~ L'envie d'aimer ~

Hey les gens, j'espère que vous allez bien, j'ai laissé cette histoire en plan de puis maintenant 2 ans, pas parce que je ne voulais plus l'écrire mais à cause d'une page blanche. Je l'ai fini, je vais donc update les chapitres de fin. Merci à celle et ceux qui ont continué à attendre la suite de cette histoire et me soutenir. Je vais poster un chapitre tous les vendredis jusqu'au 22 décembre. Enjoy it^^

La chanson pour ce chapitre c'est donc L'Envie d'aimer de Daniel Lévi

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sinon, ils auraient fini ensemble dans les livres)

Résumé : Draco avait toujours été amoureux du Survivant, depuis la première fois qu'il l'avait vu. Cet amour était ancré en lui, mais il savait qu'Harry ne lui appartiendrait jamais. Jamais. Alors pour que celui-ci garde un souvenir de lui, il s'en était fait un ennemi. On n'oublie jamais un ennemi. Les méchants n'avaient pas de Happy Ending. C'était ce qu'il croyait jusqu'à ce jour dans la Salle sur Demande qui allait tout changer. Attention MPREG/ scènes explicites !

Note de l'auteure : Chapitre non corrigé ! Désolée pour les fautes, j'ai fait de mon mieux !

Kissu :3

ShiyaMiam :3

~ O*O*O*O*O*O ~

Les pieds de Draco ne touchèrent jamais le sol lorsqu'il quitta ce qui restait du baraquement, porté par un Harry protecteur. Celui-ci avait le visage plongé dans ses cheveux blonds avec un sourire béat. Il eut beaucoup de cris et de larmes de la part de Ron lorsqu'ils les rejoignirent. Harry refusa de le lâcher et les autres purent lui souhaiter la bienvenue sans vraiment le toucher. Ni Draco ni Ron ne purent contenir leurs larmes; le jeune homme tenta de garder un semblant de dignité alors que le roux pleura à chaudes larmes en bafouillant à quel point il était heureux de le voir en bonne santé.

Ils retournèrent à Londres, se réunissant dans la maison Potter-Malfoy. Harry ne voulait pas lâcher Draco, même dans la sécurité de leur cocon familial : il le garda sur ses cuisses, les bras autour de son corps. Il ne le libéra que lorsque Narcissa débarqua en courant, les yeux gonflés par les larmes de soulagement. Elle serra son fils unique dans ses bras en pleurant de joie. Puis elle s'écarta de lui avec surprise en sentant son ventre proéminent.

- Draco...dit-elle dans un souffle surpris.

Il eut un silence, Harry avait un sourire éclatant qui étirait ses lèvres d'une oreille à l'autre, il se releva et passa ses bras autour de la taille de Draco en posant ses mains délicatement sur son ventre.

- Je… je suis enceint…

- Je vais être Papa ! Mon amour, nous devons préparer la chambre, les jouets, les vêtements, l'école, le collège, l'université ! De quelles couleurs veux-tu faire les murs ? Ah, faut que je prenne des congés, c'est quoi les lois concernant les congés parentaux dans la société sorcière ? Il faut que je me renseigne ! Et la nounou ?! Il nous en faudra une quand on devra reprendre le travail et…

- Harry, respire ! Tu vas beaucoup trop loin là, l'arrêta Draco d'une voix amusée. Je suis encore à me faire à l'idée d'être enceint.

Ron se leva difficilement et se jeta dans ses bras, poussant Harry au passage, et commença à le bombarder de questions. Draco fut tiré vers la cuisine où sa mère, Ron, Hermione, Pansy, Luna, et Théodore l'écoutait répondre aux questions difficilement. Remus s'approcha de Harry et lui posa une main réconfortante sur l'épaule.

- Bon courage… commença-t-il d'une voix douloureuse.

