Note de l'autrice : J'ai eu un problème d'encodage du chapitre ce matin, mais le voila dans un format lisible. Désolée !

Bonne lecture !

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Le mandat d'arrêt fut émis en moins d'une demi-heure. Sous la direction de la Capitaine O'Connor, la capitaine du service des Aurors, quatre équipes d'intervention furent rapidement constituées. La première équipe était composée de quatre Aurors spécialisés dans les sorts de localisation, les éclaireurs. La deuxième équipe, une brigade d'élite des tireurs de baguette magique, était spécialisée dans les attaques et les embuscades. Enfin, la dernière équipe était chargée de l'arrestation proprement dite. En l'espace de deux heures, l'opération fut minutieusement organisée.

Harry et Terry suivaient le déroulement de l'opération en observant la boule de cristal sécurisée du Ministère de la Justice. L'équipe des éclaireurs fut la première à se rendre sur place, se déplaçant avec une discrétion absolue. La nuit leur offrait un couvert idéal pour une opération qui allait plonger à la fois le monde sorcier et moldu dans une crise sans précédent.

Devant un majestueux manoir élégant, la façade principale décorée de frises délicates, de corniches en stuc et de lucarnes en forme de gouttière, deux gardes d'apparence patibulaire se tenaient en faction, observant la nuit avec une certaine nonchalance. Derrière eux, une imposante porte d'entrée était surmontée d'une grande lucarne ogivale, ornée d'un fronton en arc. Les fenêtres encadrées de bois peint en noir étaient agrémentées de vitraux colorés qui projetaient une lueur tamisée dans l'air nocturne glacial.

L'intérieur du manoir rivalisait en élégance et en beauté avec son extérieur. Plafonds élevés, moulures délicates, parquets en bois franc, chaque pièce était décorée avec goût. Le velours, les sculptures et les œuvres d'art précieuses habillaient ces somptueuses pièces. Dans la bibliothèque spacieuse, devant une cheminée en marbre où crépitaient les flammes d'un feu, un homme dans la soixantaine était assis dans un fauteuil en cuir, sirotant un verre de whisky dans un verre en cristal. Il portait une robe de chambre en soie noire brodée de fils d'or et regardait les flammes avec une certaine arrogance.

Soudain, un fracas de porte brisée retentit, suivi par les cris des sorts en collision. L'homme se redressa brusquement, empoigna sa baguette magique et déplia un parchemin contenant un sort de transplanage d'urgence. Cependant, malgré ses efforts, rien ne se produisit.

- Un sort anti-magie, maugréa-t-il, puis se précipita vers les étagères de la bibliothèque derrière lui.

Les doubles portes donnant sur la bibliothèque s'ouvrirent violemment, laissant entrer plusieurs Aurors et tireurs de baguette magique, prêts à l'appréhender. Une femme portant une longue robe d'un rouge sombre, arborant un "A" doré sur sa poitrine, se démarquait en tant que leader de cette unité.

- Sir Robert Trembleyton, vous êtes en état d'arrestation pour complicité d'enlèvement et vous êtes le principal suspect dans une affaire de terrorisme au niveau international.

Robert Trembleyton se tourna vers cette équipe, partagé entre la surprise et la colère.

- Que faites-vous ici ? De quoi parlez-vous ?! Vous n'avez aucun droit d'entrer chez moi !

- Je suis Iris O'Connor, cheffe du bureau des Aurors et Capitaine de la Brigade d'élite des tireurs de baguette magique et j'ai l'autorisation d'être chez vous, déclara-t-elle, sortant un mandat d'arrêt signé par le juge des affaires magiques.

La femme blonde déroula le parchemin sur lequel figuraient toutes les informations nécessaires. Trembleyton, cherchant désespérément une échappatoire, se rendit compte que toutes les issues étaient bloquées par les Aurors et les tireurs de baguette magique. Conscient de son impuissance, surtout avec le sort anti-magie en vigueur, il s'écria :

- Vous ne m'aurez pas vivant !

Puis, il saisit un autre parchemin dans la poche de sa robe de chambre et le déchira brutalement. O'Connor reconnut immédiatement le parchemin : c'était une bombe magique, capable de fonctionner malgré le sort anti-magie. Elle se tourna vers son équipe.

- À couvert ! STUPEFIX !

D'un geste précis du poignet, elle lança :

- Arresto Momentum !

