Arc 4 : ce qui nait des cendres

« Kali… KALI, PUTAIN, REVEILLE TOI ! »

La rousse avait brutalement perdu connaissance quelques instants plus tôt, tombant sur le carrelage froid de la cuisine comme une poupée désarticulée. Hiroaki avait bondit sans réfléchir, repoussant Yuji sans ménagement afin de venir se saisir de la jeune hybride, l'appelant sans cesse mais, hélas, sans le moindre succès. Le lycéen, s'appuyant sur le plan de travail froid de ses deux mains, ne comprenait toujours rien à la situation, demeurant interdit une poignée de seconde tout en regardant le japonais blond visiblement paniqué. Qu'est ce qui s'était encore passé pendant son sommeil ?

« Sem…Sempai… » commença-t-il d'une voix hésitante. « Qu'est… Qu'est ce qu'elle a, Kali-sempai ? »

« C'est lui ! » Le jeune garde du corps tapotait les joues de l'européenne, ne sachant que faire pour l'extraire de son inconscience contre nature. « Je comprends pas bien comment leur lien fonctionne, mais je suis sûr qu'il l'a appelée dans son domaine, hors de notre réalité. Et vu comme il était venère, j'ai vraiment peur pour elle ! »

Précautionneusement, il souleva le bras blessé de la demoiselle, une grimace navrée défigurant son visage. « Il va lui faire du mal… Yuji ! » Le décoloré braqua son regard vert brillant vers l'adolescent, resserrant un peu plus son étreinte autour du corps de sa protégée. « Il faut qu'on la ramène, j'ai un mauvais pressentiment ! Tu es lié à Sukuna, tu le côtoies en continue depuis des semaines ! Tu saurais pas comment accéder à son domaine ? Ou le faire venir ici ? »

Se fut alors au tour du futur exorciste de faire une moue dépitée. « Non… Non, j'en sais rien. Et pour le faire venir ici… La dernière fois que j'ai essayé de négocier avec lui, ça s'est plutôt mal passé va-t-on dire… »

« Fait chier ! » lâcha Hiroaki, remettant inconsciemment un peu d'ordre dans les cheveux de feu de l'hybride.

« Désolé… » Yuji se mit à genoux lentement, observant le corps endormi de la jeune femme, son poignet tordu, une vive culpabilité embrasant ses entrailles. « Qu'est ce qui s'est passé, cette fois ci ? »

Le blond hésita quelques secondes avant de lâcher un soupire déchirant. « Sukuna a débarqué tout à l'heure, complètement obnubilé. Il cherchait… un pic à glace ou un long couteau. Il voulait… » Le japonais se mordilla un peu l'intérieur des joues avant de continuer, braquant son regard vers le lycéen. « Il voulait se le planter dans le crane. Pour détruire ton cerveau et te tuer dans le même temps, pour avoir le contrôle de ton corps. Il cherchait à créer une mort cérébrale mais il n'aurait pas pu le faire comme ça. Il allait juste vous tuer tous les deux. Kali a essayé de le frapper dans le dos pour te réveiller mais il a été trop rapide. Ça l'a mis dans une rage folle. Et après elle a usé de ses flammes pour quand même réussir à t'atteindre… »

L'intéressé écouta le résumé de la situation, les couleurs disparaissant progressivement de son visage effaré.

« Il… Il voulait planter un couteau dans mon crâne ? »

Hiroaki acquiesça tristement. « Quand il a débarqué, il avait l'air sacrément déterminé à te tuer… Il a dit qu'il avait trouvé l'idée sur internet, après que tu l'ais fait cherché ce qu'était un certain syndrome… ça n'avait pas vraiment de sens. »

Itadori passa une main dans ses cheveux, de la glace lui coulant dans les veines. « Stockholm… »

« Pardon ? »

« Le syndrome de Stockholm… » reprit le garçon aux yeux noisette, totalement mortifié « On s'est disputé, et je lui ai dit que l'affection de Kali-sempai, c'était que ça, que c'était pas de vrais sentiments… »

« Ah… » laissa tomber le japonais, se repassant les paroles du démon en tête. « Certains de ses mots prennent plus de sens du coup… C'est pas bon. Pas bon du tout. »

« Je suis tellement désolé… » Yuji déglutit difficilement, de la bile lui brûlant la gorge. Décidément, il avait l'impression de ne rien réussir à faire ces derniers temps… « Je… Je ne pensais pas qu'il réagir… »

« Putain ! »

Le futur exorciste se figea alors que son interlocuteur retirait brusquement sa main du dos de l'hybride toujours inconsciente, un sang rouge vif la recouvrant toute entière.

« Qu'est ce que… » commença l'adolescent alors que le garde du corps retournait prestement la jeune femme inconsciente, une tache d'hémoglobine ayant fait son apparition à travers le tissu rayé de sa robe et s'étendant à grande vitesse.