- Force à toi : les réveils à 3h du matin pour aller chercher un produit à l'autre bout du monde parce que c'est hors saison, continua Blaise d'une voix fatiguée.

- Les crises de nerfs qui débutent parce que tu as eu le malheur de respirer à côté de lui, ajouta Remus en hochant la tête.

- Les crises de larmes parce qu'il a mangé le dernier chocogrenouille…, gémit l'homme d'affaire noir.

- Les interdictions de l'approcher parce que tu es responsable de l'avoir mis dans cet état, souffla le loup-garou.

- Les crises de larmes parce que tu lui as obéis, confirma Blaise en hochant la tête.

- Bon courage, conclut Remus en secouant la tête.

- A-...Ah… ?

- Mais ne t'inquiète pas, ils sont finalement adorables !

Harry regarda Draco pendant un moment en silence en se rendant compte que cela faisait un petit moment que celui-ci était devenu tyrannique et il se frappa le front en se rendant compte que l'idée qu'il fut enceint ne l'avait pas effleuré. Cela ne le dérangeait pas que celui-ci lui donne des ordres, après tout ne portait-il pas leur progéniture ? Son rôle à lui durant cette période était d'être à sa disposition autant que possible. De toute façon, il avait confirmé le fait qu'il était masochiste dès que cela concernait Draco Malfoy. Son regard se glissa vers le jeune homme qui buvait une tasse de chocolat chaud que sa mère lui avait glissé entre les mains. Draco avait besoin de prendre une douche, de se changer, de manger et de passer une bonne nuit de sommeil. Mais Harry savait que le jeune homme avait besoin d'être entouré après ce qui venait de se passer. Harry lança le bain d'une pensée et rejoignit son compagnon dans le coin cuisine et entoura ses bras autour de sa taille en posant son menton sur son épaule gauche.

- Je t'ai préparé un bain chaud et mousseux. Tu vas te laver, te changer, je te fais à manger pendant ce temps là, puis tu manges, je jette tout le monde dehors et tu vas te coucher… Qu'en penses-tu ? lui murmura-t-il dans son oreille

- Oh par Merlin, tu es parfait, soupira Draco en s'appuyant contre lui.

- Tu peux y aller tout seul ou tu veux que je t'accompagne ?

- Porte-moi.

- À tes ordres.

Harry sourit, saisit la tasse de Draco, la posa sur le comptoir, puis glissa un bras sous les genoux du jeune homme et le souleva aisément.

- Je vais prendre un bain, lança Draco en direction de Ron alors que Harry l'emporta vers les escaliers.

- D'accord, on vous attend.

- Je ne vous retiens pas, vous pouvez rentrer, grogna Harry sans les regarder.

- Ingrat, lui rétorqua Blaise en claquant la langue.

Draco gloussa en posant sa tête contre la clavicule de son compagnon. Lorsqu'ils arrivèrent dans la salle de bain, Harry le posa sur la chaise à côté du miroir et commença tendrement à le déshabiller. Il lui enleva la robe sorcière sale, la laissa tomber au sol puis il s'attaqua au bouton de la chemise grise -autrefois blanche- de Draco. Lorsqu'il la jeta sans regarder, une peau blanche presque translucide se dévoila, son regard tomba sur le ventre rond de Draco et ses yeux rougirent. Il baissa la tête, le front sur les genoux de son compagnon.

- Je te demande pardon, chuchota-t-il d'une voix sombre.

Draco glissa ses doigts longs et fins dans les boucles indisciplinées de Harry.

- Pourquoi ?

- De ne pas avoir été là lorsque tu as découvert ta grossesse, de ne pas avoir pu te protéger, de ne pas avoir été suffisamment à la maison ces derniers temps. Je n'ai pas été là alors que tu as eu le plus besoin de moi, je ne suis pas à la hauteur pour t'épouser.

Le souffle de Draco se bloqua dans sa gorge :

- Tu veux être mon mari ?

