Chapitre 367 : Hear you calling

Je l'avise, en appui sur un coude. "Qu'est-ce que ces yeux ont pu voir comme aberrations ?..."

Il sourit. "De quoi noircir les pages de plusieurs volumes."

Je descends les doigts sur la gorge, dessinant la jolie pomme en relief. "Assurément, tu sais imiter le corps humain à la perfection, démon Michaelis." appréciant ce qui se déploie sous mes yeux.

"Plusieurs millénaires d'observation attentive m'ont été profitables."

Mes lèvres regagnent les siennes. Il a une façon d'embrasser qui rend accroc ; des lèvres mobiles, une langue agile, une saveur de guimauve épicée.

J'avoue être totalement fascinée et complètement sous le charme de cette créature.

"Ce que j'aime par-dessous tout, c'est..." m'approchant de son oreille. "... te déshabiller."

Son sourire s'allonge. "Je note que vous appréciez subtiliser la tâche qui me revient de droit."

"J'ai beaucoup apprécié notre intermède au cirque."

Notamment lorsque nous nous sommes rendus, de nuit, sous le chapiteau et avons gravi l'échelle de corde menant à l'une des deux plateformes. Sebastian a alors attrapé un trapèze. "Après vous."

"D'accord mais... sans tes gants, je te prie."

"Pas de problème. Je pense que personne ne verra le sceau dans cette pénombre, même si nous venions à être interrompus." retirant un gant après l'autre, trapèze maintenu enfilé dans un bras, les glissant dans la poche de sa veste, me présentant le trapèze, une fois chose faite, galant.

Je m'élance et il suit, en contre-balancier.

Nous nous essayons à quelques figures acrobatiques dont seuls des êtres surnaturels sont capables, virevoltant dans les airs sans aucune pression de l'apesanteur. Il me rattrape par la main, en position renversée, barre à l'arrière des genoux. Nous visons la complexité, mettant nos corps à l'épreuve sans en souffrir le moins du monde !...

Il me propulse jusqu'à la plateforme et j'attrape un autre trapèze, virevoltant de l'un à l'autre.

Nous nous amusons beaucoup sur cet agrès qui permet bon nombre de prouesses !...

Nous finissons à deux sur la même barre, debout, nous laissant balancer, son nez dans mes cheveux, corps face-à-face.

"Je passe... un délicieux moment..." sourit dans mes cheveux.

"Moi aussi, démon Michaelis." l'enserrant étroitement, mains dans son dos.

"Jamais je n'aurai pu imaginer que vous nous laisseriez partager de tels jeux."


Je m'amuse beaucoup des manières prises par le majordome - notamment celle de faire un usage détourné de certains couverts ; fourchettes et couteaux. Quand il est question de sortir l'argenterie, le butler quitte totalement les sentiers battus !...

Ces armes deviennent purement létales entre ses mains gantées et se retrouvent fichées avec violence et vitesse dans le corps de ses adversaires.

Autant dire que Mr Butler vous ruine ainsi le budget dédié aux arts de la table !...

"D'où t'est venue l'idée ?..."

"La cuisine recèle autant de mystères que d'armes. Notre chef, Baldroy, s'est déjà servi de farine comme poudre explosive." sur un sourire fort amusé.

"Visiter les cuisines du manoir Phantomhive s'avère pour le moins risqué. Surtout lorsqu'on n'y est guère invité." rit.

"Ne m'en parlez guère !... Un homme d'affaires italien a d'ailleurs manqué de justesse de passer au four." de plus en plus amusé, gant masquant son sourire qui s'élargit.

"Tu... me fais marcher ?..."

"Je ne me le permettrai pas. Et je suis on-ne-peut plus sérieux, Mademoiselle. Il m'est également déjà arrivé de me servir d'assiettes ou d'un plateau pour venir à bout d'une indésirable invasion."

J'éclate de rire. "Ah, démon Michaelis, ton art de la table est fascinant !..."

Il s'incline légèrement en avant. "Je pourrai vous y initier si vous le souhaitez."

"Ah, démon... j'aime la façade et ce qu'elle camoufle." l'attirant à moi par les pans de sa veste, cherchant ses lèvres. "Sebastian, raconte-moi une histoire croustillante."

