Le jus d'orange était fraîchement pressé. Le café venait de finir de goutter dans la carafe. Le pain grillé embaumait la cuisine, et Dean cassa un dernier œuf qui commença aussitôt à blanchir dans la poêle chaude. Il s'était réveillé dans le lit de son frère, après lui, et sûr que Sam était déjà parti arpenter les sentiers autour du bunker, préparer un bon petit déjeuner lui avait semblé constituer un excellent moyen de lui témoigner sa reconnaissance pour la nuit étonnamment réparatrice qu'il avait passée à ses côtés.

La réunion des deux frères eut lieu bien vite lorsque, attiré par l'odeur des toasts, Sam fit son entrée, encore en tenue de sport. Dean eut un sourire réflexe en l'entendant franchir le seuil de la pièce et, sans relâcher la surveillance sur sa poêlée d'œufs brouillés, il lui lança d'un rapide coup d'œil par-dessus l'épaule :
- T'es revenu, ça y est ? T'as avalé combien de kilomètres, cette fois ?
Sam eut un bref sourire en retour et avança vers le milieu de la cuisine, son regard un peu étonné se portant tour à tour sur chaque élément du festin qu'avait concocté son frère. Il le sentit aussitôt ragaillardi et répondit succinctement :
- Cinq ou six, je sais pas trop... Qu'est-ce que c'est que tout ça ?
- J'espère que t'as faim ! rebondit l'aîné sans se départir d'un entrain un peu surjoué bien qu'authentique.
Sam faillit confirmer. Le fait était que son estomac n'aurait pas dit non à un copieux repas mais, à l'instant où ses yeux se posèrent sur Dean pour lui répondre, son appétit s'envola. Du moins, celui qui concernait la nourriture. Son regard se voila quelque peu face aux épaules de son frère bien encadrées par les plis de son épaisse chemise grise, et ses avant-bras dénudés, comme le cambré de ses reins, suscitèrent soudain son intérêt bien davantage que les fruits frais sur la table, alors qu'il se remémora le profond bien-être et le frisson qu'il avait éprouvés à son contact jusqu'à l'aube.
- T'as bien dormi ? demanda le cadet d'une voix aux tonalités plus chaudes.
Tandis qu'il s'avança lentement vers lui, sans bruit, Dean eut plaisir à lui avouer tout en modérant l'expression de son enthousiasme :
- J'ai connu largement pire... Sérieusement, ça m'a fait du bien. On finit par s'y faire, à ton matelas, tu sais ? Et toi ? Bien dormi ?
Dean n'avait cessé de remuer ses œufs pour les empêcher de coller et ne s'aperçut de la proximité de son frère qu'en sentant la main de celui-ci se poser soudain sur son épaule. Il se retourna spontanément de trois quarts, pour voir d'emblée le regard enjôleur dont Sam le couvait et l'expression caractéristique qui était la sienne en cet instant.
- Avec toi à côté, ça n'aurait pas pu être mieux, confia Sam en affectant un air charmeur, les yeux à la fois doux et perçants. Sauf peut-être... si j'avais moins dormi.
Dean sentit les deux mains de son cadet se poser sur ses hanches et lui fit face, l'air interloqué. La poigne de Sam était vigoureuse, le fin sourire à ses lèvres bien affirmé, et sa hardiesse aussi palpable qu'inattendue. Émanaient de lui des odeurs d'extérieur et d'effort. Les deux hommes se regardèrent dans le fond des yeux, ceux du puîné ne boudant pas leur intérêt pour les lèvres charnues de Dean qui, dans une intention de se mettre à niveau, redressa le menton histoire de se donner davantage de présence et ainsi dissimuler un peu du trouble que la manœuvre de son frère venait de provoquer. L'aîné des Winchester demeura cependant dans l'expectative, autant incrédule qu'incertain des intentions de Sam, qui les clarifia très vite en plantant sur sa bouche et sans crier gare, un fougueux baiser que Dean ne repoussa pas.

Retrouver avec Sam cette intimité coupable et ressentir de nouveau le bouleversement émotionnel qu'elle lui procurait, ce frisson d'exaltation pure alors même qu'il n'avait rien vu venir, fit tourner la tête de Dean quelques secondes. Le rose aux joues, il laissa ses lèvres accueillir celles de son frère, et quand Sam les lui mordilla avec gourmandise pour mieux les suçoter, il chercha instinctivement du bout de la langue celle de son cadet, sans l'atteindre. Il se sentit infiniment bien. Soudain ranimé. Comme si l'intensité du courant électrique qui activait ses cellules se faisait plus forte, ou qu'il voyait le bout d'un long tunnel dont il avait oublié jusqu'à l'existence pour enfin ressortir à l'air libre. Sans que cessât ce premier baiser échangé depuis ce qui lui semblait être une éternité, Dean sentit les mains de Sam glisser sur ses fesses, amenant leurs bas-ventres résolument enflés à presser plus fermement l'un contre l'autre, et lorsqu'enfin, ils se délièrent pour reprendre leur respiration, ils partagèrent un même vertige, leurs visages se cherchant du bout du nez avec le désir de se mêler à nouveau.
