Chapitre 365 : Trash demon
"Mon petit Sebastian." ouvrant la porte de sa chambre. "Veille à y mettre un peu d'ordre, veux-tu ?"
Elle se trouve en jupon - à moitié nue pour ainsi dire.
"Vous m'en voyez navré, Madame, mais je n'obéis qu'à une seule voix. Tel un chien fidèle."
"Allons bon, quelle manque de convenance !..."
"Faites-en la demande à Mademoiselle et, si d'aventure elle l'avalise, je m'exécuterai."
Elle hausse les épaules, vexée. "Voilà une mouvance bien anglaise."
"Si vous avez des doléances à mon égard, merci de..."
"... faire remonter à ma nièce, je le sais ! A se demander où sont passés les hommes de goût !..." claquant la porte de sa chambre, furieuse.
"Ufufufufu. Me voici tranquille pour un moment." prenant la direction de ma chambre, y entrant, tirant les rideaux opaques. "Mademoiselle ? Il est l'heure."
"Hmm ?..." me terrant sous les draps.
"Allons, allons. La journée va être magnifique et j'ai surpris votre cousin qui donnait l'ordre au palefrenier de seller deux chevaux."
Il pose le plateau garni sur le lit, s'y asseyant pour lever mes oreillers et les placer dans mon dos.
"Je vous ai donc préparé quelque chose de consistant, ne souhaitant pas vous voir défaillir en pleine promenade."
"Trop aimable."
Il se dirige vers l'armoire pour y dénicher la tenue adéquate.
J'en profite pour admirer son corps superbe rehaussé par le port de sa tenue de butler.
"Je suppose que tu ne te joindras pas à nous."
"En effet. Ma place demeure aux cuisines."
"Ma tante..."
Il rit. "Ne vous en tracassez pas. Elle mettra un certain temps pour se remettre de la vexation que je lui ai infligée. Profitez de cette balade. Et retrouvons-nous plus tard, à l'heure du déjeuner."
Bernard n'a évidemment pas fait part de son ressenti par rapport à Sebastian - mon cousin demeure très secret à propos de ces choses même s'il est parfois capable d'être très cash.
Pendant ce temps, butler Michaelis officie en cuisine après avoir fait l'achat de quelques emplettes dans le village voisin.
Les menus qu'il propose sont tout bonnement divins !
Tout le monde se régale. "Prenez-en de la graine, Rosine." assène ma tante à la jeune soubrette dont le passe-temps principal demeure de dévorer mon cousin du regard, d'afficher et de lui proposer ses charmes pour le moins grossiers. Rosine et moi, ça a toujours été à couteaux tirés.
"Quelle délicieuse famille vous tenez là." dans une réplique suintant le cynisme.
Je ricane. "Une famille comme les démons les affectionnent ?..."
"Correct." canines se découpant de sa dentition, réaffirmant sa nature surnaturelle.
"Qu'en est-il de ta promesse ?..."
"J'en fais tant. Laquelle ?" haussant les épaules, se fichant ouvertement de moi.
"Cesse de te payer ma tête, démon." furieuse. "Celle de me faire goûter ta véritable nature."
A son tour de ricaner. "Y tenez-vous sérieusement ?..."
"Je veux goûter ta noirceur, Sebastian."
Il cesse son pas, me regardant, sa forme parfaite commençant à flouter, faisant danser sa silhouette en de volutes de particules sombres. "Celle-ci ?..."
Les particules dansent autour de moi, partant de sa queue-de-pie.
"Celle-ci." le fixant droit dans la pupille qui vient de se fendre, regard rougi par la montée de son pouvoir qu'il débride volontairement.
"Ma nièce, j'ai à me plaindre de ton majordome !" s'insurge ma tante.
"Allons bon." croisant les bras, prête à une bonne partie de rigolade, Sebastian se tenant non loin de nous. "Que se passe-t-il, ma tante ?"
"Je ne comprends pas cette règle stupide de n'obéir qu'à tes ordres. C'est proprement absurde !..." agitant les bras.
Sebastian ricane. "Sauf votre respect, vous n'êtes décidément guère au fait des us et coutumes anglaises, Madame."
Là, clairement, Sebastian, son respect tu viens de le violer !...
"Je vous demanderai de vous plier à mes ordres ou de quitter mon toit." sèche et extrêmement vexée.
"Nous... sommes-nous faits mettre dehors ?..." questionne innocemment Sebastian alors que nous sommes sur le chemin du retour.
Je ris. "Absolument. Parce qu'un démon n'a pas voulu se plier aux caprices de la maîtresse de maison."
"Ah." finissant par sourire. "Le fait est que je ne le regrette absolument pas."
"Quel genre de relation entretenons-nous, Sebastian ?..." tête reposant sur son torse après l'amour.
"Vous me le demandez alors que vous m'avez activement fait tomber dans le piège ?..." amusé.