« Le connard… » siffla Hiroaki entre ses dents, tirant sur le vêtement taché pour voir où se trouvait la plaie « Vite, Yuji, donne moi des torchons propres, il faut qu'on comprime ça ! »

Le garçon bondit sur ses jambes, ouvrant un tiroir pour attraper tout le linge de cuisine possible, les tendant au blond qui maugréait des injures à l'encontre du roi des fléaux. « Qu'est ce que je peux faire, sempai ? »

« Il faut… » le japonais réfléchissait à toute vitesse, le front plissé par l'inquiétude. « Il faut qu'on téléphone d'urgence à Shoko-san, ça a l'air profond, il faut soigner ça le plus vite possible. »

« Oui, Shoko-san ! » L'adolescent se redressa, tâtant les poches hélas vides de son short. Sukuna avait du laisser son téléphone dans sa chambre. « Il faut que j'aille le chercher. Et Gojo ? Je l'appelle aussi ? Il aura peut être des idées ? »

« Au point où on en est, appelle qui tu veux… » Le blond appliqua les linges dans le dos de la demoiselle, comprimant comme il le pouvait sa blessure. « Putain… Faut vraiment qu'on la sorte de la le plus vite possible avant que… »

Il n'eu pas le temps de terminer sa phrase que ce qu'il craignait arriva. La respiration de l'hybride se fit drastiquement plus difficile, des marques rouges apparaissant tout autour de sa gorge qui semblait se faire littéralement écraser sous le regard impuissant des deux hommes.

Yuji se jeta à terre, aux côtés d'Hiroaki, sentant la panique le saisir tout entier. La perte de Junpei était encore trop fraiche dans son esprit, lui faisant un peu perdre ses moyens. Il allait encore voir mourir une personne à qui il tenait… « Kali-sempai ! Hiroaki sempai, qu'est ce qu'on fait ? Qu'est ce qu'on fait ? »

L'interpellé, quand à lui, était comme tétanisé par ce qui se déroulait sous ses yeux. Il tenait le corps de sa protégée, son amie, qui était en train de se faire littéralement étrangler sans qu'il ne puisse rien y faire. Tout ça parce que cela ne se produisait pas dans cette réalité, mais dans le domaine du démon millénaire. Il fallait qu'il trouve un moyen de la ramener ici, au plus vite !

Brusquement, un bruit sinistre se fit entendre dans la cuisine, faisant se figer les témoins impuissants dans un effroi glacé. Le cou gracile et pâle de la jeune femme avait à présent un aspect douloureusement affaissé, sa respiration se limitant à un sifflement douloureux à écouter.

« Il… Il a… Il peut pas… C'est pas possible… » Yuji se rapprocha encore de la rousse moribonde, des larmes inondant ses yeux noisette complètement bouleversés. « Sem…Sempai… »

« Non… » murmura Hiroaki, fixant le visage fantomatique de la demoiselle, des larmes dévalant de ses yeux clos. « Non, non, non, NON ! ça ne va pas finir comme ça ! »

Tout ça c'était à cause de Sukuna ! Ce putain de démon jaloux était en train de la tuer alors qu'elle… Elle ! Il y avait encore quelques minutes, ils étaient encore assis tous les deux autour de la table de la cuisine, elle lui avouant, rougissante, qu'elle comptait offrir à l'homme tatoué un de ses doigts pour fêter leur un mois…

D'un coup, un déclic se fit dans l'esprit du japonais.

Le doigt de Sukuna…

C'était peut être fou, mais il fallait absolument qu'il tente quelque chose !

« Yuji ! » Le blondinet plaqua le corps bientôt sans vie de la demoiselle dans le bras de l'adolescent, sautant littéralement sur ses jambes. « Veille sur elle, je reviens de suite ! »

Sans attendre la réponse du garçon sous le choc, il s'élança à toute vitesse vers la chambre de l'hybride, y entrant avec précipitation avant de se jeter sous son lit, à la recherche de la boite dont elle lui avait parlé un peu plus tôt. Avec étonnement, le japonais en découvrit pas une mais deux, lui faisant hausser les sourcils. Une des boites ressemblait à une mallette, l'autre, toute en bois, était couverte de scellés. Il était heureusement facile de deviner laquelle contenait la relique démoniaque.

Décrochant le coffret de sa cachette, le garde du corps retourna à la hâte dans la cuisine, commençant en chemin à arracher les rubans occultes protégeant son contenu. Arrivé à destination, il se jeta à terre, maudissant intérieurement ceux ayant posé ces scellés et ayant trop bien fait leur travail.

« Hiroaki-sempai ! Elle… Elle semble un peu mieux respirer ! »

L'intéressé glissa un regard rapide vers l'hybride toujours inconsciente, son visage ayant effectivement reprit quelques couleurs, sa respiration s'étant un peu normalisée. Mais pour combien de temps ? Qu'est ce qui disait que l'autre fada ne l'avait pas sauvé de la mort pour mieux continuer à la torturer pour se défouler ? Il refusait de courir ce risque !

« Rien à foutre, Yuji. Je la laisserai pas se faire massacrer sans réagir ! »

En disant cela, il parvint enfin à arracher le dernier parchemin fermant la boite, l'ouvrant avec brusquerie. Il tomba alors nez à nez avec la fameuse relique du roi des fléaux, encore enrubannée dans un scellé datant d'un millénaire. Parfait.

Sans attendre, le blondinet commença à défaire à la va vite la protection sous le regard incrédule de l'adolescent reconnaissant de quoi il était question, le surprenant au plus haut point.

« Hiroaki-sempai… C'est un doigt de Sukuna, non ? Comment est ce que… »

« Kali l'avait récupéré. » éluda rapidement le japonais, trop occupé à sa tâche. « Je me fous bien du doigt. Moi, ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il y a autour. »

Bientôt, il parvint à dérouler entièrement le parchemin, jetant sans même un regard la relique au sol, son aura maléfique s'abattant brutalement dans la cuisine.

« Kali a le droit de faire des pauses dans leur pacte, c'est elle qui me l'a dit. Alors… Peut être que en lui posant un scellé capable d'étouffer l'énergie de Sukuna, ça coupera leur pacte… »

Rapidement, il replia le ruban couvert d'écritures ancestrales avant d'attraper le poignet intact de l'hybride, venant le nouer fermement contre sa peau pâle. Il le recouvrit ensuite de sa main, priant de toutes ses forces pour que son hypothèse se révèle être exacte, prenant une profonde inspiration.

