de Draco se tenait un peu plus loin, assise toute raide avec les mains enroulées autour d'un mug dont le contenu avait refroidi depuis longtemps. Elle était toute échevelée et pâle mais elle tentait de garder sa contenance. Pansy s'était endormie sur une chaise dans un coin du salon; elle avait passé les quarante-huit dernières heures à ratisser la ville et s'était écroulée de fatigue à peine rentrée. La personne qui faisait réellement peur à Hermione c'était Harry. Elle avait l'impression que l'air était condensé autour de lui et qu'il pouvait exploser à tout moment. L'énergie qui se dégageait de lui était la même que lorsqu'il avait fait sa Rage Magique. Il avait tout essayé pour retrouver Draco, traquant la magie de celui-ci jusqu'à ce qu'il ne parvienne plus à la trouver. Il avait cet air désespéré, complètement perdu, ne sachant plus quoi faire. Comme si son monde venait de s'écrouler.
"Non, non, je ne peux pas le perdre, 'Mione...Je ne peux pas le perdre…" avait-il murmuré avec désespoir. Elle avait essayé de le rassurer autant que possible mais elle était terrorisée également pour Draco. Bon sang, il commençait enfin à se remettre de cette satanée potion de transfert ! Pourquoi ? Pourquoi lui ? Qui avait fait cela ?! Elle en tremblait de colère et Théo la prit doucement dans ses bras, et cela lui brisa le cœur car Harry était seul à regarder le ciel d'un air perdu et Draco devait être quelque part seul à gérer ses traumatismes face à ses ravisseurs. Des têtes allaient tomber, paroles de Gryffondor !
Troisième jour sans Draco
Le troisième jour de la disparition de Draco fut atrocement long et sombre. Severus et Harry avaient passé la journée à fouiller chaque recoin de l'Angleterre à la recherche du jeune homme. Severus semblait encore plus perturbé mais ne disait rien. Hermione se doutait qu'il y avait une raison pour laquelle il était aussi perturbé. Une raison liée au malaise du jeune homme à l'hôpital. Elle lui avait demandé, mais le professeur ne lui dit rien.
Harry ne doit pas le savoir pour l'instant, s'était-il contenté de répondre en secouant la tête avec gravité.
Hermione eut peur que peut-être Draco avait appris qu'il avait une maladie quelconque. Elle garda la bouche fermée en regardant Harry se démener pour retrouver les traces de Draco avec les Aurors chargés de l'investigation. Elle pensait que les ravisseurs allaient prendre contact avec eux rapidement. Mais cela faisait trois jours et ils n'avaient toujours pas reçu d'instructions. Le premier contact devait arriver vite, Hermione voyait bien qu'il manquait peu de chose avant que Harry ne perde la raison.
Quatrième jour sans Draco
Harry avait juste besoin d'un objet qui a été en contact avec les ravisseurs. Il avait juste besoin d'une connexion, quelque chose pour retrouver sa raison de vivre. Cela faisait trois jours et il avait l'impression que trois années s'étaient écoulées. Draco lui manquait jusqu'à dans son âme. Il avait du mal à respirer et avait l'impression qu'il allait mourir. Lorsqu'il était rentré chez lui, il s'était attendu à voir Draco trottiner jusqu'à dans le hall d'entrée avec ses ridicules mais adorables chaussons grenouilles et l'embrasser pour lui souhaiter la bienvenue. Il s'était attendu à le voir installé dans le fauteuil à côté de la baie vitré avec un livre sur les genoux à prendre délicatement le soleil tout en lisant. Il s'était attendu à l'entendre râler de sa voix grave qu'il rentrait encore beaucoup trop tard et que si cela continuait comme cela, il allait finir par dormir sur le canapé. Il s'attendait à cela...mais, Draco n'était pas là. Et cette réalisation l'envoya au sol avec une douleur aiguë dans la poitrine.
- Harry ! s'écria Hermione en s'agenouillant à ses côtés.
Il ne la regardait pas, cherchant le fantôme de la présence de Draco dans la maison. Dans leur maison, la place dans laquelle celui-ci aurait dû être.
I'm going under and this time I fear there's no one to save me
Il se redressa lentement en se dirigeant vers le salon suivant l'illusion de Draco qui lui souriait. Harry sentit son coeur se serrer dans sa poitrine. Il eut du mal à respirer.
