Jamil... espèce de fils de serpent !... XD
Chapitre 345 : Hypnotic
"Ça va le sac, Shachi, pas trop lourd ? Sinon je m'en occupe !..."
Petit rire de Jamil. "Elle n'est pas en sucre, Floyd."
"Ah mais Umi Hebi, moi on m'a appris à être galant !..."
Jamil hausse les épaules.
"Par contre, Rakko-chan est à la traîne." glissant un regard vers l'arrière.
"Lui, c'est pas que le sac qu'il faut porter." grimace Jamil.
Floyd ralentit le pas pour se mettre à hauteur de Kalim. "Allez, file ton sac, Rakko-chan." serviable. "Hop !" le chargeant sur son épaule.
"Merci, Floyd."
"Au fait, ta sœur est repartie, Jam' ?"
"Ce matin."
"On l'a pas beaucoup vue."
"Pourquoi ? T'as de vues sur elle ?" sourcil haussé.
"Hein ? T'es dingue !... J'suis avec ma Shachi, moi !... J'regarde personne d'autre !..."
Jamil rit. "Tant mieux, moi ça m'arrange."
Nous cassons la croûte dans une petite clairière.
"Rakko-chan, tu veux faire une petite sieste avant de repartir ?"
"Volontiers, merci Floyd !..." posant sa tête sur un sac avec un soupir soulagé.
Je m'applique à éviter de croiser le regard de Jamil. L'exercice est compliqué parce que c'est lui que j'ai vraiment envie de regarder !...
Dès qu'il bouge, mon regard est attiré.
"Toi aussi, petite sieste, Shachi-chan ?..." s'allongeant, me proposant son torse.
Ne contrarions pas Floyd. Je m'installe, ouvrant de temps en temps les yeux sur les déplacements de Jamil.
Au moment de repartir, je charge la gourde dans le sac de Kalim lorsque soudain une main immense vient cueillir ma nuque, bouche se plaquant sur la mienne pour un baiser tout sauf sage. Floyd n'embrasse jamais ainsi en public !... Je cible immédiatement à qui il destine un regard assassin. J'en frémis. Impossible qu'il soit au courant !... Pourtant, tout évoque un marquage de territoire.
Sifflement de Jamil. "Je vais me passer d'interpréter."
Floyd glisse sa langue d'une commissure à l'autre. "Comme ça les choses sont claires."
Le retour s'effectue dans un silence pesant, toute bonne humeur envolée.
"Je peux savoir ce qui t'a pris ? Tu as plombé toute l'ambiance du groupe." le réprimande Jade une fois de retour au Lounge.
"Ouais, bah." sans le moindre complexe.
"Floyd, que se passe-t-il ?"
"J'sais pas. Un truc dans l'air qui me rend nerveux."
Il m'adresse des vers enflammés - sa poésie est très belle, sensuelle, avec, à côté, les mêmes vers en langue arabe.
Nous convenons de prendre à nouveau le risque de nous voir.
Vu que le palais est vaste, Jamil n'a que l'embarras du choix quant au lieu où il me recevra.
C'est sa chambre qui nous accueille, cette fois.
"Désolée pour... Floyd." sur un sourire gêné.
"J'avais très envie de t'embrasser, moi aussi. A tel point que je me demande si ce n'est pas ça qui a catalysé le comportement de Floyd."
"Possible. Il n'en a pas reparlé à notre retour."
"Tu déchaînes les passions." amusé, s'installant en pied de lit, m'invitant à venir entre ses jambes ouvertes.
Une fois placée, je dessine, sans les quitter du regard, ses traits fins.
"Tu me plais, Jamil."
Ses paumes cheminent dans mon dos, glissant sous mon haut. Son sourire laisse passer quelque chose de profondément doux.
"Je kiffe quand tu fais heurter mon corps comme ça." soufflé, sans me lâcher du regard.
Sa paume passe sur mon ventre, massant lentement.