Il élargit les yeux, finissant par pouffer. "Ufufufufu !... Mademoiselle, enfin !... Sont-ce là des manières de demander une telle chose à un gentleman ?"

"Je ne le demande pas au gentleman mais au démon plus que millénaire."

"Oh ? Dans ce cas..." m'affichant ce petit sourire faisant pointer ses canines. "Approchez. Que je vous le glisse dans l'oreille..." faisant un cache de sa main pour mieux murmurer la confidence. "Il m'est arrivé de me grimer en prêtre pour entendre les confessions de pauvres villageois en quête de rédemption. Je dois avouer que je n'ai pas été déçu du stratagème."

"As-tu encore leurs crimes en tête ?..."

"Bien évidemment, Mademoiselle. Je m'en régale souvent en les repassant en revue le soir venu, lorsque je veille mon jeune Maître."

"Je reconnais bien là ton côté impie, Michaelis, à nourrir de telles pensées en présence d'un enfant."

"Je donne admirablement le change, que voulez-vous." amusé.

"Raconte-moi la plus croustillante, dans ce cas." suspendue à ses lèvres.

"Qu'êtes-vous prête à m'accorder en échange d'un tel récit ?..." joueur. "Je pourrai me montrer gourmand et exiger des informations capitales en retour." index barrant ses lèvres, toute la cupidité de sa véritable nature refaisant surface.

"Aurais-tu décidé de te montrer contrariant aujourd'hui ?..."

"C'est que je commence à prendre mes aises."

"Me considérer comme acquise serait une grossière erreur tactique, Sebastian."

"Ne m'enjoignez pas à resserrer les griffes, Mademoiselle."

"Petit démon... tu penses encore me voir picorer dans le creux de la paume ?..."

"Ce n'est vraiment la métaphore que j'aurai employée mais pourquoi pas."

"Ton récit tarde." agacée qu'il me résiste ainsi.

"Vous manquez d'y mettre le prix. Je me vois donc contraint de me taire." de plus en plus émoustillé par le jeu.

"Dois-je comprendre que tu préférerais me livrer le récit entre deux geignements de plaisir ?..."

"Geignements ?... Oh please, make me scream of pleasure."

Je le fixe. Ses pupilles viennent de se fendre. 666 est aux commandes.

"Very well, Mr Butler." le conduisant jusqu'au lit pour le faire asseoir, me coulant entre ses jambes ouvertes, mains le déboutonnant pour le faire saillir, lui attribuant quelques caresses avant d'y joindre mes lèvres, serrées au possible autour du gland à peine éclos, avançant lentement, sans rompre le contact visuel.

Entre mes doigts, le volume et la raideur s'affichent.

"So. Make you scream, uh ?..."

"Loud." approchant sa bouche de mon oreille, déviant pour m'embrasser chaudement, à m'en remuer les reins.

Je m'intéresse à ce qui batifole entre mes mains, langue passant lentement sur la hampe en relief, m'attaquant aux zones les plus érogènes, notant que le rose vif commence à prédominer, ce qui atteste d'une réelle montée de plaisir.

Sa respiration se fait plus lourde, tout son corps heurte. Son ventre semble habité par des milliers de picotements délicieux.

La sensation lui est exquise. Et plus j'insiste, plus le plaisir s'élève et prend son envol.

Bientôt la respiration se fait haletante puis geignante.

Je glisse la pointe de la langue dans l'interstice, lui arrachant un premier jet vocal.

Ma main accompagne les attentions de ma langue. Je le fais monter lentement. Très lentement.

Comme à son ordinaire, il gère, possédant le contrôle sur son corps là où beaucoup d'hommes auraient déjà abdiqué.

Il demeure tant occupé à maîtriser la tension qu'il peine à camoufler sa véritable nature via ses yeux et ses canines qui viennent régulièrement se planter dans sa lèvre inférieure, la plissant d'une sensuelle façon.

Mais lui aussi a des limites... son sexe n'en peut plus de tenir sa jouissance en bride !... Il suinte, appelant la délivrance. Ceci dit, sa voix ne monte pas suffisamment haut à mon goût.

