Chapitre 350 : Here we go again
Jamil m'accueille, serviette repliée sur l'avant-bras. "Si tu veux bien me suivre." m'ouvrant le chemin.
Je ne peux m'empêcher de suivre le battement régulier de l'extrémité de ses cheveux lui touchant la naissance des fesses.
Nous arrivons dans un hall où je dois quitter mes chaussures et chaussettes.
Il se met également pieds nus.
Dans des cabines, nous changeons de tenues, lui enfilant un pagne, moi une fouta(*)recouvrant également le haut de mon corps.
Il ouvre la toile et m'invite à l'intérieur de la pièce précédant le local fermé du hamman.
Là, il monte ses cheveux et je fais de même, petit jeu de regards complices.
"Si j'ai bien compris, c'est toi qui vas me prendre en charge ?"
"Sauf si cela te dérange, bien sûr."
Tu parles que ça me dérange !... Ah, Jamil !... Toi alors !...
"Toujours aussi subtil, je note." enserrant vaguement son menton en tenaille.
Il sourit. Débusqué.
Il existe trois salles successives, la dernière, moins vaste, est la plus chaude, saturée en humidité.
La peau se couvre rapidement d'un film moite. Bouger revient à consommer beaucoup d'énergie et invite plutôt à la torpeur.
Jamil respecte un rituel précis au cours duquel s'alternent sudation, application de savon noir, rinçage à l'eau, massage puis gommage avec un gant de crin.
En option j'ai droit à une application de henné et de ghassoul au niveau du corps et des cheveux.
Il est très respectueux quant à ma nudité que la mousse camoufle pour partie.
On ne parle pas dans le hammam pour ne pas attiser les Djiins logeant là.
Ses mains ne sont ni trop rudes ni trop douces. La pression est parfaite. Il est agenouillé à côté de moi pour avoir accès à tout mon corps, me rinçant avant de me recouvrir de mousse.
Comme à l'ordinaire, le désir que je suis susceptible d'attiser en lui passe en second plan.
C'est tout juste si je devine le renflement qui l'anime, sous la serviette nouée autour de sa taille.
Puis nous nous enroulons dans des peignoirs avant de prendre place devant des gourmandises, arrosées au thé à la menthe.
"Je ne t'ai jamais demandé si tu jouais d'autres instruments ?"
"La flûte. Parfois."
"Doué." glissant le pouce le long de ses lèvres.
Il se saisit de mon poignet pour diriger le pouce à l'intérieur de sa bouche, lèvres en faisant leur captif, langue venant s'en emparer. Le tout sans me lâcher du regard, évidemment.
"T'ai-je déjà fait visiter la fauconnerie ?" libérant mon pouce, sans pour autant relâcher mon poignet.
"Non."
"Sais-tu que c'est à la taille et au nombre d'espèces qui peuplent une fauconnerie qu'on reconnaît le prestige d'un souverain ?"
"Moi qui pensais que c'était par têtes de pur-sang que se comptait le prestige... ou du nombre de courtisanes..."
"Aurais-tu pris chaud dans le hammam ? Aujourd'hui, les étalons ont fait place à des véhicules tous plus rutilants les uns que les autres et tout aussi excentriques. C'est aux jantes chromées que s'apparente la richesse."
Je ris.
"Dis-moi..." me présentant face à lui. "... ce lieu est-il passant ?..." glissant une paume le long de sa cuisse. Petit regard à ce que je fais grimper sur lui avant de revenir à mon visage.
"Pas à cette heure." m'affichant ce petit sourire qui en dit long.
"Bon." avisant cette jolie bouche aux lèvres fines, glissant la langue le long des miennes.
"Tu es terrible." accrochant mon menton pour m'embrasser tout sauf sagement.
Je retrouve la prouesse de sa langue, son goût particulier.
Nos langues finissent par tournoyer comme pour ne former qu'une seule.
L'étreinte suit.
"J'avais... une autre idée... si tu n'es pas sujette au vertige..."
Nous nous retrouvons dans la petite cour et il l'appelle ; un tapis volant, m'invitant à y monter.
"Jamil !" l'appelle Kalim. "Tu devais me montrer la nouvelle choré !..."
"Je ne devais rien du tout, Kalim. Je suis occupé, au cas où tu ne l'aurais pas noté."
"Ah tiens, salut !..." avenant. "Ton visage me dit quelque chose." cherchant dans sa mémoire.
"Laisse tomber. Je ne serai pas rentré avant la tombée de la nuit. Ne traîne pas et couche-toi." grimpant avec moi, s'installant en tailleur.
"Heiiiiin ! Il est à peine dix-sept heures, Jamil !... Où vas-tu ? Je peux venir ?"
"Lâche-moi, Kalim." faisant décoller le tapis.
Nous survolons le palais, direction l'ouest.