"Il n'est aucun piège dans lequel tu tombes sans sciemment l'avoir voulu, Sebastian."
"Touché." souriant.
"Une relation de plaisir ?..."
"Certainement pas de servitude."
"Eprouves-tu réellement du plaisir lorsque nos corps se mélangent ?"
"Chercheriez-vous à m'offenser, Mademoiselle ?... Les rauques qui enflent dans ma gorge ne sont-ils pas suffisamment éloquents à vos oreilles ?..."
"Nous sommes proches pour ainsi dire... pourtant j'en sais très peu sur toi."
"Contentez-vous de la surface." caressant mes cheveux. "Je n'ai aucune intention de divulguer quoi que ce soit sur mon compte. Et même si je me l'autorisais, que cela vous apporterait-il ? Cette apparence vous plaît ?... Profitez de ce qu'elle vous offre. Nous parlions de tuer le temps... cette activité est toujours plus plaisante en agréable compagnie qu'en solitaire. Même pour un démon."
Je bascule le regard sur lui, m'offrant une vue en parfaite contreplongée.
"Croyez-le ou non, il existe peu de femmes pour lesquelles j'ai pris la peine de me défaire ainsi de mes vêtements."
"Tu es pourtant très beau nu." le flattant de la paume.
"Là n'est pas la question. Pour ce que j'avais à faire, mon seul sexe suffisait." sur un sourire vicieux.
"Demain, c'est jour de marché. Si nous allions y faire un tour ?"
Il cligne, finissant par rire. "Vous n'en finirez jamais de m'étonner, Mademoiselle !..."
Ces senteurs !... Je kiffe le marché et sa clameur. Sebastian manque de me perdre devant chaque stand.
"J'aimerai savoir... quels sont les goûts d'un palais de démon."
"Sensible aux saveurs pimentées. Mon jeune maître a eu tôt fait de rejeter la bouchée enfournée lorsque je lui ai servi son premier repas." s'en souvenant comme si c'était hier, amusé.
"Ah, il a fallu que je tombe sur le seul démon qui ait des principes !..." plaçant les mains derrière ma tête.
"La fidélité vous poserait-elle problème ?..."
"Rien que le terme sonne comme une grossièreté et demeure gage d'un ennui certain." croquant dans une pomme achetée.
"Je vous l'accorde. Surtout si l'on prend pour référence l'éternité."
"Sebastian ?... Comment est-ce d'avoir forme humaine ?..."
"Terriblement réducteur." alors qu'il me tient contre lui, nos corps formant cuillère.
"Si... tu étais à mon service ?"
"Sous contrat, voulez-vous dire ?"
"Oui."
"Eh bien... je m'appliquerai à accomplir vos souhaits les plus chers."
"La magie se paie toujours au prix fort. Que réclamerais-tu en retour ?"
Il attrape ma main pour en baiser le dos, faisant apparaître les pointes de sa canines. "Votre âme."
"Qu'en ferais-tu ?..."
"Un festin." sourire de plus en plus affamé.
"Tu t'étoufferais avec." amusée et peu craintive.
"Oseriez-vous la comparer à un vulgaire gâteau sec ?" diverti par notre petite conversation. "Je demeure certain qu'elle déborde de saveur au vu de l'expérience que vous avez accumulée au cours de ces siècles d'existence."
"Et la tienne, Sebastian ?... Est-elle vide à ce point pour que tu sois dans l'obligation de dévorer des âmes étrangères ?..."
Il me fixe. Son visage demeure incrédule avant d'arborer un pli cynique. "Redoutable." savourant le mot qui roule sa langue comme un terme qu'il n'a pas l'occasion de prononcer fréquemment.
Je saisis lentement son visage entre mes paumes. "Tu es très différent des fléaux que j'ai pu rencontrer ou combattre. Tu fais partie d'une caste à part."
Je remonte les mains le long de ses bras jusqu'aux épaules. "J'aime ce à quoi tu as choisi de ressembler, Sebastian." l'embrassant un long moment, cherchant sa langue pour la faire danser.
"Tu possèdes... une saveur bien différente de celle de Mahito..."
"Mahito ?... Oh, s'agit-il de ce jeune fléau ?..."
"Hmm mmm. Toi, tu sais. Tu as de l'expérience avec les femmes notamment. Tu sais exactement de quelle clé user pour pénétrer dans la chapelle et dépouiller le chœur. Tu es... un mix de plusieurs folklores, Sebastian." paume remontant le long de sa cuisse. "Powerful and advised."
Notre conversation le régale. "Même mon jeune maître n'en sait pas tant sur moi."
"Un enfant, même souillé, demeure un enfant. Seuls les êtres capables de se rapprocher de ta nature sont en mesure de cerner tes capacités. Je te cite Undertaker ou ce sera suffisant ainsi ?..."
