Ah... quel amour éclatant !... j'en kiffe les nuances et les pleines couleurs ^^


Chapitre 333 : Purple velvet

Floyd bâille aux corneilles ce soir. Il y a foule au casino et ça le barbe. Il lui a été demandé de surveiller la salle.

Il dégaine son portable, notant un message de ma part : "Viens en costume, mon tout beau. Je saurai quoi en faire..."

Mais les choses vont se compliquer...

Arrive Vil, escorté du Chasseur.

Floyd contacte immédiatement Jade qui scrute les écrans. "De la visite..."

"Vu. Je préviens le boss."

Floyd soupire, sautant sur ses jambes, se portant à leur rencontre.

"Très belle affaire, Leech. Tu féliciteras Azul pour sa réussite."

"Vous pourrez le faire vous-même : le voilà qui arrive." désignant du menton le boss qui descend les marches depuis son bureau situé à l'étage.

"Vil !... Quelle joie de t'accueillir dans mon humble casino. Aurais-tu quelques madols(*) à jouer ?..."

"Rassure-toi, mon brave Azul ; je ne suis pas venu les mains vides." désignant la mallette que porte Hunt. "Bien que je doute de la respectabilité de l'établissement."

"T-t-t-t. Tu me chagrines, Vil. Vraiment."

"Je connais ton manège, pieuvre vicelarde."

"Pour te prouver ma bonne foi, je m'engage à occuper le poste de croupier à la table que tu comptes occuper."

Floyd fixe Hunt. Décidément, ça ne passe toujours pas.

Floyd rabaisse le devant de son fedora, tentant de focaliser sur autre chose que le blond.

Les caméras pilotées par Jade ne fixent plus qu'une seule table de jeu.

Floyd est planté aux côtés du boss, lui attribuant quelques coups de jambe discrets sous la table, lui indiquant ce qui est favorable aux intérêts d'Octavinelle.

Vil joue, se fiant à son instinct. Mais face à un HPI, peu de chances d'aboutir.

Hunt s'en désintéresse, regard passant d'un joueur à l'autre.

"Pas la peine de chercher, Hunt. Elle n'est pas là." le charge Floyd.

Hunt rabaisse le devant de son chapeau à plume. "Curieuse faune que vous tenez là, les aquatiques."

"Floyd. Ne réponds pas à ses provocations." lui ordonne Azul.

"Provocations ?... Permets-moi de souligner que c'est ton anguille qui a dégainé le premier." grimace Vil.

Floyd pose son séant contre le bois de la table, bras croisés. "Si tu veux tout savoir, le feu a repris de plus belle entre nous."

"Ravi de l'apprendre, l'anguille." lâche Hunt. "Ceci dit, et cela s'applique également pour ta chère moitié, la frontière entre amour et prédation demeure très mince et floue chez vous."

"On en parle, de ta manie toujours de vouloir ce que possèdent les autres ?!"

"Silence, tous les deux, je ne parviens pas à miser sur le bon numéro. Si vous tenez à vous quereller, faites-le dehors." grommelle Vil.

"Je te conseille le huit." lâche Floyd.

"Comme si j'allais t'écouter." grimace Vil qui finit par miser le quinze.

Numéro sortant : le huit !

Vil fixe Ashengrotto. Ce dernier grimace. "La chance du débutant."

"J'y vois plutôt une immense tricherie." plisse Vil.

"Mon établissement est honorable !..." s'insurge Azul.

"Les mauvais joueurs ne sont pas les bienvenus." grogne Floyd.

Vil claque la paume sur le feutre. "Dis à ton serviteur de tenir sa langue !"

"Floyd n'est pas mon serviteur, Vil."

"Y'a qu'à Pomefiore où les choses fonctionnent de cette façon. Voilà pourquoi... elle n'a jamais choisi votre maison." dos toujours tourné, y allant de ses provocations qui glissent sur Hunt sans toutefois l'atteindre.

"Je puis t'offrir le champagne, Vil. Nous avons toujours un lot de consolation pour les perdants." offre Azul, pique à peine déguisée.

"Garde-le. Je parie qu'il est d'une qualité déplorable." pliant bagages.

"Comme c'est regrettable..." déplore Azul, faussement chagriné.

"Inutile de nous raccompagner, Azul."

"Oh quel dommage..." pousse Floyd.