Nos regards, accrochés, ne cèdent pas. Il entrouvre un instant la bouche sur les deux extrémités qui se croisent dans un mouvement des plus lascifs.
Ses paumes réinvestissent l'arrière de mes cuisses, montant plus haut, caressant les rondeurs sur un soupir appréciateur.
"Tu es brûlante comme le sable surchauffé par le soleil, ma belle." posant sa joue sur mon estomac, poursuivant ses caresses.
"Si ça se sait, ça va faire l'effet d'une véritable bombe mais... je m'en contrefiche." dodelinant de la tête lorsqu'il s'invite jusqu'à mon sexe, du bout des doigts
"On aurait peut-être dû y aller... un peu plus franchement... comme... j'sais pas... annoncer aux Leech que t'as envie de prendre des cours de danse privés avec moi..."
Je glousse en un rire qui fuse. "Puis des cours de langues ?..."
"Aussi. Et pour finir, révision intégrale de ton kamasutra(*). Tu penses qu'il ferait quelle tête, Floyd ?..."
Il lèche sa trouvaille.
"Imagine... qu'on danse comme on l'a fait la semaine passée..."
"Là, sûr, je serai... interdit de Lounge pour le restant de mes jours." glissant le long de mon corps pour se mettre debout et m'embrasser chaudement, langue fourchue invitant la mienne à des jeux interdits.
C'est soufré. Comme j'aime !... Le Chasseur c'était déjà quelque chose... Jamil, c'est nettement un cran au-dessus !...
"J'ai envie... de te caresser de tout mon corps."
La flamme qu'il fait grimper dans mes reins me consume.
Il se relève, me défaisant dans des gestes sûrs.
Il me tourne, dos face à lui, saisissant le haut de mon tanga pour l'abaisser. Je lève une jambe après l'autre lorsque l'article fin échoue sur mes chevilles.
A son tour de se défaire, se retrouvant en sarouel de lin fin, laissant absolument tout deviner de ses jambes et de son entrejambe.
"Je te laisse t'allonger." m'ouvrant le lit d'une main. "Sur le ventre, pour commencer."
Je m'exécute, terriblement attisée.
Après s'être attaché les cheveux en bun haut, il vient se placer sur moi, jambes repliées pour lui éviter de peser sur l'arrière de mes cuisses, récupérant un petit flacon pour y faire couler de l'argan, m'en appliquant sur le dos.
Puis il évolue, se soutenant des bras et des jambes, me massant de tout son corps, se tenant parfois à l'équilibre sur un bras et une jambe du même côté, revenant faire pression sur mon corps, avançant et reculant, le tout dans un jeu de pression hallucinant.
"Ja... mil..." respiration courte.
Il attrape mes poignets, les passant par-dessus ma tête, poursuivant ses mouvements lascifs qui le font peser tout son poids par intermittence.
Malgré le fait qu'il soit fin, quelle résistance face à l'exercice. Son souffle en souffre à peine.
Par contre... c'est diablement tendu dans le sarouel !...
Ce que je kiffe avec Jamil c'est que même si son sexe exprime son désir, il n'impose absolument pas, contrairement à certains autres hommes, qu'on se libère prestement de nos activités en cours pour s'occuper de ce qui l'anime.
Il possède une érection parfaitement assumée et qui, même si elle se manifeste, n'entrave en rien les jeux en cours.
Résumons : il a dansé pour moi... à présent il me masse de tout son corps...
L'exotisme est décidément à la carte !...
Nous avons pensé et pris toutes les précautions pour échapper aux yeux de Jade. C'était sans compter sur les siens, plus impitoyables encore !...
Voilà un certain temps qu'il a noté notre manège.
Il m'aborde alors que je prends le café en terrasse, corps penché en avant, mains sur les accoudoirs de la chaise opposée.
"Princesse, Princesse... dis-moi... quelle est donc cette brise orientale qui vient souffler sur les délicates corolles de ton cœur ?"
Je soupire. Inutile que je nie.
"Dis-moi tout de suite ce que tu exiges en échange de ton silence, Rook. Mon corps ?!"