This all or nothing really got a way of driving me crazy
I need somebody to heal
Somebody to know
Somebody to have
Somebody to hold
It's easy to say
But it's never the same
I guess I kinda liked the way you numbed all the pain
Merlin seul savait comme Draco était son tout. Il savait que cela n'était pas sain de faire d'une personne son tout et de vivre en partie pour elle. Mais Draco était son ancre, la personne qui le stabilisait. Il avait besoin de lui à ses côtés aussi désespérément qu'il avait besoin de l'air qu'il respirait. Il avait besoin de Draco pour ne pas se faire absorber par sa magie et se perdre dans la mégalomanie qu'un trop plein de pouvoir pouvait provoquer. Il vit l'illusion de Draco s'installer au comptoir et lui adresser un regard rieur. Ce regard qui signifiait qu'il allait exiger quelque chose de Harry d'un ton "Malfoyen". Harry eut un coup violent dans la poitrine. Il ouvrit la bouche, tentant de dire le nom de son amour mais son souffle se bloqua dans sa gorge.
Now the day bleeds
Into nightfall
And you're not here
To get me through it all
I let my guard down
And then you pulled the rug
I was getting kinda used to being someone you loved
Draco n'était pas là réellement. Il ne savait pas où son démon blond pouvait se trouver. Sa magie ne trouvait pas la trace de son compagnon. Cela le rendait fou, il était paralysé par la peur. Pourquoi ne parvenait-il pas à localiser le jeune homme blond avec sa magie ? Il perdait l'esprit, s'il ne trouvait pas Draco rapidement, il allait perdre le contrôle. L'illusion lui adressa un sourire en coin avec un sourcil levé de façon sarcastique.
I'm going under and this time I fear there's no one to turn to
This all or nothing way of loving got me sleeping without you
Now, I need somebody to know
Somebody to heal
Somebody to have
Just to know how it feels
It's easy to say but it's never the same
I guess I kinda liked the way you helped me escape
Cela lui compressa le cœur de savoir que Draco ne se trouvait pas à ses côtés, dans ses bras : sa place véritable. Oh Merlin, il venait à peine de le retrouver… Ils avaient passé quatre ans loin l'un de l'autre, il ne voulait pas le perdre. Pas déjà. Pas si tôt.
Now the day bleeds
Into nightfall
And you're not here
To get me through it all
I let my guard down
And then you pulled the rug
I was getting kinda used to being someone you loved
C'était de sa faute… Il avait baissé sa garde, il n'avait pas pensé un seul instant que quelqu'un irait jusqu'à enlever le jeune homme. Il savait bien que Draco l'aurait frappé s'il l'entendait penser de la sorte car celui-ci lui avait dit que Harry n'était pas responsable de sa vie. Mais, le jeune homme pensait que c'était son devoir de garder Draco en sécurité, tout comme Draco le faisait inconsciemment avec lui. Il avait échoué. Bon sang, il avait échoué car il s'était montré arrogant.
And I tend to close my eyes when it hurts sometimes
I fall into your arms
I'll be safe in your sound til I come back around
Il ferma les yeux tant la douleur l'inonda et le paralysait, il voulait voir Draco, il voulait être dans ses bras; il ne se sentait heureux et en sécurité qu'en ayant le jeune homme dans ses bras. Il voulait plonger son nez dans le creux de son cou et sentir son odeur l'envelopper.
For now the day bleeds
Into nightfall
And you're not here
To get me through it all
I let my guard down
And then you pulled the rug
I was getting kinda used to being someone you loved
Pourquoi ? Pourquoi ne parvenait-il pas à le trouver ?! Qui ? Qui le gardait prisonnier ? Harry était en train de perdre la tête et sa magie répondait à ses émotions violentes. Il toucha son talisman qui avait commencé à craqueler, incapable d'endiguer le flot constant de magie.
But now the day bleeds
Into nightfall
And you're not here
To get me through it all
I let my guard down
And then you pulled the rug
I was getting kinda used to being someone you loved
Harry se laissa tomber au pied du lit, tenant entre ses mains une chemise de Draco qu'il avait sorti du panier à linge sale. Il serra la chemise contre sa poitrine, des larmes de désespoir coulant le long de ses joues. Ses épaules étaient secouées par des sanglots silencieux qui le brisaient entièrement.
I let my guard down
And then you pulled the rug
I was getting kinda used to being someone you loved
Hermione qui avait suivi le jeune homme dans son cheminement le regarda en ayant le cœur brisé par son désespoir, elle s'approcha doucement de lui et tenta de l'engloutir dans une étreinte chaleureuse. Elle ne dit rien, mais pour Harry son silence fut extrêmement réconfortant.