« Genkai ! » déclara-t-il avec énergie, activant le sort de scellage du parchemin, une puissante onde d'énergie s'en échappant un bref instant avant de se dissiper dans l'air. Immédiatement, le tracé sombre ornant le sternum de la demoiselle commença à s'éclaircir avant de complètement disparaitre, arrachant un profond soupire de soulagement au blond aux yeux verts.

Ça avait marché…

Le pacte était suspendu.

« Les… Les tatouages disparaissent… » commenta Yuji, étonné et admiratif. «Ça a marché, sempai ! Kali-sempai est sauvée !»

L'intéressé se laissa aller au sol, vidé, posant son front sur le carrelage froid de la cuisine, se laissant quelques secondes pour se remettre de ses émotions.

« Non, Yuji… C'est que le début. » déclara-t-il d'une voix déterminée, se redressant doucement. « Il faut que je l'emmène loin d'ici, loin de ce dingue. Rien ne l'empêchera de venir la tuer la nuit prochaine quand tu dormiras. Je reviens je vais chercher nos téléphones et nos papiers, après je lève le camp avec elle.»

En entendant cela, Itadori laissa tomber son regard vers la demoiselle qu'il tenait contre lui. Elle était toujours extrêmement pâle malgré la normalisation de sa respiration, de la sueur avait perlé sur son front, collant des mèches de cheveux roux à sa peau. Elle avait l'air tellement petite et fragile… Dire que, quelques semaines plus tôt, il lui avait promis de la protéger. Et là, c'était lui, en cherchant le démon millénaire, qui l'avait indubitablement mise en danger. Il ne pouvait pas la protéger du fléau, il venait d'en avoir la preuve. Comme le disait son garde du corps, il suffirait à Sukuna de prendre à nouveau le contrôle de son corps demain pour venir achever la jeune femme à présent scellée et sans défense.

Il était… a nouveau… Impuissant…

Doucement, il se pencha vers l'européenne, lui murmurant tout bas. « Je suis tellement désolée, Kali-sempai. »

Il la resserra un peu plus contre lui, glissant un regard vers le doigt violet abandonné quelques mètres plus loin, trainant littéralement au sol. Ça, au moins, c'était quelque chose qu'il pouvait faire. Avaler les reliques de ce maudit fléau, jusqu'au jour où il les aurait toutes ingérés et pourrait l'entrainer avec lui dans la mort. Il pourrait ainsi protéger tout le monde…

« Yuji. Passe la moi, s'il te plait. Il faut qu'on y aille. »

Hiroaki était à nouveau face à lui, un sac à dos poser à ses côtés. Il avait fait vite, une tension presque palpable électrisant son corps fin. Il tendait les bras vers lui, prêt à accueillir sa protégée pour l'emmener loin, en sécurité. Lui, au moins, pouvait l'aider. Alors qu'il s'apprêtait à déposer la demoiselle inconsciente dans les bras de son ainé, une sensation désagréable et hélas devenue coutumière apparut sur sa joue, le faisant se figer dans l'instant.

Comme il se l'était attendu, un œil couleur sang et une bouche mécontente apparus sur le corps du futur exorciste, faisant naitre des éclairs dans les yeux émeraudes du japonais décoloré.

« Qu'est ce que vous avez fait à la crevette, les deux abrutis ? »

« Qu'est ce qu'ON a fait ? » s'emporta immédiatement Hiroaki, les poings et les mâchoires crispées par une vive rage l'embrasant tout entier. « Putain mais il manque pas de toupet, lui ! »

Sans plus perdre une seconde, le jeune homme récupéra Kali, la plaquant fermement contre son torse le temps d'enfiler son sac à dos, avant de se relever, toisant de toute sa hauteur la matérialisation démoniaque.

De son coté, Sukuna balaya rapidement l'espace de la cuisine de son regard aiguisé. Il pouvait sentir l'énergie d'une de ses reliques à seulement quelques centimètres de là mais il ne pouvait détacher son attention du corps inconscient que tenait entre ses bras le baveux, le contrariant terriblement.

Les tatouages de la crevette, preuves incontestables de leur pacte, avaient tous disparus.

Autour d'un de ses poignets, il pouvait voir noué le parchemin qui devait avoir servit à sceller l'énergie occulte de son doigts. Le fait qu'il serve à présent à couper le lien liant leurs âmes avait quelque chose d'ironique des plus désagréables…

« Retire lui immédiatement ce scellé, si tu tiens à la vie… » murmura le démon, une colère froide alourdissant sa voix.

« Pourquoi faire ? Pour que vous l'acheviez ? » cracha le garde du corps, fou de rage. « J'ai VU ce que vous lui avez fait ! J'ai vu son corps mourir sous mes yeux alors que vous tuiez dans votre espace ! Vous êtes … Elle est… Si je peux, elle ne vous approchera plus jamais, psychopathe ! »

Il fit alors volte face, sous le regard impuissant de Sukuna qui bouillonnait.