Il existe, là-bas, une magnifique oasis.
Il arrête le tapis en hauteur alors que le soleil décroît, rendant l'atmosphère moins suffocante.
Stationnés en hauteur, il se tourne vers moi, commençant à m'embrasser plus que chaudement. "C'est... ce que j'ai eu envie... de te faire la soirée durant... au Lounge la fois... mmm... dernière..."
Mes mains rejoignent son visage tandis que nos langues n'ont de cesse d'appeler les sensations.
Nous peinons à nous regarder tant le désir qui nous anime est fou !...
Je me cale bassin contre le sien, jambes ouvertes.
Il aimerait ses mains partout en même temps sur mon corps. Cette pensée le ferait presque sourire s'il n'était pas tant occupé à dévorer ma bouche dans un baiser retentissant.
Nous nous défaisons et je soulève le bassin tandis qu'il s'empoigne par la base pour se diriger.
Mon corps entier frémit à l'intrusion ayant pour seul témoin le soleil couchant.
Je demeure attachée à lui telle une liane et c'est lui qui donne vertement des hanches, bras passé autour de moi pour me surélever, ce qui permet les mouvements. Il s'aide également de son bras tendu en arrière. Son menton se lève. La jouissance éclate, vive.
Je regagne l'appartement. Floyd est au Lounge.
Je vais me doucher avant de regagner le canapé avec un peu de lecture.
Il rentre tard, quittant sa veste et son fedora dans l'entrée, venant se poser à côté de moi. Je l'accueille de mon bras ouvert.
"Ça a été, Shachi ?"
"Oui, Floyd."
"Moi, pouuuuh ! J'suis décalqué !..."
Mes doigts s'égarent dans les mèches courtes couleur turquoise.
"Mmm... continue et je pionce direct..." savourant le toucher doux.
Il bascule la tête en arrière. "Shachi~ ! Ça fait longtemps qu'on ne s'est plus mis au vert... Ça me manque, des vacances avec toi..."
"Ça m'étonnerait que le boss te les accorde." attrapant son avant-bras, en caressant l'intérieur du bout des doigts, sensation qui fait cheminer d'agréables frissons.
"Je sais, t'as raison." posant le menton sur mon épaule, contrarié.
"On pourrait se faire un week-end en essayant de grappiller un samedi..."
"Le samedi, c'est là qu'il y a le plus de clients. A mon avis, ça passera pas."
"Ou un dimanche-lundi."
"Ouais, j'vais déjà tâter le terrain du côté de Jade."
"Hey, Jade. Tu penses qu'il y aurait un moyen pour que je prenne un jour ?"
Jade hausse le sourcil.
"J'ai envie d'un p'tit séjour ailleurs avec ma Shachi."
"Je ne m'occupe pas des congés, Floyd. C'est le boss."
"Ouais mais bon, tu pourrais lui en toucher deux mots..."
"Je verrai ce que je peux faire."
"Cool. Merci !..."
Un autre savoure sa victoire.
"Pomefiore ne s'est jamais aussi bien porté depuis que la petite dinde a disparu des radars. N'est-ce pas, Rook ?"
Le Chasseur adopte une attitude en retrait. "Si vous le dites, ma Reine."
"Je ne le dis pas, Rook. Je l'affirme." levant haut le menton. "Et je serai offensé en apprenant qu'elle te manque. Laisse-la donc s'ébattre avec cet abruti de Leech."
Le poing du Chasseur se serre.
"Les rosiers vont bientôt éclore. Je souhaite qu'ils dépassent en beauté ceux de la reine de cœur !..." évoquant Riddle.
"Floyd, j'ai parlé au boss ; il est prêt à t'accorder un lundi durant les vacances scolaires."
"Cool ! Merci, Jade !..." sortant son smartphone. "Le 3 du mois prochain, c'est ça ?"
"Hmm mmm. Évidemment ce jour sera retenu sur ta paie."
"Pfff, le contraire m'eut étonné."
"On ne peut pas tout avoir, mon cher frère ; le congé, la paie et le sourire du poulpe."
Le Chasseur rajuste sa vue. Pas de doute, il s'agit bien de Floyd et moi, là, derrière le véhicule, admirant le front de mer.
Maudit Leech !... Tu ne l'emporteras pas au paradis !... songe le Chasseur.
Lorsqu'il souhaite avancer, une main retient son épaule. Une bouche armée de pointes approche son oreille. "Je te le déconseille fortement, Hunt." lui susurre une voix aussi menaçante que doucereuse.
"Tu veilles sur ton frère, à présent, Leech ? Dans ce cas, je ne saurai que te conseiller, à mon tour, de te pencher du côté d'un lion et d'un serpent."
Petit rire de Jade. "Nous en faisons notre affaire. Celui qui nous a causé de plus de tort, c'est toi, Hunt."