Cinquième jour sans Draco
Au bout du cinquième jour de recherche infructueuse, Harry reçut dans son bureau un hibou anonyme.
" Maintenant que vous êtes au bord du désespoir,
Nous pouvons commencer les négociations.
Nous avons Draco Malfoy, si vous souhaitez le revoir, c'est simple :
Donnez-nous le Pilier de Flammes de Merlin."
Harry en eut le souffle coupé : enfin ! Enfin ! Il avait un indice entre les mains pour mettre la main sur les ravisseurs de son compagnon ! Il convoqua immédiatement tout le monde afin de tenir un conseil de guerre. Il n'avait plus ressenti autant d'énergie dans son corps depuis plusieurs jours. Ses yeux se mirent à briller d'une lueur dangereuse et vicieuse.
~ O*O*O*O*O*O ~
Il ne savait pas combien de temps était passé depuis qu'il avait été enfermé dans la pièce sombre sans lumière et sans fenêtre, mais très vite Draco avait commencé à paniquer. Cela faisait-il deux jours ? Trois ? Il n'en savait rien mais sa claustrophobie avait commencé à le submerger et toutes les techniques qu'il avait apprises durant sa psychothérapie cessèrent d'être efficaces. Et s'il restait enfermé dans cette pièce pour toujours ?! Et s'il se faisait frapper comme cela lui était arrivé avant ? Oh non, il ne voulait plus souffrir ! Il ne voulait plus qu'on lui fasse du mal ! Lorsqu'il entendait des pas de l'autre côté de la porte, il allait se coller contre le mur le plus loin de sa cellule en serrant ses genoux entre ses bras.
Plus le temps passait, moins il ne parvenait à faire la différence entre la réalité et ses angoisses. Il savait qu'il était en train de perdre pied, alors il essayait de se concentrer sur la nouvelle de sa grossesse. Aussi se forçait-il de compter le nombre de fois qu'on lui donnait à manger pour tenir le compte des jours qui passaient. Ils le nourrissaient deux fois par jour, le matin et le soir supposait-il. Cela faisait donc trois jours qu'il était là. Il n'avait plus revu Alvin depuis le jour où il s'était reveillé, à chaque fois c'était une personne différente qui venait lui donner les repas. Cela l'arrangeait également car il se passait quelque chose d'étrange avec son corps. En espace de trois jours son ventre avait commencé à grossir, comme si maintenant qu'il avait pris conscience de son existence, le bébé prenait la place qui lui était due sans plus se cacher. Heureusement qu'il portait la robe ample des stagiaires de l'hôpital. Il voulait cacher son état à ses ravisseurs autant que possible.
Draco glissa timidement ses mains sur son ventre et le caressa maladroitement. Il avait l'impression de découvrir son ventre, il le fit délicatement comme s'il avait peur de blesser l'être qui grandissait dedans. Il avait encore du mal à se rendre compte qu'un être humain était en lui, c'était tellement étrange… il n'était pas tout seul. Et cette pensée fut étonnamment réconfortante. "Ne grandis pas trop vite, reste encore caché...jusqu'à ce que ton père nous retrouve", pensa-t-il en caressant son ventre les yeux clos.
Les deux jours qui suivirent Draco resta focalisé sur la vie qui grandissait en lui, pour ne pas laisser la panique l'envahir. Il s'accrochait à la pensée qu'Harry s'approchait et viendrait très rapidement à son secours. Il ne voulait pas être dans la position d'être sauvé mais il ne voulait pas mettre en danger son enfant. Il se caressa le ventre en soupirant doucement. Il sentit comme une vague de chaleur se répandre de son estomac à tout le reste de son corps. Cela se produisait à chaque qu'il se caressait le ventre, il avait fini par comprendre que c'était son bébé qui lui envoyait des ondes positives pour le rassurer. Son cœur commença à s'attacher à ce petit être qu'il avait créé avec Harry. Un fin sourire étira ses lèvres alors qu'un sentiment de paix déferla en lui et éloigna de lui sa crise de panique. Il garda les yeux fermés avec ses mains toujours posées sur son ventre légèrement arrondi. Il devait garder espoir ; Harry allait le trouver. Il en avait la certitude.