"Tiens, tiens. Je me demandais à quel moment ce nom allait tomber." de plus en plus délecté par la tournure de notre conversation. "Long time no see, uh ?..."
"Il est à ses affaires. Et moi aux miennes."
"Le fait de vous savoir dans mes bras risque fort de très peu lui plaire. A défaut de lui convenir."
"Il en fera son affaire. De toute manière, ton temps est compté, Michaelis."
Il fronce. "Je risque fort de l'entraîner dans ma chute. Etes-vous prête à le voir agoniser sans repentance ?..."
"L'idée même de repentance lui est amer. Undertaker m'est semblable ; il a nourri beaucoup d'illusions jusqu'à ce qu'elles se brisent toutes. Et ce sans l'intervention du moindre démon." glissant la mèche de cheveux sombre derrière son oreille, admirant ses traits fins. "Votre combat n'est pas le mien. Et je respecte bien trop Undertaker pour m'immiscer." finissant par me hisser sur lui, bassins en contact, l'observant avec un sourire. "Si nous faisions ce que nous savons faire de mieux, butler ?..."
Nous nous trouvons au pub King's Bear. Je note que les prostituées lorgnent sur Sebastian.
"Si je n'étais pas présente, elles t'accosteraient toutes."
Petit rire de sa part. "Je suis déjà venu ici seul et j'avoue être ressorti avec une fille à chaque bras." clin d'oeil.
"Quite a seductive demon, aren't you ?..."
"Cette apparence m'a semblé la plus appropriée pour mon jeune maître. Mais jamais je n'aurai pensé qu'elle trouve ainsi grâce à vos yeux. Je vous pensais plus à cheval sur l'étiquette ; que jamais, du fait de votre statut, vous ne vous mêleriez aux gens de maison."
"Le statut social m'importe peu du moment que la personne me plaît."
Il sourit, laissant dépasser ses canines.
"Tu ne devineras jamais quelles idées déplacées se bousculent actuellement dans ma tête, Sebastian..." soufflé.
"Je ne cracherai pas sur un indice."
Je m'approche de son oreille et il penche volontiers la tête vers moi.
"Tes habits sont certes de prix et très beaux... mais ta peau m'est plus précieuse encore."
"Haah ? Dois-je comprendre que vous m'en débarrasserez une fois que nous serons à l'abri des regards ?" glissant la bouche jusqu'à mon oreille.
Une fois revenus à demeure, je l'invite à demeurer debout devant le lit.
Je me saisis de ses mains pour retirer l'attache des gants et les faire glisser, dévoilant le sceau sur la gauche.
Puis mes mains remontent le long de son torse, sur le gilet sans manches, glissant jusqu'aux épaules, sous la lourde veste en pure laine vierge du Yorkshire, que je fais glisser le long de ses bras qu'il tient près du corps. La veste est très lourde, doublée, de très grande qualité. Je la dépose sur le lit, faisant le tour de lui. Il se contente de me suivre du regard, émoustillé par ce qui va suivre.
"Oui, décidément, cette forme me plaît beaucoup." m'en pourléchant les lèvres.
Nous sommes entre connaisseurs. Je peux donc me laisser aller à quelques extravagances.
J'avise les attaches du gilet sans manches ; ces attaches d'ajustement en satin placées en bas du dos. M'avançant, je déboutonne lentement le gilet pour l'en défaire, préservant la montre-gousset dans sa poche.
Je le fais asseoir en bord de lit et glisse les paumes le long de ses cuisses, ployant un genou devant lui, descendant le long de la jambe jusqu'aux vernies dont j'ouvre les lacets, les lui ôtant des pieds.
Je glisse les paumes le long de ses cuisses, ployant un genou devant lui, descendant le long de la jambe jusqu'aux vernies dont j'ouvre les lacets, les lui ôtant des pieds.
Puis je l'invite à se relever pour poursuivre ma petite séance privée.
"Je serai en d'autres mains, je trouverai cela à la limite du déplaisant."
"Et là, tu ne trouves pas cela déplaisant, Sebastian ?..."
"Absolument pas. Au contraire." avisant son sexe qui monte face à la situation pour le moins inédite. "Vous nourrissez mon impatience à m'en faire outrageusement enfler."
Je passe devant lui. "Embrasse-moi."
Il s'y emploie, mains entourant mon visage, langue en rappel.
Je flatte ses canines de la mienne, à m'en faire poindre le sang. Il savoure, déguste, dans un geignement vibrant, pupilles se dilatant à mesure.
"You are the embodiment of sin."
"My, my. You flatter me."
Mes paumes se promènent à leur guise sur lui.
Le moment est venu de le désarçonner. Pour ce faire, j'ouvre l'attache de son pantalon pour pouvoir y glisser la main et caresser ce sexe qui n'a de cesser de monter, doigts agiles, glissant le long de la hampe, le comprimant entier contre son propre ventre.