Harry releva la tête vers lui avec un regard perdu :

- Bien sûr que oui, je veux t'épouser, je veux passer le restant de ma vie avec toi. Tu es mon monde, Draco. Mais ce n'est pas là le cœur de notre sujet.

- Oui, répondit le jeune homme blond en prenant les joues de Harry entre ses mains.

C'est tellement simple, l'amour

Tellement possible, l'amour

- Oui quoi ? demanda Harry perplexe.

- Oui, je le veux, Harry.

À qui l'entend, regarde autour

À qui le veut vraiment

C'est tellement rien, d'y croire

Le jeune homme brun le regarda avec un air perdu, puis cela fit tilt dans sa tête et ses yeux s'écarquillèrent, perplexes, puis de joie . Draco pouffa de rire avant de lui dire avec tendresse :

- Tu es vraiment lent, crétin !

- Mais tellement tout, pourtant

Qu'il vaut la peine, de le vouloir

De le chercher, tout le temps

- Attends ! Je t'ai demandé en mariage, là ?

- Oui.

- Dans notre salle de bain ?!

- Oui.

- Mais ce n'est pas comme ça que je voulais le faire ! se plaignit le jeune homme brun en faisant la moue.

- Tu es à genoux devant moi, sourit Draco en pinçant ses joues.

Ce sera à nous dès demain

Ce sera à nous le chemin

Pour que l'amour qu'on saura se donner

Nous donne l'envie d'aimer

Ce sera à nous dès ce soir

À nous de le vouloir

Faire que l'amour qu'on aura partagé

Nous donne l'envie d'aimer

- Mais ! Je voulais t'emmener dans un endroit magnifique, avec des bougies, un dîner romantique et être à mon avantage ! Je veux être le plus beau pour toi.

- Tu l'es.

C'est tellement court, une vie

Tellement fragile, aussi

Draco posa son front contre celui de Harry et le respira avant de dire doucement.

- Je n'ai pas eu peur longtemps, Harry. Même lorsque j'étais seul dans cette petite pièce sombre, que la panique à commencer à ramper au fond de mon cœur, je savais. Je savais que tu viendras pour moi. Tu ne m'as pas fait défaut, Harry. Jamais.

- Draco...

Que de courir après le temps

Ne laisse plus rien à vivre

Avec moi

- Tu m'as dit une fois que tu n'attendais pas de moi que je sois parfait. Je n'attends pas cela de toi non plus. Tu es humain, tu peux être occupé, mais la pensée que tu fasses tout ton possible pour être là pour moi, me suffit. Parce que je sais que tu feras le nécessaire pour l'être. Tout comme moi, je ferai la même chose.

Ce sera à nous dès demain

Ce sera à nous le chemin

Pour que l'amour qu'on saura se donner

Nous donne l'envie d'aimer

Draco pressa un tendre baiser sur les lèvres de Harry avant de continuer :

- Je t'aime Harry Potter. Je t'aime tellement et depuis si longtemps que j'en ai mal. Par Merlin, je t'aime si fort.

- Mon amour...souffla Harry la voix coincée par l'émotion.

Ce sera à nous dès ce soir

À nous de le vouloir

Faire que l'amour qu'on aura partagé

Nous donne l'envie d'aimer

- Tu n'es pas parfait. Je ne le suis pas non plus. Mais tu es parfaitement parfait pour moi. J'ai envie de porter ton nom, que tu portes le mien. J'ai envie de me réveiller auprès de toi chaque matin, de te voir me tendre ma tasse de latte avec un sourire amoureux, j'ai envie d'avoir des enfants avec toi, que l'on s'engueule sur la manière de les éduquer, que l'on se réconcilie le soir même, j'ai envie de marcher à tes côtés, de te soutenir, que tu me soutiennes. J'ai besoin que tu sois ma famille, mon meilleur ami, mon confident. Harry, tu es aussi mon monde, mon tout.