En cinq jours de captivité, il avait émis quelques hypothèses : ses ravisseurs ne lui avaient pas fait de mal, ce qui signifiait qu'ils avaient besoin de lui en seul morceau pour négocier quelque chose avec Harry. Ce qui signifiait ce qu'ils voulaient, seul le Ministre de la Magie pouvait le leur donner. Cela soulevait d'autres questions : que voulaient-ils ? Quel était leur but ? Que recherchaient-ils ? Mais surtout, qui étaient-ils ? Était-ce des néo-Mangemorts ? Il avait l'impression que ce n'était pas cela, comme s'il passait à côté d'une information importante. Cependant, Draco était sûr d'une chose : s'ils avaient eu la mauvaise idée de prendre contact avec Harry pour débuter les négociations, celui-ci allait débarquer dans quelques heures avec sa baguette en guise de réponse. Draco ricana en se disant que ces ravisseurs ne savaient pas dans quelle galère ils venaient de mettre les pieds en l'enlevant.
A peine eut-il pensé cela, qu'il sentit la terre trembler violemment, puis il entendit des cris suivi d'une explosion. Il sentit un mouvement de magie provenant de son ventre et un sentiment d'excitation se propagea en lui. Il eut un sourire éblouissant et caressa son ventre avec des gestes doux.
- Oui, ton papa est là, murmura-t-il d'une voix chaleureuse.
Un sensation de joie l'envahit et il sut que son bébé avait hâte de rencontrer son père.
~ O*O*O*O*O*O ~
Lorsque Harry reçut le parchemin entre ses mains et qu'il vit la demande des ravisseurs de Draco, la colère sourde qui l'habitait depuis ces cinq derniers jours se transforma en une colère froide et létale.
- Ces bâtards veulent le Pilier de Flammes de Merlin ? Ahahaha ! Je crois qu'ils ont pas compris, en fait, marmonna le jeune homme en froissant le parchemin dans sa main. Ils ont quelque chose qui m'appartient.
Les murs se mirent à trembler sous la pression de sa Magie et il eut un temps d'arrêt avant de prendre une profonde inspiration. Non, ce n'était pas le moment de perdre le contrôle. Ce n'était pas encore le moment. Ron fut le premier à entrer dans son bureau avec son ventre aussi gros qu'un ballon baudruche, ses yeux lançaient des éclairs, baguette à la main.
- Où sont ces enfoirés?! demanda-t-il d'une voix vibrante de colère.
- Draco va bien ? lança Snape précipitamment en entrant telle une tempête.
En peu de temps son bureau fut rempli de ses ami.e.s, Hermione portait encore sa robe d'hôpital, Théodore portait encore son costume de la veille, Blaise était débraillé mais avait l'air prêt à en découdre comme son fiancé. Luna et Pansy portaient leurs robes de combat et Sirius fut le dernier à arriver.
- Draco se trouve dans un village au nord de l'Ecosse. D'après la trace de magie imprégnée sur le parchemin, il y a au moins quatre sorciers sur place avec des compétences en combat. Mais je pense qu'ils doivent être plusieurs, je ne suis pas sûr de leur nombres. Ce qui est certain, c'est que Draco doit être gardé dans une pièce inatteignable, en sous-sol peut-être.
- Comment cela se fait-il qu'on n'ait pas pu les localiser avant ? demanda Théodore en se passant dans ses cheveux.
- Il y a une barrière Annule-Magie autour de leur campement, répondit Harry en secouant la tête.
- Très bien, allons-y, déclara Ron en se levant difficilement de son siège.
- Attends, Ron tu ne...
Le jeune homme se tourna vers Hermione, des flammes de colère dansant dans ses yeux :
- N'essaie même pas de m'empêcher de venir ! Harry trouve une solution pour que je n'aie pas à transplaner pour me rendre à cet endroit !
- D'accord…
- Harry ! s'exclama Hermione en se tournant vers son meilleur ami.
- Qui suis-je pour m'opposer à une personne enceinte ? marmonna-t-il en haussant les épaules fatalement.
Blaise posa une main réconfortante sur l'épaule d'Hermione avant de soupirer :
- Tu le connais, il est têtu de base, mais là c'est un niveau auquel même moi je ne peux rien y faire.
- Je vous entends, la grossesse ne rend pas sourd, hein.
Ils rirent tous, comme soulagés de savoir par où ils devaient commencer leur recherches pour retrouver Draco.
- Je dois vous parler d'une dernière chose. Dans la lettre, ils ont demandé le Pilier de Flammes de Merlin.
- Pardon ? demandèrent Snape, Hermione et Pansy d'une seule et même voix.
Les yeux verts d' Harry se glacèrent en regardant le parchemin dans son poing.
- Je crois qu'on a trouvé qui s'en prend à la barrière magique, dit-il d'une voix froide.