« Je t'interd… »

Hiroaki revint brusquement sur ses pas, une lueur mauvaise embrasant ses yeux verts. « Et vous voulez savoir le plus drôle ? Ce doigt…Ce putain de doigt… Elle allait vous l'offrir pour vos un mois. Vous, vous l'accusiez de tous les maux alors qu'elle… Qu'elle !… Mais Quelle connerie ! Trouvez vous un autre souffre douleur, Kali mérite mieux que vous ! »

Sukuna encaissa l'information, regardant alternativement sa relique trainant au sol et l'hybride qu'il était passé à deux doigts de tuer parce qu'il pensait qu'elle l'avait trahit. Impossible…

« Elle est à moi » Reprit il cependant, une sensation lourde et désagréable emplissant son esprit. « Tu n'as rien à dire sur ce qui se passe entre elle et… »

« ET RIEN DU TOUT ! » Le coupa le blond, serrant la demoiselle contre lui, de l'électricité crépitant littéralement autour de lui. « Elle a beau essayer de vous trouver des excuses, être vieux de 1000 ans n'est pas une raison d'être aussi con ! Allez au diable ! »

A peine eu-t-il finit sa phrase qu'il quitta la pièce à grandes enjambées, emportant la jeune européenne avec lui, le plus loin possible du roi des fléaux.

Scellée. Blessée. Sans source d'énergie occulte. En voulant la protéger de lui, ce crétin allait la condamner.

« Eh, gamin ! » tenta alors le démon millénaire, cherchant à faire vibrer la corde sensible de son hôte. « Tu ferais mieux de l'empêcher de faire ça, elle a besoin de mon énergie, la crevette. Tout ce qu'il va faire, c'est la condamner à mort. »

« Non. » murmura Yuji, allant récupérer les torchons souillés du sang de la demoiselle pour les poser sur le plan de travail, soudain épuisé. « J'ai confiance en Hiroaki-sempai. Il trouvera un moyen. Il a raison, il faut l'éloigner de toi le plus possible… C'est la seule solution. Comme ça, elle se rendra compte de ce que tu es vraiment.»

Lentement, l'adolescent traversa la pièce pour aller s'accroupir près de la table, récupérant le doigt violacé de son démon d'invité. Il le fit rouler entre ses doigts, lassé, avant d'aller le passer sous l'eau pour le nettoyer un peu. Déjà qu'il avait l'impression d'avaler du savon à chaque ingestion, il n'avait pas envie de rendre l'expérience encore plus désagréable.

« Un cadeau de un mois… » soupira doucement le lycéen, ne parvenant pas à comprendre la demi démone. « Vraiment, Kali-sempai… »

Elle était prisonnière de ce monstre. Soumise à son influence néfaste et à ses caprices. C'était impensable qu'elle puisse avoir envie de célébrer la date anniversaire de cette situation…

D'un pas un peu trainant, le futur exorciste ouvrit le frigo, allant récupérer sa bouteille de ketchup préféré, un sourire un rien désabusé étirant le coin de sa bouche. D'une main, il fit s'ouvrir le bouchon, avant de badigeonner allègrement la relique millénaire, connaissant la haine que ressentait son invité pour ce condiment.

« Bon appétit, connard. » susurra-t-il avant d'avaler d'une traite le doigt maudit, un frisson de dégout secouant immédiatement ses puissantes épaules.

Il respira profondément, attendant la vague de puissance maléfique qui ne tarda pas à lui tomber dessus, l'emplissant brutalement. C'était comme être plonger dans un bain d'huile brulante, lui coupant momentanément le souffle tant la sensation était écrasante. L'impression était d'autant plus importante qu'il semblait au lycéen que le démon couronné faisait tout de son côté pour profiter de cette occasion pour prendre le dessus, ses griffes acérées lacérant sauvagement l'enveloppe impénétrable de son âme.

Incontestablement, il avait l'air plus déterminé encore que d'habitude…

Hélas pour lui, se ne serait pas aujourd'hui qu'il parviendrait à prendre le dessus.

Déjà, les tatouages qui étaient brièvement apparut sur ses bras s'estompaient jusqu'à complètement disparaitre, prouvant à Yuji que son organisme avait, une fois encore, réussi à assimilé le flux démoniaque de Sukuna.

« Perdu, pauvre tâche. » lâcha l'adolescent, ravis, avalant de longues gorgées de coca pour faire passer le goût désagréable persistant dans sa gorge. « Perdu, sur toute la ligne. J'ai bien envie d'aller me mater une bonne grosse comédie romantique tient. La plus mièvre possible. J'espère que tu apprécieras le spectacle. »

De son côté, Sukuna ne dit plus rien, bien conscient d'avoir perdu la bataille de cette soirée.

A présent seul dans son domaine intérieur, l'homme tatoué se tenait debout au pied de son trône de crânes, une grimace déformant sa bouche habituellement si narquoise. Il resta là quelques instants avant de venir se saisir d'un reste de buffle en particulier, le scrutant avec une terrible intensité.
Le blanc immaculé de l'os contrastait terriblement avec le rouge du sang de Kali qui s'était embrochait dessus un peu plus tôt, le faisant imperceptiblement serrer les mâchoires à ce souvenir.

Lentement, il vint passer son pousse contre l'hémoglobine ayant déjà commencé à sécher, s'effritant un peu sous la pulpe de son doigt.

L'image de la petite hybride, inconsciente et dans les bras d'un autre homme lui déplaisait fortement.

Elle était tellement pâle… Il lui avait semblait qu'elle avait de l'encre sous les yeux tant ses cernes étaient profondes…

Pas que son état l'eu importé, bien entendu. C'était juste une constatation.

Mais, une chose était certaine… Voir son corps dénudé de ses tatouages ne lui plaisait pas du tout.

C'était un coup du blondinet apparemment.

Il lui avait apposé le scellé de son doigt pour bloquer leur lien, lui arrachant ainsi son hybride des bras.