Le bruit de l'explosion, qui avait commencé à gronder dès que Trembleyton avait déchiré le parchemin, ralentit et fut maîtrisé. Les Aurors sécurisèrent et désamorcèrent la bombe magique, tandis que Trembleyton était arrêté et placé en détention. Son manoir fut fouillé de fond en comble, et tous les serviteurs furent appréhendés. L'ensemble de l'opération prit à peine une heure. Cependant, ce qu'ils ignoraient à ce moment-là, c'était l'impact que l'arrestation de Robert Trembleyton aurait sur les autres sociétés sorcières.

Une fois qu'Harry fut certain que tout s'était déroulé comme prévu, il put enfin rentrer chez lui, juste avant l'aube.

Harry rentra chez lui avec un sentiment d'accomplissement mêlé d'inquiétude. L'arrestation de Robert Trembleyton était une victoire majeure pour le Ministère de la Magie, mais il savait que cette affaire n'était que la partie émergée de l'iceberg. Il se doutait que des ramifications plus profondes de la conspiration demeuraient à découvrir.

En arrivant chez lui, il remarqua que la lumière de la cuisine était allumée. Il entra pour trouver Draco, assis au comptoir avec une tasse de thé entre les mains, visiblement dans l'attente de son retour.

Draco lui adressa un regard chaleureux et demanda :

- Alors ?

Harry acquiesça, mais son visage trahissait une préoccupation persistante.

- On a eu un nom, Trembleyton.

- Ton concurrent aux élections ?! s'exclama le blond en se redressant.

Harry hocha gravement la tête en s'approchant de son fiancé, quémandant une étreinte, qu'il obtint.

- Oui, mais je suis sûr qu'il ne s'agit que d'un maillon de la chaîne, Dray. Cette affaire est bien plus complexe qu'elle n'y paraît. J'ai l'impression qu'on a déclenché une réaction en chaîne, sans rien savoir de ces réactions.

Draco posa son menton sur l'épaule du brun, puis caressa doucement le dos de Harry dans un geste rassurant.

- Ne porte pas tout ce fardeau seul, Harry. Tu as une équipe compétente à tes côtés, que tu as constituée et nous allons travailler ensemble pour démêler tout cela. Tu n'es pas seul, et je suis là pour toi, peu importe les défis que nous rencontrons. N'est-ce pas ?

Harry se sentit apaisé par les mots de son compagnon et l'embrassa avec tendresse.

- Merci, mon cœur. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

Après un moment de réconfort, ils retournèrent à la table de la cuisine et échangèrent des informations sur la journée de chacun. Harry partagea les détails de l'opération, tandis que Draco raconta ses propres aventures de la journée en compagnie de Frey et de sa mère.

Alors que la nuit avançait et que les étoiles scintillaient au-dessus de leur maison, Harry et Draco discutaient, tout était bizarrement calme. Comme s'ils se trouvaient tous deux dans l'œil du cyclone.

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Puis, Draco régressa.

Harry ne pouvait pas s'éloigner de lui car il faisait des crises d'angoisse dès que ce dernier n'était plus dans les parages. Le psychomage avait indiqué à Harry que c'était une réaction normale et même saine car Draco n'essayait pas de cacher son état et exprimait ses émotions et ses craintes. Harry avait décidé de télétravailler afin de rester auprès de l'homme de sa vie pendant sa convalescence, il avait installé un canapé dans son bureau pour que Draco puisse s'y reposer pendant qu'il travaillait. Celui-ci y était d'ailleurs assis, enroulé dans un plaid doux.

- Est-ce que tu me trouves pathétique ? finit-il par demander, brisant le silence de la pièce, d'une petite voix.

Harry leva les yeux du parchemin qu'il était en train de lire et posa son regard sur Draco avant de dire :

- Pardon ?

- Quand tu m'as ramené, je t'ai tenu un grand discours comme quoi je n'avais pas peur et maintenant je suis incapable de m'éloigner de toi. Ne trouves-tu pas cela pathétique ? continua le jeune homme blond en baissant les yeux au sol.

Harry détesta ce geste immédiatement. Mais il savait qu'il ne pouvait pas réagir trop violemment. Il n'avait qu'une envie : tuer Alvin pour avoir fait ressortir les traumatismes de Draco suffisamment pour qu'il baisse les yeux. Il prit une profonde inspiration pour se calmer, desserra les poings, se leva pour rejoindre Draco sur le canapé et dit doucement.