- Mais...mais...c'est, im...impossible...! balbutia Hermione en secouant la tête frénétiquement.
- Sauf si tu détruis les Huit Piliers, soupira Pansy en se passant la main sur le visage.
- Par Merlin, pourquoi font-ils ça ? Ils mettent en danger les sorciers du monde entier en faisant cela ! s'exclama Severus les yeux écarquillés sous le choc.
- Qu'est-ce que c'est les Huit Piliers ? demanda Luna en penchant la tête sur le côté.
- On a pas le temps, je vous expliquerai plus tard. Faut d'abord qu'on sauve Draco et ensuite je vous expliquerai tout, soupira Harry en secouant la tête. Allez vous préparer, nous partons dans trente minutes.
Harry les regarda partir avant de soupirer en regardant à travers la baie vitrée de son bureau. "Draco, tiens bon, on arrive !"
Dans quelques heures, il aurait à nouveau son compagnon dans ses bras et ne laisserait plus jamais, personne sur cette foutue planète le toucher. Ces enfoirés qui avait osé toucher à son futur mari; il allait en faire un exemple. De plus, c'était eux qui s'attaquaient à la barrière des mondes ? Personne n'aurait à redire s'il les faisait disparaître de la surface de la Terre. Il sentit sa magie bouillonner de rage dans ses veines, exigeant qu'il brise le talisman qui la bridait. Harry secoua la tête en se rappelant les enseignements de son Sensei : il ne devait jamais écouter la voix de sa magie. Celle-ci était encore immature et pensait que la réponse à tous les problèmes était soit de tout faire exploser, soit de tout faire brûler. Pas vraiment de juste milieu. S'il perdait le contrôle maintenant sur ses émotions, il risquait de mettre l'Ecosse à feu et à sang sans distinction entre les innocents et les coupables, entre les moldus et les sorciers. Il ne pouvait pas prendre ce risque. "Jamais". Alors il fit taire sa magie en se concentrant sur son objectif : sauver Draco.
Si les ravisseurs lui avaient envoyé un parchemin avec un sort anti-traçage et non pas un sort d'auto-destruction, cela signifiait qu'ils ignoraient qu'il était possible pour Harry de remonter une source magique. "Ils me connaissent suffisamment pour savoir que ma magie est plus forte que la moyenne, mais pas suffisamment. Ils sont anglais, pour sûr. Vu les dégâts qu'ils ont fait à la barrière des mondes, il s'agit d'une organisation au niveau mondiale...Et ils ont un sacré sorcier avec eux pour être capable de briser les Piliers." Harry saisit un miroir dans sa poche et injecta un peu de sa magie, il attendit un peu et l'image se troubla un instant avant que le visage d'un homme qui semblait être dans la fin de ses trente ans lui lança un sourire discret.
# Ah, ohayo Harry-kun, nani ga okite iruno ? #
- Bonjour Sensei, j'ai une question à vous poser.
# Tsuzukete kīteruyo. #
- Combien de Piliers ont été détruits ces deux dernières années ?
Il vit le choque dans les yeux de son Sensei, celui-ci plaqua ses cheveux argentés sur son crâne et son regard devint aiguisé.
# Shitte imashita ka ? #
Harry ne fut pas étonné et répondu :
- Non, mais je viens de le découvrir. Cela fait un moment que j'essaie de comprendre d'où venaient les perturbations de la magie. Mon compagnon a été enlevé par l'organisation qui a certainement détruit les piliers. Ils exigent que je leur échange mon compagnon contre le Pilier de Flamme de Merlin. J'ai fait le lien.
# Anata wa sore o ataeru hitsuyō wa arimasen! Kareratachi wa sude ni Ajia no 2-pon no hashira to Hokubei no 1-pon no hashira o hakai shimashita. Kareratachi ga yōroppa no hashira o teniireru to, sono eikyō wa torikaeshinotsukanai mono ni narimasu. #
- Ils en ont déjà détruit trois ?! Mais comment ?
Le Japon et l'Inde avaient perdu leur Piliers, celui du Soleil et celui de la Pluie. Et l'Amérique du Nord avait perdu le pilier de la Glace. Tomaru sensei ne se mettait jamais dans cet état d'agitation. Harry fut sûr d'une chose : le Pilier de Flammes de Merlin ne devait pas tomber entre leur main. Et cette organisation, il allait la démolir de ses propres mains. Il se rappelait de son rêve dans laquelle la Magie se faisait dépouiller de son énergie et en étant coincée dans une boucle temporelle qui la détruisait peu à peu. De plus, il s'agissait d'objet forgée par la Magie elle-même ! Comment avait-il pu les détruire ? Par quel moyen ?!