- Je peux savoir... ce qui t'a pris ? s'enquit le premier-né avec un détachement totalement factice, ses yeux troublés subjugués par l'éclat de ceux de son frère et fou d'envie de le voir recommencer.
- Je... J'en ai juste eu envie, justifia-t-il d'un sourire à peine gêné, baissant un instant le regard pour mieux replonger dans celui de Dean. T'avoir contre moi cette nuit m'a rappelé combien c'était bon, quand on a baisé. Et à quel point tu me manques.
Dean tira un plaisir non feint de cette marque d'affection et sentit son cœur se gonfler d'allégresse. Flatté, chamboulé tel un adolescent par l'émoi qu'avait suscité leur étreinte et heureux comme un roi du geste de Sam qui scellait pour de bon leur entière réconciliation, il s'efforça tant bien que mal de dissimuler son embarras derrière un masque de désinvolture, piqué aux joues par un feu ardent. Sam, qui savourait de le voir ainsi troublé, si réceptif à ses avances, poussa l'avantage en posant la main droite sur sa joue pour lui caresser tendrement le visage.
- J'ai cru à un moment que tu allais sauter le pas, hier soir, glissa-t-il d'une voix presque sirupeuse. Mais tu es resté dans ton coin, finalement.
Dean eut un haussement de sourcils surpris, qu'il troqua aussitôt contre un sourire malicieux et fugace.
- Dans mon coin ? J'étais plutôt proche de toi, pourtant.
- Pas assez, répliqua Sam.
Sans ôter sa main gauche des reins de son frère, il laissa l'autre descendre sur le torse de ce dernier et la plaqua sur ses pectoraux. Le désir en personne paraissait crépiter au bout des doigts de Sam, et Dean, qui frissonna à ce contact sur son cœur, s'enhardit légèrement.
- Tu aurais aimé que je tente quelque chose ? opposa-t-il en avançant les lèvres vers son cadet sans même s'en rendre compte.
- Y'aurait eu aucun risque que ça échoue, assura l'autre en laissant leurs nez se frôler avec tendresse.
Puis, de lui susurrer alors que Dean se sentit chavirer en captant un peu du parfum de sa sueur :
- Tu m'as dit que tu voulais que ça continue, entre nous... Tu te souviens ? Tu as changé d'avis ?
L'aîné des Winchester eut un vif signe de tête, par lequel il démontra ses certitudes.
- Non, réfuta-t-il en baissant les yeux sur le vaste poitrail de Sam où il posa les deux mains, en quête du relief de ses tétons à travers le tissu. Mais... après ce qui s'est passé, j'étais pas sûr d'avoir encore le droit... ou ta permission de... Enfin, tu comprends... Je savais pas trop comment m'y prendre...
Sam afficha un sourire franc, confiant et dominateur. Il vissa le regard sur les lèvres de son frère et répliqua, bravache :
- Alors, je vais te montrer...
Et en enveloppant de ses deux mains le visage de Dean, Sam l'embrassa de nouveau. Leurs bouches se caressèrent puis s'ouvrirent simultanément en réponse au désir, comme l'éclosion d'une fleur sous l'effet du soleil, et leurs langues purent se trouver, chacune dansant d'allégresse autour de l'autre dans une chorégraphie passionnée où le premier-né parut se perdre.
C'est Sam qui mit un terme au baiser, sans hâte, au bout d'un temps indéfini, et tout en se réjouissant de sentir combien Dean, l'air envouté, avait durci contre lui, il le moqua en toute bienveillance :
- Tu vois ? Finalement c'est pas si compliqué...
Un sourire radieux, léger comme l'air, illumina les traits de l'aîné de la fratrie. Et en agrippant virilement le col humide de Sam, il le somma avant de l'attirer à lui :
- Amène-toi, crétin.