C'est tellement fort

C'est tellement tout, l'amour

Puisqu'on attend, de vies en vies

Depuis la nuit des temps

Des larmes de bonheur coulèrent silencieusement le long des joues de Harry alors qu'il plongeait son regard dans les yeux pers qu'il aimait tant. C'était la première fois que Draco lui livrait son cœur avec autant d'honnêteté.

- Ne me lâche pas la main. Je t'en supplie.

- Jamais, répondit-il farouchement. Je ne te laisserai jamais partir, Draco Malfoy.

Ce sera à nous, ce sera à nous, ce sera à nous

Pour que l'amour qu'on saura se donner

Nous donne l'envie d'aimer

Ce sera à nous dès ce soir

À nous de le vouloir

Harry lui prit les mains qui tenaient toujours ses joues et les embrassa tendrement sans jamais le quitter des yeux. Cet homme...cet homme était à lui. Draco était à lui et lui… Il lui appartenait corps et âme. L'émotion le submergea, une sensation d'absolu qui lui donnait l'impression qu'il n'était pas suffisamment grand pour la contenir. Cette sensation était la même que lorsqu'il s'était tenu au sommet d'une montagne au Chili, regardant l'immensité de l'océan et du ciel en se rendant compte de sa petitesse face à la beauté de ce monde. Il avait le souffle coupé par la beauté, l'amour, et la confiance absolue que Draco lui témoignait. Il se sentit humble face à cela. Il passerait sa vie à essayer de mériter cette confiance.

- Draco Malfoy, je suis à toi. Je le serai toujours, alors ne lâche jamais ma main. Je t'en supplie, murmura-t-il en caressant sa joue pâle dans un geste délicat.

Faire que l'amour qu'on saura se donner

Nous donne, nous donne l'envie, l'envie d'aimer

C'est à nous, dès ce soir

À nous de le vouloir

Faire que l'amour qu'on aura partagé

Des perles cristallines se formèrent sous les paupières fermées de Draco alors qu'il cherchait à approfondir la caresse de Harry. Les larmes roulèrent délicatement le long des joues graciles. Harry se redressa légèrement pour les cueillir d'un baiser doux.

Nous donne, nous donne l'envie, l'envie, l'envie, l'envie, l'envie d'aimer

Ce sera à nous dès ce soir

À nous de le vouloir

Faire que l'amour qu'on aura partagé

Nous donne l'envie d'aimer

- Merci d'avoir eu l'envie de m'aimer, merci d'avoir fait de moi ta famille, merci d'être avec moi Draco.

- Tu m'as donné envie de t'aimer Harry...Et je pense que je suis assez doué pour faire ça.

Harry eut un rire chargé de sanglots. Il ferma les yeux en posant un baiser captivant sur les lèvres merveilleuses de son futur époux.

Ouh oh yeah

Nous donne l'envie, l'envie, l'envie

Nous donne l'envie, l'envie, l'envie

Nous donne l'envie, l'envie, l'envie, l'envie, l'envie yeah

L'envie d'aimer

Ils restèrent un moment en silence, front contre front, se respirant. Puis Harry caressa doucement le ventre arrondi de son compagnon avant de murmurer contre ses lèvres :

- Je vais faire en sorte que tout soit parfait avant que notre bébé ne vienne au monde. Je ferai tout mon possible.

- Je te fais confiance pour ça, sourit Draco avec amour.

- Bien, maintenant, il est temps d'aller prendre ton bain.

- Oh bon sang, oui !

Harry gloussa à la réaction de Draco et finit de le déshabiller. Il l'accompagna sous la douche après avoir enlevé ses propres vêtements, il prit une éponge douce et commença à savonner le corps de son compagnon dans un geste suave.

- Je ne vais pas me briser, tu sais ? Et d'ailleurs, frotte plus fort ! Ça fait cinq jours que je ne me suis pas lavé, grogna Draco, mais, il laissa Harry le cajoler tout de même.

