Chapitre 359 : Deep purple

En terrasse avec Lune. Je ne l'ai jamais vue aussi radieuse !...

"Au fond, j'ai toujours su que vous retourneriez ensemble." dis-je.

"Vrai ? Alors t'es plus calée que moi !... Parce que moi je pensais que tu retournerais avec Rhada !..." rit.

"Rhada c'est chasse gardée de Mia à présent. Et puis... je n'ai plus aucune affinité avec lui."

"Ça appartient bien au passé. Mais j'ai du mal à m'y faire. Surtout maintenant que Al-chou est revenu. Je me sens hyper-nostalgique, Lévichoute."

"C'est normal, Lune. La période avec les Juges était pour le moins faste."


Les Leech ont attendu que Vil ait besoin à nouveau de ce cosmétique de choix à base de mucus - et plus question d'utiliser leurs précieuses caudales pour extraire le précieux ingrédient secret ! - pour négocier une potion paralysante qui prive la victime de faire usage de la magie.

"Qu'avez-vous en tête, murènes visqueuses ?..."

"Ce sont les affaires d'Octavinelle." tranche immédiatement Jade.

"Ouais. Pomefiore n'a qu'à s'occuper de ses fesses." vient en appui Floyd.

Vil adopte un air pincé. "J'ose espérer que vous ne complotez pas contre l'un des nôtres."

"Cela, je peux vous l'assurer." sourit Jade - de ce sourire bien hypocrite.


Dévoyer un étudiant de Savanaclaw est un jeu d'enfant. Les murènes savent se montrer convaincantes - notamment Floyd et ses manières sauvages !...

La potion a été injectée dans une juteuse pièce de viande à laquelle même Leona demeure incapable de résister.


Jade consulte sa montre. Les jumeaux sont vêtus de noir des pieds à la tête et enfilent leurs gants de cuir.

"On peut y aller."

S'introduire au cœur même des quartiers de Leona est un peu risqué mais les murènes savent déjouer la surveillance de Jack.

Ce qui tombe sur Leona cette nuit-là n'est pas animé de bonnes intentions.

Ils lui bâillonnent la bouche.

Leona réalise soudain qu'il demeure incapable d'utiliser la moindre magie.

Ses yeux dessinent à la fois la crainte et l'incrédulité.

"Soyons clairs ; ose encore un geste envers Octavinelle et tu es fait."

"On ne se contentera pas de te saucissonner. Tu serviras de bouffe aux créatures les plus voraces de notre aquarium. Le lion... elles raffolent !... C'est une viande au goût exotique."


"Tu penses qu'il va retenir la leçon ?..." questionne Floyd, un peu circonspect.

"Son orgueil est brisé. Il va vouloir nous faire payer mais la menace aura le mérite d'être imprimée à jamais dans son cerveau."

"On a bien bossé !..." tapant sa main dans celle de son frère. "L'effet de la potion se dissipe au bout de combien de temps ?..."

"Vingt-quatre heures, d'après Vil."


"La place est-elle libre ?..." questionne Rook.

"Bien sûr." souriante.

Il s'installe. La rencontre est impromptue - bien que connaissant le Chasseur, le doute demeure permis.

"Il y avait longtemps, Princesse."

"En effet." sans camoufler ma joie de le revoir. "Que deviens-tu ?..."

"Oh, j'officie toujours pour Vil."

"Tu es d'une fidélité à toute épreuve, Rook. C'est admirable !" sincère.

Il rit de bon cœur. "Et toi ? Toujours aux prises avec tes deux spécimens marins ?..."

"Oui."

"Parlant de fidélité, la tienne n'est pas feinte non plus."

"Celle que je voue à Octavinelle, certes."

"Si tu t'y sens bien, c'est l'essentiel, Princesse."

"Rook, merci. Vraiment, tu es... loyal. C'est une grande qualité."

"Je veux ton bonheur, Princesse. Je l'ai toujours voulu."


"Shachiiiiii~ !... Tu m'aiiiiimes, hein ?..." cherchant l'approbation et les câlins, furetant dans mon cou, fedora basculant sur ses cuisses.

Je saisis son visage entre mes paumes. "Beaucoup, Floyd Leech." embrassant le bout de son nez.

