Prompt : Comment mourir


Petite mort.

Il y avait sans doute un million de façons de mourir. Ces chances augmentaient quand on était un super héros. Bakugo aurait aussi bien pu mourir en tombant d'un escalier, en avalant un truc de travers, en se choppant une maladie bien grave. Il aurait pu mourir en combattant un vilain particulièrement dangereux comme Shigaraki. Ou en s'évanouissant le nez dans une flaque. Les possibilités étaient infinies.

Il n'avait aucune idée de ce qui le tuerait, comme tous ceux qui ne pouvaient pas voir leur avenir. Il fallait vivre sans savoir quand surviendrait la mort, profiter à fond et tout faire exploser s'il le fallait.

Bakugo pensait rarement à ça, comment mourir, il s'en fichait, il comptait bien vivre et devenir le meilleur super héros. Si la mort venait le surprendre, il se tenait prêt à la buter.

Il ne s'attendait pas à mourir comme ça. À cause de cet idiot de Deku.

Izuku aurait pu faire un manuel : comment mourir en deux leçons.

Numéro 1 : foncer sur un vilain sans réfléchir quand on n'a pas d'Alter.

Numéro 2 : foncer sur un vilain sans réfléchir parce que Kacchan est en danger.

Pourtant il était toujours vivant, il tenait bon.

Tant que Kacchan était en bonne santé, il n'y avait pas de raison qu'Izuku meurt. N'est-ce pas ?

Il ne pensait pas que Kacchan serait le responsable de son trépas.

Si on leur posait la question, ils auraient répondu que la journée avait commencé comme d'habitude. Izuku s'était levé de bonne humeur, Bakugo du pied gauche. Le premier était impatient de commencer à étudier, le deuxième aurait tué tout ce qui se trouvait sur sa route tant qu'il n'était pas complètement réveillé. Ils étaient allés en cours, Izuku avait chuchoté dans son coin et Bakugo lui avait balancé une gomme à la tronche pour qu'il se taise.

Il n'y eut pas vraiment de déclencheur. Ou peut-être que si. Quand Mina avait lancé à Ochaco quand est-ce qu'elle faisait sa déclaration à Deku et que Bakugo avait entendu. Non pas que ça l'intéressait, hein ? La tête d'œuf faisait ce qu'elle voulait il s'en foutait.

Peut-être que ça avait été quand Izuku avait entendu une rumeur comme quoi des gens pensaient que Kirishima et Kacchan sortaient ensemble. Et alors ? pensa Izuku, tout en marmonnant pour lui-même « il aurait quand même pu me le dire ».

Quand les deux garçons s'étaient retrouvés par hasard face à face, ils se regardèrent et Bakugo fut le premier à exploser :

— Alors comme ça tu branches les filles maintenant ?

Izuku ne comprit pas de quoi il parlait, mais rétorqua :

— Et toi ? Tout se passe bien avec Kirishima ?

Bakugo se demandait ce que ce crétin aux cheveux rouges venait foutre dans la conversation.

— Je te parle pas de Kirishima, je te parle de la tête d'œuf, tu sais celle qui te court après !

— Et pourquoi je te parlerais de mes histoires d'amour puisque tu me caches les tiennes, rétorqua Izuku fâché.

— Ecoute-moi bien, quoi que te dise tête d'œuf, je peux faire mieux !

— Dans ce cas, quoi qu'il se passe avec Kirishima, ça peut aussi largement se passer avec moi.

Ils auraient pu se tourner autour longtemps comme ça, sans se comprendre, accumuler l'énervement et les tensions. Mais Bakugo n'était pas ce qu'on appelait patient. Il balança :

— Je vais t'embrasser d'ici trois secondes, t'as pas intérêt de fuir où je t'étrangle, mais ça te laisse le temps de te barrer si tu ne veux pas.

Izuku marmonna :

— Tu ne me laisses pas beaucoup le choix.

— Un. Compta Bakugo.

— Si je fuis tu me tues, si je reste tu m'embrasses. C'est quoi ces choix tout nuls ?

— Deux.

— Bon de toute façon, ce n'est pas comme si j'allais fuir.

— Trois. BOUM ! cria Bakugo.

Ils se jetèrent l'un sur l'autre au même moment et s'embrassèrent.

C'était comme mourir.

C'était arrêter de respirer, sentir son cœur partir en tachycardie, avoir les jambes qui flageolent, la tête qui tourne. L'impression que le sang fait demi-tour dans les veines. Ils étaient en train de crever, mais se seraient-ils sauvé la vie en se reculant ?

Non.

Mourir comme ça, ça leur convenait très bien.

Bouche contre bouche, langue s'emmêlant l'une à l'autre. Leurs mains se caressant les cheveux et le dos.

De toute façon, respirer c'était surfait, ils n'en avaient pas besoin, ils étaient l'oxygène de l'autre.

Voilà comment Izuku et Bakugo trépassèrent.

Ou au moins en eurent-ils l'impression.

Mais comme, bien sûr, ils voulaient remettre ça, ils finirent par se séparer, prendre de grande goulée d'air, se regarder aussi rouge l'un que l'autre. Ni l'un ni l'autre ne savait ce qu'il venait de se passer, mais tous les deux n'en avaient vraiment rien à faire des explications. Cette petite mort leur avait plu, ils recommenceraient.

Fin.

L'autatrice : un baiser pour tout régler.