Après avoir exigé plus de sept lavages, Draco accepta enfin d'entrer dans la baignoire remplie d'eau parfumée. Harry s'habilla, déposa un baiser sur le front de Draco avant de quitter la salle de bain. Il descendit pour rejoindre les autres dans le salon. Il ne restait plus que Ron, Blaise, Hermione, Narcissa, Théodore et Pansy.

- Où sont les autres ? demanda-t-il en se dirigeant vers la cuisine.

- Remus et Sev' sont rentrés pour s'occuper de Fryer, répondit doucement Narcissa.

- Et Luna est partie sans un mot, tu la connais, ajouta Pansy en haussant les épaules.

- Hum, acquiesça Harry en sortant les aliments avant de commencer à préparer le dîner.

- Severus nous a expliqué que Draco est enceint de cinq mois, comment se fait-il que tu ne l'es pas senti ? demanda Hermione en penchant la tête sur le côté d'un air curieux.

- C'est une excellente question, je me la pose aussi, répondit le jeune homme brun en attendrissant la viande. C'est comme si le bébé s'était caché de moi. Je n'avais jamais senti son énergie magique jusqu'à aujourd'hui, répondit Harry d'un ton perplexe.

Il posa le poivron sur la planche à découper en fronçant les sourcils. Maintenant qu'il avait le temps d'y penser cela lui semblait vraiment étrange. Il avait senti immédiatement le début de la grossesse de Ron, mais il n'avait rien vu venir pour Draco. Pourquoi ?

- Oui, pourquoi ? se demanda-t-il à voix haute.

- D'ailleurs, il faut que Draco aille voir un gynécomage pour faire des examens, fit remarquer Ron en se caressant le ventre, le front plissé.

- Tout va bien ? demanda immédiatement Blaise en passant la main dans son dos d'une voix inquiète.

- Hm, l'un des jumeaux prend ma vessie pour un souafle, mais sinon ça va.

- Va t'installer sur le canapé, tu y seras mieux, répondit tendrement son fiancé en l'escortant.

- Oui, oui ! grogna-t-il d'une voix impatiente.

Harry les regarda d'un air songeur, il se demandait si le ventre de Draco allait devenir aussi gros maintenant que celui-ci était conscient de sa condition. Cette pensée lui en amenant une déplaisante : qui se sentait assez courageux pour s'en prendre à la prunelle de ses yeux ? Qui était en train de s'en prendre à la barrière des mondes ? 'Cet imbécile doit le savoir, tsk, j'ai bien fait de ne pas l'avoir tué'.

Il sentait dans ses veines une rage noire ramper et ses yeux se glacèrent; sa poigne se resserra autour de la manche de couteau qu'il tenait.

- Harry, calme-toi, le reprit-elle d'une voix douce.

Il revint à lui en posant les yeux sur Hermione qui le regardait d'un air inquiet. Il lui sourit, contrit.

- Il faut que l'on sache ce qui se passe réellement. Comment ces personnes connaissent-elles l'existence des Huit Piliers ? Quels sont leurs véritables objectifs ? Comment sont-ils parvenus à en détruire trois ?!

Hermione se mordit la lèvre inférieure en passant la main sur son visage avant de dire d'une voix presque défaite :

- Est-ce possible d'arrêter ce qui est en train de se passer ? Si jamais la barrière s'écroule, que va-t-il se passer ? Va-t-on faire face à une nouvelle chasse aux sorcières ?

Harry garda le silence face aux questionnements de sa meilleure amie. Il partageait ses craintes, d'autant plus qu'il était Ministre de la Magie, il avait la vie d'un million de sorciers et sorcières sur ses épaules. Il ne pouvait plus se permettre de rester inactif.