C'est dingue qu'un prédateur d'une telle envergure ait besoin à ce point d'être rassuré sur la question.

"Euuuuh... mieux que ça !..." ciblant ma bouche, langue s'y introduisant pour faire le tour du propriétaire, régalé, hétérochromie trouble en se séparant de moi. "Moi j'kiffe quand tout le monde voit qu'on s'aime !..."

"OK." le chevauchant, installée sur ses cuisses.

Il me rapproche derechef de son bassin, paumes gantées sur mes fesses. "Mieux."

Je plonge le nez dans le creux de sa gorge, à la naissance des clavicules.

"Guh ?... Tu cherches à savoir si j'ai la dalle, ma Shachi ?..." amusé par le geste avant de se pencher jusqu'à mon oreille, bouche proche du pavillon, ouverte sur toutes ses jolies pointes dentaires : "J'crève toujours d'envie de toi, de toute façon. Alors ouais, Jade doit avoir mon odeur tenace dans les narines de manière permanente. Note que... c'est p'être ça qui lui tape sur les nerfs." follement amusé.


Je m'installe sur le tabouret de bar tandis que Jade demeure affairé derrière.

J'admire cette haute silhouette au travail, ne m'en cachant pas, sirotant durant ma pause.

Il a parfaite conscience de mon regard. "Que puis-je pour toi, Sugar Cake ?..."

"Surtout ne change rien, Jade Leech. Tu es parfait."

"Que me vaut un tel compliment ?"

"Le fait que tu sois si différent de ta moitié. Ce qui apporte un certain équilibre, vois-tu ?..."

"Certainement."

"J'aimerai savoir..."

"Ah, nous y voilà." amusé de m'avoir vu venir.

"L'odeur tenace que vous dégagez l'un l'autre en période de rut..."

"Hmm mmm."

"Floyd m'a dit qu'étant constamment excité, tu dois avoir l'odeur dans le nez de manière permanente."

"Les odeurs, on s'y fait, Sugar Cake."

"Il paraît que c'est... extrêmement iodé, selon Floyd."

"Ce n'est pas fait pour passer inaperçu, en effet. Cela reste une balise olfactive."

"Je vous aime, mes Utsubo." éprise.

"Vous faites quoiiiiii~ ?" m'acculant, mains posées de part et d'autre de moi, sur le comptoir, véritablement voûté sur moi.

"Nous parlions de la fameuse odeur."

"Ah, celle des glandes reproductrices ?..."

"Hmm mmm."

"Ça t'excite, ça, hein Shachi ?" amusé.

"Ça a un côté très... animal, on va dire."

"Ah bah hé !..." furetant dans mon cou, ivre de moi. "Murènes avant tout !..." glissant un coup de langue.


J'apprécie le tableau ; le boss, installé dans un fauteuil, les deux hautes silhouettes des murènes derrière lui, sourires tout en pointes.

La négociation va être serrée ; il s'assure déjà d'un certain avantage tant ses hommes de main sont dissuasifs.

"C'est un deal !... Signe ici, je te prie."

L'étudiant hésite un instant."

"Allez, signe !... On n'a pas toute la journée, nous." grimace Floyd, adoptant son air le plus menaçant.

"Veille à bien respecter les termes du contrat. Sans quoi, nous serions obligés de te rappeler à l'ordre." menace Jade, d'une voix remarquablement posée.


J'avise la main de Jade, posée sagement sur sa cuisse, gantée.

Le désir nous ronge depuis plusieurs jours.

Jade a une façon bien à lui de m'attiser. Lentement. Donnant finalement lieu à de grandes flammes. Mr Eel sait y faire !

Même Floyd, pourtant attentif, n'a pas capté notre valse d'effleurements équivoques.

Je kiffe effleurer son poignet nu, là, entre la naissance du gant et la manche boutonnée lorsqu'il sert au comptoir ou à table.

Le signal lui est clair. Et il laisse volontairement monter notre désir jusqu'au point culminant avant de fondre sur moi.

Jade a les mains plus rudes que celles de Floyd, poignets moins fins que ceux de sa moitié.

De la même portée, certes. Si différents malgré la ressemblance de prime abord.

Nous attendons donc que Floyd se rende à son entraînement de basket.