"Floyd. J'aurai préféré que tu te taises." le réprimande Ashengrotto.

Floyd grimace, langue tirée. "Ouais ben je supporte pas leurs manières, chez Pomefiore."

Le boss soupire. "Tu as bien failli dévoiler notre carte maîtresse."

Floyd attrape son fedora qu'il place sur son chef. "Bon... si vous n'avez plus besoin de moi..." notant que le casino désempli et qu'il a déjà pris du retard à notre rendez-vous.

"Il va la rejoindre, tu penses ?" questionne le boss.

"Je le suppose." répond Jade. "Floyd est devenu extrêmement discret sur le sujet. Souhaitez-vous que je le fasse suivre ?"

Ashengrotto a un geste qui l'informe de laisser tomber. "Tant que cela n'encombre pas les intérêts d'Octavinelle..."


Je ne peux m'empêcher de le coller dès l'entrée. "Mmm... tu me plais en costume, Leech."

"Je vois ça, Shachi." ravi de son petit effet.

"Tu... te parfumes maintenant ?..."

"Hé !... Toujours avant un rendez-vous galant." posant son fedora sur le meuble à l'entrée.

"Attends, je vais deviner... bergamote..." le reniflant. "... patchouli... notes poivrées..."

Il rit. "Dis donc... t'as l'odorat aussi développé que celui des murènes des fonds marins !..."

"Alors ?..."

"Ah bah, Sauvage de Dior, ma belle. Le nom s'est imposé de lui-même."

"Oui, enfin... sauvage assagi..." lissant son col ouvert.

Il cligne, sourire se faisant plus animal. "Tu veux voir ce qu'il m'en reste ?" à mon oreille, ripant de ses dents, gueule ouverte, paumes échouant sur mes hanches, me plaquant contre le mur.

Il tombe la veste d'un mouvement d'épaules avant de fondre sur ma bouche.

Le baiser est étourdissant, langue intrusive, dents pointues rangées en ordre de bataille.

J'en geins, totalement attisée.

Il me hisse sur ses hanches, me faisant prendre de la hauteur.

Il mordille mon cou, y laissant de farouches marques, mains quittant ses gants avant de disparaître pour s'offrir de l'espace, s'extirpant, déchirant le tanga - "J'espère que t'y tenais pas !..." - pour s'engouffrer, levant le menton à l'accueil qui lui est réservé.

Il rouvre des yeux à la fois fous et troubles sur moi, sourire exprimant ce qui se passe plus bas.

L'assaut qu'il donne est vif et brutal, hanches bougeant sans concession. Mon dos est plaqué contre le mur et ses mains à plat de part et d'autre de ma tête. Il pousse si fort que j'ai l'impression qu'il va me ressortir par la bouche !...

Il peine à me regarder au moment de l'orgasme, se l'offrant dans un râle violent et rauque.

J'en palpite autour de lui et il s'écarte pour titiller mon clitoris gorgé, me faisant venir sur un aigu jeté contre les murs de l'entrée.

Il pose le front sur mon épaule, me soutenant toujours à bout de hanches.

"Le Chasseur a osé pointé le bout de sa plume au casino tout à l'heure... autant dire que je l'ai accueilli avec les honneurs."

Je repose contre lui, caressant sa nuque dégagée. "Je m'en fiche... je n'en vois qu'un, de toute manière."

Il me regarde. "T'as pas envie de retourner te jeter dans ses bras ?"

Je secoue lentement la tête.

"C'est marrant... j'ai tellement rêvé d'entendre ça... et maintenant que ça arrive... ça a comme un goût doux-amer."

Je ris. "Peut-être que cette rivalité te bottait, Leech."

"Ha, ouais, c'est possible." me laissant lentement regagner le sol.

"Ce ne serait pas insensé, en tout cas."

"Et toi, ça te plairait ?"

"Que deux hommes se battent pour moi ?... Et que tu fasses partie du game ?... Oui."

"Tu veux... me voir déchiqueter Hunt ?..."

"La fois où ça a failli arriver... je n'étais pas à la fête."

"Je pense que je tirerai tellement sur le haut du crâne que j'en emporterai tout le cuir." initiant le geste, salivant presque, langue passant vivement d'une commissure à l'autre, prédation au zénith.