Son doigt que la rousse avait récupéré dieu seul savait quand et qu'elle gardait soigneusement.

Parce qu'elle attendait 'l'anniversaire' de leur pacte pour le lui donner…

A lui.

Pas au gamin. Pas aux exorcistes.

A lui.

« C'est vous que j'ai choisi, Sukuna-san. »

Le souvenir du visage de la rousse, baigné de larmes, lui avouant cela alors qu'il l'écrasait de sa colère aveugle réapparut dans son esprit, lui arrachant un profond soupire. Il ferma ses quatre yeux cramoisis, serrant le crâne entre ses mains, enfonçant ses doigts jusqu'à faire céder l'os par endroit. D'un coup il propulsa la boite crânienne brisée de toutes ses forces à travers son espace vide, le regardant aller s'exploser sur une des côtes gigantesques fermant son dôme. Il vint ensuite passer ses mains sur son visage avant de les faire glisser dans ses cheveux, se laissant tomber lourdement au milieu des crânes intactes.

« Putain… crevette… »

Et si le blond quittait la ville avec elle ?

Pire encore… S'il faisait appel au vieil hindou et qu'ils décidaient de ramener la demoiselle à l'autre bout du monde ?

Elle était si facilement manipulable, il était bien placé pour le savoir. Le baveur pourrait la convaincre… Et il lui suffirait de garder son scellé en place, il ne pourrait pas la retrouver. Il n'avait plus aucun moyen de la repérer.

Cependant…

Elle était blessée. Et son pentacle était toujours aussi fragile une fois privé de l'apport d'énergie qu'il lui fournissait en continue.

Elle ne tiendrait pas longtemps sans lui…

Le décoloré et l'hindou ne pouvaient pas préférer la voir morte plutôt que de la savoir à lui quand même ?

A moins que… A moins qu'ils aient trouvé un moyen de pallier à ça ?

Dans ce cas là, elle n'aurait plus besoin de lui.
Dans ce cas là… Pourquoi reviendrait-elle vers lui, après qu'il l'ait quasiment tué ?

Sukuna rouvrit les yeux, scrutant le plafond macabre de son royaume de pacotille, étrangement inconfortable dans ses sandales.

Demain…

A présent qu'il y réfléchissait un peu, demain, cela aurait fait un mois qu'il avait sauvé la petite hybride.

Un mois qu'ils étaient liés.

Si rien de tout cela n'était arrivé… Qu'aurait elle fait ?
Est-ce qu'elle aurait une nouvelle fois essayé de cuisiner pour faire un gâteau raté qu'elle aurait orné avec une bougie, boudant quand il lui aurait fait remarquer le désastre ?
Est-ce qu'elle aurait essayé de lui faire souffler la bougie, comme il l'avait vu faire si souvent dans les séries et les films de la boite magique ?
Est-ce qu'elle aurait emballé sa relique dans un papier multicolore, décoré avec un énorme ruban ?
Est-ce que… elle lui aurait offert un de ses sourires éblouissants et idiots, ne se formalisant pas du fait qu'il faisait comme ça l'indifférait complètement ?

Pourquoi diable cela l'importait il autant d'un coup?

C'était sans aucun doute du au fait qu'elle était la seule, dans ce monde amnésique, à le distraire. Au fond, c'était pour ça qu'il a avait voulu passer le pacte avec elle, à la base. Pour tuer le temps. L'idée de se retrouver à nouveau complètement isolé, avec, pour seul compagnie, le morveux qui le haïssait profondément, ne l'enchantait pas.

Elle était ça au fond pour lui.
Un passe temps.
Juste.
Un passe temps pas désagréable.

Rien de plus.

Il était le roi des fléaux, il n'avait besoin de rien ni de personne.

Cependant…. Elle était à lui et il refusait qu'on la lui retire.

Il fallait absolument qu'il parvienne à la retrouver.

Que s'était il passé ?

Autour d'elle, tout était étrangement sombre et froid. Elle n'aimait pas ça. Quelque chose clochait, sans qu'elle puisse mettre le doigt dessus…

Perdue dans les brumes de l'entre deux eaux, Kali ne parvenait pas à émerger, égarée entre l'épuisement et la douleur. Son corps entier lui faisait terriblement mal, son esprit également.

Elle avait du mal à reprendre le fil de ses pensées, ses souvenirs se heurtant chaotiquement entre les parois de sa boite crânienne, lui offrant une migraine carabinée. Qu'est ce qui s'était passé ?

« Respire, crevette… »

La voix grave et profonde de Sukuna lui caressa l'oreille, la faisant un rien froncer les sourcils. Respirer ? Pourquoi lui avait il demandé de… respirer ?

Doucement, la demoiselle se mit à gigoter légèrement sur le matelas sur lequel elle reposait, ne reconnaissant pas celui de sa chambre au sanctuaire. Celui-ci était étonnamment mou, lui donnant l'impression de s'enfoncer dedans jusqu'au sommier. Où diable était elle ?

Elle batailla quelques minutes supplémentaires pour parvenir à ouvrir les yeux, se heurtant hélas à une obscurité des plus impénétrables. Elle tenta de se redresser un peu en s'appuyant sur sa main mais ce simple geste lui arracha un cri surpris de douleur, la faisant se figer dans l'instant.

Tout. Lui. Faisait. Mal.

Sa main, ses côtes, son dos, son cou, tout était terriblement douloureux, la plongeant dans une perplexité totale.

Mais qu'est ce qui s'était passé, à la fin ?