Étroitement enlacés, serrés l'un contre l'autre, ils prirent alors tout le temps de célébrer leurs retrouvailles en goûtant sans retenue au bonheur insigne que leur procura leur étreinte. Tout en s'embrassant goulûment, ils réalisèrent l'un et l'autre l'importance que ces liens nouveaux avaient pris dans leur vie, du réconfort qu'ils y puisaient malgré l'hérésie, et jouirent surtout de la joie immense de constater qu'ils existaient toujours. Le sentiment de plénitude, de proximité et même de fusion qui leur emplit le cœur tandis qu'ils demeurèrent collés l'un à l'autre, fut sans équivalent. Il ralluma en eux un feu moribond, leur insufflant une énergie nouvelle, balayant leurs idées noires, et sans se préoccuper d'où les menaient leurs pas alors que dans la fougue de leur étreinte, ils tourbillonnèrent bientôt à travers la pièce, ils firent durer le baiser avec la ferme volonté de n'en pas voir la fin.

Jusqu'au moment où une odeur tenace et sans équivoque, envahissant soudain l'air ambiant, vint interrompre de façon abrupte cet instant de grâce.

- Merde ! s'écria Dean. Ça crame !
Les œufs étaient devenus noir charbon et la fumée qui s'en échappait était si épaisse qu'on aurait pu la confondre avec une émanation démoniaque. Le chasseur bondit, se saisit de la poêle brûlante, et la jeta séance tenante dans l'évier. Sam, le regard aimant, plein d'étoiles, le regarda noyer l'objet du désastre sous un jet d'eau froide en s'amusant des jurons qu'il l'entendit proférer, et affichant ses dents blanches dans un sourire éclatant il annonça, le cœur alerte :
- Je vais me doucher ; je te laisse nettoyer, ok ?
Dean pesta de manière indistincte en ne sachant s'il devait s'emparer de l'éponge ou tout balancer à la poubelle, et Sam se fendit d'un rire qui n'avait peut-être jamais été aussi joyeux. Il quitta la pièce, sans voir le mouvement de désapprobation de son frère, et estima étrangement qu'en cet instant précis, il était possible qu'il fût l'homme le plus chanceux du monde.

Dès lors, Sam eut l'impression de pouvoir de nouveau déplacer des montagnes et le sentiment de véritablement renaître. Tandis que, sous la douche qui l'inondait à grande eau dans un brouillard de vapeur, il se frictionnait énergiquement les cheveux, il se persuada qu'il avait vécu et surmonté avec Dean leur ultime crise, que l'Enfer leur donnerait bientôt l'information qui leur permettrait de s'opposer à Chaos, et même qu'ils pourraient finir par ne plus penser aux Érotes. Exalté par la paix définitivement scellée avec son frère - et de la meilleure manière à ses yeux - Sam avait conscience qu'il se gargarisait d'optimisme, mais qui en avait cure ? Il était bien décidé à profiter de l'instant, dût-il ne constituer qu'un bref intermède, et les circonstances semblèrent lui donner raison quand, concrétisant son plus grand espoir du moment, il eut la demi-surprise de sentir les bras nus de Dean l'entourer doucement.
- Je te dérange ? s'enquit prudemment ce dernier.
Il coucha la main droite sur les abdominaux de Sam qui se contractèrent par réflexe, ouvrit grand la gauche sur ses pectoraux très fermes, et posa la bouche sur ses trapèzes vigoureux. Dans le même temps, il colla son torse contre le large dos de son cadet qui, au pinacle du bien-être, ronronna en inclinant la tête vers lui :
- Au contraire... Je suis content que tu sois là. J'espérais bien que tu viendrais.
L'accueil qui lui fut fait encouragea Dean à occuper l'espace, cependant que Sam réduisit le débit de la douche. Et, s'autorisant à exprimer ses sentiments, sans crainte du jugement, l'aîné embrassa alors le cou de son frère avec des trésors de tendresse et de volupté. Le désir qui courait au bout des doigts et crépitait à la surface des lèvres de Dean, saisit Sam d'un frisson intense. Mais l'émoi qui revenait les visiter tous deux avait beau être prégnant, ils n'en étaient plus les esclaves et s'y abandonner était un délice d'autant plus grand.
- Ça veut dire que je suis pardonné ? s'inquiéta Dean en posant la joue sur l'épaule de Sam pour en éprouver la douceur, la vigueur et la fermeté sous l'eau claire. Tu m'en veux plus ?
- Je t'en ai jamais voulu, se défendit l'autre d'une voix empreinte d'empathie.