- Mon sensei sera bientôt là, nous allons mettre en place un plan. Dans un premier temps, interrogeons les personnes que nous avons en cellule et voyons ce que nous en tirons. Mais je pense qu'il va falloir se préparer à une cohabitation avec les moldus dans le pire des cas, finit-il par dire alors qu'il entendit les pas légers et élégants de Draco descendre les escaliers.

Il se tourna et son visage s'éclaira d'un sourire radieux. Draco était tout simplement sublime dans les vêtements moldus de Harry : un jean loose dont il avait enroulé les bords, car trop grand pour lui, et il portait le sweater gris de Harry qui épousait délicatement la forme de son joli petit ventre rond.

- Draco… soupira le jeune homme brun d'une voix émerveillée.

Il lâcha immédiatement ce qu'il était en train de faire et se précipita vers le jeune homme blond pour l'aider à descendre le reste des marches doucement. Draco leva les yeux au ciel en se laissant faire.

- Je ne suis pas fait de cristal, tu le sais, n'est-ce pas ? soupira-t-il en donnant une petite tape sur l'avant-bras de son compagnon.

Harry se contenta de ricaner avant de l'amener vers son fauteuil favori et posa son plaid vert sur ses jambes.

- Je t'amène à manger, et j'ai prévenu le médicomage Byrne, il viendra d'ausculter dans 30 minutes.

- Hermione peut s'en charger, répliqua le jeune homme blond en fronçant les sourcils.

- Il vaut mieux que ce soit ton médicomage traitant, répondit Hermione en s'installant en face de Draco.

- Je préfèrerai aussi, mon amour. Tu as été kidnappé le jour où tu as appris être enceint, ce n'est pas rien. Je t'en prie, il te suit depuis des années. Il te connaît bien médicomagiquement parlant.

Draco leva les yeux vers Harry et poussa un soupir avant de dire :

- Je n'ai pas mon mot à dire de toute façon, non ?

- Si. Mais, je ne t'écouterai pas cette fois-ci. Tant que je ne suis pas sûr que tu vas bien.

Il s'accroupit devant son fiancé, lui prit les mains entre les siennes, et plongea son regard vert dans celui de Draco.

- J'ai besoin de m'assurer que tu ailles bien, Draco, murmura-t-il en lui embrassant les mains.

Ce n'était pas juste, il ne pouvait pas gagner contre Harry lorsque celui-ci le regardait comme cela. Il était d'autant plus faible qu'il commençait à avoir le contrecoup de son enlèvement. Il hocha la tête en baissant les yeux, fatigué. Harry se releva et lui posa un baiser sur le front et lorsqu'il chercha à se relever, Draco lui saisit le poignet et ne voulait pas le laisser s'éloigner. Le jeune homme brun se tourna vers lui, le souleva afin de s'asseoir dans le fauteuil et d'installer Draco sur ses genoux. Il enveloppa le futur père de son enfant dans ses bras pour le garder à l'abri de tout.

- Harry, murmura-t-il en plongeant son visage dans le cou de son compagnon.

- Je suis là, répondit-il en lui embrassant le front et le dessus de la tête à plusieurs reprises.

Il le serra contre son corps et le berça tendrement dans ses bras. Draco se laissa aller et s'endormit rapidement, la main refermée sur le pull de Harry.

- Je vais continuer la cuisine, annonça tranquillement Hermione avec un sourire léger.

- Merci.

~ O*O*O*O*O*O ~

Après la visite du médicomage, Draco s'était endormi de fatigue, Harry resta à ses côtés pendant un long moment pour s'assurer que son compagnon était en sécurité et qu'il ne faisait pas de cauchemars. Il soupira car il devait remplir ses responsabilités en tant que Ministre de la Magie. Il quitta la maison en s'assurant que toutes les mesures de protections étaient activées, il salua Narcissa qui était en train de lire dans le solarium et transplana directement dans l'atrium du Ministère de la Magie. Il fut salué par les employés en service et se dirigea vers l'ascenseur afin de rejoindre le département de la justice. Terry Boot l'attendait dès qu'il sortit de l'ascenseur.