Il s'installe, sans aucune gêne."
"Bonté !..." en français. "Si c'était ton corps que je voulais, je te ferai la cour, point le chantage."
"Cesse de tourner autour du pot, veux-tu ?!" agacée par son manège.
"Je tiendrai ma bouche. Au nom de notre relation passée."
Je plisse les yeux. "L'histoire a prouvé que tu es indigne de confiance, Rook."
"Jamais avec toi, Princesse. Jamais." me dardant de ses émeraudes.
Je m'installe aux côtés de Floyd, allongé sur le ventre, dans le lit, coussin ramené sous lui.
"Hmm ?..." émergeant d'une sieste après le service.
Je caresse son dos large.
Il pivote vers moi, sur le flanc.
"Il faut que je t'avoue quelque chose..."
"Ben accouche, Shachi." souriant, encore entre deux mondes.
"Je..." petit rire embarrassé. "Jamil me plaît." guettant sa réaction.
"Ah ben c'est pas trop tôt !..."
Je cligne.
"Bah tu crois que je vous ai pas captés en rando ? J'ai peut-être l'air stupide comme ça mais quand même !... Ces choses-là, moi j'les sens."
"Tu... n'es pas fâché ?..."
"Jamil, c'est... particulier."
"Précise."
"C'est pas Hunt, quoi."
"Ah ?..." ébahie. "Euh... mais tu n'es même pas un peu en colère ?"
"Moins que si t'avais remis le couvert avec Hunt. Parce que Hunt, j'peux ni le voir ni le sentir. Il a tendance à trop la ramener. Tandis que Jamil, il est plutôt du genre discret, il n'en fait pas des caisses quoi. Après, si tu insistes vraiment pour que je me foute en rogne..." taquin.
"Hein ? Non !..." mains placées devant moi.
"Je rigole, Shachi !..."
Je porte une main sur la poitrine, soufflant de soulagement. "Je suis soulagée..."
"Hmm mmm. Approche." m'invitant de l'index, avançant la bouche jusqu'à mon oreille. "Tu sais garder un secret, Shachi ?... Oui ? Alors je vais te dire ; t'es pas la première de nous deux à être tombée sous le charme piquant du joli cobra."
J'entrouvre la bouche. "Qu... quoi ?..."
"Bah, comme tu sais, j'ai jamais eu les yeux dans ma poche, hein. Et Jamil, bah voilà, c'est Jamil quoi."
"Attends... je... quoi ?"
"Bon, on a juste flirté à l'époque des études. C'est jamais allé plus loin. Alors, j'peux comprendre ce qui t'a séduite chez le serpent d'Orient."
"Je veux tout savoir !..." sur un rire troublé.
"Comme dit : on a juste flirté. Ça s'est fait naturellement parce qu'on était souvent fourrés ensemble. Le club de basket, c'est moi qui lui ai proposé d'y entrer."
"Qui... d'autre est au courant ?..."
"Qui, selon toi ?" sur un sourire entendu.
"Jade ?"
"Bah ouais."
"Si je... m'attendais à... tout ça..."
"Hey, y'a pas que toi qui aies de l'appétit !... Nous, les murènes, on déteste avoir la dent creuse." m'offrant un léger coup d'épaule.
"Pour... moi ?..." avisant l'écrin.
"Hmm mmm."
Il sourit, retirant l'attache pour l'ouvrir. "Wow !... Shachi !..." ravi, retirant le bracelet corde et queue de baleine de la boîte.
"Je pense que ça ne te gênera pas dans tes mouvements."
"C'est vraiment... ça me correspond." large sourire. "Tu veux bien me l'attacher ?..." me présentant le poignet de la main droite.
Je règle le bracelet à sa taille. "There."
Il l'admire sous toutes les coutures. "Merci, ma Shachi. Tu connais vraiment mes goûts."
"Hé !... L'avantage quand on fréquente quelqu'un longtemps."