Il se retourna pour faire face à son frère et le regarda dans les yeux. L'eau qui avait partiellement aplati et lissé ses cheveux courts sur son crâne coulait de son visage mais, entre les gouttes, les prunelles de Dean, plantées dans celles de son cadet, frémissaient à la fois d'espoir, de repentance et de crainte. Ils s'observèrent, se sondèrent un moment sans rien dire, le chuintement de la pluie fine au-dessus de leurs têtes pour seule musique. Puis Sam entoura de ses bras la taille de son ainé, pressant son corps contre le sien, avant de plaider avec douceur :
- Et j'espère que toi non plus. Ce que j'ai fait, tu sais pourquoi je l'ai fait. Pas question que je te perde. Je ferai tout pour te protéger, et aujourd'hui plus que jamais.
Ébranlé par la force de son serment, Dean se noya dans son regard et se projeta sans réserve contre ses lèvres. En barrant son dos d'un bras avide et en lui empoignant une fesse de l'autre main, il embrassa son cadet comme jamais, l'embrassa à perdre haleine en gémissant sa fièvre, tandis que Sam obligea leurs hanches à s'entrechoquer quand il prit à pleines mains les deux fesses de son frère aîné. Longtemps, ils parurent se dévorer l'un l'autre tant leur baiser fut torride, leurs langues se mêlant frénétiquement dans une danse amoureuse, et leur excitation fut telle qu'ils furent pris simultanément d'une phénoménale érection, leurs pénis plus durs que jamais cherchant leur place entre leurs ventres. Les deux frères tâchèrent de ménager l'espace nécessaire pour que s'épanouisse leur imposante virilité, mais ils s'y employèrent avec la contrainte expresse de ne pas se délier et la mission s'avéra plus ardue que prévue. Bien vite, l'inconfort et les contorsions malhabiles pour s'y soustraire les détournèrent de leur étreinte, sauf que loin d'en éprouver de la frustration, ils choisirent d'en plaisanter, pouffant alors tous deux d'un rire commun.
Ils s'écartèrent ainsi un peu l'un de l'autre, mais uniquement au niveau du tronc, sans désunir leurs bassins qu'ils maintinrent en contact étroit. Ils donnèrent néanmoins un peu plus d'aise à leurs phallus pour se déployer et, lorsque ce fut chose faite, ils les regardèrent fièrement dressés l'un contre l'autre, entrecroisés comme deux épées de duel, repus de satisfaction de se témoigner si ostensiblement et d'égale manière leur féroce attraction. Leurs glands luisants, lisses et charnus culminaient à hauteur de nombril, et il était évident que les gouttelettes qui perlaient à leur sommet n'étaient pas constituées que des seules éclaboussures de l'eau, contre laquelle le dos de Sam faisait largement rempart.
- C'est la mienne qui est au-dessus, fit-il valoir d'une voix chantante.
- Tu mesures deux mètres trente-deux ! protesta Dean d'un sourire mi-béat, mi-paillard en regardant l'extrémité de son sexe buter contre le frein de son frère. Si tu pars de plus haut, c'est facile !
Sam éclata de rire et planta sur la joue de son aîné un baiser enthousiaste, d'une légèreté folle, avant d'imprimer le même geste sur ses lèvres. Et Dean, qui partageait sans réserve son bonheur, lui enveloppa allègrement le cou des deux bras pour mieux l'étreindre et l'embrasser avec toute l'ardeur qui lui chamboulait les entrailles, ses lèvres aussi chaudes que son sexe.
- Tu bandes comme un âne, s'émerveilla Sam quand il reprit son souffle, étourdi, émoustillé au possible par les sensations et l'image du sexe monolithique de Dean qui appuyait sur le sien. Je sens ta queue qui frotte sur la mienne... Putain, cette queue... Continue, frotte-la encore...
Dean ne demanda pas mieux que combler le désir de Sam, et tout en contractant en rythme son postérieur, que son frère ne lâchait pas, il se pencha sur son cou pour le lui embrasser de nouveau, avant de rapidement chercher à choyer ses pectoraux pour lesquels il éprouvait une attirance plus forte que pour toutes les paires de seins à être passées sous ses lèvres. L'aîné des deux hommes ne brida pas ses appétits et plaqua rudement les mains sur le sublime poitrail offert à tous ses désirs. Il baisa les muscles ciselés et les poils noircis par l'eau qui les bordaient, arrachant ce faisant un soupir à son frère dont il empoigna subitement les cheveux, et en tirant légèrement sa tête en arrière il plongea sur ses tétons, déposant un ardent baiser sur chacun d'eux, durs et pointus, avant d'affoler le gauche du bout de la langue et de le sucer avec voracité.