J'ai le frisson et je ne saurai dire pourquoi... terreur ou plaisir sadique de voir le projet dément de Leech se réaliser ?...

Je me secoue.

"Tu as froid, Shachi ?"

"Non, je... tu le ferais ? Tu le ferais vraiment, Floyd, ce dont nous avons parlé avant ?"

"Quoi ? Arracher le cuir chevelu du Chasseur ? S'il me fout en rogne, c'est possible. Je me contrôle plus dans de tels moment." me présentant un sourire tout en pointes.

Je le plaque contre le mur à mon tour. "Ça me plaît quand tu es féroce comme ça, Utsubo." me pressant contre lui.

Il rit. "Shachiiiii !..." troublé, attrapant ma jambe pour la monter contre la sienne, m'avisant d'en haut. "Ça te plairait de me voir faire ça ?..." cherchant mes fesses des paumes.

"Je suis un peu... dingue. Tout le monde sait ça." penchant la tête sur le côté.

"J'te kiffe comme ça. Moi aussi j'le suis."

"Bien. Comme ça on ne pourra pas dire que l'un a déteint sur l'autre."

"Tu viens de me redonner grave envie..." me laissant me détacher pour noter combien il est haut, s'en mordillant la lèvre inférieure, à en laisser la trace des pointes.

Je ris, retournant l'embrasser langoureusement maintenant que la première joute a été conclue, glissant une main entre nous pour le caresser.

Il lève le menton, grisé de sensations. "Mmm... ouiiiii... comme ça... Shachi..." glissant les paumes sur mes bras.

Son regard m'exprime tout son amour, bouche entrouverte, pupilles partant à la dérive sous ses paupières tombantes qui papillonnent sous l'afflux des sensations.


"Bien le bonjour, ma Demoiselle." se découvrant, faisant virevolter son chapeau à plume, légèrement courbé sur l'avant.

"Tiens. Hunt. Tu as quitté ton perchoir ?"

"Je m'y suis vu obligé étant donné que tu sembles bouder le centre équestre ces derniers temps. Je me suis même laissé dire quelque chose d'assez fâcheux..."

Je poursuis mon pas sur le trottoir.

"Depuis quand prêtes-tu l'oreille aux gossips ?"

"Depuis qu'ils me semblent plausibles." du tac-au-tac.

"Et quelle est cette nouvelle qui semble t'avoir pour le moins bouleversé, dis-moi ?"

"Que ton anguille aurait gagné la partie."

"Oh car il s'agit d'une partie ? De quelle nature, dis-moi ? D'échecs ?"

"Dis-moi que ce n'est pas la vérité, Princesse."

"Depuis quand as-tu besoin d'être rassuré ?"

Il m'attrape par le bras. "Stop. On ne joue plus." en français.

Mon regard passe du geste - gasp ! Cette poigne !... - à ses yeux émeraudes, taillés en amandes.

"Alors oui, j'aime Floyd. C'est lui que j'ai choisi."

Il en demeure sans voix, bouche s'ouvrant pour proférer des mots qui demeurent coincés dans sa gorge, totalement incrédule.

Je me détache de son emprise.

"Cela ne peut se terminer de cette manière entre nous."

"Et pourquoi pas ?"

"Princesse... j'ai pris tant de risques pour toi... pour nous..."

"Vil sera ravi d'apprendre que son Chasseur lui revient et qu'il cesse de courir après les dindes."

Il me regarde m'éloigner, incapable de réaliser.


Floyd se penche, sur un genou, pour lier la bride de mes salomés bicolores.

Je joue avec sa longue mèche, l'enroulant autour du doigt.

Il relève la tête et m'adresse un sourire avant de nouer la seconde.

"Je t'aime, mon Utsubo."

La déclaration le secoue des pieds à la tête.

Ses paumes remontent le long de mes mollets jusqu'à l'arrière des genoux, doigts s'invitant sous ma jupe.

Il pose le menton sur mes cuisses, soupir à l'appui. "Je suis tellement heureux qu'on se soit retrouvés."

"Et moi de porter les couleurs d'Octavinelle."

Ses paumes circulent du côté de mes cuisses. "Tu es sûre que ça va aller ? Il va y avoir tout le monde..."

"Oui, ne t'inquiètes pas, mon tout beau." caressant sa chevelure turquoise pour le réconforter.