"Ah !... Alors tu reconnais qu'il y a quelques vertus à une relation longue durée ?..." amusé par mon aveu.
"Avec toi, c'est différent, Floyd. Avec un autre que toi, ça m'agacerait."
Il ne cesse de mirer son présent. "Il me va drôlement bien, tu trouves pas ?..."
"C'est pour ça que je l'ai choisi, Floyd."
"Quand Jade va voir ça !..."
"Je suis soulagée, j'ai hésité avec un motif trident !..." riant bêtement. "Au vu de ta mésaventure avec le trident de papa Poséidon, j'ai préféré éviter."
Il rit. "Ouais, j'préfère nettement celui-là."
"Oh, montrez !..." appuyant sur le bras du boss pour mirer la photographie sur son écran de smartphone. "Oh my !... Mais quel délicieux bambin !..."
"A l'époque, la métamorphose de Floyd n'était pas complète car je ne pouvais pas lui donner la totalité de la dose nécessaire." rit le boss. "Cette dégaine !..."
"Mais euuuuuuh." clapit Floyd.
Jade pouffe. "Allons, puisqu'on te dit que tu es charmant comme ça."
"Mais oui, regarde ça !..."
"Ouais, nan, j'ai l'air parfaitement con."
"Je dirai plutôt que tu n'as pas l'air de savoir si tu souhaites demeurer murène ou naître à la vie humaine." avance Jade.
"Et un véritable petit glouton !... Il se ruait sur ses biberons que j'accommodais avec des filets de poissons et des algues, le tout mixé avec du lait végétal."
"Je vois, je vois. Bien potelé, Floyd."
"Ta caudale fait penser à une baudruche." rit Jade.
Floyd croise les bras, gonflant les joues.
"Heureusement que ça s'est affiné lorsque tu as poussé."
"Franchement, ressortir ces vieilleries !... Un de ces quatre, boss, je vais vous subtiliser votre smartphone et les effacer ! BAM ! Corbeille !..." menace Floyd.
Ashengrotto rit. "Tu fais bien de m'avertir. J'en ferai une sauvegarde."
"M'énerve !..." grogne Floyd.
"Non, sérieux, tu es à croquer !..." lui adressant une bise.
"Mais non, regarde !..." arrachant le smartphone des mains de boss pour me le mettre sous le nez.
Je ris. "Adorable !... J'ai qu'une seule envie : t'adopter et te dorloter !..."
"Tu te moques, Shachi."
"Absolument pas, Floyd. Je suis d'ailleurs certaine qu'à l'époque déjà ça mordait très fort."
"Je confirme. J'ai failli plusieurs fois y laisser les doigts quand ça faisait des colères." rit Ashengrotto.
"Bon. Et toi, Jade ?"
"M... moi ?" clignant.
"Hé, chacun son tour. A toi de morfler, frangin !..." plaçant ses mains croisées derrière la tête, large sourire plaqué sur le visage.
"Alors Jade... le problème c'est qu'il refusait toute intervention de la caméra." montrant une photo de Jade prise de dos.
"Oh, le petit chenapan !..."
"Haha !" se fend Floyd.
Jade serre les jambes, poings comprimés sur les cuisses, gêné.
"Ça fait quoi d'être dans le viseur, Jade ?" le provoque Floyd.
"Look." me montrant une vidéo sur tik-tok d'Octavinelle au complet en pleine pause casse-croûte.
Jade sirote un cocktail au moyen d'une paille en forme de cœur, faisant les yeux doux à la caméra sur un "kawaiiiii !" très prononcé de Floyd.
Voir Jade battre ainsi des cils me fait rire aux éclats.
Et il en rajoute, l'animal, offrant son visage le plus ravissant, finissant par se trahir sur un sourire qui lui est propre : sourcils remontés en accent circonflexe, dents dévoilées, regard manifestant ses pulsions sadiques !...
Je m'installe en travers de ses cuisses sans m'annoncer.
Il cligne à la manœuvre, me fixant sans comprendre immédiatement.