- Tu es la personne la plus courageuse que je connaisse, Draco Malfoy.

Il glissa un doigt sous son menton pour lui relever le visage.

- Regarde-moi.

Draco garda les yeux baissés.

- Malfoy.

Il refusa toujours.

- Draco Lucius Potter-Malfoy, regarde-moi.

Surpris par le nom, Draco releva les yeux et fit face à Harry.

- Tu as le droit d'avoir peur, tu as le droit de vouloir être en sécurité, tu as le droit d'exiger que ton partenaire, ton futur mari, le père de tes enfants reste auprès de toi. Tu as le droit de tout exiger de moi. Je suis à toi. Tu peux tirer de moi tout ce dont tu as besoin. Je te le donnerai car c'est la promesse que je t'ai faite : d'être là pour toi, dans la joie et dans la douleur, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la santé comme dans la maladie...

Draco se mit à trembler, des larmes se formèrent au coin de ses yeux. Il ne quitta pas Harry des yeux, de peur de rater ce moment, de peur qu'il ne disparaisse.

- Harry...

- Je n'ai pas fini.

Le regard de Harry se fit féroce.

- Tu es à moi, Draco Malfoy. Tes peurs, tes angoisses, tes joies, tes victoires... J'en prends la responsabilité. Je combattrai tes peurs et tes angoisses à tes côtés, je partagerai tes joies et tes victoires. Et quand le chemin deviendra plus ardu, comme maintenant, je serai le mur contre lequel tu peux te reposer. Me trouverais-tu pathétique si je te montrais ma vulnérabilité ?

Draco secoua doucement la tête.

- Alors tout va bien, amour. Je suis auprès de toi car je t'aime et tu n'es pas pathétique. Tu es sacrément courageux, têtu, hargneux, splendide, intelligent, généreux, casse-pied, exigeant, adorable, sexy... Mais jamais pathétique. Jamais. Ne me repose plus jamais cette question. Est-ce que tu comprends ?

Un sanglot échappa au jeune homme blond et il hocha la tête en reniflant.

- Réponds-moi avec des mots, Draco.

- Oo... Oui...

- Oui qui ?

- Oui, Harry.

- Bon garçon.

Et Harry vint lui ravir les lèvres dans un baiser doux mais dévastateur. Il prit le temps de lui dévorer les lèvres dans un baiser exigeant. Son esprit se vida face à ce baiser demandeur. Un gémissement lui échappa, gémissement que Harry avala, ne lui laissant peu de temps de reprendre son souffle. La tête lui tourna, il se liquéfia dans les bras de son fiancé lorsque celui-ci le libéra de ses lèvres. Harry l'observa avec une lueur de satisfaction dans le regard :

- Parfait, sourit-il.

Draco lui rendit son regard avec un désir évident.

- Ne me regarde pas comme ça.

- Je ne sais pas de quoi tu parles.

- Tu me regardes comme si tu voulais que je te prenne sur ce canapé.

- Qu'attends-tu si tu as compris ?

- Ah !

Alors Harry le ravagea sur ce nouveau canapé. Il marqua sa peau diaphane de ses baisers, de ses morsures d'amour. De ses mains, il redessina le corps de Draco avec une dévotion obsessionnelle, chantant des louanges face à la beauté de son corps. Il fit chanter, crier et pleurer Draco de plaisir avant de plonger dans les profondeurs de son corps. Il lui rappela à chaque coup de reins à qui il appartenait. Il lui appartenait. Il était à Harry. Oh par Merlin, il lui appartenait corps et âme. Draco se rendit face aux assauts de son compagnon et jouit avec force avant de s'effondrer entre les bras de Harry. Celui-ci couvrit son visage de baisers, puis sans jamais quitter son corps, il l'enlaça et l'invita à dormir. Draco fut tenu fermement par Harry toujours fiché en lui et ne s'était jamais senti aussi vivant de toute sa vie. Il s'endormit, enfin apaisé.

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Tomaru Sensei arriva trois jours après le sauvetage de Draco et l'arrestation de Trembleyton. Et comme d'habitude, Harry n'avait pas senti sa présence. Une seconde avant il n'y avait personne et la seconde d'après il était là, comme s'il avait toujours été là. C'était une drôle de sensation, comme s'il avait appliqué sur sa personne un sort détourne-regard et oubliette en même temps. Harry lui fit face, s'inclina respectueusement, et lui ouvrit la porte de sa maison.