"Bonté !..." jouant les offensés, main sur sa poitrine. "Il en faut bien peu pour vous mettre en déroute, Octavinelle !..."
"Un souci, Jade ?"
"Tiens, tiens. Monsieur Chevalier des Roses." en parfait français, désignant Trey.
"Aucun, Trey. Le Chasseur allait disposer."
Rook rabaisse le devant de son chapeau à plume. "En effet."
"Tu sembles soucieux." note Trey.
"Ce maudit chasseur..." soupire Jade, devant un café, sur terrasse.
"Hey..." posant sa main sur celle de Jade, en caressant le dos. "Accepte de te changer les idées."
Petit sourire de Jade.
"Et avec... la nouvelle recrue ?"
"Layla ?"
"Hmm mmm."
"Aucun intérêt. Elle assure le job et c'est bien tout ce qu'on lui demande."
"Elle ne t'intéresse pas, donc ?..."
"Absolument pas. D'ailleurs..." affichant un petit air lascif. "... je ne t'ai jamais autant vu que depuis qu'elle travaille chez nous."
"J'assure mes arrières. Je ne compte pas me faire subtiliser la place."
"Aucun risque." caressant la main de Trey à son tour. "Je n'ai d'yeux que pour toi, Trey." présentant son côté le plus séduisant.
"Sûr ? J'ai quand même l'impression que tu lorgnes assez régulièrement sur le jouet de ton frère."
"Léviathan ?... C'est... une sorte de concurrence déloyale entre murènes." glissant une langue le long de ses pointes.
Le boss referme le coffre contenant ses précieux contrats. "Bien. J'ai jeté un sort sur les contrats. Le premier qui osera y poser les mains sera secoué par une forte décharge électrique."
Jade rit derrière sa main repliée devant sa bouche. "Bien vu."
"Cette arme demeure malheureusement inefficace envers quelqu'un possédant une très forte magie. Mais cela limite les risques lambda. Ces contrats... c'est toute ma vie, Jade."
"Je le sais, Azul." l'appelant rarement par son prénom.
"Si ton frère et toi n'étiez pas venus me tirer de ce pot, j'y serai encore."
"Il faut remercier la curiosité naturelle de ma moitié."
"Vous ne m'avez jamais considéré comme une monstruosité."
"Je vous trouve très nostalgique ce soir, boss."
"Cela m'arrive de plus en plus fréquemment avec l'âge."
Jade déplia les tenues destinées à Layla et moi.
"Oh !..." émerveillé par ces robes qui formaient un tailleur une pièce.
"Wow !..." appréciant la qualité du tissu.
"J'entends que ces nouvelles tenues remportent votre approbation." souligna Jade.
"Ah oui !..."
"La longueur est idéale." l'appréciant à l'œil.
"Bien. Le boss sera ravi de l'apprendre. Je les envoie au pressing et vous pourrez les porter dès le prochain service."
"Cool." ravie, tapant dans la main de Layla.
Les clients affluent. Je cherche les frères Leech des yeux pour les trouver plantés non loin, visages proches, Floyd placé dans le dos de son frère, bras passé par-dessus l'épaule de Jade, me désignant ouvertement de l'index, sourire vif plaqué au visage, me dévorant de tous ses yeux et soufflant plusieurs commentaires condamnables à l'oreille de sa moitié.
Jade a ce visage qui camoufle ses pensées les plus érotiques, fedora tenu d'une main, de telle sorte qu'il camoufle un sourire ultra-lascif.
Bordel, vous n'avez que ça à faire, vous deux ?!
"Je l'aurai vue plus courte, la robe, moi, Jade."
"Ceci aurait mis en péril chaque service, Floyd. Le boss ne nous l'aurait jamais pardonné."
Je viens me planter devant eux, poings sur les hanches. "Bon, les Leech, vous jouez à quoi, là ?! Au boulot, les mecs !"
"On admire la vue." annonce Floyd.
"Ce n'est pas le moment, Floyd. Les clients affluent."
"Wow, relax, Shachi !..." rit Floyd. "Tourne un peu pour voir..." s'en pinçant la lèvre inférieur, appétit au zénith, m'intimant au mouvement de l'index.
"Floyd ! Jade, dis quelque chose, reste pas planté là !..." cherchant le secours du côté de Jade.
"Désolé, Sugar Cake, mais Floyd a raison ; la vue est imprenable. Il me tarde que les clients prennent le large pour me livrer à tout ce qui vient de me traverser présentement l'esprit."
"Pas un pour rattraper l'autre, ce soir !..." retournant au service tandis qu'ils reprennent leurs messes basses tout en me reluquant ouvertement.