Sam se sentit comme emporté dans un tourbillon de plaisir, son cœur battant comme rarement il l'avait fait. Tremblant d'amour, il colla sa joue contre la tête de son frère et l'enlaça de toutes ses forces, comme de peur de le voir lui échapper. Les lèvres de Dean lui cuisaient la peau, mais pour rien au monde il n'aurait voulu qu'il cessât. Chaque coup de langue, chaque succion de sa part lui donnait la sensation d'être traversé par une décharge électrique, et ses tressaillements grisaient le premier-né qui ne comptait pas s'arrêter là. Choyer son cadet, lui démontrer la force de son désir, lui témoigner son besoin de lui et de se lier à lui aussi intimement que possible, l'amenèrent bientôt à abandonner le torse de Sam le long duquel il descendit en une cascade de baisers, laissant toutefois une main s'attarder sur son cœur jusqu'à se retrouver à genoux devant son sexe. Là, il prit un instant pour admirer le membre ardent tendu vers lui. Opulent et gorgé de vie, battant au rythme du cœur, ruisselant d'une eau qui roulait sur les bourses pleines et rondes, et qui l'appelait, irrésistiblement, au mépris de toute raison. Du bout des doigts, Dean caressa le tapis de poils courts qui barberaient le pubis de son frère, et ramenant la main qu'il avait gardée sur ses pectoraux il se saisit alors délicatement de son phallus en entrouvrant les lèvres. Sam retint son souffle. Posa une main sur les cheveux de Dean, qu'il caressa. Et ce dernier, avec une tendresse inouïe, une sensualité extraordinaire, commença à l'embrasser, en couvrant son pénis de mille petits baisers aussi fragiles que des bulles de savon, et qui préludèrent à la caresse suprême lorsque, sans même l'amadouer de la langue, l'aîné des Winchester l'aspira dans sa bouche en poussant un long soupir extatique.

À quel moment Dean avait-il eu le temps d'apprendre à faire ce qu'il lui fit alors ? La dernière fois qu'ils avaient fait l'amour, juste avant la tonitruante réapparition des Érotes, il lui avait déjà sucé le sexe d'exquise façon, mais c'était à présent d'un tout autre niveau. Dean, qui semblait beaucoup plus sûr de lui, bien plus entreprenant, n'hésita pas à laisser le barreau de chair le pénétrer d'emblée jusqu'à la gorge et, une fois que, l'ayant bien en bouche, il se sentit capable de le sucer sans hoqueter, il ne le tint plus que par les lèvres et la langue, permettant ainsi à ses mains de retourner fiévreusement explorer le corps de son frère. Il en abattit une sur les abdominaux bosselés de ce dernier, dont il apprécia avec gourmandise la fermeté avant de tendre le bras pour repartir lui torturer les tétons. Referma l'autre sur l'une de ses fesses rondes et dures, qu'il laboura du bout des ongles. Tout en creusant régulièrement les joues pour mieux l'avaler, Dean le soumit ainsi à un traitement violent et Sam sentit d'emblée qu'il ne pourrait guère tenir longtemps. La grimace qu'il fit en basculant la tête en arrière n'y changea rien ; ni ses tentatives pour apaiser l'ardeur de son frère. Les yeux écarquillés, il vit Dean le gober tout rond. Puis, langoureusement recracher son sexe sans le libérer complètement, les lèvres fermement serrées autour de son gland, pour l'engloutir de plus belle et du bout du nez, lui fouailler le pubis. Et recommencer. Sam, impressionné par la capacité de son aîné à le prendre tout entier sans en paraître incommodé, le contempla en pleine action en trouvant à son visage, éclaboussé par l'eau qui continuait de couler, une infinie beauté, et il gémit, ravagé par un plaisir intense, tentant vainement de contrôler l'incontrôlable, s'agrippant même à ses cheveux dans une tentative désespérée de se contenir.
- Dean...! Je peux plus, tu... Tu y vas trop fort, c'est... C'est trop bon, je vais jouir !
Alors, au moment où il faillit céder, vint le salut et il vint de Dean lui-même, qui n'avait pas l'intention de permettre à son frère de se répandre si vite. Il recula la tête et, en poussant un soupir suffoqué, laissa le pénis de Sam ressortir tout entier, luisant de salive, dur et raide comme le bois. Dean, pas peu fier, leva les yeux pour les ficher dans ceux de son cadet, troublé, et lui adressa un sourire canaille en empoignant délicatement son sexe brûlant pour le faire coulisser prudemment dans sa main. Puisqu'il n'était pas encore question de faire éjaculer Sam, pantelant, et que son frère n'en avait pas terminé, celui-ci jeta son dévolu sur une autre partie de son corps et il n'eut même pas à changer de position car ce furent ses testicules dont il se saisit.
- Détends-toi, Sammy, lui dit-il d'un air matamore en le sentant frissonner tandis qu'il s'emplit la paume de ses lourdes bourses. T'es chatouilleux ?