Draco attendait dans le hall avec les mains posées sur son ventre rebondi. Il fut surpris de voir une vieille femme venir vers lui avec des yeux pétillants :

- Anata wa Dorako desu yo ne ? dit-elle d'une voix profondément grave et masculine.

Elle...il ? se tourna vers Harry et ajouta avec un sourire entendu :

- Omae wa tadashikatta, kare wa utsukushi desu !

- Bien sûr, qu'il est beau, répliqua Harry en levant les yeux au ciel.

Il s'approcha de Draco, passa un bras autour de sa taille, et fit les présentations :

- Draco, je te présente Tomaru-sensei, je ne connais pas son prénom ni son âge, mais je l'ai rencontré lorsque j'étais en voyage. Et oui, c'est bien un homme. Du moins, il s'identifie en tant que tel. Il parle plus de trente langues, mais c'est juste un flemmard alors il répond en japonais lorsqu'on lui parle en anglais. Sensei, je vous présente mon magnifique fiancé Draco Malfoy.

- Dorako-kun, ravi de faire enfin ta connaissance ! J'ai beaucoup entendu parler de toi.

Il s'approcha et prit les mains de Draco dans un geste doux, et le jeune homme eut l'impression d'avoir été immergé dans une source d'eau d'une pureté extraordinaire. Il se sentit lavé de toutes fatigues physiques et mentales. La sensation était complètement différente de la magie de Harry : la magie de Harry était chaude et réconfortante, celle de Tomaru-sensei était fraîche et vivifiante. Draco prit une petite inspiration tremblante.

- Oui, je sais, sa magie fait cet effet-là, gloussa Harry en caressant doucement le dos de Draco.

- Tu as fait un excellent travail, Harry-kun, mais tu n'es pas allé en profondeur pour enlever toutes les impuretés qui sont encore accrochées à lui.

Le jeune homme blond voulut ouvrir la bouche pour parler, mais il s'affaissa dans les bras de Harry, terrassé par une fatigue presque surnaturelle. Il s'évanouit contre le torse de son fiancé.

- Merci Sensei.

- Hmf.

Harry sourit et alla mettre Draco au lit avec des mouvements doux. Il prit un moment pour observer le jeune homme endormi, il écarta une mèche blonde de son front, nota les joues plus roses de Draco et sourit.

- Tout ira mieux, maintenant.

Il déposa un baiser sur le front de Draco avant de quitter la pièce. Il rejoignit Tomaru-sensei qui s'était installé sur la terrasse, par terre, le regard perdu dans le vide. Harry s'assit à même le sol à ses côtés sans dire un mot et attendit. Il s'appliqua seulement à respirer et à observer les pulsations de la magie sauvage qui l'entourait. Il l'observa, sentit chacune de ses déséquilibres ainsi que ses perturbations, entendit les cris dans les déchirures de la barrière.

- Kikoemashita ka ? lui demanda Tomaru-sensei d'une voix chuchotée.

- Oui. J'entends. J'entends les cris de la magie, répondit Harry doucement en ouvrant les yeux.

Il posa son regard sur le profil de son Sensei et attendit à nouveau.

- Harry-kun.

Il attendit.

- Je dois mourir.

Harry le regarda avec des yeux tremblants, mais ne posa pas de questions.

- La disparition des piliers va changer définitivement notre rapport avec les moldus, à nous de choisir comment cela va affecter notre mode de vie.

Tomaru-sensei prit une profonde inspiration et la relâcha paisiblement. La magie dansa autour de lui.

- Harry-kun.

Le regard de Tomaru-sensei se posa sur lui et il dit :

- Ma mort est nécessaire pour que tu n'aies pas à te sacrifier.

Il leva la main et vint caresser la joue du jeune homme brun qui était noyée de larmes silencieuses.

- Harry-kun. Ne me pleure pas trop, j'ai beaucoup vécu, beaucoup trop. La Magie m'a donné cette longue existence pour cela. Pour que tu n'aies pas à te sacrifier.

- Anata o ushina itakunai... murmura Harry en réprimant ses sanglots.

- Baka, tu ne me perdras pas, Harry-kun. Je retournerai juste à la magie. Je serai présent dans chaque magie sauvage que tu utiliseras, je serai toujours là.