"J'y vais !..." attrapant son sac, à la bourre. "A toute !"

Jade est au fond de la salle, nettoyant la dernière table.

Je m'approche, avisant avec gourmandise les petits cheveux qui garnissent sa nuque, y glissant les doigts.

Sa bouche s'entrouvre de ravissement.

Il n'y a pas ; Jade Leech est une splendeur.

"Tu te rappelles Mirza ?..."

Son hétérochromie vacille.

"J'aimerai que tu me prennes comme si j'étais elle."

OK. Le message est clair : prends-moi comme une pute.

Jade a la psyché suffisamment trouble pour exécuter la requête et y trouver son compte.

"Elle ne te faisait pas payer, il me semble."

Jade relève sa haute stature, m'avisant d'un regard indéfini.

L'excitation non-aboutie de ces derniers jours, couplée à la demande, forment un cocktail détonnant dans tout son être.

"Tu la faisais attendre ?..."

Il m'attrape par la taille, m'invitant à me hisser sur lui, jambes refermées sur ses fesses, vêtus.

Il m'installe sur le premier accoudoir de canapé disponible, retroussant ma jupe, demeurant ganté, déboutonnant sa veste fermée puis son pantalon.

D'un geste, il me fait basculer en arrière, se frayant un chemin entre mes jambes, libérant une érection affirmée.

Il glisse les mains le long de l'intérieur de mes cuisses, avançant son sexe tendu pour l'insérer, suffoquant malgré lui à la manœuvre.

Je m'attache à ses avant-bras en appui de part et d'autre de mon bassin.

"Ja... de !..." électrisée.

Il s'interdit la réplique. Comme avec Mirza !... Il doit néanmoins se mordre la lèvre pour empêcher de faire écho à mon appel.

L'assaut est vigoureux, sans concession, visant l'essentiel.

Son sexe coulisse avec une aisance folle, accueilli tel un roi.

Jade dodeline de la tête sous l'effet combiné des sensations et des circonstances particulières de ma demande, pupilles à la dérive, gorge lâchant des rauques coupés.

La jouissance nous happe et il s'épanche par jet continu, de cette laitance iodée, au fond de moi.

Il m'avise ; splendide vue en contreplongée. "Tu veux... savoir pourquoi je l'ai tuée, Sugar Cake ?..."

Je peine à le fixer.

"... parce que cette idiote... avait trouvé le moyen de tomber enceinte... ce qui aurait constitué un excellent moyen de pression sur Octavinelle." amer.

Un hoquet de surprise se coupe dans ma gorge. Jade... double homicide... et t'arrives à vivre avec ça ?...

Il consulte sa montre de poignet. "OK. Douche." pour supprimer toutes les traces du délit et n'éveiller aucun soupçon de la part de Floyd.


"Ah, c'était cool !..." ravi, posant son sac. "Et vous, ça a été ?" notant que Jade fait les comptes.

"L'habituel." laisse tomber Jade.

Je lis un magazine, jambes ramenées sur l'assise du canapé, déchaussée, avisant Floyd en abaissant ma lecture.

Il se récupère une eau minérale derrière le comptoir puis s'installe à mes côtés, caressant mes jambes repliées.

"T'as les jambes douces, ma Shachi. Je kiffe."

Jade demeure imperturbable malgré le fait qu'il suive un instant du regard le geste de Floyd.

Je commence à mesure tout ce que le sourire de commande de Jade camoufle.

Des crimes de sang. Des trauma.

Ce gars est totalement détruit et pourtant il demeure à flots !...

Floyd a également du sang sur les mains. Mais il gère autrement. Du fait de sa spécificité neuronale, on a l'impression que rien ne peut atteindre Floyd, qu'il camoufle tout derrière le miroir du jeu pour donner le change.

Etaient-ils déjà confrontés à tout cela sous l'eau ?...

Floyd ronronne contre moi, furetant dans mon cou. "Ma Shachi..." épris.

Jade boucle les comptes, refermant le cahier, remontant une jambe sur l'autre, s'autorisant à du leste, regard échouant sur notre couple, petit sourire flottant sur les lèvres.

"Tu as vu Jamil ? Ace ?"