- Nous avons débuté les interrogatoires, lança celui-ci sans prendre la peine de saluer Harry. La majorité des personnes qui étaient présentes ne sont même pas au courant de quoi que ce soit de pertinent.

- Et le Veritaserum ?

Boot marqua un temps d'arrêt avant de dire d'un ton sec :

- Alvin Thomas y résiste.

Harry lui adressa un regard surpris : bien que soumis à la potion de vérité qui obligeait ceux qui la buvaient à dire la vérité, cet abruti y résistait ? Il était capable de mentir même sous le Veritaserum ? Un rictus étira ses lèvres.

- On va voir s'il va résister longtemps.

- Harry.

- Je ne ferai rien qui ira à l'encontre des lois que nous avons mises en place, Boot. Fais-moi confiance. Mais nous devons avancer.

Terry hocha la tête avant de lui tendre le parchemin avec tous les rapports des Aurors qu'il avait reçus plus tôt dans la journée. Il se dirigèrent vers les salles d'interrogatoire d'un pas rapide.

- Ce n'est pas une organisation rigide comme les Mangemorts.

- Non. Ils emploient majoritairement des mercenaires… Ils ont une structuration qui se rapproche plus des groupes terroristes moldus. Je pense que les dirigeants sont des sorciers, il doit y avoir une vingtaine de personnes et chacun doit avoir un secteur et une mission spécifique. Cela ne reste que des suppositions pour le moment et impossible de le confirmer sans mettre la main sur l'un des sorciers qui fait partie de l'organisation.

Terry secoua la tête en poussant un soupir frustré.

- Toutes les pistes que l'on trouve nous amènent à des impasses.

Harry hocha la tête avant de répondre :

- Espérons que cet abruti fasse partie de l'organisation alors.

Ils s'arrêtèrent devant une porte en bois, Harry l'ouvrit, laissa Terry passer et le suivit en fermant derrière lui. Ils longèrent le couloir éclairé faiblement par des lampes dont les flammes paresseuses somnolaient sous leurs protections de verre. Deux Aurors montaient la garde devant une porte lourdement ensorcelée et saluèrent les deux hommes avant d'offrir la porte.

L'atmosphère dans la pièce était extrêmement lourde et tendue. La Capitaine Iris O'Connor était assise en face d'Alvin Thomas et tourna le dos aux nouveaux arrivants.

- Expliquez-nous comment vous êtes parvenu à éliminer les effets du Veritaserum, dit-elle pour ce qui semblait être la centième fois.

- La potion est ratée.

- Nous avons déjà prouvé que ce n'était pas le cas, Sir Thomas.

Alvin resta silencieux et fusilla Harry du regard.

- Je vois. Je suis suffisamment important pour que le Ministre de la Justice mais surtout le Ministre de la Magie se déplacent pour moi, dit-il en esquissant un sourire dédaigneux.

La magie de Harry rua dans ses veines, prête à attaquer la personne qui s'en était prise à leur âme-sœur. Le jeune homme eut du mal à la contrôler sans le talisman de restriction, mais il y parvint. Il sourit doucement avant de saluer la Capitaine des Aurors :

- Bonsoir Capitaine O'Connor, merci pour votre travail.

- Bonsoir Sir.

Elle se leva, le salua et continua avec un froncement de sourcils :

- Comme vous pouvez le voir, il résiste à la potion de vérité, nous avons tenté de lui poser des questions pièges ou utiliser la magie pour extraire des informations de son esprit… Cependant, il est habile, il parvient à cacher ses pensées et intentions. Nous tournons en rond.

- Les examens ?

- Rien n'a pu être détecté.

La capitaine secoua la tête avec une expression d'agacement froissant son visage.

- Je suis là, vous savez, j'entends tout.