« Kyuuu… »

D'un coup, un petit cri qu'elle ne connaissait que trop bien se fit entendre tout près de sa tête, lui faisant plisser des yeux pour essayer de repérer le petit fléau volant ayant disparut du sanctuaire ces derniers temps.

« Ky… » commença-t-elle d'une voix étrangement érayée, la surprenant plus encore. « Kyu, tu es là ? »

A peine eu-t-elle demandé cela que la demoiselle pu sentir une petite truffe fraiche se plaquer contre son front, lui arrachant un sourire dans le noir. « Tu es de retour toi… Où tu étais encore passé ces derniers temps ? Tu me fais des infidélités… »

Avec une lenteur ridicule, l'européenne se tracta vers le bord du lit, tâtonnant de sa main valide dans le vide dans l'espoir de trouver une table de chevet. Coup de chance, elle finit par heurter un objet qui s'avéra être une lampe qu'elle parvint à allumer, une vive lumière crue se déversant avec violence sur ses yeux fatigué, lui arrachant un grognement mécontent.

« Pourrez pas faire des lampes moins agressives, sans déconner ? » bougonna la rousse en se protégeant le visage de sa main, se frottant un peu les paupières.

Elle rouvrit prudemment les yeux, scrutant le plafond, son avant bras toujours dans son champs de vision. Immédiatement, quelque chose l'interpella lui faisant froncer les sourcils. Elle portait un scellé à son poignet, un scellé qu'elle n'avait encore jamais vu et qui paraissait très ancien. Qui avait bien pu lui poser cela ?

Mais, plus grave encore… Elle ne sentait plus l'énergie de Sukuna en son sein. Elle voulu tirer sur le parchemin afin de voir si son tatouage était toujours présent, cependant elle découvrit sa seconde main fermement enfermée dans une sorte de gouttière en plastique maintenue en place par un bandage, la rendant complètement inutilisable.

« Qu'est ce que… » murmura-t-elle en voulant s'assoir au milieu des draps, stoppée dans son élan par une terrible douleur venant de son dos, lui cintrant tout le thorax, lui coupant littéralement le souffle. Elle se laissa alors retomber sur le matelas, cherchant sa respiration, paniquant un rien.

Elle ne comprenait plus rien.

Kyu voleta immédiatement sur elle, venant se poser sur sa poitrine, les ailes grandes ouvertes, comme pour essayer de la rassurer. Il fallait qu'elle garde son sang froid.

« ça va, Kyu, ça va… Faut que je réfléchisse… Faut juste que je réfléchisse… »

Fouillant dans sa mémoire malmenée, la demoiselle chercha à remettre les évènements dans l'ordre. Elle se souvenait de l'absence de Yuji et de Sukuna. L'appel annonçant leur retour. Les courses, le risotto raté, l'odeur de cramé partout. Sukuna qui avait débarqué. Son rire, ses blagues… Les pizzas, le dérapage sur le canapé. Le gout pimenté de ses lèvres sur les siennes… Sa crise de jalousie et son départ. Elle était partie se changer les idées avec Hiroaki. Le tigre géant à la supérette. Le retour au sanctuaire. Hiro qui était parti cuver un moment. Son réveil. Leur discussion… Le retour de Sukuna.

Oh mon dieu, ça lui revenait.

Le retour de Sukuna qui cherchait un couteau. Pour essayer de tuer Yuji. Elle s'était interposé, c'était là qu'il lui avait cassé le poignet. Après… Elle avait usé de ses flammes contre lui, pour réveiller Yuji.

Oh putain, elle avait fait ça, elle s'en souvenait maintenant.

Yuji s'était réveillé et, à peine avait elle commençait une phrase que Sukuna l'avait fait venir à lui. Jamais elle ne l'avait vu aussi fou de rage. Il l'avait frappé. Il avait… Il avait essayé de la tuer.

Lentement, elle porta la main à sa gorge, sentant encore ses doigts serrés contre sa peau, son regard emplie de colère et de rage. Un frisson la parcourut toute entière.

Il… Il l'avait tué, non ?

Elle avait l'impression qu'il n'avait pas juste essayé…Il avait été tellement hors de lui, il n'aurait pas su se contenter de moins que de sa mort. Il l'avait traité de traitresse, de vipère, faisant se serrer le cœur de la jeune femme dans sa poitrine.

Mais, s'il l'avait tué alors… Comment était elle encore en vie ?

« Respire, crevette… »

Cette phrase… L'avait-elle rêvé ? Qu'est ce que cela voulait dire ? Et comment était elle arrivée dans cet endroit inconnu ? Elle était complètement perdue…

Avec des gestes très précautionneux, la jeune femme parvint à se rassoir au bord du lit, le simple fait de faire pendre ses jambes vers le sol lui faisant violemment tourner la tête. Elle respira profondément, attendant que le malaise passe, avant de se relever, faisant quelques pas sur le carrelage froid.

Son corps était… tellement faible. Elle pouvait sentir ses muscles la tirer horriblement, ses blessures irradiant des vagues de douleur dans tout son être. Elle était réellement revenue à l'état d'avant avoir passé le pacte avec le roi des fléaux… Bientôt, si elle restait ainsi, son pentacle, privé de sa source salvatrice d'énergie, recommencerait à s'étendre sur son corps, le grignotant minute après minutes jusqu'à la consumer entièrement.

Elle ne le voulait pas…

Arrivée à la porte, la demoiselle l'ouvrit doucement, passant la tête par l'ouverture pour découvrir un couloir moderne et lumineux, très éloigné de la vétusté du sanctuaire. Incontestablement, elle ne connaissait pas cet endroit, la mettant un peu plus sur ses gardes. Elle était scellée, elle n'avait pas d'arme, elle était blessée : pour ainsi dire, elle était sans défense.