"Sugar Cake ! Floyd ! En route !..." appelle Jade.


Nous arrivons. Je m'attache au bras de Floyd qui en demeure extrêmement fier.

Jade et le boss marchent devant nous.

"Pas d'esclandre, vous deux." nous rappelle brièvement Jade.

"Non, non."

"Promis."

Le buffet est immense. La musique est de la pop en sourdine.

Pomefiore semble accompagné par un nouveau membre et j'apprendrai plus tard qu'il s'agit de Neige - dont Hunt est fan.

J'y croise également Malleus. Son "bonjour" est toujours aussi posé et il prend quelques nouvelles.

Floyd m'apporte une boisson. Caresse sur son torse en guise de remerciement.

"Eh bien, eh bien. Il semblerait qu'on ait enfin fait son nid chez Octavinelle !..." me charge Vil. Puis levant les yeux sur le visage sur Floyd. "Félicitation pour votre infinie patience."

Floyd hausse les épaules. "Si tu avais su mieux garder ton chasseur en laisse, nous n'aurions pas eu toutes ces... déconvenues." dit-il, sans même adresser un regard à Vil.

"Ah, Floyd Leech... quand donc t'enseignera-t-on la plus élémentaire des politesses ?... Dois-je te rappeler que je suis le leader de Pomefiore et qu'à ce titre tu me dois le respect, à commencer par un légitime vouvoiement ?"

"Moi, la politesse, c'est derrière l'oreille que je me la fous."

Je suis le petit duel avec discrétion. Floyd est tellement cash !...

Nous nous retrouvons sur le balcon, Floyd en appui des coudes sur le garde-corps, avisant l'intérieur.

"C'est bientôt terminé, Floyd." dis-je.

"Tant mieux. Je déteste. Trop de monde." puis se tournant vers moi. "J'suis très fier de toi, ma Shachi. Pas un regard à Hunt, rien." me récupérant d'une main contre lui, tout près. "Malleus, j'en parle même pas. Bonjour, au revoir."

"Je n'ai plus aucune raison de les regarder, Floyd." câline. "Parce que de tous ceux-là..." désignant la foule à l'intérieur. "... c'est toi le meilleur." m'appuyant sur une de ses cuisses.


"Vous avez été exemplaires." nous félicite Jade.

"Ouais. T'as eu d'la chance que ça dégénère pas avec Vil."

"Je savais pouvoir compter sur ton sang froid, Floyd."

"Peuh. C'était bien parce qu'il y avait Malleus." rétorque le concerné. "Je dors chez Shachi, au fait."

"Je vous y accompagne."

"Ça va ? Tu veux pas venir nous border encore ?"

"Sans façon, je pense que vous êtes assez grands pour ça."

"Ouais, je vois. On est grands quand ça t'arrange, quoi." cassant.


"Satoru. Que me vaut cet honneur ?" souriant, rompant sa méditation.

L'exorciste en titre pose son épaule contre l'ébrasement de la porte. "Elle est passée par chez toi ?"

Sourire de Suguru. "Brièvement." laconique.

"Et elle a lâché quelque chose d'instructif ?"

Suguru se relève, gracieux comme à son ordinaire, glissant une main dans chaque manche de sa tenue. "D'instructif ?... Du genre où elle comptait aller ?" sur un sourire fin.

"Par exemple."

"Absolument pas. D'ailleurs, même si je le savais, tu n'en saurais rien, Satoru."

"Je saurai te faire parler." levant le menton sur un petit air de défi.

"Oh, je n'en doute pas..." s'approchant. "Qu'est-ce qui te chagrine tant, dis-moi ?"

"Ce qui me chagrine ? C'est qu'elle ait disparu alors que je figurai au menu !..."

"D'accord, je vois." enveloppant le corps magnifique de l'exorciste d'un regard chaud.

"Alors moi, tu vois, être laissé en plan..."

"... n'est pas dans tes habitudes. Ah, que veux-tu, Satoru ?... il faut un début à tout."

Proche, glissant une main douce le long de la joue de l'exorciste. "Laisse-lui de l'espace, tu veux ? Tu sais parfaitement que tes manières possessives, même si elles la flattent, finissent souvent par l'étouffer. Et lorsqu'elle étouffe, elle part chercher l'air ailleurs."

"Tch."