# Mada wakarimasen. Kareratachi ga dō yatte sore o shita no ka wa wakarimasen. Yattsu no hashira no sonzai o shitte iru mahōtsukai wa hotondo imasenshi, sorera o hakai suru hōhō o shitte iru mahōtsukai mo hotondo imasen. Watashi wa kareratachi no ashiato o tadorou to shimasu, sorera o mitsukeru koto wa fukanōdesu. Karertachi ga ima Rondon ni iru nara, watashi wa soko ni anata to issho ni kimasu. Teokure ni naru mae ni sorera o tome nakereba narimasen. #
Harry hocha la tête, Tomaru sensei allait venir à Londres pour les aider à régler cette histoire; cela lui allait. Ils allaient avoir besoin de toute l'aide disponible si cette organisation avait des branches au niveau international. Les arrêter n'allait pas être une partie de plaisir. Il finit par remercier son Sensei et coupa la communication. Il saisit sa robe de combat et dans un geste ample et brusque, il l'enfila. Il traversa le ministère d'un pas décidé et rejoignit ses ami.e.s qui l'attendaient dans le hall.
- Allons-y.
D'un coup de baguette magique, ils disparurent dans un claquement sec avec Ron entouré d'une barrière de protection.
~ O*O*O*O*O*O ~
Ils arrivèrent dans le nord de l'Ecosse non loin du village de Nairn qui faisait face à la mer de Norvège. Il faisait extrêmement froid, un vent humide et glacial soufflait sur eux. Leur environnement était calme, Blaise brisa le silence en lançant un sort de chaleur sur Ron qui s'était blotti contre lui en tentant d'échapper au vent froid et humide.
- Ils se sont cachés dans une ville moldue, il va falloir faire attention, marmonna Sirius en regardant autour d'eux.
- J'ai lancé un sort anti-détection et un sort détourne-regard sur tous les moldus, déclara Severus en baissant sa baguette magique.
Harry renforça silencieusement ces sorts avant de se tourner vers la direction du campement des ravisseurs. Il vit avec précision les filaments de la magie qu'ils avaient utilisés pour lancer le sort anti-magie.
- C'est par là, dit-il en regardant en direction de la forêt.
Ils se mirent en route sans tarder et le tout discrètement suivant Harry dans les bois. Grâce au sort de détection de chaleur thermique, ils purent éliminer les gardes éparpillés dans les bois dans le plus grands des calmes. Soudainement, Ron se mit à trembler de froid et à éternuer silencieusement. Blaise le regarda étrangement en sentant son sort de chaleur se dissiper.
- On vient d'entrer dans la barrière anti-magie, expliqua Harry avec un mouvement sec du menton.
Ils s'approchèrent du baraquement dans lequel les ravisseurs se trouvaient. Harry leur avait expliqué que tant que la barrière anti-magie était en place, il leur serait difficile d'utiliser leur magie.
- Alors comment on détruit cette barrière ? voulut savoir Pansy
Harry haussa les épaules avant de répondre :
- Je ne sais pas, elle n'agit pas sur moi...
- Il faut trouver le lanceur de sort et le neutraliser, répondit Severus d'une voix à peine audible.
- Je m'en occupe, restez cacher ! acquiesça Harry avant de s'élancer vers le baraquement en se lançant un sort d'invisibilité et de discrétion.
Il assomma une sorcière qui montait la garde devant une petite porte, il la ligota avant de cacher son corps inconscient. Il lança un sort de détection et il comptabilisa vingt-cinq personnes dont trois au sous-sol. Il reconnut immédiatement Draco; celui-ci était dans une cellule et deux personnes en gardaient l'entrée. Il envoya une note magique à ses pour leur indiquer le nombre et la position des vingt-cinq personnes restantes. Dans un geste sec, Harry arracha son talisman, sa magie bondit heureuse de plus être restreinte et se propagea dans l'air. Elle était aussi furieuse et impatiente que Harry; elle voulait punir les personnes qui leur avaient enlevé leur compagnon.
Les yeux de Harry se dorèrent face au flot de magie pure qui déferlait dans ses veines. La terre gronda et se mit à craqueler, le baraquement émit un sifflement sous la pression de la puissance magique. Le jeune Ministre de la Magie fit un pas en avant et le sol s'ouvrit sous ses pieds.