J'effectue une pression des doigts pour empêcher l'atteinte du point de non-retour, lui arrachant une salve grognée. Ses cuisses entières spasment sous le tissu noble du pantalon.

La douleur, associée au plaisir à qui ont refuse l'expression, le tend comme un arc. "Oooooh that's... so spicy !..." soulevé du lit. "This... savour... mmm..." voix vibrante. "Give me... more !..."

Je l'avale. Il lâche un cri aussi surpris que ravi, palpitant durement au fond de ma gorge.

Ses mains gantées viennent de regagner mon visage, de part et d'autre, corps entier pris de tressaillements. "I... can't... hold it back... any furth..." explosant littéralement dans ma bouche, s'y égarant puissamment par salves successives et généreuses.

Je me hisse sur les genoux, rejoignant son torse et son cou moite, recueillant la sueur du bout des lèvres.

"Alors, ce récit ?..."

"Allons, allons, Mademoiselle... Que faites-vous... du précieux secret de la... confession ?..." index barrant ses lèvres, air plus joueur que jamais, souffle encore joliment détraqué.

You bastard ! Et ça le fait sourire, en plus !


Je l'observe alors qu'il rajuste sa veste queue-de-pie devant le miroir.

"Tu me le paieras, Sebastian, tu le sais, ça ?..."

"Je vous découvre donc mauvaise perdante ?..." esquissant un sourire pour le moins exalté.

"Une chose est certaine : tu ne l'emporteras pas au paradis."

"Cela, je puis en attester, en effet." amusé.

"Démon."

Il fait volte-face, s'inclinant, main sur la poitrine. "Pour vous servir."


Nous avons pris nos marques sur le marché, accueillis tels des rois par certains marchands, nous faisant volontiers goûter leur dernière production.

La misère grandissante pousse les plus hardis des mendiants à se lasser de quémander et en fait d'habiles voleurs. Sauf lorsqu'ils tombent sur le diable lui-même...

"Well, well." attrapant la main coupable par le poignet, bourse tirée hors de la poche intérieure de la veste doublée. "Les cloportes font preuve d'une certaine insolence, ces temps-ci." exerçant une pression suffisante sur les os du poignet pour faire grimacer le voleur et lui faire lâcher le butin qui tombe dans l'autre main gantée de Sebastian.

Il libère lentement de poignet broyé. Un regard - celui du diable - appuyé d'un petit sourire et voici notre homme en fuite, renversant les chalands au passage.

"Aaah... encore bien habile de ses jambes malgré la faim qui lui tenaille l'estomac." s'imaginant le briser totalement.


Sebastian glisse l'index entre chaque passage de lacet, donnant du leste au corset de couleur pastel.

Il récupère le corset par devant, dans sa paume ouverte, ganté.

Mes seins se trouvent enfin libérés.

Il passe lentement l'article par-dessus ma tête.

Vient alors le tour du jupon.

Jamais homme ne m'a déshabillé avec le tact de Sebastian.

Placée devant lui, devant le miroir, il attrape l'élastique de ma culotte de dentelle pour la faire lentement glisser, dévoilant mon sexe.

Son sourire dévoile ses canines lorsque le miroir reflète une quasi-nudité.

Sans presque le vouloir, son gant immaculé effleure la légère toison, cherchant la zone la plus réactive, la trouvant sans aucun mal. Son menton vient de se poser sur mon épaule, regard rougeoyant planté dans le mien via le reflet.

"Dis-moi..." glissant une main jusqu'à sa nuque. "... as-tu déjà songé faire un usage détourné du magnifique escalier central du manoir Phantomhive ?..."

Il me fixe, sourire étirant lentement ses lèvres. "Non. Mais je vois très bien où vous voulez en venir."

Son autre main vient de rejoindre la directrice, flattant mon sexe du tranchant des mains.

L'assaut est, comme chaque fois, habilement menée.

"Et vous souhaitez faire cela... dans cette tenue ?..." me fixant toujours, sans ciller.

"Je me vois mal faire cela sous le nez de ton jeune Maître..."

"Il lui arrive de dormir, vous savez."


J'ai revêtu ma tenue de scène - un body sombre rehaussé de strass.

L'escalier central se divise en deux à son extrémité, permettant d'accéder aux ailes opposées du manoir.