Je l'embrasse, l'invitant à une ronde tout en lenteur.
Il entrouvre la bouche après le baiser, incapable de prononcer le moindre son.
Je joue avec son nœud pap'
"Sugar Cake... dois-je comprendre que je suis au menu ?..."
"Ton frère l'aurait compris, sans demander."
"Je me questionne simplement sur l'éveil de ton intérêt soudain pour moi..."
"T'es putain de dangereux, Jade." le triturant toujours, jouant avec les boutons de sa veste fermée.
"Hey, Floyd..." caressant son torse agréablement bâti.
"Hmm, Shachi ?..." suivant les mouvement de ma main.
"A mon tour de te remercier d'être comme tu es."
"Uh ? Pourquoi, Shachi ?..."
"Parce qu'entre le boss qui prône un capitalisme effrénée et Jade qui vit dans son ombre, tu es le seul, ici, à posséder un soupçon d'innocence."
Il rit. "OK. A mon tour de te poser une question : tu comptes poursuivre avec Jamil ?"
"Je ne sais pas... je ne l'ai pas revu depuis."
"Jamil..."
Le concerné soupire, se retournant dans un mouvement de cheveux. "Qu'est-ce que tu veux ?"
Fini l'asservissement, envolé le respect.
"Te demander une nouvelle fois si nous pouvons rester amis." insiste Kalim.
"Je veux être libre de mes mouvements, n'avoir personne dans mes pattes, tu piges ça, Kalim ?"
"Bien sûr !... Jamil, je te laisse libre d'aller et venir, à ta guise, en mon palais."
"Ça me va." croisant les bras, serpent or enroulé autour du bras.
Floyd glisse un verre joliment coloré, sur le comptoir, devant Jamil. "Dernière création de Jade. Si tu veux bien tester."
"Je ne fais plus ça." se référant à son ancien poste auprès de Kalim.
"Chez Octavinelle, tu ne risques pas l'empoisonnement. Par contre, trouver ça dégueu ou franchement moyen, c'est possible. Mais bon... ça m'étonnerait de Jade."
Il avise le cocktail. "La couleur est jolie." faisant tourner le verre.
"Tu sais, j'suis au courant pour vous deux."
Petit sourire de Jamil. "Nous deux... ne te méprends pas, Floyd. On passe de bons moments, sans engagement, c'est tout. A ma décharge, ça s'est fait naturellement, aucun de nous ne l'a prémédité."
"C'est Leona qui t'a foutu dans ses pattes ?"
"Oui. Mais pour t'avouer la vérité, ça faisait un moment déjà que je la regardais. Le plan de Leona allait dans mon sens."
"Tu es devenu redoutable, petit Serpent." abaissant les paupières sur sa tolérance.
"Je l'ai toujours été, Floyd..." sur un soupir. "Mais je n'en montrais rien."
"Bah. Moi je m'en formalise pas. Après tout, nous les murènes sommes de la famille des poissons serpentiformes." affichant un sourire tout en pointes. "Et puis j'aime beaucoup Petite Loutre."
"J'ai jamais compris le délire."
"Bah, il est gentil comme tout."
"Ce doit être le même truc qu'avec Riddle. D'ailleurs... tu ne m'as jamais dit pourquoi ça n'avait pas marché avec Riddle."
"Oh, plusieurs raisons : son amour de l'ordre. C'était carré jusqu'au pieu. Je me suis vite ennuyé. Au final, je crois que je préfère le taquiner et le voir se fâcher tout rouge." sur un sourire de garnement.
"Je ne lui ai jamais vu d'autres intérêts que celui-là." sur le même sourire.
Il m'a convié à de nouvelles joutes au sein du palais. Dans une cour en retrait, à l'abri des regards du fait de ses murs hauts, ne laissant filtrer que la lumière du jour.
Nus. De part et d'autre d'une pièce de voile de lin clair, tendue de part et d'autre de la cour fermée. Il porte aux poignets et aux chevilles des joncs en or agrémentés de quelques sequins qui tintent joliment entre eux à chaque mouvement.