- Par Merlin ! C'est quoi cette pression de dingue ?! s'exclama Ron en s'accrochant à son fiancé.
Il sentait sur sa peau la magie de Harry qui l'effleurait délicatement sans lui faire le moindre mal. Hermione poussa un cri choqué lorsqu'elle vit le sol se fissurer et que le baraquement semblait s'écraser sur lui-même. Les ravisseurs sortaient en courant, ne comprenant pas ce qui se passait.
- A-t-il réellement besoin de nous ? demanda Pansy d'une voix désabusée en voyant Harry mettre hors d'état de nuire les sorciers qui l'attaquaient.
- Oui, là, il est en mode Berserk et il n'a qu'un seul objectif : Draco. Notre rôle est de soigner les ravisseurs, histoire d'en savoir plus sur leurs raisons, répondit Hermione en secouant la tête.
- Allons-y ! lança Luna au moment où un corps atterrit devant elle dans un bruit écœurant.
Ils se lancèrent dans le massacre à sens unique. Ils soignèrent les ravisseurs qui se trouvaient dans un état critique avant de les ligoter après avoir confisqué leurs baguettes magiques. Blaise, Severus, Pansy et Ron étaient absolument furieux : ils soignaient les ravisseurs avant de les frapper copieusement car ils avaient osé s'en prendre à leur précieux Dray. Puis, ils recommençaient. Ils se montrèrent efficaces ; en moins de cinq minutes, ils arrêtèrent dix-neuf des ravisseurs. Lorsqu'ils eurent terminé, un silence pesant retomba dans la clairière. Puis brusquement, une partie de l'immeuble se brisa, s'envola avant de s'écraser dix mètres plus loin, laissant le bâtiment éventré. Deux secondes plus tard, le corps tordu d'un jeune homme aux cheveux auburn s'écrasa aux pieds d'Hermione.
- Alvin ?! s'exclama la jeune femme d'un ton surpris.
Le jeune homme n'était clairement pas en état de répondre, mais Hermione n'eut besoin d'aucune information supplémentaire pour comprendre comment Draco avait pu se faire enlever : il faisait confiance à son ex-petit-ami et ne s'en était certainement pas méfié.
- Salaud ! Comment as-tu pu faire à Draco ! s'écria-t-elle avant de lui lancer un Doloris dans un geste rageur.
Théodore l'arrêta avant qu'elle ne lança un deuxième qui pourrait être fatal pour Alvin, même si ses yeux lançaient des éclairs tant il peinait à garder sa colère sous contrôle. Il secoua la tête en serrant Hermione dans ses bras.
- Il a eu ce qu'il méritait déjà, soignons-le au minimum nécessaire et nous pourrons tirer tout cela au clair plus tard, dit-il en tentant de calmer sa compagne.
~ O*O*O*O*O*O ~
Harry n'avait plus vraiment conscience de ce qu'il faisait, mais il était sûr d'une chose : il ne devait pas transplaner dans son état actuel. Il mettrait Draco et ses ami.e.s en danger. Il ne pouvait n'en plus courir, car la pression de sa magie était beaucoup trop forte. Alors il entra dans le bâtiment, n'ayant en tête qu'une chose : Trouver Draco au plus vite. Il fut attaqué, mais ne s'en soucia que très peu, car sa magie se débarrassait des moustiques qui barrait sa route. Il descendit les marches en direction du sous-sol, à chacun de ses pas, le bâtiment se désagrègeait au fur et à mesure. Il pénétra dans un couloir sombre et avança en direction de Draco, s'approchant inexorablement, le cœur battant la chamade. Il allait enfin le retrouver !
~ O*O*O*O*O*O ~
Draco avait entendu les cris, les grondements de la terre, les bruits d'éclat de verre, de tôles qui se froissaient, de pas précipités, des ordres aboyés. Mais il resta assis avec les mains posées sur son ventre, les yeux fermés. Il savait avec certitude que Harry l'avait trouvé, il pouvait sentir le poids écrasant de sa magie dans l'air. La porte de sa prison s'ouvrit brusquement Alvin et un autre homme pénétrèrent dans la pièce sombre. Draco retira précipitamment ses mains de son ventre et se redressa en leur lançant un regard froid.
L'homme le menaça de sa baguette et lui saisit le bras le forçant à avancer.
- Où m'emmenez-vous ? voulut-il savoir d'une voix âpre.
- Tu n'as pas besoin de le savoir, répliqua froidement Alvin en le regardant du coin de l'œil.