Il me pose là, s'abaissant sur une jambe, attrapant la mienne pour la placer sur son épaule, embrassant l'intérieur de ma cuisse, m'adressant un regard brûlant. Se détachant lentement de moi, il s'éloigne, d'un pas de patineur, se défaisant de sa veste avant de la quitter, se présentant à moi en chemise et gilet sans manches.

Nouvelle approche, attrapant ma jambe d'une paume gantée passée sous ma cuisse, m'ouvrant à lui, m'entraînant dans un simulacre de tango sensuel avant d'entrer dans la phase acrobatique à proprement parler durant laquelle nous défions les lois de l'apesanteur, virevoltant d'un point à l'autre de l'escalier, jusqu'à être interrompus par Baldroy passant par là, notant la veste de Sebastian posée là.

"Tiens. Il aurait oublié sa veste ?... Ce n'est pourtant pas dans ses habitudes."

Sebastian place son index en travers de mes lèvres, souriant, très amusé par la situation, planqués derrière une colonne de marbre travaillé.

Une fois Baldroy éloigné, nous reprenons notre petit jeu, nous frôlant à volonté, laissant le désir monter.

You let me violate you

You let me desecrate you

You let me penetrate you

You let me complicate you

I broke apart my insides

(Help me) I've got no soul to sell

(Help me) the only thing that works for me

Help me get away from myself

I wanna fuck you like an animal

I wanna feel you from the inside

I wanna fuck you like an animal

My whole existence is flawed

You get me closer to God

You can have my isolation

You can have the hate that it brings

You can have my absence of faith

You can have my everything

you tear down my reason

(Help me) it's your sex I can smell

(Help me) you make me perfect

Help me become somebody else

I wanna fuck you like an animal

I wanna feel you from the inside

I wanna fuck you like an animal

My whole existence is flawed

You get me closer to God

Through every forest

Above the trees

Within my stomach

Scraped off my knees

I drink the honey

Inside your hive

You are the reason

I stay alive(*)


"Le compte y est et la qualité également, comme à votre ordinaire, Mr Von Kreutzberg." lui adressant une enveloppe garnie.

"Merci. Vous transmettrez mes salutations au Comte." glissant discrètement l'enveloppe dans la poche intérieure de sa veste.

"Je n'y manquerai pas, soyez-en assuré." sans un mot plus haut que l'autre.

Évidemment il est hors de question de délivrer le moindre indice qui pourrait laisser deviner les jeux illicites auxquels il se livre en ma compagnie. Le Majordome sait être la discrétion même sur ce pan de nos vies.

"Finny. Place les caisses à l'abri, tu veux ?"

"Yes, Sir !..." s'y employant, usant de sa force titanesque.


Les serviteurs du domaine Phantomhive considèrent tous Sebastian comme leur supérieur. Et ses ordres ne sont jamais contestés. Tout au plus mal exécutés. La réprimande est rarement sévère. Celui qui, dès son entrée en service, a donné le plus grand fil à retordre à Sebastian est Baldroy. Ancien militaire US, l'homme demeure une tête dure aux méthodes peu conventionnelles et souvent brutales. Il est d'ailleurs le seul à avoir traité Michaelis de "pallid, shivering, spineless man who is good for nothing except for being pretty" dont le seul atout consisterait à être beau, justement, sans aucun autre talent. Une insulte bien machiste ; il est évidemment inconcevable d'être beau et doué, comprenez bien !...

Ce n'est pas tant l'insulte qui a accablé Sebastian mais bien l'attitude de Baldroy qui s'était permis, en sus, de cracher sur sa vernie. Cela s'est terminé par une correction au poing !

Car oui, Sebastian est capable d'ajuster son comportement face à un interlocuteur pour le moins cavalier.

Sur ce démon, les appâts qui fonctionnent généralement sur les hommes lambda ne possèdent aucun effet. La soif de sexe n'est drivée que par l'excitation du jeu.

Le grand kiff de Sebastian est de voir les gens tomber, victimes de leurs travers qu'ils tentent de fuir, quitte à y apporter une pichenette. Voilà bien tout l'art de 666.


(*) Nine Inch Nails - Closer