Sam se contenta d'un bref rictus en guise de réponse et inspira profondément, son excitation bien pénible à juguler. Il écarta un peu les cuisses pour ne surtout pas gêner la main de Dean, lequel referma délicatement sa prise sur les deux gonades qu'il soupesa avant de tirer doucement dessus, comme il l'aurait fait d'un pis.
- Y'a un truc qui ne soit pas taille XXL, chez toi, frangin ? fit Dean sur un ton émoustillé en se plaisant à le flatter.
Sam ne répondit pas, d'autant que son frère soutenait sans mal la comparaison. Seul son regard plein d'attente et de fièvre signifia à Dean ce qu'il espérait voir venir, et ce dernier ne le fit pas languir davantage. De sa main libre, il releva un peu le lourd pénis de son cadet, et porta la bouche au contact de ses testicules pour les lécher franchement, aplatissant la langue à leur surface afin de les couvrir le plus possible.
Sam eut un râle d'extase qui monta comme un grognement.
- Si tu crois... que c'est ça qui va m'empêcher de jouir, tu risques d'être déçu, gémit-il en frissonnant malgré la chaleur de l'eau.
À la forme que prirent les lèvres de Dean contre sa peau, il sut qu'il sourit. Son aîné s'attarda encore un peu pour lui suçoter les bourses l'une après l'autre, lui faisant craindre de ne plus pouvoir se retenir, puis Sam le vit relever la tête et le regarder d'un air ravi.
- Tu piques, fit-il remarquer en pressant tout doucement sur les testicules de son frère du bout des doigts, comme il aurait jaugé la maturation d'un fruit juteux. Tes poils commencent à bien repousser, faudrait ptet songer à redonner un coup de rasoir.
Le cadet de la fratrie haussa les sourcils et marqua sa surprise d'un sourire sec, entre deux soupirs.
- T'es sérieux ? lança-t-il en posant les mains sur ses épaules pour l'inciter à se relever. J'ai souvenir d'une conversation, y'a pas si longtemps, où tu disais pas ça...
En revenant à hauteur de son frère, dont il baisa brièvement les lèvres, Dean revécut clairement l'instant dont Sam parlait. Il se revit dans l'Impala, à Gloucester, inventer cette histoire de touristes indiscrets évoquant le rasage de leurs parties génitales car il n'avait alors rien trouvé de mieux pour évacuer le trouble que l'image volée des bourses nues de son cadet avait provoqué chez lui, mais il n'osa pas lui avouer la vérité.
- Tout le monde peut se tromper, argua-t-il avec espièglerie, l'œil enjôleur, en menaçant du bout des lèvres de couvrir celles de Sam. Je préfère les bonbons lisses, ça fond mieux dans la bouche...
Le sourire provocateur, il visa le puîné d'un regard qui ne le fut pas moins, puis il l'embrassa franchement, plongeant la langue dans sa bouche pour y mener la danse un long moment à l'unisson des vives caresses qu'ils échangèrent en se frottant l'un à l'autre.
- Si tu veux, je règle ça tout de suite, défia Sam juste après. Va voir dans mon tiroir, là-bas.
Son frère l'évalua du regard une seconde puis porta les yeux sur le meuble qu'il lui avait désigné, dans le coin près de l'entrée. Ils y remisaient le nécessaire de toilette, avec plus ou moins d'organisation.
- Ok..., consentit l'aîné qui trouva l'idée plutôt amusante. Je cherche quoi ? Un rasoir électrique ?
Il sortit de la douche en dégouttant sur le carrelage, sans que Sam lui répondît, ce dernier se replaçant pile sous le jet de la douche pour se réchauffer la peau... ou la refroidir, il ne fut pas très sûr. Du coin de l'œil, sans se gêner de profiter de la vue de dos de son corps nu, il surveilla Dean occupé à fouiller, jusqu'à ce que ce dernier n'alarme :
- Y'a pas de rasoir, là-dedans, avec quoi tu fais ça ? Une pince à épiler ?
- Derrière les gants. Il y a un tube.
Sans s'inquiéter du désordre qu'il y mit, Dean retourna le tiroir, gants et serviettes, jusqu'aux chaussettes soigneusement rangées, pour en fin de compte dénicher une boîte en carton, oblongue, qui lui évoqua plutôt du dentifrice.
- Ça ? se fit-il confirmer en revenant vers Sam tout en ouvrant l'emballage.
Il en extirpa un tube de crème assorti d'une petite éponge. Son frère coupa l'eau pour pouvoir agir à peu près au sec, et l'accueillit de retour près de lui.