Courageusement, Kali s'avança dans le couloir à pas de loups, prenant, sur une desserte élégante, une sculpture en granit rose assez compacte, parfaite pour servir d'arme de fortune. Elle préféra éviter le reflet que lui renvoyait l'immense miroir mural, préférant se focaliser sur d'autres priorités que celle de son apparence certainement catastrophique.

« Kyyyyu ! »

Volant au dessus d'elle, le petit fléau volant faisait des rond dans l'air, visiblement très à l'aise.

« Shuuuuut, kyu » souffla-t-elle tout bas, aux aguets. « Tu vas nous faire repérer ! »

« Kyu ! Kyu ! »

La chauve souris blanche ne semblait très conciliante, poussant des cris stridents à tout va, surprenant l'hybride habituée à plus d'obéissance de sa part.

« Arrêteee, on sait pas où on e… »

« Kali ! Pour l'amour du ciel, tu es réveillée ! »

En entendant cette voix, l'intéressée fit volte face, découvrant, au bout du couloir, Hiroaki qui venait dans sa direction, un sourire soulagé aux lèvres. Il traversa l'espace les séparant à grandes enjambées avant de se planter devant elle, prenant son visage en coupe entre ses mains chaudes, la scrutant avec intensité.

« Pourquoi tu n'es pas restée couchée ? Tu dois t'économiser le plus possible, c'est important ! » la sermonna gentiment le blond.

« M'économiser… » répéta Kali, perplexe. « Hiro, où sommes nous ? Et qu'est ce qui s'est passé ? C'est quoi ce scé…HE ! »

Le japonais ne laissa pas la demoiselle finir sa phrase, la prenant dans ses bras pour l'amener jusqu'à un vaste salon à l'ameublement design et soigné, de larges baies vitrées offrant une vue splendide sur un jardin traditionnel. Il déposa avec délicatesse sa protégée sur un canapé immense avant de la recouvrir d'un plaid, protecteur à l'extrême. Il récupéra également la sculpture qu'avait dérobé la demi démone en cas de besoin, lui adressant un regard entendu, pour la poser sur la vaste table basse en verre poli qui se trouvait tout prêt, un sourire un peu amusé aux lèvres. Il alla ensuite s'assoir à ses côtés, reprenant étonnamment son sérieux alors qu'il encrait son regard dans le sien.

« Kali… D'abord, rassure toi, ici, tu ne crains rien. » commença le blond, prenant sa main valide dans les siennes. « C'est la planque des hommes de mains de Prasad à Kamakura, Maeda t'en avait peut être parlé. »

« Maeda… » répéta la rousse, fouillant dans sa mémoire. « Ah oui, ta collègue, la poupée japonaise ! »

La remarque arracha un léger pouffement de rire à son comparse, réchauffant un peu le cœur malmené de la demoiselle. « Oui, c'est elle. Mais l'appelle pas comme ça sans être sûre et certaine de courir très vite ! Ensuite… »

Le jeune homme inspira profondément avant d'expirer, cherchant visiblement à rassembler son courage. « Tu te souviens de quoi ? »

Un voile sombra ternis l'éclat émeraude de ses yeux, alertant Kali. Visiblement, c'était peut être encore pire qu'elle ne le pensait…

« Je… Je me souviens grosso modo de tout je crois. Le couteau, mon intervention, le réveil de Yuji et Sukuna qui me fait venir à lui, pas ravi ravi… »

« Pas… ravi ravi ? » répéta, incrédule, le garde du corps. « Kali, ma chérie, il t'a tué ! »

En entendant ces mots, la demoiselle ferma les yeux , comme si le simple fait de les entendre lui faisait revivre la scène. La douleur, la peur, la violence… La peine également. Sa peine d'en être arrivé à une telle situation. Et, pourtant, malgré tout ça… Les deux mots qu'elle pensait avoir entendu de la part de ce même homme qui l'avait étranglée presque à mort ne cessaient de tourner dans son esprit, lui faisant étrangement relativiser la situation.

« Il… Il était en colère. Il a pas la même grille de valeur que toi et moi. Nous, on est en colère, on casse un truc, lui, il raye une ville de la carte… »

Hiroaki l'écouta sans rien dire, serrant les mâchoires avant de reprendre, un rien tendu. « Kali, tu… tu te rends compte de ce que tu dis ? Yuji a peut être raison, c'est Stockholm… »

« Quoi ? » s'offusqua la demoiselle, comme électrisée. « Mais pas du tout ! J'essaie juste… J'essaie juste de me mettre à sa place. Et puis… il m'a quand même soig… »

«NON ! » Kali sursauta face à l'intervention virulente de son ami, le fixant, surprise. « Tu peux pas passer l'éponge, choupette, c'est bien trop grave ! Il est complètement barré ce mec. Vas y que je veux me planter un couteau dans la tête, vas y que je tue quelqu'un juste parce que je suis contrarié… Non, Kali, c'est pas acceptable! Tu peux pas lui pardonner ! T'es pas un jouet qu'il peut casser et réparer à sa guise pour son bon plaisir !»

Après sa tirade, la rousse soutint quelques instants son regard avant de le baisser, complètement déboussolée. Tout lui paraissait tellement irréel… Elle avait du mal à digérer tous les évènements qui s'étaient enchainés à la vitesse de l'éclair, lui rendant le fait de réfléchir un peu périlleux. Le fait d'être coupé de Sukuna et de son énergie ne l'aidait pas, lui donnant l'impression d'être encore plus seule et fragile qu'elle ne l'avait jamais été.