"Ouais. Pourquoi, t'avais un message à leur faire passer ?"

"Simple curiosité de ma part."

"T'es bizarre parfois, Jade." amusé.

Jade ne relève pas.

Et quand le temps se lasse

De n'être que tué

Plus une seconde ne passe

Dans les vies d'uniformité

Quand de peine en méfiance

De larmes en plus jamais

Puis de dépit en défiance

On apprend à se résigner

Viennent les heures sombres

Où tout peut enfin s'allumer

Quand les vies ne sont plus qu'ombres

Restent nos rêves à inventer

Il me dit que je suis belle

Qu'il n'attendait que moi

Il me dit que je suis celle

Juste faite pour ses bras

Il parle comme on caresse

De mots qui n'existent pas

De toujours et de tendresse

Et je n'entends que sa voix

Des mensonges et des bêtises

Qu'un enfant ne croirait pas

Mais les nuits sont mes églises

Et dans mes rêves j'y crois

Éviter les regards

Prendre cet air absent

Celui qu'ont les gens sur les boulevards

Cet air qui les rend transparents

Apprendre à tourner les yeux

Devant les gens qui s'aiment

Éviter tous ceux qui marchent à deux

Ceux qui s'embrassent à perdre haleine

Y a-t-il un soir, un moment

Où l'on se dit "c'est plus pour moi"

Tous les mots doux, les coups de sang

Mais dans mes rêves, j'y ai droit

Il me dit que je suis belle

Et qu'il n'attendait que moi

Il me dit que je suis celle

Juste faite pour ses bras

Des mensonges et des bêtises

Qu'un enfant ne croirait pas

Mais les nuits sont mes églises

Et dans mes rêves j'y crois

Il me dit que je suis belle

Je le vois courir vers moi

Ses mains me frôlent et m'entraînent

C'est beau comme au cinéma

Plus de trahison, de peine

Mon scénario n'en veut pas

Il me dit que je suis reine

Et pauvre de moi, j'y crois

Pauvre de moi, j'y crois(*)


Je monte la main dans le dos de Jade, sous la lourde veste de costume faite de pure laine vierge et doublée.

"Hey. Ça va ?"

"Si la question se réfère à ce que je t'ai révélé la veille, oui, merci. A merveille."

Ouais. Ta grimace, j'y crois plus trop, en fait, Jade.

Je me glisse devant lui, collée à son corps. "OK." montant les mains pour les attacher dans sa nuque.

Il suspend temporairement ses tâches, rabattant les paumes sur mes hanches. "Qu'est-ce que tu veux, Sugar Cake ?..." désarçonné par mon comportement.

"J'ai envie de toi, Jade."

Petit rire nerveux. "Tu me dis ça à quelques minutes du service ? Tu ne crains pas les ennuis, Sugar Cake." mordillant mon cou, incapable de résister, corps démarrant joliment.

"Je ne ferai jamais la même connerie que Mirza."

"Je te le souhaite, orque femelle." relevant sur moi son hétérochromie. "Toi, ce n'est pas d'une potentielle maternité dont tu te servirais pour garder les hommes en laisse." me faisant lever les bras, paumes gantées glissant sensuellement le long. "Toi, c'est du sexe dont tu te sers sans vergogne. Et ça a déjà fait ses preuves. Sur Floyd, notamment."

Il passe la langue à la perpendiculaire de mes lèvres, partant du menton jusqu'au bout du nez.

"Ja... de..." électrisée.

"Il semblerait que nous ayons une prédilection pour la même arme, orque femelle."


J'ai le ventre chamboulé durant tout le service. Mission accomplie pour celui qui officie derrière le comptoir et dont le sourire demeure plaqué sur les lèvres, exposant ses pointes parfaitement imbriquées.

Même Floyd le remarque. "Qu'est-ce que t'as à sourire comme ça depuis tout à l'heure, toi ?"

"Ne m'est-il plus permis d'exprimer mon humeur ?"

"Tu réponds à une question par une question. Je déteste ça, Jade."

"Très bien. Je songeais à un réfractaire à la signature que j'ai brisé avant le service. La réponse te satisfait-elle ?"

"T'as utilisé quoi ? Des mots ?"

"A ton avis, Floyd ?"