Harry garda la tête baissée et pleura en silence. Il savait depuis le début que la Magie exigeait toujours un sacrifice. Il ne le savait que trop bien. Toutes les personnes qu'il avait aimées et qui étaient mortes à cause de la Magie... Tant de personnes s'étaient sacrifiées pour lui.

- Je te connais, Harry-kun. Tu allais te sacrifier pour rétablir la barrière. Mais tu ne peux pas faire cela. Regarde ton compagnon... il a besoin de toi, votre enfant va avoir besoin de ses deux parents. Tu es si jeune. Beaucoup trop jeune pour que la Magie t'accorde la mort facilement.

- Sensei... souffla Harry doucement, n'existe-t-il pas une autre solution ?

- Harry-kun, ne sois pas stupide. Je sais que tu ne l'es pas. La Magie exige toujours du sang pour rétablir le mal qui lui a été fait.

- Mais pourquoi pas le sang de ceux qui lui ont fait du mal !

Tomaru-sensei le regarda paisiblement et lui adressa un sourire éclatant.

- Tu sais pourquoi, répondit-il simplement avant de détourner de nouveau le regard.

Harry ferma les yeux en versant des larmes silencieuses. Il le savait, mais ce n'était pas pour autant qu'il acceptait cela. Une personne qui détruit un lien magique ne pourrait jamais le réparer. Et la Magie exigeait le sacrifice d'une autre personne. C'était ainsi. Il ne pouvait rien y faire. C'était une question d'équilibre.

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Draco se réveilla deux jours plus tard, se sentant mieux que jamais dans sa vie. Son esprit était aussi clair que de l'eau de source, une sensation qu'il n'avait pas connue depuis longtemps. Il chercha le corps chaud de Harry dans le lit, mais ne trouva que le vide. Il se redressa, surpris par la froideur des draps.

- Harry? appela-t-il d'une voix rauque.

Il regarda autour de lui, les yeux encore rougis par le sommeil. Draco passa une main dans ses cheveux en bataille et poussa un soupir déçu de ne pas entendre la voix de son fiancé. Il se laissa retomber entre les coussins, d'humeur boudeuse, lorsque la porte de la chambre s'ouvrit doucement.

- Harry?

- Oui, j'étais en bas. Je te préparais le petit déjeuner, répondit Harry d'une voix douce. "Tu dois avoir faim après avoir autant dormi.

Il déposa le plateau sur le lit et s'assit à côté de Draco, le caressant doucement.

- Comment te sens-tu? demanda-t-il en l'observant attentivement.

Draco ferma les yeux sous la caresse et se pencha pour approfondir le toucher de Harry. Ce dernier rit doucement en voyant le comportement digne d'un chat de son compagnon.

- Unh, je n'ai jamais été aussi bien, répondit-il les yeux toujours clos.

Harry posa une autre main sur son ventre légèrement arrondi.

- Et notre petit Miracle?

Draco ouvrit les yeux et lui adressa un sourire radieux avant de poser sa main sur celle de Harry.

- Il va bien. Maintenant qu'on est avec toi, il s'est beaucoup calmé.

- Tant mieux. Oh, je t'ai pris un rendez-vous chez le gynécomage demain. Veux-tu que je t'y accompagne?

Draco rit doucement.

- Tu sais que Ron va te tuer s'il ne peut pas m'accompagner, n'est-ce pas?

- Oui, c'est pour cela que je te le demande. Je tiens à ma vie. Plus il s'approche de la fin de sa grossesse, plus il devient terrifiant.

- Ce n'est pas ce que Blaise dit.

- L'opinion de Blaise ne compte pas. Il est complètement ensorcelé par Ron. Tout le monde pense que Ron fait peur, lui non.

Draco rit en secouant la tête, puis il demanda après un moment de silence :

- Qu'est-ce que tu caches? Qu'est-ce qui se passe, Harry?

Le jeune Ministre de la Magie eut un sourire amer avant de répondre :

- Je ne peux vraiment rien te cacher.

- Réponds-moi, Potter.

- Il y a eu cinq attaques terroristes après l'arrestation de Trembleyton à Johannesburg, à Lyon, à Lima, à Montréal, et à Boston. Un pilier a été détruit lors de l'une de ces attaques.

Les yeux de Draco s'écarquillèrent sous le choc et il demanda, interloqué :

- Les victimes ?

- Sorcières et Moldues. Ils n'ont pas fait de distinction. Nous ne pouvons plus cacher ce qui se passe. Draco, j'ai bien peur que nous devions nous préparer au pire.