- Comment tu te sers de ce machin ? s'enquit Dean un peu vite en considérant les deux objets avec perplexité.
- T'es sérieux ? C'est la première fois que tu vois de la crème dépilatoire, ou quoi ?
Sam lui prit le tube et l'éponge des mains, posa celle-ci sur le porte-savon, puis retira le bouchon du contenant en joignant le geste à la parole :
- Tu as juste à prendre un peu de crème, comme ça, l'étaler sur la zone à raser, attendre cinq minutes et tout retirer avec l'éponge. Rien de plus simple.
Dean, entre curiosité et circonspection, observa son frère se badigeonner les parties qui commencèrent à se couvrir d'une mousse très blanche. La scène lui sembla bien assez affriolante pour lui donner envie d'être à la manœuvre.
- Je vais le faire, requit-il avec un enthousiasme puéril en plaçant spontanément la main sous les bourses de Sam. J'étale comme ça, c'est bon ?
Les mouvements circulaires qu'il imprima sur ses parties sensibles ne déplurent pas au chasseur qui vit même son érection retrouver sa pleine vigueur. Il demeura un moment à contempler la caresse dont Dean, loin de la trouver désagréable, le gratifia, puis en écartant un peu les cuisses il précisa à son aîné avec indolence :
- Juste sur les couilles. Ne déborde pas. Je tondrai le reste.
- Pour l'instant, pas besoin, apprécia Dean en lui hérissant les poils du pubis de sa main libre tout en continuant de lui enduire le scrotum de l'autre. T'es parfait comme ça.
Sam savoura le compliment, enchanté de voir son frère si sensible à ses atours.
- C'est bon comme ça, l'avertit-il. Tiens, rince-toi la main.
Sam décrocha le pommeau de douche, rouvrit l'eau, et en profita pour lui-même se rincer les doigts.
- Cinq minutes ? le fit répéter Dean.
- Oui, pas besoin de plus. Dis, puisqu'on y est... ça te dit pas de dégager tout ça, toi aussi ?
Dean le regarda d'un air interloqué. Puis, de réagir en esquissant un sourire entendu :
- T'as envie que je me pèle les joyeuses ? Ça te plairait ?
- Tu l'as dit, les bonbons lisses fondent mieux en bouche, reprit-il d'une voix de velours.
Le sourire de Dean se para d'accents vaniteux, et déjà peu enclin d'ordinaire à jouer les petits bras, il ne tarda pas à relever le défi.
- Pourquoi pas, acquiesça-t-il au bout d'un instant, l'air bravache. Passe-moi ce truc.
Sam raffermit sa prise sur le tube quand Dean tendit la main.
- Je te rends la politesse, déclara le cadet. Je m'en charge, bouge pas.
Le cœur de Dean manqua un battement sous l'effet de l'excitation. Et quand les doigts de Sam lui enduisirent les bourses, son érection avait déjà retrouvé une vigueur maximale.
- C'est froid, s'étonna-t-il en observant son frère étaler soigneusement le produit.
Sam prit son temps, mais pas trop. Le plaisir qu'il eut à ainsi choyer l'intimité de son frère, leurs deux phallus tendus l'un près de l'autre, ne lui fit pas oublier qu'il valait mieux éviter de dépasser le temps de pose préconisé.
- Là, parfait, se félicita-t-il en se rinçant la main une fois terminé. Ça va t'aller à merveille.
- Bon, et maintenant ? questionna Dean en peinant à ôter les yeux de leurs parties toutes blanches. T'as prévu un truc pour les cinq prochaines minutes ?
Il releva la tête quand son cadet lui prit le menton et le sourire de Sam voulut tout dire. Ils se rapprochèrent et, sans un mot, s'unirent derechef au travers d'un intense baiser.

Les cinq minutes qu'ils s'étaient données s'écoulèrent en un battement de cil, et plus que quelque chronomètre, ce fut la sensation d'échauffement qui commença à poindre entre leurs jambes qui leur indiqua que le délai avait expiré. Sam fit couler l'eau à nouveau, et tandis que l'aîné s'occupa de racler à l'éponge la surface de leurs parties sensibles, le cadet les rinça avec soin, leurs gestes ponctués de plus de baisers.
Une fois débarrassés de la mousse et des résidus, leur peau totalement nue, vierge comme au jour de leur naissance, fit impression à Dean qui prit tout son temps, par les yeux et le toucher, pour en apprécier la douceur. Les caresses qu'il prodigua à leurs entrejambes, celui de Sam au premier chef, firent remonter la température de celui-ci tant la sensation et le spectacle lui furent agréables, et laissant son frère jouer avec leurs testicules rosis par l'effet dépilatoire, le cadet choisit de mobiliser ses mains pour se saisir de leurs deux pénis et les frotter l'un contre l'autre, lascivement.