Harry ignora le jeune homme et continua leur conversation comme s'il n'avait pas parlé :

- Me permettez-vous de l'interroger ?

- Hm, je vous en prie.

- Merci.

Harry s'installa sur la chaise en face du jeune homme aux cheveux blond vénitien, posa ses mains sur la table et un lent sourire commença à étirer ses lèvres.

- Je vais te poser exactement six questions et tu vas essayer de me répondre. Est-ce que je suis assez clair ?

- Et ça compte pour une question ça ? demanda Alvin d'un ton joueur.

- Précisément. Quand ? Qui ? Où ? Quoi ? Et surtout, pourquoi ?

Alvin commença à rire se demandant si l'homme en face de lui avait perdu la tête et pensait réellement qu'il allait répondre à ses questions. Depuis que Potter était devenu Ministre de la Magie, beaucoup de choses avaient changé dans le traitement des criminels : la torture avait été interdite et certains sort également. Seul le Veritaserum pouvait être utilisé et même cela devait être fait avec le consentement du criminel qui était même qualifié de "suspect". Il savait donc que peu importe les questions qu'ils lui posaient, ils ne pouvaient pas lui lancer des Doloris pour le forcer à répondre. Alvin se contenta donc de rire face au ridicule de la situation. Potter l'avait rendu intouchable. Il pouvait toujours le garder pour l'enlèvement de Draco mais sans preuves, ils ne pourraient pas l'incriminer pour autres choses. Au moment où il voulut lui répondre ironiquement, sa respiration se bloqua dans sa gorge, il eût l'impression d'avoir inhaler de l'eau au lieu d'air. La sensation de suffocation le força à ouvrir la bouche pour tenter de faire entrer de l'air dans ses poumons afin de calmer les crampes thoraciques qui lui déchiraient la poitrine. Il regarda autour avec panique et confusion : Harry Potter était toujours assis devant lui et le regardait fixement sans parler et debout derrière lui se tenait Terry Boot et la Capitaine des Auror O'Connor. Il était le seul à manquer d'air ! Son corps se mit à bouger de façon incontrôlée, des spasmes musculaires agitèrent ses jambes et ses bras due à la privation d'oxygène. Il tenta d'ouvrir la bouche, mais aucun son n'en sortit…Il fut frappé par une vérité écrasante et terrifiante : il allait mourir. Il allait mourir là, dans cette pièce sombre face au regard vert glacé de Harry Potter. Dans un sursaut dû à son instinct de survie, il tendit la main vers les yeux émeraudes, les suppliant de le sauver. Il ne voulait pas mourir !

- Merci pour tes réponses.

La voix de Potter retentit comme un couperet sur son agonie. Il revint à lui comme si tout ce qu'il venait de vivre n'était qu'une illusion, comme s'il ne venait pas suffoquer pendant qu'ils l'observaient comme une bête de foire.

- Que m'as-tu fait, Potter ?! cracha-t-il d'un ton qui se voulait hargneux mais qui sortit faible et craintif.

Harry pencha la tête sur le côté avec un sourire perplexe et tourna la tête vers les autres personnes présentes dans la pièce.

- Ne vient-il pas de répondre à toutes mes questions ?

- Oui.

- Tu m'as fait quelque chose, Potter ! Tu m'as torturé !

- Pourquoi me salirai-je les mains pour quelqu'un comme toi ? lui demanda le jeune Ministre de la Magie en se levant de sa chaise tout en lui lançant un regard méprisant.

Il prit le parchemin ainsi que la plume à papote et quitta la pièce sans jamais regarder en arrière. Dès qu'il fut hors de la pièce Harry lança à Terry et à Iris :

- Nous avons un nom. Capitaine, préparez une équipe d'intervention dès que Boot vous aurez procuré un mandat. Je veux que Tremblayton soit arrêté dans la nuit.

- Oui !

~ O*O*O*O*O*O ~

A suivre (vendredi 4 novembre 2023)