"Raaaah, tu vois, tu recommences !..." le désignant de l'index.

"Tout autre chose ; tu l'as noté comme moi, n'est-ce pas ?..." désignant un client du menton.

Floyd tourne la tête en direction de la salle, regard prenant la direction indiquée par Jade.

"Nan, pas fait gaffe mais maintenant que tu le dis ; il la bouffe du regard. C'est un occasionnel ?"

"C'est la première fois que je le vois." vaquant à ses occupations derrière le comptoir.

"Ouais. A voir s'il insiste."


Installé en travers d'un tabouret, Floyd fixe l'individu. "Allez, vas-y, commande encore un truc et là..."

"Je m'en occupe, Floyd." quittant son repaire derrière le comptoir pour s'avancer jusqu'à la table en question, me devançant.

"Monsieur ?"

"Ah. Je voulais la jolie serveuse." me cherchant du regard dans la salle.

"J'ai noté qu'elle était à votre goût. Nous faisons quelques petits extras après le service. Si vous êtes intéressé..."

"Et comment !... Elle est... bandante."

"Et c'est un de nos meilleurs éléments." sur un sourire crispé. "Je note donc votre nom, si vous me le permettez, Monsieur ?"

"Angelo Snow."

"Bien. Nous fermons d'ici... une petite demi-heure." consultant son élégante montre de poignet avant de noter le nom et regagner le comptoir devant lequel se trouve toujours Floyd.

"C'est bon ? J'peux aller le chatouiller ?"

"Pas encore, Floyd."

"Nan mais regarde comme il bave sur elle, quoi." serrant le poing de sa main directrice.

"Il est certain qu'il la trouve très à son goût."

"C'est quoi, le plan ? Je dois rester là et assister à ça ?"

"Du calme, Floyd. J'ai proposé à Monsieur une petite session spéciale à la fermeture."

"Hein ? T'as quoi ? T'es... taré ou quoi ?!"

"Floyd. Tu pourras le chatouiller autant que tu le voudras. Plus tard." sur un sourire bien senti.

"Ahhhh~ ! OK, je vois !..." large sourire.


"Hep ! Poulette, viens par ici." m'apostrophant.

Je fronce, cherchant Floyd du regard.

A ma grande surprise, ce dernier s'installe à côté de l'impoli. "Elle est chouette, hein ?"

"Ses courbes, c'est quelque chose !..."

"Ouais. Elle affole tous les clients !..."

"Et les serveurs aussi, visiblement."

"Bah hey, tant qu'on a des yeux, on en profite." Menace à peine déguisée.

"Paraît qu'elle fait des extras après le service ?"

"Ouais. Mais ça, faut voir avec mon frère. C'est lui le... chargé de comm, si tu vois c'que j'veux dire."

"J'suis sûr qu'elle vaut le détour."

Jade s'installe en face d'eux. "Bien." coude élégamment posé sur le dossier du canapé. "Tu as une seconde ?"

Je m'approche. Il place l'index habillé sur ses lèvres, m'enjoignant de me taire.

Écartant les jambes, il m'attrape par les hanches pour me faire asseoir.

"Sugar Cake, Monsieur te trouve, je cite, "bandante". Ce que tu es, à n'en point douter."

Je fixe Floyd, totalement incrédule.

"Je propose que nous montrions à Monsieur quels sont tes goûts." approchant la bouche de mon oreille. "Embrasse-moi, Sugar Cake. Maintenant."

Je le fixe. Son sourire est terriblement joueur.

Nouveau regard rapide à Floyd. Ce dernier fixe l'individu comme s'il tenait déjà sa gorge en mains.

J'avise à nouveau Jade. Puis je commence à parcourir ses lèvres de baisers de plus en plus pleins. Nos langues finissent par jouer, nous faisant soupirer à l'envi.

"Je... hey !..." désarçonné.

Floyd vient de se lever pour contourner le canapé et se fixer dans le dos du gars, attrapant sa gorge dans une clé musclée de bras.

"Bon, on va être clairs : cette meuf, c'est chasse gardée. Et il n'y en a qu'un qui a le droit d'y poser les pattes, c'est mon frère."


(*) "Il me dit que je suis belle" Patricia Kaas.