- Vous n'aurez pas la possibilité de sortir d'ici vivants. Harry vous a trouvé et il va vous le faire regretter, humma joyeusement Draco en les observant tous les deux.
- Tu as sacrément raison, bébé, lui répondit une voix de ténor qu'il reconnaîtrait n'importe où.
- Harry ! s'écria-t-il en faisant un pas vers son compagnon.
Il fut tiré en arrière sèchement par l'homme qui le tenait par le coude et sa baguette magique se planta dans son cou.
- Vous feriez mieux de le laisser partir, gronda le jeune ministre de la magie dont la patience ne tenait plus qu'à un fil.
Lorsque les yeux d'Alvin se posa sur le visage basané d'Harry, son regard se remplit d'une haine sans pareil, il dégaina sa baguette, la pointa sur le jeune homme brun et lança :
- AVADA KEDAVRA !
- NON ! cria Draco en tentant de se dégager des bras qui le maintenaient prisonnier.
- Toi, reste tranquille !
L'homme lui assena un coup sur la nuque et il s'effondra et il ne vit pas ce qui suivit : le fin fil de la patience de Harry se cassa d'un coup sec. D'un geste de la main, il renvoya le sort mortel et le transforma en Doloris directement vers l'homme qui venait de frapper Draco. L'homme traversa le mur dans un craquement sinistre : il n'eut pas le temps de crier, ni de comprendre ce qui lui arrivait. Sa magie récupéra Draco avant que le corps de celui-ci ne toucha le sol. Il tourna son regard froid vers l'homme qui lui avait lancé un sort de mort et d'un geste de la main l'envoya valser dans l'air sans préoccupation aucune de l'endroit où il allait atterrir. Il s'approcha de Draco et le prit délicatement dans ses bras avant de le serrer contre lui. Il plongea son visage dans ses magnifiques cheveux blonds.
- Draco...soupira-t-il avec un tremblement dans la voix, alors que sa magie soignait le jeune homme blond.
Son compagnon frémit entre ses bras avant de se tortiller pour se redresser contre lui.
- Harry ? murmura-t-il en croisant les yeux verts qu'il aimait tant.
Une pluie de baisers lui couvrit le visage avant qu'il n'eut le temps de dire quelque chose.
- Draco ! Draco ! Draco ! gémit son compagnon d'une voix désespérée.
- Oui, je suis là...murmura-t-il en se blottissant entre ses bras.
- Oh Draco, soupira-t-il d'une voix vibrante d'émotions.
Il sentit tous les muscles de son corps se détendre en sentant la chaleur familière dans ses bras. Draco se laissa également aller au bonheur d'être contre sa moitié, à ce moment-là il sentit un mouvement dans son ventre allant vers Harry; il en sursauta de surprise. Le jeune homme brun se figea, s'éloigna légèrement le visage froissé d'incompréhension. Son regard fouilla le visage de Draco à la recherche d'une réponse, puis il baissa les yeux vers l'estomac du jeune homme blond et remarqua enfin le petit renflement qui s'y trouvait. Son regard vert s'illuminait d'un mélange de joie incrédule, de surprise et d'incompréhension, il parvint à bafouiller une question :
- ...Draco ?
Celui-ci eut un sourire tremblant et timide, se mordit la lèvre inférieure avant de prendre les mains de Harry dans un mouvement hésitant et de les poser sur son ventre, à travers sa robe sorcière. Il croisa le regard émeraude qu'il aimait tant, bredouilla dans un souffle émerveillé et tremblotant :
- On va avoir un bébé, Harry !
La réaction de son compagnon lui donna envie de retourner cinq jours en arrière et de se frapper d'avoir douté de lui. Il vit une joie pure illuminer le beau visage de Harry avant que celui-ci ne se jette sur lui, l'embrassant de tout son cœur.
- C'est vrai ? On va avoir un bébé ? demanda-t-il entre deux baisers.
- Oui…
- Dans combien de temps ? Oh Draco, je suis si heureux ! Oh mon amour ! Ma merveille ! Mon trésor, mon ange ! Je t'aime ! Je t'aime tellement !
Draco ne put rien dire, rien expliquer car Harry l'embrassait à chaque fois qu'il tentait d'ouvrir la bouche tout en lui caressant le ventre avec adoration. Draco éclata de rire dans les bras de sa moitié et laissa celui-ci continuer à le couvrir de baisers et de compliments. Son rire résonna dans le silence qui était tombé dans la clairière.
~ A SUIVRE ~