Il entrouvre la bouche, laissant passer un grognement conquis.
Petit sourire. Basculement.
Sur le lit, lui sur moi, m'observant avec un intérêt pour le moins charnel.
Il ouvre le corset boutonner, délivrant mes seins qu'il flatte des doigts et de la bouche, avide.
Entre mes jambes, ça ne cesse de grandir.
"Tu abdiques avant l'entracte, butler ?..."
"Vous me rendez tout bonnement plus maître de moi-même."
"Voyez-vous cela..." caressant ses mèches sombres.
Il m'embrasse, langue pourchassant la mienne dans des jeux insolites.
Retroussant mes jupons, il descend ce qui entrave mon sexe.
Il ne bataille pas longtemps pour s'octroyer l'accès, me flattant de ses doigts, parfois effleurant, parfois intrusif, toujours dans le bon rythme. Ah, butler !... Tant d'expérience...
Descendant ce qu'il porte encore à mi-cuisses, il comprime sa partie éclose contre mon antre, flattant également plus haut pour appeler mes sensations.
Bientôt nos halètements se font écho.
Je m'attache à ses épaules, geignant mon plaisir à son oreille.
Se guidant d'une main, il flatte et ne pénètre que sur la longueur du gland sensible - me rappelant furieusement la manie d'un certain B ! - me faisant bientôt plus que geindre !...
Cette manière, j'y ai toujours été diablement sensible !
Le jeu ne manque guère son effet, le plongeant lui aussi dans les abysses du plaisir.
La sensation est telle qu'elle nous plonge l'un et l'autre dans un effet second.
"Qu'est-ce qui... te plaît autant dans... ce jeu ?..."
"C'est... haaaan... m'interdire le coup de reins... fatidique... mmm..."
"Sebas..." n'étant plus que plaisir.
Il n'accélère ni ne s'autorise la pénétration intégrale, appelant ainsi toujours davantage de plaisir, sexes poussés à bout de sensations.
"But... ler..." pupilles partant à la dérive, totalement vouée à lui.
Son visage entier crispe puis relâche, paupières papillonnant sous l'afflux de sensations.
Le voici enfin, ton véritable art, butler !...
Regarde-toi, Sebastian... ton visage, ton joli, merveilleux visage est défait de plaisir intense, tes mèches règnent en pagaille sur ton front.
Nos corps spasment et pourtant il refuse d'accélérer, baigné de plaisir jusqu'au fond des reins, incapable de déguiser plus longtemps la forme originelle de ses pupilles.
Il se libère un instant pour glisser habilement ses doigts entre les miens, faisant de moi sa prisonnière pendant qu'il poursuit plus bas.
"Montre-moi... Sebastian... montre-m..."
"Vous... mmm... ooooh... montrer ?..."
Mon regard descend le long de son torse. "Ton... se... xe..." haché.
"Cela forcerait... à... rompre le contact... y tenez-vous... vraiment ?..."
"Je veux... voir l'état... de..."
Il crisse des dents, montant les hanches pour me présenter un sexe dont l'extrémité ultra-renflée est rosie, à la limite du carmin, tant les sensations l'assaillent.
Après m'avoir offert cette vue exceptionnelle qui fait bondir mon désir déjà ardent, il retourne rapidement à sa besogne, le renouvellement du contact nous faisant grogner de plaisir.
Ses expressions - lèvres pincées, inférieure tenue entre ses dents, pupilles totalement à la dérive sous la lourde rangée de cils sombres, paupières qui papillonnent - témoignent de ce plaisir immense qui prend le pas sur lui, alimenté par la notion de l'entrave - se refusant la pénétration totale qui précipiterait immanquablement sa jouissance.
Il nous arrache du matelas !...
Les choses se précipitent perceptiblement lorsqu'il atteint le point de non-retour avec une accélération des mouvements, sans toutefois me visiter totalement.
Nous ne sommes plus que course au plaisir et lorsque l'orgasme déferle, nos voix se coupent tant la sensation nous est aiguë !...
Il ne cesse pas pour autant, bougeant toujours à plaisir, entretenant des sensations qui s'élèvent presque jusqu'à une nouvelle déferlante puis retombent.
"Sebas..." violemment emportée.
Je descends la main pour atteindre son pubis, le faisant à la fois se contracter et spasmer de tout le corps, lâchant un rauque éloquent.
"Made... moiselle... cette zone est..."
"... sous haute tension ?..."
Il sourit et j'y retourne à plusieurs reprises, lui prodiguant la même, incroyable sensation à l'en faire tressaillir comme si un arc électrique le traversait de part en part !...
Il finit par basculer sur le dos, souriant de notre exploit, après de longues minutes à dispenser un plaisir proche de l'orgasme.