Je m'interroge d'abord mais Jamil me montre le chemin, plaquant son corps contre la toile ; en laissant deviner les formes et les mouvements.
Bien vite, nous nous touchons, séparés par le voile de tissu noble. Un instant, il dessine la forme de ma bouche, se penchant pour un baiser presque aussi sensuel que s'il était donné sans entrave.
Il parcourt mes formes sur le tissu, sensuel. De face, de dos. Tout y passe.
Puis les caresses se font de corps à corps.
Nos voix commencent à se faire écho.
Lorsqu'il fait adhérer le tissu à son corps, quel régal de le découvrir joliment dressé !... De cette jolie verge d'une teinte sombre.
Les caresses que j'initie lui font monter les mains, paumes tournées vers la toile, voix prenant son envol, front posé contre le mien, souriant à l'envi, s'entendant dans ses soupirs.
Je monte mes paumes au niveau des siennes, frottant mon corps contre le sien, faisant grimper nos appréciations d'un ton.
Lorsque son menton monte, je me fais fort d'en happer le contour des dents.
Nous faisons notre maximum pour exacerber les sensations.
Nos bouches communiquent par souffles au travers des fibres.
Son sexe perle sur le tissu.
La dernière étreinte sonne le glas de sa résistance. La jouissance macule le lin fin de la plus érotique des façons.
Il me retrouve derrière le voile, m'offrant ma part sans plus tarder.
"L'Orient et ses mystères ne te sont pas inconnus, n'est-ce pas ?..." ciblant juste, relevant ses cheveux avant d'entrer dans le hammam à la fine mosaïque.
"J'ai parcouru le désert sur le dos de mon étalon. Cela reste... un excellent souvenir." sans toutefois entrer dans le détail. "Mon père était l'ami d'un bon nombre de Cheikh."
Il remplit d'eau froide le seau qui permettra à nos corps de suer.
Par pudeur, nous couvrons nos sexes d'un linge blanc.
Quelle fournaise à l'intérieur !...
A l'intérieur d'un hammam, on ne parle pas. Cela pourrait éveiller quelques Djinn(**)qui se plaisent à occuper les lieux sombres et humides.
Nous sortons à plusieurs reprises nous immerger dans un bain glacé.
Dans la salle attenante, c'est Jamil qui prend soin de masser mon corps avant que je ne lui rende la pareille.
Détendus, nous dégustons quelques pâtisseries orientales devant un thé chaud à la menthe.
"Tu... me laisserais te coiffer ?..." glissant les doigts au sein des mèches d'un joli chocolat profond.
Il affiche un petit sourire. "Si tu y tiens."
C'est un peigne en corne, aux dents larges, qui m'attend. Assis sur un tabouret, il attend son sort.
Je prends soin de défaire les attaches du bun. La chevelure dévale ses épaules, mèche après mèche.
J'attrape délicatement la masse dans mon poing, commençant à coiffer en partant des racines. Petits jeux de regards via le miroir oval dont le cadre est richement menuisé.
Ordinairement, ils sont tressées d'un côté, près du crâne, base ornée de sequins pendant le long de la ligne de cheveux, sur le front.
Je ris doucement. "Tu es bel et bien en train de me faire réviser tout mon kamasutra."
"Et je ne t'ai pas encore montré le trésor de Scarabia." sur un petit sourire filou.
J'approche la bouche de son oreille. "Qu'est-ce ?..."
Nos regards bataillent via le miroir, visages placés côte-à-côte.
Il tourne lentement la tête vers moi, cheveux échappant à mon poing peu serré, embrassant ma joue, langue cheminant jusqu'à mon oreille. "Pas tout à la fois, tout de même."
(*) Merci Inu de m'avoir soufflé l'idée ; ))
(**) Ce terme, signifiant invisible en arabe, se trouve dans le Coran où il est présenté comme malfaisant. La légende veut que le djinn se situe à distance égale de l'ange et de l'homme et prenne différentes formes.