Et il prit un plaisir vicieux à voir leurs glands gorgés de sang s'empoisser mutuellement du liquide pré-séminal, collant et visqueux, qui en suintait avec abondance.
- J'ai envie de toi, clama-t-il d'une voix presque douloureuse, son désir s'envolant vers des sommets. Donne-moi ta grosse bite, vas-y...
La respiration courte et bruyante, Sam fit s'accélérer le frottement de leurs deux sexes et Dean sentit la tête commencer à lui tourner. Le ton et les gestes de plus en plus osés de son cadet, qui s'oubliait vers l'obscène, lui devinrent difficiles à supporter sans répondre à l'avenant et, lui aussi en proie à une excitation galopante, il fut bien en peine de contenir ses soupirs concupiscents cependant qu'il voyait son pénis collé à celui de son frère qui les masturbait de façon débridée. Pour tenter de faire comprendre à Sam qu'il devait ralentir sous peine d'un accident, Dean posa le front sur le sien sans cesser d'admirer la sarabande lubrique qui affolait leurs membres, et dans une lourde expiration il prononça, essoufflé :
- Tu l'as déjà, ma bite, tu la sens pas ? Parce que, putain... moi je la sens, la tienne, et pas qu'un peu.
- Pas comme ça ! gémit Sam qui sembla franchir un seuil. C'est dans le cul que je la veux... Baise-moi, Dean, viens, viens me la mettre.
Le puîné se détacha précipitamment de son frère et se retourna pour s'appuyer contre la paroi afin de mieux lui tendre son postérieur, que Dean fixa d'un air halluciné. Sam posa alors la joue contre le dallage du mur pour libérer ses mains qu'il plaqua sur ses fesses, avant de les écarter aussitôt et dévoiler son anus que l'aîné, sonné, vit palpiter.
Il ne lui fallut pas deux secondes pour prendre sa décision.
- Passe-moi le gel douche, somma-t-il d'une voix frémissante.

Sam, aux anges, écarta les jambes, prit un solide appui, et soupira autant qu'il rit de félicité quand il sentit les doigts de Dean badigeonner sans ménagement son orifice. Son cœur battit à tout rompre dans l'attente interminable du coït, et lorsqu'enfin il sentit le pénis de Dean presser contre sa fente, la rudesse avec laquelle il se présenta lui arracha un cri de surprise, mais surtout d'exaltation. Le jeune homme voulait être pris sans ménagement, et son frère avait l'air résolu à lui donner satisfaction ; il poussa sèchement à plus d'une reprise, s'aidant même de sa main pour maintenir son phallus dans l'axe idéal afin de percer les défenses de Sam, mais en dépit du désir extrême de ce dernier, elles tinrent bon de longues secondes. Jusqu'à tomber. Et lorsqu'elles le firent, elles le firent d'un coup, le sexe de Dean le transperçant comme un glaive. Foudroyés par la brusquerie de la pénétration, dont l'extrême profondeur s'imposa violemment, les deux hommes crièrent à l'unisson. L'espace de quelques secondes, ils restèrent là, groggy, à retrouver leurs marques dans le flot tumultueux des stimuli qui leur retournèrent les sens, mais dès qu'il reprit pied, Dean commença à pilonner son cadet qui ne demandait pas mieux. Les assauts se firent de plus en plus hardis, de plus en plus rapides, et rapidement ravagé par le plaisir qui lui incendia les reins, Sam hurla :
- Ah ! Encore, comme ça, oui ! Plus fort ! Plus profond ! Oui !
Dean, fou de désir et de plaisir, lâcha les hanches de son frère pour se cramponner à ses épaules et passa à la vitesse supérieure. Peu importait le temps qu'il allait mettre à jouir, satisfaire à la volonté de Sam fut son principal objectif et, grisé par la sodomie débridée où ils s'abandonnaient, il grogna comme une bête fauve :
- Ça te plaît, hein ? T'aimes ça, pas vrai, mon salaud ?
Sam ne fut pas en mesure de répondre. Il n'entendit même pas vraiment ce que Dean venait de lui dire. Et pendant qu'ils s'aimèrent dans le feu de la passion, dévoués l'un à l'autre, sonna, sonna et sonna encore dans le vide le téléphone de Dean, dans son jean sur le sol, jusqu'à ce que les vibrations le fassent glisser hors de la poche où il était logé et que clignote sur l'écran le nom du dernier contact qu'il avait enregistré : Cally, IN.