« Pardon Kali, pardon… » finit par reprendre le blond, voyant le trouble de son interlocutrice, le faisant un peu culpabiliser. « Tu n'imagines pas combien j'ai eu peur pour toi. J'étais là, complètement impuissant pendant que ce taré était littéralement en train de te tuer de son côté. Je me suis servi du scellé qui entourait son doigt pour te ramener dans le monde réel. Tant que tu le porteras, il ne pourra plus t'atteindre. Je sais que tu vas bientôt avoir besoin d'énergie occulte. Je sais pas comment on va faire. Laisse juste quelques jours pour essayer de trouver une solution, s'il te plait. Quelque chose qui te protègera vraiment. »

« Mais… Hiro… » reprit faiblement l'européenne, sachant pertinemment qu'aucune solution autre que son pacte ne pourrait vraiment la sauver. A moins qu'elle ne souhaitait pas, en réalité, qu'il y ait d'autres moyens que celui-ci…

Brusquement, le japonais vint la prendre dans ses bras, la serrant avec une sorte d'urgence contre son torse, la prenant complètement de court.

« Donne moi quelques jours. S'il te plait, Kali. Je ne veux pas te rendre à ce dingue. S'il l'a fait une fois, il le refera. Et rien ne nous dit qu'il te ramènera cette fois là. »

La demi fléau écouta les mots de son ami, la détresse sincère dans sa voix, fermant les yeux, écartelée. Elle ne voulait pas revenir à l'état dans lequel elle était avant. C'était trop douloureux, trop misérable de vivre en ayant cette épée de Damoclès au-dessus de la tête constamment. Sukuna n'était un prince charmant, elle le savait. Mais elle était attirée par lui comme une abeille par la plus belle des fleurs. Pas que pour son énergie. Pour lui aussi. Juste lui.

Se pourrait il que, comme Yuji et Hiro le pensaient, elle se soit inventée une relation qui n'existait que dans son esprit ? N'était elle vraiment d'un jouet pour le démon millénaire ? Un sex toy sur pattes capable de lui faire un peu la conversation pour le distraire de son ennuie ? Ne l'avait il soigner que pour cela ?

En pensant cela, une larme échappa à la demoiselle, glissant lentement le long de sa joue.

De sa main valide, la jeune femme vint agripper le t-shirt du blond, nichant son visage contre sa clavicule, vaincue.

« D'accord… Hiro. On va faire comme tu le veux. »

Peut être, au fond, que quelque jours coupée du démon lui permettraient de voir à nouveau clair dans ses pensées et ses sentiments.

Du moins… C'était ce qu'elle espérait…

Mot de l'auteur :

M : Hellooooow tout le monde ! J'espère que le chapitre vous a plu ! Déjà avant toute chose….

WHAAAAAAAAAAAAAT on est au chapitre 50 ! incrédible ! Et le début du coup de l'arc 4 !
Bon un chapitre un peu délicat, tout le monde en prend pour son grande, Hiro se pose

Hiro, les bras croisés sur le torse, mode grosse chaine autour du coup et lunettes de soleil : J'pose mes couilles sur la table madame !

M, soupirant : oué bah range moi ça frère, y en a un qui va bouffer ton foi avec de la sauce tartare quand il te reverra

Sukuna : Je vais plutôt lui faire manger ses grands morts !

Kali, choquée : il a dit quoi ?

Hiroaki, faisant le coq : ah oué ? Bah j'attends d'voir parce que sans un pacte tu peux pas m'toucher mon gars, tout que tu peux faire c'est admirer mon boule qui s'éloigne avec Kali !

Kali, blafarde : Hirooooo

Sukuna, hors de lui, brisant un crane entre ses mains : Il a dit quoi ? Le seul boule que je veux voir, c'est celui de la crevette, va te faire rotir le tien en enfer !

Hiro, commençant à twerker : mon bô bouuuuuuuule !

M, dépitée : sachez que je ne le cautionne plus…

Kali, terrifiée : Sukuna va le massacrer… Il va le transformer en mode puzzle…

Hiro, venant passer un bras autour des épaules de Kali : Mais non, Kali chérie, on est en sécurité maintenant. A présent, s'il veut jouer avec son manche, le roi des cons, il a qu'à se servir des ses mimines.

Sukuna : Toi, tu attends rien pour attendre…. Mes mimines je vais te les foutre dans la face…

Hiro : cours toujours !

Yuji, supportant à fond Hiroaki : vous gérez, sempai !

M : Bref, Sukuna s est encore fait un ami ! C'était un peu délicat comme chapitre parce que je voulais vraiment qu'on voit plusieurs trucs, dont le déroulé de pensée de Susu. J'espère que ça vous aura plu en tous cas ! Moi je rentre en période de partielles donc je vais devoir me plonger vraiment sec dans les révisions, j'espère pouvoir quand même sortir un chapitre courant décembre mais si j'y arrive pas, m'en voulez pas je le publierai juste après ! le squelette des 3 prochains chapitres est presque fini donc j'essaierai de les faire quand je m'accorderai des pauses !

50 chapitres et un 4ème arc qui commence, c'est vraiment incroyable, donc vraiment merci infiniment pour tout ça ! N'hésite pas à laisser un petit comme, on a des milliers de lectures, ça fait quand même plaisir d'avoir un retour !

Portez vous bien et à très vite pour la suite !