Je débarrasse la dernière table lorsqu'une main gantée remonte le long de l'arrière de ma cuisse. Au toucher et à la pression, aucun doute quant à son propriétaire.
"Punaise, j'ai eu envie de faire ça durant tout le service !..." s'étrangle Floyd, sexe répondant vertement à l'appel dans son pantalon. "J'te dis pas c'qui t'attend, Shachi d'amour."
"Floyd !... Ramène-la par ici, tu veux ?" lui rappelle Jade depuis le comptoir, terminant d'essuyer les derniers verres.
"T'as entendu Jade, Shachi ?" m'attrapant par la taille pour me retourner et me charger sur son épaule.
"FLOYD !" surprise.
Il me ramène au comptoir, main libre caressant toujours l'arrière de mes cuisses, montant toujours plus haut. "Tu portes quoi dessous, Shachi ?..." curieux.
Jade vient de passer devant le comptoir, glissant deux tabourets sur le côté.
Floyd me place haut du corps sur le comptoir, sur le ventre, pieds reposant sur la barre latérale.
Placés de chaque côté, mains directrices en action, ils remontant le long de l'arrière de mes cuisses, passant sous la robe, jusqu'aux fesses.
Derechef, ils retirent leurs gants immaculés pour une caresse directe, glissant les doigts sous la dentelle du tanga.
"Bleu, j'parie."
"Turquoise."
"Ah... raté. Vert d'eau."
"Fais voir." plaçant une pleine paume sur ma fesse.
J'en geins, électrisée.
"J'sais pas toi mais j'commence à être vachement à l'étroit..."
"The same." glissant un majeur entre mes jambes, s'assurant de mon état, libérant un écho lascif.
"Elle est prête ?"
"Plus encore que tu peux te l'imaginer, mon cher Floyd."
"Bon. On tire à la courte paille pour savoir qui y passera le premier ?"
"A toi l'honneur." commençant à déboutonner sa veste, tirant sur le nœud papillon tandis que Floyd écarte davantage mes jambes, pile-poil à la bonne hauteur du fait de sa stature.
Son sexe furète puis entre progressivement. Il s'étrangle en chemin. "VACHE !" suffoquant sous l'afflux de sensations exquises, rendant le plaisir presque aigu.
Il adresse un regard ultra-lascif à Jade qui en ricane, excité, pouvant distinctement sentir la sensation autour de son propre sexe.
"Punaise... j'vais pas être... long..." commençant à bouger.
Nos geignements lourds de sens se rejoignent dans cette salle désertée par la clientèle.
Floyd écarte davantage mes jambes, se frayant une belle place.
"Ooooh purée... plus fort... plus viiite !..." hanches échappant à tout contrôle.
La jouissance survient et il la déclare par un rauque qui roule hors de sa gorge, rendant généreusement au fond de moi.
Il se décale, sexe maculé encore joliment dressé.
Jade s'engouffre, suffoquant à son tour, sexe sensible d'avoir patienté.
Il empoigne mes poignets, hanches prenant un tour affamé.
Son souffle monte, sa voix trébuche, tout à son plaisir tandis que Floyd a regagné le tabouret le plus proche, pantalon remonté, admirant ce qui se joue sous ses yeux.
Jade amplifie ses mouvements, y apportant une poussée qui me jette en avant à chaque butée.
Petit sourire carnassier de Floyd, sexe refusant de perdre en dureté. "Vache... comme tu... la pousses en avant... si tu la tenais pas, elle irait s'encastrer dans le présentoir... haha !..." presque attisé par l'idée.
Jade colle ses hanches à mes fesses, libérant enfin un orgasme d'une puissance redoutable, voix grognant son plaisir, corps secoué par les vagues qui se succèdent avec énergie.
Il laisse pour signature une légère morsure sur le pavillon de mon oreille.
Jamil a le sourire. Floyd a beau être une véritable perche, il sait bouger son corps. Ses mouvements ne sont jamais une succession de saccades mais une ondulation parfaite et harmonieuse.
Jade possède le même talent, du peu qu'il en montre.
Nature aquatique sinueuse, l'art de se glisser à l'intérieur des épaves sans susciter le moindre remous, agiles.
Savanaclaw accueille aujourd'hui un nouveau membre : un chacal à la chevelure sombre, ondulée, au regard doré, du nom de Sully Nox(**)
Leona laisse Jack s'en occuper, tout en lui précisant de ne pas manquer d'effectuer une descente au Lounge. "Et s'il drague qui tu sais, n'intervient pas."
"OK, Leona-Senpai. Et si Leech le noie par accident ?"
"Comment, ça ne sait pas nager, un chacal ?..." sourire évocateur aux lèvres.
Ruggie, proche, se ricane de la situation telle une hyène !...
(*) Serviette servant à couvrir la nudité au hammam
(**) Personnage que l'on doit à Inu The Glouton