"Qu'en espérais-tu, Satoru ?..." pressant lentement son corps contre le sien.

Satoru sent son corps s'éveiller sous les attentions précis de son ami.

"J'ai l'impression que tu te portes volontaire pour que je ne demeure pas sur ma faim..." affichant ce sourire conquérant.

"Quelle perspicacité..." moqueur. "Oui. Tenons-nous chaud en attendant son retour." scellant la proposition par un baiser osé.


"Tu avais raison." caressant la jolie tête qui repose sur mes cuisses.

"A propos de quoi, ma Shachi ?"

"Octavinelle est la meilleure maison qui soit." souriante.

"Ah ça... je te l'ai toujours dit !..." partageant mon sourire, doigts allant à la rencontre de mes lèvres. "Bon, je pense que tu l'avais compris. Parce que malgré ton attirance pour le Chasseur, tu n'as jamais émis le souhait d'intégrer Pomefiore."

"Et me coltiner Vil pour qui je ne suis qu'une dinde ? Non merci !..." riant.

"Vil... t'a traité de cette façon ?" fronçant, irrité.

"Ça n'a plus d'importance, tout ça, Floyd."

"Ah mais si !... Purée, il va m'entendre." furieux.

"L'essentiel pour moi est d'être approuvée par Octavinelle. Ce qui me semble être le cas."

"Ouais. Même Jade te considère avec un peu plus de sérieux qu'autrefois. Le boss, j'en parle même pas vu que tu lui remplis les poches..."

Je ris. "Pour certains, l'amour passe par le compte bancaire et les actions en bourse !..."

"Shachi... franchement, c'était moche sans toi. Tu m'as tellement manqué... J'aime t'entendre rire." sourire radieux.

J'attrape l'immense main pour en embrasser le dos avec dévotion.

"Je n'ai jamais voulu te faire du mal, Floyd... du moins par sciemment. Ton côté ingénu de l'époque m'avait beaucoup touché. Et maintenant que tu es devenu un homme... un des seuls à avoir eu le cran de rompre avec moi..."

"C'était une grosse connerie, ça, Shachi. On en a déjà parlé."

"Peut-être mais ça m'a permis d'ouvrir enfin les yeux. Je ne t'en veux pas du tout."

"Ah cool !... Je peux le refaire alors ?" notant avec amusement mon expression avant d'éclater de rire, se redressant. "Just joking !..." venant m'embrasser avec empressement.


Floyd donne un petit récital improvisé. Vache, qu'est-ce que la trompette lui va bien !...

Debout, veste tombée, manches de chemise retroussées jusqu'aux coudes, bougeant le corps au rythme des hymnes latins, sans aucune fausse note, Floyd mène le show.

Dans la salle, les cris mexicains s'élèvent, apportant du corps à la mélodie.

Arrive Adelita qu'il joue presque exclusivement pour moi, dans une version à peine revisitée, très belle.

L'instrument est très beau, en deux tons - argent avec des touches d'or. Je lui voyais la trompette ou le saxo, au choix. Mais la trompette et ses airs enjoués lui vont comme un gant, il faut dire !...
Lorsqu'il range l'instrument, je viens le coller. "Merci..."

"Je me suis appliqué, t'as vu ?..." se retournant pour m'étreindre.

"Félicitations, Floyd." vient le féliciter Cater. "J'ai mon stock de photos à mettre sur l'Insta des anciens de l'école."

"Vas-y. Ça mettra quelqu'un bien en rogne, haha !..." songeant à la tête que fera Hunt, également adhérent au compte.

"OK. J'peux vous prendre en photo tous les deux ?"

"Ah ouais." me serrant, placé dans mon dos, faisant face à l'objectif, regard allant droit à Hunt, lui faisant la nique sur toute la ligne.


Le Chasseur parcourt les photos sans grande expression sur le visage. "Je note que tu savoures ton écrasante victoire avec le manque de modestie qui t'a toujours caractérisé, Leech."

Il renifle. "Malheureusement, moi, les enfantillages me sont passés depuis belle lurette." portant son regard par-delà les remparts du château. "Elle ne m'aime plus ?... Ce sont des choses qui arrivent sans s'annoncer." philosophe, finissant par coucher quelques vers tristes sur le papier.


(*) Monnaie propre à Twisted Wonderland