Harry soupira en baissant la tête. Draco put voir la fatigue marquer son visage et il serra sa main tendrement.

- Que vas-tu faire ?

Draco marqua une pause avant de continuer :

- Quand pars-tu ?

Harry releva brusquement la tête et plongea son regard dans celui de son fiancé.

- Je ne pars pas, Draco. Je ne ferai pas comme lorsque j'étais adolescent. J'ai trop à perdre pour tout laisser derrière moi. Je ne vais pas prendre la responsabilité de sauver le monde tout seul.

Il rit doucement avant de prendre la main de Draco dans la sienne et de déposer un tendre baiser dans sa paume.

- Je vais être un homme avisé, un Ministre de la Magie responsable, un compagnon loyal.

- Cela signifie ?

- Je vais sélectionner une équipe qui va s'occuper de ça, rencontrer d'autres responsables politiques du monde moldu et sorcier pour faire face à ce qui est en train de se passer. Je ferai ma part, je protégerai le Royaume-Uni, mais ce n'est pas mon rôle de sauver le monde.

Draco le regarda fixement sans rien ajouter. Il leva doucement sa main gauche, toucha la joue de Harry et lui caressa la pommette avec son pouce.

- Harry...

- Ne me le demande pas.

Draco lui adressa un sourire désabusé.

- Je te connais, stupide Gryffondor. Oui, je ne vais pas te cacher que j'ai besoin de toi. Nous avons besoin de toi. Mais, tu es le sorcier le plus puissant que je n'ai jamais rencontré, vas-tu vraiment rien faire et juste regarder la situation s'aggraver ? Mon amour, je te connais. Ne dis pas de bêtise qui va te faire du mal. Je ne te demande pas d'être un héros qui va sauver le monde, on t'a déjà fait suffisamment de mal avec ça lorsque tu étais enfant. Je te demande juste de faire ce que tu veux, pas ce que tu penses que j'attends de toi. Je serai à tes côtés peu importe ta décision.

Il pinça la joue de Harry et tira dessus et ajouta d'un ton joueur :

- C'est ça être "compagnons", abruti. Maintenant, dis-moi exactement ce que tu veux faire, exigea-t-il en caressant la trace rosé sur la joue de son fiancé.

Harry regarda Draco avec amour, reconnaissant la compréhension et le soutien qu'il trouvait en lui. Il posa sa main sur celle de Draco, la tenant doucement.

- Tu as toujours su me lire comme un livre ouvert, Draco, dit Harry avec un sourire reconnaissant. Je ne peux pas rester les bras croisés, mais je ne veux pas non plus endosser tout le fardeau du monde. Je vais agir, mais de manière réfléchie et avec mon équipe compétente. Nous devons protéger notre monde, nos amis, et notre famille, mais je ne veux pas sacrifier notre bonheur pour cela.

Draco acquiesça doucement, rassuré par la réponse de Harry. Il inclina la tête pour l'embrasser tendrement.

- C'est tout ce que je voulais entendre, Harry. Je suis fier de toi et de tout ce que tu as accompli. Et je suis honoré de partager ma vie avec toi, de construire une famille ensemble.

Les deux hommes se regardèrent avec une intensité qui reflétait l'amour profond qu'ils partageaient. Draco se tourna légèrement, posant sa main sur son ventre où leur enfant grandissait.

- Et notre enfant grandira dans un monde meilleur grâce à toi, mon héros, murmura Draco.

Harry sourit doucement :

- Non, Draco, pas un héros. Juste un homme qui fait ce qu'il peut pour protéger ce qui lui est cher. Tout comme toi.

Ils restèrent un moment ensemble, emplis de gratitude et d'amour, avant de se préparer pour la journée qui les attendait. Harry savait qu'il avait un rôle à jouer pour faire face à la menace croissante, mais il savait aussi qu'il ne serait pas seul. Avec Draco à ses côtés, il avait le soutien inconditionnel dont il avait besoin pour affronter l'avenir incertain.

Le couple se leva, se prépara pour la journée, et descendit pour partager un petit déjeuner paisible. Alors qu'ils se tenaient main dans la main, prêts à faire face à l'avenir, ils savaient que quoi qu'il arrive, ils le feraient ensemble, forts dans leur amour et leur détermination à protéger tout ce qui leur était cher.

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À suivre